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  • Bilan des levées de fonds des start-ups françaises de la e-santé : 38,7 millions d’€ en novembre 2017

    38,7 millions d’euros : c’est le montant levé par les start-ups françaises de la e-santé en novembre 2017. Le chiffre est en forte baisse par rapport au mois d’octobre 2017.

    La levée de fonds la plus importante est réalisée par Doctolib, avec 35 millions d’euros, les autres levées de fonds se situant entre 400 000 et 2 millions d’euros.

  • DHS

    Digital Health Societynull

  • Etude : des algorithmes détectent mieux des métastases que des pathologistes (Jama)

    La détection automatique de métastases chez des femmes souffrant de cancer du sein s’est révélée parfois plus efficace que le dépistage humain. Les résultats d’une étude* publiée le 12 décembre dans le Jama montrent que certains algorithmes affichent des taux inférieurs de faux-négatifs et de faux-positifs par rapport à ceux des pathologistes.

    L’anatomopathologie à l’heure de l’intelligence artificielle

    Evaluer la propagation d’un cancer fait partie des examens essentiels pour décider du protocole de soins. Or, dans le cancer du sein, l’analyse histologique des ganglions sentinelles par les pathologistes n’est pas fiable à 100%. En outre, elle est très consommatrice de temps. C’est pourquoi le recours à l’intelligence artificielle suscite de l’espoir. La numérisation complète de l’évaluation microscopique des coupes histologiques de ganglions lymphatiques est aujourd’hui possible techniquement.

    Algorithme contre humain

    Des chercheurs néerlandais ont donc mis sur pied le « Cancer Metastases in Lymph Nodes Challenge ». Les résultats de cette expérimentation ont été publiés dans le Jama du 12 décembre. Concrètement, un ensemble d’images avec et sans métastases a été confié à différentes équipes internationales afin qu’elles puissent construire des algorithmes. Ensuite, ces algorithmes ont été évalués sur 129 images (49 avec et 80 sans métastases). Afin de comparer leur efficacité, ces coupes histologiques ont aussi été analysées par un panel de 11 pathologistes qui avaient deux heures pour analyser ces images et enfin avec un pathologiste qui n’avait aucune contrainte horaire. Les machines comme les hommes devaient repérer dans un premier temps des foyers métastatiques et dans un second temps l’absence ou la présence de métastases ganglionnaires dans une lame ou une image.

    Résultats

    • Sur les 32 algorithmes évalués, 7 d’entre eux sont parvenus à une meilleure discrimination des métastases que les 11 pathologistes sous contrainte horaire
    • Le meilleur algorithme a obtenu un résultat similaire au pathologiste qui n’avait pas de contrainte de temps
    • Les meilleurs pathologistes sont passés à côté de 37,1% des micrométastases

    Une étude à relativiser

    « A notre connaissance, c’est la première étude qui montre que l’interprétation d’images pathologiques peut être réalisées par des algorithmes d’apprentissage à un niveau de précision qui rivalise avec les performances humaines », ont déclaré les auteurs de ce challenge. Ils concèdent cependant des limites à l’exercice, notamment parce qu’il s’agit d’un exercice de simulation. Les conditions ne sont donc pas comparables à celles de la pratique clinique.

    Un éditorial critique

    Dans un éditorial**, Jeffrey Alan Golden, pathologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston, souligne quant à lui que deux heures représente « un laps de temps irréaliste pour l’évaluation des 129 lames ». Cependant, le fait que l’intelligence artificielle permette de détecter les micrométastases aussi bien, voire mieux que les pathologistes est « excitant ». A ses yeux, cette étude montre que l’intelligence artificielle pourrait, en quelque sorte, « seconder » les spécialistes. Des étapes restent malgré tout à franchir. L’auteur de l’éditorial cite notamment deux obstacles majeures : la formation des professionnels et l’évaluation économique de l’IA.

  • ESA

    The European Space Agencynull

  • AG2R La Mondiale et l’IoT Valley lancent un appel aux projets autour de l’observance et du diabète

    AG2R La Mondiale, via sa mutuelle Viasanté, en partenariat avec l’IoT Valley lance pour la 3 année consécutive leur appel aux projets innovants et ayant recours aux objets connectés, annonce AG2R sur son site web ce 13 décembre 2017.

    Dans le cadre de l’édition 2018, le groupe recherche des projets pouvant :
    • améliorer l’observance des traitements médicaux ;
    • faciliter la vie quotidienne des diabétiques.

    À la clé, un contrat d’expérimentation et un accompagnement de 9 mois au sein de l’accélérateur de l’IoT Valley – Connected Camp, pour les start-ups lauréates.

    Les solutions retenues doivent aider à faire pénétrer l’innovation au sein d’un grand groupe

    AG2R LA MONDIALE et sa mutuelle ViaSanté souhaitent favoriser l’émergence de nouveaux services et solutions en matière de e-santé, issus des nouvelles technologies de l’Internet des Objets (IoT),

    Intégrer des solutions innovantes est une tâche difficile, c’est pourquoi AG2R LA MONDIALE fait appel à un tiers de confiance, l’IoT Valley et son accélérateur le Connected Camp, qui fournit son expertise et accompagne l’exécution du projet pilote en vue d’un déploiement à plus grande échelle.

    Combattre la non observance

    Avec cet appel à projet le groupe souhaite traiter le problème de l’observance médicamenteuse et notamment les coûts liés à la non observance et aux complications induites, qui s’élèverait à 9 milliards d’euros en France.

    L’auteur de l’appel à projets spécifie néanmoins ne pas prendre en compte les solutions de piluliers connectés.

    Un parcours pour bien vivre son diabète

    Des projets éligibles au titre de cette thématique doivent proposer des services autour de :

    • la nutrition ;
    • l’auto-mesure (ou quantified self);
    • exercices physiques ;
    • l’agrégation de données issues des différents objets connectés.

    Date limite de candidature

    Les start-ups souhaitant candidater sont invitées à remplir le formulaire dédié avant le 31 décembre 2017 via le site ci-contre.

  • e-Parcours : second appel à projet de l’ARS IDF pour étendre les territoires couverts par Terr-eSanté

    L’Agence Régionale de Santé Ile-de-France a lancé le 8 décembre 2017 un nouvel appel à projets pour étendre les territoires couverts par la plateforme de services numériques de sa plateforme territoriale d’appui Terr-eSanté, qui couvrait dans un premier temps l’ouest du 13e arrondissement de Paris et le nord-ouest du Val-de-Marne.

    Un financement pluriannuel national de 150 M€, dont 20 M€ pour 2017, est proposé pour accompagner les ARS au déploiement progressif des services numériques auprès des acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux participant à la coordination des parcours, sur l’ensemble du territoire.

    Les territoires souhaitant candidater doivent déposer une lettre d’intention au plus tard le 31 décembre 2017 et les projets doivent parvenir à la Direction générale de l’offre de soins au plus tard pour le 31 janvier 2018 en respectant les critères suivants :
    • un portage par un ensemble d’acteurs représentant les secteurs sanitaires ;
    • un dispositif territorial d’appui assuré par et pour les professionnels de santé libéraux ;
    • les populations et les parcours doivent tenir compte des inégalités sociales et territoriales de santé ;
    • services prioritaires de la plateforme numérique régionale.

    Cet appel à projets lancé par l’ARS s’inscrit dans le cadre du programme e-Parcours, programme de financement du Ministère des affaires sociales et de la santé qui prolongé le programme TSN pour la période 2017-2021.

    Des critères d’éligibilité précis

    La plateforme numérique régionale permettra l’accès sécurisé à l’information nécessaire à la prise en charge coordonnée et à la prise décision ainsi qu’à un ensemble de services à valeur ajoutée facilitant l’analyse de l’information et l’organisation du parcours. Elle devra comprendre :

    • un portage par un ensemble d’acteurs représentant les secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux du territoire concerné comprenant nécessairement des professionnels libéraux, des établissements sanitaires et médico-sociaux. La proposition doit décrire la composition de l’équipe projet et la gouvernance de la coordination proposée ;
    • l’existence ou la proposition d’un dispositif territorial d’appui assuré par et pour les professionnels de santé libéraux et s’appuyant sur les ressources existantes dans le territoire (MAIA et services de gestion de cas, Clic, réseaux, etc.), dans une logique de regroupement et d’intégration des fonctions d’appui sur un territoire;
    • les populations et les parcours à prioriser, notamment en tenant compte des enjeux de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé ;
    • les services prioritaires de la plateforme numérique régionale au regard des objectifs et de l’organisation proposée et l’engagement de leur usage selon les critères.

    Outre les indicateurs d’usage définis par la DGOS, une évaluation de l’impact de cette nouvelle organisation sera menée sous le pilotage de l’ARS Ile-de-France.

    Le déploiement des services numériques sera assuré par le GCS Sesan.

    Les territoires financés suite au premier appel à projets de l’ARS

    L’ARS Île-de-France avait publié en juin 2017 un premier appel à projets pour étendre la zone géographique et le nombre d’acteurs sanitaires, médico-sociaux sociaux couverts par ces services. Huit projets (Paris 13-14, Terr-esanté 95, 91 Nord, 78 Saint-Germain Rives de Seine, 92 Sud, 78 Grand Versailles, 92 Nord, 91 Sud) ont été retenus par le comité d’orientation des systèmes d’information en santé (COSSIS).

    Les projets des quatre premiers territoires ont été financés par le niveau national dans le cadre de la seconde circulaire FIR. En parallèle, l’extension de Terr-esanté au territoire du 94 Ouest est prévue de même que l’intégration du territoire Paris 9 et 10 (Projet Paerpa).

  • TEP-scans numériques : le centre de lutte contre le cancer de Dijon et le CHRU de Nancy s’équipent

    Le premier TEP-scan numérique de France a été installé à Dijon, dans les locaux du Centre Georges-François Leclerc (CGFL) début septembre 2017. Cet équipement de pointe, acquis auprès de Discovery MI et développé par GE Healthcare, a fait l’objet d’une co-acquisition – l’investissement global est de 4,5 millions d’euros – de la part du Centre Hospitalier Universitaire de Dijon Bourgogne et du CGFL, tous deux pleinement associés dans l’exploitation du service de médecine nucléaire.

    En octobre 2017, c’est le TEP-Scan Vereos de Philips Healthcare qui a été installé au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy. Un second appareil de même type sera installé d’ici fin décembre 2017. L’appareil seul coûte plus de 2 millions d’euros hors taxes, selon le fabricant.

    La technologie TEP-scan combine l’imagerie anatomique du scanner et l’imagerie fonctionnelle de la TEP. Plus précis, plus sûr et plus confortable, le TEP-scan numérique doit permettre aux médecins de visualiser différentes activités du métabolisme humain avec un gain important par rapport aux tech­nologies jusque-là existantes. Particulièrement intéressant dans le domaine de la cancérologie, il est aussi utilisé en cardiologie, en neurologie ou dans le cas de maladies inflammatoires.
    Cette technologie contribue à l’amélioration le diagnostic et éclairer la prise de décision thérapeutique pour évaluer l’efficacité des traitements.

  • Déserts médicaux : le CESE préconise une série de mesures pratiques et laisse la CSMF insatisfaite

    Le CESE a rendu, le 13 décembre 2017, pour la première fois un avis sur les déserts médicaux.

    L’avis, rapporté par Sylvie Castaigne (groupe des personnalités qualifiées) et Yann Lasnier (groupe des associations) pour la commission temporaire « Déserts médicaux », présidée par Marie-Andrée Blanc (groupe UNAF), a été présenté lors de l’assemblée plénière et adopté avec 131 voix pour, 21 abstentions et 10 voix contre.

    Des mesures comme réguler l’installation, redéfinir les périmètres d’exercice des professionnels de santé, œuvrer pour une meilleure appropriation des parcours de soins ou développer la télémédecine ont été proposées. Mais, elles ne sont pas du gout de la Confédération des Syndicats Médicaux Français qui juge que le CESE « n’a pas vraiment pris toute la mesure du problème ».

    Selon une estimation de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère de la santé (DRESS), 8% de la population se situe dans un désert médical en 2017, soit 5,3 millions de Français.

    Le sujet des déserts médicaux avait été identifié grâce au comité de veille des pétitions en ligne mis en place par le CESE en septembre 2017. En effet, de nombreux Français se sentent aujourd’hui à la marge de notre système de santé et s’inquiètent de l’aggravation des inégalités territoriales.

    Une série de mesures à destination des pouvoirs publics, des professionnels de santé et des patients  

    L’avis présente deux mesures à effet immédiat :  

    • réguler l’installation des spécialistes de 2e recours en secteur 2 dans les zones sur-denses en conditionnant leur conventionnement à la réalisation de consultations « avancées » régulières en zones sous-denses ;
    • augmenter par des mesures financières à effet immédiat le temps médical disponible dans les zones sous-denses en aidant les médecins de secteur 1 à disposer d’un(e) secrétaire médical(e) mutualisé(e) et en rendant plus attractif le cumul emploi-retraite. 

    Deux mesures sur le moyen terme : 

    • mieux répartir les tâches entre les professionnels de santé : 
      • en concevant des modèles simplifiés et nationaux de protocole de coopération ;  
      • en redéfinissant les périmètres d’exercice des professionnels de santé, ce qui permettrait à des professionnels paramédicaux.ales d’exercer de nouveaux métiers de niveau intermédiaire. 
    • développer la télémédecine en conventionnant ces actes via des mécanismes innovants de rémunération forfaitaire et transversale et en finançant ces nouvelles dépenses par une baisse du nombre, voire des tarifs, des séjours hospitaliers, des consultations et des transports sanitaires auxquels la télémédecine peut se substituer.

    Une mesure sur le long terme :

    • renforcer les soins primaires en changeant le regard sur la médecine générale, en sensibilisant et en associant les usagers et les patients à l’organisation du système de santé pour une meilleure appropriation des parcours de soins. 

    Pour la CSMF, le CESE manque la cible

    Si certaines mesures vont dans le bon sens, et reprennent les propositions de la CSMF, cette dernière déplore le « recours à de vieilles recettes éculées sur la régulation de l’installation et le conventionnement sélectif. Cela prouve que le CESE n’a pas pris toute la mesure du problème ».

    Dr Jean-Paul Ortiz, président de la confédération, s’exprime : « Comment imaginer un conventionnement sélectif dans les zones dites sur-denses alors qu’on manque aujourd’hui de médecins partout, tant en médecine générale qu’en médecine spécialisée ? »

    Il poursuit : « La situation démographique des médecins libéraux est sans commune mesure avec d’autres professions, comme les infirmiers, qui ont eu recours au conventionnement sélectif. Proposer un tel mécanisme revient à ouvrir largement la porte à l’exercice hors convention et donc à mettre en place une médecine à deux vitesses. Or, les mesures incitatives commencent à donner des résultats probants dans les zones rurales de certains départements particulièrement proactifs (Aveyron, Lozère, Mayenne…). Il faut donc laisser du temps à ces mesures pour pouvoir juger de leur efficacité. »

    Au lieu de contraindre ou de stigmatiser, l’heure est au soutien manifeste de la médecine libérale, générale et spécialisée, selon la CSMF. « Ce n’est qu’à cette condition que les problèmes d’accès aux soins dans les territoires pourront être résolus ».

  • MIME

    Managing Information in Medical Emergenciesnull

  • E-santé et IA : quelles perspectives pour l’avenir ? (Etude Terra Nova)

    Terra Nova a publié le 5 décembre 2017 une note sur « La santé à l’heure de l’intelligence artificielle ». Les experts du think tank esquissent des perspectives pour l’avenir en partant des systèmes, programmes et algorithmes déjà existants dans le champ de la santé.

    L’idée est aussi de proposer une réflexion sur les politiques publiques à mettre en oeuvre pour faire émerger une stratégie française de santé en intelligence artificielle, et ainsi permettre la transformation du secteur médical à moyen et long terme dans les meilleures conditions.

    H&TI a résumé les grandes lignes de cette note.

    Les impacts envisageables dès à présent sur les métiers médicaux

    L’AI pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2030, selon le cabinet de consultants Pricewaterhouse-Coopers, soit une hausse respective de 26 %, de 14,5 % et de 9,9 % des PIB de la Chine, des États-Unis et de l’Europe du Nord. Le monde de la santé est  l’un des secteurs où ces enjeux sont les plus forts. « Comme beaucoup d’autres innovations numériques, va transformer, déplacer les métiers du monde médical, au risque de bouleverser certains schémas qui semblaient acquis, pointe Terra Nova. Mais elle le fera aussi en améliorant les conditions de vie des patients, voire en contribuant à sauver des vies, ce qui donnera de ces nouveaux moyens techniques une perception moins impersonnelle ou menaçante ». Quelques exemples :

    • L’imagerie médicale : Mammographie, dermatologie, rétinopathie diabétique… sont autant de domaines où l’IA accélère le travail médical et fournit des résultats plus affinés que ceux apportés par le seul regard expert du clinicien. On peut citer en exemples ce qui est déjà développé par Aidoc Medical, Zebra Medical Vision, Therapixel, MedyMatch, le programme dédié aux diabétique de Google, programme dédié aux diabétiques ou encore Tilak Healthcare.
    • Le diagnostic : L’analyse, à un moment « t » ou de façon constante, de données de santé facilite l’émergence d’alertes en temps réel aux fins d’établir des diagnostics de plus en plus précis ou d’assurer un suivi exhaustif des patients, notamment ceux qui souffrent de pathologies chroniques. Parmi les avancées celles de Your.MD, chatbot de prédiagnostic, Clustaar, experte sémantique, Syllabs, qui propose de rédiger certains documents à la place du praticien grâce à une IA. DreamQuark, propose des solutions d’analyse de données pour détecter des phénomènes rares et invisibles pour l’homme, ou encore Cardiologs, solution web de lecture des électrocardiogrammes. On peut encore citer Implicity, dont la solution doit permettre de gérer à distance les pacemakers et WinterLight Labs, programme de diagnostic de maladies mentales et cognitives.
    • La recherche : Si l’on a accès à la totalité de la littérature scientifique, aux résultats des centaines de milliers de recherches existantes, aux comptes rendus cliniques mais aussi aux données génétiques des patients… il ne faut que quelques jours, voire quelques heures à des IA pour mettre en évidence de premiers résultats, détecter une pathologie, proposer une molécule utile ou sortir des médicaments du circuit au regard de leurs dangers potentiels ou avérés. Travaillent sur ce créneau, le programme Watson d’IBM qui s’est illustré en diagnostiquant en dix minutes un cas rare de leucémie. La CNAM et l’École polytechnique se sont quant à elles alliées dans l’objectif de développer, d’ici 3 ans, des technologies autour du Big Data dans le champ de la santé.

    Ces quelques exemples montrent à quel point les IA semblent déjà supérieures à la capacité technique humaine ou tendent à la dépasser dans certains domaines spécifiques. 

    Une articulation du médecin avec les autres professionnels de santé bouleversée

    Au-delà du médecin dans sa propre activité, les IA pourraient bouleverser la gradation des réponses apportées aux patients, à travers les rapports entre le médecin et les autres professionnels de santé.

    Terra Nova estime que, dans  dans la perspective d’une démographie médicale qui se contracte, avec la persistance des déserts médicaux et de contraintes budgétaires lourdes, une éventualité serait d’évoluer, pour les tâches les plus simples, souvent chronophages, vers un duo pole infirmiers praticiens/cliniciens et IA, y compris dans le cas de pathologies lourdes ou chroniques.

    Le médecin serait alors plus attendu sur d’autres champs d’activité, les taches les moins automatisables, l’écoute et le conseil et la maîtrise des machines complexes. 

    Cette délégation de tâches pourrait aussi se faire envers une autre IA, experte cette fois-ci : les chatbots qui collaborent avec les médecins pour se charger des premières questions à poser lors d’un rendez-vous médical. Ces même chatbots peuvent aussi aider à poser les premiers diagnostics pour aiguiller un patient vers tel ou tel spécialiste ou hôpital ou service hospitalier.

    Vers une stratégie française de santé en intelligence artificielle

    Afin de mieux appréhender les transformations à venir des métiers de la santé et préparer les évolutions futures, il est nécessaire de développer des politiques publiques adaptées.

    L’anticipation et la réactivité comme philosophie de régulation

    La France doit dès aujourd’hui, selon Terra Nova, affirmer son ambition au niveau européen en matière d’IA et en faire un facteur d’attractivité grâce à une meilleure compétitivité de ses entreprises. Cet objectif doit guider l’action des pouvoirs publics comme des acteurs économiques : il s’agit de permettre à la France d’être connue et reconnue comme l’un des pays les plus en pointe en matière d’IA et offrant les meilleures conditions à son développement.

    Anticipation et réactivité doivent être par ailleurs au fondement de notre modèle de régulation. Il est indispensable de pouvoir questionner en permanence la manière dont les hommes et leurs pratiques vont évoluer au contact de cette « espèce inorganique » que sont l’IA et ses diverses incarnations robotiques.

    Les évolutions technologiques et techniques vont nous imposer de renégocier, collectivement et progressivement, un compromis entre nos valeurs et le surcroît de puissance que nous apportent ces nouveaux outils.

    Vie privée et secret médical : les lignes rouges à ne pas franchir

    Être volontariste sur le développement des IA ne signifie pas suspendre toute forme d’interdiction : respect de la vie privée et du secret médical, droit individuel d’accès, de rectification et de suppression des données personnelles, limitations dans l’accès aux données non anonymisées de santé pour les assureurs et les industries pharmaceutiques… sont autant de principes qui méritent d’être affirmés et défendus.

    Il faudra envisager de travailler notamment au plan technique à la définition de solutions sécurisées et respectueuses de la vie privée, en renforçant la compréhension de ce que font réellement les systèmes reposant sur l’IA, et en améliorant la transparence sur les traitements réalisés par ces derniers. Mais trouver un équilibre entre précaution et progrès ne doit pas conduire à des réglementations trop rigides. Il faut au contraire demeurer pragmatique.

    L’éducation, un levier de développement

    Pour développer ce nouveau domaine technologique en France , il est nécessaire de s’appuyer sur :

    • La formation initiale et continue des professionnels de santé ;
    • Une action éducative plus globale auprès du grand public pour favoriser dès le plus jeune âge l’acquisition de certaine compétences.

    Faciliter le transfert des travaux de recherche vers l’industrie

    La stratégie #FranceIA a fait de nombreuses propositions jugées intéressantes par Terra Nova :

    • Étudier la possibilité et l’intérêt de favoriser, via une défiscalisation, le rachat de start-ups de l’IA par les grands groupes français afin qu’ils s’approprient plus rapidement des technologies innovantes et pointues pour garder leur avantage compétitif.
    • En prolongement de l’action de la BPI, soutenir la mise en place de fonds pour des investissements unitaires en capital supérieurs à 25 millions d’euros pour aider à la transformation des start-ups de l’IA en futurs champions.
    • Faciliter les transferts recherche-entreprises grâce à des démarches d’open innovation.
    • Attribuer un financement de recherche, sur une période de cinq ans, pour des projets innovants.
    • Détecter, soutenir et accompagner les talents entrepreneuriaux.
    • L’investissement dans l’innovation directe pour produire de nouvelles machines.
    • L’investissement en équipement.