Réunis le 8 décembre 2017 à Bruxelles, les ministres de la Santé européens ont approuvé les conclusions du Conseil de l’Union européenne, qui appelle la Commission européenne et les États membres à promouvoir la libre circulation des données de santé dans l’UE afin d’accélérer l’innovation numérique.
Vers une mise en œuvre plus étendue des services de santé en ligne en Europe
« (…) Nous avons poussé les États membres à coopérer afin de créer de meilleures conditions pour l’innovation fondée sur [l’analyse de] données et la mise en œuvre plus étendue des services de santé en ligne dans toute l’Europe », a déclaré le ministre estonien de la Santé et du Travail Jevgeni Ossinovski, cité par un porte-parole (source : Baltictimes.com). À la tête de la présidence [actuelle du Conseil], l’Estonie a été ouverte aux propositions des différentes parties. Cela nous a permis d’obtenir un large soutien, permettant l’établissement des conditions préalables à la réalisation des activités validées pendant la présidence estonienne au cours des prochaines années. »
L’analyse de données permet aux médecins de prendre des décisions plus précises
Dans leurs conclusions, les différents ministres de la Santé européens soulignent que la technologie numérique et l’analyse des données favorisent le développement de nouveaux services de santé et simplifie la communication entre les différents acteurs de l’industrie.
Grâce à l’analyse des données médicales, il est possible de prendre des décisions plus précises lors de l’établissement d’un diagnostic et la délivrance d’un traitement mais aussi d’utiliser de manière plus économique qu’auparavant les ressources de santé.
Cette évolution garantit aux patients un meilleur accès à leurs informations de santé, un meilleur contrôle de l’utilisation de leurs données et la possibilité d’assumer une plus grande part de responsabilité dans la gestion de leur santé.
La Commission invitée à créer des systèmes d’information transfrontaliers
Le Conseil encourage les États membres à augmenter leurs investissements pour le déploiement de solutions numériques soutenant la qualité des services de santé et à éliminer les obstacles injustifiés à la circulation des informations de santé.
Pour assurer la libre circulation des données, la Commission européenne a été invitée à soutenir la création de systèmes d’information transfrontaliers en utilisant des fonds de l’UE.
Améliorer l’accès aux informations de santé
La mise en place des principes convenus dans les conclusions crée de nouvelles possibilités aussi bien pour les patients que pour les entreprises proposant des services de santé.
« Par exemple, grâce aux plateformes d’échange et de coopération transfrontalières, il est possible d’offrir aux personnes souffrant de maladies rares un accès aux meilleures connaissances médicales en Europe, ce qui permet de diagnostiquer plus rapidement la maladie et de mieux la traiter, souligne M. Ossinovski. Les 35 millions de personnes souffrant de maladies rares en Europe pourraient potentiellement bénéficier [de cette avancée], sans parler des millions d’Européens qui voyagent et qui peuvent avoir besoin d’utiliser leurs données de santé et leurs prescriptions numériques dans une autre nation européenne [que leur pays de résidence]. »
En dehors des avantages pour la santé qu’un tel investissement représente, la création de conditions idéales pour le domaine de la recherche et du développement scientifiques améliore la compétitivité des entreprises offrant des services de santé numériques sur le marché européen et l’accessibilité aux services de soins personnalisés.
Accentuer la coopération entre les États pour renforcer la sécurité des données
La question de la protection des données personnelles a également été abordée par les ministres de la Santé européens lors d’une réunion informelle organisée en juillet à Tallinn, en Estonie. Ont plus précisément été traitées les questions relatives à l’accès des populations à leurs données de santé, au droit des personnes à décider de l’utilisation de leurs informations et à l’usage des données personnelles visant à développer des services de santé et à mener des recherches.
Les ministres ont notamment estimé qu’il était nécessaire de renforcer la coopération entre les États membres pour améliorer la sécurité des données de santé et l’interopérabilité des systèmes d’information.
L’innovation numérique dans le domaine de la santé au sein de l’Union européenne est soutenue par la Digital Health Society (DHS), un mouvement créé par le ministère des Affaires sociales d’Estonie et l’European Connected Health Alliance (ECHAlliance) qui a rassemblé les contributions de tous les acteurs intéressés par le développement de la e-santé dans l’optique d’instaurer des stratégies et des actions solides afin de mener à bien la transformation numérique des systèmes de santé européens.
Une centaine d’organisations européennes ont rejoint le mouvement DHS en coopération avec des institutions étatiques afin de mettre en place des accords de coopération transfrontalière pour accélérer la numérisation des systèmes de santé dans l’ensemble de l’Europe. Une déclaration commune a été publiée.