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  • Données de santé : l’Institut Montaigne compare les approches européenne, indienne et chinoise

    L’approche européenne de la réglementation des données de santé est « très générique », l’approche indienne est « radicale et globale », l’approche chinoise est « stratégique ». C’est ce qu’observe l’Institut Montaigne dans son rapport publié le 13 décembre 2019 sous le titre « Données personnelles : comment gagner la bataille ». Son auteur, le sinologue François Godement, consacre un focus sur la question des données de santé.  

    • Dans ce document, l’institut relève que le RGPD, « prouesse réglementaire, laisse une grande marge de manœuvre aux États membres pour décider de leurs propres règles » en matière de données de santé, car celles-ci « relèvent de la catégorie exemptée de « l’intérêt public » ».  

    • Par contraste, le Digital Information Security in Healthcare Act (DISHA), proposé par le ministère indien de la Santé en mars 2018 et actuellement en cours de finalisation, « va beaucoup plus loin » que le Personal Data Protection Bill (PDPB), également en préparation, qui lui « suit largement » le RGPD. Le DISHA consacre la primauté du « consentement individuel » : l’accès du gouvernement aux données de santé est conditionné à « des fins strictement sanitaires ». Les sociétés pharmaceutiques « n’ont pas accès aux données de santé numériques individuelles, même pour la recherche« , est-il noté dans le rapport.

    • La Chine, au contraire, utilise les données de santé comme « une ressource fondamentale et stratégique de l’État » selon les lignes directrices livrées en 2016 par le Conseil d’État chinois. Elle a « tout mis en œuvre pour collecter, agréger et utiliser toutes les données de santé disponibles », facilitant également « l’accès des sociétés étrangères aux bases de données locales », indique l’Institut Montaigne. Ces efforts « portent leurs fruits », souligne-t-il, relevant que la province du Guangdong a mis en commun les données de 3 112 établissements de santé et constitué une base de données contenant les dossiers médicaux de 80 millions de résidents permanents. Les documents officiels mentionnent la « protection de la vie privée ≫ mais « sans détailler les moyens concrets pour y parvenir », observe l’institut.

    Principaux enseignements du rapport

    Les 7 propositions de l’Institut Montaigne :

    1. renforcer le contrôle, l’application et l’adaptabilité du RGPD

    • Un RGPD révisé devrait mettre l’accent sur la clarté, la simplicité et la facilité de la mise en oeuvre.

    2. rendre les politiques de confidentialité plus lisibles et ergonomiques

    • L’amélioration de l’expérience utilisateur (UX) est essentielle pour atteindre l’un des objectifs premiers du RGPD, soit la possibilité donnée aux particuliers de reprendre le contrôle de leurs données personnelles.

    3. assurer le respect effectif de la vie privée dès la conception (privacy by design)

    • Les individus devraient être déchargés de décisions qu’ils ne peuvent pas prendre.

    4. donner le droit effectif d’obtenir une explication dans le cadre du RGPD

    • L’ »explicabilité », la fiabilité, la responsabilité et la transparence des algorithmes doivent être garanties, particulièrement dans le secteur public.

    5. créer la possibilité de recours en responsabilité et dommages (tort and litigation)

    • En contrepartie de la mise en place de recours judiciaires en responsabilité ex post, l’exigence de transparence des algorithmes privés pourrait être moindre.

    6. introduire des réglementations sectorielles

    • La définition d’une réglementation plus précise devrait être encouragée dans les secteur de la santé, des services financiers et de la sécurité.

    7. créer des données de santé simulées pour améliorer l’anonymisation

    • Le processus de « simulation » des données de santé par le projet britannique Simulacrum apparait comme « un moyen technologique de gérer les échecs de l’anonymisation et de la pseudonymisation ».
  • Medissimo lance une application associée à un pilulier pour mieux suivre l’observance médicamenteuse

    Medissimo, une entreprise française de la e-santé spécialisée dans le bon usage du médicament, lance l’application web Siaam pour faciliter le suivi des patients et leur observance médicamenteuse. La solution s’associe à Medipac, le pilulier sécurisé de Medissimo préparé par le pharmacien, explique la société dans un communiqué publié le 11 décembre 2019. Par son biais, les pharmaciens et infirmiers peuvent accéder à un historique des prises de médicaments d’un patient donné et obtenir un bilan d’observance. Le résultat attendu est 98 % d’observance, indique l’entreprise dans une vidéo de présentation.

    Fonctionnement : lors de sa visite à domicile, l’infirmier enregistre via l’appli les informations de prises médicamenteuses du patient et de ses éventuels refus. Ces données sont ensuite partagées avec l’équipe de soins primaires autour du patient, si ce dernier le souhaite. Medissimo note à ce propos que les données personnelles du patient sont stockées chez un hébergeur agréé de données de santé (IDS) certifié par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    La synthèse du bilan d’observance est téléchargeable et peut être consultée chaque mois. « Ce document est utile au pharmacien dans ses nouvelles missions comme le bilan de médication, et au médecin lors du renouvellement de ses prescriptions », note Medissimo.

    L’application est disponible gratuitement sur www.siaam.fr. Elle peut être utilisée sur smartphone et tablette tactile.

    L’activité de Medissimo est centrée sur l’amélioration de la coordination de proximité entre médecin, infirmiers et pharmaciens. Parmi les dernières actions de la société figure la participation à l’expérimentation « Gélule » (article 51) avec le Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et la Fédération des infirmiers (FIN). « Elle a pour objet la prise en charge coordonnée par les acteurs de santé en ville de patients âgés polymédiqués, maintenus à leur domicile et désorientés, afin d’améliorer l’observance de leurs traitements et de prévenir l’iatrogénie », précise Medissimo, qui met à disposition pour ce projet son logiciel de traçabilité. Prévue sur 2 ou 3 ans, cette expérimentation nationale est dotée d’un budget de 4 millions d’euros.

  • Ophtalmologie : Point Vision expérimente le remboursement des téléconsultations (accord dérogatoire)

    Les consultations à distance dispensées par les ophtalmologistes de Point Vision seront remboursées en région Hauts-de-France à partir de février 2020 et durant un an, pour une généralisation envisagée en 2022. C’est ce que confirme (le 11 décembre) à Health & Tech Intelligence (H&TI) le Dr François Pelen, président-cofondateur de cette société qui vient de conclure avec l’Assurance maladie un accord dérogatoire à l’avenant n° 6 qui sera signé dans les semaines à venir. Point Vision, qui gère 35 centres d’ophtalmologie en France, a attiré l’attention de la Cnam grâce à son effet bénéfique sur l’accès aux soins et notamment sur les délais d’attente. 

    « Un ophtalmologiste libéral fait un tiers d’administratif, un tiers de technique et un tiers de médecine », indique le Dr François Pelen (source : BFM Business, juin 2019). À Point Vision « 75 % des prises de rendez-vous se font en ligne », une équipe de secrétaires est dédiée à l’administratif et une équipe d’orthoptistes à la technique, pour que le praticien puisse se consacrer à 100 % à sa discipline, complète-t-il. Chaque centre possède également un plateau technique de premier niveau, qui n’est pas à la portée de tous les ophtalmologistes libéraux.

    « Ces « gros centres » (60 a 80 000 consultations par an) ne conviennent qu’à de gros bassins de population, explique le Dr François Pelen à H&TI, d’où la solution de la télémédecine pour les villes plus petites, avec de petits centres [qui dépendent chacun d’un gros centre] ». Cela justifie une dérogation à l’avenant n° 6, qui est « surtout pensé pour les médecins généralistes », note-t-il, d’où notamment la condition imposée d’une consultation physique avec le médecin dans les 12 mois précédant la téléconsultation : selon le président de Point Vision, cette contrainte « n’est pas adaptée à l’ophtalmologie qui ne nécessite qu’une visite tous les 3 à 5 ans ». Il souligne également que l’ophtalmologie est une spécialité « d’accès direct », pour laquelle le parcours de soins n’impose pas de passage par le médecin traitant. Cette expérimentation n’entre pas dans le cadre de l’article 51 car elle n’a pas besoin de déroger aux pratiques et ne concerne que le remboursement.

    Des « postes avancés » contre les déserts ophtalmologiques

    « Nous avons aujourd’hui 35 centres et nous en ouvrons 6 par an : nous devrions atteindre la cinquantaine d’ici 3 ans », affirme François Pelen, précisant qu’un gros centre « pourrait avoir à terme 5 « postes avancés » » dans des villes plus petites.  

    Un « petit centre » se présente comme « un local de 40 m2 équipé des derniers matériels », dans lequel un orthoptiste de Point Vision « se rendra régulièrement pour faire passer des examens de vision sur rendez-vous », explique le Dr François Pelen (source : Le Parisien) : il pourra « réaliser des examens de vue classique puis les télétransmettre à l’un des ophtalmologistes du centre » et le patient repartira avec une ordonnance.

    « Il est possible de prévoir un rendez-vous physique dans le gros centre le plus proche pour des investigations complémentaires », précise à HTI le patron de Point Vision : « Le médecin d’un gros centre peut également se rendre une fois par semaine dans un petit centre pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer ».

  • Doctopsy s’allie à l’appli de méditation Petit Bambou pour déstigmatiser les souffrances psychiques

    Mon Sherpa, une application développée par Doctopsy (ex Doctoconsult) à destination des personnes qui ont besoin d’un soutien psychologique, intègre désormais des sessions de méditations de l’appli de Petit Bambou, une start-up qui propose des innovations digitales et mobiles autour de la santé mentale. L’objectif de ce partenariat, annoncé le 10 décembre 2019 dans un communiqué commun, est de diminuer les symptômes des patients souffrant de troubles dépressifs, d’anxiété, de troubles du sommeil, de manque de confiance en soi, etc. L’idée est de « rendre le traitement des souffrances psychiques accessible à tous et moins stigmatisant[, de] lever les tabous liés au traitement de ces maladies », indiquent les deux sociétés.

    Avec cette collaboration, Doctopsy et Petit Bambou cherchent à rendre accessible au plus grand nombre la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (TCPC), une méthode alliant la médiation aux thérapies comportementales et cognitives, dont l’intérêt a été validé scientifiquement dans plusieurs indications.

    « Petit BamBou fait ainsi bénéficier à l’application Mon Sherpa de son expertise historique sur la méditation sur des thèmes variés et Mon Sherpa apporte une approche médicale avec des activités de thérapie comportementale et cognitive », expliquent les partenaires.

     • Les utilisateurs de Petit BamBou peuvent télécharger Mon Sherpa s’ils souhaitent aller plus loin sur le traitement de certains symptômes comme la dépression, l’anxiété, les troubles de sommeil, les problèmes d’affirmation de soi, etc.
    • Les utilisateurs de Mon Sherpa bénéficient de 4 séances d’apprentissage de la méditation par Petit Bambou offertes. « Ils peuvent ensuite rejoindre la communauté Petit BamBou s’ils souhaitent ancrer la pratique de la méditation dans leur quotidien », est-il précisé.  

    L’application Mon Sherpa est disponible sur l’Apple Store. Elle sera lancée sur le Google Play Store d’ici le début de l’année 2020.

    Objectif : déstigmatiser les troubles mentaux

    Dans le cadre de leur partenariat, Doctopsy et Petit Bambou ont pour objectif, in fine, de lutter contre la stigmatisation des troubles mentaux, « premier obstacle à leurs prises en charge », notent les deux sociétés.

    « La méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne »

    « Tout comme Petit BamBou a démocratisé la méditation grâce à son application intuitive et ludique, nous espérons faciliter l’accès à un traitement d’un trouble psychique, explique le Dr Fanny Jacq, fondatrice de Doctopsy. Le message est simple, la méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne. Grâce à Mon Sherpa et Petit BamBou, ce traitement est maintenant accessible à tous (…) ».   

    Une démarche scientifique

    Le développement de l’application Mon Sherpa est supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM).

    Avant sa mise sur le marché, la solution a été expérimentée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient des pathologies psychiques ciblées.

    Des études médico-économiques sont en cours d’élaboration pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique, indique Doctopsy.

  • Lancement de 100 000 Médecins.org, 1ère intersyndicale axée e-santé : un projet d’agence de notation

    « Fédérer les médecins libéraux pour leur permettre d’être au premier plan de leur propre transformation numérique. » C’est l’objectif de 100 000 Médecins.org, « premier mouvement intersyndical [lancé] autour de la e-santé » par la CSMF, la FMF, le SML, Le Bloc, MG France, Jeunes Médecins et le SNJMG. Association loi 1901, cette structure a pour objectif de devenir l’ »intermédiaire privilégié entre médecins et acteurs de la e-santé« .

    100 000 Médecins.org appelle les médecins libéraux à une forte mobilisation pour « représenter un levier d’actions auprès des éditeurs de logiciels » et inciter ces derniers à agir « en collaboration avec les médecins, avec prudence et respect ».

    Le mouvement souhaite également lancer en 2020 la première agence de notation en e-santé, avec l’objectif :
    • d’« aider la profession à faire les bons choix » en matière d’outils numériques ;
    • de promouvoir des solutions « bien conçues, respectueuses des bonnes pratiques et pérennes » ;
    • d’orienter les éditeurs de logiciels « vers les objectifs que les médecins souhaitent atteindre ».   

    « Pour éviter une déshumanisation des soins, il est urgent de s’approprier les initiatives d’aujourd’hui pour mieux maitriser notre avenir », commente le Dr David Azérad (SNJMG), médecin généraliste à Paris et président du mouvement.

    Des médecins unis contre le « Far West » de la e-santé

    Le communiqué se fait l’écho des « fortes réactions de la profession » constatées sur :

    • le « détournement de patientèle » avec le « DoctolibGate » dénoncé sur Twitter par les syndicats en octobre-novembre 2018 ;
    • la « mise aux enchères de rendez-vous médicaux » par le site DoctoChrono, suspendu en avril 2019 après saisine du Cnom ;
    • la notation des médecins avec le site MediEval4i de Medicine4i, dénoncé en avril 2019 par plusieurs praticiens  ;
    • les plateformes de télémédecine avec Livi.

    « Ce secteur est si prometteur qu’il est devenu un « Far West » numérique, où certaines start-ups vont chercher à forcer le passage », s’inquiète l’association sur son site.  Les intérêts des éditeurs « ne sont pas toujours d’améliorer nos conditions d’exercice », or ces outils sont « structurants pour le système de santé dans son ensemble », complète-t-elle.

    À l’origine du mouvement, la négociation conventionnelle sur la télémédecine

    L’idée de lancer le mouvement a germé lors des premières négociations conventionnelles sur la télémédecine, débutées en janvier 2018, lors desquelles David Azérad représentait le SNJMG.

    « Pour la première fois, les représentants des jeunes médecins, pour qui les innovations d’aujourd’hui représenteront le quotidien de demain, ont été invités à émettre leur avis », souligne l’association. Ces syndicalistes se sont accordés sur le constat que la e-santé bouleversait leurs pratiques ainsi que l’organisation du système de santé et les relations patients-médecins.

    L’Assemblée générale constitutive de l’association 100 000 Médecins a eu lieu le 10 avril 2019 et le compte Twitter @100KMed a été lancé en novembre 2019.

  • La Cnil autorise le CHU Grenoble-Alpes à déployer un entrepôt de données de santé (Predimed)

    Le CHU Grenoble-Alpes (CHUGA) indique que ses projets de recherche et la qualité de prise charge des patients seront « bientôt boostés » par l’utilisation d’un entreprôt de donnée de santé, baptisé « Predimed« . Dans un communiqué publié le 11 décembre 2019, l’établissement annonce que la Cnil l’a autorisé le 10 octobre à mettre en œuvre un traitement de données à caractère personnel visant à la création de Predimed. Il s’agit du quatrième CHU français à obtenir cette autorisation, après l’AP-HP, le CHU de Nantes et le CHU de Lille. 

    L’entrepôt regroupera toutes les données générées pendant la prise en charge des patients du CHU grenoblois (données de soins, administratives et relatives au fonctionnement de l’établissement). Ces dernières seront stockées pour une durée de 20 ans, « dans le strict respect des textes en vigueur afin de garantir le respect des droits individuels« , indique le CHU, précisant qu’elle ne seront pas exploitées « à des fins de promotion des produits de santé ou à des fins d’exclusion de garanties des contrats d’assurance et de modification de cotisations ou primes d’assurance ».

    Elles seront la source principale pour des projets à des fins :
    • de recherche dans le domaine de la santé, menés par les professionnels du centre de santé et ses partenaires extérieurs ;
    • d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    • de pilotage de l’établissement.

    Le projet Predimed a été initié par le Pr Jean-Luc Bosson, chef du pôle « santé publique », avec la participation des professeurs Alexandre Moreau-Gaudry et Pascal Mossuz, missionnés par la Direction générale et la Commission médicale d’établissement pour le mener à bien. Une gouvernance spécifique a été mise en place. Elle associe des professionnels de santé, des chercheurs et des représentants des patients.

    Un accès aux données limité

    « Une plateforme sécurisée, performante, dotée des capacités de stockage et d’analyse distribuées a été mise en place avec une architecture innovante », explique le CHU de Grenoble-Alpes. Elle est hébergée à la Direction des services numériques de l’établissement.

    Un groupe restreint d’experts associant médecins, ingénieurs en informatique et mathématiques appliquées, datascientists, data-analysts et statisticiens a accès aux données.

    Plusieurs projets prévus dans des thématiques diverses

    L’autorisation de la Cnil ouvre la possibilité de rentrer dans la phase opérationnelle du projet, note le CHU.

    Plusieurs projets sont déjà identifiés. Ils concernent des thématiques diverses (imagerie, observatoire des dispositifs médicaux, information médicale, etc.) et seront lancés à la fin de la campagne d’information des personnes concernées.

    Une plateforme en lien avec le le projet MIAI@Grenoble-Alpes

    Predimed « sera un élément important en faveur de la participation du CHU au projet MIAI@Grenoble-Alpes, labellisé dans le cadre de l’appel à projet 3IA en mai 2019, et qui a inscrit la santé comme un de ses deux domaines d’application privilégiés », indique l’établissement.

    Pour rappel, Grenoble est l’un des 4 sites universitaires français retenu au niveau national pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA) avec Nice, Paris et Toulouse. 

  • La Fondation Adréa lance un appel à projets pour une expérience patient améliorée (deadline : 2020)

    La Fondation d’entreprise Adréa, qui soutient et accompagne des initiatives humaines et innovantes dans le domaine de la santé en France, a pour objectif en 2020 de soutenir des projets permettant « un accompagnement plus humain des usagers du système de santé, pour une expérience améliorée ». Elle lance dans ce cadre un appel (AAP), dont la dotation s’élève au total à 130 000 euros.

    Les projets soutenus devront avoir pour finalité :
    • de faciliter les interactions et de renforcer le lien humain au sein de structures ou de services sanitaires ou médico-sociaux ; 
    • de faciliter l’expression des usagers du système de santé ;
    • de rassurer, d’apaiser et de détendre les usagers du système de santé.

    Ils devront être totalement ou partiellement à l’initiative d’usagers du système de santé, prévoir leur participation à toutes les étapes de mise en œuvre des projets et présenter un caractère innovant : dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage, dans le caractère social.

    2 sessions de réponse sont prévues en 2020 (avant le 3 février 2020 pour la première session et avant le 3 avril 2020 pour la seconde session) pour offrir au maximum de porteurs de projets l’opportunité de déposer leur dossier de demande de subvention, à télécharger via ce lien.

    Entre 1 et 3 projets seront soutenus suite à chaque session de réponse.

    Contexte de l’appel à projets

    La Fondation Adréa met en avant é enquêtes qui ont permis de mettre en avant que la dimension relationnelle dans les processus de soins et d’accompagnement des usagers nécessite d’être approfondie et valorisée :

    • le Baromètre de l’expérience patient 2019-2020 réalisé par l’Institut français de l’expérience patient et BVA, avec le soutien de la Fondation d’entreprise Adréa : un des éléments prioritaires constituant l’expérience patient, du point de vue des usagers du système de santé, est la relaton avec les professionnels de santé devant le soutien des proches et l’organisation du parcours de santé/de la prise en charge ;
    • une autre enquête réalisée par la Fondation Adréa en 2018 avec Opinionway, qui portait sur la place et le rôle des patients dans le système de santé français. À la question « Selon vous, que manque-t-il aux patients pour leur permettre d’être davantage acteurs de leur parcours de soins ? », près d’1 Français sur 2 a répondu « une meilleure écoute des professionnels de santé ».

    « A l’heure où le manque de temps des professionnels de santé ou les contraintes organisationnelles des structures et services sanitaires et médico-sociaux limitent les temps d’écoute et d’échanges entre les patients, leurs proches, et les professionnels de santé, il apparaît nécessaire de soutenir des projets qui soient de nature à mettre l’humain au coeur de l’accompagnement des usagers du système de santé », commente la fondation d’entreprise.

    Objectifs, critères de recevabilité et sélection des AAP

    Dans le cadre de cet appel à projets (AAP), la Fondation d’entreprise Adréa soutiendra des projets qui permettent d’humaniser l’accompagnement des usagers du système de santé. Elle entend par « usagers du système de santé » toutes les personnes prises en charge ou accompagnées du fait d’une maladie ou d’un handicap ainsi que leurs aidants.

    Pour être éligible, le projet devra répondre aux critères suivants :

    • organisations concernées : organisations à but non lucratif mettant en œuvre des projets d’intérêt général. Les projets d’envergure nationale, ou s’inscrivant dans une dynamique d’essaimage, seront privilégiés ;
    • public bénéficiaire : les usagers du système de santé ;
    • durée du partenariat : il est possible de présenter une demande de subvention dans le cadre d’un partenariat d’1, 2 ou 3 ans ;
    • innovation : le projet devra être innovant dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage et dans le caractère social.

    À l’inverse, ne seront pas retenus les projets :

    • portés par une personne physique ;
    • s’adressant à un public trop restreint ;
    • relatifs à des événements ponctuels ;
    • ne répondant pas aux thématiques définies ;
    • ayant trait à des actions de formation pouvant relever des dispositifs de formation professionnelle.

    Les dossiers seront étudiés et sélectionnés en 3 étapes

    Après une étude des conditions de recevabilité des dossiers reçus et une pré-sélection des projets, la sélection finale sera réalisée par le conseil d’administration qui appréciera les éléments suivants :

    • la qualité du projet présenté et la pertinence des conditions et du calendrier proposés pour sa mise en oeuvre ;
    • la pertinence, la clarté et le degré de détail du plan de financement du projet ainsi que sa comptabilité avec les enveloppes financières disponibles ;
    • la conformité du projet au regard des axes thématiques du cahier des charges ;
    • l’inscription du projet dans une dynamique partenariale avec des acteurs locaux, régionaux ou nationaux susceptibles de consolider et compléter les réalisations du projet ;
    • la pertinence du dispositif d’évaluation des réalisations et des bénéfices auprès du ou des public(s) cible(s).

    Informations et contacts

    Le dépôt du dossier de demande de subvention s’effectue uniquement en ligne avant le 3 février 2020 pour la première session de réponse et avant le 6 avril 2020 pour la seconde session de réponse. Les dossiers adressés par courrier ou email seront refusés.

    1ère session de réponse : du 9 décembre 2019 au 3 février 2020 inclus

    • instruction des projets : février 2020 ;
    • sélection des lauréats : mars 2020 ;
    • début du partenariat : fin mars 2020.

    2nde session de réponse : 20 février 2020 au 6 avril 2020 inclus

    • instruction des projets : avril-mai 2020 ;
    • sélection des lauréats : juin 2020 ;
    • début du partenariat : fin Juin 2020.

    Pour toute question, contacter l’équipe opérationnelle de la Fondation Adréa :

    • en envoyant un email à fondation@adreamutuelle.fr ;
    • par téléphone au 01 70 08 87 21 (Apolline Ledain) ou au 01 80 49 80 36 (Chris Grente).
  • DATA – Congrès d’audiologie : les dispositifs et objets connectés pour le handicap auditif

    À l’occasion du 15e congrès de la Société française d’audiologie, qui se tient du 13 au 14 décembre 2019 à Lyon, et du déploiement du reste à charge zéro pour les lunettes ainsi que les prothèses dentaires et auditives, Health & Tech Intelligence propose un zoom sur les dispositifs innovants développées pour venir en aide aux personnes atteintes d’un handicap auditif (fonctionnement, prix, site web) : appli pouvant retranscrire les sons en SMS ou plateforme de télé-audiologie (AudioPro Connect), appareil auditif connecté (Opn d’Oticon), application pour faciliter l’accès à plusieurs méthodes de traitement des acouphènes (Diapason de Immersive therapy), etc.

    Dans notre précédent indicateur figurait la solution Unitact de Novitact. En 2018, la société située à Lacroix Saint-Ouen (Oise, Hauts-de-France) a été déclarée en liquidation judiciaire par le tribunal de Tribunal de commerce De Compiègne. L’entreprise proposait Unitact, un bracelet vibrant connecté destiné à simplifier le quotidien des personnes sourdes ou malentendantes en leur adressant des informations essentielles. Le porteur de l’objet pouvait recevoir des messages spécifiques grâce à des vibrations d’intensités différentes et de durées variables pour se réveiller le matin, attirer l’attention, maintenir le contact ou signaler sa présence.

    À noter que de nouvelles mesures réglementaires ont récemment été mis en place dans le champ de l’audition :

    • d’ici 2021, dans le cadre du plan gouvernemental « 100 % santé », ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, les Français bénéficieront d’un reste à charge zéro pour un ensemble de soins optiques, dentaires et auditifs ;
    • la ministre a indiqué en juillet 2019 devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale que 15 000 personnes avaient déjà profité de la mesure en audioprothèses au premier trimestre de l’année. Depuis le le 1er janvier 2019, les équipements concernés par le reste à charge zéro sont :
    – soumis à un prix limite de vente ;
    – davantage remboursés par la Sécurité sociale ;
    • selon Agnès Buzyn, les tarifs des audioprothèses concernées par le plan « 100 % santé » ont diminué de 200 euros par oreille.

    Le tableau présentant les dispositifs et objets connectés pour le handicap auditif disponibles en France est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Congrès de psychiatrie (FHP) : Sibius décroche le prix « start-up » pour sa plateforme basée sur IA

    La start-up Sibius remporte le prix « start-up » organisé par la FHP-Psychiatrie à l’occasion du Congrès français de psychiatrie, qui s’est tenu à Nice du 4 au 7 décembre 2019. La jeune société développe une plateforme numérique de diagnostic et de suivi des troubles du neurodéveloppement de l’enfant et de l’adulte, en s’appuyant sur un système basée sur intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de ce concours, elle décroche une dotation de 1 000 euros.

    « Alors que la France est au quatrième rang des pays de l’OCDE pour le nombre de psychiatres par habitant mais que de nombreux postes de praticiens restent vacants, le congrès propose une réflexion globale sur les difficultés actuelles du secteur et les décisions à prendre pour y remédier, contextualise la FHP. La branche psychiatrie de la fédération a lancé en 2017 un prix « start-up » pour valoriser l’innovation, en récompensant le projet d’une jeune société innovante en santé mentale.

    Sibius est une spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, incubée par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). Sa solution sera présentée lors d’un conseil d’administration de la FHP-Psychiatrie. Elle fera l’objet d’une communication à destination des 175 établissements psychiatriques adhérents. 

    Les deux autres finalistes était :
    • Expert-i-mental : plateforme conçue pour créer du lien entre les personnes atteintes de troubles bipolaires, leurs proches et les professionnels de santé ;
    • PsyApps : développe des applications facilitant le suivi psychologique des patients.

    Le jury était composé des professionnels de santé suivants :

    • Dr Olivier Drevon, président de la FHP-Psychiatrie ;
    • Pr Michel Benoit, PU-PH, CHU Nice ;
    • Dr David Renaud, Centre mémoire de ressources et de recherche, CHU Nice ;
    • Jérôme Gomes, groupe Korian, administrateur FHP-Psychiatrie ;
    • Radu Iuga, Association fédérative française desétudiants en psychiatrie (AFFEP).

    Objectif de Sibius : « devenir le premier marqueur neurocognitif »

    Spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, Sibius a été créé en 2019 et est incubé par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). La start-up développe une application basée sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la prise en charge des troubles neurocognitifs (autisme, troubles DYS, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…), du dépistage jusqu’au suivi, en passant par l’accompagnement et la rééducation.

    Mesure indirecte de l’attention visuelle et exploration tactile d’une image

    Pour mieux détecter les troubles, la solution est centrée sur « la mesure indirecte de l’attention visuelle et l’exploration tactile d’une image », explique Sibius dans un communiqué. Pour ce faire, elle fonctionne sous la forme d’un jeu d’exploration d’images, qui analyse les mouvements oculaires du patient en temps réel.

    Le système d’IA permet d’identifier un éventuel trouble neurocognitif et de déterminer son origine (autisme, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…).

    « Aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante »

    Actuellement, il n’existe pas de « marqueur objectif et simple pour mesurer le fonctionnement neurocognitif en pratique médicale courante comme peut le faire un thermomètre pour la fièvre ou le tensiomètre pour l’hypertension », note la start-up. Son objectif est ainsi de « devenir le premier marqueur neurocognitif pour aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante ».

    « Par exemple concernant l’autisme, en Europe, 4 ans d’errance et d’incertitude séparent le moment où les parents se rendent compte du premier signe d’alerte et le diagnostic officiel posé par un centre expert. En cause, le manque de marqueur simple pour accélérer la prise de décision », commente Guillaume Bezie, P.-D.G. de Sibius.

    L’application de Sibius vise à permettre aux professionnels de santé de confirmer leur jugement clinique, d’orienter au plus vite le patient vers une prise en charge adaptée et d’obtenir un diagnostic officiel.

  • Alexa : Privacy International « s’alarme » des conditions consenties par le NHS à Amazon

    L’accord entre le National Health Service (UK) et Amazon conclu en juillet 2019 « semble clairement autoriser [le groupe américain] à utiliser les informations fournies sur le site web du NHS à des fins diverses[, incluant] la publicité ou le marketing ». C’est ce qu’affirme l’ONG Privacy International dans un rapport publié le 6 décembre 2019, après avoir obtenu la publication du contrat entre Amazon et le ministère de la Santé britannique par requête FOI (Freedom Of Information).

    Ce dernier a été présenté comme permettant aux patients d’interroger le site web du National  Health Service sur leurs symptômes via le système de commande vocale Alexa d’Amazon, au lieu d’avoir recours au service téléphonique. L’ONG relève que le contrat met à disposition d’Amazon « toutes les informations sur la santé » que contient le site, « y compris, sans s’y limiter, les symptômes, les causes et les définitions », tandis que l’entreprise américaine ne fait pour sa part « aucune promesse » en retour au NHS, si ce n’est celle de créditer l’information qui lui provient. Le contrat ne garantit pas non plus que l’information diffusée via Alexa proviendra bien du NHS : lors d’un test, les auteurs du rapport se sont vu donner par Alexa des informations provenant non pas du HS mais de la Mayo Clinic.

    Privacy International souligne en outre que plusieurs parties de la version du contrat qui lui a été transmise sont caviardées (supprimées, censurées), et que le NHS invoque en justification la nécessité de ne pas léser « l’intérêt commercial d’Amazon » : de fait, le contrat interdit au NHS de communiquer sur ce partenariat sans le consentement d’Amazon.

    Engagée en faveur d’« un monde où la technologie sert à autonomiser les services publics, et non à en tirer profit », l’ONG s’« alarme » des largesses consenties à un groupe déjà actif dans le domaine de la santé et « aux antécédents inquiétants en matière de respect de la vie privée ».