Les annonces du gouvernement dans le cadre du plan « Investir pour l’hôpital » « sont très loin de répondre aux attentes des personnels », affirment plusieurs organisations professionnelles et syndicales dans un communiqué commun diffusé le 20 novembre, après la présentation du plan : elles appellent à une « journée nationale de grèves et de manifestations » le 17 décembre. Les organisations continuent à réclamer « une revalorisation de l’Ondam d’au moins 4 % » , un « recrutement de professionnels supplémentaires » et un « plan de formation pluridisciplinaire » ainsi qu’une « revalorisation générale des salaires », l’« arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services » mais aussi des « réouvertures de lits » et de « structures ambulatoires pour la psychiatrie ». Le communiqué est signé de collectifs hospitaliers (Inter-urgence, inter-bloc et inter-hôpitaux, Printemps de la psychiatrie), de syndicats de médecins (INPH, Snam-HP, Jeunes médecins, CMH, APH, Avenir hospitalier, CPH, AJPH, Isni), et de confédérations syndicales (CFE-CGC, CFTC, CFDT, CGT, Sud, Unsa).
Seule la Fédération hospitalière de France (FHF) « salue » ces « premières mesures », jugeant qu’elles « répondent en grande partie aux enjeux immédiats », avant d’ajouter qu’« il faudra nécessairement aller plus loin ». La Fédération demande de « définir au niveau national les zones et les métiers en tension » pouvant donner lieu au versement d’« une prime de 1 000 euros par an au recrutement sous réserve d’un engagement de 1 à 3 ans ». Le plan attractivité à destination du personnel paramédical et médical devrait atteindre « environ un demi-milliard d’euros par an ». La FHF demande l’« ouverture d’un chantier sur les rémunérations et le régime indemnitaire afin de le rendre lisible, cohérent et attractif ».
« L’hôpital public risque un retard abyssal vis-à-vis de la nécessaire transformation numérique », commente de son côté la Conférence nationale des présidents de CME des centres hospitaliers, dans un communiqué daté du 21 novembre. Selon elle, l’enveloppe « ne permettra aucun plan ambitieux d’acquisition ou de renouvellement des équipements biomédicaux et informatiques, indispensables au développement des parcours ».
Plan « Investir pour l’hôpital » : synthèse des réactions
Les organisations syndicales de praticiens hospitaliers, de jeunes médecins, de pharmaciens et d’internes dénoncent une « méthode incorrecte et antidémocratique »
Les organisations syndicales de praticiens hospitaliers, de jeunes médecins, de pharmaciens et d’internes dénoncent dans un communiqué commun « la méthode incorrecte et antidémocratique » qui consiste à « faire des annonces sans concertation ni consultation des organisations syndicales ».
Elles s’insurgent contre « la nomination d’une personnalité qualifiée », Olivier Claris, pour une mission sur la gouvernance, « un déni de démocratie » selon elle, qui « démontre un mépris pour tous les acteurs hospitaliers qui ont participé aux travaux du groupe de travail « gouvernance » piloté par la DGOS ».
Les organisations exigent « un vrai choc d’attractivité sur le nouveau statut de praticien titulaire » : selon elles, les modalités du concours de praticien hospitalier (PH) « doivent être simplifiées et accélérées, mais non supprimées » car cela « ouvrirait la porte à un recrutement local et une perte d’indépendance professionnelle ».
FHP : « une augmentation des tarifs avec un taux minimal de 1 % est nécessaire »
« Avec un Ondam 2020 à 2,45 %, une augmentation des tarifs avec un taux minimal de 1 % est possible et nécessaire », déclare Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Il estime que plusieurs des mesures annoncées par le gouvernement pour l’hôpital public, comme le remboursement partiel de la dette ou le renforcement de l’attractivité des carrières, sont « également nécessaires pour les établissements de santé privés », dans lesquels, « faute de ressources, le montant de l’investissement a chuté au cours des dernières années ».
France Assos santé salue « des mesures financières de rattrapage »
France Assos santé (patients) « salue » « des mesures financières de rattrapage, indispensables pour éviter la faillite du système hospitalier » mais estime que « les 500 millions supplémentaires ne couvriront même pas les besoins de modernisation des infrastructures » et « ne permettront pas non plus de résoudre la question cruciale du manque d’effectifs ».
La fédération déplore « une occasion manquée de réinjecter du sens politique dans l’organisation des soins sur le territoire, notamment de premier recours ».
Le SMPS réclame « une mission chargée de refonder de fond en comble les règles qui paralysent l’hôpital public »
Estimant que « la question de la gouvernance à l’hôpital est mise à mal » par les annonces du Premier ministre, le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) appelle à manifester pour que l’exécutif lance « une mission chargée de refonder de fond en comble les règles qui paralysent l’hôpital public, sans tabou et sans trembler ».
La Fédération FO des cadres hospitaliers dénonce en écho un gouvernement qui « donne crédit à quelques postures de diversion sur la gouvernance par les directeurs », alors que « l’absence de reconnaissance et de valorisation touche aussi les cadres hospitaliers qui se sont efforcés depuis 10 ans de préserver le service public malgré la contrainte imposée ».