care_insight

  • Feuille de route pour la généralisation du DMP par les établissements de santé et suivi national

    L’instruction ministérielle N° SG/DSSIS/DGOS/DGCS/CNAM/2018/72 du 13 mars 2018, élaborée conjointement par la Délégation à la Stratégie des Systèmes d’Information de Santé (DSSIS) et la Cnam, appelant à l’accélération de la généralisation du DMP a été publiée le 25 avril 2018.

    Elle vise les directeurs des agences régionales de santé (ARS) et les directeurs-coordonnateurs de la gestion du risque (DCGDR) de l’assurance maladie de la Cnam et leur demande de mettre en œuvre en région à compter notamment du deuxième semestre 2018 :
    • un dispositif de mobilisation des établissements de santé et de sensibilisation des Ehpad pour la phase de généralisation du dossier médical partagé (DMP) ;
    • un dispositif de suivi et de remontées d’informations vers le niveau national, objet d’instances ad hoc.

    Une accélération de la création et de l’enrichissement du DMP est entamée depuis la fin du premier trimestre 2018 et elle se poursuivra au second trimestre avec l’association des éditeurs des logiciels de pharmacie visant à permettre la création des DMP par les pharmaciens d’officine. La dernière phase consistera en une création en masse des DMP à partir du dernier trimestre 2018.

    Les établissements de santé doivent établir des cartographies des systèmes d’information afin de répertorier ceux interopérables avec le DMP.

    Des instances de pilotage et de suivi sont prévues.

    Les enseignements de la phase de présérie conduite sur neuf départements

    La phase de présérie a permis de comprendre qu’un usage dynamique du DMP était lié à la création en masse du DMP et son enrichissement par les professionnels de santé

    À la suite de cette phase conduite sur neuf départements qui visait à établir une procédure efficace de déploiement et doter le DMP de nouvelles fonctionnalités, la DSSIS a décidé d’accélérer la mobilisation des établissements de santé, en vue d’un déploiement généralisé fin 2018, et la sensibilisation des Ehpad et autres établissements de santé afin qu’ils procèdent au renseignement du DMP.

    9 départements et 360 000 DMP créés en un an

    Les neufs départements concernés étaient : Côtes-d’Armor, Somme, Val-de-Marne, Indre-et-Loire, Bas-Rhin, Doubs, Haute-Garonne, circonscription de la caisse d’Assurance maladie de Bayonne, Puy-de-Dôme.

    Faits notables de la présérie :

    • plus de 70% des DMP créés l’ont été à l’accueil des caisses ;
    • 25% des DMP créés l’a été par les patients eux-mêmes, directement via le site internet du DMP ;
    • fin 2017, 60% des établissements de santé des départements cités alimentaient le DMP (contre 40% en 2016), mais ils sont très peu impliqués dans la création des DMP;
    • 15% des médecins libéraux attachés aux caisses des départements cités accédaient de façon régulière aux DMPs créés à partir du dernier semestre 2017.

    Feuille de route de la généralisation nationale du DMP

    Dans la version de déploiement national, la création des DMP pour les ayants-droit du régime général est rendue possible.

    La généralisation nationale repose sur l’implication de divers acteurs de façon échelonné sur l’année :

    • dès le début de l’année 2018, des actions de mobilisation des établissements de santé et de sensibilisation des Ehpad ont commencé à être mises en place. Les actions de sensibilisation concernent avant tout les personnels des Ehpad invités à enrichir le DMP avec les Dossiers de Liaison des Urgences (DLU), et les médecins traitants des résidents. Ces derniers doivent organiser des échanges avec les médecins coordonnateurs de ces établissements et participer aux commissions de coordination gériatrique ;
    • une collaboration avec les éditeurs des logiciels de pharmacie est mise en œuvre depuis le deuxième trimestre 2018 afin de permettre la création des DMP par les pharmaciens d’officine à partir du dernier trimestre 2018 ;
    • la création des DMP par les patients sur internet sera généralisée ;
    • les services d’accueil des caisses d’assurance maladie pourront procéder à la création de dossiers dès juin 2018, mais seront intégralement opérationnels fin septembre 2018 ;
    • une campagne nationale de communication et d’information à destination du grand public sera lancée en octobre 2018.

    Objectifs fixés pour les établissement de santé, Ehpad et autres structures

    L’objectif global visé est :

    • 70% des établissements de santé supports de GHT doivent être équipés pour alimenter le DMP fin 2018, alors que le taux des 100% des établissements est visé pour la fin du premier semestre de 2019 ;
    • les établissement de santé privés doivent faire le nécessaire pour se doter de systèmes d’information compatibles avec le DMP et permettant de l’alimenter.

    Les établissements de santé doivent suivre les étapes suivantes :

    • établir une cartographie des SI compatibles avec le DMP pour la fin du mois d’avril 2018 ;
    • identifier des établissements de santé, en priorité des établissements de santé support d’un GHT dont les CHU, en privilégiant ceux qui disposent d’un DPI interopérable avec le système d’information du DMP ou d’un DPI pour lequel l’éditeur de logiciel a développé une version compatible avec le DMP, mais qui n’est pas encore installée dans l’établissement ;
    • mobiliser les représentants des GRADeS et des CPAM, par respectivement les ARS et les DCGDR de l’assurance maladie pour qu’ensemble, ils organisent des rencontres avec les directeurs des établissements de santé et les présidents de CME afin de les engager dans la démarche prioritaire d’alimentation du DMP par les CRH et les lettres de liaison de sortie.

    Pilotage et suivi au niveau national

    Le suivi de la mise en œuvre des plans d’actions par les ARS fera l’objet d’une instance ad hoc composée notamment du SGMCAS, de la DGOS, de la DGCS, de la DSS et de la Cnam, ainsi que des représentants des ARS.

    La progression du déploiement, l’alimentation des DMP et l’évolution de leur usage devront être décrits de façon mensuelle auprès de la CNAM, de la DGOS et du SGMCAS. Les modalités pratiques de remontées d’informations seront définies en liaison avec les ARS et les DCGDR et mis en place en collaboration avec l’ASIP Santé.

    Enfin, dans le cadre du programme HOP’EN pour 2018-2022, des indicateurs spécifiques à l’alimentation du DMP seront définis et le Comité de pilotage national du DMP sera informé de l’avancement de la phase de déploiement généralisé.

  • DCGDR

    Direction de la coordination de la gestion du risquenull

  • CRH

    Compte-rendu d’hospitalisationnull

  • SGMAS

    Secrétariat général des ministères chargés des affaires socialesnull

  • SGInnovate (Singapour) investit dans une start-up centrée sur l’IA pour les opérations chirurgicales

    La société deep tech SGInnovate a annoncé le 10 avril 2018 avoir finalisé un investissement dans NDR Medical Technology (NDR), une start-up basée à Singapour qui combine intelligence artificielle (IA), robotique et vision par ordinateur pour faciliter les procédures chirurgicales.

    Des travaux préparatoires sont en cours pour que le système passe un essai clinique pilote. Le dispositif devrait être lancé sur le marché au cours du premier trimestre 2020.

    Une système de guidage robotisé intelligent pour gagner en précision

    NDR a développé un système exclusif de guidage robotisé intelligent connu sous le nom d’« Automated Needle Targeting » (ANT) ou « ciblage automatique des aiguilles » en français.

    Un outil qui combine IA, traitement d’images et vision 3D

    Le système utilise l’intelligence artificielle et un dispositif de traitement d’images pour aider les chirurgiens à visualiser l’emplacement 3D de la lésion ciblée dans le corps du patient.

    En combinant la technologie de réglage de précision et de guidage de l’ANT avec l’habileté et la dextérité du médecin, les chirurgiens sont maintenant en mesure d’obtenir une vision ultra précise pour aligner leur aiguille et bien se positionner pour cibler au mieux les lésions.

    « Un système qui allie IA et un outil chirurgical de haute précision est une combinaison puissante. Les médecins nous ont [expliqué] que ce système pouvait augmenter l’efficacité des interventions chirurgicales pour améliorer les résultats cliniques et la vie des patients, a déclaré Steve Leonard, Pdg. et fondateur de SGInnovate (source : Enterpriseinnovation.net). En outre, la technologie sous-jacente de NDR a été conçue peut être appliquée dans d’autres industries. À SGInnovate, notre mission est de permettre aux start-up deep tech [de développer des solutions] depuis Singapour pour le monde entier. »

    ANT : une précision de + ou + 1mm

    Les systèmes de commande chirurgicale conventionnels reposent sur des capteurs électroniques et mécaniques ainsi que sur des coordonnées préprogrammées pour effectuer le ciblage des lésions, ce qui nécessite souvent une intervention manuelle des chirurgiens.

    L’outil se perfectionne au fil de ses utilisations

    L’ANT représente une importante amélioration car il combine le matériel et le logiciel nécessaires au positionnement automatique de l’aiguille, atteignant une précision d’environ 1 millimètre.

    Les algorithmes basés sur l’intelligence artificielle permettent également au système d’utiliser des données traitées selon le principe de l’apprentissage automatique pour améliorer continuellement la précision de l’outil.

    Des risques réduits pour les patients, des formations plus courtes pour les chirurgiens

    Au fil de son utilisation, le système a le potentiel de réduire considérablement les risques liés à une opération chirurgicale et le temps d’apprentissage des chirurgiens souhaitant réaliser des chirurgies avancées mini-invasive. Les patients peuvent également espérer des temps de récupération plus courts et des risques moins élevés d’effets secondaires indésirables.

    NDR travaille actuellement sur le déploiement de l’ANT pour la tomodensitométrie et l’imagerie par ultrasons. La société prévoit également dans un avenir proche d’étendre l’utilisation du système ANT dans d’autres secteurs médicaux, tels que l’orthopédie et l’anesthésie.

  • SGInnovate (Singapore) invests in AI-focused startup for surgical operations

    Deep tech company SGInnovate announced on April 10, 2018 that it has completed an investment in NDR Medical Technology (NDR), a Singapore-based startup which is among the few pioneers that combines Artificial Intelligence (AI), robotics and computer vision for surgical procedures.

    Preparatory work is underway for the system to go into a pilot clinical trial. Commercial application is expected to be launched in the first quarter of 2020.

    A smart robotic guiding system system to increase accuracy in surgery

    NDR has developed a proprietary smart robotic guiding system known as Automated Needle Targeting (ANT).

    A tool that combines AI, image processing and 3D vision

    The system uses artificial intelligence and image processing to help surgeons visualize the 3D location of the target lesion in the patient’s body.

    By combining the ANT’s precision adjustment and guiding technology with the surgeon’s skill and dexterity, surgeons are now able to get a very precise vision for needle alignment and positioning to target lesions.

    « A system that brings AI and a high-precision surgical tool together is a powerful combination. Doctors have told us this system can raise the efficacy of surgical procedures to improve the clinical outcomes and lives of patients, » said Steve Leonard, founding CEO of SGInnovate (source: Enterpriseinnovation.net). « In addition, the underlying technology NDR has built can be applied in other industries. As SGInnovate, our mission is to enable deep tech startups to build from Singapore for the world. »

    ANT: an accuracy of up to ±1mm

    Conventional surgical control systems rely on electronic and mechanical sensors as well as pre-programmed coordinates to target lesions, which often requires manual intervention by surgeons.

    Using training data to continually improve the accuracy

    ANT represents a significant improvement as it combines both hardware and software to automatically position the needle, achieving an accuracy of up to ±1mm.

    Artificial intelligence based algorithms also allow the system to use training data to continually improve the accuracy of how lesions are targeted.

    Results: lower risks for patients, shorter learning curves for surgeons

    Over time, the system has the potential to significantly reduce the risks of surgery and shortens the learning curves for surgeons to perform advanced minimally invasive surgeries as compared to invasive surgeries using conventional procedural methods. Patients can also expect faster recovery times and lower risks of unwanted side effects.

    NDR is currently working on the deployment of ANT for CT scans and ultrasound imaging. The company also plans to expand the use of the ANT system in other medical applications, such as orthopedics and anesthesia in the near future.

  • Maladies chroniques : Medopad lance un système pour recueillir des données biométriques en Chine

    Un système de surveillance conçu pour recueillir des données biométriques sur les patients souffrant de maladies chroniques sera testé courant 2018 dans les hôpitaux de la Chine continentale, a annoncé mi-avril 2018 Medopad, à l’origine du programme.

    Le groupe britannique recherche des investisseurs stratégiques à long terme en Chine pour l’aider à financer ses projets pilotes qui seront lancés au cours de l’année 2018.

    Une e-plateforme pour collecter des données à partir de dispositifs portables

    « La Chine est de loin le marché le plus important pour nous, a déclaré le co-fondateur et Pdg de Medopad, Dan Vahdat, en marge du Forum de Boao pour l’Asie qui s’est tenu du 8 au 11 avril 2018 (source : Scmp.com). Nous sommes venus en Chine il y a quatre ans pour apprendre et faire des erreurs jusqu’à ce que nous trouvions les bons partenaires. »

    Medopad ouvrira un bureau à Shanghai qui accueillera jusqu’à 50 personnes, dans le cadre d’un plan visant à multiplier ses effectifs mondiaux par 10, pour ainsi atteindre 500 employés dans les dix-huit prochains mois.

    Des données partagées avec les hôpitaux, les groupes pharmaceutiques et les assureurs

    L’entreprise, déjà présente en Europe et aux États-Unis, a pour objectif de développer une plate-forme numérique en Chine pour collecter des données à partir de dispositifs électroniques portables sur des patients souffrant de maladies chroniques.

    Ces informations seront partagées avec les hôpitaux, les groupes pharmaceutiques et les compagnies d’assurance pour économiser les frais médicaux et améliorer l’efficacité du traitement.

    Medopad a signé des accords commerciaux en Chine d’une valeur de 100 M. $

    Dans le cadre de la visite officielle effectuée en Chine par la Première ministre britannique Theresa May début février, Medopad a annoncé avoir signé des accords commerciaux d’une valeur de 100 millions de livres (114,5 M. € ; 139 M. US$) avec des entreprises telles que le géant informatique Lenovo, le conglomérat chinois China Resources Group et l’unité chinoise du groupe pharmaceutique britannique GSK.

    Le groupe britannique a par ailleurs signé un accord de coopération avec Tencent Holdings sur la prévision de la santé. Il a également établi un partenaire technologique avec le fournisseur de produits de santé et de service de télémédecine Ping An Healthcare and Technology, une unité du conglomérat financier Ping An Insurance.

    Depuis le début de l’année, Medopad a levé plus de 28 millions de dollars US (23 M. €). L’entreprise espère recueillir au total 120 millions de dollars dans les prochains mois (99 M. €). Ses bailleurs de fonds actuels incluent le géant pharmaceutique allemand Bayer, la compagnie d’assurance médicale anglaise Bupa et NWS Holdings, une entreprise immobilière basée à Hong Kong .

    Un partenariat avec une dizaine d’hôpitaux

    La société britannique prévoit de déployer ses logiciels en Chine courant 2018 dans plus de dix hôpitaux affiliés à l’Université de Pékin et à la Capital Medical University.

    Les frais varieront en fonction du nombre de patients

    Ces projets pilotes concerneront initialement quelques centaines de patients, en particulier ceux atteints de la maladie de Parkinson. Les gestes des patients et leur temps de réaction seront mesurés pour améliorer le diagnostic.

    « Monétiser [les données de santé] peut prendre plus de trois ans »

    Medopad facture des frais annuels qui varient en fonction du nombre de patients et des fonctionnalités, qui sont payés par les assureurs, les sociétés pharmaceutiques ou les patients.

    Selon Fabio La Mola, responsable de la pratique des sciences de la vie en Asie du Sud-Est au sein du cabinet de conseil L.E.K. Consulting, les sociétés health tech ont tendance à facturer des frais peu élevés initialement pour encourager l’adoption de leur technologie, ce qui leur permettra de développer des sources de revenus supplémentaires.

    « Les données sont une mine d’or lorsque l’échantillon est assez important et peuvent être combinées avec d’autres données telles que les dossiers médicaux électroniques, les essais cliniques et les données d’assurance et de remboursement, a-t-il déclaré. Monétiser ces données peut prendre plus de trois ans car des [informations] sur le même patient doivent être collectées pendant une longue période [pour que le résultat soit intéressant]. »

  • Chronic diseases: Medopad to launches system to collect biometric data in China

    A monitoring system designed to collect biometric data on outpatients with chronic diseases will be tested this year in hospitals in mainland China, announced in April 2018 Medopad, which initiated the program.

    The British software developer is seeking long-term strategic investors in China to help fund pilot projects to be launched in 2018.

    A digital platform to collect data from wearable devices

    « China is the most important market for us by far, » Medopad co-founder and CEO Dan Vahdat said on the sidelines of the Boao Forum for Asia held from 8 to 11 April 2018 (source: Scmp.com). « We came to China four years ago to learn and make mistakes until we found the right partners. « 

    Medopad will set up an office in Shanghai that will house up to 50 staff, as part of a plan to boost global headcount by 10-fold to reach 500 in the next 18 months.

    Data shared with hospitals, pharmaceutical and insurance companies

    The company, which has operations in Europe and the US, aims to develop a digital platform in China to collect data from wearable electronic devices on patients suffering from chronic diseases.

    This data will be shared with hospitals, pharmaceutical and insurance companies to save medical costs and improve treatment efficiency.

    Medopad has signed trade deals worth £100 million in China

    As part of Prime Minister Theresa May’s official visit to China in early February, Medopad announced that it has signed trade deals worth 100 million pounds (€114.5m; US$139m) with companies including computer giant Lenovo, China Resources Group and the China unit of British pharmaceutical group GSK.

    The British group has also signed a cooperation agreement with Tencent Holdings on health prediction and has established a technology partner with online doctor consultations and health care products provider Ping An Healthcare and Technology, a unit of financial conglomerate Ping An Insurance.

    Since the beginning of the year, Medopad secured US$28 million (€23m) of private equity capital. The company aims to raise in total US$120 million (€99m) in the coming months. Its current backers include German pharmaceutical giant Bayer, British medical insurance company Bupa and Hong Kong property group NWS Holdings.

    A partnership with a dozen hospitals

    The company plans to deploy its software in China later this year at more than 10 hospitals affiliated with Peking University and Capital Medical University.

    Fees will vary according to the number of patients

    These pilot projects will initially involve a few hundred patients, with a focus on those with Parkinson’s disease. Patient movement and reaction time will be measured to improve diagnosis.

    Medopad charges annual fees that vary depending on the number of patients and functionalities, that are paid by insurers, pharmaceutical companies or patients.

    According to Fabio La Mola, head of Southeast Asia life sciences practice at L.E.K. Consulting, health tech companies tend to charge low fees initially to encourage adoption of their technology, which will allow them to develop additional revenues sources.

    « Monetizing [health data] can take over three years »

    « The data is a gold mine when the sample is large enough, and can be combined with other data such as electronic medical records, clinical trials and insurance and reimbursement data, » he said. « Monetizing this data can take over three years as data on the same patient for a long time needs to be collected. »

  • Data : Bilan des levées de fonds des start-ups de la e-santé du mois d’avril 2018

    73,45 millions d’euros – tel est le montant levé par des start-ups françaises de la e-santé en avril 2018.

    L’ensemble des transactions est détaillé dans la rubrique Data du site Health&Tech Intelligence, publié mercredi 2 mai 2018 via ce lien.

  • « Les acteurs de la santé peuvent bénéficier de la recherche médicale spatiale » (CNES et Lyonbiopôle)

    « Permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques », tel est l’enjeu de la collaboration entre Lyonbiopôle, pôle de compétitivité santé basé à Lyon, et le Centre national d’études spatiales (CNES), entérinée le 29 mars 2018 à l’occasion d’une première journée de réflexion commune.

    H&TI s’est entretenu avec Christophe Cizeron, président de Lyonbiopôle et Gilles Rabin, économiste en Chef du CNES.

    L’objectif du partenariat est triple, rappellent-ils :
    • faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales ;
    • favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres ;
    • identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.

    Votre partenariat part du principe que les études spatiales peuvent accompagner le développement de solutions en santé mais aussi que les start-ups en e-santé de Lyonbiopôle sont susceptibles d’apporter des solutions au CNES. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Gilles Rabin, économiste en chef au CNES : Les questions de santé ont toujours fait partie des préoccupations du spatial et inversement : d’abord parce que quand on envoie un homme dans l’espace, on veut qu’il soit en bonne santé, qu’il le reste pendant son séjour et après son retour.

    Ensuite, on a toujours monitorisé les variables du corps humain des astronautes. On sait en direct si leur cœur bat trop fort, s’ils suent, etc. Récemment Thomas Pesquet a aussi montré au grand public qu’il réalisait lui-même depuis la station spatiale des échographies quotidiennes qu’il envoyait aux médecins des équipes santé du MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiale), l’une des filiales du CNES. Il existe donc depuis longtemps une télémédecine de l’espace, du télédiagnostic, des transmissions de données médicales. Il est intéressant de voir comment notre expérience peut aider au développement de la télémédecine terrestre. 

    Enfin, quand on envoie des astronautes dans l’espace pendant plusieurs mois, il peut survenir une rage de dent, des problèmes de cœur et bien entendu des problèmes psychologiques, c’est ce à quoi se consacrent les professionnels du MEDES, qui étaient présents lors de cette journée d’échange. Ils peuvent bénéficier de l’expérience et de l’expertise des starts-ups de la e-santé de Lyonbiopôle.

    Christophe Cizeron, Président de Lyonbiopôle : Déployer un partenariat avec le CNES sur le développement d’applications médicales s’inscrit dans la mission fondamentale du pôle de mise en relation d’acteurs complémentaires et de promotion de l’innovation en santé. L’écosystème de Lyonbiopôle a beaucoup à partager avec celui de CNES. Il s’agit non seulement de permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques.

    La puissance de la révolution numérique bouleverse le domaine de la santé : médecine personnalisée, nanotechnologies, Big Data, connexion numérique des territoires … Autant de changements qui façonnent la médecine du futur. Le spatial pourrait accompagner par exemple la transformation numérique en santé, en contribuant à faciliter l’accès à une santé pour tous, accélérant la R&D et participant à l’amélioration de l’offre de soins. Les vols habités nécessitent également de relever d’autres défis en santé pour limiter les effets de la microgravité, du confinement et des radiations sur le corps humain. Les recherches et solutions dans ce domaine peuvent avoir des retombées pour des applications sur terre dans la lutte contre le vieillissement et de nombreuses pathologies !

    L’écosystème de Lyonbiopôle peut apporter son expertise au CNES. En effet, Lyon dispose par exemple d’un P4 (laboratoire de haute sécurité, ndlr), qui pourrait être utilisé dans le futur par le CNES pour l’analyse de micro-organismes très pathogènes suite au prélèvement d’échantillons lors d’expéditions lointaines, pourquoi pas de Mars ?

    Quelles solutions innovantes envisagez-vous ? A quelle échéance ? Avec quels moyens ?

    Rabin et C. Cizeron : Notre volonté est de développer une stratégie commune de développement d’applications médicales. L’objectif est triple : faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales, favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres et enfin identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.  

    Ce partenariat pourrait, dites-vous, aider à développer des stratégies médicales de lutte contre le vieillissement ?

    G. Rabin : Pourquoi pas. Les astronautes qui reviennent de mission ont subi un vieillissement accéléré et ils ont les muscles atrophiés. Les professionnels du MEDES les aident à se réhabituer à la terre, à la gravité, à se remuscler. Ils sont au final dans un état proche d’une personne qui sort de plusieurs mois passés dans un lit d’hôpital. Quels sont les technologies, les médicaments que l’on pourrait utiliser pour aider l’un et l’autre ? Nous pourrions partager nos réflexions et nos recherches. Au CNES nous avons avancé sur ces questions mais les traitements que nous utilisons ne sont que des tests. Il faut voir si on peut les étendre à grande échelle.

    Quid de la télémédecine ? En effet si c’est faisable dans le domaine spatial, pourquoi n’est-ce pas déjà développé sur terre ?

    Bien sûr que les outils que nous développons pour les IRM, les échographies dans l’espace peuvent servir sur terre pour une personne âgée au fin fond de la Bretagne mais plusieurs problèmes se posent et ce ne sont pas des problèmes technologiques. Il y a d’abord le coût mais aussi des questions pratiques et législatives : Qui peut exercer la télémédecine ? Quelle liaison entre le domicile et l’hôpital ? Quelles précautions faut-il prendre pour assurer la sécurisation et l’anonymisation des données transmises par satellite ou 5G ? etc.

    Le 29 mars 2018 vous avez participé à une première journée de réflexion. Quelles ont été les premières conclusions ?

    C. Cizeron : Cette journée marquait effectivement le lancement de notre partenariat stratégique avec le CNES. Les échanges très intéressants, organisés autour de trois tables rondes, ont permis de partager les visions sur l’usage des technologies spatiales en santé, sur la notion d’habitat sain dans un environnement hostile à propos des vols habités et sur le suivi de la santé des astronautes dans l’espace, plus particulièrement la synergie avec le vieillissement et la sédentarité.

    Les éclairages des intervenants du CNES et des entreprises du domaine de la santé ont permis de mettre en lumière de nombreuses possibilités de collaboration.

    Quelles ont été les réactions des participants : start-ups, PME et grands groupes issus des biotechnologies, du diagnostic et de la e-santé ?

    G. Rabin et C. Cizeron : L’ensemble des participants était assez enthousiaste. Cette rencontre est la première d’une série, dont la finalité est de favoriser les approches interdisciplinaires et l’émergence de solutions innovantes. Ce partenariat d’envergure traduit la capacité de Lyonbiopôle et des acteurs de l’écosystème santé Auvergne-Rhône-Alpes à jouer un rôle moteur face aux enjeux de structuration de l’innovation santé en France. Aucun contrat n’a été signé pour le moment, les différents acteurs apprennent à se connaître et vont voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. 

    Vous préparez pour octobre 2018 à Lyon des tables-rondes dédiées à aux applications spatiales au service de la santé. Pouvez-vous en dire plus aux lecteurs de H&TI ?

    C. Cizeron : Nous organisons chaque année en octobre notre « Journée Collaborative ». Cet événement scientifique aborde des thématiques prospectives au travers de tables rondes, conférences plénières, pitchs d’entreprises et de projets innovants. En octobre 2018, nous comptons donc dédier au moins deux tables rondes aux thématiques Espace & Santé, le plus difficile restant de sélectionner deux thèmes compte tenu du nombre potentiel de sujets intéressants et de passerelles entre nos écosystèmes.