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  • Suivi à distance des patients : le japonais Murata acquiert la start-up Vios Medical pour 86 M€

    Vios Medical, start-up health tech qui fabrique des capteurs et des logiciels dédiés au suivi à distance des patients, va être racheté environ 102 millions de dollars US (86 M. €) dans le cadre d’un accord conclu en octobre 2017 avec le géant japonais de l’électronique Murata Manufacturing, qui détenait déjà une participation de 3,6 % dans la société.

    Vios facilite le suivi des patients à distance

    Fondé en 2012 à Saint Paul, aux États-Unis, Vios conçoit des capteurs à positionner sur le torse du patient pour contrôler ses signes vitaux, tels que son rythme cardiaque et son rythme respiratoire. L’entreprise a également développé un logiciel, connecté à ces trackers, par le biais duquel les fournisseurs de soins peuvent surveiller à distance et en temps réel les données de santé de leurs patients.

    La solution élaborée par la société américaine permet aux hôpitaux d’utiliser des tablettes et des ordinateurs standards pour suivre les malades, leur évitant ainsi d’investir dans du matériel spécialisé, a précisé Murata dans un communiqué annonçant l’accord.

    Des tests menés dans des hôpitaux américains et en Inde

    Le système a reçu fin 2015 une autorisation réglementaire américaine pour que la société puisse mener des essais cliniques. Vios teste depuis sa technologie dans des hôpitaux américains et en Inde, où elle possède une filiale.

    L’achat va permettre à Murata de développer ses activités de santé à l’étranger

    Le P.-D.G. de Vios, Amit Patel, a travaillé pour des sociétés de technologie médicale telles que Medtronic, basé en Irlande, et Heartflow Inc. (États-Unis) avant de prendre la direction de Vios.

    Cet été, l’entreprise a déclaré avoir recueilli près de 4 millions de dollars US (3,4 M. €) dans un tour de table débuté en 2015. Elle a par ailleurs récemment participé à l’accélérateur TMCx du Texas Medical Center, dédié aux start-ups spécialisées dans la e-santé.

    Un intérêt de plus en plus prononcé pour le secteur de la health tech

    Murata a généré un chiffre d’affaires annuel d’environ 10 milliards USD (8,5 Mds €) pour l’exercice clos en mars 2017. La société fabrique des produits pour un vaste panel d’industries, y compris des capteurs médicaux pour le marché des soins.

    Le groupe japonais a déclaré que cet accord était un « point de départ pour étendre ses activités [dans le domaine de la santé] à l’étranger ».

    Vios n’est pas la première entreprise health tech à avoir attiré l’attention du géant asiatique. Murata a également mené récemment un tour de table de 6 millions de dollars US (5 M. €) pour Prevent Biometrics, une entreprise américaine (Edina, Minnesota) à l’origine d’un protège-dents anti-commotion.

  • Patient-monitoring :Japanese Murata to buy health tech start-up Vios Medical (US) for US$102 million

    Vios Medical, a health tech start-up that makes patient-monitoring sensors and software, has reached a deal in October 2017 to be sold for about US$102 million (€86m) by the Japanese electronics giant Murata Manufacturing, which already owns a 3.6% stake in the company.

    Vios’ solutions makes it easy to track patients remotely

    Founded in 2012 in Saint Paul, USA, Vios designs chest sensors that track vital signs like heart and breathing rates. The company has also developed software that lets healthcare providers monitor patient data in real time.

    The solution created by the American start-up allows hospitals to use standard tablets and computers to track patients, avoiding them to invest in specialized equipment, said Murata in a statement announcing the deal.

    Tests are being conducted in U.S. hospitals and in India

    The system received a U.S. regulatory clearance in late 2015, allowing the company to conduct clinical trials. Vios is currently testing its technology at U.S. hospitals and in India, where it has a subsidiary.

    This purchase will allow Murata to develop its health activities abroad

    Vios CEO Amit Patel worked for medical technology companies such as Ireland-based Medtronic and Heartflow Inc. (USA) before taking over the direction of Vios. 

    This summer, the company said it has raised nearly $4 million (€3.4m) in a round that kicked off in 2015. It also recently participated in Texas Medical Center’s TMCx accelerator for eHealth start-ups.

    An increasing interest in the health tech sector

    Murata generated approximately US$10 billion (€8.5bn) in annual revenue for its fiscal year ended March 2017. It manufactures products for a wide range of industries, including medical sensors for the healthcare market.

    The Japanese group said in a statement that the deal would give it a « foothold for expanding its health care and medical business abroad. »

    Vios is not the first health tech company to have attracted the attention of the Japanese giant. Murata also recently led a $6 million (€5m) round of funding for Edina-based Prevent Biometrics, which is developing a concussion-detecting mouth guard.

  • Données de santé : le nouveau projet de loi sur les données personnelles laisse la CNIL dubitative

    Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a présenté au Conseil des ministres du 13 décembre 2017 au soir le projet de loi relatif à la protection des données personnelles.

    Le projet vise à transposer la réglementation européenne (Règlement 216/679 et Directive 2016/680) dans la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, qui doit entrer en vigueur avant le 25 mai 2018. Il porte modification à la loi en :
    • précisant les modes d’accès aux données ;
    • instaurant un contrôle a posteriori tout en renforçant les sanctions en cas d’infraction ;
    • renforçant la protection des données sensibles telles les données biométriques.

    La ministre a également fait savoir que les modifications annoncées seront codifiées, par voie d’ordonnance, dans la loi fondatrice de 1978 afin d’offrir un cadre juridique lisible à chaque citoyen et acteur économique.

    Le Conseil d’Etat et la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) ont émis leurs avis encourageants, mais avec des observations en vue d’optimiser le processus de la transposition.

    Les principaux points de modification

    Lors du Conseil des ministres, la ministre de la Justice a exposé les modifications à la loi fondatrice sur l’informatique et les libertés :

    • instauration de nouveaux droits pour les citoyens, comme le droit à la portabilité des données personnelles afin de renforcer la confiance des citoyens dans l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles ;

    • remplacement du système de contrôle a priori, basé sur les régimes de déclaration et d’autorisation préalables, par un système de contrôle a posteriori ;

    • renforcement des pouvoirs de la CNIL et augmentation considérable des sanctions encourues par les acteurs économiques pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial consolidé ;

    • maintien de certaines formalités préalables pour l’utilisation des données les plus sensibles, à savoir les données biométriques nécessaires à l’identification ou au contrôle de l’identité des personnes ou le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physique ;

    • protection renforcée des mineurs de moins de 16 ans dont les données personnelles pourront être traitées par les services de la société de l’information (réseaux sociaux) à condition de disposer du consentement des titulaires de l’autorité parentale ;

    • création d’un droit à l’information et d’un droit d’accès, de rectification et d’effacement des données à caractère personnel en matière pénale.

    Chapitre IX, « Traitements de données à caractère personnel dans le domaine de la santé »

    La Section 1 énonce les traitements des données personnelles de santé qui peuvent être mis en œuvre sans l’autorisation expresse de la CNIL et de l’INDS, comme étant les traitements :

    • permettant d’effectuer des études à partir des données recueillies, lorsque ces études sont réalisées par les personnels assurant ce suivi et destinées à leur usage exclusif ;
    • effectués à des fins de remboursement ou de contrôle par les organismes chargés de la gestion d’un régime de base d’assurance maladie ;
    • effectués au sein des établissements de santé par les médecins responsables de l’information médicale ;
    • effectués par les agences régionales de santé, par l’État et par la personne publique désignée par lui.

    La condition à satisfaire est l’établissement d’une attestation justifiant de la conformité à la réglementation en vigueur.

    • Tout autre traitement est soumis à autorisation expresse par la CNIL qui peut à cet effet saisir l’INDS. La décision doit être notifié dans un délai de 2 mois, délai renouvelable si besoin est. Une fois le délai écoulé, la demande est réputée acceptée.

    • Une dérogation existe pour une situation d’urgence, mais qui ne peur excéder un an de mise en oeuve depuis la création du traitement.

    • Concernant la transmission de données par les professionnels de santé:

    • « lorsque ces données permettent l’identification des personnes, leur transmission doit être effectuée dans des conditions de nature à garantir leur confidentialité » ;
    • « lorsque le résultat du traitement de données est rendu public, l’identification directe ou indirecte des personnes concernées doit être impossible » ;
    • « les personnes appelées à mettre en œuvre le traitement de données ainsi que celles qui ont accès aux données sur lesquelles il porte sont astreintes au secret professionnel sous les peines prévues à l’article 226-13 du code pénal » ;
    • le citoyen a le droit de s’opposer à la levée du secret professionnel concernant ses données ;
    • dans le cas où des données recueillies émanent de prélèvements biologiques identifiants, le consentement éclairé et exprès des personnes concernées doit être obtenu au préalable ;
    • les personnes délivrant des données et celles concernées par ces doonnées doivent être informés de l’usage qui en est fait ;
    • tout établissement où s’exercent des activités de prévention, de diagnostic et de soins donnant lieu à la transmission de données à caractère personnel doit mettre en place des actions d’information sur les obligations réglementaires en vigueur.

    La Section 2 régit les traitements des données à des fins de recherche et d’étude ou d’évaluation dans le domaine de la santé.

    Les règles précédentes s’appliquent également aux traitements automatisés de données à caractère personnel dont la finalité est ou devient la recherche ou les études dans le domaine de la santé ainsi que l’évaluation ou l’analyse des pratiques ou des activités de soins ou de prévention.

    En outre :

    • la CNIL, en concertation avec l’INDS ou autre organisme compétent, doit établir des méthodologies de référence ;
    • l’autorisation de la CNIL est soumise à l’émission préalable d’un avis du :
      • comité compétent de protection des personnes ;
      • comité d’expertise pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé, pour les demandes d’autorisation relatives à des études ou à des évaluations ainsi qu’à des recherches n’impliquant pas la personne humaine, dont la composition reste à être fixée par décret.

    La loi du 6 janvier 1978 amendée et non abrogée

    Alors que le Gouvernement affirme avoir décidé la préservation de l’architecture de la loi fondatrice sur l’informatique et la liberté de 1978 « dans un souci d’intelligibilité » et afin d’éviter la surtransposition des textes européens, aussi bien le Conseil d’État que le CNIL regrettent cette décision et craignent un manque de lisibilité du texte.

    L’avis du Conseil d’État pour « un code du numérique et des libertés »

    Selon le Conseil d’État, cette décision nuit à la lisibilité du droit positif et propose qu’une fois la loi publiée on procède à une remise en forme et en cohérence de la loi de 1978, mais aussi de textes voisins et liés de façon à garantir une meilleure accessibilité de l’ensemble du droit applicable au traitement des données personnelles.

    Il souligne par ailleurs l’absence de considération de réflexions éthiques, sans que celles-ci ne constituent une entrave à la compétition économique de la France sur la scène internationale, traduites en choix politiques et qui seraient susceptibles de structurer des normes juridiques robustes au regard des évolutions informatiques telles :

    • le traitement massif des données ;

    • la propriété (ou l’inappropriabilité) et la valorisation des données détenues ou élaborées ;

    • la maîtrise et le contrôle des algorithmes ;

    • la place de l’intelligence artificielle ;

    • les modalités d’assistance aux activités humaines procurées par les moyens informatiques, y compris en portant atteinte à l’intégrité du corps humain ou en modifiant ses capacités.

    Le Conseil suggère par ailleurs que le fruit de ces réflexions sous formes de règles applicables soit rassemblé dans un futur « code du numérique et des libertés ».

    La CNIL

    La CNIL confirme que l’objectif de l’harmonisation avec la réglementaire européenne est atteint et que ne sont maintenues que des dérogations nationales réellement justifiées, notamment en matière de données de santé. Elle salue par ailleurs:

    • la définition des pouvoirs de contrôle et les modalités de réalisation d’opérations conjointes avec d’autres autorités européennes ;
    • la clarification des conditions de traitement des données biométriques.

    Elle regrette néanmoins :

    • la non inclusion d’ajout de garanties supplémentaires lors de l’utilisation de traitements algorithmiques débouchant sur l’adoption de décisions administratives et l’adaptation de ses procédures pour lui permettre de faire face à l’augmentation d’activité liée au nouveau cadre européen et à l’élaboration de référentiels inscrits dans le projet de loi. Une observation que partage le Conseil d’État ;

    • le calendrier trop tardif retenu pour l’examen de ce texte et rappelle que ce projet de loi, ainsi que ses décrets d’application, devront impérativement entrer en vigueur avant le 25 mai 2018 ;

    • à l’instar du Conseil d’État, le risque important de manque de lisibilité des nouvelles dispositions du fait de modifications apportées « a minima » pour permettre la mise en œuvre du Règlement et de la Directive, en suggérant de renvoyer la réécriture d’ensemble de la loi du 6 janvier 1978 à une ordonnance ultérieure le plus rapidement possible.

  • Diagnostic et e-santé : le néerlandais LSP lève 280 M€ pour investir dans les sociétés medtech

    Le groupe d’investissement en sciences de la vie néerlandais Life Sciences Partners (LSP) a lancé en décembre 2017 le plus grand fonds en Europe dédié aux sociétés de technologie médicale en phase avancée de développement et spécialisées, entre autres, dans le domaine du diagnostic et de la santé numérique.

    Une participation du Fonds européen d’investissement

    Avec ce deuxième fonds (LSP HEF 2), LSP dépasse de loin le montant des autres fonds lancés cette année sur le marché.

    Cependant, contrairement à Medicxi Growth 1 (267 M. €) ou Gilde Healthcare IV Fund (250 M. €), LSP HEF 2 ne servira pas à financer les fabricants de médicaments mais se concentrera sur une quinzaine de sociétés med-tech privées européennes ou américaines.

    Comme pour le précédent fonds de LSP, LSP HEF 1 (112 M. €), qui a réalisé dix investissements depuis son lancement en 2012, les investisseurs comprennent des compagnies d’assurance maladie, des entreprises familiales et des investisseurs institutionnels mais aussi des gestionnaires d’actifs. Cette fois-ci, il inclut également le Fonds européen d’investissement (FEI).

    Sciences de la vie : LSP est l’un des plus importants investisseurs européens

    « Avec nos autres stratégies de fonds, LSP 1-5 investissant principalement dans le développement de médicaments et LSP Public dans les sociétés de santé publiques, nous couvrons l’ensemble du paysage des sciences de la vie, devenant ainsi l’un des plus importants investisseurs européens [du secteur] », a déclaré le Dr. Rudy Dekeyser, managing partner du LSP HEF 2.

    LSP attire les compagnies d’assurance

    Les fonds levés par LSP ont pour but de soutenir les innovations ayant le potentiel d’améliorer la qualité des soins tout en maîtrisant leur coût.

    C’est la raison pour laquelle ils attirent fortement les compagnies d’assurance. Ainsi, le fonds LSP HEF 1 a d’abord reçu un investissement de 50 millions d’euros de la part Achmea, le plus important groupe d’assurance santé des Pays-Bas, suivi par de plus petits investissements provenant de l’assureur néerlandais Menzis et d’autres compagnies d’assurance basées en France et en Allemagne (non divulguées).

    « Le principe [d’un développement de services de soins durables] est très attrayant pour les investisseurs qui s’attendent à un retour socio-économique en plus d’un retour financier », commente le Dr. Dekeyser.

  • LSP HEF 2

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  • Réussir l’inclusion numérique coûterait 1,05 Md€, selon l’étude de la start-up WeTechCare

    La start-up WeTechCare, qui a pour mission de développer des services web à destination des publics fragiles, a présenté, le 13 décembre 2017, les résultats de l’étude « Réussir l’inclusion numérique : un investissement rentable ». Celle-ci, menée avec l’appui du mécénat de compétences de Capgemini Consulting, évalue les moyens à mobiliser pour un dispositif d’accompagnement massif et mutualisé des publics en difficulté avec le numérique.

    Le rapport a été remise à Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat chargé du numérique, en déplacement à Bordeaux pour lancer une stratégie nationale pour un numérique inclusif.

    Alors que l’administration publique vise le 100% digital pour 2022, 39% des Français se déclarent encore en incapacité de réaliser seuls toutes leurs démarches en ligne (emploi, prestations sociales, impôts, etc).

    L’accompagnement vers l’autonomie est donc une « urgence primordiale » selon Mounir Mahjoubi. WeTechCare et le secrétariat d’État chargé du Numérique partagent le même constat : un plan national d’inclusion sera porteur de bénéfices sociaux et sociétaux considérables.

    Trois types d’exclus du numérique

    WeTechCare distingue 3 profils types d’usagers aux besoins d’accompagnement différents :

    • les « avancés » (environ 14% de la population), qui possèdent un équipement et des compétences numériques de base, mais qui ne les mobilisent pas de manière optimale par peur de « mal faire » ou par préférence pour les interactions en face à face ;
    • les débutants et intermédiaires (environ 19%), qui disposent de compétences numériques faibles et ne se connectent que rarement à Internet ;
    • les exclus (environ 7%), qui n’ont aucune autonomie dans l’utilisation des outils numériques, parfois du fait de situations particulières comme un handicap lourd ou l’illettrisme.

    Une étude économique chiffre le coût de la mise en œuvre du dispositif à 1,05 Md€

    Le rapport présenté par WeTechCare a été pensé comme une feuille de route pour accompagner massivement les publics en difficulté vers l’acquisition de compétences numériques de base, passeport obligatoire aujourd’hui pour accéder à ses droits et, plus largement à toutes les opportunités offertes par notre société numérique. Cette étude chiffre le coût de la mise en œuvre d’un tel dispositif à 1,05 Md€ sur 6 années et met en avant un retour sur investissement positif au bout de 4 ans.

    Le dispositif d’accompagnement et de formation des publics en constitue la part prépondérante. Il s’agit :

    • d’aider les « avancés » à franchir le pas du numérique par un coup de pouce et la mise à disposition de tutoriels ou de formations en ligne visant à les rassurer et à les motiver ;
    • d’accompagner les « débutants et intermédiaires » en combinant formations présentielles et aide en ligne personnalisée pour accroître fortement leur autonomie numérique;
    • de garantir l’accès au droit des « exclus » en réalisant les démarches enligne « avec » les usagers.

    Dans sa prévision budgétaire, WeTechCare a également tenu compte de :

    • la dépense initiale pour adapter l’ergonomie des sites des opérateurs, concevoir les parcours de formation et communiquer auprès des publics visés;
    • la mobilisation de ressources pour assurer la coordination de l’ensemble des acteurs mobilisés au niveau national, au sein des opérateurs et à l’échelle locale.

    État, collectivités, opérateurs de services publics et privés : un appel à une mobilisation collective

    Le modèle économique proposé dans l’étude de WeTechCare repose sur une démarche mutualisée entre les grands acteurs des services publics et coordonnée entre l’État et les collectivités locales. En effet, se basant sur des expérimentations menée avec plusieurs départements (Morbihan, Paris, Seine-St-Denis, Pyrénnées-Atlantique), WeTechCare préconise la construction de réseaux d’inclusion numérique animés par les parties prenantes locales. 

    Des gains estimés à 462 M€

    Les gains considérés proviennent d’une augmentation de l’usage des procédures dématérialisées qui permettent aux opérateurs et ministères d’améliorer leur productivité. Sur la base des différents programmes de transformation digitale conduits par WeTechCare pour le compte des opérateurs, ces gains sont estimés à 462M€ par an, ce qui correspond en moyenne à l’usage de 4 démarches administratives en ligne supplémentaires par usager et par an. Pour évaluer le retour sur investissement, la start-up s’est projetée dans un scénario de déploiement sur 4 ans pour toucher l’ensemble des publics ciblés. 

  • HAD : un mode d’hospitalisation pas suffisamment connu, mais 81 % des Français favorable (Viavoice)

    La Fédération Nationale des Etablissements d’Hospitalisation à Domicile – la FNEHAD, a présenté à l’occasion de ses Universités d’hivers de l’hospitalisation à domicile, le 6 décembre, les résultats de l’enquête réalisée par l’institut de sondage Viavoice auprès de 30 000 participants sur la vision qu’avaient les Français et leurs médecins généralistes de l’hospitalisation à domicile.

    Il s’agit d’un mode d’hospitalisation pas suffisamment connu, répandu et valorisé, alors que 81 % des Français y seraient plutôt ou tout à fait favorables. Néanmoins, plus d’un tiers d’entre eux (34 %) estiment qu’une prise en charge en hospitalisation à domicile représente pour le patient un coût supérieur à une hospitalisation classique.

    L’enquête a fait émerger les principales perceptions que les Français ont de l’HAD, en termes d’avantages, de craintes suscitées ou de la pertinence du modèle, ainsi que celles des médecins.

    La HAD telle que perçue par les patients

    Les avantages perçus de l’hospitalisation à domicile 

    77 % des Français (soit plus de 3 sur 4) accepteraient d’être pris en charge (de même que l’un de leurs proches) dans le cadre d’une hospitalisation à domicile.

    Les principaux avantages évoqués sont liés à la possibilité de :

    • bénéficier de soins adaptés tout en restant chez moi ;
    • recevoir des soins dans un environnement moins angoissant que le milieu hospitalier ;
    • ne pas être éloigné de sa famille, de ses proches ;
    • recevoir des soins tout en conservant ses activités habituelles.

    Les craintes et risques

    Une prise en charge moins efficace (en termes de qualité de soins comme de gestion des urgences) et une charge accrue pour les proches sont les réponses premières.

    Le contexte dans lequel on peut recourir à une hospitalisation à domicile

    Les Français le voient comme suit :

    • pour une assistance complémentaire aux soins médicaux (portage de repas, garde malade etc.) (53%) ;
    • lors d’une fin de vie (soins palliatifs) (53%) ;
    • après une opération chirurgicale (50%);
    • en cas de maladie neurodégénérative (Alzheimer,Parkinson, sclérose en plaques) (38%).

    8 médecins sur 10 sont face aux patients souhaitant une HAD

    Les deux principaux avantages cités par les médecins généralistes sont :

    • l’amélioration de la qualité de vie du patient et de son entourage ;
    • la HAD répond à une vraie demande des patients et de leur famille.

    Les inconvénients cités sont :

    • le manque d’une valorisation /rémunération du temps consacré à l’HAD du patient ;
    • l’alourdissement de sa charge de travail.

    Il convient de souligner que :

    • en terme de modalités de prescription, un tiers des médecins perçoivent l’HAD comme systématiquement prescrite après une hospitalisation classique ;
    • seuls 13% des répondants affirment avec certitude que l’hospitalisation à domicile est bien connue par les médecins libéraux ;
    • Pour les deux publics, l’hospitalisation à domicile offre une qualité de vie  supérieure à l’hospitalisation classique (70% pour les Français et 82% pour les médecins généralistes).

    Informations attendues par les patients concernant l’HAD

    • Le coût de la prise en charge ;
    • les différentes pathologies prises en charge en hospitalisation à domicile ;
    • les garanties liées à la qualité des soins dispensés, le rôle du médecin traitant ;
    • la place et le rôle des proches dans cette prise en charge ;
    • le rôle du médecin hospitalier,

    telles sont les principales interrogation, auxquelles les réponses fournies par le médecin traitant font autorité aux yeux des Français (66%).

  • SI achats : UniHa choisit BravoSolution et PwC

    UniHA, Union des hôpitaux pour les achats, réseau coopératif d’achats groupés des établissements hospitaliers publics, a attribué, le 11 décembre 2017, à l’éditeur BravoSolution associé à PwC, un marché portant sur la fourniture d’une solution achats (SI achats) destinée à la gestion des processus achats des hôpitaux.

    Elle souligne que la mutualisation et le partage de bonnes pratiques devraient permettre des économies notables.

    Un prestataire choisi en fonction des besoins d’un panel d’utilisateurs hospitaliers

    UniHA a fait le choix de modalités suffisamment agiles pour coller au plus près des organisations et processus achats. Ses besoins sont comparables à ceux des GHT :

    • des projets agrégeant des hospitaliers de différents métiers ;
    • la nécessaire synchronisation des initiatives ;
    • un travail collaboratif de tous les instants.

    Pour ces différentes raisons, UniHA a pris l’initiative d’accélérer le processus de mise en concurrence pour construire un déploiement mutualisé se nourrissant des expériences des GHT et d’UniHA.

    Le choix des prestataires s’est fondé sur un panel d’utilisateurs hospitaliers : pharmaciens, ingénieurs, contrôleurs de gestion et acheteurs.

    Le marché comportait plusieurs lots portant sur l’étude, la programmation et le recensement des besoins des adhérents aux groupements de commande, la rédaction des documents de la consultation, le reporting et le pilotage de la fonction achats mutualisée. Chaque établissement pourra ajuster la solution à partir des bonnes pratiques métier proposées en standard.

    Un gain financier à hauteur de 60 % pour la licence et de 30 % sur le projet

    En choisissant la solution BravoAdvantage de BravoSolution, UniHA annonce un gain financier à hauteur de 60 % du prix conseillé pour la licence et de 30 % sur le projet, par la mutualisation et le partage de bonnes pratiques.

    Cette solution comprend différents modules paramétrables et évolutifs qui couvrent les processus clés des achats publics : recueil des besoins, collaboration et planification des marchés, réparation des consultations et publicités, analyse des offres et publications de l’attribution et des pièces du marché, gestion du marché et de la relation fournisseur, reporting de la performance et des tableaux de bord personnalisables. Ce dispositif est interopérable avec les systèmes de gestion économique et financière des établissements comme avec les différentes applications métiers de l’hôpital. Il apporte une vue globalisée des achats d’un réseau d’acheteurs (GHT et UniHA).

    La solution logicielle est couplée avec un accompagnement à la mise en œuvre avec des services d’accompagnement par les équipes Consulting de PwC, qui mettront à disposition des consultants spécialistes en SI achats, en achat public et des experts du secteur hospitalier.

     

  • TEP-scans numériques : le centre de lutte contre le cancer de Dijon et le CHRU de Nancy s’équipent

    Le premier TEP-scan numérique de France a été installé à Dijon, dans les locaux du Centre Georges-François Leclerc (CGFL) début septembre 2017. Cet équipement de pointe, acquis auprès de Discovery MI et développé par GE Healthcare, a fait l’objet d’une co-acquisition – l’investissement global est de 4,5 millions d’euros – de la part du Centre Hospitalier Universitaire de Dijon Bourgogne et du CGFL, tous deux pleinement associés dans l’exploitation du service de médecine nucléaire.

    En octobre 2017, c’est le TEP-Scan Vereos de Philips Healthcare qui a été installé au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy. Un second appareil de même type sera installé d’ici fin décembre 2017. L’appareil seul coûte plus de 2 millions d’euros hors taxes, selon le fabricant.

    La technologie TEP-scan combine l’imagerie anatomique du scanner et l’imagerie fonctionnelle de la TEP. Plus précis, plus sûr et plus confortable, le TEP-scan numérique doit permettre aux médecins de visualiser différentes activités du métabolisme humain avec un gain important par rapport aux tech­nologies jusque-là existantes. Particulièrement intéressant dans le domaine de la cancérologie, il est aussi utilisé en cardiologie, en neurologie ou dans le cas de maladies inflammatoires.
    Cette technologie contribue à l’amélioration le diagnostic et éclairer la prise de décision thérapeutique pour évaluer l’efficacité des traitements.

  • Déserts médicaux : le CESE préconise une série de mesures pratiques et laisse la CSMF insatisfaite

    Le CESE a rendu, le 13 décembre 2017, pour la première fois un avis sur les déserts médicaux.

    L’avis, rapporté par Sylvie Castaigne (groupe des personnalités qualifiées) et Yann Lasnier (groupe des associations) pour la commission temporaire « Déserts médicaux », présidée par Marie-Andrée Blanc (groupe UNAF), a été présenté lors de l’assemblée plénière et adopté avec 131 voix pour, 21 abstentions et 10 voix contre.

    Des mesures comme réguler l’installation, redéfinir les périmètres d’exercice des professionnels de santé, œuvrer pour une meilleure appropriation des parcours de soins ou développer la télémédecine ont été proposées. Mais, elles ne sont pas du gout de la Confédération des Syndicats Médicaux Français qui juge que le CESE « n’a pas vraiment pris toute la mesure du problème ».

    Selon une estimation de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère de la santé (DRESS), 8% de la population se situe dans un désert médical en 2017, soit 5,3 millions de Français.

    Le sujet des déserts médicaux avait été identifié grâce au comité de veille des pétitions en ligne mis en place par le CESE en septembre 2017. En effet, de nombreux Français se sentent aujourd’hui à la marge de notre système de santé et s’inquiètent de l’aggravation des inégalités territoriales.

    Une série de mesures à destination des pouvoirs publics, des professionnels de santé et des patients  

    L’avis présente deux mesures à effet immédiat :  

    • réguler l’installation des spécialistes de 2e recours en secteur 2 dans les zones sur-denses en conditionnant leur conventionnement à la réalisation de consultations « avancées » régulières en zones sous-denses ;
    • augmenter par des mesures financières à effet immédiat le temps médical disponible dans les zones sous-denses en aidant les médecins de secteur 1 à disposer d’un(e) secrétaire médical(e) mutualisé(e) et en rendant plus attractif le cumul emploi-retraite. 

    Deux mesures sur le moyen terme : 

    • mieux répartir les tâches entre les professionnels de santé : 
      • en concevant des modèles simplifiés et nationaux de protocole de coopération ;  
      • en redéfinissant les périmètres d’exercice des professionnels de santé, ce qui permettrait à des professionnels paramédicaux.ales d’exercer de nouveaux métiers de niveau intermédiaire. 
    • développer la télémédecine en conventionnant ces actes via des mécanismes innovants de rémunération forfaitaire et transversale et en finançant ces nouvelles dépenses par une baisse du nombre, voire des tarifs, des séjours hospitaliers, des consultations et des transports sanitaires auxquels la télémédecine peut se substituer.

    Une mesure sur le long terme :

    • renforcer les soins primaires en changeant le regard sur la médecine générale, en sensibilisant et en associant les usagers et les patients à l’organisation du système de santé pour une meilleure appropriation des parcours de soins. 

    Pour la CSMF, le CESE manque la cible

    Si certaines mesures vont dans le bon sens, et reprennent les propositions de la CSMF, cette dernière déplore le « recours à de vieilles recettes éculées sur la régulation de l’installation et le conventionnement sélectif. Cela prouve que le CESE n’a pas pris toute la mesure du problème ».

    Dr Jean-Paul Ortiz, président de la confédération, s’exprime : « Comment imaginer un conventionnement sélectif dans les zones dites sur-denses alors qu’on manque aujourd’hui de médecins partout, tant en médecine générale qu’en médecine spécialisée ? »

    Il poursuit : « La situation démographique des médecins libéraux est sans commune mesure avec d’autres professions, comme les infirmiers, qui ont eu recours au conventionnement sélectif. Proposer un tel mécanisme revient à ouvrir largement la porte à l’exercice hors convention et donc à mettre en place une médecine à deux vitesses. Or, les mesures incitatives commencent à donner des résultats probants dans les zones rurales de certains départements particulièrement proactifs (Aveyron, Lozère, Mayenne…). Il faut donc laisser du temps à ces mesures pour pouvoir juger de leur efficacité. »

    Au lieu de contraindre ou de stigmatiser, l’heure est au soutien manifeste de la médecine libérale, générale et spécialisée, selon la CSMF. « Ce n’est qu’à cette condition que les problèmes d’accès aux soins dans les territoires pourront être résolus ».