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  • Inde : les tendances 2018 dans l’industrie de la health tech

    Les technologies numériques portables, l’analyse prédictive des données de santé et l’IoT font partie des domaines en plein essor sur le marché de la health tech indien, ont indiqué début janvier 2018 trois entrepreneurs locaux de l’industrie au site spécialisé Entrepreneur India.

    En se basant sur l’analyse de trois experts du marché, Entrepreneur India a identifié les principales tendances du secteur de la health tech en Inde pour l’année à venir.

    Santé numérique : un patient de plus en plus engagé

    Selon Rekuram Varadharaj, co-fondateur et directeur d’exploitation à Healthi, une société indienne offrant un service permettant aux patients de gagner en autonomie, les robots chirurgicaux, les technologies intelligentes et d’autres solutions health tech continueront à se développer au sein des hôpitaux indiens en 2018.

    « Un thème clé de la santé numérique et des technologies de la santé sera centré sur l’autonomisation et l’engagement des utilisateurs, précise le businessman. Ce domaine de l’autonomisation des utilisateurs est en harmonie parfaite avec la tendance croissante des Indiens à se connecter à internet, principalement via les smartphones. L’objectif de la santé numérique sera de transformer la « personne inutilisée » (patient) en un utilisateur intelligent et engagé qui comprend ses besoins et recherche activement l’aide pertinente de praticiens qualifiés. »

    L’analyse prédictive pour mieux combattre les maladies chroniques

    Les pharmacies en ligne se multiplient d’année en année, les citoyens indiens étant de plus en plus nombreux à acheter des médicaments en ligne.

    Le secteur de la e-pharmacie a récemment connu une activité effrénée, avec près de 50 start-ups dédiées à ce domaine en Inde selon les estimations, indique M. Varadharaj.

    « L’analyse prédictive scientifiquement validée et l’engagement personnalisé pour informer et habiliter les utilisateurs à éviter les maladies chroniques prendront l’avantage », estime-t-il, ajoutant que l’intelligence artificielle continuera à être un domaine d’activité entrepreneuriale et d’investissement en croissance au sein des technologies de santé indiennes.

    Améliorer la précision des résultats tout réduisant les coûts

    De manière générale, l’analyse prédictive peut aider l’industrie de la santé à relever les défis actuels du secteur et à planifier ses besoins futurs.

    Les analyses prédictives dédiées à l’amélioration des résultats, le suivi en temps réel des patients et les soins centrés sur le patient ont la capacité d’augmenter la précision des traitements tout en réduisant les coûts, analyse de son côté Manish Sacheti, directeur financier de Ziqitza Health Care, une entreprise locale qui fournit gratuitement des services médicaux d’urgence au grand public.

    IoT et big data : une surveillance à distance des patients plus précise et sécurisée

    Selon M. Sacheti, la montée en puissance des technologies numériques portables, de l’internet des objets (IoT) et des big data participeront fortement à la transformation du paysage de la santé en 2018, en particulier au niveau des systèmes de surveillance à distance des patients.

    « La manière dont a évolué l'[IoT] a permis de déployer de nombreuses applications dans le domaine de la santé, de la surveillance à distance aux capteurs intelligents (…), précise l’expert. [Ces technologies] aident à préserver la sécurité et la santé des patients tout en améliorant la capacité des médecins à prodiguer des soins. Lorsqu’elles sont utilisées efficacement, elles peuvent apporter beaucoup de changements [positifs] dans le secteur des soins grâce à l’utilisation d’analyses avancées et des big data. »

    Télémédecine : vers une demande croissante

    Amit Munjal, fondateur et P.-D.G de la société de télémédecine Doctor Insta, rappelle que l’industrie de santé indienne a évolué via le déploiement d’applications mobiles, de services de télémédecine et de centres d’innovation visant à améliorer l’offre de soins à travers les nouvelles technologies. Selon le spécialiste, l’importance grandissante de ces plateformes numériques de santé devraient fondamentalement remodeler la prestation des soins en Inde.

    « De nouvelles technologies comme la réalité augmentée, la médecine virtuelle, la biotechnologie et les technologies vestimentaires seront intégrées au paysage de la santé pour fournir des méthodes supplémentaires de soins, de suivi des patients, de diagnostic et de traitement, précise-t-il. Des services de santé de qualité ainsi que l’accès limité aux médecins dans les zones rurales entraîneront la croissance de la demande sur le marché de la télémédecine en Inde. »

  • India: 2018 trends in the health tech industry

    Wearable technologies, predictive health data analytics and IoT are among the fastest-growing areas in the Indian health tech market, three local industry leaders said to local site Entrepreneur India at the beginning of January 2018 .

    Based on the interview of three market experts, Entrepreneur India has identified the main trends in the health tech sector in India for the coming year.

    Digital Health: patients more engaged in their health

    According to Rekuram Varadharaj, co-founder and chief operating officer at Healthi, an Indian company offering a service to empower patients, surgical robots, smart technology for hospitals and other health tech solutions will continue to grow in Indian hospitals in 2018.

    « A key overarching theme around digital health and health tech will center on user empowerment and engagement, » the businessman said. « This theme of user empowerment intersects perfectly with an accelerating trend of Indians getting online, primarily through smartphones.The focus of digital health will be on transforming the “unused person” (patient) into a smart and engaged user who understands her needs and actively seeks relevant help from qualified practitioners. »

    Predictive analytics to better fight chronic diseases

    Online pharmacies are increasing year by year, with more and more Indians buying medicines online.

    The e-pharmacy sector has witnessed frenetic activity recently with about 50 online pharmacy start-ups in India, according to estimates, Mr Varadharaj said.

    « The use of scientifically-validated predictive analytics and personalized engagement to inform and empower users to avoid chronic illnesses will take a lead, » he noted, adding that artificial intelligence will continue to be a focus area of ​​entrepreneurial and investment activity in Indian health tech in the coming months and years.

    Improving outcomes while reducing costs

    Predictive analytics can help the healthcare sector to meet the industry current challenges and plan for future needs.

    Predictive analytics focused on improving outcomes, real-time patient monitoring, and value-based patient-centric care can increase the treatment accuracy while reducing costs, said Manish Sacheti, chief financial officer of Ziqitza Health Care, a local company that provides emergency medical services for the general public.

    IoT and big data: more accurate and secure remote monitoring of patients

    According to Mr Sacheti, the rise of wearable technologies, Internet of Things (IoT) and big data will play a major role in the transformation of the healthcare landscape in 2018, especially in health monitoring systems.

    « The evolution of [IoT] has a number of applications in healthcare, from distant monitoring to smart sensors and remedial device integration, » the expert said. « This helps in keeping the patients safe and healthy while improving the physicians’ ability to deliver care. When used effectively, this can bring a lot of transformation in the healthcare sector through the use of advanced analytics and big data technologies »

    Telemedicine: towards a growing demand

    Amit Munjal, founder and CEO of telemedicine company Doctor Insta, reminded that the Indian healthcare industry has come up with mobile apps, telemedicine services and devices set up innovation centers to improve the delivery of care through high technology. Regarding their growing development, digital health platforms will fundamentally reshape the delivery of healthcare in India.

    « New technologies like augmented reality, virtual medicine advances, biotech, and wearables will be integrated into the healthcare landscape to provide additional methods for the provision of care, patient monitoring, diagnosis, and treatment, » he said. « Factors such as inclining demand from consumers for cheap and quality healthcare services along with the limited access to doctors in rural areas will lead the growth in demand for telemedicine services in India. »

  • L’IGAS et l’IGF esquissent des pistes pour moderniser la délivrance des prestations sociales

    Les ministres en charge des affaires sociales et du budget ont confié à l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) et à l’Inspection générale des Finances (IGF) une « mission d’évaluation des perspectives d’utilisation des informations issues du prélèvement à la source dans le but de moderniser la délivrance des prestations sociales ».

    Introduit par la loi n°2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017, le prélèvement à la source sera effectif à compter du 1er janvier 2019. Ce rapport de l’IGAS-IGF encourage « le perfectionnement de certains outils informatiques mobilisés dans le cadre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu », qui doit permettre « d’actualiser, au plus près des situations réelles, les bases ressources utilisées pour le calcul des prestations sociales ».

    Comment utiliser les informations issues du prélèvement à la source pour moderniser le versement des prestations sociales ? 

    Constat de la mission IGAS-IGF : les bases ressources des prestations sociales sont « hétérogènes » et « issues de règlementations sédimentées »

    Les prestations familiales, les aides au logement, la prime d’activité ou les minimas sociaux sont soumis à condition de ressources. L’appréciation de ces ressources varie d’une prestation à l’autre. Elle repose, selon les cas, sur : 

    • les déclarations du demandeur (pour les minimas sociaux) : les déclarations permettent une connaissance quasi-contemporaine de ses revenus mais peuvent induire de nombreuses erreurs déclaratives et des versements indus ; 
    • les déclarations fiscales de revenus (pour les prestations familiales, aides au logement, etc.) : les données sont automatiquement transmises par l’administration fiscale aux organismes sociaux. Ce mode de déclaration retient des revenus de référence antérieurs à la situation socio-économique réelle de la personne, au moment de sa demande ;
    • la combinaison des deux sources déclaratives précédentes (pour la prime d’activité).

    Moderniser le système de délivrance des prestations sociales

    Le rapport conjoint de l’IGAS et de l’IGF comporte 28 propositions visant à rénover le système de délivrance des aides sociales. Il s’agit principalement de : 

    • permettre une évaluation des droits sociaux à partir de données plus contemporaines de la situation socio-professionnelles des demandeurs ; 
    • alléger leurs démarches administratives grâce à une « certaine » automatisation du calcul des prestations.

    Comment assurer la fiabilité des données et alléger les démarches administratives des demandeurs ? 

    Généraliser les échanges de données entre administrations

    D’après les auteurs du rapport, il importe dès à présent de généraliser les échanges de données individuelles au sein de l’administration. Parmi les propositions développées par les auteurs, le rapport propose de s’appuyer sur la collecte automatique et mensuelle :

    • des salaires déclarés par les employeurs dans la déclaration sociale nominative (DSN).
    • des prestations sociales par le biais d’une déclaration nominative complémentaire (DNC) qui se substituerait au flux PASRAU permettant un double usage fiscal et social de ces données au lieu du seul usage fiscal prévu aujourd’hui.

    « Le salaires issus de la DSN et les autres revenus issus de la DNC permettraient de pré-remplir la déclaration trimestrielle de ressources de RSA et de la prime d’activité simplifiant ainsi la démarche des demandeurs et limitant fortement les erreurs et les indus qui en résultent ».

    Selon les auteurs, modifier les bases ressources rendrait possible la délivrance, sur une base plus contemporaine, des prestations familiales et les aides au logement, sans remettre en cause leur automatisation. Les revenus contemporains seraient calculés sur une période de 12 mois glissants et actualisés par trimestre ou par semestre, sous réserve d’études complémentaires. 

    Ce dispositif pourrait voir progressivement le jour d’ici 2019, selon des modalités explicitées dans le rapport.

  • Bruno Le Maire veut protéger les entreprises de l’IA et du Big data des investisseurs étrangers

    Le 15 janvier 2018, lors de la cérémonie des vœux du Ministère de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, a réitéré les propos qu’il avait tenu le 9 janvier 2018 à Pékin à l’occasion de la visite gouvernementale française en Chine : Il plaide pour une adaptation de la réglementation en matière d’investissements étrangers soumis à autorisation préalable, afin que les entreprises spécialisées en intelligence artificielle (AI) ou dans le traitement des données personnelles ne puissent pas être rachetées.

    La France a déjà appliqué cette restriction aux entreprises actives dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et des soins de santé.

    Lors de cette même visite en Chine, le ministre avait déjà laissé entendre qu’il devrait y avoir une stratégie européenne des données massives, afin de mieux positionner l’Union européenne face à la Chine et aux États-Unis.

    Par ailleurs, lors des vœux, le ministre a annoncé les modalités précises de création du fonds pour l’innovation doté de dix milliards d’euros. Ce fonds est constitué au sein de la Bpifrance et générera un rendement annuel estimé entre 200 et 300 millions d’euros. Les revenus ainsi générés sont destinés à soutenir le développement d’innovations et leur industrialisation en France.

    « Élargir les modalités de sanction »

    Voici un extrait du discours des vœux de Bruno Le Maire :

    « L’ouverture de la France ne veut pas dire pillage de nos technologies, de nos compétences, de nos savoir-faire. Les investisseurs étrangers sont les bienvenus. Ils doivent simplement savoir que ces investissements obéiront désormais à des règles claires : des investissements de longs terme, respectueux de nos règles et qui se traduisent en retour par une ouverture des marchés extérieurs.

    Cette nouvelle doctrine de l’investissement a deux volets : un volet européen et un volet national. Au niveau européen, elle nous conduit à demander à la Commission européenne de préparer un règlement sur les investissements étrangers en Europe. Au niveau national, elle nous amènera à compléter le décret sur les investissements étrangers en France, dans deux directions : en élargissant le décret à de nouveau secteurs économiques comme le stockage des données numériques ou l’intelligence artificielle et en élargissant les modalités de sanction ».

  • TDM

    Tomodensitométrie ou scannernull

  • UCLA

    University of California, Los Angelesnull

  • HFPC

    National Health and Family Planning Commissionnull

  • AI

    Artificial intelligencenull

  • Etude : les capteurs portables n’améliorent pas la santé des patients suivis à distance (Nature)

    Une méta-analyse* publiée dans la nouvelle revue Nature’s Digital Medicine montre que le suivi à distance des patients grâce à des biocapteurs portables n’a pas d’impact significatif sur leur santé.

    Néanmoins, dans certaines pathologies, telles que le Parkinson ou l’hypertension, ces dispositifs donnent des résultats prometteurs.

    Les espoirs de la télésurveillance des malades

    Les biocapteurs portables sont populaires. La facilité avec laquelle des données de santé peuvent être recueillies, transmises, traitées, stockées expliquent en partie l’explosion des ventes de ces dispositifs. Ces montres, bracelets, patchs, ou même ces textiles intelligents prétendent favoriser l’autogestion des maladies chroniques par les patients.

    Les espoirs sont multiples. Ces biocapteurs non-invasifs peuvent potentiellement améliorer l’état de santé des patients, mais aussi réduire les coûts, fournir des données abondantes pour la recherche, etc. Pourtant, les preuves scientifiques manquent encore pour affirmer que ces traqueurs d’activité et autres outils permettant un suivi à distance présentent un bénéfice réel.

    Moins de 1% des études inclus dans la méta-analyse

    Des chercheurs américains du Cedars-Sinaï hospital ont donc mené une méta-analyse sur le sujet. Ils ont identifié 4 348 études et n’en ont gardé que 27 au final, toutes publiées dans des revues à comité de lecture.

    En moyenne, ces essais portaient chacun sur une durée de presque 8 mois et incluaient 239 patients. Ils analysaient les bénéfices potentiels des biocapteurs portables dans différentes situations : les maladies cardiovasculaires ou pulmonaires, le surpoids et l’obésité, la douleur chronique, l’AVC, le Parkinson, mais aussi la pratique d’une activité physique dans le but de perdre du poids.

    Plusieurs types de biocapteurs portables ont fait l’objet d’une analyse :

    • des tensiomètres ;
    • des électrocardiogrammes ambulatoires ;
    • des enregistreurs d’événements cardiaques ;
    • des appareils à pression positive continue ;
    • des balances électroniques ;
    • des traqueurs d’activité physique ;
    • des accéléromètres ;
    • des spiromètres ;
    • des oxymètres de pouls.

    Dans les groupes contrôles de la majorité des études, les participants bénéficiaient d’une prise en charge classique avec de l’éducation thérapeutique.

    Par ailleurs, dans 22 études, le suivi à distance comprenait l’intervention d’un soignant qui analysait les données et modifiait si nécessaire la prise en charge.

    Des résultats décevants

    • Les patients en situation pathologique aiguë – notamment ceux souffrant de BPCO- témoignaient d’une meilleure auto-gestion de leur maladie, mais aucun impact positif n’a pu être mesuré. Des réductions de durée d’hospitalisation ont parfois été enregistrées mais elles n’étaient pas significatives.
    • Pour le suivi des maladies chroniques telles que l’hypertension, les études ne montrent pas non plus un réel bénéfice du suivi à distance. Seuls les patients de plus de 55 ans enregistraient une meilleure tension artérielle systolique que ceux du groupe contrôle. Cependant, les messages d’alerte reçus sur le smartphone aggravaient parfois les scores de dépression.
    • La télésurveillance des patients en rééducation suite à un AVC, une maladie de Parkinson ou une douleur au dos n’a pas fait la preuve de son efficacité. Le port d’accéléromètres à la cheville ne s’est pas traduit par une augmentation du temps de marche. En revanche, une amélioration de la vitesse de marche a été enregistrée chez des parkinsoniens.
    • Les traqueurs d’activité associés à des conseils personnalisés par SMS ou à des incitations financières ont eu un effet positif : un léger surcroît d’activité physique grâce à l’envoi de messages, une perte de poids au bout de 9 mois chez des patients obèses ou en surpoids, porteurs d’un biocapteur.
    • Globalement, aucune différence significative entre les patients suivis à distance et les patients appartenant au groupe contrôle n’a été enregistrée concernant l’IMC, le poids, le tour de taille, le pourcentage de graisse et la pression artérielle.

    Un éditorial optimiste

    Les résultats ne sont donc pas, pour le moment, à la hauteur des espérances. Néanmoins,  » les interventions basées sur des modèles de comportement de santé et le coaching personnalisé ont été les plus réussis », notent les auteurs de cette méta-analyse.

    Ils soulignent malgré tout que les études sont très hétérogènes et le nombre d’essais contrôlés randomisés reste encore très faible. Ces résultats très modestes n’empêchent pas le rédacteur en chef de Nature’s Digital Médicine, dans un éditorial, de faire le pari qu’un jour « on ne parlera plus de médecine numérique, parce qu’elle sera devenue de la médecine tout court ».

  • Bioéthique : Jean-François Mattei met en garde contre la médecine des algorithmes

    A la veille du lancement des Etats généraux de la bioéthique par le gouvernement et à l’occasion d’un petit-déjeuner organisé par le cabinet Nile le 17 janvier 2018, Jean-François Mattei, pédiatre, généticien et ancien ministre de la Santé, a présenté son dernier ouvrage paru en octobre 2017 : « Questions de Conscience : De la Génétique au post-humanisme ».  

    J-F. Mattei y a évoqué de nombreux sujets en lien avec la bioéthique, notamment :
    – les potentialités offertes par l’intelligence artificielle dans le champ médical et les difficultés pratiques et philosophiques qu’elle soulève ;
    – la place des algorithmes dans l’exercice de la médecine ;
    – l’évolution « nécessaire » des études médicales pour y intégrer les nouvelles technologies et réaffirmer l’importance des sciences sociales aujourd’hui reléguées aux marges des facultés de médecine ;
    – l’impact des nouvelles technologies sur la relation patients – médecins.

    M. Mattei invite ses auditeurs à la prudence. Son livre se veut le catalyseur d’une réflexion sur les lois de bioéthiques, qui seront vraisemblablement révisées au cours de l’année 2018. Il convient à son sens de bien mesurer les enjeux et les implications d’un éventuel assouplissement de la législation bioéthique.

    L’intelligence artificielle est moins puissante qu’il n’y paraît

    Selon Jean-François Mattei, l’intelligence artificielle se heurte à plusieurs limites qui permettent d’en relativiser « l’apparent succès ».

    • Pour M. Mattei, l’IA est certes en mesure d’égaler, voire de surpasser l’intelligence humaine lorsqu’il s’agit d’accomplir des tâches spécialisées, relevant d’une intelligence « logique ».
    • Elle ne dispose pas en revanche d’une intelligence totalisante : l’IA est strictement « logique » quand bien même l’intelligence humaine est polymorphe (intelligence émotionnelle et sociale).
    • Elle est capable d’apprentissage, mais ce qu’elle apprend ne résulte pas de sa propre création. Elle dépend ainsi de l’intervention de l’homme pour mener à bien ce pour quoi elle a été programmée.
    • Elle repose sur des matériaux imparfaits qui ont conduit à chercher de nouveaux supports, comme le graphène.

    La médecine devient-elle « une affaire d’algorithmes » ?

    Comment envisager l’évolution de la profession médicale ? 

    • M. Mattei souligne que l’acte médical est une « communication de conscience entre deux êtres » qu’il faut préserver ; une « relation intangible » qu’il convient de protéger.
    • Les médecins aujourd’hui se fondent sur l’usage d’imageries 3D, de vidéocapsules, etc; qui révolutionnent la pratique médicale et infléchissent la relation des professionnels de santé à leurs patients ;
    • L’Académie de médecine a fait des « algorithmes » l’un de ses axes de réflexion prioritaires. Pour autant, les algorithmes sont une aide à la décision du médecin, mais ne peuvent en aucun cas s’y substituer. Le médecin doit rester maître des machines et des outils qu’il mobilise à l’appuis de ses décisions.
    • Les outils connectés doivent permettre aux médecins de consacrer davantage de temps à leur patient et non l’inverse. La technologie doit in fine favoriser la relation médecins-patients.

    Faire évoluer les études médicales pour y intégrer les sciences sociales et les nouvelles technologies

    Pour une meilleure maîtrise des sciences sociales, nécessaires au bon exercice de la médecine et à la préservation du lien social

    • J-F. Mattei a été co-rapporteur en 1996 d’un rapport parlementaire d’analyse de la formation initiale des médecins : il préconisait notamment d’y intégrer les sciences humaines. Son avis sur la question n’a pas changé. Il réaffirme l’importance fondamentale des sciences humaines et sociales.
    • Etre investi d’une mission curative, consistant à soigner des hommes et des femmes, suppose selon M. Mattei de maîtriser les fondements des sciences sociales et d’apprendre à préserver le lien social.
    • Il faut former les étudiants en médecine à l’usage des nouvelles technologies médicales pour en assurer un usage éthique.

    Les dérives eugénistes d’une société où les technologies prennent le pas sur la relation patient-médecin

    L’ancien ministre a invoqué plusieurs exemples pour mettre en garde ses auditeurs contre les dérives eugénistes d’une société où les individus ont accès à des technologies médicales de plus en plus sophistiquées et à usage strictement individuel : 

    • J-F Mattei invoque l’exemple du séquençage à haut débit  : en matière de procréation, il est désormais possible de réaliser avec l’ADN foetal présent dans le sang de la mère des diagnostics génétiques avant la dixième semaine de gestation. Le femmes peuvent choisir de mettre un terme à leur grossesse sans avoir rencontré de généticien ni reçu d’avis médical.
    • Des patients peuvent faire appel aux médecins pour bénéficier d’implants décuplant leur capacité physique ou intellectuelle : l’homme augmenté, souligne-t-il, est l’une des dérives les plus préoccupantes auxquelles la société se devra de répondre, précise l’ancien ministre.