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  • PHW18 : Diapason, l’application mobile d’Immersive Therapy contre les acouphènes chroniques

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech intelligence a rencontré Lilian Delaveau, co-fondateur et CEO de la start-up Immersive Therapy, spécialisée dans le développement d’outils destinés à rendre les patients souffrant d’affections chroniques, acteurs de leurs soins – en particulier les soins difficiles à mettre en oeuvre, douloureux ou traumatisants.

    Cette start-up présente lors de la Paris Healthcare Week 2018, avant sa mise en ligne prévue pour décembre 2018 (date à laquelle ce dispositif médical devrait obtenir sa certification CE), Diapason, application mobile thérapeutique destinée aux patients souffrant d’acouphènes chroniques.

    Qu’est-ce que Diapason ? A qui s’adresse-t-il ?

    Diapason est une application mobile qui a pour but de rendre financièrement, physiquement et psychologiquement accessibles plusieurs méthodes de traitement des acouphènes. Cette application est plus spécifiquement destinée à des patients atteints d’acouphènes chroniques et pour lesquels cette affection constitue une souffrance quotidienne.

    En effet, cette pathologie, qui se définit comme une sensation auditive anormale à type de sifflements ou de bourdonnements non reliée à une cause extérieure et qui dure dans le temps, peut être mal vécue par certains patients (1/5 des patients concernés par les acouphènes chroniques), chez lesquels l’acouphène peut induire des mécanismes obsessionnels. L’arsenal thérapeutique classiquement proposé à ces patients, non seulement réduit, est par ailleurs difficile d’accès : beaucoup de méthodes thérapeutiques relèvent de la psychothérapie ou de la sophrologie, approches qui nécessitent du temps et des ressources financières dont beaucoup de patients ne disposent pas.

    C’est à ces patients que s’adresse l’application mobile Diapason, qui vise à rompre les mécanismes obsessionnels induits par les acouphènes, à dé-focaliser l’attention des patients de ces phénomènes sensoriels sans stimulus pour les rendre plus supportables au quotidien.

    Comment fonctionne l’application ?

    Pour rompre les mécanismes obsessionnels engendrés par les acouphènes chroniques, Diapason propose :

    • des informations, apportées sous forme de questionnaires, jeux, textes, etc. : à Immersive Therapy, nous sommes convaincus qu’un patient qui comprend bien sa pathologie, en particulier chronique, est un patient qui peut améliorer sa vie quotidienne non plus malgré mais avec sa maladie ;
    • une thérapie sonore, qui prend la forme de mini-jeux sonores que nous avons voulus simples et intuitifs ;
    • une thérapie cognitivo-comportementale sous forme de serious games.

    A titre d’exemples, le but d’un des jeux proposés est de relier des points invisibles mais sonores, un autre consiste en un cadenas associé à des bruits d’acouphènes, que l’on peut ouvrir puis refermer.

    Toutes ces fonctionnalités sont conçues pour que le patient puisse utiliser l’application en totale autonomie, même si Diapason, superposable à un parcours thérapeutique plus classique, peut être utilisé par le patient au cours d’une consultation avec un professionnel.

    En outre, l’application Diapason est conçue pour pouvoir fonctionner sur smartphone (Androïd, iOs) – nous espérons qu’elle puisse être téléchargeable dès décembre 2018, date à laquelle elle devrait obtenir son marquage CE et devenir prescriptible par des professionnels de la santé. Nous avons choisi de développer Diapason sur smartphone pour la rendre le plus accessible possible : en fait, contrairement à une idée aussi reçue que répandue, beaucoup de personnes âgées de plus de 60 ans (la plupart des patients souffrant d’acouphènes chroniques sont des séniors) ont un smartphone et savent s’en servir !

    Sur quel modèle économique vous appuyez-vous ?

    Diapason n’est pas une application mobile gratuite : c’est un outil thérapeutique qui coûte 150 euros par an. Nous avons calculé son prix afin qu’il reste modeste comparé à une psychothérapie classique, par exemple. Ce coût que nous jugeons raisonnable devrait permettre à tout patient désireux de faire l’acquisition de notre application, d’accéder aux outils thérapeutiques proposés par Diapason.

    Par ailleurs, nous avons conçu Diapason afin qu’il puisse être téléchargeable et utilisable sur des smartphones d’entrée de gamme, afin de limiter les coûts annexes à l’application.

    Quelles évolutions prévoyez-vous pour Diapason et pour Immersive Therapy ?

    Si la première version de Diapason sera utilisable par le patient en autonomie totale, nous souhaitons à l’avenir développer des extensions dédiées aux professionnels, dans le but d’aider à améliorer le suivi thérapeutique, de faciliter le dialogue entre professionnels de la santé et patients.

    Le marquage CE permettra aussi de rendre Diapason prescriptible par les professionnels de la santé, et peut-être de discuter avec la sécurité sociale d’un éventuel remboursement de ce dispositif.

    Concernant Immersive Therapy – où nous tenons à cultiver une vision globale du patient atteint de maladie chronique, à tenter de comprendre ce patient particulier et d’améliorer sa prise en charge en l’incluant et le rendant acteur de ses soins – nous espérons, dans le futur, être amenés à développer d’autres dispositifs destinés à d’autres patients en souffrance.

  • L’assureur AIA s’allie à Medix pour assister ses patients tout au long du traitement (Singapour)

    La compagnie d’assurance AIA Singapore et Medix, l’un des plus importants fournisseurs de solutions de gestion médicale, ont annoncé le 16 mai 2018 avoir conclu un partenariat exclusif pour fournir aux patients des services personnalisés tout au long de leur parcours de soins.

    Le dispositif, le premier du genre à Singapour, aidera les clients d’AIA confrontés à de graves problèmes médicaux à obtenir un diagnostic le plus rapidement possible, à accéder à un traitement optimal et à bénéficier d’un soutien pendant toute la durée de leur traitement.

    AIA Singapore renforce son implication dans le parcours de soins de ses clients

    Ce nouveau service complète la proposition globale d’AIA Singapore dans le domaine des soins, visant à assurer aux assurés de la société le meilleur traitement possible et un soutien personnalisé pendant leur parcours médical.

    « (…) Nous sommes allés au-delà du modèle d’entreprise d’assurance traditionnelle et passive, et nous nous sommes engagés à faire partie intégrante [du] parcours de vie [de nos clients], a déclaré Patrick Teow, directeur général d’AIA Singapore (source : Asiaone.com). [Grâce à] ce partenariat exclusif [conclu avec Medix] nous [pensons pouvoir] donner à nos clients les moyens de vivre une vie plus saine, plus longue et de meilleure qualité. »

    Un soutien personnalisé à chaque étape de la prise en charge

    Les assurés sous contrat AIA Max Essential A et A Saver pourront utiliser le service de Medix afin de recevoir un soutien personnalisé à chaque étape de la prise en charge de leurs graves problèmes médicaux, comprenant l’évaluation médicale, une éventuelle réévaluation, les recommandations de tests médicaux, les consultations pluridisciplinaires et les conseils médicaux sur le long terme dispensés par les 300 médecins internes de Medix et un réseau mondial de plus de 3 000 spécialistes indépendants de premier plan.

    « Les patients souffrant de graves problèmes de santé ont souvent beaucoup de questions sur leurs options de soins et éprouvent beaucoup de stress (…), explique Melita Teo, chef des opérations d’AIA Singapore. Ils ont besoin d’un soutien continu tout au long de leur parcours de traitement pour les aider à faire face aux complications [et] aux effets secondaires [mais aussi pour] leur fournir un soutien émotionnel. Le service de gestion de cas de Medix sert de pont entre le patient et le monde complexe des soins médicaux. En [suivant] le patient depuis le diagnostic jusqu’au rétablissement, le service aidera à améliorer l’expérience globale de soins et assurera la délivrance de soins de qualité. »

    Un service disponible tout au long du traitement

    Le service est fourni pour une période d’au moins trois mois et disponible si besoin tout au long du parcours médical du client.

    • Dans un premier temps, Medix synthétisera les antécédents médicaux du client et les résultats de ses tests actuels, recueillera des opinions multidisciplinaires auprès de différents spécialistes et mènera des discussions avec l’équipe de soins multidisciplinaires.
    • Sur la base de ces informations, l’entreprise proposera au patient de réaliser les tests reposant sur des techniques médicales les plus avancés et les plus appropriés pour s’assurer que le bon diagnostic a été établi, puis lui recommandera le meilleur plan de traitement possible. Ce processus inclura la recommandation du médecin le plus approprié pour l’état de santé du patient en question.
    • Par la suite, Medix continuera à soutenir le client dans son parcours de soins et à travailler en collaboration avec son médecin traitant pour suivre le traitement en cours et les effets secondaires, connaître les éventuelles complications et répondre aux questions du patient dans l’optique de lui garantir la meilleure qualité de soins possible.
  • Singapore’s AIA insurer partners with Medix to support patients through their treatment journey

    AIA Singapore insurance company and Medix, a global provider of medical management solutions, announced on May 16, 2018 that they have entered into an exclusive partnership to provide patients with personal medical case management services.

    The device, which is the first of its kind in Singapore, will help AIA customers facing serious medical problems to obtain the right diagnosis as fast as possible, have access to optimal treatment, and will make sure they are supported through their treatment journey until recovery.

    AIA Singapore to get more involved into the care of its beneficiaries

    This new service complements AIA Singapore’s comprehensive healthcare offering, that aims to provide customers with the best possible treatment and personalized ongoing support throughout their medical journey when they face serious medical conditions.

    « (…) We have gone beyond the traditional and passive insurance business model, and are committed to being an integral part of [our customers’] life journey, » Patrick Teow, chief executive officer of AIA Singapore, said (source: Asiaone.com). « We are confident that with this exclusive partnership, we are able to empower our customers to live healthier, longer and better lives. « 

    Personal support at every step of the treatment

    AIA Max Essential A and A Saver policyholders will be able to use Medix device to receive personal support at every step in the management of their serious medical conditions, including medical assessment, re-evaluation, referral for testing, ongoing multi-disciplinary consultations and long term medical guidance by Medix’ 300 in-house doctors and a global network of over 3,000 leading independent specialists.

    « Patients with serious medical conditions often have many questions about their care options and experience a great deal of stress and anxiety, » said Melita Teo, chief operating officer of AIA Singapore. « They need ongoing support throughout their treatment journey to help them cope with complications, side effects and provide emotional support. The case management service from Medix serves as a bridge between the patient and the complex world of medical care. By journeying with the patient from diagnosis to recovery, the service will help to improve the overall care experience and ensure the delivery of high quality care. »

    On-demand service available throughout the customer’s medical journey

    The service is provided for a period of at least three months and available upon need throughout the patient’s medical journey.

    Subsequently, Medix will continue to support beneficiaries, and work in collaboration with the customer’s treating doctor, to deal with on-going treatments, side-effects, complications if any and questions, in order to ensure that the best quality care is provided.

    • First of all, Medix will summarize the customer’s medical history and current test results, gather multidisciplinary opinions from different specialists and hold multidisciplinary team discussions.
    • Based on this information, the company will provide the most advanced, up-to-date and appropriate tests to ensure that the right diagnosis has been made and then recommend the best possible treatment plan. This process will include referral or recommendation of the most suitable doctor for the customer’s condition.
    • Thereafter, Medix will continue to support the customer in their care journey, and work collaboratively with the customer’s treating doctor, to deal with on-going treatments, side-effects, complications if any and questions, in order to ensure that the best quality care is provided.
  • Handitech : la Mutuelle Intégrance propose l’appli OptiVi à ses adhérents travaillant en ESAT

    La nouvelle application mobile de la Mutuelle Intégrance, OptiVi, a été développée pour ses adhérents – personnes handicapées et travailleurs handicapées – avec la start-up Optisantis.

    En fonction de son environnement, de ses habitudes de vie, de son activité physique et de ses relations familiales et amicales, chaque adhérent peut visualiser facilement son score santé, ses forces et ses faiblesses bien-être.

    Lancée en avril 2018, OptiVi, disponible sur GooglePlay et AppStore, propose une version Facile A lire et à Comprendre (FALC).

    Le bien-être des personnes accueillies en ESAT

    Les ESAT (établissements et services d’aides par le travail) sont spécifiquement visés par cette innovation : « Le principe est de mettre à disposition des établissements médico-sociaux une solution qui contribue au développement de leur politique de prévention et à sa communication, explique la Mutuelle Intégrance. Elle lui permet d’établir l’indice global bien-être de ses usagers grâce au centre de pilotage prévu (Opticenter) ».

    D’autres contenus inédits tels que des menus hebdomadaires de restauration collective ou des animations sportives programmées sont proposés. En pratique, le système évalue, à partir d’un questionnaire initial d’une quinzaine de questions, les « résiliences et agressions pour l’individu » qui déterminent ensuite son capital santé et bien-être. De quoi le positionner sur un radar avec « des axes pour améliorer sa stratégie santé ».

    S’il le souhaite, l’adhérent ayant téléchargé l’application peut par ailleurs consulter son programme personnel quotidiennement, axé autour de différentes thématiques : « mieux manger/nutrition », « mieux bouger/activité physique », « améliorer son sommeil » et « diminuer son stress ».

    Dans un ESAT, l’application peut permettre aux directeurs d’en savoir plus sur le bien-être des personnes accueillies et de repérer certaines situations.

    Synchronisation avec les objets connectés

    L’application OptiVi est compatible avec les montres connectées et podomètres leaders du marché. Après synchronisation de son objet connecté, l’utilisateur peut consulter toutes ses données directement depuis OptiVi et recevoir un coaching personnalisé.

    Un espace pour les aidants

    Ayant pour volonté de créer du lien entre la vie professionnelle du travailleur handicapé et son environnement familial, l’application OptiVi est couplée avec une plateforme dédiée aux aidants familiaux. Ainsi, l’aidant retrouve dans son espace personnel, les dernières actualités de l’ESAT, des conseils, les menus de la semaine ou encore le suivi des ateliers auxquels a participé le travailleur handicapé.

    Grace à son tableau de bord, l’aidant bénéficie d’un suivi statistique de l’utilisation de l’application par le travailleur handicapé : mode de lecture choisi (FALC / Non FALC), nombre de connexions par jour, etc.

    Plus d’infos via ce lien.

  • Maincare met le cap sur l’indépendance financière et l’international grâce au financement de Montagu

    Maincare a annoncé le 23 mai 2018 un changement dans son actionnariat en dévoilant l’entrée à son capital du fonds d’investissement britannique Montagu Private Equity spécialisé dans le financement privé aux entreprises non cotées en bourse.

    Le fonds va accompagner le management de Maincare dans le développement de l’entreprise aussi bien en termes de services proposés dans la numérisation de la santé qu’en termes de marchés, car Maincare vise désormais un développement à l’international.

    À noter que le fonds d’investissement spécialisé dans le management by out (MOB) ou reprise d’entreprise par ses salariés, n’a pas vocation à rester à son capital.

    Aucun chiffre lié à cette opération n’a été dévoilé jusqu’à présent.

  • Staff dématérialisé épilepsie grâce au service e-staff de la plateforme Therap-e

    Le 25 mais 2018 a eu lieu, au CHU de Caen et entre cinq établissements, « le premier staff dans le domaine de l’épilepsie via la plateforme de télémédecine normande Therap-e », le GCS Normand’e-santé, entité issue de la fusion des deux GCS Télésanté de Haute et de Basse Normandie.

    La plateforme baptisée Therap-e, utilisée par les acteurs de santé bas-normands pour développer les activités de télémédecine, propose plusieurs services (Domoplaies TéléAVC,  SCADHuman, eUSMP connectéf, Télé-Expert), dont e-staff.

    « Ce dispositif d’organisation permet aux spécialistes de préparer en amont des staffs médicaux, les télé-dossiers des patients », précise le GCS Télésanté Basse-Normandie (TSBN).

    e-staff, outil de préparation et de mise en œuvre de staff médicaux

    Les objectifs de ce service, d’après TSBN, sont notamment de permettre :

    • aux professionnels de préparer à distance les staffs médicaux ;
    • un hébergement sécurisé des données de santé : sécurisation du partage de documents entre les professionnels ;
    • un gain de temps, en évitant les déplacements de professionnels.

    En effet, via e-staff, les documents et le télé-dossier peuvent être partagés dans le cadre de réunions éventuellement pluridisciplinaires entre équipes situées à distance les unes des autres. Pour se faire, cet outil s’appuie sur l’ensemble des outils de travail collaboratifs à distance (traitement de l’imagerie médicale, pointeur partagé, visioconférences, etc.).

    Therap-e, plateforme des services de télémédecine portés par le GCS

    Mise à disposition des acteurs de santé bas-normands pour répondre aux défis en termes d’offre de santé inscrits dans le Plan Stratégique Régional de Santé, la plateforme Therap-e permet, via un accès web ou son application mobile, d’interconnecter des sites et acteurs distants. Le but revendiqué par TSBN est de permettre aux professionnels de santé d’échanger ou partager avec leurs patients :

    • en mobilité ou en établissement ;
    • en mode connecté ou hors-connexion ;
    • de façon synchrone ou asynchrone.

    La plateforme propose :

    • un télé-dossier (ensemble d’éléments liés au patient et déposés sur cet espace numérique le temps de la prise en charge par télémédecine) ;
    • un hébergement sécurisé des données de santé (système d’authentification fort, recueil du consentement patient, sécurisation de l’identification patient, traçabilité des accès) ;
    • des modules activables et des fonctionnalités modulables selon les besoins définis par les usages et les pathologies (fiche de liaison, audio/vidéo, photo, imagerie médicale, gestion des périphériques biomédicaux, agenda, messagerie instantanée et partage d’application, partage d’écran et prise en main à distance, travail collaboratif avec multi curseurs, etc.).

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  • « Des bornes pour détecter l’apparition d’arythmies et prévenir l’AVC » (R. Bouchakour, Witmonki)

    Alors que les maladies cardio-neurovasculaires représentent la deuxième cause de mortalité en France, après les cancers, soit 140 000 décès par an, la start-up Witmonki élabore des outils de diagnostic permettant de prédire le risque cardiovasculaire.

    L’amélioration de la relation patient-médecin est l’un des objectifs des trois produits en développement que sont la montre connectée, la borne d’auto-test et le mini-enregistreur de poche du rythme cardiaque.

    « Nous souhaitons que tout un chacun puisse agir pour sa propre santé et que la prise en charge des patients ayant des arythmies soit améliorée », explique Rachid Bouchakour, président de Witmonki, que H&TI a rencontré à l’occasion du salon Viva Technology, le 25 mai 2018 à Paris.

    Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le co-fondateur de la start-up revient sur la genèse de Witmonki – qui est en phase de levée de fonds -, les technologies développées par l’équipe de chercheurs et sur l’utilisation des données collectées.

    Qui est derrière Witmonki ?

    L’idée date de 2012 : une équipe d’universitaires – médecins, technologues, informaticiens et mathématiciens –  a commencé à travailler sur des solutions pour le dépistage de masse des maladies cardiovasculaires. En 2014, nous avons obtenu un financement de la fondation Universitaire A*Midex afin de développer notre innovation. Ce premier financement de 2 millions d’euros, auquel s’est rapidement ajouté l’appui du programme innovation du CNRS, nous a permis de développer un bracelet connecté permettant de mesurer plusieurs paramètres physiologiques et de développer une algorithmie pouvant détecter l’apparition d’un événement particulier.

    A l’époque, j’étais le directeur de l’ IM2NP  et j’ai proposé d’associer le laboratoire LIRIS, aujourd’hui LIS,  pour la partie intelligence artificielle (IA), les services de l’AP-HM (arithmologie, urgences adultes, néphrologie, cardiovasculaire) pour la partie médicale, et de faire travailler des juristes et des bétatesteurs autour de notre premier démonstrateur. A la suite de quoi, nous avons déposé trois brevets et décider de créer la start-up Witmonki en 2017.

    Quelles sont vos innovations ?

    Grâce à l’adossement à un éco-système académique (CNRS, AP-HP, Aix-Marseille Université), la société développe à la fois des dispositifs médicaux et des services. La première cible sont les insuffisances cardiaques et les troubles du rythme cardiaque. L’idée est de développer une technologie spécifique permettant de délivrer une information pertinente à partir de la captation des signaux physiologiques.

    Les objectifs de ces produits sont d’une part d’améliorer la relation patient-médecin, d’autre part de permettre à tout un chacun d’agir pour sa propre santé, et enfin d’accélérer la prise en charge des patients en cas de troubles du rythme cardiaque.

    Vous travaillez sur trois dispositifs différents : quelles sont leurs particularités ?

    Witmonki a en effet développé trois objets qui partagent une même technologie de mesure et une technologie logicielle brevetée.

    Le premier est un mini-enregistreur du rythme cardiaque au format carte bancaire que nous présentons à Viva Technology (sur le stand de la Région PACA). Tout un chacun pourra l’acheter et le garder dans son portefeuille : quand la personne ressentira un symptôme, elle pourra documenter immédiatement cette arythmie en apposant les deux pouces sur les électrodes qui effectueront un ECG de surface avec la même qualité de mesure qu’avec un appareil médical. Une fois l’épisode passé et enregistré, le patient prend rendez-vous avec son médecin et peut lui présenter un tracé précis de l’événement, ce qui permettra d’accélérer et d’améliorer la prise en charge.

    Cela va permettre de parer les difficultés que rencontrent les cardiologues et les médecins généralistes qui ne peuvent que très rarement détecter les arythmies au moment de la visite du patient dans leur cabinet. Et quand une personne porte un holter – seul dispositif aujourd’hui recommandé par la HAS – le taux de détection sur 24 heures est de 1% car la plupart du temps les arythmies sont des événements singuliers. 

    Notre produit sera à l’usage unique du patient et les données sur la carte seront cryptées. Précisons que le médecin sera équipé d’un logiciel d’analyse spécifique (fournit gratuitement par nos soins) et que le dispositif, qui devra être rechargé tous les 15 jours (par simple branchement sur le port USB d’un ordinateur), pourra contenir jusqu’à 120 enregistrements de 30 secondes. Le médecin pourra lire le contenu sur la carte, l’annoter et le sauvegarder dans son espace personnel ou dans le cloud via un hébergeur de données de santé certifié. Il pourra se connecter sur l’application et poser un diagnostic.

    Les essais cliniques commencent cet été, et la commercialisation débutera en 2019 avec un tarif à moins de 100 euros. Le dispositif, qui sera prescrit par les généralistes et les spécialistes, ne sera pas remboursé dans un premier temps. C’est après sa commercialisation que nous entreprendrons les démarches pour obtenir son remboursement. Nous n’excluons pas que cela intéresse les mutuelles.

    Vous allez aussi installer des bornes dans les pharmacies ?

    Oui, notre deuxième projet concerne le parcours de soin du patient et la détection précoce de masse. Nous avons développé une borne que le grand public va retrouver dans les pharmacies et tout un chacun pourra faire un auto-test – comme dans le temps la balance pour se peser dans les officines. Il suffira d’apposer les doigts sur les électrodes au niveau de la borne pour mesurer l’ECG et, selon le résultat obtenu, l’application pourra inviter le client à consulter un médecin. Il s’agit bien d’un dispositif médical et non d’un gadget ou du bien-être et le placer en pharmacie le positionnera ainsi comme un outil de pré-diagnostic – le pharmacien proposera à une partie de sa clientèle, les personnes âgées surtout, de faire le test. Celui-ci sera payant pour l’usager mais à un coût moindre.

    On voit que la notion de dispositif de pharmacie pour faire de l’auto-test est en train de se développer. L’équivalent de notre borne existe pour le dépistage du diabète de type 2 et permet de faire du dépistage de masse. L’objectif dans les 3 à 5 prochaines années est d’équiper 10 % des 23 000 pharmacies du territoire de la solution Witmonki.

    Nous avons été approché par les Ehpad et les maisons de santé pour développer ce type d’application d’une façon plus légère pour faire de la levée de doute. 

    Le troisième produit est un bracelet connecté ?

    Oui, mais nous poursuivons son développement qui devrait durer encore deux ans. Notre objectif est d’associer l’algorithme de détection que nous avons mis au point avec un bracelet connecté qui pourra également faire des mesures de température (extérieure et cutanée), de l’onde de pouls et détecter les chutes. Ce bracelet connecté sera destiné au grand public (on pourra vraisemblablement l’acheter dans les pharmacies équipées des bornes ou en vente directe sur le site de la société) comme aux établissements. L’offre B2B sera lancée en premier pour les hôpitaux au prix du holter. 

    Qu’allez-vous faire des données collectées ?

    Nous comptons récupérer les données annotées des ECG par les médecins pour faire du big data et de l’intelligence artificielle. A la fois les données annotées par les médecins et anonymisées évidemment nous permettrons d’améliorer les performances de nos algorithmes de détection et aussi de générer de nouvelles études. Par exemple, pour des laboratoires pharmaceutiques, on pourra analyser l’efficacité du traitement d’un patient sous anticoagulant ou sous bêtabloquants, associer l’évolution de la mesure de son rythme régulier en fonction de la posologie. 

    A la différence avec d’autres entreprises, nous allons générer nous-mêmes nos bases de données car nous sommes propriétaires de la technologie de mesure et en partenariat avec nos collègues médecins, nous aurons des tracés annotés et c’est sur ces tracés annotés que nous développerons l’IA. Si les données sont exploitées ce sera dans le cadre du RGPD.

    Comment avez vous été financé ? Avez-vous été incubé ?

    Nous avons reçu le prix de l’innovation thérapeutique de la Fondation Béatrice Denys en 2017 ainsi qu’une bourse de Bpifrance. Nous faisons partie de l’incubateur IMPULSE dans le PACA depuis 2016 et nous en sortons dans deux mois. Actuellement nous sommes dans la shortlist du I-Lab.

    Par ailleurs, nous sommes dans une phase de levée de fonds –  un premier fonds s’est proposé mais nous en cherchons deux autres pour boucler le tour de table, si possible au troisième trimestre 2018. Cela permettra la commercialisation de la carte et les essais cliniques de la borne (qui pourra d’ailleurs se présenter aussi sous la forme d’une tablette).

    Witmonki, actuellement, c’est 3 salariés et la levée de fonds permettra de recruter un directeur commercial pour mettre en place la commercialisation du premier dispositif. Nous devrions atteindre rapidement 10 salariés car il nous faudra des docteurs es-sciences et des informaticiens big data.

  • H&TI se mobilise pour vous faire découvrir en direct les tendances de la Paris Healthcare Week

    Les analystes de Health & Tech Intelligence seront présents chaque jour pour vous rapporter les tendances et les innovations pendant la Paris Healthcare Week du 29 au 31 mai 2018. Les articles seront en accès libre pendant cet événement.

    Vous pourrez également nous retrouver chaque jour sur le stand du Cluster TIC Santé Nouvelle Aquitaine (stand 038) à l’occasion des 10 ans du Cluster.

    À cette occasion, le Dr Béatrice Falise-Mirat, interviendra :
    • le 29 mai 2018 à 15h en tant que modératrice de la table ronde franco-canadienne autour du Cluster TechnoMontreal et l’écosystème e-santé canadien ;
    • le 31 mai à 11h avec le directeur de la Maison de Santé Protestante Bordeaux Bagatelle sur le thème de la coordination et des parcours de soin innovants.

    David Clavereau, quant à lui, interviendra le 30 mai 2018 à 15h, pour vous présenter les tendances start-ups en e-santé.

    Plus d’infos sur ce lien.

    Le programme complet de l’événement est consultable sur ce site internet.

  • Etude : les données issues des dossiers électroniques affinent la prédiction du risque suicidaire

    Combiner l’analyse des données issues des dossiers électroniques et les résultats des questionnaires standardisés de dépression améliore la prédiction du risque suicidaire.

    Pour établir leur score, des chercheurs américains ont compilé les données de 20 millions de consultations médicales chez 3 millions de personnes. Les résultats de ces travaux* ont été publiés le 24 mai 2018 dans l’American Journal of Psychiatry.

    Prévoir les tentatives de suicide grâce au big data

    La moitié des personnes qui décèdent par suicide et les deux-tiers de celles qui commettent une tentative sont connues des médecins. Ces derniers ont posé un diagnostic et prescrit un traitement pour leurs troubles dans l’année qui a précédé le passage à l’acte. Autrement dit, ils consultent et sont identifiés par le corps médical. Pourtant, prédire et donc prévenir ces actes reste très difficile.

    En 2016, 45 000 décès par suicide et 500 000 consultations aux urgences pour tentative de suicide (TS) ont été recensés aux États-Unis.

    Pour y remédier, des outils ont d’ores et déjà été développés pour mesurer le risque de passage à l’acte. De brefs questionnaires de dépression sont notamment utilisés. Par exemple, les personnes qui déclarent avoir des pensées suicidaires ou d’auto-mutilation presque tous les jours ont 7 fois plus de risque de faire une TS et 6 fois plus de risque de mourir par suicide dans les 90 jours qui suivent. À noter que d’après les chercheurs de la Kaiser Permanente (HMO américain), la sensibilité de cet outil est « modérée » car un tiers des TS et des suicides sont survenus chez des personnes n’ayant déclaré aucune idée suicidaire.

    20 millions de consultations passées au crible

    Ces scientifiques américains ont donc cherché à élaborer un outil prédictif plus pertinent.

    Dans l’étude dont les résultats ont été publiés le 24 mai 2018 dans l’American Journal of Psychiatry, ils ont donc combiné les informations issues des questionnaires de dépression aux données contenues dans les dossiers électroniques de santé (Electronic Health Record (EHR)) de sept réseaux de soins comprenant 8 millions d’assurés dans 9 états.

    Les auteurs de cette étude ont compilé les données de 20 millions de consultations (10 millions étaient des consultations chez des spécialistes de la santé mentale et 10 millions chez des médecins de premier recours) auprès de 3 millions de personnes. Ils ont ainsi pu extraire de nombreux facteurs de risque tels le niveau d’éducation, le lieu de résidence, le groupe ethnique, mais aussi les précédentes TS, les traitements médicaments, les passages aux urgences, etc.

    Ensuite, ils ont développé un modèle de régression statistique (appelé lasso) pour prédire le risque de tentative de suicide et de mort par suicide sur 65% de l’échantillon et l’ont validé sur les 35% restants.

    Résultats

    Dans les 90 jours qui ont suivi une consultation médicale :

    • les tentatives de suicide et les décès par suicide chez les 1% de patients repérés comme étant les plus à risque étaient 200 fois plus fréquents que chez ceux dont le risque était classé dans la moitié inférieure ;
    • les patients ayant consulté des psychiatres et qui avaient des scores de risque dans les 5% les plus élevés représentaient 43% des TS et 48% des décès par suicide ;
    • les patients ayant consulté des médecins généralistes et qui avaient des scores de risque dans les 5% les plus élevés représentaient aussi 43% des TS et 48% des décès par suicide ;
    • les facteurs de risque les plus prédictifs étaient la présence de TS antérieurs, des auto-mutilations, ou encore des passages aux urgences psy.

    Des systèmes permettant de compiler moins de données et donc d’identifier moins de facteurs de risque parvenaient à une prédiction moins bonne. Les personnes se trouvant dans les 5% les plus à risques ne représentaient qu’entre un quart et un tiers des TS et décès par suicide.

    Les data aident à stratifier le risque

    Les modèles de prédiction intégrant à la fois les données des dossiers de santé et les réponses aux questionnaires d’auto-évaluation dépassent donc largement les outils existants de prédiction du risque de suicide.

    Cependant, les auteurs de cette étude préviennent que « les modèles de prévision ne peuvent pas remplacer le jugement clinique, mais les scores de risque peuvent certainement éclairer les décisions cliniques individuelles et les programmes d’amélioration de la qualité. »

    Ils peuvent notamment conduire à une stratification du risque. Par exemple, « un risque de suicide dans les 90 jours se situant dans la tranche des 10% les plus élevés devrait justifier la mise en place d’un plan de sécurité personnelle et de conseils pour réduire l’automutilation ».

    Globalement, le big data pourrait contribuer à élaborer une nouvelle stratégie nationale de prévention du suicide, estiment les chercheurs.