67 % des CHU ont mis en œuvre une solution basée sur intelligence artificielle (IA) au sein de leur établissement : 1 à 5 projets centrés sur l’IA sont d’ailleurs en cours dans 57 % des CHU. C’est l’une des informations centrales qui ressort du premier baromètre de maturité de l’IA dans les hôpitaux publics, présenté par le Centre hospitalier régional universitaire de Nancy le 21 novembre 2019 à l’occasion de son forum sur l’IA en santé. L’enquête a été réalisée par le centre de soins nacéien en partenariat avec EY Consulting (Ernst & Young) auprès des directeurs généraux (DG) et des présidents de la commission médicale d’établissement (PCME) des CHU et des CH.
De manière générale, 81 % des CHU perçoivent l’IA comme un sujet important et 76 % comme un élément stratégique.
À noter également que les domaines les plus concernés par une application de l’intelligence artificielle en hôpital sont :
• en premier lieu : recherche, parcours patients, prédiction des risques et pilotage des activités ;
• puis : qualité des soins, appui aux pratiques de soins, performance des processus et gestion des ressources ;
• et aussi : achats/coordination entre les professionnels de santé sur un territoire.
Le CHRU de Nancy indique par ailleurs qu’un certain nombre de CHU expriment le besoin d’être accompagnés dans la hiérarchisation des thématiques à aborder.
Autres enseignements clés :
• le partage des pratiques et des usages ainsi que les retours d’expériences semblent essentiels selon les résultats du baromètre ;
• Pour 66 % des répondants, le frein principal au développement l’IA dans les établissements de soins est l’absence de compétences et d’expertises spécifiques ;
• Pour 62 % des sondés, le risque principal d’un déploiement de l’IA est la déhumanisation du travail.
32 CHU interrogés
L’objectif de ce baromètre est d’identifier comment, deux ans après la publication du rapport Villani sur l’intelligence artificielle (IA), « les établissements de santé appréhendent et agissent, d’un point de vue stratégique et opérationnel, pour un déploiement actif de l’IA dans leur établissements », explique le CHRU.
32 CHU ont été interrogés dans le cadre de cette enquête (taux de réponse : 33 %), menée en ligne de juin à septembre 2019, avec l’appui de la Conférence des DG de CHU.
Autres enseignements clés du baromètre :
96 % des établissements interrogés estiment que l’IA aura des effets positifs sur l’exercice de leur profession
- Bénéfices :
- libération de temps pour ne plus effectuer des tâches à 0 valeur ajoutée ;
- augmentation de la rapidité et amélioration de la fiabilité des prises de décision ;
- meilleure performance économique de l’hôpital à terme.
- Freins :
- absence de compétences et d’expertises spécifiques sur l’IA ;
- perception complexe du développement de projets centrés sur l’IA ;
- organisation peu adaptée au mode projet.
Organisations mises en place pour l’IA : une hétérogénéité traduisant des degrés de maturité divers
- Direction dédiée :
- direction recherche : 19 % ;
- direction de la stratégie : 29 % ;
- direction générale adjointe (DGA) : 5 % ;
- directeur des systèmes d’information (DSI) : 14 % ;
- autres : 14%.
- 90,5 % des répondants sont favorables à la mise en place d’une communauté d’experts transverse.