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  • Nokia entame une revue stratégique de son activité de santé numérique

    L’entreprise Nokia a annoncé le mercredi 14 février 2018 le lancement d’une revue stratégique de son activité de santé numérique, pouvant conduire ou non à une « transaction ou d’autres changements », a déclaré Nokia dans un communiqué de presse.

    La santé numérique fait actuellement partie de son unité Nokia Technologies. L’entreprise précise que ses brevets, partenariats en matière de marque et ses filiales de licence technologique ne seraient pas affectés par l’examen stratégique. Nokia avait procédé au rachat en 2016 de la start-up française Withings pour un montant total de 170 millions d’euros, dans le but de s’implanter sur le marché des objets connectés en e-santé.

    Nokia a également annoncé la suppression de 425 postes en Finlande (sur un total de 6 300 employés du groupe présents dans ce pays), dans le cadre du plan d’économies de 1,2 milliard d’euros annoncé à la suite de l’acquisition en 2016 de son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent.

  • Ethik-IA propose de reconnaître la RSE digitale dans le numérique, l’IA et la robotisation en santé

    Après une première conférence de presse organisée à Paris le vendredi 19 janvier 2018, à laquelle H&TI a participé, Ethik-IA publie une note de cadrage le vendredi 16 février 2018 appelant à la reconnaissance de la RSE digitale. 

    Initiative citoyenne et universitaire, Ethik-IA entend jouer un rôle moteur dans la définition d’un cadre juridique de déploiement de l’intelligence artificielle et de la robotisation en santé. Elle présente dans sa note de nouvelles formes de RSE associées au numérique, à l’IA et à la robotisation dans le secteur sanitaire et médico-social.

    Accompagner l’adaptation des métiers impactés par l’IA et la robotisation en santé

    Lors d’une conférence de presse organisée le vendredi 19 janvier 2018 – dont H&TI a rédigé le compte-rendu – les membres d’Ethik-IA ont présenté l’initiative Ethik-IA dont la finalité première est de « réguler positivement les innovations » dans champ de la santé et du médico-social.

    Cette initiative se fonde sur un constat bien précis : si un nombre croissant d’acteurs de santé (médecine de ville, hôpitaux) s’équipent de robots utilisant l’intelligence artificielle et autres dispositifs innovants, ce mouvement d’innovation n’est pas encore accompagné par un effort de définition d’un cadre de régulation.

    Ces ruptures technologiques sont par ailleurs susceptibles d’impacter les métiers des secteurs sanitaire et médico-social. Ethik-IA propose ainsi de « définir les bases d’une méthodologie d’évaluation des effets majeurs – déjà en cours ou à venir – de ces ruptures technologiques sur les ressources humaines sanitaires et médico-sociales ». L’initiative publiera un document de cadrage sur le sujet dans le courant du mois d’avril 2018.

    L’initiative engagera au cours du mois de février 2018 un appel à commentaires sur un modèle de norme de synthèse. Cinq « clés de régulation » seront précisées dans le document de synthèse. La quatrième clé porte sur l’accompagnement de l’adaptation des métiers. La note de cadrage publiée par Ethik-IA le 16 février 2018 préconise d’ores et déjà de réinjecter les « gains d’efficience » issus du déploiement de l’IA et de la robotisation dans le financement de la formation des professionnels impactés.

    De nouveaux modes d’exercice de la responsabilité sociale d’entreprise 

    « Dans ce contexte, l’investissement dans la régulation du déploiement de l’IA et de la robotisation doit pouvoir être reconnu comme une nouvelle forme d’exercice de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE). Le choix d’investir dans un cadre responsable de recours à l’IA et à la robotisation s’inscrit, en effet, directement dans une logique de développement durable au sens large ».

    La notre de cadrage décrit les déclinaisons possibles de cette nouvelle forme de RSE associée au numérique, à l’IA et à la robotisation : 

    • engager des actions de sensibilisation des salariés aux enjeux du numérique ;
    • adapter des outils de formation et de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ;
    • participer, dans le cadre de régimes de mécénat ou de contributions volontaires, au financement de dispositifs d’intérêt général contribuant à l’adaptation de l’ensemble de la société au « fait numérique » ;
    • développer des dispositifs de self-compliance et de certification volontaire pour s’assurer du caractère éthique et responsable de l’engagement d’un acteur socio-économique.

    Les modalités de déploiement de ce nouveau champ de la RSE sont donc multiples. Ethik-IA entend participer au débat organisé dans le cadre des États-généraux de la bioéthique et favoriser l’avènement de ce nouveau mode d’exercice de la RSE.

  • CNOM : la télémédecine des mutuelles est une rupture concurrentielle dans l’organisation du soin

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) s’inquiète d’une potentielle « ubérisation des prestations médicales » – tel est un des points principaux qui ressort d’un rapport publié sur le site de l’Ordre le 14 février 2018.

    L’Ordre exprimes ses inquiétudes et ses interrogations :
    • une concurrence par les plateformes de télémédecine privées et leur soustraction aux obligations réglementaires et déontologiques appliquées aux autres pratiques médicales ;
    • le statut de cette pratique remettant en cause le rôle des acteurs de l’écosystème et appelant à une révision et actualisation du décret sur la télémédecine de 2010 ;
    • la nécessité d’une réponse politique rapide.

    Par la même occasion, le Cnom a salué les propositions de changement annoncées par le gouvernement le 13 février 2018, auxquelles il adhère globalement étant donné qu’il en avait déjà formulé une partie au cours de son travail.

    Accompagner, mais encadrer le déploiement de la télémédecine

    Concernant la télémédecine, l’Ordre rappelle maintenir la position exprimée par les médecins dans le cadre de la grande consultation menée par l’Ordre des médecins en 2015, dont la majeure partie s’était déclarée défavorable à l’ouverture de la protection sociale à la concurrence assurantielle et pour un système « piloté par l’État et l’Assurance maladie » dans lequel des acteurs privés, qui ne sont pas des offreurs direct de soins, peuvent avoir un rôle complémentaire dans le remboursement financier des actes médicaux. 

    L’Ordre réaffirme qu’il doit y avoir une porte d’entrée unique dans le système de soins garantissant le respecte du principe de solidarité.

    Tout en saluant la rémunération pérenne de la téléconsultation et de la télé-expertise inscrite dans la LFSS de 2018 et en encourageant toute forme d’exercice médical rendu possible par la e-santé et présentant un bénéfice pour les patients, l’Ordre rappelle qu’elle doit être parfaitement conforme à la déontologie médicale et à la réglementation en vigueur.

    Deux points notamment suscitent des inquiétudes au sein du CNOM…

    …à propos des offres de télémédecine par des complémentaires santé, mutuelles et assureur en santé via des plateformes :

    • les prestations proposées directement installent de fait une rupture concurrentielle dans l’organisation territoriale des soins et le parcours de soins ;
    • l’accessibilité de ces prestations 7j/7 et 24h/24 soulèvent la question de leur cohérence avec les Centres 15 ou interconnectés ;
    • la sécurité des prises en charge dans le cadre des offres des plateformes privées et l’application des mêmes obligations réglementaires et déontologiques qui vaut pour les autres formes de pratiques médicales dans un parcours de soin.

    Le Cnom liste également une liste d’obligations à prendre en compte :

    • l’information de l’usager et son consentement exprès ;

    • la confidentialité des données de santé recueillies et leur non exploitation à d’autres fins que celles pourquoi elles ont été collectées ; 

    • l’inscription de la conclusion de l’acte dans le dossier du patient ;

    • la continuité des soins entrepris ;

    • l’information des médecins habituels du patient, et en particulier son médecin traitant, sauf opposition formalisée de la part du patient ;

    • l’absence de publicité de nature commerciale ;

    • le non détournement de patientèle ;

    • l’absence de rémunération « à la minute ».

    Soutien des mesures gouvernementales annoncées par le chef du gouvernement

    Le Cnom salue l’annonce par le gouvernement du plan de transformation du secteur de la santé et souligne que la réforme est un objectif et que la vision globale est un moyen. Il rappelle les questions qui nécessitent des réponses en urgence : formation, décloisonnement et travail collaboratif entre les différents acteurs.

    Patrick Bouet, le président du Cnom, souligne que « l’Ordre est satisfait de voir plusieurs de ses propositions reprises par le gouvernement. Attention néanmoins, nous devons très vite obtenir des réponses sur la restructuration de notre système de santé à l’horizon 2018-2019, faute de quoi il explosera. »

  • IoT : Sigfox affiche un chiffre d’affaires en hausse de 56 % et ouvre des Hacking Houses

    Le toulousain Sigfox a révélé le 14 février 2018 ses résultats 2017. Le fournisseur mondial de services de connectivité IoT affiche une hausse de 56% de son chiffre d’affaires par rapport à 2016. Celui-ci atteint 50 millions d’euros, selon le communiqué de presse de l’entreprise.

    Pour rappel, Sigfox a procédé à cinq levées de fonds depuis 2010 – la dernière en date étant de 151 millions d’euros en novembre 2016. Elle compte 28 actionnaires.

    Lancé en 2010 par Ludovic Le Moan, Sigfox déploie un réseau de communication qui permet aux objets connectés d’envoyer de courts messages sur des longues distances. Le réseau fonctionne sur une énergie à basse consommation qui permet de réduire les coûts d’installation et évite les rechargements de batterie trop fréquents.

    Le réseau Sigfox couvre aujourd’hui 45 pays et 2,5 millions d’objets connectés, soit une croissance annuelle de 65 %.

    La feuille de route 2018

    « L’IoT à l’instar du pétrole que l’on a commencé à extraire il y a plus d’un siècle pour constituer une industrie de plusieurs milliards de dollars, est un réservoir de valeurs incroyable. La source de cette valeur ? Les données générées par des millions d’objets connectés », explique Ludovic Le Moan.

    Son objectif à moyen terme ? : « réduire le plus possible le coût de la collecte de la data ».

    Sigfox veut continuer son développement en 2018. Le premier objectif est d’atteindre la barre des 60 pays et régions d’ici la fin de l’année afin d’imposer le réseau toulousain comme la norme standard auprès d’un milliard d’individus. Et de passer de 2,5 à 6 millions d’objets connectés.

    Lancement du projet Hacking House

    Sigfox annonce le lancement du projet Hacking House. « Ce projet rassemblera des étudiants du monde entier afin de les former à l’IoT et à la technologie Sigfox », précise Raouti Chehih, nouveau Chief Adoption & Evangelisation Officer de l’entreprise. Le démarrage est prévu en juin 2018 à San Francisco. Chaque classe, composée de 30 étudiants, suivra un programme intensif et travaillera sur une dizaine de projets différents.

    D’ici la fin de l’année 2018, deux autres Hacking Houses,  l’une en Europe l’autre en Asie, devraient voir le jour. Et, dans les trois prochaines années, ce sont 50 classes qui devraient ouvrir à travers le monde.

    Le refus d’une offre à 1 milliard d’euros

    Le succès de Sigfox semble attirer les convoitises. Selon les journalistes du quotidien économique La Tribune, Ludovic Le Moan a refusé récemment une offre de près d’un milliard d’euros pour son groupe. 

    Le DG a refusé de dévoiler le nom du groupe intéressé mais la menace de voir sa société rachetée l’inquiète beaucoup. 

  • Alliance eHealth : des investissements sont nécessaires pour appuyer la transformation de la santé

    L’Alliance eHealth France, en réponse à l’annonce de la transformation du secteur de la santé du Premier ministre et de la ministre de la Santé, publie dans un communiqué du 14 février 2018 les réactions que cette annonce lui inspire.

    L’association représentant les industriels du numérique en santé, constituée de LESISS, du Leem, du Snitem et de SYNTEC Numérique, salue les réformes annoncées du système de santé et manifeste sa volonté d’être associée à la réflexion qui doit être engagée avec les acteurs.

    Par ailleurs, les industriels rappellent qu’une transformation telle que celle annoncée doit être soutenue financièrement et mettent en garde contre le manque d’investissement de soutien afin de maintenir la position de la France sur l’échiquier international.

    La mission « E-santé » chapeautant les instances pilotant le numérique en santé saluée

    Si l’Alliance se réjouit de la prise en compte de la nécessité de donner une place prioritaire au numérique en santé, elle émet des réserves quant au succès de la mission si elle ne s’accompagne pas d’un appui financier.

    L’Alliance eHealth salue :

    • la formulation des 3 objectifs concrets pour l’année 2018 concernant les données médicales devant être disponibles en ligne, la dématérialisation des prescriptions et le partage de l’information entre l’ensemble des professionnels de santé ;
    • l’instauration de la mission « E-santé » auprès de la ministre de la Santé, qui constitue une réponse de longue date de la part de l’industrie de regrouper les instances pilotant le numérique en santé.

    L’association profite de cette occasion pour affirmer sa position quant à la nécessité de poursuivre le développement de nouvelles solutions numériques et de la télémédecine en particulier, au service d’un meilleur suivi médical et d’un parcours de soins plus efficace, et ce au-delà de la généralisation de la téléconsultation.

    Mises en garde et recommandations : les financements et une stratégie pluriannuel font défaut

    Les industriels du numériques mettent toutefois en garde contre l’impact négatif d’un manque de soutien financier adéquat et font des propositions de planification de la stratégie de transformation comme suit :

    • un changement d’échelle est nécessaire et les investissements actuellement alloués au virage numérique en sont pas à la hauteur de la mission ;
    • le développement d’une filière industrielle d’excellence en e-santé est nécessaire ; il faut capitaliser sur les savoir-faire nationaux reconnus dans le cadre de la réorganisation de l’offre de soins ;
    • un plan pluriannuel de développement du numérique en santé doit être élaboré au plus vite pour éviter à la nation d’être dépassé par les États qui ont déjà inscrit le progrès du numérique en santé et les moyens financiers associés dans leur stratégies nationales.
  • 63 % des Français favorables au développement de la e-santé (Sondage Odoxa)

    L’institut Odoxa a rendu public le jeudi 15 février 2018 les résultats d’une enquête sur la e-santé, réalisée auprès d’un échantillon de 982 Français par internet les 7 et 8 février 2018.

    Il ressort de cette enquête que l’essor de la e-santé est bien perçu par 63% des personnes interrogées. En revanche, les Français ont une connaissance et un usage encore inégaux des outils de la e-santé, invitant davantage de « communication et d’information » de la part des pouvoirs publics et des acteurs privés.

    Si le développement de la e-santé est globalement bien perçu, les innovations en la matière sont inégalement connues

    L’essor de la e-santé est globalement bien perçu

    Le développement de la e-santé constitue une source d’espoir pour 63% des personnes interrogées. Parmi elles, les jeunes sont les plus optimistes (72%), talonnés de près par les CSP+ (70%), les hommes (68%) et les femmes (58%). Les personnes âgées de plus de 65 ans se montrent positives, bien que d’une courte majorité : 55% des seniors interrogés se disent optimistes.

    Les innovations en e-santé sont inégalement connues

    Les personnes interrogées connaissent les dispositifs de télémédecine et des objets connectés : 75% d’entre elles en ont déjà entendu parler. En revanche, la chirurgie augmentée et le big data en santé leur sont moins familiers : 62% des sondés ignorent l’existence de la chirurgie augmentée. Seuls 28% d’entre eux déclarent connaître le big data en santé.

    Pour progresser, l’usage des outils de e-santé doit être encouragé par les secteurs public et privé

    Un usage encore modéré des outils de santé

    Seuls 37% des sondés disent se servir « souvent » ou « de temps en temps » d’objets connectés pour suivre leur santé ou leur activité physique. Les jeunes les utilisent en majorité (60%) tandis que les CSP+ y ont recours pour une petite moitié d’entre eux (46%). A Emile Leclerc, directeur d’études à Odoxa, de conclure : « de l’information et de la communication sont donc toujours nécessaires ».

    L’essor de la e-santé doit résulter d’un effort conjoint des secteurs public et privé

    65% des personnes interrogées considèrent que la e-santé se développera efficacement par une bonne coopération entre les secteurs public et privé. Seuls 24% d’entre elles pensent que le public doit encadrer le développement de la e-santé pour prévenir le risque de dérives ou d’abus. 10% des sondés y sont défavorables.

  • L’URPS Médecins libéraux Ile-de-France signe une charte de bonnes pratiques e-RDV médicaux

    Alors que de nombreux médecins et patients utilisent des plateformes de rendez-vous en ligne, par Internet ou par Appli mobile, la commission Nouvelles technologies de l’URPS Médecins Ile-de-France, a souhaité promouvoir un contexte de confiance dans l’usage de ces nouveaux outils.

    Ainsi, ses représentants ont signé, jeudi 15 février 2018, la première charte pour la protection des utilisateurs et des patients, en présence des éditeurs de plateformes de prise de rendez-vous en ligne.

    L’objectif de la charte e-RDV Médicaux est d’engager les plateformes à adopter les principes du Conseil de l’Ordre des médecins et de bonnes pratiques.

    Genèse du projet

    Fin 2016 : constat de l’apparition d’un marché non structuré, avec plus de 50 outils disposonibles du le marché et une dificulté pour les médecins libéraux de choisir.

    Courant 2017 : L’URPS Médecins décide de recenser ces solutions en lançant une étude de marché de 15 plateformes de rendez-vous en ligne.

    Il s’agit de Allodocteur.fr, Doc.fr, Docavenue.com, Docteuralphonse.fr, Accueilpro.fr, Doctolib.fr, GPSsante.fr, KelDoc.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr, Pagesjaunesdoc.fr, Rendezvousfacile.com, Rdv-med.fr, Rdvmedicaux.com, RDVsanté.fr.

    Le constat de cette étude est qu’il y a « un manque de transparence, un flou contractuel et que certains annuaires présentent des zones d’ombre ».

    Il est décidé de co-construire une charte de bonnes pratiques avec les plateformes.

    Les points clés de la charte de confiance e-RDV médicaux

    • Pour le médecin, un espace de présentation accessible  à tout moment pour mise à jour ;

    • un médecin ne doit pas être associé à un contenu publicitaire ;

    • pas de dépôt d’avis de patients ;

    • accès facile à l’annuaire de médecins du Conseil de l’Ordre des médecins ;

    • pas de mise en avant de certains médecins contre rémunération ;

    • respect des spécialités médicales définies par le Conseil de l’Ordre ; 

    • respect du secret médical et confidentialité des données; 

    • accessibilité de la plateforme (pas de coût supplémentaire pour le patient). 

    En plus, l’URPS demande une transparence quant aux sources de financement des sites et les liens capitalistiques éventuels avec des structures publiques ou privées en relation avec le domaine de la santé.

    Enfin, la Charte e-RDV Médicaux précise qu’un contrat doit être signé entre la plateforme et le médecin, contenant la durée d’engagement, un préavis de résiliation de 30 jours maximum et la réversibilité des données au terme du contrat. 

    Les signataires de la charte au 15 février 2018 sont : Alaxione.fr, AlloDocteur.fr, Calendovia.com, DocAvenue.com, Doctolib.fr, Docteur-rendez-vous.fr, Keldoc.com, LogicRdv.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr.

    3333tel.com et Pagesjaunesdoc.fr signeront dans les prochains jours. 

    L’URPS actualisera son étude de marché en 2018 et  effectuera un suivi détaillé de l’évolution des plateformes suite à la signature de la charte.

  • Santé populationnelle : est-elle transposable au modèle français ? La FHF s’interroge

    Un sondage rendu public le 6 février 2018 réalisé par le Deloitte Center for Health Solutions pour le compte de NEJM Catalyst, révèle que les financeurs et pourvoyeurs de soins américains concentrent désormais l’essentiel de leurs efforts sur le « population health management ». 

    Le concept de population health management (PHM) consiste à suivre la trajectoire d’une population présentant un même profil de santé et à adapter les stratégies de soins et de suivi en fonction de ses besoins. Si ce concept a été développé aux Etats-Unis, le Canada francophone, au début des années 2000, a adopté une notion similaire – celle de « responsabilité populationnelle en santé – dont la France et la Grande-Bretagne s’inspirent actuellement.

    La Fédération hospitalière de France a fait de la santé populationnelle une priorité politique pour la période 2017-2022. Elle élabore actuellement un guide sur le sujet à l’usage des acteurs du système de santé, à paraître en mai 2018.

    Dans un entretien accordé à H&TI en juillet 2017, Antoine Malone, directeur de projets à la FHF, définissait l’approche populationnelle en santé de la manière suivante : « La responsabilité populationnelle vise à suivre la trajectoire du patient sur l’ensemble de la chaîne de création de valeur, et à répondre ainsi au défi posé par la triple transition épidémiologique, démographique et technologique via des systèmes intégrés. Elle se distingue donc de la notion de parcours par une intégration complète de l’ensemble des services et acteurs autour des besoins des patients et de la population, avec eux et pour eux. »

    Genèse nord-américaine du concept de population health management 

    Un concept développé aux Etats-Unis pour structurer un système de soins intégrés

    Développé aux Etats-Unis au cours des années 1990, le concept de population health management (PHM) est l’extension du disease management (qui renvoie au ciblage de patients atteints d’une maladie définie) à une population spécifique pour une pathologie donnée, par exemple tous les assurés diabétiques d’une région.

    Le PHM est un mode d’organisation et de financement des soins, dont la finalité première est d’aider les professionnels de santé et les financeurs à évaluer le profil de santé et les besoins de populations présentes sur un territoire défini, dans une logique curative et préventive. L’objectif du PHM est de segmenter des populations de patients atteints de la même maladie, d’évaluer leurs besoins et de leur dispenser des soins adaptés.

    L’objectif financier du modèle, tel qu’il a été développé aux Etats-Unis, consiste à réduire les dépenses en prévenant les risques d’apparition de pathologies au sein de populations « bien-portantes » et d’améliorer le suivi et l’état de santé de populations atteintes de maladies chroniques. La logique inhérente au dispositif est préventive : le ciblage de population doit permettre d’identifier et de combler les failles dans la prise en charge de populations à risque ou « bien-portantes ».

    Rôle fondamental des outils numériques dans l’approche populationnelle

    Le concept de « Population Health Management » a été consacré en droit américain par le Patient Protection and Affordable Care Act (PPACA) promulgué le 30 mars 2010. Il repose sur plusieurs leviers technologiques, financiers et institutionnels : 

    • technologiques : le PHM repose sur de puissants systèmes d’agrégation et de traitement des données issues de sources multiples, permettant d’identifier et de segmenter les populations selon leur profil médical sur un territoire défini, d’analyser leurs besoins, de dispenser les soins appropriés, d’assurer leur suivi de long terme et de prédire l’évolution de leur état de santé. 
    • financiers : le système repose sur des indicateurs de performance et des leviers financiers incitatifs visant à encourager les médecins à faire porter leurs actions sur les populations les plus malades ou reléguées aux marges du système de soins (car défavorisées, ou mal informées, etc.).
    • institutionnels : les données permettant de faire émerger le profil sanitaire d’une population donnée à l’échelle d’un territoire proviennent de multiples sources : les acteurs institutionnels pourvoyeurs de données doivent accepter de mutualiser ces données et d’engager une dynamique partenariale.

    Une approche québécoise centrée sur la « responsabilité des parties prenantes » 

    Le Québec a développé au cours des années 2000 un concept proche intitulé « responsabilité populationnelle en santé », qui met en avant la notion de responsabilité des acteurs du systèmes de santé (médecins, assureurs, acteurs de la prévention). L’objectif de la « responsabilité populationnelle » est d’assurer un état de santé maximal chez la population d’un territoire, compte tenu des ressources disponibles. Elle est destinée à coordonner l’offre de soins et de services médico-sociaux en fonction d’une population donnée plutôt qu’en fonction d’un individu. 

    La notion de « responsabilité » constitue la clé-de-voute de ce modèle. Elle est fondée sur l’idée que les autorités locales ont une responsabilité vis-à-vis de leurs administrés, et doivent garantir l’accessibilité aux services concernés, mener des actions de prévention et prévenir les ruptures dans la prise en charge. La responsabilité populationnelle en santé et ses déclinaisons canadiennes ont fait l’objet de plusieurs travaux d’évaluation.

    L’imputabilité change avec la responsabilité populationnelle : les acteurs du territoire doivent s’organiser pour améliorer l’expérience de soins du patient et la santé de la population. L’approche populationnelle doit permettre de générer une triple amélioration de la prise en charge, du bien-être au travail et de l’équilibre budgétaire du système. C’est une modalité de transformation du système, comme l’expliquait Antoine Malone dans l’entretien accordé à H&TI en juillet 2017.

    Un concept transposable au contexte français ?

    La FHF s’est saisie de la question et l’a érigée en priorité politique pour la période 2017-2022

    La Fédération hospitalière de France (FHF) a repris à son compte le concept de « responsabilité populationnelle » – inspiré du modèle québecois.

    La FHF publiait le 28 mars 2017 sa « plateforme politique » pour la période 2017-2022, en vue d’impulser « un nouvel élan rassembleur au sein du système de santé » dans le contexte de l’élection présidentielle de 2017. La Fédération identifiait ainsi 12 priorités, dont la deuxième proposait « d’engager une révolution dans l’organisation de notre système en le fondant sur le principe de la responsabilité populationnelle ».

    La FHF a dégagé cinq lignes directrices permettant de mettre en oeuvre la santé populationnelle en France

    La responsabilité populationnelle recouvre plusieurs enjeux. La FHF en retient une définition analogue au modèle canadien. La responsabilité populationnelle en santé implique selon elle « l’engagement de l’ensemble des acteurs du territoire autour d’objectifs communs pour l’amélioration de la santé de la population sur leur territoire. Elle leur demande d’agir collectivement afin de rendre accessible un ensemble de services sociaux et de santé pertinents et coordonnés ».

    La Fédération dégage cinq lignes directrices pour traduire le concept de responsabilité populationnelle en action : aligner les standards de qualité sur les standards mondiaux, placer les professionnels de santé au coeur de la démarche populationnelle, intégrer la qualité aux objectifs des territoires de santé, développer « massivement » les enquêtes et recherches médico-économiques territorialisées, développer à l’échelle territoriale les outils incitatifs nécessaires à l’atteinte des objectifs qualité.

    Responsabilité populationnelle en santé dans le contexte français : un guide en préparation, à paraître en mai 2018

    Antoine Malone, directeur de projet à la FHF, prépare actuellement un guide dédié à la responsabilité populationnelle, à l’usage des professionnels de santé et des acteurs institutionnels. Elaboré en collaboration avec trois étudiants et un tuteur de l’Executive MBA Santé Paris Dauphine (Université Paris Dauphine), ce document examinera la mise en oeuvre pratique de la responsabilité populationnelle dans un contexte français. Ce guide sera rendu public en mai 2018, à l’occasion de Hôpital Expo.

    Ce guide interrogera les modalités de transposition de ce modèle nord-américain au contexte socio-sanitaire français et ses applications possibles en France à travers, notamment, les GHT.

  • Smart Hospitals : l’Asie-Pacifique en passe de devenir leader (Frost & Sullivan)

    Dans une étude parue en janvier 2018, Frost & Sullivan (F&S) affirme que l’Asie-Pacifique sera l’une des régions à la croissance la plus rapide au monde cette année dans l’industrie des soins : + 11,1 % en 2018 contre + 4,8 % en moyenne au niveau mondial. Selon le cabinet de conseil, le marché de l’APAC devrait atteindre une valeur d’environ 517 milliards de dollars US (421 Mds €) en 2018.

    La transformation numérique en cours et le développement du concept de « smart city » pousseront les hôpitaux à devenir des « hôpitaux intelligents », les pays d’Asie-Pacifique étant les moteurs de cette révolution, analyse F&S. Par ailleurs, des tendances clés telles que le développement du modèle XaaS créeront de nouvelles sources de revenus pour la durabilité future de l’industrie de santé et le cloud apparaîtra comme une solution centrale sur le web puisque les acteurs du secteur doivent améliorer dès à présent la flexibilité de leur mode de stockage de données.

    APAC : vers une transformation globale des business modèles

    La combinaison de l’adoption accrue des nouvelles technologies, de l’accès à des programmes de santé novateurs et de la prestation de soins en dehors des milieux hospitaliers traditionnels alimente la croissance annoncée, précise l’étude.

    Le développement de la health tech contribue à l’autonomie des consommateurs

    Au sein des pays d’Asie-Pacifique, plusieurs éléments persisteront au cours de l’année à venir, dont :

    • les transitions du point de vue réglementaire ;
    • la recherche de nouveaux business modèles ;
    • le développement des plateformes technologiques ;
    • l’évolution du rôle des consommateurs, de plus en plus autonomes ;
    • les opportunités de croissance pour les acteurs de l’industrie, notamment pour les groupes pharmaceutiques, les fabricants de technologies médicales, les fournisseurs de produits health tech et les fournisseurs de services de santé.

    Par ailleurs, les analystes s’attendent à ce que l’industrie se concentre davantage sur les résultats en matière de soins et aux modes de traitement centrés sur le patient.

    « Le rôle des consommateurs de soins change radicalement en Asie-Pacifique, souligne Rhenu Bhuller, associé à Frost & Sullivan. La technologie numérique permet l’accès à l’information et aux soins ; les consommateurs sont donc en mesure de choisir où, comment et par qui ils aimeraient être traités. Cela modifie tous les business modèles de la région. »

    APAC : 5 facteurs de croissance dans l’industrie des soins

    Karthik Rajan, responsable conseil au sein du pôle « Transformational Health » à F&S, met en avant cinq facteurs de croissance :

    1. L’expansion des hôpitaux continue de répondre à la demande dans les marchés émergents

    Cette évolution inclut le développement des hôpitaux ainsi que des chaînes de soins primaires intégrées et des cliniques spécialisées grâce à des partenariats et à la levée de fonds de capital risque.

    En plus de l’expansion des services de soins en dehors du milieu hospitalier, les autorités modifieront la réglementation au sein du secteur afin d’atteindre les objectifs de couverture et d’accès universels aux soins. Des changements auront également lieu du côté des assureurs de santé privés afin d’améliorer le bien-être des citoyens et de développer l’intervention précoce.

    2. Les assureurs privés allègent le poids financier lié à la mauvaise santé de la population

    Les fournisseurs privés d’assurance maladie expérimentent des plateformes numériques pour la gestion des maladies chroniques et le bien-être qui récompensent les patients adoptant des comportements sains et peuvent ainsi potentiellement réduire le coût global des soins.

    Ils investissent également dans des solutions InsurTech ainsi que dans des canaux de distribution innovants pour améliorer la pénétration du marché.

    3. La personnalisation des soins et la responsabilisation des consommateurs : clés du bien-être

    Le séquençage génétique appliqué directement aux consommateurs de la santé évolue vers des services et des solutions fournis par des sociétés telles que Prudential (Asie), iCarbonX (Chine) et Healthi (Inde), qui ont développé des systèmes d’interventions personnalisées pour améliorer le bien-être de la population. Par ailleurs, des entreprises comme Thorne Research (États-Unis) et Imagene Labs (Singapour) vont prochainement proposer en Asie-Pacifique des suppléments nutritionnels et des produits de soins pour la peau personnalisés, également sur la base d’un modèle centré sur un abonnement payant.

    4. La Chine et l’Inde alimentent le tourisme médical à l’étranger

    Le tourisme médical devrait également devenir plus important en 2018. Comprenant six des dix premières destinations touristiques médicales dans le monde, l’Asie-Pacifique sera la région à la croissance la plus rapide dans le tourisme médical en 2018 avec des taux de croissance supérieurs à 15 %.

    L’utilisation croissante des nouvelles technologies dans des domaines tels que la chirurgie mini-invasive ou la téléconsultation pour le suivi des patients avant et après un traitement sera également source de croissance.

    5. L’harmonisation de l’ASEAN

    En 2018, Singapour va assurer la présidence de l’ASEAN en se concentrant sur les thématiques de la « résilience » et de « l’innovation ». La cité-État cherchera à stimuler le e-commerce et à promouvoir le développement de « smart cities » dans la région.

    Les marchés de la santé bénéficieront considérablement de ces initiatives, en particulier si les questions sous-jacentes comme celles portant sur la protection des données et la cybersécurité sont activement traitées.

  • Smart Hospitals: Asia-Pacific to become leader (Frost & Sullivan)

    In a study published in January 2018, Frost & Sullivan (F&S) said that Asia-Pacific (APAC) will be one of the fastest growing regions in the world this year in the healthcare industry growing at 11.1% in 2018, compared to the global average of 4.8%. According to the consulting firm, the APAC market is expected to reach about US$517 billion (€421b) in 2018.

    The ongoing digital transformation and the development of the smart city concept will push hospitals to become « smart hospitals », with the Asia-Pacific countries driving this revolution, F&S analyzed. In addition, key trends such as XaaS model will create new sources of revenue driving future sustainability for the healthcare industry and cloud will emerge as a core solution on the web since all stakeholders need to expand storage flexibility.

    APAC: towards a transformation of every business models

    The combination of increased adoption of technology, access to innovative healthcare programs and delivery of care outside traditional hospital settings is fueling this growth, the study said.

    The development of health tech contributes to the autonomy of consumers

    Within the Asia-Pacific countries, several challenges are excepting to continue over the coming year, including:

    • Regulatory transitions;
    • Search for new business models;
    • Emerging technology platforms;
    • Evolving role of consumers;
    • Growth opportunities for industry players including pharmaceuticals, medical technology manufacturers, digital health suppliers and healthcare service providers.

    In addition, analysts expect increased industry focus on healthcare outcomes vs cost and patient-centric treatment pathways.

    « The role of healthcare consumers is changing dramatically in Asia-Pacific, » says Rhenu Bhuller, partner at Frost & Sullivan. « Digital technology enables access to information and care; hence consumers are able to choose where, how, and by whom they would like to be treated. This is changing every business model in the region. »

    APAC: 5 growth factors in the healthcare industry

    Karthik Rajan, head of consulting for the Frost & Sullivan Transformational Health practice, offers five growth drivers:

    1. Hospital expansion will continue to meet demand in emerging markets

    This evolution includes development of hospitals as well as integrated primary care chains and specialty clinics through partnerships and venture funds.

    In addition to expansion in points of care outside of the hospital setting, there will be shifts in policy makers’ appetite for regulatory transformation to support goals for universal healthcare coverage and access and in private health insurers driving wellness and early intervention.

    2. Private health insurers to ease financial burden of ill-health

    Private health insurance providers are experimenting with digital platforms for chronic disease management and wellnessthat reward patients for healthy behaviors and can potentially reduce the payout burden at a population level.

    They are also investing in InsurTech solutions and innovative distribution channels to improve market penetration.

    3. Personalized care and consumer empowerment are the keys to wellness

    Direct-to-consumer gene sequencing is moving towards services and solutions provided by companies such as Prudential (Asia), iCarbonX (China) and Healthi (India), which have developed personalized wellness interventions systems. Moreover, firms such as Thorne Research (USA) and Imagene Labs (Singapore) will soon be offering in Asia-Pacific personalized over-the-counter nutritional supplements and skin care products respectively, and that too on a subscription model.

    4. China and India to fuel outbound medical tourism

    Medical tourism is also expected to become more important in 2018. With six of the world’s top 10 medical tourist destinations, Asia Pacific will be the fastest growing region for medical tourism in 2018 with growth rates exceeding 15 %, the expert said.

    The increasing use of technology in areas such as minimally invasive surgery or tele-consultation for pre and post treatment follow up are providing further platforms for growth.

    5. Harmonization of ASEAN

    In 2018, Singapore assumes chairmanship of ASEAN, focusing on the themes of “resilience” and “innovation”. The city-state will target stimulating e-commerce and promoting development of « smart cities » in the region.

    Healthcare markets will benefit greatly from these initiatives, particularly if the underlying issues such as data protection and cybersecurity are actively addressed.