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  • Patients confiants et médecins méfiants quant à l’usage des outils de la e-santé (Odoxa)

    Lors de la conférence annuelle de l’Agence des Systèmes d’information partagés de Santé (ASIP Santé) organisée le mardi 30 janvier 2018, Gaël Sliman, directeur de l’institut de sondage Odoxa, a présenté les résultats d’une enquête réalisée pour l’ASIP sur le thème : « Les Français et la e-santé ».

    Il ressort de cette étude que 80% des Français sont « prêts » à la diffusion de la e-santé et que 74% d’entre eux pensent qu’elle va contribuer à améliorer la qualité de leur prise en charge et de la relation qu’ils entretiennent avec les professionnels de santé. En revanche, ces derniers sont plus méfiants quant aux bienfaits avérés des outils de la e-santé : seuls 45% des médecins pensent qu’ils amélioreront la qualité de la relation patient-soignant.

    Les Français sont favorables au développement de la e-santé.

    Il ressort de l’étude réalisée par Odoxa que les Français sont enclins au développement de la e-santé et qu’ils ne la perçoivent pas comme une menace à la qualité de la relation patients-soignants.

    • 8 sondés sur 10 se disent « prêts » aux innovations et nouvelles technologies en santé ;
    • 90% d’entre eux considèrent que le médecin doit avoir plus facilement accès aux données ;
    • 86% d’entre eux pensent que l’accès aux données permet de dégager du temps et de simplifier les démarches administratives.

    La e-santé contribuerait à améliorer l’information des patients 

    Les outils connectés seraient les garants d’une meilleure information, selon une majorité de sondés :

    • 78% des personnes interrogées jugent que le patient peut être mieux informé avant son hospitalisation grâce au recours aux technologies de la e-santé ;
    • 81% d’entre elles pensent que ces outils permettent aux médecins de mieux conseiller les patients à l’issue de leur hospitalisation.

    Clivage entre les patients et les médecins sur les bénéfices présumés de la e-santé sur la prise en charge des patients

    Si les patients pensent que la e-santé facilitera leur prise en charge et améliorera la qualité de la relation qu’ils entretiennent avec leurs médecins, ces derniers ne partagent pas leur avis.

    • 74% des sondés considèrent que grâce aux outils connectés, la gestion administrative va être simplifiée et le médecin disposera de plus de temps auprès de ses patients ;
    • 70% des sondés jugent que l’hôpital peut offrir un accueil personnalisé aux patients grâce aux outils de la e-santé. En revanche, seuls 48% des médecins interrogés partagent cet avis.
    • 58% des personnes interrogées pensent que les TIC favoriseront la relation patient-soignant, contre 45% des médecins interrogés..

    Les sondés convaincus des bienfaits liés à l’usage des données de santé

    • 63% des personnes interrogées estiment qu’il existe des risques importants liés à l’usage, au partage, et au piratage de leurs données de santé ;
    • Toutefois, 59% des personnes sondées font confiance aux administrations pour assurer la protection des données de santé ;
    • 76% des sondés pensent que leurs données peuvent contribuer à l’avancement de la recherche.
  • La CNIL et l’INRIA récompensent un article sur les outils de protection des données de santé

    La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) et l’Institut National de Recherche dédié au numérique (INRIA) ont décerné le 26 janvier 2018 le « Prix de la protection de la vie privée » à Seda Gürses, Carmela Troncoso et Claudia Diaz pour leur article « Engineering privacy by design reloaded ». Plus de 20 articles ont été soumis au jury.

    Les auteurs analysent les méthodes utilisées par les ingénieurs pour appliquer les stratégies de Privacy by Design et définissent des lignes directrices à destination des concepteurs de logiciels et de systèmes informatiques, permettant de minimiser la quantité de données transmises aux responsables de traitement des données ou aux sous-traitants.

    L’article primé éclaire les enjeux liés à la mise en oeuvre prochaine du Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).

    Ce « prix de la protection de la vie privée » vise à encourager la communauté scientifique européenne à développer des projets de recherche sur la protection des données privées. 

    Inciter les concepteurs de logiciels à adopter les méthodes de « Privacy by design »

    Les auteurs de « Engineering privacy by design » analysent les méthodes utilisées par les ingénieurs pour appliquer les stratégies de Privacy by Design. Le concept de Privacy by Design implique que chaque nouvelle technologie traitant de données personnelles ou permettant d’en traiter doit garantir dès sa conception et lors de chaque utilisation – même si elle n’a pas été prévue à l’origine -, le plus haut niveau possible de protection des données des personnes, d’après une définition du CNRS.

    Mmes Gürses, Troncoso et Diaz distinguent différentes stratégies de minimisation (minimisations de la collecte des données, des possibilités de liaison entre les données, de la durée de conservation, de la centralisation, etc.). et étudient leurs impacts sur la minimisation des risques d’atteinte à la vie privée. 

    L’article primé propose des solutions pratiques à destination des industriels

    Les auteurs définissent des lignes directrices permettant de minimiser la quantité de données transmises aux responsables de traitement des données ou aux sous-traitants. Elles prolongent ainsi une réflexion amorcée dans un premier article sur la mise en oeuvre du Privacy by design.

    L’article présente une dimension résolument pratique et pourrait à ce titre service d’inspiration aux concepteurs et éditeurs de logiciels informatiques, y compris dans le champ de la santé, dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur imminente du Règlement général sur la RGPD.

    L’article est accessible en ligne en anglais.

  • Doctolib réfléchit à la téléconsultation avec les institutionnels et les professionnels de santé

    Doctolib réunit un réseau de 50 000 praticiens-partenaires et est associé à 900 établissements de santé, affirme son président, Stanislas Niox-Chateau, dans une interview dans l’émission « L’Invité des Echos » du 29 janvier 2018.

    Interrogé sur le positionnement de Doctolib par rapport à la télémédecine, il dit ne pas écarter la possibilité d’investir le domaine de la téléconsultation et affirme être en train de travailler avec les pouvoirs publics, l’Assurance maladie et le ministère afin de réfléchir sur la télémédecine de demain.

    Il a déclaré être convaincu que la télémédecine parviendra à percer si elle est portée par les praticiens libéraux et les établissements de santé, à condition de recevoir une rémunération adéquate, et de pouvoir l’intégrer dans leurs pratiques de routine. C’est la voie qui garantira la généralisation de la télémédecine et selon lui, ce ne sont pas les assureurs et les complémentaires de santé qui en seront les principaux porteurs, malgré la tendance actuelle.

    Doctolib pas profitable, mais s’inscrit dans une vision à long terme

    Concernant les services proposés par Doctolib, il a souligné l’utilisation croissante des services de la plateforme avec un million d’utilisateurs supplémentaires par mois et une présence dans 30 villes françaises.

    Il a souligné qu’actuellement un peu moins de 10% de praticiens utilisent Doctolib à ce jour, sur un total d’environ 570 000 professionnels de santé en France. Les équipes locales travaillent à développer le réseau.

    Les levées de fonds récentes vont aider Doctolib à améliorer sa plateforme à destination des patients et le logiciel d’agenda destiné à faciliter l’organisation de l’agenda des praticiens libéraux afin de continuer à améliorer l’organisation des cabinets, fluidifier le parcours de soins et la collaboration entre professionnels de santé.

    À la question sur la rentabilité, Stanislas Niox-Château, rappelle que Doctolib s’inscrit dans une vision à long terme, de 15 à 20 ans, pour contribuer à l’amélioration de l’efficacité du système de soins français et, qu’actuellement, la start-up n’était toujours pas profitable.

    Concernant le développement international, initié fin 2016, face aux spécificités nationales des systèmes de santé, seul l’axe franco-allemand est à l’ordre du jour. 

  • Doc&You s’associe avec Maincare Solutions pour développer la télémédecine en Afrique

    Doc&You, start-up qui œuvre à faciliter l’accès aux soins des patients en Afrique, vient de conclure fin janvier 2018 un partenariat avec Maincare en adoptant sa solution Covalia pour déployer des téléconsultations en Tunisie, au Maroc et en Côte d’Ivoire.

    Une offre de télémédecine

    Créée en 2016 par Christophe Jacquinet, ancien directeur d’ARS et Olivier Pardessus, actuel président de la start-up Doc&You, l’offre de la société s’articule autour de sa plateforme ResoDoc qui englobe les services suivants :

    • rendez-vous médicaux en ligne ;
    • paiement de soins en ligne ;
    • réseau médical de télémédecine (télé-expertise, visio-expertise en staff médical et forum médical) ;
    • adressage médical des patients qui consiste à orienter le patient ;
    • financement participatif de santé.

    Ses services visent aussi bien les patients et leurs proches que les médecins de proximité, les médecins experts, les établissements de santé et les assureurs santé.

    Le partenariat avec Maincare au service d’un réseau médical francophone en Afrique

    Doc&You souhaite créer un réseau médical francophone en Afrique et en collaboration avec les professionnels de santé en  France. À cet effet la start-up a opté pour les solutions de télémédecine Covalia de Maincare dont les fonctionnalités seront intégrées à ResoDoc pour mettre en relation les médecins de ResoDoc dans leurs pays d’une part et en Afrique francophone et en France d’autre part.

  • Lancement du premier service de protection santé 100 % numérique à Singapour

    NTUC Income est le premier assureur de Singapour à proposer des plans de protection santé entièrement numériques via son portail en ligne, a indiqué Digitalnewsasia.com le 17 janvier 2018.

    Cette nouvelle fonction marque une étape importante dans la transformation de l’entreprise, qui vise à devenir un assureur numérique de premier plan au sein de la cité-État. Income est en effet en train de numériser l’ensemble de ses activités et s’efforce d’offrir à ses clients une assurance accessible en ligne 24/7.

    Une plateforme pédagogique

    Les nouveaux clients qui n’ont pas de problèmes de santé préexistants bénéficieront d’une approbation et d’une couverture immédiates dans les cinq à dix minutes suivant leur application. Réclamer le remboursement de soins avant et après une hospitalisation pourra également se faire en quelques secondes en soumettant une photo de la facture sur la plateforme.

    Pour aider les clients à saisir les avantages d’un régime d’assurance maladie privé et à prendre des décisions éclairées concernant l’achat d’un plan intégré (PI), l’application web, ouvert aux Singapouriens et aux résidents permanents de Singapour âgés de moins de 61 ans, propose des illustrations basées sur des scénarios pratiques et des explications simples pour les aider à comprendre certains termes basiques de l’assurance maladie tels que « déductible » et « facturé ».

    Une fonction pour trouver le service adapté et estimer ses dépenses

    Un autre atout du dispositif proposé par NTUC Income est sa fonction de recherche Google, Coverage Checker, qui permet aux assurés de trouver un service hospitalier approprié et d’obtenir une estimation de leurs factures en pouvant sélectionner environ quatre-vingt traitements médicaux classiques.

    À partir du mois de mars 2018, les clients pourront également avoir accès à un chatbot directement sur le site de la compagnie d’assurance afin de poser des questions générales ou plus précises, sur la mise à niveau de leurs contrats de protection santé par exemple.

    NTUC Income : vers une numérisation complète des services

    « La nouvelle offre numérique joue sur la manière dont les clients accèdent et utilisent l’information numériquement de nos jours. Ils sont habitués à la réalisation rapide des transactions en ligne qui sont souvent soutenues par une expérience utilisateur transparente. Nous visons à répondre à ces attentes et avons conçu notre parcours client sur le nouveau portail en ligne en nous basant sur les retours des consommateurs », a déclaré Peter Tay, directeur de l’exploitation à NTUC Income (source : Digitalnewsasia.com).

    La décision d’Income d’offrir ses PI de manière numérique suit de près une annonce datée de l’an dernier, qui révélait que la société allait intégrer des technologies cognitives, comme des systèmes basés sur l’intelligence artificielle, en adoptant Watson Explorer d’IBM afin d’automatiser et d’améliorer ses processus de réclamation avant et après une hospitalisation.

    La technologie cognitive vise à habiliter les évaluateurs de réclamations à mieux gérer les différents cas qui se présentent à eux et sera déployée stratégiquement dans des domaines correspondant à leurs compétences spécialisées. Elle permettra également d’augmenter les niveaux de service à la clientèle tout en améliorant la productivité et la satisfaction des employés.

    Orange Care : premier programme de télé-santé dans le domaine de l’assurance

    NTUC Income a également piloté le premier programme de télé-santé du secteur de l’assurance, Orange Care, afin de soutenir le rétablissement des titulaires de contrat IncomeShield hospitalisés en raison de problèmes cardiaques, en leur permettant de mieux comprendre et de mieux gérer leurs problèmes de santé en évitant un maximum de frais.

    Singapour : une smart nation en devenir

    Ces initiatives sont en harmonie avec la volonté de Singapour de devenir une smart nation en utilisant les nouvelles technologies pour résoudre les problèmes actuels de la société, mais aussi avec le Masterplan 2020 du ministère de la Santé singapourien visant à améliorer l’accès et la qualité des services de santé pour l’ensemble des Singapouriens.

  • First digital integrated shield plan to be launched in Singapore

    NTUC Income is the first health insurer in Singapore to offer integrated shield plans (IPs) digitally through its online portal, Digitalnewsasia.com said on January 17, 2018.

    This marks a milestone in the company’s transformation to become a leading digital insurer in the city-state. NTUC Income is in the process of digitizing its business and strives to offer customers choice, 24/7 accessibility to insurance.

    A pedagogical platform

    New customers who do not have pre-existing health conditions will receive instant approval and coverage within five to ten minutes. Claiming a reimbursement of care before and after hospitalization can also be completed in seconds by submitting a photo of the bill to the online platform.

    To help customers understand the benefits of a private health insurance plan and to make informed decisions about purchasing an integrated shield plan (IP), the portal, which is open to Singaporeans and Singapore Permanent Residents below 61 years old, provides scenario-based illustrations and easy-to-understand explainers on basic health insurance terms such as « deductible » and « as charged ».

    A function to assess a suitable hospital ward and obtain an estimation of your bill

    Another asset of NTUC Income’s portal is its Google-like search function, the Coverage Checker, which allows policyholders to assess a suitable hospital ward and obtain an estimation of their bill by selecting from about 80 common medical treatments based on Income’s claims records. 

    From March, customers will also be able to talk to a chatbot directly on the insurance company’s website for general queries or questions on upgrading or downgrading their existing IncomeShield plans for example.

    NTUC Income: towards more digital services

    « The new digital proposition plays to the way customers access, engage and use information digitally these days. They are accustomed to quick gratification from online transactions that are often supported by a seamless user experience. We aim to live-up to such expectations and have designed our customer journey on the new online portal based on feedback from consumers, » said Peter Tay, NTUC Income’s chief operating officer (source: Digitalnewsasia.com).

    Income’s move to offer its IPs digitally follows closely its announcement last year, revealing that the firm is integrating cognitive technologies by adopting IBM’s Watson Explorer to automate and improve its claims processes before and after after hospitalization.

    Cognitive technology is aimed at empowering claims assessors and will be developed strategically in areas commensurate with their specialized skill-sets. It will also increase levels of customer service while improving employee productivity and satisfaction.

    Orange Care: the first telehealth program in the field of insurance

    NTUC Income also spearheaded the first telehealth program of the insurance sector, Orange Care, to support the recovery and overall health improvement of IncomeShield policyholders who were hospitalized due to a heart condition by enabling them to better understand and manage their conditions in a cost-effective manner.

    Singapore: a smart nation in the making

    These initiatives are in line with Singapore’s desire to become a smart nation by using technology to solve problems of the city-state as well with the Ministry of Health’s Healthcare 2020 Masterplan to improve access, affordability and quality of healthcare services for Singaporeans.

  • Australie : les contribuables ont déboursé 1,1 Md€ pour My Health Record, un dispositif controversé

    Le 19 janvier 2018, The Daily Telegraph a révélé que les contribuables australiens avait déboursé jusqu’ici près de 1,7 milliard de dollars AUD (1,1 Md € ; 1,4 Md US$) pour My Health Record (MyHR), le dossier de santé numérique national, un outil que de nombreux médecins n’utilisent pas.

    Tous les citoyens australiens disposeront d’un dossier MyHR en 2018 à moins d’exprimer explicitement leur refus d’être intégrés au système. Une partie des médecins du pays exprime certaines réticences à l’égard du système d’un point de vue technique et craint que les patients ne comprennent pas réellement les implications d’un tel dispositif sur leur vie privée.

    My Health Record : les médecins spécialistes sont réticents

    Cinq ans après son lancement, cinq millions d’Australiens ont choisi de créer un compte My Health Record. Cependant, moins d’un médecin spécialiste sur douze sur les 31 000 travaillant en Australie est actuellement enregistré dans le système. Ces praticiens comptent toujours sur les généralistes pour leur envoyer des lettres de recommandation et des informations sur les patients.

    Pour que les dossiers électroniques se révèlent utiles, les médecins généralistes doivent télécharger un résumé de l’état de santé de leurs patients mais le processus ne serait effectué en moyenne que dans moins d’un cas sur quatre.

    Une accessibilité restreinte

    En 2017, 1 442 médecins généralistes ont assuré qu’ils n’avaient pas téléchargé suffisamment de résumés de santé partagés sur MyHR pour être admissibles à la prime incitative versée par le gouvernement. 1 191 d’entre eux auraient été invités à rembourser la somme perçue.

    Le Dr. Rob Hosking, vice-président du comité de e-santé du Royal Australian College of General Practitioners, soutient le concept d’un enregistrement numérique mais s’interroge sur sa mise en place.

    « Aucun des hôpitaux auxquels mes patients [ont été admis] n’a accès à My Health Record », a-t-il déclaré au Daily Telegraph. Aucun des spécialistes vers lesquels il dirige ses patients non plus. De plus, il explique qu’il doit utiliser un service de messagerie sécurisé privé distinct pour communiquer avec des spécialistes parce qu’il ne peut pas le faire via MyHR.

    « Il est plus rapide de décrocher le téléphone et d’appeler les pharmaciens pour savoir quels médicaments le patient utilise car l’interface utilisateur [de My Health Record] est difficile à appréhender. »

    Des problèmes techniques

    Le Dr. Hosking fait par ailleurs remarquer que si les médecins enregistrent un résumé de santé partagé sur le dossier d’un patient, il n’y a aucune incitation ou rappel pour le mettre à jour si un nouveau médicament est prescrit ou si le patient développe un nouveau problème de santé et que le traitement de base n’est plus adapté.

    L’Association médicale australienne met en garde

    L’Association médicale australienne (AMA) a également mis en avant dans son rapport budgétaire quelques soucis au niveau de l’utilisation de My Health Record.

    « Les problèmes de téléchargement de lettres de spécialistes, les erreurs au niveau de la fonction de recherche [d’un praticien], les adaptations chronophages aux pratiques de travail actuelles des praticiens ou les solutions de rechange inappropriées nuisent à l’utilité clinique et découragent le médecin [d’utiliser le dispositif] et, plus important encore, lui fait perdre du temps, l’empêchant de se concentrer sur le patient », déplore l’organisation dans son rapport.

    Un manque de communication

    Les problèmes rencontrés jusqu’ici avec My Health Record risquent d’être décuplés cette année, craint The Daily Telegraph, puisque le gouvernement australien va mettre en en place un dossier de santé numérique pour tous les Australiens à moins qu’ils n’expriment clairement leur volonté de ne pas rejoindre le système.

    L’Agence de la santé numérique australienne a indiqué qu’il n’y aurait pas de campagne publicitaire télévisée, radiophonique ou papier pour sensibiliser les citoyens au fait qu’un dossier de santé numérique sera automatiquement créé pour chacun d’entre eux. Les patients pourront en apprendre davantage sur le sujet via les réseaux sociaux et les affiches présentées dans les cabinets médicaux.

    Les médecins n’ont pas le temps d’informer les patients sur MyHR

    Dans son rapport, l’AMA a expliqué au gouvernement que les médecins n’avait pas le temps d’éduquer le public au dispositif My Health Record.

    « Les médecins n’ont pas le temps de parler à leurs patients des dispositions [à prendre] concernant la désinscription [au système], la protection de la vie privée et la mise en place de contrôles d’accès pour permettre aux fournisseurs de soins de télécharger des informations sur la santé. C’est le travail du gouvernement. Les médecins doivent être autorisés à se concentrer sur ce qu’ils font de mieux, prendre soin des patients », indique le document.

    « Certains Australiens seront surpris d’apprendre qu’un My Health Record a été créé pour eux sans leur consentement explicite », ajoute l’AMA.

    L’Agence de santé numérique australienne promet des améliorations

    « L’agence travaille en étroite collaboration avec de nombreux organismes de pointe spécialisés pour accroître l’utilisation de dossiers électroniques et de systèmes d’information clinique dans les pratiques spécialisées », argumente un porte-parole de l’Agence australienne de la santé numérique (source : The Daily Telegraph).

    Pour améliorer le dispositif, l’agence a récemment mis en place une nouvelle fonction permettant de voir en quelques secondes sur le dossier de santé numérique d’un patient toutes les informations provenant de sources multiples sur les médicaments qu’il utilise.

  • Data : bilan des levées de fonds des start-ups françaises de janvier 2018

    30,4 millions d’euros – tel est le montant levé par des start-ups françaises de la e-santé en janvier 2018.

    L’IA, le Big Data, le secteur de l’Assurtech et celui de la Silver éco sont représentés.

    L’ensemble des transactions est détaillée dans la rubrique Data du site, publié mercredi 31 janvier 2018.

  • Bilan des levées de fonds de janvier 2018 : 30,4 millions d’euros pour 5 start-ups françaises

    30,4 millions d’euros, tel est le montant levée par des start-ups françaises de la e-santé en janvier 2018.

    C’est +Simple.fr qui lève la somme la plus importante avec 10 millions d’euros. Le secteur des Silver Tech affiche deux levées de fonds au cours du mois.

    À noter également deux opérations importantes de rachat à l’international : d’un côté le français Axa a racheté l’entreprise américaine Maestro Health pour 127 millions d’euros, de l’autre, la société brestoise Imascap est rachetée par l’américain Wright Medical, pour 75,1 millions d’euros.

  • IA : le Cnom s’approprie le débat et énonce des recommandations dans un Livre blanc

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a publié un Livre blanc à destination des médecins et patients le 22 janvier 2018 à l’heure de l’IA, des data, des robots et des algorithmes. Cette publication a donné lieu à un débat organisé le 30 janvier 2018 au siège du Cnom.

    La publication du Livre blanc est une façon de prendre part au débat et d’alerter les autorités sur la nécessité de s’atteler à la question et d’organiser un débat public impliquant l’ensemble des acteurs professionnels et la société civile. Le Livre blanc inclut 33 recommandations listées dans son dernier chapitre et se compose de 6 chapitres sur la révolution numérique, la médecine numérique, la formation, la recherche et l’éthique du médecin face à son patient à l’ère numérique.

    Le débat a davantage mis en avant les préoccupations de différents acteurs et a cherché à identifier les points clé d’un débat public que les autorités publiques se doivent d’animer  et qui est jugé crucial par le Cnom. Les principaux thèmes abordés rejoignent ceux du Livre blanc et concernent l’identification des risques associés à l’IA, la préservation de la relation médecin-patient, la formation des professionnels qui doit tenir compte des évolutions prévisibles des métiers, etc.

    Recommandations du Cnom

    Elles sont au nombre de 33. La tribune du Pr Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS, qui clôt le Livre blanc illustre la position du Cnom et l’état d’esprit que l’association des médecins promeut, à savoir que l’IA ne doit pas être chassée du domaine médicale et qu’elle y a tout à fait sa place, sans pour autant la diviniser, et que sa contribution doit être dirigée vers un marché industriel d’aide à la décision médicale et non pas vers celui qui dicterait une décision rendue par algorithme.

    Voici les sujets traités et mis en avant par le Cnom:

    • l’importance d’identifier les risques potentiels liés aux nouveaux usages et outils ;
    • la nécessité d’un débat public visant à orienter les autorités régulatrices ;
    • la création d’un service public d’information auquel doivent être associés les sociétés savantes et les patients ;
    • la garantie d’une société et d’individus libres inscrite dans le droit positif ;
    • la garantie d’un profit commun à l’ensemble des citoyens sans discrimination.

    Le Livre blanc est téléchargeable ci-contre.

    Débat interdisciplinaire

    Parmi les sujets clés abordés par les nombreux intervenants on trouve la relation médecin-patient, la formation et l’impact de l’utilisation des données.

    Le vice-président du Cnom a annoncé la parution prochaine d’un document visant à guider les professionnels de santé, et notamment les médecins libéraux, dans l’application du nouveau Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    Dans sa conclusion, il a également rappelé afin de lutter contre les inégalité d’accès aux soins l’importance de « fibrer et de câbler » les zones du désert numérique afin de réduire la fracture numérique.

    Voici les principales affirmations et recommandations qui ont émergé au cours du débat.

    Ne pas précipiter les événements à vouloir trop emboîter le pas à la Chine ou aux États-Unis

    Pr Laurence Devilliers, spécialiste en informatique enseignant à la Sorbonne et chercheuse au CNRS, déplore le manque d’analyse de l’impact du recours aux robots sur l’humain. Sans s’y opposer, elle recommande cependant de ne pas mettre en relation de jeunes enfants et des robots par manque de retour d’expérience sur les conséquences socio-psychologiques associées à ce type d’interaction.

    Le Pr Guy Vallancien a exprimé ses craintes concernant le retard que la France et l’Europe affichent par rapport aux États-Unis ou la Chine. Cependant la majorité des intervenants s’accorde pour dire qu’il faut réguler avant de s’engouffrer dans l’application directe des technologies sortant des laboratoires de recherche. À cet effet, le Pr Olivier Palombi, représentant la Conférence des doyens, soulignait qu’à l’occasion d’une visite en Chine, il avait pu constater les moyens colossaux dont disposait la nation, mais qu’il n’avait pas décelé une stratégie nationale animant l’ensemble des acteurs, ce qui devrait être poursuivi en France.

    Le Pr Devilliers appelle à prendre en compte les nouveaux rapports créés entre les machines dotées d’une intelligence artificielle et les hommes, et considère qu’un temps d’adaptation et de suivi est indispensable et qu’il faut éviter une confiance aveugle en le progrès que les machines peuvent apporter.

    Appel à la mise en place d’une organisation internationale chapeautant le débat sur l’IA

    Selon l’ensemble des intervenants, une organisation supranationale se chargeant d’examiner l’ensemble des questions émanant du numérique ayant un impact sur l’humain serait indispensable dans un contexte de plus en plus global.

    Déjà parmi les recommandations du Cnom, on trouvait la suggestion du lancement d’une « World Consultation on Human Being » en vue d’une « Convention of Parties (COP) » pour des action à échelle planétaire.

    Les participants ont émis la nécessité d’une éthique internationale et ont même évoqué un droit d’ingérence éthique. Le Pr Devilliers appelle à la création d’une éthique des machines intelligentes, à la création de standards pour la communauté mondiale et d’élever le débat au sommet mondial pour couvrir les considérations médicales, mais également d’écologie.

    Data : faire des données un bien commun inaliénable

    Selon le Cnom, les données constituent un enjeu de souveraineté. Les intervenants concordent avec le conseil et soulignent l’importance de préserver le patrimoine que les données représentent. L’exploitation des données donnera lieu à des progrès médicaux plus importants que la recherche fondamentale selon le Pr Uzan. D’où l’importance de les préserver tout en les exploitant, et ne pas les céder moyennant finance aux acteurs privés ou internationaux, selon le Pr Ganascia.

    Victor Demiaux, conseiller de la présidente de la CNIL, soulignait l’attachement de la CNIL à trouver un équilibre entre protection et réutilisation des données ainsi que l’impact qu’elles peuvent avoir sur la sécurité nationale. Il a mis l’accent sur le fait que la régulation ne s’oppose pas à l’innovation et que son rôle est de la pérenniser et de la sécuriser. La régulation agit comme un élément de confiance.

    Sur le plan technique, selon la directrice de l’INDS, Dominique Polton, on doit avant tout s’atteler à la création de systèmes d’information (hospitaliers) efficaces et interopérables et s’interroger sur les usages des données collectives anonymisées qui existent déjà et pour lesquelles aucune stratégie d’exploitation n’existe.

    Elle soulignait également que notamment dans le domaine de la cancérologie, l’utilisation et l’exploitation de données simples, sans parler du big data, entre le patient et le médecin peuvent contribuer à détecter les signes de rechute et trouvait particulièrement utile le rôle qu’elle pouvaient avoir dans le raccourcissement des délais du système de soins pour augmenter les chances de survie de plus de 6 mois.

    Démocratie sanitaire : la place du patient et sa contribution à la connaissance scientifique

    Les intervenants ont tous affirmé la place du patient dans le système des soins et le caractère humain de la relation qui doit ‘établir avec son médecin. Au-delà de cet aspect, le Pr Serge Uzin, vice-président santé de l’Université Pierre et Marie Curie et conseiller national du Cnom, soulignait le rôle primordial que pouvait revêtir l’IA dans l’analyse des données provenant d’un espace dont les intervenants ont jugé qu’il était indispensable à prendre en compte, à savoir les réseaux sociaux.

    Il constate que nous sommes dans l’ère de la démocratie sanitaire où les patients s’expriment, sont acteurs des soins que l’on leur prodigue.

    Selon lui, c’est dans l’analyse des réactions et des contributions des patients notamment sur les réseaux sociaux que la contribution de l’IA serait majeure. Elle peut permettre l’émergence de nouvelles connaissances grâce à l’analyse des informations fournies par les patients dans le cadre de l’évaluation clinique ou de l’évaluation d’un nouveau protocole notamment, et à la fois contribuer à transformer les données profanes en véritables données scientifiques.

    Le Pr Ganascia soulignait le rôle de plus actif du patient dans le processus de soins et pour illustrer le gain d’autorité de ce dernier, évoquait le « crowdfunding des données » déjà mis en place qui consiste à collecter des données des patients afin de les mettre au service de la recherche.

    Formation initiale multidisciplinaire et formation continue

    Le Pr Devilliers soulignait que la pluridisciplinarité n’existait pas à l’hôpital et qu’il est nécessaire de prendre l’homme dans sa globalité dans le cadre d’un traitement médical.

    Le Pr Olivier Palombi a souligné la nécessité de changer de vision pédagogique au profit d’un apprentissage tout au long de la vie, car selon lui les étudiants actuels sont amenés à être formés et à se former en apprentissage continu.

    La deuxième priorité pour lui est la construction des formations transdisciplinaires ou de double cursus (Pr Uzan), car un professionnel de santé travaille toujours en équipe. La question des université des patients amenant des malades chroniques à devenir experts de leur pathologie et acteurs du système de santé n’est pas une mission simple et soulève de nombreuses questions, telle celle de la rémunération, qui reste ouverte.

    Enfin, le besoin de formations nouvelles a été identifié pour permettre l’émergence de nouveaux experts capable de faire face aux changements actuels et appréhender les défis rencontrés dans le cadre de la recherche notamment.

    Donner à l’éthique la place qu’elle mérite dans le débat public

    Le Pr Lucas soulignait la démarche éthique dans l’approche des changements qui se profilent. Il a notamment indiqué que plus la société devient technique, plus l’éthique doit gagner du terrain et les interrogations qui questionnent le bien-fondé des changements doivent être posées. 

    L’éthique ne doit pas contrecarrer le progrès des nouvelles technologies, mais faire en sorte qu’il soit au service du bien commun. Elle y parviendra si on mène les interrogations et la réflexion nécessaires face aux nouvelles pratiques qui surgissent rapidement et modèlent le monde qui nous entoure.