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  • L’AP-HP créé le Digital Medical Hub, sa plateforme d’analyse des objets connectés en santé

    L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, a annoncé dans un communiqué de presse du 10 janvier 2018 le lancement de la première plateforme d’évaluation et d’analyse des objets connectés en santé, le Digital Medical Hub (DMH), en partenariat avec la Fondation de l’AP-HP pour la recherche, et avec le soutien du laboratoire MSD France et de La Fondation du Souffle.

    Le DMH réunit un consortium de scientifiques des secteurs privé, institutionnel et public, qui vont évaluer l’usage et la pertinence, puis valider scientifiquement, les objets connectés et leurs applications mobiles de santé afin d’améliorer la qualité des soins.

    En janvier 2018, le DMH lance sa première étude auprès de patients transplantés pulmonaires – EOLE-VAL avec DOCAPOST, filiale du Groupe La Poste.

    « Le DMH va faciliter et fiabiliser le déploiement des services de santé connectée en évaluant leur potentiel médical, leur fiabilité, leur acceptabilité sociale et leur viabilité économique » explique le Pr Marie-Pia d’Ortho, chef de service, PU-PH Paris Diderot, qui pilote le projet.

    Le Digital Medical Hub porte son action de recherche et d’enseignement sur les thématiques suivantes :

    • évaluation et validation clinique des objets connectés en santé et leurs applications mobiles ;
    • stratégie d’intégration des nouvelles technologies dans le parcours des soins ;
    • valorisation et transfert des nouvelles technologies en santé ;
    • enseignement et formations (en santé numérique) des générations actuelles et futures.

    EOLE-VAL, première étude menée auprès de 25 patients transplantés

    L’étude EOLE-VAL évaluera sur deux ans la qualité des objets connectés de santé pour le suivi des patients transplantés pulmonaires à l’hôpital Bichat, ainsi que leur impact sur la pratique des soins et sur la relation professionnels/patients.

    Cette étude a obtenu une bourse de recherche de la Fondation du Souffle, ainsi qu’une bourse de recherche Inria. Elle s’appuie sur un partenariat avec DOCAPOST qui, via son Espace Numérique de Santé, intègre les solutions du Groupe Santé Tactio.

    25 patients transplantés pulmonaires seront équipés d’une valise médicale comprenant trois objets connectés :

    • le thermomètre patch Tucky de la société e-TakesCare, lauréate French IoT 2016 ;
    • le spiromètre SmartOne de la société MIR ;
    • l’oxymètre sous la forme d’une montre connectée de la société Oxitone, première montre d’oxymétrie de pouls au monde.

    Cette valise médicale sera associée à une application mobile permettant le suivi régulier et à distance des patients ainsi que l’anticipation de l’évolution de leur traitement

    Cette application permet :

    • d’organiser, via Bluetooth et réseau mobile, le circuit de collecte en temps réel des données mesurées par les capteurs connectés ;
    • de faire passer au patient, à intervalle régulier, des questionnaires numériques permettant de recueillir des informations sur son état de santé (fatigue, toux…) ;
    • de mesurer l’observance du patient.

    La bourse de thèse Inria est dédiée à l’analyse des données recueillies par capteurs dans un but pronostique. L’objectif est de proposer une méthode de prédiction précoce et en temps réel -« online »- des événements redoutés (comme l’infection ou le rejet dans le cas de la transplantation).

    Le potentiel porté par l’étude clinique EOLE-VAL conduit le DMH et DOCAPOST à envisager l’extension du projet au télésuivi des patients transplantés cardiaques.

    Le DMH étudie d’autres projets visant à évaluer différents outils

    Des applications mobiles et/ou dispositifs pour le sommeil, le suivi de la femme enceinte, le télésuivi de patients sous respirateur et autres seront évaluées.

    Les études prendront des formes diverses : mise à disposition de temps expert dans les étapes initiales de développement, mise en place d’études de type métrologiques de validation des mesures, études de recherche cliniques et médico-économiques, évaluation des usages, des pratiques et représentations.

  • NGO

    Non-governmental organizationsnull

  • Les TICs, axe prioritaire de financement pour la prévention de la perte d’autonomie, selon la CNSA

    En 2016, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a alloué aux territoires 127 millions d’euros pour la conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie instituée par la loi du 28 décembre 2015.

    La CNSA a publié, en décembre 2017, une synthèse des rapports que lui ont transmis les conseils départementaux. Cette synthèse montre notamment que les technologies de l’information et des communication représentent 70% des actions recensées et 54% des dépenses réalisées en prévention de la perte d’autonomie en 2016.

    La CNSA publie la 1ère synthèse des rapports des conférences des financeurs instaurées par la loi du 28 décembre 2015

    La loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement a institué une « Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie », une instance chargée de coordonner dans chaque département les financements de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées de 60 ans et plus autour d’une stratégie commune. Au sein de cette conférence siègent des représentants :

    • des régimes de base d’assurance vieillesse (CARSAT, MSA, RSI) et d’assurance maladie CNAMTS ;
    • de l’Agence nationale de l’habitant (ANAH) ;
    • des fédérations des institutions de retraite complémentaire (AGIRC-ARCO) ;
    • des organismes régis par le Code de la mutualité (Mutualité française).

    L’année 2016 marque donc la montée en charge des conférences des financeurs. L’article L. 233-4 du Code de l’action sociale et des familles prévoit que le président du conseil départemental transmet à la CNSA un rapport d’activité. Celle-ci a produit en décembre 2017 une synthèse des rapports qui lui avaient été transmis par les conseils départementaux.

    Les TIC constituent la majorité des aides techniques financées

    La loi du 28 décembre 2015 prévoit que le programme de financement défini par chaque conférence porte en partie sur l’amélioration de l’accès aux équipements et aux aides techniques individuelles favorisant le soutien à domicile des aînés. Cet axe rassemble les aides techniques, dont les aides LPPR (ex: déambulateurs, audioprothèses, etc.), les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les projets visant à en améliorer l’accès.

    D’après la synthèse produite par la CNSA, cet axe « représente 41% des actions recensées et 36% des dépenses réalisées en prévention de la perte d’autonomie en 2016 à l’exclusion des aides techniques LPPR de l’assurance maladie et des données de l’ANAH. Les montants des aides allouées se répartissent de la manière suivante : 

    Sur le graphique ci-dessus, les TIC sont réparties en plusieurs catégories : « TIC non déterminées », « Autres nouvelles technologies », « Pack domotique » et « téléassistance ».

    Les TIC représentent ainsi 70% des actions menées par les financeurs, contre 24% pour les aides techniques individuelles et 6% pour l’amélioration de l’accès aux équipements.

    Les TIC représentent 54% des montants financés, contre 35% pour les aides techniques et 11% pour l’amélioration de l’accès aux équipements.

    Exemples d’actions innovantes pour l’accès aux équipements et aides techniques dans le Puy-de-Dôme 

    Le projet « Showroom itinérant » est l’une des actions innovantes engagées et financées par la conférence des financeurs du Puy-de-Dôme. Un camion de démonstration a sillonné les routes du département afin de présenter dans 34 communes, à l’occasion d’un marché hebdomadaire, des objets connectés en lien avec la sécurité, la santé, le lien social et le bien-être. Ces objets visent notamment à faciliter le maintien à domicile des personnes âgées. Cette action s’est soldée par un « succès », qui a « conduit la conférence des financeurs à financer une nouvelle édition en 2017 », comme l’explique la synthèse de la CNSA.

  • Logiciels : Sephira lance l’outil de télétransmission mobile TiP ToP

    TiP ToP est un nouvel outil développé par Sephira, en complément de ses logiciels de facturation Intellio et Intellio AMC (20 000 médecins équipés), qui permet aux professionnels de santé de gérer plus facilement le tiers payant.

    Celui-ci prend en charge toutes les étapes clés de la gestion du tiers payant avec les complémentaires, simplifie la saisie, fait gagner du temps et garantit les paiements. Les premiers retours ont montré une diminution du taux constaté de rejets de paiements qui est passé de 4% à 0,2%.

    C’est lors d’une conférence de presse le 9 janvier 2018, que l’entreprise a présenté ce produit lancé en octobre 2017, ainsi que les résultats d’une enquête sur les pratiques de professionnels en matière de tiers payant.

    Une garantie de paiement

    TiP ToP permet une saisie simplifiée de la feuille de soin électronique et de la demande de remboursement électronique, avec acquisition des droits en ligne pour le remboursement obligatoire et complémentaire offrant ainsi une garantie de paiement. La solution propose un paiement des factures par virement bancaire à J+1 avec l’option TiP ToP+, disponible dans les prochaines semaines.

    Courant 2018, TiP ToP sera aussi proposé aux infirmières, et ouvert sur d’autres plateformes.

    Le tiers payant n’a-t-il que des bénéfices ?

    L’enquête réalisée par Sephira sur les pratiques sur le tiers payant montre que les professionnels qui facturent en tiers payant avec les caisses primaires d’assurance maladie sont satisfaits de ce système, pour 60 % d’entre eux. Toutefois les médecins généralistes sont 22 % à éprouver des difficultés avec leur caisse et à estimer que le système est contraignant.

    Le bilan est moins satisfaisant pour ceux qui pratiquent le tiers payant sur la part complémentaire : 22 % estiment que le fonctionnement est satisfaisant et 19 % ont choisi de ne pas pratiquer le tiers payant sur cette part complémentaire.

    Concernant les freins au tiers payant, les principales raisons sont la peur de perte financière (43%) et la peur que ce soit chronophage (40%). Or, Sephira affirme que ceux qui pratiquent déjà le tiers payant avancent exactement les raisons inverses de le faire et de continuer : sécurité de paiement et gain de temps.

    Les autres projets de Sephira : prise de rendez-vous en ligne et logiciels prescripteurs connectés

    Depuis décembre 2017, un service d’agenda et prise de rendez-vous en ligne, Sephiradispo est proposé en partenariat exclusif avec 118-218 DISPO, site de prise de rendez-vous en ligne édité par 118 218. Ce service permet aux professionnels de santé d’optimiser et gérer leurs rendez-vous à distance, à tout moment et depuis n’importe quel support et aux patients de prendre rendez-vous en ligne 24h/24 et 7j/7depuis le site dispo.fr.

    Du côté des logiciels, Sephira poursuit son développement dans le domaine des logiciels connectés avec la mise à disposition, dans les prochains mois, de logiciels prescripteurs et auxiliaires permettant d’exercer, facturer et télétransmettre en mobilité totale grâce à un lecteur de CV et CPS bluetooth, utilisable sur n’importe quel support (smartphone, tablette ou ordinateur portable).

  • Angleterre : 6 trusts du NHS vont collaborer pour fournir des soins numériques à 3 M de personnes

    Six trusts du National Health Service ont annoncé début décembre 2017 qu’ils allaient s’unir pour fournir des soins numériques à trois millions de personnes dans le nord-est de l’Angleterre.

    Tous se sont engagés à rejoindre le programme Health Call, dont l’objectif est d’aider les professionnels de la santé issus d’organismes de santé différents à partager leurs connaissances et à mettre en place des soins numériques à grande échelle.

    Health Call a été créé à la suite de travaux réalisés dans le cadre d’un partenariat établi par le fournisseur de technologies d’e-santé Inhealthcare, qui fournit l’infrastructure numérique, et le County Durham and Darlington NHS Foundation Trust.

    Ce trust utilise des solutions d’Inhealthcare depuis 2013. Il a décidé d’élargir le partenariat à des trusts voisins afin de permettre à davantage de patients de bénéficier de leurs innovations.

    Les autres trusts impliqués dans le programme Health Call sont :

    • Newcastle Hospitals NHS Foundation Trust ;
    • Northumbria Healthcare NHS Foundation Trust ;
    • Gateshead Health NHS Foundation Trust ;
    • North Tees and Hartlepool Hospitals NHS Foundation Trust ;
    • South Tees Hospitals NHS Foundation Trust.

    Favoriser le suivi des patients à domicile

    La première vague de services Health Call est centrée sur la prévention des AVC, le diabète gestationnel, la gestion du cancer, le renoncement au tabac et la sous-nutrition.

    Un prélèvement sanguin à la maison

    L’un des services mis au point par le comté de Durham et Darlington consiste en la mise en place d’un test à réaliser à domicile (piqûre) pour les patients qui utilisent de la warfarine, un anticoagulant permettant de traiter la fibrillation auriculaire.

    Au lieu de se rendre à l’hôpital pour un suivi régulier, les malades peuvent prélever chez eux un échantillon de sang puis le soumettre à l’équipe médicale à l’aide du dispositif portatif Roche d’Inhealthcare. Le prélèvement est ensuite analysé par une infirmière spécialiste, qui est également disponible pour des conseils et qui contactera le patient si les résultats sont préoccupants.

    Les patients apprécient d’être plus autonomes

    « Nos patients gagnent du temps et n’ont pas à s’embêter à aller à la clinique – ils peuvent même soumettre leurs analyses à l’étranger s’ils partent en vacances, note Ian Dove, directeur de Health Call (source : Digitalhealth.net). Un avantage que nous n’avions pas anticipé est le sentiment d’autonomie que les [malades] ressentent lorsqu’ils contrôlent eux-mêmes leur état – ils s’investissent vraiment sérieusement pour gérer au mieux leur condition afin d’obtenir de bons résultats. »

    Par ailleurs, le Gateshead Health NHS Foundation Trust a développé un service numérique qui aide les personnes essayant d’arrêter de fumer en leur envoyant des messages de soutien et en les mettant en contact avec des cliniciens.

    La collaboration entre différents trusts permet de proposer des soins plus efficaces

    Bryn Sage, chef de la direction d’Inhealthcare, a déclaré que Health Call permettrait aux trusts d’éviter de gaspiller des ressources en développant en double certains services et de réduire le nombre d’admissions chez les médecins généralistes et dans les hôpitaux.

    « D’après notre expérience, nous croyons que le déploiement [du service] dans le nord-est [du pays] libérera des centaines de milliers de rendez-vous en permettant aux patients de prendre soin de leur santé à domicile sous la supervision de leurs équipes de soins », a déclaré Bryn Sage à Digitalhealth.net.

    L’émergence d’un réseau régional pour inciter le partage des informations

    Jusqu’ici, la collaboration entre les trusts de l’Angleterre du Nord était assez floue. En novembre 2017, le Great North Care Record (GNCR) a instauré un réseau régional afin d’encourager un meilleur partage des informations de santé dans le nord-est et le nord du comté de Cumbria.

    L’objectif du projet est de faire de la région un acteur majeur des secteurs de la santé et de la recherche médicale.

  • Addiction: Temasek (Singapore) leads $50M Series B for the development of a digital program (US)

    Singapore’s state-run investment firm Temasek Holdings led a $50 million (€41.6 million) Series B financing round in early January 2018 in Pear Therapeutics, a US-based digital health company.

    Founded in 2013, Pear Therapeutics claimed to be the first company to receive FDA clearance for a prescription digital therapeutic to combat drug dependence.

    This financing will allow the firm to commercialize its lead programs and further develop its internet platform, the company said.

    A project supported by the Singapore Economic Development Board

    EDBI, the corporate investment arm of the Singapore Economic Development Board, also joined the round, as well as private investors, including 5AM Ventures (US), Arboretum Ventures (US), Jazz Venture Partners (US), Novartis (Switzerland) and the Bridge Builder’s Collaborative (US).

    Pear focuses on substance use disorder and mental health

    The main product of Pear Therapeutics is reSET, a prescription digital therapeutic to be used in conjunction with standard outpatient treatment for substance use disorder (SUD), which has been approved by the FDA in September 2017.

    Specifically, reSET is a twelve-week program designed to treat dependency on stimulants, cannabis, cocaine, and alcohol. Interventions and assessment tools are provided to the patient via a mobile health system, and the collected data is transmitted to a clinician dashboard.

    The technology is not yet usable for opioids, but Pear is hoping to get clearance for an opioid product called reSET-O.

    The global substance abuse treatment market is expected to reach $28 billion by 2025

    In 2016, the global substance abuse treatment market was estimated at US$13.22 billion (€11 billion), according to official figures, and is expected to reach US$27.91 billion (€ 23 billion) by 2025.

    In addition to its commercial products designed to treat addiction problems, the US company said it was also developing software-based treatments for schizophrenia, combat post-traumatic stress disorder, anxiety disorder, pain, major depressive order, and insomnia.

    Next step: demonstrating the clinical efficacy of therapeutics

    Prior to this round of financing, Pear had raised an undisclosed round of funding from 5AM Ventures in March 2015 and then US$20 million (€16.6 million) in February 2016 in a round led by Jazz Venture Partners, 5AM Ventures and Arboretum Ventures.

    « Our team made significant strides in advancing our pipeline of prescription digital therapeutics, » said Corey McCann, President and CEO of Pear Therapeutics (source: Dealstreetasia.com). We plan to use this additional capital to substantiate the clinical efficacy of our therapeutics across a variety of indications. »

    Temasek takes a close look at the healthcare market

    As of March 31, 2017, Singaporean company Temasek had a portfolio of US$275 billion (€228 billion). The firm had recently participated in an US$80 million (€66 million) round of financing in Tessa Therapeutics, a Singapore-based biopharmaceutical company, with other investors including EDBI (Singapore), Karst Peak Capital (Hong Kong), Heliconia Capital Management (a unit of Temasek Holdings) and Heritas Capital Management (Singapore).

  • Focus sur les principaux projets de santé numérique au Vietnam, secteur en plein développement

    Susann Roth, spécialiste senior du développement social à l’Asian Development Bank (Philippines), a livré fin décembre 2017 sur le site HealthInvestor Asia, son analyse du marché de la e-santé au Vietnam. Elle a plus précisément évoqué la manière dont le pays est en train de développer ses capacités dans le secteur de la santé numérique.

    Le gouvernement envisage notamment d’introduire un système de dossier de santé électronique (DSE) à l’échelle nationale au cours de l’année 2018, de développer les technologies IoT au sein de l’industrie et de mettre en place un cadre légal précis afin d’uniformiser les normes du système de santé.

    Canada, Danemark et Corée du Sud : 3 exemples à suivre en matière d’e-santé

    Susann Roth explique que le Vietnam peut s’inspirer d’autres pays en matière de santé :

    • Le ministère de la Santé regarde notamment de près la situation au Canada, qui a investi 2,15 milliards de dollars US (1,8 Md €) dans son Health Infoway numérique, un programme de développement des données de santé sur internet. Il a réalisé des bénéfices estimés à 16 milliards de dollars US (13,4 Mds €) dans le secteur et ainsi amélioré à la fois la qualité des services de santé, l’accès aux soins et la productivité des équipes médicales en développant les systèmes d’information sur les médicaments, l’imagerie diagnostique et les dossiers médicaux électroniques des hôpitaux et des cliniques.

    Danemark et e-santé : un modèle économique intéressant sur le long terme

    • Le Danemark est, selon la spécialiste, l’une des meilleurs exemples de modèle économique sur le long terme en matière d’e-santé pour le Vietnam. Depuis 2009, le gouvernement danois a dépensé près de 335 millions de dollars US (280 M. €) en cyber-santé, soit environ 1 % de ses dépenses de santé à l’époque. Cet investissement a généré des économies annuelles comprises entre 53 à 78 millions de dollars US (entre 44 M. et 65 M. €).
    • Le pays asiatique peut également s’inspirer de la Corée du Sud, qui a récemment annoncé une augmentation des investissements dans les secteurs médical et sanitaire de plus de 100 millions de dollars US (83,5 M. €) au cours des deux prochaines années, « la majeure partie de cette activité étant concentrée sur la simplification administrative, l’ajustement des réclamations et les dossiers de santé électroniques », précise Susann Roth.

    Les PED peuvent directement « appliquer les dernières technologies à leur contexte »

    « L’avantage des pays en développement est qu’ils n’ont pas besoin de s’appuyer sur les systèmes d’information numériques hérités d’il y a vingt ans, estime-t-elle. Ils peuvent sauter le pas et appliquer les dernières technologies à leur contexte, comme le Vietnam le fait maintenant en passant rapidement du papier au numérique. »

    Data : l’intérêt sera porté sur les données pertinentes recueillies individuellement

    Le Vietnam construit rapidement sa capacité de santé numérique, observe l’experte. Le gouvernement sait que la santé numérique deviendra moins hiérarchique et davantage centrée sur le patient dans les années à venir.

    Les acteurs du secteur se préoccuperont moins des données agrégées sur la population et davantage des données pertinentes recueillies individuellement pour chaque patient. Une meilleure information sur la santé est en effet essentielle pour gérer des maladies chroniques plus complexes, qui nécessitent souvent plusieurs spécialistes et beaucoup d’échanges d’informations sur les patients.

    L’exemple du patient atteint de diabète

    Afin d’éclairer son propos, Susann Roth prend en exemple un patient atteint de diabète souffrant d’hypertension.

    • Il doit consulter un médecin de soins primaires pour effectuer des examens réguliers.
    • Il est également contraint de surveiller son taux de glucose, d’enregistrer les résultats et de consulter des spécialistes pour repérer d’éventuels signes précoces d’effets secondaires dus à la prise de médicaments contre l’hypertension par exemple.
    • Il dispose également d’un fichier complet de ses antécédents médicaux via divers dossiers de santé électroniques, des documents cruciaux en cas d’interventions d’urgence telles qu’une chirurgie et qui permettent de réduire les erreurs de traitement, de faire gagner du temps aux médecins, de limiter les formalités administratives et de faciliter les remboursements d’assurance.

    « Il est donc clair que la santé numérique peut réduire le fardeau administratif de la prestation des soins, améliorer sa qualité, la rendre plus efficace et améliorer l’autogestion [de la maladie pour les] patients. »

    Des « plans ambitieux » pour introduire un DSE national

    « Le Vietnam a [par ailleurs] des plans ambitieux pour introduire un système de dossier de santé électronique (DSE) à l’échelle nationale au cours des prochains mois ».

    Objectif : mieux gérer les patients au niveau des communautés locales et mieux comprendre les besoins de santé de la population tout en évaluant l’impact du système national d’assurance maladie.

    L’introduction des DSE comporte toutefois de nombreux défis, note Mme Roth. L’un d’entre eux est que les responsables de la santé vietnamiens devront se mettre d’accord sur les normes à instaurer en matière d’information sur la santé. Ils doivent en effet décider quels seront les codes d’échange d’informations à utiliser.

    « La normalisation est la base d’un échange d’informations de santé transparent et sécurisé au sein du système de santé numérique. Il faut une structure de gouvernance de la santé numérique pour permettre aux [acteurs de l’industrie] de déterminer qui a accès aux données, où et comment les données sont stockées et échangées de manière sécurisée (…). Bien sûr, la santé numérique est complexe et des erreurs seront sûrement commises. Mais il est important de commencer quelque part, puis de faire avancer le processus étape par étape. »

    Vers une adoption des technologies IoT

    Les technologies de la santé numérique évoluent également rapidement avec l’adoption de l’Internet des objets (IoT), ajoute Susann Roth.

    La technologie IoT conduira à des systèmes d’information sanitaire plus complexes, « car il faudra connecter plus d’appareils et plus de sources d’informations, idéalement liées aux dossiers de santé électroniques pour obtenir une image complète des patients. Des informations plus détaillées devront être échangées, ce qui dépend également de la bonne gouvernance et de la normalisation », analyse la spécialiste.

    HL7 FHIR : un cadre pour établir des normes au sein de l’industrie

    Le Vietnam a décidé d’utiliser le cadre HL7 Fast Healthcare Interoperability Resources (FHIR) comme solution pratique pour l’échange de données sur la santé et l’interopérabilité des systèmes d’information.

    HL7 FHIR est un projet visant à l’établissement de normes au sein du secteur de la santé. Il s’agit d’un cadre comprenant divers formats et ressources de données ainsi qu’une interface de programmation d’application pour faciliter l’échange de dossiers de santé électroniques, en particulier dans des systèmes d’information complexes, y compris l’IoT.

    La solution FHIR améliore le partage de documents, comme les fichiers PDF, en exposant directement des éléments de données sensibles en tant que services, explique l’experte. Par exemple, les informations de base, comme les données sur les patients, les admissions à l’hôpital, les rapports de diagnostic et les médicaments prescrits peuvent toutes être récupérées et manipulées via l’URL de l’espace numérique respectif sur lequel elles sont stockées. Ce processus permet d’accélérer l’échange d’informations sur la santé et d’explorer de données à partir de documents complexes.

    « Bien qu’il soit encore tôt pour démontrer pleinement comment HL7 FHIR va modifier les technologies de la santé numérique, les experts prédisent qu’il va fondamentalement changer la façon dont les données de santé sont échangées, indique Susann Roth. HL7 FHIR permettra essentiellement aux pays de créer un « web santé » numérique en utilisant le protocole http comme plateforme d’échange d’informations et ainsi de créer un système d’information distribué, qui fournira des informations pertinentes à chaque utilisateur, tout en protégeant [sa] vie privée. Il encouragera également l’analyse stratégique des big data, la surveillance des patients en temps réel et les feedback [des utilisateurs]. »

    DSE : le Vietnam pourrait devenir un exemple à suivre en Asie

    L’objectif du Vietnam sur le long terme est de développer un réseau de santé connecté qui renforcera la coordination des soins et améliorera l’efficacité du système de santé en termes de coûts, de productivité et de sécurité, avec un accès rapide aux informations nécessaires à la prise de décision.

    « Si tout se passe comme prévu, le Vietnam sera le premier pays à revenu intermédiaire d’Asie à mettre en œuvre des DSE normalisés à l’échelle nationale avec HL7 FHIR », se réjouit Mme Roth, qui, de par son poste au sein de l’ADB, participera à cette transformation.

  • Data sur la santé des Français : un état « globalement bon » mais des comportements à risques toujours

    Health&Tech Intelligence vous propose une veille sur les principaux problèmes de santé auxquels les Français sont confrontés.

    Le 10 janvier 2018, vous trouverez dans la rubrique DATA l’analyse de données de santé tirées du rapport « L’état de santé de la population en France 2017 » de la Drees et Santé publique France. Elles conjuguent des approches transversales, par population, par déterminants et par pathologies, pour illustrer l’état de santé « globalement bon » des Français.

    Dans un pays où l’espérance de vie est de 81,9 ans (85 ans pour les femmes – une des plus élevées d’Europe – et 78,9 ans pour les hommes), l’état de santé des personnes de moins de 65 ans, notamment des femmes, ne cesse de s’améliorer depuis l’an 2000. Restent une occurrence forte de certaines pathologies, liées au poids ou encore à l’abus de tabac.

    A ces problèmes, les pouvoirs publics doivent apporter des solutions. Les laboratoires pharmaceutiques, les grands groupes comme les start-ups de la e-santé peuvent aussi contribuer à ces innovations, que ce soit en terme de prévention ou de traitement.

  • La santé des Français : un état « globalement bon » mais des comportements à risques toujours élevés

    A quels principaux problèmes de santé les Français sont-ils confrontés ?
    Dans un pays où l’espérance de vie est de 81,9 ans (85 ans pour les femmes – une des plus élevées d’Europe – et 78,9 ans pour les hommes), l’état de santé des personnes de moins de 65 ans, notamment des femmes, ne cesse de s’améliorer depuis l’an 2000. Restent une occurrence forte de certaines pathologies, liées au poids ou encore à l’abus de tabac.

    A ces problèmes, les pouvoirs publics doivent apporter des solutions. Les laboratoires pharmaceutiques, les grands groupes comme les start-ups de la e-santé peuvent aussi contribuer à ces innovations, que ce soit en terme de prévention ou de traitement.

    Les données ci-dessous ont été analysées par H&TI d’après les informations recueillies dans le rapport « L’état de santé de la population en France 2017 » de la Drees et Santé publique France. Elles conjuguent des approches transversales, par population, par déterminants et par pathologies, pour illustrer l’état de santé « globalement bon » des Français.

    La santé en chiffres

    Identifier les comportements des Français

    Le champ des comportements qui ont un impact sur la santé est très large, puisqu’il englobe pratiquement l’ensemble des activités humaines : activité physique, sommeil, alimentation et plus généralement consommation de substances psychoactives, sociabilité. Ces différents facteurs exercent une influence sur la santé dès la vie intra-utérine et leurs effets se cumulent tout au long de la vie, ce qui rend les politiques de prévention complexes. 

    Santé et vieillissement

    Le vieillissement de la population, en France comme dans les autres pays développés, s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de personnes atteintes de pathologies chroniques et de polypathologies, dont la prise en charge représente l’enjeu majeur des systèmes de santé en cette première partie du XXIe siècle.

    En corollaire à la polypathologie, la polymédication, habituelle et souvent justifiée, fait peser des risques importants sur la santé, en particulier des personnes âgées.

    Quant au taux d’incidence des fractures de l’extrémité supérieure du fémur, il a baissé de 25 % en 15 ans grâce aux traitements pour l’ostéoporose et au développement de programmes préventifs chez les personnes âgées, mais reste toujours important.

    Enfin, compte tenu du vieillissement de la population française, le nombre de personnes souffrant de pathologies neurodégénératives augmentera dans les années à venir. La maladie d’Alzheimer et les autres démences constituent aujourd’hui un enjeu de santé publique dans tous les pays développés. 

    Les principales causes de décès

    Entre 1980 et 2012, la mortalité tous cancers confondus (première cause de mortalité) a baissé de 1,5 % en moyenne par an chez les hommes et de 1 % chez les femmes. Témoignant d’une amélioration de la prise en charge et des traitements, la survie à la plupart des cancers a également nettement progressé chez les adultes comme chez les enfants.

    Mêmes constats pour les maladies cardio-vasculaires. Entre 2000 et 2013, le taux standardisé sur l’âge de mortalité par AVC a diminué de 37 %. Celui des cardiopathies ischémiques a décru sur cette même période de 44 % chez les hommes et de 49 % chez les femmes, celui des insuffisances cardiaques de 36 % tant chez les hommes que chez les femmes.

    En ce qui concerne le suicide, son taux de mortalité standardisé sur l’âge a globalement diminué de 22 % entre 2000 et 2013.

    Des exceptions cependant : la mortalité liée au cancer du poumon et la mortalité liée à la BPCO ont augmenté chez les femmes, en relation avec une consommation de tabac qui, chez elles, n’a que peu fléchi au cours des trois dernières décennies.

  • Lutte contre la désertification médicale : les députés examinent une proposition de loi

    La commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale entame, mercredi 10 janvier 2018, l’examen de la proposition de loi du Député Olivier Faure (PS), visant à lutter contre la désertification médicale. Le député Guillaume Garot (PS) en a été nommé rapporteur.

    L’article 1 de la proposition de loi instaure un « conventionnement territorial » qui conditionne le conventionnement à l’assurance maladie d’un nouveau médecin à la cessation d’activité d’un médecin libéral dans la même zone d’exercice.

    Une répartition inégale des médecins sur le territoire national

    La répartition des médecins généralistes et spécialistes est inégale sur le territoire français : 290 000 professionnels de santé sont actuellement inscrits à l’ordre des médecins. Des régions bénéficient de médecins en surnombre comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur avec en moyenne 152,6 médecins généralistes pour 100 000 habitants. Certains territoires ruraux ou périurbains manquent quant à eux de professionnels, comme la région Centre-Val-de-Loire, qui compte 107 médecins généralistes pour 100 000 habitants. 

    Une proposition de loi déposée par Olivier Faure, député socialiste,  vise à créer de nouveaux dispositifs pour « lutter contre la désertification médicale ». S’il est adopté, ce texte constituera le dernier jalon d’une évolution législative récente tendant à optimiser la répartition des médecins sur le territoire.

    Des dispositifs de lutte contre la désertification médicale…

     « De nombreux dispositifs ont (…) été imaginés, expérimentés et généralisés depuis 2012 », rappelle l’exposé des motifs de la proposition de loi. Parmi eux, à titre d’exemple : 

    • 1 800 contrats d’engagement de service public ont été conclus avec des étudiants à partir de 2013 : le dispositif propose aux étudiants et internes en médecine une allocation mensuelle de 1 200 euros. En échange, les bénéficiaires s’engagent – pendant un nombre d’années égal à celui durant lequel ils auront perçu l’allocation et pour 2 ans minimum – à choisir une spécialitée moins représentée ou s’installer dans une zone où la continuité des soins est menacée.
    • Crées par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007, près de 1 000 maisons de santé pluri-professionnelles ont vu le jour au cours des cinq dernières années. Elles regroupent en leur sein des professionnels de santé de premier recours, mobilisés autour d’un projet de santé commun.
    • Enfin, le numérus clausus a été augmenté de 11% en 2017, ouvrant ainsi 600 places supplémentaires en seconde année de médecine.

    …qui n’ont, à ce jour, pas tout à fait porté leurs fruits:

    Malgré ces politiques volontaristes, la situation demeure préocuppante comme le montrent les chiffres rendus publics par l’Ordre des médecins le 12 octobre 2017 : la médecine générale a vu ses effectifs baisser de près de 10 000 généralistes en moins de dix ans. Un récent rapport de la Cour des Comptes publié le 30 novembre 2017 soulignait également l’aggravation des disparités territoriales de santé, malgré les dispositifs mis en oeuvre au cours des dernières années.

    Un dispositif de régulation de l’installation des médecins ou « conventionnement territorial » prévu à l’article 1 de la proposition de loi

    Pour enrayer ces évolutions, l’article 1 de la proposition de loi instaure un « conventionnement territorial » qui, conditionne le conventionnement à l’assurance maladie d’un nouveau médecin à la cessation d’activité d’un médecin libéral dans la même zone d’activité. Le deuxième alinéa de l’article 1 (dans sa version initiale) est ainsi rédigé : 

    « Art. L. 4131-6-1. – Dans les zones définies par les agences régionales de santé en concertation avec les organisations syndicales représentatives des médecins au plan national, dans lesquelles est constaté un fort excédent en matière d’offres de soins, le conventionnement à l’assurance maladie d’un médecin libéral ne peut intervenir qu’en concomitance avec la cessation d’activité libérale d’un médecin exerçant dans la même zone ».

    En octobre 2016, l’Assemblée nationale avait rejeté le conventionnement sélectif des médecins libéraux en zone surdense proposé dans le cadre du PLFSS pour 2017. Les articles 2 et 3 visent quant à eux à garantir la mise en oeuvre, par l’Etat, du Tiers-Payant dans les maisons et les centres de santé. Le dossier législatif de la proposition de loi est accessible sur le site web de l’Assemblée Nationale.