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  • Dr Philippe Souchois, Directeur des Opérations adjoint de Ramsay Générale de Santé

    Ramsay Générale de Santé a annoncé le 29 janvier 2018 que le Dr Philippe Souchois, collaborateur ayant occupé différentes positions au sein de la structure, a été promu Directeur des Opérations Adjoint depuis le mois d’octobre 2017.

    Depuis 2011, Philippe Souchois est en charge de la qualité des soins, des risques, des filières de soins et de la cancérologie de Ramsay Générale de Santé et il est également membre du Conseil d’Administration de la Fondation Ramsay Générale de Santé.

    Promu, il reporte à Damien Michon, Directeur des Opérations depuis décembre 2017, et en tant que Directeur des Opérations adjoint, assure la mise en œuvre des projets médicaux des 22 pôles territoriaux du groupe, dont la vocation est de proposer des parcours de soins coordonnés pour répondre aux besoins en santé d’une zone géographique et qui s’appuient sur des filières de soins pour offrir aux patients des conditions de prise en charge innovantes au sein d’un périmètre géographique déterminé.

  • Vers un déploiement de la télémédecine en 2018 ? (LesEchosEtudes)

    En 2020, 1 million de personnes sera pris en charge par la télémédecine en France. Tels sont les chiffres mis en avant par l’étude « Quelles perspectives pour la médecine à distance ? » de Les Echos Etudes publiée en janvier 2018.

    Celle-ci dresse un panorama des expérimentations et des projets en cours et cartographie l’ensemble des acteurs en présence : éditeurs de logiciels, prestataires de services de télémédecine, plates-formes de téléconseil médical, assureurs complémentaires et assisteurs, hôpitaux, EHPAD, start-up de la e-santé…

    Elle montre, enfin, que 32 % des Français sont ouverts au principe de la téléconsultation médicale.

    H&TI s’est procuré une synthèse de cette étude qui tente de répondre à 4 questions clés :
    • Quelle est la valorisation de ce nouveau marché ? Comment se segmente-t-il et quels en sont les acteurs clés ?
    • Comment s’opère la convergence entre télémédecine, téléconseil et monitoring des objets connectés ?
    • Comment évoluent le cadre politique et l’environnement réglementaire de ce marché ?
    • Comment lever les obstacles au développement de la médecine à distance ?

    Une méthodologie mêlant entretiens et veille

    Une dizaine d’entretiens ont été menés par les auteurs de l’étude auprès d’experts (Pierre Simon et Docteur Pierre Espinoza), d’organisations professionnelles (FHF), d’institutions (ARS Pays de la Loire) et d’acteurs privés de la télémédecine et du téléconseil médical : H2AD, H4D, MédecinDirect, Tactio Health, Docapost…

    Ceux-ci ont été complétés par une veille complète sur l’actualité politique et l’environnement réglementaire de la médecine à distance : actes qualifiés de télémédecine au sens de la loi HPST, prestations de téléconseil médical, suivi de personnes âgées et/ou malades à domicile ou en institution via les objets connectés santé.

    Le contexte de l’étude

    • La réorganisation de l’offre de soins : la médecine à distance est un levier pour (re)structurer l’organisation et la coopération entre professionnels de santé et mieux répondre aux nouveaux besoins de santé générés par le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques et la raréfaction des ressources humaines en santé. L’étude montre que 300 000 personnes vivent dans une communauté où aucun service de santé ne se trouve à proximité.
    • La qualité et la sécurité des soins : elle permet d’apporter de nouvelles réponses à la question de l’accessibilité aux soins et de leur permanence.
    • La gestion/maîtrise des dépenses de santé : en introduisant dans la prise en charge des patients de nouveaux services et de nouveaux outils de suivi, ces nouvelles pratiques entraînent une modification des structures de coûts de notre système de soins.
    • Le management des professionnels de santé : la modification des pratiques et des prises en charge présente un défi en termes de gestion et d’accompagnement du changement, d’information et de formation des professionnels de santé, de développement de nouveaux métiers et mode de coopération entre acteurs de soins.
    • Le développement d’un écosystème et d’une industrie : la France possède de nombreux atouts sur ce nouveau marché et les acteurs se mobilisent auprès des pouvoirs publics pour faire adapter la réglementation.

    Les attentes des Français en matière de téléconseil

    Si la population visée par les dispositifs de télémédecine stricto sensu est définie et segmentée par les textes réglementaires, celle intéressée par le téléconseil médical et les objets connectés est nettement plus large. Elle concerne :

    • L’ensemble des personnes vivant dans un territoire sous-médicalisé (environ 12 millions de personnes) ;
    • les patients souffrant d’au moins une pathologie chronique, dont le suivi pourrait être assuré par des objets connectés et des services web, doublés par des téléconsultations périodiques ;
    • des Français qui ont besoin de gagner du temps ou qui considèrent que la téléconsultation est « plus pratique ».

    Une étude réalisée par Philips Healthcare (Future Health Index, menée auprès de 33 000 personnes dans 19 pays) indique que 8 français sur 10 souffrant d’une maladie chronique souhaiterait un meilleur accompagnement à domicile et qu’ils sont ouverts à l’utilisation de solutions numérique de télésuivi. 56 % des personnes interrogées estiment que les soins de santé connectés sont importants pour améliorer la santé générale de la population.

    La télémédecine encore marginale…

    Malgré un socle légal depuis 2009 et sa relance par le Pacte Territoire Santé dans les 9 territoires de soins numériques, la télémédecine reste encore cantonnée au périmètre d’expérimentations locales. Le nombre d’actes de télémédecine représenteraient actuellement moins de 0,5 % des consultations dispensées, alors que les pouvoirs publics ont dépensé entre 2011 et 2015 près de 115 millions d’€ pour leur développement.

    Par ailleurs, dans son rapport sur la Sécurité sociale, le 20 septembre 2017, la Cour des comptes soulignait que « le nombre de projets de télémédecine soutenus par les ARS est incertain ». En 2012, la DGOS comptabilisait 331 projets dont 169 opérationnels.

    … mais devrait se généraliser à partir de 2018

    En levant l’un des freins majeurs à son déploiement – la généralisation des actes de téléconsultation et de télé-expertise (votée dans la LFSS 2018), qui vont entrer dans le droit commun et sortir de leur cadre expérimental – le nouveau gouvernement entend donner une nouvelle impulsion à la télémédecine. En outre, le Grand plan d’investissement 2018-2022 prévoit, dans ses 57 milliards d’€, une enveloppe de 5 milliards d’€ pour financer les équipements numériques en santé avec des initiatives annoncées en matière de télémédecine, de recours à l’IA et d’informatisation des établissements de santé. 50 millions d’€ sont prévus pour le déploiement des téléconsultations ou des possibilités de paiement et de lecture à distance de la carte Vitale, notamment dans les territoires ruraux et ultramarins.

    D’autres mesures sont attendues dans le cadre de la nouvelle Stratégie nationale de santé, dans laquelle figure comme axe prioritaire, l’innovation « organisationnelle, médicale, technologique ou numérique », et notamment les évolutions telles que la télémédecine et les objets connectés.

    Ce développement de la télémédecine pourrait avoir des effets vertueux sur l’ensemble du secteur de la e-santé, note l’étude, et « favoriser le recours plus large aux solutions alternatives de médecine à distance ». Signe de ces perspectives favorables, les investissements d’un nombre croissant de complémentaires santé qui intègrent désormais dans leur offre des services de téléconsultation et de téléconseil médical.

  • Michel Gagneux annonce les 6 orientations stratégiques de l’ASIP lors de sa conférence annuelle

    L’ASIP Santé (Agence des Systèmes d’information partagés de Santé) organisait, mardi 30 janvier 2018, sa conférence annuelle de rentrée sur le thème : « E-santé : innover ou réguler? ». Plusieurs experts et acteurs de terrain ont livré leur analyse des défis que doit relever l’éco-système de la e-santé pour généraliser les usages innovants du numérique en santé dans un cadre commun d’urbanisation, de sécurité et d’interopérabilité.

    Plusieurs intervenants ont pris la parole au grès de deux tables rondes consacrées aux « deux visages de la création de valeur », à savoir l’innovation et la puissance publique prescriptrices de normes, et aux « enjeux d’une nouvelle dynamique de diffusion et d’accompagnement ». A l’issue de ces tables rondes, Michel Gagneux, directeur de l’ASIP Santé, a présenté les orientations et les chantiers prioritaires de l’Agence pour les prochains mois et années.

    Six pistes pour une stratégie opérationnelle

    Les acteurs de la e-santé « sont en train de parvenir à une communauté de vue globale et un niveau maturité collective », constate Michel Gagneux,  qui lui paraissent être « le socle du succès de la e-santé ». Il appelle à ce que ces acteurs « soient au rendez-vous de l’accélération de l’innovation au service des pratiques professionnelles, de notre système de santé et des patients. ». Michel Gagneux esquisse six pistes qui constitueront les bases d’une stratégie opérationnelle lisible à long terme.

    Élaborer, en concertation avec les acteurs de la e-santé, une doctrine d’urbanisation

    Le premier enjeux, souligne M. Gagneux, consistent à « régler les problèmes d’incohérence et de mauvaise urbanisation que nous connaissons aujourd’hui ». Avant d’évoquer les innovations de seconde génération comme l’intelligence artificielle, et l’accélération de l’innovation, il convient d’admettre que les acteurs de la e-santé ont encore des « progrès à réaliser pour l’aboutissement des grands projets nationaux ».

    Le programme territoire de soins numérique, à titre d’exemple, touche aujourd’hui à sa fin. Les promoteurs de projets et les pouvoirs publics doivent « s’interroger sur l’interopérabilité de ces projets pour les rendre diffusables à grande échelle sur l’ensemble du territoire français ». Ainsi, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, les pouvoirs publics devraient élaborer une « doctrine d’urbanisation » qui leur servirait de « guide ».

    Rapprocher les start-ups des établissements de santé

    Il importe aujourd’hui «  d’identifier, de capter les innovations, de les orienter vers les priorités de santé publique qui ont été retenues au niveau gouvernemental, à l’échelle d’une région ou d’un grand établissement».

    Michel Gagneux souligne l’existence de nombreuses initiatives porteuses d’exemplarité. Rapprocher les établissements de santé et les start-ups est donc « l’une des clés du succès » de la e-santé. A l’exception de quelques initiatives locales jugées pertinentes et efficaces, Michel Gagneux regrette l’absence de dispositifs de mise en relation, adoptés et instaurés collectivement par l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la e-santé.

    Élaborer et adapter les référentiels aux évolutions et usages réels de la e-santé

    L’ASIP Santé s’interroge également sur la « capacité d’agilité » à donner aux cadres régulation de l’innovation pour la rendre possible à grande échelle.

    Michel Gagneux constate que les acteurs de la e-santé rencontrent actuellement des « problèmes d’adaptation » des systèmes et qu’il importe donc à ce titre de développer des moyens d’adéquation des méthodes, pour faire en sorte que les référentiels et normes définis par les pouvoirs publics soient, le plus en amont, compatibles avec l’évolution des usages et des technologies. Lorsqu’ils sont réinterrogés par de nouveaux usages ou des innovations technologiques, ils doivent pouvoir être suffisamment souples pour être réutilisés, adaptés, et retransformés au service des acteurs. L’ASIP Santé réfléchit actuellement à ces enjeux de souplesse des cadres de régulation et des nomenclatures pour accompagner les évolutions de la e-santé.

    Dès le second trimestre de 2018, l’agence proposera pour son cadre d’interopérabilité comme pour la politique de sécurité des données, différentes méthodes et suggestions qui doivent permettre d’accélérer le processus d’élaboration des référentiels et d’adaptation aux enjeux d’usage.

    Améliorer l’accompagnement et la lisibilité des dispositifs de l’écosystème de la e-santé

    Le système est jugé « complexe, au pilotage compliqué », marqué par la segmentation des acteurs et de pôles de responsabilité qu’il est important « d’aligner sur des objectifs prioritaires », selon Michel Gagneux. La dimension d’accompagnement et de lisibilité stratégique constituent deux priorités de l’ASIP Santé. M. Gagneux espère atteindre en 2018 « un seuil significatif d’usage et d’échange par messageries sécurisées de données des établissements de santé et des laboratoires vers les professionnels de ville » et développer des méthodes d’accompagnement, d’information et de conduites du changement auprès des acteurs concernés.

    Élaborer une stratégique politique de long terme pour orienter les investissements vers la e-santé

    Michel Gagneux explique qu’il existe des modalités opérationnelles concrètes à mettre en oeuvre au cours des prochains mois : il s’agit de donner aux acteurs de la e-santé, aux promoteurs de projets et à leurs bénéficiaires, une lisibilité stratégique de long terme et des éléments de politiques stables qui permettront aux acteurs financiers d’investir sur les éléments de la e-santé de demain. L’Etat peut, en concertation avec les acteurs concernés, définir des indicateurs et poser les jalons d’une stratégie de long terme. Il s’agit de rassurer les promoteurs de projets et de bâtir un cadre stable.

    Michel Gagneux propose ainsi de mettre en place une gouvernance durable qui associe plusieurs niveaux : étatique, territorial, et industriel. L’ASIP Santé est par ailleurs en train de réviser un contrat pluriannuel 2019-2021 qui devrait intégrer l’ensemble de ces axes. 

  • Data : 4 lauréats du Datathon sur les données de santé en réanimation co-organisé par l’AP-HP

    Les 4 équipes lauréates et finalistes du Datathon DAT-ICU (Intensive Care Unit), co-organisé par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF), l’Université Paris-Descartes et le Massachusetts Institute of Technology – MIT Critical Data, et s’étant déroulé au Campus Picpus les 20 et 21 janvier 2018, ont été dévoilées le 24 janvier 2018 à l’occasion du Congrès Réanimation 2018 de la SRLF.

    Les équipes internationales composées de professionnels de santé et des spécialistes en science des données ont utilisé les données du Massachusetts Institute of Technology afin de développer des pistes de recherche innovantes.

    Les équipes lauréates et finalistes pourront reproduire leurs approches sur l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP en déposant un protocole au conseil scientifique et éthique associé.

    Un concours international autour des données du MIT

    Plus de 160 participants, une centaine d’experts en science des données, une trentaine de médecins et autant de professionnels associant des compétences médicales et en science des données, se sont réunis au Campus Picpus, à l’hôpital Rothschild, AP-HP pour le Datathon DAT-ICU. Ils sont majoritairement Français (80%), mais également ressortissants d’autres pays européens (12%), des États-Unis, du Canada et du Brésil (5%) ou d’Asie et d’Afrique (3%).

    Qualification et mise en norme des données

    L’objectif du rassemblement – amorcer la résolution de problématiques de recherche médicale en se fondant sur les données dé-identifiées issues de la base de données de réanimation développée par le laboratoire de physiologie computationnelle du Massachusetts Institute of Technology (MIT Critical Data).

    Cette base inclut des données démographiques, des mesures des paramètres vitaux, des résultats biologiques et bactériologiques, des données sur les traitements, des comptes rendus d’hospitalisation et d’imagerie, ainsi que des notes de personnels médicaux. Afin de pouvoir les exploiter à l’occasion du datathon, elles ont été mises dans un format standardisé par les équipes de l’AP-HP.

    Les projets sortis du lot

    Les projets lauréats – SIMI-SEPSIS et DLDIY

    • SIMI-SEPSIS est un projet dont la finalité est l’élaboration de recommandations sur l’intensité du traitement à mettre en œuvre pour les patients en choc septique, grâce à l’exploitation des données issues de l’historique de patients similaires ;
    • DLDIY est un projet ayant trait à la codification des données et leur traitement qu’elles soient structurées ou non. En recourant à une approche originale de réduction de la complexité des données de santé afin de pouvoir exploiter des données textuelles non structurées, mais également des données caractérisées par une dizaine de milliers de paramètres structurés, ils ont mis en place un algorithme permettant de coder automatiquement les diagnostics associés à certains séjours en réanimation et à classifier des groupes de patients de manière non supervisée.

    Les projets finalistes – ACTERREA et ACTIVE LEARNING

    • ACTERREA est un projet visant à permettre de prédire les épisodes d’instabilité hémodynamique (circulation sanguine en mouvement dans le système cardio-vasculaire) dans les 14 heures après l’admission en réanimation. L’équipe qui a œuvré sur ce thème a mis au point une combinaison de plusieurs modèles d’apprentissage machine qu’elle a appliquée aux données recueillies au cours des 2 premières heures suivant l’admission des patients ;
    • ACTIVE LEARNING est un projet d’apprentissage actif dont la finalité consiste dans la capacité d’annoter des données non structurées tout en minimisant les ressources d’annotation manuelles nécessaires. L’équipe qui a mis au point le projet a utilisé a illustré sa portée avec un exemple d’annotation d’un antécédent médical d’hypertension.

  • Amazon, Berkshire Hathaway, JP Morgan fondent une entité indépendante pour assurer leurs employés

    Amazon, Berkshire Hathaway et JP Morgan Chase ont annoncé, le mardi 30 janvier 2018, la création d’un partenariat en vue de fonder une entité indépendante spécialisée dans la délivrance de services assurantiels et de prestations de santé à destination de leurs employés et de leurs familles.

    Les informations communiquées par les trois entreprises ne dévoilent pas davantage le projet. Celles-ci ont toutefois déclaré vouloir délivrer des soins modernisés et innovants, à moindre coûts.

    Cette annonce illustre une évolution récente mais néanmoins rapide de l’industrie du marché de l’assurance américain. En décembre 2017, l’entreprise CVS Health annonçait le rachat de l’assureur Aetna, une transaction d’un montant de 69 milliards de dollars.

  • Big data : la start-up Saagie lève 5 millions d’euros pour se développer à l’international

    Saagie, start-up rouennaise spécialisée dans le big data (analyse de données à large échelle) et l’IA, a annoncé avoir bouclé une levée de fonds le 25 janvier 2018.

    5 millions d’euros ont été levé, principalement apportés par C.Entrepreneurs (fonds de capital-risque de BNP Paribas Cardif géré par Cathay Innovation) et la Caisse d’Épargne.

    La levée de fonds doit permettre à la start-up de développer les services proposés et accélérer son développement à l’international et notamment aux États-Unis. Une deuxième levée de fonds est annoncée courant 2018, mais le montant de celle-ci n’est pas connu.

    Elle développe des applications dans différents domaines dont la santé.

    3 ans d’existence et 9,2 millions levés

    La start-up a été créé en 2013 sous le nom de Creative Data. Accélérée par Bpifrance, ce sont d’abord les CapHorn Invest, BNP Paribas Développement et Matmut, aux côté des business angels à l’instar d’Eric Boustouller et Bertrand Cariou, qui ont investi et soutenue la levée de fonds opérée par la start-up fin 2016.

    Saagie dispose d’une équipe de 60 employés met en place des solutions personnalisées aux entreprises issues de différents secteurs.

    Solution reposant sur le deep learning ou apprentissage profond

    Saagie propose aux entreprises d’externaliser leur analyse de données. Elle se charge de les collecter et de les analyser grâce à un traitement par algorithmes avant de restituer les résultats aux clients.

    Le processus se déroule sur une plateforme big data Saagie disponible sur le cloud ou sur les serveurs des clients. Elle utilise également des applications métiers spécifiques rendant l’analyse personnalisée.

    Saagie collabore déjà avec des clients du secteur de la bancassurance en proposant notamment de la « customer intelligence » contribuant à la création d’offres adaptées à chaque client. À noter qu’en juin 2017, Saagie a remporté le hackathon organisé par une filiale de BNP Paribas, Bank of the West, sur la thématique de l’ouverture d’un compte et du parcours client.

    Saagie propose des services de smart city également avec ses prestations d’analyse automatique en temps réel et de classement d’images – elle collabore avec la Mairie de Paris sur un projet de maintenance prédictive de l’éclairage public afin de prédire la probabilité de panne d’un composant électrique à une date donnée.

    La start-up a également des projets dans le secteur de la défense, mais propose aussi de l’analyse automatique dans le secteur de la santé par le biais de l’analyse d’images de scanner.

    Ambitions

    Saagie, avec à sa tête, Arnaud Muller, PDG-fondateur, a quatre axes de développement :

    • agrandir l’équipe en doublant les effectifs actuels d’ici fin 2018 ;
    • renforcer son offre : le directeur général de Saagie, Jérôme Trédan, ancien directeur des ventes du marketing PME de Microsoft France souhaite intégrer la solution cloud de l’offre de Saagie disponible sur un cloud souverain de la start-up aux plateformes cloud d’Amazon, d’Azure et de Google ;
    • accélérer son développement à l’international : la start-up dispose déjà d’un bureau San Francisco et vise une implantation à New-York ainsi que la création de deux filiales en Europe dont une au Royaume Uni ;
    • une troisième levée de fonds est prévue courant 2018.

  • Réviser le modèle des CHU pour y encourager la recherche et la formation (Cour des comptes)

    Le 18 janvier 2018, la Cour des Comptes rendait public une enquête finalisée en décembre 2017 consacrée au « rôle des CHU dans l’enseignement supérieur et la recherche médicale », réalisée à la demande de la Commission des affaires sociales du Sénat. 

    Ce rapport constitue le premier volet d’une série de deux études, la première visant à « analyser les conditions dans lesquelles les CHU accomplissent leurs missions d’enseignement supérieur et de recherche médicale au regard des objectifs des politiques publiques correspondantes et des financements qui leur sont attribués ». Le second volet, dont la date de publication est fixée en novembre 2018, examinera « dans quelle mesure les CHU contribuent, dans le contexte de la mise en place des (…) GHT, à une gradation optimale de l’offre de soins au plan territoriale ».

    Institués par une ordonnance du 30 décembre 1958, les centres hospitaliers universitaires (CHU) sont des établissements de santé liés par convention avec une université et investis d’une triple mission de soins, de formation et de recherche scientifique. On dénombre 30 CHU en France, dotés cumulativement de 70 603 lits et accueillant 5,6 millions de séjours et consultations médicales.

    Si l’organisation hospitalo-universitaire « a atteint ses objectifs de soins de haut niveau, de développement de la recherche et de professionnalisation de la formation des médecins », selon la Cour des Comptes, un examen approfondi de cette organisation « montre un essoufflement du modèle » en matière de recherche et de formation, « dans un contexte en forte évolution ». 

    « Un modèle en voie d’essoufflement »

    Un exercice inégal des trois missions dévolues au CHU aux dépends de la recherche et de l’enseignement

    La Cour des Comptes constate que la mission de soins l’emporte sur la recherche et l’enseignement. Ce déséquilibre est imputable à plusieurs facteurs : une coordination imparfaite entre les CHU et leurs universités de rattachement, des liens ténus entre partenaires institutionnels (CHU, universités, INSERM, CNRS, groupement inter-régionaux de recherche clinique et d’innovation), des publications scientifiques en nombre croissant mais néanmoins insuffisant, l’absence de poste hospitalo-universitaires titulaires, notamment MCU-PH dans de nombreuses universités de région. Le paysage hospitalier français est marqué par de fortes « disparités » entre CHU. L’AP-HP ou les Hospices Civils de Lyon ne sont par exemple pas affectés par ce défaut de coordination ou cette érosion du nombre de publications scientifiques.

    Un mode de financement de la recherche encore « imparfait »

    Pour exercer leur mission de recherche, les CHU sont essentiellement financés par les crédits MERRI provenant de l’assurance maladie (d’un montant total de recettes MERRI de 3,5 Md d’euros en 2016). Ce mode de financement des activités de recherche est toutefois ouvert à toutes les catégories d’établissement et s’avère désormais « fortement concurrentiel ». D’après la Cour, il présente de nombreux inconvénients : il « entraîne une dispersion des crédits et une érosion régulière du financement des CHU ». Les effets de mise en place d’un nouveau mode de financement de la recherche biomédicale à travers les instituts hospitalo-universitaires (IHU), qui vise à pallier les insuffisances du modèle, s’avèrent insuffisants. La Cour relève en effet que « les six IHU créés depuis 2010 représentent des outils intéressants de dynamisation de la recherche biomédicale (…) mais la création de structures juridiques autonomes a induit une complexité de gouvernance ».

    Les coûts de l’intégration des innovations technologiques à la formation des futurs médecins

    La Cour constate que la mise en place de nouvelles pratiques pédagogiques fondées sur le numérique et la simulation s’est avérée nécessaire mais « coûteuse ». Les nouveaux outils de la pédagogie médicale (dispositifs de simulation, par exemple) représentent des investissements coûteux.

    « Le coût des nouveaux outils d’enseignement, en investissement et en fonctionnement, incite les acteurs de la formation pratique à rechercher des mutualisations (..). Une organisation fondée sur la complémentarité des sites est nécessaire et devrait être vivement encouragée sur une base inter-régionale (…) ».

    Cette mutualisation peut prendre la forme d’un usage partagé en CHU ou de financements communs.

    Recommandations formulées par la Cour des Comptes pour revitaliser le modèle des CHU

    Orientation n° 1 en matière de recherche 

    La Cour des Comptes préconise prioritairement de « concentrer les moyens sur des pôles de recherche à visibilité internationale« .  Il s’agirait, dans le domaine de la recherche biomédicale, de favoriser l’émergence de cinq à dix CHU d’envergure internationale en leur confiant une responsabilité de tête de réseau sans pour autant leur donner le monopole de l’activité de recherche. Cela suppose notamment : 

    • d’accroître la part des recettes MERRI réservée au financement des appels à projets et des structures de recherche ;
    • modifier les modalités d’affectation des recettes MERRI selon des critères redéfinis par la Cour ;
    • déterminer un mode de calcul des surcoûts de recherche et d’enseignement commun à tous les établissements de santé sur la base du temps médical ou de critères prédéfinis.

    Orientation n° 2 en matière de gouvernance nationale

    La Cour recommande d‘améliorer le pilotage national des activités hospitalo-universitaires en mobilisant les leviers suivants : 

    • présenter l’ensemble des crédits budgétaires et extrabudgétaires, des dépenses fiscales et des emplois affectés à la recherche biomédicale et à la formation initiale des médecins dans une annexe commune à la LF et à la LFSS ;
    • redéfinir et inscrire les priorités stratégiques de la recherche biomédicale dans un plan de programmation de la recherche en santé sous l’égide de l’alliance AVIESAN ;
    • rénover le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) en plaçant l’appel à projets inter-régional (jeunes chercheurs) dans le PHRC national, en confiant à l’ANR la gestion des appels à projet, en demandant au Haut Conseil de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCRES) de l’évaluer périodiquement.
    • organiser les parcours de formation à partir des CHU vers la médecine de ville ;
    • renforcer l’évaluation des formations médicales, en y incluant les formations pratiques et des internes.

    Orientation n° 3 : Renforcer la coordination stratégique des acteurs au niveau régional et local

    • définir au niveau régional un cadre de coordination des actions de recherche associé CHU, universités, organismes nationaux de recherche, etc. et renforcer leur coordination ;
    • déterminer des objectifs relatifs à la formation et à la recherche à travers les contrats de pôle hospitalo-universitaire.

    Orientation n°4 : Mettre en place un suivi de l’activité des personnels hospitalo-universitaires

    • définir leurs obligations de service dans un cadre contractuel ;
    • les évaluer périodiquement sur toutes leurs missions, y compris managériales.
  • Handicap : Lancement du Challenge Santé et Autonomie de la Fondation Hopale dans les Hauts-de-France

    La Fondation Hopale, acteur de la prise en charge du handicap basé dans les Hauts-de-France, a lancé le 25 janvier 2018 un appel à l’innovation, le « Challenge Santé & Autonomie » où tous les acteurs du territoire sont appelés à participer, de la start-up, aux citoyens en passant notamment par les étudiants.

    L’objectif de ce challenge est de faire naître de nouveaux projets pour envisager la santé de demain autour des thématiques suivantes :
    • La mobilité ;
    • Les usages du numérique en rééducation ;
    • Le développement de nouveaux services et modes de prises en charge ;
    • La coordination du parcours patient ;
    • Le re-design de la relation patient et aidant ;
    • Le retour et le maintien dans l’emploi.

    Le challenge est ouvert jusqu’au 28 février 2018 sur la plateforme dédiée (lien ci-contre).

    Les candidats retenus par le jury participeront au Hackathon les 17 et 18 mars 2018 à Berck-sur-Mer.

    Pourquoi un Hackathon Santé & Autonomie ?

    Grâce à son laboratoire d’innovation ouverte et sa politique qualité, la Fondation Hopale souhaite innover dans son offre de services, la qualité de prise en charge, ses produits et équipements, ses processus cliniques, sa culture et son management.

    Depuis 2 ans, la Fondation Hopale accélère le déploiement de nouvelles solutions en santé et autonomie avec son écosystème de partenaires pour améliorer la qualité de vie des patients pendant et au-delà de leur hospitalisation.

    Le format dynamique du Hackathon, auquel participeront les candidats retenus, permettra d’une part, de connecter les énergies, de solliciter l’intelligence collective pour partager les idées innovantes, de faciliter la mise en œuvre rapide des projets et d’autre part, de créer l’opportunité d’un tremplin pour les start-ups et autres candidats.

    Une initiative largement soutenue par les Hauts-de-France

    L’évènement intègre une forte dimension régionale grâce à des partenariats noués avec de nombreux acteurs régionaux – notamment les pôles de compétitivité et d’excellence – et mobilisera un large panel d’écoles et universités des Hauts de France.

    Ce hackathon, financé à 80 % par la région via le dispositif INS’pir et le programme Leader, dispose d’un fort potentiel d’innovations médicales, sociales, territoriales, d’efficacité de développement économique, et de création d’emplois.

    Un challenge ouvert aux starts-ups mais pas seulement

    Le Hackathon Santé et Autonomie est un concours à destination des professionnels de santé, start-ups, particuliers, étudiants, freelances, designers, usagers, informaticiens, ingénieurs…

    A l’issue du challenge, les organisateurs analyseront les candidatures du 1er au 9 mars 2018 pour retenir les 8 candidatures dans la catégorie « start-ups » et les 12 équipes de la catégorie « Candidats libres » qui participeront au hackathon.

    Celui-ci se tiendra à Berck-sur-mer durant 2 jours, pendant lesquels les candidats seront accompagnés et soutenus par l’équipe projet, des experts de la Fondation Hopale et des partenaires afin de développer, finaliser ou adapter leur idée ou solution.

    Les trois projets vainqueurs issus de la catégorie « Candidats libres » se verront remettre des prix sous forme de cadeaux d’une valeur totale de 7 000 €.

    Les 3 lauréats de la catégorie « Start-ups » auront l’opportunité d’accéder aux incubateurs et accélérateurs régionaux (Plaines image, CITC, Eurasanté, Uptex, ClubsterSanté) afin de concrétiser leurs projets et de réussir leur implantation dans le secteur de la santé.

  • « Financer ses projets innovants en santé », le 14 février 2018, à Paris

    Face à l’ensemble des dispositifs de soutien à l’innovation accessibles aux acteurs de la santé, Medicen Paris Région, Bpifrance et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) proposent de dresser un panorama de ces aides. Les présentations seront accompagnées d’exemples concrets et expliqueront comment utiliser ces dispositifs.

    Programme :

    • 9h : Accueil café
    • 9h30 : Introduction sur l’accompagnement Medicen vers les différents types de financements – Karine Valeille
    • 9h45 : Présentation ANR – Matthieu Levi-Strauss
    • 10h15 : Présentation Bpifrance – Rosalie Maurisse et Aicha Douhou

    Pause café

    • 11h15 : Présentation DGOS
    • 11h45 : Présentation EIT Health – Anaïs Delicourt
    • 12h15 : Présentation AP-HP, Accompagnement des projets de recherche collaborative et de recherche clinique à l’AP-HP – Elisabeth Guillaume

    Participation gratuite, sur inscription via ce lien 

  • « Il faut utiliser les nouvelles technologies pour remodeler l’offre de soins » (Alexis Normand)

    Alexis Normand est directeur du développement des objets connectés pour la santé pour la branche santé digitale de Nokia. Auparavant, il occupait des fonctions dans le conseil en politique publique sur des réformes de santé. Son livre La révolution de la e-santé (Ed. Eyrolles, 2017) propose un panorama de la révolution numérique en santé et s’attache  à en analyser les implications sociétales, économiques, politiques et éthiques.

    S’il admet que la santé numérique peut être utilisée pour le meilleur (éradiquer les maux dont souffrent les plus démunis) comme pour le pire (au profit d’idéologies totalitaires), l’auteur appelle à une éthique de la modération, une voie médiane à définir dans l’action.

    Ce livre est « un appel à l’aventure scientifique, à l’expérimentation audacieuse des possibilités ouvertes par l’innovation, écrit-il. C’est une ode à la transformation. Nous ne domestiquerons les monstres technologiques qu’en avançant avec vigilance. Le débat public est l’instrument nécessaire de cette vigilance, à condition de permettre cette exploration collective. »

    Enfin, l’une des craintes d’Alexis Normand est de voir la France, pionnière des nouvelles technologies, rater sa révolution sanitaire par conservatisme ou excès de prudence.

    Pour en savoir plus sur cet ouvrage et sur les idées d’Alexis Normand, H&Ti est allé à sa rencontre.

    Vous travaillez dans le secteur des objets connectés. Pourquoi avoir eu envie d’écrire ce livre  ?

    C’est en voulant écrire un livre sur l’impact sociétal du vieillissement que je me suis intéressé aux technologies qui allaient permettre de vivre plus longtemps. C’est comme ça que j’ai rencontré les fondateurs de Withings (devenue Nokia Health). Ils m’ont offert la possibilité de sortir de la théorie et de travailler effectivement à l’intégration des objets connectés dans le système de santé, pour permettre d’être prévenu à l’avance d’un éventuel événement de santé. En interagissant avec les professionnels de santé et les régulateurs, j’ai été frappé du poids des débats éthiques, et de la nécessité d’expliquer le cadre pour permettre une réelle adoption. Ce livre a été écrit pour tenter de sortir des postures caricaturales et donner les clés du débat au grand public comme aux acteurs du système de santé. En apportant un éclairage sur les nouveaux modèles de e-santé de chaque côté de l’Atlantique, j’ai voulu contribuer à une prise de conscience. Je l’ai écrit, enfin, par crainte de voir la France, pionnière des nouvelles technologies, rater sa révolution sanitaire par conservatisme ou excès de prudence.

    Le sous-titre est « Prévenir plutôt que guérir ». Vous pensez que le grand public n’est pas encore assez préparé à ce changement de paradigme ? Mal préparés, à quoi s’expose-t-on ?

    Le public est plus que prêt, et la reprise d’une expression familière illustre au contraire l’acceptation très large du principe de la prévention. En revanche, la médecine et le système de santé, eux, ne sont pas prêts à basculer rapidement d’un modèle « à retardement », où l’on vous traite toujours au moment d’une crise, où l’on finance en fonction de la quantité d’actes, à un modèle de détection précoce et de financement sur résultats. D’une certaine manière, les technologies sont en avance sur les modèles de financement, qui peuvent être complexes à mettre en oeuvre à l’échelle d’un pays. Mais le coût des technologies, jusqu’ici, empêchait une adoption large. Or, l’ubiquité des smartphones et la baisse du prix des capteurs permets d’envisager un déploiement plus large, car le coût d’implémentation devient plus faible que les bénéfices médico-économique attendus pour certaines pathologies. Le régulateur français l’a compris, par exemple avec la généralisation d’une expérimentation visant à financer le suivi à distance, avec des balances connectées, de patients souffrant d’insuffisance cardiaque. 

    Si on ne se prépare pas, le risque est double. C’est une perte de chance pour des patients qui auraient pu être traités plus vite avec moins de conséquences irréparables. C’est aussi un risque industriel, si la France n’avance pas plus vite et laisse d’autres pays développer ces nouvelles technologies et mûrir des modèles sur leurs marchés nationaux pour ensuite nous les imposer.

    Il y a un enjeu de souveraineté à contrôler une technologie critique pour la santé d’une population, qui plus est, productrice de données sensibles.

    Certaines phrases de votre livre sont terrifiantes : « Si la e-santé laisse espérer l’avènement d’une nouvelle ère de la prévention, elle nous menace aussi de servitude face aux maîtres de la donnée numérique ». Faut-il avoir peur ?

    La peur n’est utile que si elle pousse à agir dans le bon sens. Il ne faut pas avoir peur, car la France et l’Europe se sont dotés d’un cadre juridique très protecteur sur les données personnelles, et particulièrement pour la santé. Le RGPD, qui entre en vigueur en mai 2018, impose de nouvelles obligations aux plateformes.

    J’ai plus peur de la marginalisation économique de l’Europe, qui serait empêchée d’innover, que de l’abus des plateformes. Les principes de protection des données doivent être clairs et fermes, mais le régulateur doit se montrer pragmatique pour permettre à des champions d’émerger sans incertitude juridique. A trop vouloir se protéger des GAFA, on risque d’handicaper le tissu numérique européen.

    Pourquoi changer de modèle ? L’actuel, et notamment le modèle Français, ne convient-il/ ne suffit-il pas ?

    La perception générale selon laquelle les Français jouissent d’un des meilleurs systèmes de santé au monde rend aveugle à ses insuffisances en matière de prévention. Certes, l’espérance de vie est parmi les plus élevées du monde, à 82,3 ans contre une moyenne de 80,5 ans pour l’OCDE. Le satisfecit est trompeur, car l’espérance de vie en bonne santé « sans incapacité » stagne en France à un niveau médiocre depuis 2010, à 63,5 ans pour les femmes et à 61,9 ans pour les hommes. C’est un écart de presque dix ans avec la Suède ! L’accès relativement égalitaire aux soins n’excuse pas le fait qu’on vive en France presque 20 ans avec une incapacité importante.

    Vivre plus longtemps mais malade finit  par avoir un coût, qu’il faut contenir sans sacrifier la qualité des soins. Le régime des ALD représente 60% des dépenses de l’Assurance Maladie. Il s’étend plus rapidement que la prévalence des maladies chroniques qu’il est censé rembourser. On peut s’attaquer au problème de façon comptable. On peut aussi utiliser les nouvelles technologies pour remodeler l’offre de soins. Cela impliquera de faire du médecin le pilote du parcours de soins, en acceptant le transfert des tâches vers d’autres acteurs : assistants médicaux, infirmiers et pharmaciens, et patient.

    Vous écrivez que la plupart des adeptes de la santé connectée sont aujourd’hui des personnes en bonne santé, avec des usages sportifs et récréatifs qui prédominent. Quand pensez-vous que les « seniors malades » se les accapareront ?

    Les seniors s’accaparent déjà ces technologies, mais comme ils en sont plus éloignés, il est nécessaire d’avoir un encouragement, voire une prescription médicale pour faciliter l’adoption. Pour réduire les inégalités de santé, qui sont bien sûr générationnelles, il est également nécessaire d’envisager une prise en charge par la collectivités des solutions qui ont fait leur preuve.

    La santé connectée vise à faire gagner du temps, réduire les erreurs ou les oublis de dosages, et éviter une visite ou un déplacement qui n’est pas pratique, l’adoption sera là.

    Selon vous, en plus des objets permettant le suivi du diabète, de la tension artérielle ou de la fréquence cardiaque, il est  possible désormais de diagnostiquer une otite ou un début de glaucome ! Du coup, estimez-vous que l’on entre dans une ère d’extinction programmée de la médecine et des médecins ?

    Il ne peut pas y avoir d’extinction du médecin, car on ne soigne pas seulement une maladie d’un point de vue mécaniste, comme un moteur cassé, mais surtout la personne qui souffre. Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’avec Internet, les smartphones et les objets connectés, les professionnels perdent leur monopole sur l’information de santé. Les plateformes libèrent des coûts transactionnels, l’information imparfaite et la distance géographique, grâce à leur maîtrise des bases de données, des moteurs de recherche et leur connaissance des usagers. Elles facilitent les prises en charge distance, notamment pour le suivi des maladies chroniques dont les traitements sont standardisés. Elles permettent une délégation de tâches du médecin vers d’autres acteurs ; pharmaciens, paramédicaux… Le patient est promu expert de sa santé. Mais le médecins va garder son rôle d’expert, d’ingénieurs, et de thérapeute.

    La e-santé telle qu’elle se préfigure, s’agit-il réellement de médecine ?

    Pas forcément. C’est beaucoup plus large, car de nouveaux territoires s’ouvrent hors de la médecine. Le numérique offre la possibilité de déployer à faible coût des plateformes numériques de dépistage, qui agissent comme tiers de confiance, et permettent aux usagers d’identifier leurs risques. Elles récompensent les bonnes pratiques, notamment en intégrant les données d’objets connectés, vecteur d’engagement effectif. Ces plateformes ouvrent de nouveaux territoires de santé, notamment dans les entreprises, amenées à faire de la prévention et de la santé publique. C’est le marché du corporate wellness, déjà mature aux Etats-Unis, où les entreprises investissent pour réduire les coûts de santé avec des retours sur investissement à court terme (absentéisme, productivité…).

    Vous consacrez un chapitre à des comparaisons entre ce qui se passe en Europe et aux États-Unis en matière de e-santé, de partage des données, etc. Pouvez-vous synthétiser votre pensée ?

    Les Etats-Unis et l’Europe ont une conception très différente du statut de la donnée de santé. Pour les Américains, toute personne est libre de disposer de ses données, et peut entrer dans une relation contractuelle avec une institution (un organisme de santé, un assureur) qui disposera comme il veut de ces données pourvu que le contrat est respecté. A l’inverse, l’Europe impose des limites au consentement en raison de principes d’ordre public. L’arsenal juridique européen – et c’est particulièrement le cas en droit Français – tend à considérer que l’individu n’est pas suffisamment autonome pour disposer librement de ses données, parce qu’il ne connaît pas parfaitement son intérêt. C’est la conception défendue par la CNIL, qui s’estime en droit d’interdire à quelqu’un l’usage de ses propres données. Elle prend cette décision en restreignant la portée de certains services, qui traiteraient des données que leurs utilisateurs accepteraient pourtant de partager. La CNIL, avant d’autoriser un tel service, va examiner si l’usage des données n’est pas superfétatoire au regard de ce qui est nécessaire pour assurer la finalité du service. La différence de sensibilité entre les Etats-Unis et l’Europe se mue en affrontement économique. D’un côté, le Vieux Continent s’avère incapable de faire croître des champions numériques. Faute de savoir monétiser les données à la source, nos gouvernants imposent des règles légitimes, très protectrices, mais qui représentent également une sorte de «  taxe » sur le numérique ciblant en priorité les GAFA. Les Etats-Unis, eux, s’avèrent incapables d’éviter les abus de confiance.

    Pouvez-vous nous parler de Google X/Verily qui ambitionne de « révolutionner la médecine » ? Il semble que son objectif est de mettre au point des logiciels ou des IA qui dicteraient les prescriptions ? C’est-à-dire ?

    Dans la santé, Google X a lancé en 2015 le « Baseline Project », qu’on pourrait traduire littéralement par « projet de référence ». Cette entreprise, lancé en partenariat avec l’Université de Duke et l’Université dite de la Singularité, vise à numériser entièrement le corps d’individus sains, afin que des supercalculateurs puissent modéliser le vivant dans son fonctionnement « normal ». Cette modélisation de la bonne santé elle-même, qui se veut aussi exhaustive que possible doit servir à une meilleure compréhension de la maladie, en vue d’améliorer la portée des traitements par un retour à l’équilibre. C’est l’alliance du Big Data, c’est-à-dire la capacité à traiter des méga-données en laissant les machines elles-mêmes formuler des hypothèses, et de la médecine intégrative, qui consiste à adopter une approche globale de la maladie, par opposition ciblé sur un organe ou une pathologie. Porté par des penseurs transhumanistes comme Ray Kurzweil, qui dirige cette branche de la R&D de Google, l’ambition du projet est immense ; percer les secrets de la maladie et œuvrer à l’immortalité du corps, augmenter l’humain pour maximiser son potentiel.

    L’un de vos chapitres s’intitule « Réinventer l’hôpital numérique ». A quoi faites-vous allusion ?

    Les outils digitaux peuvent aider les hôpitaux à repousser le traitement d’urgences hors les murs, pour mieux répondre aux attentes, trier et optimiser les soins. Cette évolution vers plus de suivi à distance, de soins à domicile et de chirurgie ambulatoire pourrait s’opérer en deux phases à partir de la situation actuelle, qui est celle d’une hypercentralisation : toutes les tâches médicales sont concentrées au sein d’une structure, du traitement d’urgence, jusqu’aux diagnostics et prises en charge les plus spécialisées par départements. Dans une première phase de transformation, un principe de subsidiarité doit conduire l’hôpital à coordonner un ensemble de services décentralisés et spécialisés, notamment sur la prise en charge préventive des maladies chroniques et des soins aux personnes âgées. La spécialisation fera croître la productivité et l’efficacité médicale. Enfin une phase d’extensions des soins à domicile et d’ambulatoire, transformerait l’hôpital en hub de coordination, gardant en son sein les interventions d’urgence, en fonction de la remontée des données, et la médecine interne pour les interventions spécialisées, et la recherche.

    Dans cette vision, la veille sanitaire et la coordination du parcours de soins seraient assurées en grande partie par l’hôpital, qui devra créer en son sein des cellules de veille numérique peuplée de biostatisticiens. A mesure que le suivi des patients se digitalise, une nouvelle catégorie de professionnels de santé va monter en puissance, voire une nouvelle spécialité médicale, celle des scientifiques de la donnée, « data scientists » ou biostatisticiens, capables d’identifier dans les grandes séries longitudinales, non seulement les facteurs de risques, mais aussi les cibles prioritaires d’interventions préventives.

    Vous écrivez, enfin, que le Big data ouvre de nouveaux champs à l’épidémiologie. En quoi ?

    La digitalisation a crée d’immenses bases de donnée en santé. La France a des atouts considérables dans ce domaine  ; 90% des données de santé y sont numérisées par l’Assurance Maladie au sein du Sniiram. L’analyse de ces données permettrait de mesurer concrètement la réalité des soins sur le territoire, et avec elle, les disparités de santé, les usages et les corrélations entre morbidités, associés ou non à la délivrance de tel ou tel traitement. Les perspectives de santé publique sont vertigineuses. On estime par exemple que le scandale du Médiator aurait pu être évité si des analyses préventives avaient été mises en œuvre. 

    La santé connectée peut-elle réellement apporter une optimisation médico-économique ? Ne risque-t-on pas, avec l’informatisation de la santé, de voir augmenter les dépenses au lieu de dégager des gains de productivité en soignant mieux et à moindre coût ?

    C’est un risque. C’est un nouveau paradoxe de Solow, appliqué au secteur de la santé. Ce paradoxe est formulé par le prix Nobel d’économie du même nom. Il écrivait en 1987 : On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Il soulignait le fait que malgré la promesse d’efficacité accrue, les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’auraient pas eu autant d’impact sur l’ensemble de l’économie que les précédentes révolutions industrielles, qui, elles ont dégagé d’importants gisements de productivité, eux-mêmes à l’origine de cycles longs de croissance. 

    On peut prédire un phénomène semblable dans le secteur de la santé, avec, dans un premier temps, des investissements lourds pour les structures hospitalières les plus agiles. Les cliniques privées déjà spécialisées dans des actes médicaux répétitifs seront vraisemblablement pionnières. A l’inverse, les structures hospitalières généralistes auront beau introduire ces nouvelles technologies, elles n’en tireront qu’une faible optimisation médico-économique si cela n’induit pas une réorganisation des ressources humaines.

    On mesurera donc le coût de ces effets avant de voir effets sur la productivité. La rigidité des organisations hospitalières, souvent régies par les réglementations, peut faire durer cette transition plus longtemps encore que l’acquisition d’outils informatiques par les entreprises à partir des années 1980. En France, la tendance à la centralisation administrative de l’hôpital, gérée par décret sous la tutelle des ARS, laisse prévoir une période longue d’acquisition des technologies numériques.  

    En attendant, les acteurs de la santé américains investissent dans de nouvelles solutions. Il se construit aux Etats-Unis une industrie puissante de plus en plus intégrée. Pour la France, l’enjeu n’est plus seulement l’amélioration de la qualité des soins, mais l’émergence d’une filière technologique d’excellence. Cela devient même une question de souveraineté, car déléguer l’innovation technologique conduirait inévitablement à la gestion de l’ensemble des données par des acteurs américains, comme c’est largement le cas pour l’Internet.