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  • Santé mentale des élèves : la Californie veut autoriser l’usage de la télémédecine dans les écoles

    L’Etat de Californie (USA) a soumis à l’examen du California Committee on Health un projet de loi intitulé the California bill AB 2315 on pupil health, le 17 avril 2018. 

    Le projet de loi encourage le California State Department of Education et le State Department of Health Care Services à développer, avant le 31 décembre 2019, de nouvelles lois visant à autoriser et généraliser l’usage de services de télémédecine dans les écoles des quartiers défavorisées de l’Etat.  

    Le projet de loi cible spécifiquement les pathologies mentales et troubles du comportements, qui affectent de nombreux élèves de communautés faiblement dotés en services médicaux. La Californie est un Etat pionnier en matière de télémédecine, dont il a fait un outil de lutte contre la désertification médicale et les inégalités sociales de santé (California Telehealth Advancement Act, 2011).

    Le projet de loi est consultable ici.

    Le California Telehealth Advancement Act de 2011 est consultable ici.

  • Etude : moniteurs d’activité et coaching à distance n’améliorent pas les capacités de marche (Jama)

    Des exercices à domicile avec un moniteur portable et un coaching téléphonique n’ont pas eu l’effet escompté chez des patients souffrant d’artérite des membres inférieurs. Leurs résultats au test de marche de 6 minutes ne s’étaient pas améliorés après 9 mois d’entrainement. Les résultats de ces travaux*, publiés le 24 avril 2018 dans le Jama, mettent en évidence les limites d’une intervention à distance pour modifier des comportements.

    Le coaching à distance pour développer l’exercice physique chez des malades

    Le cholestérol se dépose sur toutes les artères, pas seulement celles qui mènent au coeur. Quand des plaques commencent à diminuer l’apport de sang et d’oxygène dans les pieds, les jambes et les cuisses, cela signifie que la personne souffre d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Cette pathologie, qui touche 3% de la population française, se manifeste surtout par des douleurs musculaires et une diminution du périmètre de marche. L’obstruction des artères peut provoquer une gangrène ou une thrombose aiguë qui nécessite un traitement en urgence.

    Pour éviter ces complications, le traitement médicamenteux est souvent complété par une rééducation de reconditionnement à l’effort. Les exercices sur tapis roulé supervisés et réalisés dans ces centres spécialisés ont démontré leur efficacité. Ils sont donc recommandés en traitement de première intention. Cependant, beaucoup de malades ne se rendent pas 3 fois par semaine dans un centre pour réaliser ces exercices. Les exercices à domicile, avec des visites au centre toutes les 1 à 4 semaines, sont donc conseillés.

    Un essai avec fitbit et conseil téléphonique

    Des chercheurs américains ont donc mis au point un programme de réentrainement qui se voulait attractif avec un moniteur d’activité portable et du coaching téléphonique. Ils ont ensuite mené un essai clinique randomisé auprès de 200 patients pour évaluer l’impact d’un programme sur leurs capacités d’endurance au bout de 9 mois. Le programme de réentrainement dans le groupe d’intervention se déroulait de cette façon :

    • 4 séances hebdomadaires pendant 4 semaines dans un centre avec un coach pour fixer les objectifs de marche
    • A partir du 2ème mois : contacts téléphoniques avec le coach qui s’espacent progressivement jusqu’au 5ème mois
    • les conseils étaient individualisés mais les participants devaient en général faire 5 exercices par semaine
    • les participants étaient équipés d’un moniteur type FitBit pour surveiller leur activité physique. Les résultats étaient envoyés par bluetooth sur le site de l’étude
    • les participants étaient encouragés à partager leurs réussites entre eux

    Les membres du groupe contrôle ne se rendaient pas au centre pour effectuer des exercices physiques.

    Pour évaluer l’impact du programme, les auteurs de l’étude disposaient de plusieurs outils : le test de marche de 6 minutes, les données objectives d’activité physique, et des questionnaires de ressenti sur la mobilité, la douleur, la satisfaction globale… Les résultats de ces travaux ont été publiés le 24 avril 2018 dans le Jama.

    Résultats : les efforts s’essouflent

    • Au bout de 3 mois, les participants bénéficiant d’un coaching à distance et d’un moniteur d’activité connecté avaient augmenté la fréquence d’exercices (de 1,7 au début de l’étude à 3,7 séances par semaine)
    • Au bout de 6 mois, l’intensification des exercices était encore significative mais en diminution (de 1,7 au début de l’étude à 2,8 séances par semaine)
    • Au bout de 9 mois, la fréquence des séances était revenue au niveau initial. Plus aucune amélioration n’était enregistrée
    • Les résultats aux différents questionnaires ne montraient aucune différence avant et après le programme de réentrainement. Le score de douleur était même meilleur dans le groupe contrôle que dans le groupe d’intervention.

    Le contact humain nécessaire pour changer les comportements

    Les auteurs de l’étude avancent plusieurs raisons pour expliquer ce résultat négatif. « Tout d’abord, pour les interventions comportementales, le coaching à distance est moins efficace que les visites en personne. En outre, les consultations mensuelles par téléphone au cours des quatre derniers mois et demi de l’intervention étaient peut-être trop rares. » Enfin, les patients atteints d’AOMI qui sont intéressés par un exercice à domicile sans visite au centre médical sont peut-être moins déterminés que les patients qui acceptent de participer à un exercice supervisé.

    Quoi qu’il en soit, ces résultats ne plaident pas en faveur des exercices à domicile avec appareils portables et consultations téléphoniques sans visites périodiques sur place pour améliorer les performances de marche chez les patients atteints d’artériopathie des membres inférieurs.

  • Formation : l’Université de Bordeaux recrute pour son Master SI & technologies informatiques en santé

    Le Master 2 SITIS, Systèmes d’informations et technologies informatiques pour la santé, de l’Université de Bordeaux forme des spécialistes en informatique de santé, ayant de solides bases théoriques dans les systèmes d’information et capables de les appliquer.

    La formation permet d’acquérir (en 400h de cours et un stage) une maîtrise des aspects théoriques de ce domaine spécifique et une autonomie dans la mise en œuvre et l’utilisation des méthodes informatiques liées à l’extraction, au traitement et à l’exploitation de l’information médicale.

    Les candidatures pour le Master 2 SITIS 2018-2019 sont ouvertes jusqu’au 15 juin 2018 via la plateforme Apoflux (lien ci-contre). 20 places sont disponibles.

    Qu’est-ce-que l’informatique de santé ?

    Il s’agit d’un ensemble de savoirs et de savoir-faire nécessaires à la compréhension des mécanismes d’interprétation et de raisonnement médical, d’abstraction et d’élaboration des connaissances, de mémorisation et d’apprentissage.

    L’informatique de santé est l’application des techniques issues de l’informatique au domaine médical.

    Objectifs de la formation

    Le domaine de l’informatique de santé est un domaine en plein essor qui concerne un vaste secteur d’activités en Gironde.

    À l’issue de cette année de formation spécialisée en Master 2, l’étudiant est en capacité de :

    • proposer et mettre en œuvre des solutions logicielles pour une application en santé donnée, prenant en compte les contraintes d’usage liées à ce domaine ;
    • intégrer les contraintes liées à l’interopérabilité dans le développement de solutions logicielles en santé ;
    • mettre en œuvre des architectures d’intégration de données et des solutions pour l’utilisation secondaire de données biomédicales ;
    • représenter les connaissances d’un domaine dans le champ de la santé ;
    • savoir appliquer les conditions spécifiques permettant de garantir la sécurité, la confidentialité et l’intégrité des données dématérialisées de santé.

    Les débouchés sont divers. Les anciens étudiants du Master 2 sont aussi bien ingénieur support applicatif, praticien hospitalier qu’analyste programmeur.

  • Roche et Voluntis lancent l’essai clinique pour valider Zemy, le compagnon digital en oncologie

    Roche, laboratoire engagé dans l’accompagnement des patients atteints de cancer a annoncé fin mars 2018 avoir lancé un essai clinique pour tester Zemy, un dispositif médical de suivi développé en collaboration avec la start-up Voluntis.

    Les objectifs visés par la mise en œuvre de l’étude sont :
    • améliorer les connaissances quant à l’utilisation quotidienne du dispositif Zemy ;
    • mesurer l’impact du dispositif sur la relation patient-équipe soignante ;
    • collecter des données robustes témoignant des bénéfices du dispositif.

    Zemy est en train d’être testé sur six sites différents impliquant des patientes traitées pour un cancer du sein et ayant initié un traitement anticancéreux administré par voie orale ou parentérale. L’objectif visé par Roche est d’utiliser une solution de santé connectée pour améliorer la qualité de vie des patientes.

    Zemy, une solution numérique d’amélioration du parcours du patient en oncologie

    Une solution à la croisée du numérique et du thérapeutique grâce à un développement pluridisciplinaire

    Initié en 2015 en partenariat avec Voluntis, spécialisé dans le développement de solution-compagnon digital, le développement de Zemy s’inscrit dans une démarche de convergence du numérique et du thérapeutique.

    Zemy est une solution de télémédecine en oncologie visant à optimiser le parcours du patient et améliorer le suivi dans la phase particulière entre deux rendez-vous médicaux dans un centre de soin.

    La recherche collaborative entreprise depuis 2015 a consisté en l’implication des représentants d’associations de patients, d’institutions, de directeurs de centres de soins, d’experts scientifiques, médecins généralistes et pharmaciens. Cette collaboration a notamment permis de parfaire le développement d’algorithmes et de valider l’ergonomie du produit.

    Un test clinique en sénologie pour gérer les effets indésirables liés au traitement anticancéreux à domicile

    Roche annonce que d’importantes étapes ont été franchies dans le développement de son compagnon digital depuis le lancement du projet. En 2017, des études ont été menées afin de tester l’ergonomie de la solution auprès de patients de tous âges.

    Par ailleurs, une application et une interface dédiées ont été développées. L’application permet aux patients de rentrer la description de leur symptômes qui vont être automatiquement analysés par des algorithmes intégrés. La plateforme web est à la destination des professionnels de santé.

    Aujourd’hui, ce sont les malades atteintes d’un cancer du sein qui sont visées en priorité, mais la solution a vocation à être adaptée à l’accompagnement de malades souffrant de tous types de tumeurs solides et les assister dans la gestion des effets indésirables au quotidien.

    En renseignant les effets indésirables tels les nausées et vomissements, la diarrhée, le syndrome mains-pieds ou la fatigue, les patientes enrôlées obtiennent en temps réel l’évaluation de leurs symptômes et se voient proposer des conseils par l’application. En cas de situation critique, l’appli peut déclencher une alerte auprès de l’équipe soignante correspondante et inviter la patiente à contacter d’urgence les professionnels dont les numéros ont été enregistrés à l’occasion de la consultation initiale. Cela permet d’éviter les situations aggravantes de l’état général des patientes entre deux rendez-vous.

    Sécurité et actions de réconfort au service d’une meilleure qualité de vie garanties

    La solution vise avant tout à rassurer le patient et lui permettre d’appréhender ses symptômes même en l’absence d’un professionnel de santé. Le développement des maladies chroniques pose des problèmes de coordination entre les professionnels et de prise en charge rapide.

    Roche considère que les solutions-compagnons répondent à ce problème sociétal en plus d’offrir un moyen de traiter toutes les questions qu’un malade souffrant d’un cancer n’ose pas poser en face-à-face.

    Lors de l’élaboration de Zemy, les exigences imposées par l’entrée en vigueur du RGPD ont déjà été prises en compte. Ainsi, les accès sont sécurisés aussi bien du côté des patientes que du côté des professionnels de santé lorsqu’ils se connectent à la plateforme.

    En outre, l’ensemble des données et informations échangées via la solution-compagnon sont hébergées par un hébergeur de données de santé agréé.

  • « Les acteurs de la santé peuvent bénéficier de la recherche médicale spatiale » (CNES et Lyonbiopôle)

    « Permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques », tel est l’enjeu de la collaboration entre Lyonbiopôle, pôle de compétitivité santé basé à Lyon, et le Centre national d’études spatiales (CNES), entérinée le 29 mars 2018 à l’occasion d’une première journée de réflexion commune.

    H&TI s’est entretenu avec Christophe Cizeron, président de Lyonbiopôle et Gilles Rabin, économiste en Chef du CNES.

    L’objectif du partenariat est triple, rappellent-ils :
    • faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales ;
    • favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres ;
    • identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.

    Votre partenariat part du principe que les études spatiales peuvent accompagner le développement de solutions en santé mais aussi que les start-ups en e-santé de Lyonbiopôle sont susceptibles d’apporter des solutions au CNES. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Gilles Rabin, économiste en chef au CNES : Les questions de santé ont toujours fait partie des préoccupations du spatial et inversement : d’abord parce que quand on envoie un homme dans l’espace, on veut qu’il soit en bonne santé, qu’il le reste pendant son séjour et après son retour.

    Ensuite, on a toujours monitorisé les variables du corps humain des astronautes. On sait en direct si leur cœur bat trop fort, s’ils suent, etc. Récemment Thomas Pesquet a aussi montré au grand public qu’il réalisait lui-même depuis la station spatiale des échographies quotidiennes qu’il envoyait aux médecins des équipes santé du MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiale), l’une des filiales du CNES. Il existe donc depuis longtemps une télémédecine de l’espace, du télédiagnostic, des transmissions de données médicales. Il est intéressant de voir comment notre expérience peut aider au développement de la télémédecine terrestre. 

    Enfin, quand on envoie des astronautes dans l’espace pendant plusieurs mois, il peut survenir une rage de dent, des problèmes de cœur et bien entendu des problèmes psychologiques, c’est ce à quoi se consacrent les professionnels du MEDES, qui étaient présents lors de cette journée d’échange. Ils peuvent bénéficier de l’expérience et de l’expertise des starts-ups de la e-santé de Lyonbiopôle.

    Christophe Cizeron, Président de Lyonbiopôle : Déployer un partenariat avec le CNES sur le développement d’applications médicales s’inscrit dans la mission fondamentale du pôle de mise en relation d’acteurs complémentaires et de promotion de l’innovation en santé. L’écosystème de Lyonbiopôle a beaucoup à partager avec celui de CNES. Il s’agit non seulement de permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques.

    La puissance de la révolution numérique bouleverse le domaine de la santé : médecine personnalisée, nanotechnologies, Big Data, connexion numérique des territoires … Autant de changements qui façonnent la médecine du futur. Le spatial pourrait accompagner par exemple la transformation numérique en santé, en contribuant à faciliter l’accès à une santé pour tous, accélérant la R&D et participant à l’amélioration de l’offre de soins. Les vols habités nécessitent également de relever d’autres défis en santé pour limiter les effets de la microgravité, du confinement et des radiations sur le corps humain. Les recherches et solutions dans ce domaine peuvent avoir des retombées pour des applications sur terre dans la lutte contre le vieillissement et de nombreuses pathologies !

    L’écosystème de Lyonbiopôle peut apporter son expertise au CNES. En effet, Lyon dispose par exemple d’un P4 (laboratoire de haute sécurité, ndlr), qui pourrait être utilisé dans le futur par le CNES pour l’analyse de micro-organismes très pathogènes suite au prélèvement d’échantillons lors d’expéditions lointaines, pourquoi pas de Mars ?

    Quelles solutions innovantes envisagez-vous ? A quelle échéance ? Avec quels moyens ?

    Rabin et C. Cizeron : Notre volonté est de développer une stratégie commune de développement d’applications médicales. L’objectif est triple : faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales, favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres et enfin identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.  

    Ce partenariat pourrait, dites-vous, aider à développer des stratégies médicales de lutte contre le vieillissement ?

    G. Rabin : Pourquoi pas. Les astronautes qui reviennent de mission ont subi un vieillissement accéléré et ils ont les muscles atrophiés. Les professionnels du MEDES les aident à se réhabituer à la terre, à la gravité, à se remuscler. Ils sont au final dans un état proche d’une personne qui sort de plusieurs mois passés dans un lit d’hôpital. Quels sont les technologies, les médicaments que l’on pourrait utiliser pour aider l’un et l’autre ? Nous pourrions partager nos réflexions et nos recherches. Au CNES nous avons avancé sur ces questions mais les traitements que nous utilisons ne sont que des tests. Il faut voir si on peut les étendre à grande échelle.

    Quid de la télémédecine ? En effet si c’est faisable dans le domaine spatial, pourquoi n’est-ce pas déjà développé sur terre ?

    Bien sûr que les outils que nous développons pour les IRM, les échographies dans l’espace peuvent servir sur terre pour une personne âgée au fin fond de la Bretagne mais plusieurs problèmes se posent et ce ne sont pas des problèmes technologiques. Il y a d’abord le coût mais aussi des questions pratiques et législatives : Qui peut exercer la télémédecine ? Quelle liaison entre le domicile et l’hôpital ? Quelles précautions faut-il prendre pour assurer la sécurisation et l’anonymisation des données transmises par satellite ou 5G ? etc.

    Le 29 mars 2018 vous avez participé à une première journée de réflexion. Quelles ont été les premières conclusions ?

    C. Cizeron : Cette journée marquait effectivement le lancement de notre partenariat stratégique avec le CNES. Les échanges très intéressants, organisés autour de trois tables rondes, ont permis de partager les visions sur l’usage des technologies spatiales en santé, sur la notion d’habitat sain dans un environnement hostile à propos des vols habités et sur le suivi de la santé des astronautes dans l’espace, plus particulièrement la synergie avec le vieillissement et la sédentarité.

    Les éclairages des intervenants du CNES et des entreprises du domaine de la santé ont permis de mettre en lumière de nombreuses possibilités de collaboration.

    Quelles ont été les réactions des participants : start-ups, PME et grands groupes issus des biotechnologies, du diagnostic et de la e-santé ?

    G. Rabin et C. Cizeron : L’ensemble des participants était assez enthousiaste. Cette rencontre est la première d’une série, dont la finalité est de favoriser les approches interdisciplinaires et l’émergence de solutions innovantes. Ce partenariat d’envergure traduit la capacité de Lyonbiopôle et des acteurs de l’écosystème santé Auvergne-Rhône-Alpes à jouer un rôle moteur face aux enjeux de structuration de l’innovation santé en France. Aucun contrat n’a été signé pour le moment, les différents acteurs apprennent à se connaître et vont voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. 

    Vous préparez pour octobre 2018 à Lyon des tables-rondes dédiées à aux applications spatiales au service de la santé. Pouvez-vous en dire plus aux lecteurs de H&TI ?

    C. Cizeron : Nous organisons chaque année en octobre notre « Journée Collaborative ». Cet événement scientifique aborde des thématiques prospectives au travers de tables rondes, conférences plénières, pitchs d’entreprises et de projets innovants. En octobre 2018, nous comptons donc dédier au moins deux tables rondes aux thématiques Espace & Santé, le plus difficile restant de sélectionner deux thèmes compte tenu du nombre potentiel de sujets intéressants et de passerelles entre nos écosystèmes.

  • La Commission européenne veut engager la « transformation numérique des soins de santé »

    La Commission européenne a présenté, le mercredi 25 avril 2018, un plan d’action en matière de santé numérique.

    Ce plan poursuit plusieurs objectifs à moyen terme, à savoir : garantir l’accès des citoyens à leurs données de santé en introduisant la possibilité de les partager dans un contexte transfrontalier, favoriser l’échange d’ordonnances électroniques et de dossiers médicaux en ligne entre les pays membres de l’Union, organiser une coordination volontaire en matière de partages des données et de ressources pour la prévention des maladies et pour la recherche, renforcer les capacités et l’échange d’innovations technologiques, et enfin, susciter de « meilleures pratiques » pour les autorités sanitaires.

    La Commission européenne a adopté, le mercredi 25 avril 2018, une communication visant à favoriser le partage des données de santé au sein de l’Union et à accélérer la « transformation numérique des soins de santé ». Ce plan d’action s’inscrit dans le cadre de la stratégie pour un marché unique numérique, également précisée le 25 avril 2018.

    La Commission veut encourager les pays membres de l’Union européenne à « investir dans le déploiement à grande échelle modèles de soins intégrés centrés sur les besoins de la personne ». Elle publiera à moyenne échéance des informations sur les formes de marchés publics et les possibilités d’investissement novatrices, y compris par la mobilisation des programmes « pertinents » de l’Union européenne et d’autres instruments financiers. 

    Elle espère « place(r) l’individu au centre du système de soins de santé, de trois manières » : 

    • la commission veut permettre aux individus d’accéder, de manière transfrontalière et sécurisée, à leurs dossiers médicaux électroniques et de les partager au delà des frontières nationales ;
    • elle entend mettre sur pied une « infrastructure de données européenne partagée » pour prévenir les risques de maladies et d’épidémies, et pour mieux personnaliser les traitements ; 
    • elle souhaite enfin concevoir ou soutenir la conception d’outils numériques permettant aux individus d’être acteurs de leur santé.

    La Commission européenne annonce plusieurs mesures  visant à garantir la sécurité de l’accès des citoyens à leurs données de santé en Europe 

    La Commission annonce à cette fin : 

    • le réexamen de la directive relative à l’application des droits des patients en matière de santé de soins de santé transfrontaliers (article 14) ;

    La Commission définira de nouvelles règles en vue de : préciser le rôle du réseau « santé en ligne » en matière de gouvernance de l’infrastructure de services numériques de la santé en ligne, et de clarifier les règles applicables aux transferts transfrontaliers de données.

    • la présentation d’une recommendation sur les modalités techniques de l’échange des dossiers médicaux électroniques au sein de l’Union européenne ;
    • la mobilisation de nouveaux investissements pour élargir le champ d’application de l’infrastructure de services numériques dans le domaine de la santé.

    Initiative tendant à la personnalisation des diagnostics et des traitements

    La Commission européenne rappelle que 14 Etats membres se sont engagés à rendre accessibles au moins 1 million de séquences du génome dans l’Union européenne d’ici à 2022.

    En matière de médecine de précision, la Commission annonce : 

    • l’élaboration d’un catalogue de spécifications techniques communes, visant à faciliter l’accès transfrontalier sécurisé aux données du génome et autre données relatives à la santé à des fins de recherche ;
    • la mise en place de projets pilotes fondés sur des données de pratique clinique, portant dans un premier temps, sur les maladies rares.

    Le plan d’action confie aux Etats membres plusieurs missions au cours des mois et années à venir

    Les Etats membres de l’Union européenne seront investis des missions suivantes : 

    • se conformer à la récente déclaration relative à l’interconnexion des bases de données du génome par-delà les frontières ; 
    • coopérer pour permettre l’échange transfrontalier des ordonnances électroniques et des dossiers médicaux en ligne, en s’appuyant notamment sur le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) ; les premiers échanges devraient avoir lieu entre 8 Etats membres dans le courant de l’année 2018, d’autres Etats membres devraient leur emboîter le pas d’ici 2020 ;
    • collaborer pour faire progresser la recherche sur la santé génomique et la médecine personnalisée ; 
    • coopérer pour élaborer conjointement des principes communs pour valider des technologies de santé afin de stimuler l’offre et l’adoption de services de santé numérique et d’encourager le partage de pratiques innovantes.

    La stratégie européenne pour instaurer un marché unique numérique et le plan d’action en matière de données de santé, rendues publiques le 25 avril 2018, sont consultables sur le site interne de la Commission.

  • La place du numérique dans la prévention santé de demain-Rencontres Prévention Santé-15/05/18, Paris

    La Fondation d’entreprise Ramsay Générale de Santé organise, le mardi 15 mai 2018, les premières Rencontres Prévention Santé. Cette journée, organisée en partenariat avec L’Express / BFM Business et animée par Christophe Barbier, conseiller éditorial de L’Express, prévoit les interventions de plusieurs personnalités du secteur de la santé : médecins, associations, patients, start-ups, institutionnels et représentants des gouvernements français et étrangers.

    L’après-midi sera consacrée aux questions de « prévention santé dès demain », avec un gros plan  sur la place du numérique ou encore la façon dont est utilisé le DMP en Estonie.

    Participation gratuite, sur inscription via le lien ci-contre.

    Programme

    9h Accueil des invités et petit déjeuner

    9h30 – 9h45 Introduction par Pascal Roché, Directeur général de ‎Ramsay Générale de Santé et Président de la Fondation d’entreprise

    Matinée : « La prévention santé aujourd’hui en France et à l’étranger »

    9h50 – 10h10 « Histoire de la prévention en France » par Stéphane Frioux, maître de conférences d’histoire contemporaine, Université Lumière-Lyon 2 et LARHRA

    10h15 – 11h15 Table ronde 1 : « La place de la prévention dans le système de santé français »

    Animée par Christophe Barbier avec l’aimable participation de : 

    Laurent Bigorgne, Directeur de l’Institut Montaigne

    Patrick Chamboredon, Président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers

    Pascal Douek, médecin du sport, nutritionniste et patient expert sclérose en plaques

    Olivier Véran, député de l’Isère et rapporteur général de la Commission des affaires sociales

    11h20 – 11h30 Contrepoint vidéo « Et ailleurs ? » : la prévention santé au Danemark

    11h35 – 11h55 « La prévention santé a besoin de bon sens et d’innovations » par Nicolas Bouzou, économiste-essayiste, directeur-fondateur d’Asterès

    12h00 – 12h10 Contrepoint vidéo « Et ailleurs ? » : la prévention santé en Australie

    12h15 – 13h30 Déjeuner

    Après-midi : « Agir pour améliorer la prévention santé dès demain »

    13h35 – 13h55 « Les start-ups pour changer le paradigme de la prévention santé » par Nicolas Hazard, Fondateur et président de l’accélérateur Inco

    14h – 15h Table ronde 2 : « La place du numérique dans la prévention santé de demain »

    Animée par Christophe Barbier avec l’aimable participation de : 

    Carole Avril, Directrice générale de la Fédération Française des Diabétiques

    Sylvie Donnasson, CEO de HealthInnov

    Dr Adnan El Bakri, chirurgien, fondateur et PDG d’InnovSanté – InnovHealth

    Arnaud Lambert, cofondateur de aiVision.health

    15h05 – 15h25 « Une prévention 2.0 pour sauver des vies…et notre système de santé ! » par Gilles Babinet, entrepreneur dans le numérique et Digital Champion de la France auprès de la Commission européenne

    15h30 – 15h50 « Le social marketing au service de la prévention » par Patricia Gurviez, professeur de marketing et comportements des consommateurs ; UMR Ingénierie Procédés Aliments, AgroParisTech, INRA, Université Paris-Saclay

    15h55 – 16h05 Contrepoint vidéo « Et ailleurs ? » : le dossier médical électronique en Estonie

    16h10 – 16h15 Remerciements de Pascal Roché, directeur général de ‎Ramsay Générale de Santé et Président de la Fondation d’entreprise

  • Le projet Maxibone teste les substituts osseux imprimés 3D pouvant accueillir les implants dentaires

    Maxibone est le projet européen porté par le laboratoire Phy-Os (Université de Nantes, Inserm et Centre Hospitalier Universitaire de Nantes) qui repose sur le recours à la régénération osseuse maxillo-faciale et qui a reçu fin février 2018 une subvention avoisinant les 6 millions d’euros de la Commission Européenne pour le développement clinique.

    Il s’agit d’un projet qui consiste en la reconstitution d’une structure osseuse basée sur l’utilisation combinée de cellules souches et des biomatériaux. La méthode devrait apporter une réponse de traitement à destination des dizaines de millions de citoyens européens qui ne disposent pas de suffisamment d’os maxillo-facial pour le placement d’implants dentaires.

    Un essai clinique est en cours afin de valider la technique pour aboutir à une mise sur le marché d’ici trois ans.

    Os maxillo-facial fabriqué à partir de cellules souches et d’un biomatériau

    Le projet qui vise à entériner l’approche médicale, coordonné par le Pr Pierre Layrolle, Directeur de recherche dans le laboratoire Phy-Os, repose sur la technique de la médecine régénératrice, impliquant un don de cellules souches.

    Les cellules souches mésenchymateuses, responsables de l’apparition des cartilages, des os et des tissus conjonctifs, peuvent être prélevées dans la moelle osseuse d’un adulte. De récentes études montrent qu’il en existe dans les dents de sagesse.

    La production des cellules souches se fera dans les centres de transfusion sanguine en Allemagne, en Espagne et en France où l’Établissement français du sang de Saint-Herblain sera impliqué.

    En deuxième étape intervient la production de substituts osseux anatomiques par impression 3D à partir d’images scanner de patient. Il s’agit lors de cette deuxième étape d’associer les cellules souches au phosphate de calcium. La production aura lieu à Barcelone, en Espagne par la société Mimetis Biomaterials, qui est à l’origine de la technologie et qui a conduit des tests pré-cliniques.

    La technologie d’impression 3D de Mimetis Biomaterials permet de façonner ce biomatériau à température ambiante tout en contrôlant de manière très précise la géométrie et la porosité du substitut osseux.

    Ce dernier confère l’avantage d’adhérer à la mâchoire du patient et combler le défaut existant.

    Étude clinique pour valider la démarche

    Le projet associe douze partenaires hospitaliers de différentes nationalités issus notamment des pays comme la Norvège, le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne et la France.

    L’essai clinique en cours sera réalisé sur 150 patients et déployé dans 10 grands centres hospitaliers européens parmi lesquels le CHU de Nantes et le CHU Henri Mondor en France.

    L’essai vise à établir notamment l’intérêt de la cette approche innovante impliquant un biomatériau face à la technique traditionnelle consistant à faire une greffe osseuse autologue (prélever une partie d’un os dans le corps du patient).

    Troisième aspect du projet : production cellulaire automatisée par bioréacteur

    Dans le cadre du projet Maxibone, les chercheurs tenteront également de développer la production cellulaire automatisée grâce aux bioréacteurs.

    Le recours à cette technique de production permettra à terme de réduire les coûts associés et préserver à un niveau élevé la sécurité des cellules-médicaments. Enfin, la production au sein de bioréacteurs pourra rapprocher cette technique innovante aux centres de soins à proximité des patients.

  • Depuis le début de la XVe législature, les questions de santé sont au coeur du travail parlementaire

    Les questions de santé occupent le devant de la scène parlementaire. La 15e législature ne compte pas moins, à l’Assemblée, de 15 groupes d’étude dédiés à la santé – dont un seul porte spécifiquement sur la santé numérique -, deux missions d’information et quatre commissions d’enquêtes dévolues aux questions de santé. 

    Si la santé numérique progresse parmi les sujets investis par les députés, le sujet n’est pas le plus fréquemment abordé dans les questions écrites au gouvernement, d’après un article du Quotidien des Médecins publié le lundi 23 avril 2018.

    Une certaine « effervescence parlementaire » autour des questions de santé

    Dans un article publié le lundi 23 avril 2018, le Quotidien des Médecins rapporte que le nombre d’interventions et de saisines parlementaires sur les questions de santé est en nette augmentation depuis le début de la nouvelle législature (juin 2017). On dénombre au total 5 171 interventions se rapportant à des questions de santé, dont 2 343 questions écrites et orales, 1 769 amendements, 221 rapports parlementaires, 123 propositions de loi. 

    Le Quotidien évoque à ce titre une « envolée des questions écrites sur la santé ». En effet, si les 13e (2007-2012) et 14e (2012-2017) législatures ont connu respectivement 2 394 et 5 409 questions écrites, 1 551 QE ont déjà été déposées par les députés de juin 2017 à mars 2018. Les projections effectuées sur cinq ans à partir de ces données laissent ainsi présager du dépôt de 10 320 QE sur toute la durée de la législature. 

    La santé connectée ne fait pas encore partie des sujets les plus plébiscités par les parlementaires

    Les sujets plébiscités par l’Assemblée sont diversifiés, d’après le Quotidien. Ont ainsi fait l’objet de questions, de rapports ou d’interventions, les sujets suivants (par ordre d’importante décroissante) : les vaccins, le myélome multiple, le Lebothyrox, les questions de démographie médicale, la maladie de Lyme, le cancer, la cystite, la Fibromyalgie, la fin de vie, les implats Essure, les perturbateurs endrocriniens, l’alcoolisme, l’autisme, l’anorexie, le Glyphosate, les ondes électromagnétiques, la maladie d’Alzheimer, les maladies orphelines, le tabac et les maisons de santé.

    De nombreuses instances se saisissent des questions de santé à l’Assemblée

    Un groupe d’étude dédié à la santé numérique

    On dénombre aujourd’hui à l’Assemblée 15 groupes d’études dédiés à la santé, et plus précisément à la santé environnementale, alimentation et santé, à l’autisme, au cancer, à la fin de vie, à l’intégration des personnes handicapées, à la lutte contre les addictions, à la maladie de Lyme, aux maladies orphelines, aux professions paramédicales, à la santé à l’école, à la santé numérique, à la santé mondiale.

    Un Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

    L’Assemblée compte également deux missions d’information dédiées à la santé de la jeunesse et à la qualité de vie au travail et un Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique. 

    Elle comporte enfin quatre commissions d’enquête sur l’égal accès aux soins des français, l’affaire Lactalis, les pathologies professionnelles dans l’industrie, et l’alimentation industrielle et la qualité nutritionnelle.

  • EOS Imaging à la conquête du secteur hospitalier orthopédique privé aux États-Unis

    EOS Imaging, start-up spécialisée en imagerie médicale orthopédique 2D/3D, a annoncé le 25 avril 2018 l’installation de son système d’imagerie dans deux centres orthopédiques privés aux États-Unis. Il s’agit des centres de University Orthopaedics de Providence, à Rhode Island, et Hey Clinic à Raleigh, en Caroline du Nord. 

    Les principales caractéristiques de la solution présentées comme un avantage par les professionnels de santé ayant contribué au choix de cette solution sont :
    • la qualité d’image ;
    • la faible radiation qui diminue les risques de cancer ;
    • les capacités de modélisation 3D pour la planification du traitement ;
    • la capacité à améliorer l’échange avec les patients et leurs familles sur leurs pathologies et les options de traitement ;
    • la disponibilité d’un programme de financement sur mesure.

    Selon la société, le secteur privé américain regroupe actuellement 73% des centres de consultation orthopédique.

    Un partenaire de la recherche médicale

    University Orthopaedics est une clinique privée, disposant de plusieurs sites, et dédiée aux pathologies orthopédiques.

    Le centre mène de nombreux programmes de recherche clinique visant à innover dans le domaine des techniques de chirurgie orthopédique, des implants chirurgicaux et dans la prévention des pathologies ostéo-articulaires, ce qui explique son intérêt pour une solution d’imagerie médicale innovante dédiée aux pathologies ostéo-articulaires et à l’orthopédie, qui associe équipement et services.

    Marie Meynadier, la CEO d’EOS Imaging a déclaré à propos de ces deux opérations : « Notre technologie a obtenu une reconnaissance solide des hôpitaux universitaires privés, tant sur le plan clinique qu’en termes d’efficacité opérationnelle. Les centres de consultation privés jouent un rôle important dans les soins orthopédiques aux États-Unis et nous ferons de notre mieux pour les aider à faciliter l’accès à notre solution 2D / 3D à faible dose pour un nombre croissant de patients. »

    La société espère continuer à équiper les centres de soins orthopédiques américains.