Permanence des soins ambulatoires
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Le Cnop en faveur d’un DP accessible aux patients : une consultation publique prévue en 2020
« Nous nous mobiliserons [pour que le dossier pharmaceutique (DP)] trouve pleinement sa place dans l’espace numérique personnel de santé », notamment pour le rendre « accessible directement par les patients ». C’est ce qu’annonce Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop), intervenue à l’occasion de la Journée de l’Ordre le 25 novembre 2019 à la Maison de la Chimie à Paris. Elle fait part de son ambition de « lancer un prototype » ainsi qu’une consultation du grand public et des associations de patients sur ce sujet « dès le 1er semestre 2020 ».
Carine Wolf-Thal s’est « réjouie » de voir le DP et les pharmaciens « en bonne place dans la feuille de route du gouvernement » sur les ruptures d’approvisionnement, avec la reconnaissance du DP-Ruptures comme « outil central » pour « améliorer les échanges d’informations entre les différents acteurs de la chaine ».
Alors que le DP continue à se développer avec « plus de 38 millions de patients » concernés, « la prochaine évolution souhaitable » serait selon elle de le rendre « obligatoire dans les établissements de santé comme il l’est à l’officine » afin de renforcer la continuité des soins ville-hôpital.
« Pleinement impliqué dans la transformation numérique du système de santé », le Cnop attend les textes d’application sur le Health data hub afin de déterminer comment les pharmaciens « pourront s’y inscrire ». Il plaide parallèlement pour « une mise en œuvre rapide de la prescription électronique ».
Les multiples usages du dossier pharmaceutique (DP)
Les premières officines seront connectées d’ici la fin 2019
La mise en place de la sérialisation, issue d’une directive européenne visant à lutter contre les médicaments falsifiés, « représente un véritable défi [pour] l’ensemble des acteurs de la chaîne » du médicament, qui « se sont pleinement mobilisés » : l’Ordre des pharmaciens annonce que « dans la foulée des établissements de santé, les premières officines seront connectées d’ici à la fin de l’année ». Ce processus permettra au dossier pharmaceutique (DP) de démontrer son utilité selon l’organisation car il rendra possible la « pseudonymisation » et la sécurisation des données collectées grâce la mise à disposition en officine d’un connecteur.
L’accès et les fonctionnalités du DP prochainement élargis
Carine Wolf-Thal rappelle que le DP verra « prochainement » élargis « son accès et ses fonctionnalités » conformément à la loi santé avec « l’enregistrement des dispositifs médicaux implantables » par les professionnels de santé et la possibilité offerte aux biologistes médicaux d’y avoir accès.
La présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) relève que la fonction retraits-rappels du DP « se développe également », avec le blocage de la dispensation, objet d’un engagement pris par l’Ordre en janvier 2018 au moment du retrait de produits de nutrition infantile de marque Lactalis. Elle ajoute que le DP permet également à l’Ordre de fournir régulièrement aux autorités des études sanitaires, qui sont de « véritables outils d’aide à la décision » selon elle.
Interprofessionnalité, décloisonnement, portail internet
« Prendre le virage de l’interprofessionnalité »
Carine Wolf-Thal estime que les nouvelles missions dévolues aux pharmaciens « ne pourront être déployées que dans un cadre d’exercice coordonné ». Estimant que c’est au sein des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) qu’ils pourront « pleinement les mettre en œuvre », elle les appelle à « prendre le virage de l’interprofessionnalité ».
Un appel à un « rapprochement entre pharmaciens »
La présidente appelle parallèlement à un « rapprochement entre pharmaciens » dans le cadre du décloisonnement ville-hôpital, « autre axe de progression majeur en matière de coopération » : il s’agit de « garantir la continuité du parcours de soins des patients et la sécurité de leur prise en charge médicamenteuse (…) dans un contexte de vieillissement de la population et [de] recours accentué à l’ambulatoire », explique-t-elle.
Bientôt de nouveaux services personnalisés en ligne via un portail dédié proposés aux pharmaciens
Carine Wolf-Thal annonce enfin que le Cnop proposerait prochainement aux pharmaciens « de nouveaux services personnalisés en ligne via un portail dédié ». Celui-ci leur permettra de « consulter les données relatives à leur inscription au tableau » de l’Ordre et de « faire tout type de démarches auprès de leur section ».
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Stratégie e-santé des États-Unis
Aux États-Unis, l’Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC) suit sa feuille de route 2015-2020. Intitulée « Federal Health IT Strategic Plan », sa stratégie vise à utiliser les technologies de l’information pour parvenir à des soins de grande qualité, à moindre coûts, avec une population engagée et en meilleure santé.
Indicateurs de performance :
• L’accès en ligne à son dossier médical a été proposé à 51 % de la population (2018). Parmi ces individus, près de 6 sur 10 ont visualisé leur dossier en ligne au moins une fois au cours de l’année.
• 32 % des médecins ayant prescrit des substances contrôlées l’ont fait par voie électronique (2017).
• 90 % des hôpitaux (2017) et 48 % des médecins (2015) envoient ou reçoivent des informations sur le patient, par voie électronique, avec un professionnel extérieur à leur organisation.
• 61 % des hôpitaux (2017) et 34 % des médecins (2015) peuvent trouver, par voie électronique, des informations sur le patient de sources extérieures à leur système.
• 53 % des hôpitaux (2017) et 31 % des médecins (2015) peuvent facilement intégrer l’information de santé reçue par voie électronique directement dans leur EHR (Electronic Health Record).
• 51 % des hôpitaux (2017) et 36 % des médecins (2015) ont eu l’information nécessaire sur le patient, de sources extérieures, disponible au moment de la prise en charge via leur EHR.Le budget alloué à l’ONC en 2019 était de plus de 60 millions de dollars (environ 54,5 millions d’euros).
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DATA – Stratégie e-santé des États-Unis
Aux États-Unis, l’Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC) suit sa feuille de route 2015-2020. Intitulée « Federal Health IT Strategic Plan », sa stratégie vise à utiliser les technologies de l’information pour parvenir à des soins de grande qualité, à moindre coûts, avec une population engagée et en meilleure santé.
Indicateurs de performance :
• L’accès en ligne à son dossier médical a été proposé à 51 % de la population (2018). Parmi ces individus, près de 6 sur 10 ont visualisé leur dossier en ligne au moins une fois au cours de l’année.
• 32 % des médecins ayant prescrit des substances contrôlées l’ont fait par voie électronique (2017).
• 90 % des hôpitaux (2017) et 48 % des médecins (2015) envoient ou reçoivent des informations sur le patient, par voie électronique, avec un professionnel extérieur à leur organisation.
• 61 % des hôpitaux (2017) et 34 % des médecins (2015) peuvent trouver, par voie électronique, des informations sur le patient de sources extérieures à leur système.
• 53 % des hôpitaux (2017) et 31 % des médecins (2015) peuvent facilement intégrer l’information de santé reçue par voie électronique directement dans leur EHR (Electronic Health Record).
• 51 % des hôpitaux (2017) et 36 % des médecins (2015) ont eu l’information nécessaire sur le patient, de sources extérieures, disponible au moment de la prise en charge via leur EHR.Le budget alloué à l’ONC en 2019 était de plus de 60 millions de dollars (environ 54,5 millions d’euros).
Le tableau présentant la stratégie e-santé des Etats-Unis est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.
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Étude : le traitement des vertiges par internet prouve son efficacité (BMJ)
Des chercheurs néerlandais viennent de montrer que le traitement des vertiges par la kinésithérapie vestibulaire peut se pratiquer à distance, via internet. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont constaté que les séances de rééducation vestibulaire (oreille interne) en ligne permettaient de diminuer les symptômes de vertiges mais aussi d’anxiété et de dépression. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 5 novembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).
Une prise en charge des vertiges déficiente
Les vertiges sont une plainte fréquente en médecine générale. Chaque année, 5 % de la population présente de tels symptômes dits « vestibulaires ». Plus de 80 % de ces patients sont principalement traités par leur médecin généraliste et ne sont jamais orientés vers un spécialiste. Or, ces symptômes ne sont pas anodins : ils entraînent très souvent des arrêts de travail, des chutes et un recours fréquent au système de santé.
La réhabilitation vestibulaire a pourtant fait la preuve de son efficacité dans le traitement des vertiges. Cette technique repose sur une rééducation sensorielle de l’équilibre qui utilise l’interaction entre la vision, l’oreille interne, la colonne rachidienne et les pieds. Aux États-Unis et aux Pays-Bas, cette technique est le traitement du syndrome vestibulaire chronique. Malgré les preuves scientifiques de son efficacité, moins de 10 % des médecins généralistes y ont recours.
Une rééducation vestibulaire via internet
Pour faciliter l’accès à cette technique, des chercheurs ont souhaité évalué son efficacité lorsqu’elle est pratiquée à distance, via internet. Ils ont mené un essai contrôlé et randomisé. Quelque 322 patients souffrant de vertiges ont été répartis en 3 groupes :
- un groupe de patients bénéficiant de rééducation vestibulaire uniquement via internet avec des séances d’exercice quotidiennes pendant 6 semaines ;
- un groupe avec les mêmes exercices en ligne complétés par deux consultations en face à face avec un médecin ;
- un groupe de patients pris en charge par le médecin généraliste de façon traditionnelle
Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 novembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).
Résultats : moins de vertiges et moins d’anxiété
Afin d’évaluer l’efficacité du traitement, les chercheurs ont utilisé une échelle qui mesure les symptômes vestibulaires sur une échelle de 0 à 60. Au-dessus de 12, les symptômes sont considérés comme sévères. Avant la prise en charge, les patients affichaient un score de l’ordre de 14. Au bout de 6 mois, les résultats des 3 groupes étaient les suivants :
- les patients ayant bénéficié d’une prise en charge uniquement en ligne avait réduit leurs symptômes de 4,1 points sur l’échelle.
- Le groupe de patients ayant bénéficié d’une prise en charge en ligne et en face à face ont vu leur score diminuer de 3,5 points.
- Le groupe contrôle n’a vu ses symptômes de vertiges diminuer que de 2,3 points.
- Les participants des 2 groupes traités en ligne ont également présenté moins d’inconvénients liés aux étourdissements et moins d’anxiété.
- Aucun événement indésirable grave lié à la rééducation vestibulaire en ligne ne s’est produit pendant l’essai.
Toucher plus de patients en ligne
Cette étude montre donc que le traitement des vertiges via des exercices en lignes est efficace et sûr. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ajout de consultations en face à face n’améliorait pas les résultats. Les chercheurs estiment donc qu’ »en proposant aux médecins généralistes un traitement facilement accessible et peu coûteux, la rééducation vestibulaire en ligne peut améliorer considérablement les soins dans la mesure où bon nombre de patients sont sous-traités. »
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Paris : un DU de technicien santé connectée avec l’AP-HP et Air Liquide Healthcare
Former « les futurs techniciens respiratoires de la prestation de santé à domicile qui accompagnent les patients atteints de maladies chroniques ». C’est l’objectif du premier diplôme universitaire (DU) « Technicien santé connectée » lancé par l’université de Paris (Institut universitaire technologique Diderot et l’UFR de médecine Diderot) en partenariat avec l’AP-HP et Air Liquide Healthcare. Dans le communiqué daté du 26 novembre 2019, il est souligné que « la multiplication des dispositifs médicaux connectés » représente « un enjeu majeur de l’évolution de ces métiers dans un contexte d’augmentation du nombre de patients chroniques suivis en-dehors de l’hôpital« .
La création de cette formation témoigne de la volonté de la filière de « construire un référentiel et des standards communs » pour les techniciens chargés d’assurer l’initiation du traitement à domicile ainsi que « la mise en œuvre du dispositif médical, le suivi et la motivation du patient et de son entourage ».
Outre des enseignements médicaux et techniques en physiologie, physiopathologie, réglementation et métrologie, la formation proposera des cours pratiques en « oxygénothérapie, sommeil, ventilation » ainsi que des modules sur « le relationnel avec le patient, la protection des données ou la télésurveillance ». L’enseignement sera dispensé par des enseignants universitaires et des experts d’Air Liquide Healthcare sous la forme de modules e-learning, de cours magistraux et de travaux pratiques, avec dans ce dernier cas « une chambre qui simule le domicile du patient ». Le DU s’est vu attribuer la certification Cofrac « qualité des services en formation continue ».
Une promotion pilote (2019) a permis à une vingtaine de techniciens d’Air Liquide Healthcare, d’approfondir leurs connaissances et de valider à la fois les attentes des étudiants et le contenu pédagogique. Le DU sera accessible au public externe pour l’année universitaire 2020 – 2021.