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  • Rapport : mieux former les pharmaciens à la santé mobile pour mieux conseiller les patients

    Les pharmaciens perçoivent la santé mobile comme un levier permettant de centrer les prises en charge médicamenteuses sur les patients. Si la plupart de ces professionnels se servent quotidiennement d’applications mobiles liées à des bases de données de médicaments, beaucoup n’osent cependant pas conseiller d’applications mobiles de santé à leurs patients notamment par manque d’information et de preuves de l’efficacité de ces solutions.

    C’est ce que relève un rapport publié par la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) en septembre 2019, visant à décrire l’utilisation des applications mobiles de santé par les pharmaciens et à estimer son impact sur la pratique pharmaceutique.

    Pour comprendre comment les pharmaciens utilisent actuellement des dispositifs de santé mobile, un questionnaire a été envoyé à de nombreux pharmaciens membres de la FIP.

    Selon les réponses données par ces derniers, il semble que :
    • les pharmaciens ont de plus en plus recours à des dispositifs de santé mobile qui peuvent selon eux sécuriser les traitements ;
    • les pharmaciens apprennent rapidement à manier ou à conseiller ces nouveaux outils malgré une formation initiale et continue insuffisante en ce qui concerne ce type de nouvelles technologies de santé ;
    • des progrès technologiques, une plus grande inclusion des utilisateurs dans les processus de développement des applications ainsi que des études montrant l’efficacité de ces solutions permettraient d’accélérer le déploiement de la santé mobile en pharmacie et d’inciter les pharmaciens à conseiller certaines applications.

    Health & Tech Intelligence revient en détail sur les principaux résultats de ce rapport.

    Les bénéfices de la santé mobile

    Pour les pharmaciens

    Pour les pharmaciens, le recours à des dispositifs de santé mobile permet en particulier de consulter rapidement et facilement des ressources documentaires présentées sous un format simple dans une application. Les bases de données concernant les médicaments sont en effet de plus en plus souvent disponibles sous la forme d’applications mobiles. Il s’agit donc de faciliter l’accès des professionnels à des informations fiables concernant leur spécialité.

    Ces applications permettent par ailleurs un certain confort éthique et une affirmation du rôle du pharmacien en sécurisant les pratiques et en aidant les professionnels de la pharmacie dans l’analyse des prescriptions.

    Certains dispositifs mobiles renseignent également les pharmaciens sur les médicaments disponibles ou en rupture de stock auprès de leurs fournisseurs, voire constitue un support pour la gestion de leur propre stock à l’officine.

    D’une manière générale, les pharmaciens semblent donc utiliser en particulier :

    • des applications donnant accès à des bases de données concernant des médicaments, recommandations pratiques, des articles de recherche ;
    • des applications de calcul de posologies ;
    • des applications renseignant sur la disponibilité des médicaments ;
    • des applications de formations continues permettant de suivre des programmes simples sur des thèmes variées – souvent proposées par les entreprises mettant à disposition des bases de données pharmaceutiques.

    Pour les patients

    Les patients disposent de plus en plus de matériel digital et mobile leur permettant de se connecter à de nombreuses plateformes notamment de santé. Ils utilisent donc de plus en plus d’applications mobiles de santé leur permettant :

    • d’accéder facilement à des informations de santé fiables et vulgarisées ;
    • de monitorer leur activité physique ou certaines de leurs données de santé ;
    • de communiquer rapidement et facilement avec leur pharmacien ou leurs praticiens de santé.

    Les patients utilisent donc en particulier des applications de suivi de leurs traitements permettant de visualiser son historique de prescription, de programmer des alarmes rappelant l’heure des horaires de prise de médicaments, d’accéder facilement à des informations adaptées concernant les médicaments ou de communiquer par messages avec un pharmacien.

    Les barrières qui empêchent la santé mobile de se développer dans les officines de pharmacie

    Manque d’interopérabilité des systèmes

    Les données produites par de très nombreuses et diverses applications de santé sont souvent peu interopérables : souvent, seule l’application ayant produit un ensemble de données de santé sera à même de lire et de comprendre cet ensemble de données de santé. Ces données sont donc difficilement partageables entre applications mobiles, rendant donc l’intégration de ces données dans des plateformes telles que des dossiers médicaux électroniques difficiles. Or, la centralisation de ces données vers un SI unique tel qu’un dossier de santé dématérialisé permettrait d’améliorer le suivi du patient et d’augmenter le niveau de personnalisation et de qualité de ses soins.

    Accès réduit aux technologies de l’information

    L’accès réduit aux technologies de l’information (TIC) est un des principaux freins à l’implémentation de la santé mobile en pharmacie. « Le déploiement de la santé mobile est hautement dépendante des infrastructures disponibles dans un environnement donné », rappelle la fédération dans son rapport. Le manque d’experts en nouvelles technologies observé dans la plupart des régions sous-dotées en infrastructures y rend souvent le développement de la santé mobile plus difficile encore.

    Compétences technologiques limitées de certains patients

    Bien que les patients semblent maîtriser de mieux en mieux des applications de plus en plus ergonomiques, certains groupes tels que les personnes âgées ou analphabètes continent à présenter des difficultés d’utilisation des dispositifs mobiles donc des applications mobiles de santé.

    Capacités d’investissement limitées dans les nouvelles technologies et dans la santé

    La santé mobile se développe dans des régions dont la situation économique est telle que des investissements nombreux et élevés peuvent être réalisés dans les secteurs de la santé et de l’innovation. Au contraire, dans les pays aux capacités d’investissement moindres, l’innovation, la santé et donc la santé mobile se transforment moins.

    Facteurs de développement de la santé mobile en pharmacie

    Former les pharmaciens à la santé mobile

    Puisque les pharmaciens d’officine comptent parmi les professionnels de santé les plus accessibles, les former à la santé mobile et les informer des évolutions de ce marché leur permettrait de conseiller au mieux des patients qui s’interrogent de plus en plus sur la fiabilité de ces dispositifs. Or, les pharmaciens semblent encore peu informés des applications mobiles existantes utilisables par les patients : une étude menée en Angleterre en 2017 a par exemple montré que :

    • seuls 56 % des pharmaciens connaissaient des applications de santé mobile destinées aux patients ;
    • seuls 30% des pharmaciens avaient déjà conseillé certaines applications de santé à leurs patients.

    Évaluer la qualité et la sécurité des dispositifs

    La qualité des applications de santé mobile interroge. Le manque de preuves concernant l’efficacité des applications de santé constitue une des raisons pour lesquelles les pharmaciens ne conseillent pas leur utilisation aux patients. Conduire de nouvelles études pourrait donc mener la santé mobile à entrer dans l’ère de l’evidence based medecine et les pharmaciens à pouvoir placer leur confiance en des solutions qui auront fourni la preuve de leur efficacité.

    De même, fournir aux pharmaciens des informations claires et détaillées assurant de la sécurité des données de santé des patients produites ou analysées par ces solutions permettrait aux pharmaciens de juger au mieux la fiabilité des applications mobiles de santé.

    Revoir les processus de développement des applications de santé

    Afin de rendre les applications de santé plus ergonomiques et intuitives pour les patients comme pour les pharmaciens et afin de répondre à de réels besoins (et non de proposer des applications de santé « gadget » rapidement abandonnées par les patients), les utilisateurs devraient être plus intégrés aux processus de développement de ces solutions.

    Les attentes des patients et des pharmaciens devraient ainsi être mieux évaluées aux stades précoces de la conception des applications. Les utilisateurs devraient ensuite être consultés tout au long du développement et du design des solutions mobiles afin de s’assurer de leur facilité d’utilisation.

    Objectif : monitorer les traitements à distance, en temps réel et en conditions de vie réelle

    L’enjeu du déploiement de la santé mobile en pharmacie est la capacité à monitorer les traitements à distance, en temps réel et en conditions de vie réelle. Ce suivi à distance permettrait donc :

    • d’assurer un suivi précis du patient et ainsi d’améliorer la pertinence et la qualité de ses soins ;
    • de renforcer la communication entre patients, pharmaciens et médecins exerçant en ville comme à l’hôpital, ce suivi pouvant être partagé entre divers professionnels de santé.

    Des solutions mobiles très sophistiquées pour adapter le traitement en temps réel, bien que rares, ont déjà fait leur apparition, notamment en diabétologie (Freestyle libre).

    De tels systèmes de suivi trouvent par ailleurs leur application dans le domaine des essais cliniques : ils pourraient permettre de développer des médicaments sur la base non seulement de données produites dans un environnement contrôlé mais également dans des conditions de vie réelles.

    Progrès technologiques nécessaires à la réalisation de cet objectif

    Cet objectif de monitoring à distance des traitements sur la base de données mesurées en conditions de vie réelle demeure encore difficile à atteindre pour de raisons scientifiques : des progrès technologiques doivent encore être réalisés dans le domaine de la santé mobile.

    • Changement de paradigme : disparition de la nuance entre santé mobile et santé digitale

    La nuance entre santé mobile et santé digitale doit disparaître pour permettre une plus grande plasticité des projets de recherche et ainsi le développement d’applications plus sophistiquées autorisant la production de grandes quantités de données stockées et traitées à distance.

    • Recours aux technologies de blockchain et progrès concernant l’interopérabilité

    Si des infrastructures de blockchain permettraient de faciliter et de sécuriser le traitement des données de santé de plus en plus nombreuses, elles bénéficieraient également à l’industrie pharmaceutique en renforçant la traçabilité des médicaments.

    L’enjeu principal est d’améliorer le niveau d’interopérabilité des systèmes utilisés en santé, de permettre un meilleur échange des données entre ces applications mobiles de santé, de les centraliser vers des fichier ou plateformes plus centrales telles que des dossiers médicaux électroniques.

  • e-Recrutement : Medelse lance un forfait jour et travaille sur la partie prédictive de son algorithme

    « Nous partons des besoins des médecins », explique Marion Giendaj, head of marketing communication à Medelse, une plateforme en ligne de recrutement dans le médical qui se présente comme « l’agent des praticiens en santé ». La société vient de lancer un contrat forfait jour, alternative à l’intérim, afin de répondre aux besoins ponctuels des praticiens et des établissements.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Marion Giendaj revient en détail sur cette nouvelle offre et les particularités de la plateforme, dont l’algorithme fait matcher les demandes des praticiens avec les offres des établissements. « Nos informations sont mises à jour quotidiennement et tout est vérifié, précise-t-elle entre autres. C’est un point important parce que le secteur est opaque. Les praticiens ne connaissent pas toujours toutes les opportunités auxquelles ils ont accès et n’ont pas le temps de gérer leur évolution de carrière. Nous avons une équipe d’agents pour accompagner les praticiens et une équipe de référents pour accompagner les établissements. » L’accès à la plateforme est gratuit pour les praticiens et une tarification fixe est proposée aux établissements.

    Autre information clé : Medelse souhaite « mettre en lumière » l’ensemble des données de sa plateforme, en proposant dans un premier temps courant 2020 un accès à cette base à ses utilisateurs. L’idée à terme est de travailler sur la partie prédictive de son algorithme, d’anticiper les prochaines volontés des médecins.

    Marion Giendaj indique par ailleurs que la société envisage un développement à l’étranger, en Europe tout d’abord courant 2020-2021 puis « éventuellement » aux États-Unis.

    Forfait jour : plus de 1 000 jours d’exercice fournis aux établissements en 6 mois

    Medelse se présente comme l’agent des praticiens en santé, avec actuellement plus de 14 000 postes ouverts, en libéral ou salariat. Vous venez de lancer un contrat forfait jour pour répondre à l’urgence présente dans l’ensemble des établissements de santé : 30% des postes vacants, difficultés d’attractivité pour les établissements, etc.

    Oui, et nous sommes aussi partis d’un souhait des candidats. Nous avons remarqué que beaucoup de praticiens recherchaient un forfait court et en jour avant une installation en libéral ou une collaboration de longue durée avec un établissement. Idem du côté des établissements. Ce forfait jour permet d’éviter un passage par l’intérim, plus coûteux. Le contrat est généré par les établissements.

    Les praticiens sont nombreux à souhaiter réaliser un remplacement avant de savoir où ils veulent aller pour une installation de longue durée. Nous avons par exemple une médecin généraliste qui a travaillé pendant 5 ans en Nouvelle-Calédonie en remplacement. À son retour en métropole, elle a obtenu un contrat forfait jour à Lyon puis a été prise en CDI par l’établissement.

    Quel est le premier bilan de ce forfait jour ?

    Nous avons testé ce nouveau contrat en juin-août 2019 et l’avons réellement lancé fin septembre. Pendant la période d’expérimentation de 3 mois, plus de 350 jours d’exercice ont été fournis aux établissements, ce qui est bon résultat. Et, sur les 6 derniers mois (3 mois de test + 3 mois de lancement officiels), nous comptabilisons un peu plus de 1 000 jours d’exercice fournis.

    Nous constatons que les établissements anticipent beaucoup plus leurs besoins ponctuels que leurs besoins de recrutements permanents. Il y a beaucoup plus de facilités pour eux parce qu’en 48 heures le processus est réglé. La démarche est plus rapide car les établissements expriment plus rapidement leurs besoins, les praticiens sont plus flexibles sur les conditions du court terme et il y a moins d’échanges pour se mettre d’accord. En clair, l’établissement émet une demande, qui est envoyée aux praticiens disponibles correspondants. Dès qu’un praticien accepte l’exercice tout est validé, contrairement à un recrutement permanent, où il y a des échanges téléphoniques et physiques. 

    Combien de praticiens et d’établissements utilisent votre plateforme ?

    Nous comptons environ 1 500 établissements utilisateurs. Il s’agit de tous types de structures, comme des hôpitaux, des maisons de santé mais aussi des groupes comme la Croix-Rouge, etc. Côté praticiens, nous comptabilisons plus de 20 000 utilisateurs, en sachant que nous avons introduit le paramédical il y a quelques mois, secteur pour lequel le marché de l’emploi est différent.

    « Notre algorithme centralise l’offre et la demande au niveau national »

    Comment vous démarquez-vous des autres plateformes d’offres dans le secteur de la santé ?

    Par rapport à un site d’annonces classiques, notre plateforme se démarque par la fraîcheur des informations qu’elle recense, mises à jour au quotidien.

    Notre algorithme centralise l’offre et la demande au niveau national. C’est un autre plus. les établissements n’ont pas besoin d’aller en région pour connaître le marché, de passer par un cabinet de recrutement régional.

    Un autre avantage est la rapidité. L’algorithme fait « matcher » les praticiens et les établissements dont les besoins coïncident. En moyenne, le recrutement se fait sur 3 semaines via notre plateforme, en prenant en compte les entretiens, au lieu de 3 mois habituellement.

    L’accompagnement que nous proposons nous permet également de nous démarquer. Nous avons des agents qui sont dédiés quotidiennement au suivi des établissements et des praticiens. Nous nous sommes aperçus qu’il pouvait y avoir un langage de sourds entre les uns et les autres. Nous sommes-là pour harmoniser le langage des praticiens et celui des établissements. Nous avons également constaté que beaucoup de médecins ne savaient pas réellement comment être efficaces dans leur recherche d’emploi, comment mettre en avant leurs compétences, leurs expériences, etc. Nous leur délivrons des conseils et leur donnons également accès à des reportages vidéos et à des photos pour qu’ils aient une vision concrète des établissements. Nos référents sont là pour mettre en avant leurs établissements, en cohérence bien entendu avec les besoins et souhaits des praticiens.

    Un accès gratuit pour les praticiens, une tarification fixe pour les établissements

    Quel est votre business modèle ?

    L’accès à la plateforme est gratuit pour les praticiens. Ce sont les établissements qui paient. Nous avons fait le choix d’une tarification fixe avec une garantie de 100 % de succès. Cela ne les engage donc à rien. À nous d’être plus efficaces pour que les établissements recrutent plus rapidement grâce à Medelse.

    Quels sont les axes d’amélioration de votre service, les évolutions de l’offre envisagée ?

    Nous réfléchissons à différentes offres, qui s’adapteraient  à toutes les tailles de structures (petits centres de santé comme grands centres hospitaliers, qui ne recrutent pas de la même manière et avec les mêmes moyens).

    En ouvrant notre plateforme au paramédical, nous nous attaque également à un recrutement qui est encore plus en souffrance et qui est géré totalement différemment. Nous sommes en réflexion avec les établissements à ce sujet, pour créer par exemple des accès différents pour le paramédical ou encore un système de pack avec un objectif de recrutements à effectuer sur l’année, financièrement plus intéressant encore.

    « Notre partie data va être mise en avant courant 2020 »

    Combien de personnes travaillent actuellement pour Medelse ?

    Nous sommes une quinzaine dans les locaux de Clichy, avec une équipe technique basée à Toulouse. Il y a une grosse équipe RH dédiée à l’accompagnement des établissements et une autre dédiée aux médecins. L’équipe technique et produits est en charge de toute notre innovation et de notre algorithme.

    À ce propos, nous avons un data scientist qui a pour mission d’optimiser cet algorithme, de le rendre plus fin dans ses analyses. Toute cette partie data va être mise en avant courant 2020.

    De quelle manière ?

    L’idée est de travailler sur la partie prédictive du système, d’anticiper les prochaines volontés des médecins, de mieux identifier les zones où il y a un vide médical pour savoir où créer un établissement de santé par exemple. Nous avons beaucoup de données à disposition et l’objectif est de pouvoir les mettre en lumière l’année prochaine, en donnant dans un premier temps un accès à ces données au cours du 1er semestre 2020.

    Un développement de la plateforme prévu en Europe et aux États-Unis

    Envisagez-vous un développement à l’étranger ?

    À horizon 2020-2021, nous envisageons de tester le marché européen dans un premier temps puis éventuellement l’international avec les États-Unis.

  • Étude : des millions d’économies potentielles grâce à une IA prédisant les soins aux seniors (USA)

    Un modèle de réseau de neurones profond est parvenu à prévoir les visites dans les établissements de santé des personnes âgées. Ce système d’intelligence artificielle (IA), créé par des chercheurs finlandais, s’est révélé plus efficace que les modèles de régression traditionnels couramment utilisés pour prédire la fréquence de recours aux soins. Les auteurs de l’étude* parue en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Research (anciennement le Journal of Machine Learning Research), estiment que cet outil pourrait faire économiser des millions de dollars.

    L’intelligence artificielle pour anticiper la charge de travail

    De nombreux établissements de santé utilisent des systèmes pour prévoir les taux de recours aux soins et ainsi débloquer les ressources adéquates. Aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne, notamment, ces modèles d’ajustement au risque sont basés sur le décompte des diagnostics de l’année précédente, le profil démographique des patients (âge, sexe) mais aussi leurs caractéristiques socio-économiques. Cependant, ces modèles de régression statistique ne sont pas d’une grande précision.

    Des chercheurs du Centre finlandais pour l’intelligence artificielle (IA), de l’Université Aalto, de l’Université d’Helsinki et de l’Institut finlandais de la santé et du bien-être ont donc décidé d’utiliser l’IA pour améliorer leurs prévisions. La démarche est relativement inédite car les applications du machine learning (apprentissage automatique) dans le domaine de l’allocation des ressources de soins de santé est assez rare.

    Un réseau de neurones basé sur 1,4 million de dossiers électroniques

    L’enjeu économique est majeure car comme l’explique Pekka Marttinen, professeur adjoint à l’Université Aalto et au Centre finlandais pour l’intelligence artificielle, « sans modèle d’ajustement du risque, les établissements de soins dont les patients sont plus souvent malades que la moyenne des gens seraient traités injustement ». Pour construire leur réseau de neurones, ils ont choisi les personnes âgées qui « sont un bon exemple d’un tel groupe de patients. L’objectif du modèle est de prendre en compte ces différences entre les groupes de patients lors de la prise de décisions de financement », explique Pekka Marttinen.

    Les chercheurs ont donc utilisé les dossiers de santé électroniques de 1,4 million de citoyens finlandais, âgés de 65 ans et plus, pour développer un modèle d’apprentissage approfondi (deep learning) séquentiel qui peut prédire quand et pourquoi les personnes âgées utiliseront les services de santé au cours de l’année suivante, et ce au niveau individuel. Les résultats de cette étude ont été publiés en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Network. 

    Résultats : un score de prévision amélioré de 10 %

    • Le score de prévision est amélioré de 10 % par rapport aux systèmes statistiques traditionnels.
    • Un tel réseau de neurones ne nécessite pas un énorme ensemble de données pour produire des résultats fiables.

    Une IA peu gourmande en données

    Les auteurs de cette étude soulignent que le nouveau modèle basé sur l’IA a mieux fonctionné que les modèles plus simples basés sur le nombre, « même s’il n’utilisait qu’un dixième de toutes les données disponibles ». En d’autres termes, expliquent-ils, « il fournit des prédictions précises même avec un ensemble de données relativement petit, ce qui est remarquable, car l’acquisition de grandes quantités de données médicales est toujours difficile ». Et « le fait d’avoir un modèle précis peut permettre d’économiser plusieurs millions de dollars », ajoute le principal auteur de l’article.

    En outre, les chercheurs finlandais n’envisagent pas de remplacer les modèles statistiques par les réseaux de neurones pour prévoir les soins mais d’intégrer les caractéristiques des modèles d’apprentissage en profondeur aux modèles existants, en combinant les meilleurs aspects des deux. « À l’avenir, l’objectif est d’utiliser ces modèles pour soutenir la prise de décision et allouer des fonds de manière plus raisonnable », précisent les auteurs des travaux. Enfin, un tel système ne se limite pas à prévoir les soins des personnes âgées ; il pourrait tout à fait s’appliquer à tout groupe de patients diagnostiqués avec des maladies qui nécessitent des traitements très coûteux.

  • «  Données de santé : volontarisme ou vigilance » : débat le 18 décembre 2019, Paris

    Les Contrepoints de la santé organisent le mercredi 18 décembre 2019 à Paris un petit déjeuner autour des données de santé avec un accent sur la mise en place du Health Data Hub, officiellement constitué fin novembre 2019.

    Les inscriptions (gratuites) sont à effectuer sur ce lien ou par mail auprès de Madame Françoise Millet.

    Débat 

    Cette rencontre sera l’occasion de confronter les points de vue des acteurs en présence sur les enjeux de la donnée. Au centre de la discussion, les sujets suivants :

    • le Health Data Hub : apports et plus-value pour l’innovation en santé, relations avec les acteurs et les GAFA ;
    • les enjeux éthiques liées à la donnée : la question de la donnée comme appui ou remplacement de la décision médicale. 

    Intervenants

    Ce débat sera modéré par Philippe Leduc (LDC Santé) aux côtés de Pascal Maurel (Ortus) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé). Ils recevront : 

    • Stéphanie Combes, directrice du Health Data Hub ;
    • le Pr Laure Fournier, service de radiologie, Hôpital européen Georges Pompidou ;
    • Pierre-Alain Raphan, député de l’Essonne ;
    • David Gruson, Comité pilote d’éthique du numérique, fondateur du think tank Ethik-IA.
  • Lancement de l’accélérateur Digital Pharma Lab : 7 industriels et 9 start-ups pharmatech embarqués

    Provoquer la rencontre entre start-ups et industries de santé afin d’accélérer l’intégration des innovations des jeunes entreprises dans les métiers et les business modèles des laboratoires pharmaceutiques, entreprises de biotechnologies et fabricants de dispositifs médicaux. Tel est l’objectif du Digital Pharma Lab, présenté comme le « premier accélérateur pharmatech indépendant en Europe ». Inauguré le 9 décembre 2019 à l’occasion d’une conférence spéciale, ce nouvel organisme est soutenu par Bpifrance et l’EIT Health : son lancement marque le démarrage de la première promotion du programme d’accélération, axée pour cette première saison sur la thématique « révolution pharmatech ».

    Ce programme de 4 à 6 mois a pour but de permettre aux industriels de la santé partenaires d’accélérer, voire d’intégrer dans leurs modèles, les innovations des start-ups pharmatech sélectionnées :
    • les partenaires industriels : Biogen, Ipsen, Servier, Otsuka, Sanofi, Takeda et Chugai ;
    • start-ups sélectionnées : Apodis Pharma, Diam Park, Epigene Labs, Inato, Invenis, Lucine, MyBrain Technologies, MyScienceWork et Yuni.

    Le Digital Pharma Lab s’engage également aux côtés des start-ups pour leur permettre de consolider leurs opportunités de développement en attirant l’attention des investisseurs publics et privés.

    L’accélérateur a été co-fondé par Pascal Bécache, ancien d’IBM et d’Iqvia, et Didier Tranchier, investisseur dans plus de 40 start-ups depuis 20 ans.

    Faire de Paris la place des investissements pharmatech en Europe et dans le monde

    Pascal Bécache, co-fondateur du Digital Pharma Lab, souligne que l’ambition de cet accélérateur « est de contribuer à faire de Paris le cœur des investissements pharmatech en Europe et dans le monde en se fondant sur son environnement scientifique, technologique et économique unique ».

    ​“L’annonce il y a quelques jours par la région Île-de-France de la création d’un programme d’investissement européen de deux milliards d’euros pour le développement d’entreprises innovantes du secteur santé et des sciences de la vie, vient corroborer notre vision et conforte notre volonté », complète-t-il.

    « Le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma »

    En introduction de cette matinée, Vincent Galand, le directeur de l’innovation du Digital Pharma Lab, précise cependant qu’« il manque un rouage entre industriels et start-ups » actuellement. Martin Dubuc, P.-D.G. de Biogen, rappelle de son côté que « le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma ». Le temps de développement « est trop long », observe-t-il. « Dans le secteur du dispositif médical, ce temps est plus court, ajoute-t-il. Il n’y a pas encore de burning plateforme côté pharma. Les acteur n’ont pas encore le sentiment qu’ils vont se faire « disrupter ». Quels choix opérer ? Comment faire rentrer le digital dans le secteur ? Par l’intrapeunariat ou l’intégration ? »

    « Outre le fait de favoriser des débouchés commerciaux, le programme de Digital Pharma Lab représente une formidable opportunité pour les start-ups sélectionnées de démontrer aux investisseurs publics et privés l’intérêt des industriels pour leurs solutions et la solidité de leur potentiel de développement », estime Didier Tranchier, co-fondateur de l’accélérateur. Selon Thierry Picard, associé, ​le nouveal accélérateur « apporte aux industriels de la santé tous les avantages d’un partenaire indépendant, bien inséré dans l’écosystème pharmatech, expert de l’accompagnement de projets digitaux transverses ».

    « Les enjeux d’un laboratoire de demain » : la vision des partenaires industriels

    Ipsen : le choix de l’intégration

    • Intervenenu lors de la conférence du 9 décembre : Dominique Bery, executive vice president strategy & transformation à Ipsen

    Chez Ipsen, c’est le choix de l’intégration. Il manque le coté « disruptif » et peut-être l’intrapreunariat, note Dominique Bery. On explique en interne que le digital va apporter une valeur médicale au patient. Le premier enjeu est de mettre le médicament plus vite possible sur le marché et s’assurer que le patient tire le plus de bénéfices de ce traitement. Le second enjeu selon Ipsen c’est celui de la donnée : l’utilisation de ces datas à disposition mais finalement peu utilisées.

    L’idée en résumé est :

    • de rassembler ses propres données ;
    • d’accéder aux données en vie réelle et accepter leur manque de qualité, et apprendre à travailler avec ces données imparfaites en les agrégeant ;
    • de générer de nouvelles données pendant que le patient prend son traitement.

    Exemple d’une appli pour le cancer du pancréas. Très peu d’innovation thérapeutique. Difficile de mettre en place des protocoles, savoir où sont les patients. Impact majeur si on y arrive.

    Sanofi : « nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient »

    • Intervenant : Isabelle Vitali, head of commercial digital innovation center à Sanofi

    « Nous travaillons avec tout l’écosystème, jusqu’au patient, indique Isabelle Vitali. Le digital permet cela même si l’humain reste indispensable. Le numérique nous aide à avoir des messages plus précis, à développer des outils pour nos interlocuteur, à collecter des données pour être beaucoup plus qualitatif, et, pour le professionnels de santé, à développer des solutions afin de mieux appréhender le suivi des patients (maladie chronique comme le diabète). Notre stratégie est de nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient. »

    La volonté de Sanofi est d’être « extrêmement concret » en se penchant sur des questions concrètes. « En amont, on se met d’accord sur les axes stratégiques, explique Isabelle Vitali. Le focus sur l’usage étant désormais bien ancré dans les esprits, l’enjeu désormais est économique : qui va payer au final ? Quelle valeur cela va-t-il générer ? Nous mettons au cœur de nos réflexions l’éthique by design. C’est un changement de mentalité complet. »

    Takeda : l’open innovation pour améliorer l’accompagnement tout au long du parcours de soins

    • Intervenant : Laure Monange-Caby, head of customer solutions & innovation Takeda

    « Avec l’open innovation, il est possible de proposer un accompagnement sur tout le parcours de soin, au-delà de la prise de médicaments, note Laure Monange-Caby. C’est un changement d’état d’esprit dans l’entreprise ». Cette approche doit être testée pour voir si elle fonctionne, indique-t-elle, et savoir comment la généraliser et la partager à toutes les aires thérapeutiques».

    Servier : « il faut avoir recours à l’intrapreneuriat »

    • Intervenant : Claude Bertrand, executive vice president R&D à Servier

    Claude Bertrand met en avant la problématique de succès, les laboratoires pouvant investir de manière conséquente (tant en matière de temps, de ressources humaines et de coût) dans des produits dont le succès final n’est pas garanti. « Comment accélérer la mise sur le marché d’un marché ?, interroge Claude Bertrand, qui note par ailleurs qu’il y a un besoin de trouver des data scientists. « Le changement d’état d’esprit est très important. Il faut avoir recours à l’intrapreneuriat et intégrer le concept de « think out of the box » », estime-t-il.

    Otsuka : mettre le client au cœur des réflexions

    • Intervenant : Magali Schembri, Chief Digital Officer Otsuka France

    Concernant la transformation digitale, le changement de culture est plutôt insufflé dans l’entreprise, par l’intrapeunariat, commente Magali Schembri. Étant une filiale d’un groupe japonais, au niveau local l’enjeu est de travailler de façon plus agile, de mettre le client au cœur des réflexions, explique-t-elle. La plupart du temps le digital est la solution mais pas nécessairement non. Voici les étapes qu’elle préconise :

    – 1. transformer le comité de direction ;

    – 2. entretenir l’etat d’esprit start-up ;

    – 3. changer les façons de travailler ;

    – 4. travailler avec des acteurs.

    « De la start-up au scale up »

    • Marion Cassiau, head of startup acceleration à Bpifrance (Healthcare Ventures), estime que « le dialogue n’est pas assez important » entre industriel et start-up.
    • Anne Osdoit, partner Sofinnova, explique que son cabinet va « se pencher sur les barrières à l’entrée du marché et [qu’il mène] pour cela une analyse du chemin réglementaire et et cherche à améliorer l’accès au marché : « Est-ce que le business model est suffisamment travaillé pour l’échelle internationale ? », interroge-t-elle.
    • Bernard Kirsch, président d’Angels Santé : en tant que business angel, son cabinet intervient sur du « seed » en medtech, en santé digitale et en biotech. Il voit environ 140-150 sociétés par an et investit dans 7 % d’entre elles. Il étudie lui aussi les barrières à l’entrée du marché, la part de marché potentielle. Enfin, il analyse la capacité d’exécution, la « scalabilité » et l’internationalisation, les premiers critères à étudier pour un investissement. « Tout n’est pas qu’une question d’argent, estime-t-il, il s’agit d’accompagner dans la durée. La difficulté réside dans les séries B ou C. »
    • Pierre Moustial, président du groupe Urgo, constate des freins dans le remboursement des medtech par la Sécurité sociale alors qu’il y a beaucoup de création. Il modère toutefois en évoquant l’article 51, qui permet une prise en charge par l’Assurance maladie. Ce qui permet le « scale up » selon lui, ce sont des soutiens comme le crédit impôt recherche (CIR) et Bpifrance. Il préconise de ne surtout pas aller en bourse, tel que Euronext, car pour une start-up, « la prédictibilité est trop compliqué ». Il faut au moins 10 à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires pour envisager une introduction, recommande-t-il.
    • Anaïs Délicourt, business creation manager à l’EIT Health France : l’EIT health, qui n’a que 3 ans d’existance en France, accompagne les start-ups dans leur « scale up » en termes de financement au niveau européen. Il existe pour ces jeunes sociétés un réseau d’investisseurs à l’échelle européenne qui propose des programmes de cross investment : business angel et seed pour de la série A et des programmes en France pour les séries B et séries C. Anaïs Délicourt souligne que la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont des marchés attractifs pour l’Europe.
    • Maryne Cotty-Eslous, P.-D.G et co-fondatrice de Lucine, propose de marketer l’éthique « made in France » car la France, avec l’Angleterre et l’Allemagne, est un marché attractif.
  • Robotique en santé : 2 sénateurs appellent à une transformation « contrôlée et encadrée » (rapport)

    « Effectuer une évaluation systématique de l’impact de l’introduction de robots dans les organisations publiques ou privées ». C’est l’une des 10 recommandations formulées par Marie Mercier (Saône-et-Loire) et René-Paul Savary (Marne), 2 sénateurs du groupe Les Républicains, qui ont rendu public le 28 novembre 2019 un rapport d’information sur la robotique en santé. Dans ce document, ils mettent en avant « les perspectives de transformation que pourraient induire ces nouvelles technologies dans les métiers de services, dont ceux du secteur de la santé ».

    Les 2 sénateurs identifient à la fois de potentiels dangers mais aussi des opportunités :

    • Il existe selon eux un « risque de déqualification des emplois intermédiaires (…) avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) dans des domaines très variés : services financiers, services juridiques, santé, social, éducation, sécurité ». Pour limiter ce risque, ils recommandent de « revoir l’appareil de formation initiale » (tel que la formation continue) afin de « favoriser l’adaptabilité et les compétences transversales ».

    • Ils notent cependant que les compétences sociales et relationnelles sont moins à même d’être mises en concurrence par les robots : « une complémentarité entre le robot et l’Homme est donc envisageable dans les services, indiquent-il, ajoutant que cette transformation technologique doit être « contrôlée et encadrée », avec entre autres la mise en place de « régulations adéquates, notamment sociales mais aussi éthiques » afin d’ »éviter le cauchemar d’une robotisation destructrice ».

    Selon Marie Mercier et René-Paul Savary, les nouveaux outils déployés (« allègement des tâches logistiques au profit du relationnel », « traitement automatique des données pour le suivi médical », etc.) doivent ainsi être perçus « comme une opportunité au service des professionnels », ajoutant que « les IA devraient à terme permettre aux personnels de se recentrer sur le patient [et] pourraient également être source d’innovations intéressantes qui améliorent la qualité des services rendus aux utilisateurs ».

    Une taxation des robots ?

    L’une des recommandations (8) de Marie Mercier et René-Paul Savary est de « renforcer l’appareil de formation professionnelle continue en accordant une priorité aux travailleurs dont l’emploi est automatisé ou susceptible de l’être rapidement ».

    Dans le cadre de cette réflexion, les 2 sénateurs posent la question d’une taxation des robots, en exposant aussi bien les arguments en faveur d’une telle mesure et les arguments hostiles à cette taxations :

    • argument n°1 en faveur d’une taxation : « la taxation des robots permettrait de freiner le remplacement du travail humain et donc de limiter le rythme des destructions d’emplois, afin de gagner du temps pour adapter les personnels exposés à ce mouvement de substitution, à travers des programmes de formation et de reconversion précisément financés par le produit de cette taxe » ;
    • argument n°1 hostile à une taxation : « une taxe sur les robots risque de freiner l’investissement des entreprises en France et conduire à aggraver leurs problèmes de compétitivité, alors que les concurrents étrangers n’auront pas à supporter une taxation identique de leurs machines et que la France n’est pas, et de loin, le pays développé le plus robotisé du monde ».

    « Quelle que soit la technique choisie, elle se heurte à la difficulté à définir précisément un robot et donc à identifier le champ d’application de la taxation, observent Marie Mercier et René-Paul Savary :

    • Les logiciels devraient-ils être inclus dans la taxation des robots ? ;
    • Les bases de données doivent-elles être concernées également ? ;
    • Comment traiter les bornes tactiles des restaurants qui sont des robots très simples mais qui ont effectivement remplacé des emplois en transférant des tâches de l’entreprise vers le consommateur ? ;
    • Faut-il taxer les véhicules autonomes puisqu’ils ont vocation à nous dispenser d’un chauffeur ? »

    Des questions de frontière risquent, selon eux, « de n’être pas facilement tranchées et de retarder la mise en œuvre d’une taxation des robots ». La faisabilité technique d’un tel projet « est donc peu évidente et constitue un véritable obstacle à la mise en œuvre effective d’une taxation des robots », estiment-ils.

    Un cadre éthique en construction

    « Le cadre éthique applicable à l’IA et aux robots est encore largement en construction et cette construction reste très dépendante de la manière dont sont mises en œuvre ces technologies encore jeunes et en évolution perpétuelle, indiquent les auteurs du rapport. Sans que l’on sache encore vraiment quel est le contenu précis de ce cadre éthique, cette préoccupation doit toutefois être prise en compte pour rendre acceptable l’utilisation de machines dans toute une série d’activités désormais automatisées. »

    10 propositions pour une « robotisation heureuse »

    Pour garantir une « collaboration sereine homme-machine », les 2 sénateurs émettent les 10 recommandations suivantes : 

    • assurer une couverture numérique du territoire, afin d’éviter une robotisation à plusieurs vitesses ;

    • développer les démonstrateurs d’innovations pour lever les obstacles psychologiques à l’utilisation de robots de service ;

    • effectuer une évaluation systématique de l’impact de l’introduction de robots dans les organisations publiques ou privées ;

    • encourager l’accès à des jeux de données publiques et privées destinées à favoriser l’innovation ;

    • former massivement les personnes appelées à intervenir dans la mise en œuvre des nouveaux outils numériques : informaticiens, gestionnaires de données, techniciens chargés de la maintenance robotique ;

    • réformer l’enseignement scolaire afin d’encourager l’adaptabilité ultérieure des jeunes ;

    • développer les compétences transversales dans l’enseignement supérieur afin « d’apprendre à apprendre » ;

    • renforcer l’appareil de formation professionnelle continue en accordant une priorité aux travailleurs dont l’emploi est automatisé ou susceptible de l’être rapidement ;

    • intégrer dans les négociations sociales en entreprise la question de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle et de robots et de leur impact sur les conditions de travail ;

    • garantir un droit à la reconversion pour les salariés dont les emplois sont supprimés par la robotisation.

  • Règlements MDR et MDRDIV dès mai 2020 : la commissaire S. Kyriakides peine à rassurer les industriels

    « L’échéance des deux règlements [MDR et MDR-DIV] constitue certainement un défi [mais] nous sommes pleinement engagés pour une entrée en vigueur en mai 2020, c’est essentiel pour la sécurité des patients. » La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides s’est voulue rassurante lors de la conférence de presse organisée le 9 décembre 2019 à l’issue du Conseil des ministres sociaux de l’Union européenne. Elle souligne que le processus de désignation des organismes notifiés (ON) avait été « significativement accéléré » au cours des derniers mois : 9 organismes notifiés ont été désignés pour le règlement des dispositifs médicaux (MDR), 3 de plus sont attendus d’ici la fin de l’année, avec l’objectif d’atteindre 20 désignations au cours du premier trimestre 2020.

    La commissaire ajoute :
    • que « plus de 700 personnes » se sont portées candidates pour faire partie des panels d’experts chargés de l’évaluation des dispositifs médicaux (DM) avant leur commercialisation ;
    • que l’infrastructure nécessaire pour le nouvel identifiant unique avait été mise en place ;
    • que le report de la base Eudamed n’aurait pas d’impact sur la mise en œuvre des règlements, grâce à un module d’enregistrement opérationnel en mai 2020.

    « Le compte n’y est pas », réagit le réseau DM-Experts sur son site le 10 décembre. Il ne dénombre de son côté :
    • que 7 organismes notifiés pour le MDR, parmi lesquels le britannique BSI UK, que l’on peut selon lui « éliminer en pratique, car il ne survivra pas à l’échéance du Brexit au 31 janvier 2020 » ;
    • et 2 ON pour le MDR-DIV « mais ce sont les mêmes » que ceux désignés pour le MDR, indique-t-il, à savoir Dekra Certification GmbH et BSI UK. « Pour embellir le tableau, la Commission les compte 2 fois », note le réseau : il n’y a donc que « 6 organismes notifiés réellement opérationnels en tout et pour tout, et 3 autres annoncés à court terme », déclare-t-il, sans compter que « certains organismes ne sont autorisés que pour un nombre limité de catégories de dispositifs ».

    DM-Experts corrobore ainsi les inquiétudes exprimées par l’organisation professionnelle Medtech Europe dans un communiqué daté du 26 novembre 2019, selon lequel « 85 % des quelque 50 000 dispositifs concernés par le MDR-DIV devront être certifiés par des ON au cours des 30 prochains mois », soit plus de 330 DM par semaine, alors que « seule une dizaine d’organismes ont jusqu’à présent demandé à être notifiés en vertu de ce règlement ».

  • UMD

    Université de la médecine digitale (SFSD)

  • Congrès SFSD – Webinar téléconsultation : les outils & formations à disposition (visionner l’échange)

    Plus d’un an après l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun des actes remboursés par la Sécurité sociale, la Société française de santé digitale (SFSD) fait le point sur cet acte en déploiement. Dans le cadre d’un webinar spécialement organisé à l’occasion du congrès de la SFSD, qui s’est tenu les 3 et 4 décembre 2019, Lydie Canipel, présidente de l’UMD et vice-présidente de la SFSD, Jean-Yves Mailfert, ingénieur en e-santé (SFSD), le Pr. Maurice Hayot, du CHU de Montpellier, et le Dr. Michel Serin, spécialiste en médecine générale, ont partagé leur expérience sur la téléconsultation en apportant leurs réponses à 2 problématiques relevées par les praticiens :
    • Quels outils de téléconsultation choisir ? ;
    • Comment se former à la téléconsultation ?

    Au sujet de la formation, Lydie Canipel a présenté l’Université de la médecine digitale (UMD), l’institut de formation de la Société française de santé digitale. L’UMD s’adresse à tous les acteurs de la santé, qui ont la possibilité de suivre des sessions en présentiel ou à distance par le biais de modules de e-learning, le tout en formation initiale ou continue, explique-t-elle entre autres.

    L’ensemble de l’échange est disponible en ligne ici et visionnable ci-dessous.

    Visionner le webinar spécial Congrès SFSD :

    Pour aller plus loin : présentation de l’Université de la médecine digitale (SFSD)

  • DIV

    Diagnostic in vitro