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  • Étude : essor de la télécontraception et surestimation de la sécurité des nouvelles pratiques

    L’Association des pharmaciens américains (AphA) estime que la télécontraception pourrait permettre de rétablir une certaine égalité d’accès aux médicaments contraceptifs tout en garantissant la sécurité des patientes.

    Cette affirmation de l’AphA, émise dans un communiqué daté du 1er novembre 2019, est en fait fondée sur les résultats d’une étude* publiée en septembre 2019 dans le New England Journal of Medicine. Largement diffusée dans le monde anglo-saxon, cette recherche intitulée « A Study of Telecontraception » (« Une étude de la télécontraception« )* montre par une méthodologie utilisant de fausses patientes :
    • que la télécontraception pourrait faciliter l’accès à la contraception pour toutes ;
    • que certains sites de télécontraception respecteraient mieux les recommandations de prescription que certaines cliniques américaines spécialisées dans les consultations physiques de contraception ;
    • que le service proposé par la plupart des sites internet est plutôt sûr.

    Les auteurs précisent cependant que le service de télécontraception proposé par ces nouveaux acteurs n’est pas parfait. En effet, ces derniers devraient :
    • s’intéresser un peu plus au suivi de l’observance des médicaments prescrits ;
    • mieux contrôler les contre-indications rares aux contraceptifs oraux éventuellement présentées par certaines patientes ;
    • mieux informer les patientes de l’existence d’alternatives aux contraceptifs oraux.

    La télécontraception, pratique visant à faciliter l’accès à des moyens de contraception sur ordonnance par consultation à distance de professionnels de santé, émerge aux États-Unis. De plus en plus de sites internet proposent ce service en ligne, un nombre croissant de patientes tente d’obtenir une pilule contraceptive sans solliciter de consultation physique chez un prescripteur, et plusieurs associations de professionnels partagent publiquement l’engouement des femmes pour cette nouvelle pratique.

    L’enthousiasme pour les premiers résultats de cette étude s’exprime dans le contexte d’intenses débats aux États-Unis concernant la réglementation de l’accès aux contraceptifs hormonaux : de nombreuses patientes et de nombreux gynécologues demandent à ce que les contraceptifs oraux (pilules) et locaux (anneaux vaginaux, etc.) actuellement sur ordonnance obligatoire deviennent disponibles sans prescription (over the counter – OTC).

    En France, alors que la télémédecine émerge notamment en gynécologie, la télécontraception telle qu’elle est pratiquée aux États-Unis ne semble pas suivre un développement aussi rapide.

    La télécontraception évaluée sur 9 plateformes en ligne américaines

    Service évalué

    Les auteurs ont évalué le service de télécontraception rendu par 9 plateformes en ligne américaines (non nommées dans l’étude). Ce service de télécontraception permet aux patientes de recevoir par courrier ou directement dans leur pharmacie une prescription de contraceptifs après connexion à la plateforme et remplissage d’un questionnaire éventuellement suivi d’un échange de messages ou d’un appel vidéo. Les auteurs ne précisent pas pourquoi ces 9 plateformes ont été sélectionnées (n’en existe-t-il que 9 aux États-Unis ? Ces plateformes sont-elles les plus utilisées ? etc.).

    Les auteurs se sont attachés à examiner l’efficacité des questionnaires concernant le dépistage de contre-indications à certains contraceptifs hormonaux et de l’inobservance de traitements quotidiens. Ces questionnaires sont-ils suffisamment robustes pour mettre en évidence les contre-indications présentées par certaines patientes et éviter que ces dernières ne reçoivent une prescription dangereuse pour leur santé ? Permettent-ils de prévoir l’observance des patientes ? Ces questions sont assimilées par les auteurs à celle de la sécurité du service proposé.

    Une méthode fondée sur le recours à des « patients secrets »

    Les auteurs ont recruté 7 patientes fictives. Le profil de chaque patiente était tel que chacune présentait soit des difficultés d’observance de la prise quotidienne d’un médicament, soit un ensemble de contre-indications relatives ou absolues aux contraceptifs oraux (antécédent de thrombose veineuse profonde ; allaitement et moins de 15 jours de post-partum ; migraine avec aura ; adénome hépatocellulaire).

    Entre octobre 2018 et mars 2019, les 7 patientes ont effectué 63 demandes de prescription pour des contraceptifs oraux auprès des 9 plateformes évaluées. Sur ces 63 demandes, 45 correspondaient à des profils comportant des contre-indications médicales aux pilules contraceptives, et 18 correspondaient à des profils de patientes non observantes.

    Des résultats mitigés notamment concernant la sécurité

    • Sécurité

    Deux des 9 plateformes ont contacté les patientes immédiatement après qu’elles aient rempli le questionnaire par appel vidéo. Au total, environ 30 % des connexions ont été suivies d’un échange soit écrit sous forme de messages texte, soit oral pendant un appel téléphonique, soit vidéo pendant un appel vidéo. 3 plateformes n’ont exigé aucune autre interaction patient-plateforme que le questionnaire.

    Sur les 45 visites au cours desquelles les patientes ont présenté des contre-indications médicales aux contraceptifs oraux, 3 ont mené à la prescription d’une pilule contre-indiquée : 93 % des sollicitations ont mené à une prise en charge non dangereuse pour les patientes.

    Aucune des plateformes examinées n’a vérifié l’aptitude des patients à observer quotidiennement le traitement par contraceptifs oraux.

    Concernant l’information des patientes, 2 des 9 plateformes ont rappelé aux patientes l’existence de moyens de contraception autres que la pilule.

    • Efficience

    Les plateformes choisies étaient disponibles dans chaque état des États-Unis.

    Chaque acte de télémédecine contraceptive a duré en moyenne entre 7,5 minutes (temps de connexion et de remplissage du questionnaire en ligne compris).

    Concernant le délai d’obtention de la prescription, des ordonnances ont été reçues par les patientes fictives soit le jour-même par voie électronique à la pharmacie, soit à leur domicile en version papier après une attente de 7 jours en moyenne (3 jours au minimum, 14 jours au maximum).

    Le coût total moyen d’une ordonnance de 12 mois pour un patient non assuré était de 313 dollars américain (environ 284 €) – coût à peu près équivalent à celui d’une consultation habituelle chez un spécialiste aux États-Unis.

    Conclusion : un faible niveau de preuve

    Dans leurs conclusions, les chercheurs ne discutent pas du nombre relativement faible d’actes de télécontraception effectués : 63 actes et 7 profils de patientes ne suffisent pas à obtenir des résultats hautement significatifs – cette étude reste à faible niveau de preuve.

    Par ailleurs, ils ne rappellent pas en clôture de l’article que 10 % des patientes concernées par des contre-indications à des contraceptifs oraux ont tout de même reçu une ordonnance pour des médicaments non adaptés à leur profil et potentiellement dangereux pour leur santé.

    Les auteurs indiquent simplement que les fournisseurs de services de télécontraception « pourraient améliorer la qualité de leur service en améliorant le dépistage de la non-observance du traitement par la patiente (…) et des contre-indications rares aux contraceptifs oraux ». 

    Ils incitent cependant ces plateformes à « s’assurer que les patientes connaissent [l’existence d’autres] contraceptifs ».

    Contexte de parution de l’étude : rendre la pilule plus accessible aux Etats-Unis

    Cette étude a été publiée dans un contexte d’intenses débats concernant l’accès aux contraceptifs hormonaux tels que les pilules contraceptives.

    La fin du mois de septembre a en effet été marqué aux États-Unis par un « World Contraception Day » (journée mondiale de la contraception) au cours duquel de nombreux professionnels de la santé et patientes ont réclamé à ce que tous les moyens de contraception deviennent disponibles sans ordonnance obligatoire (over the counter – OTC drugs), c’est-à-dire sans consultations obligatoires et régulières chez le médecin. Il s’agit, pour les militants, de réduire le nombre de grossesses non souhaitées en facilitant l’accès matériel (et non pas seulement l’accès économique qui a avoir avec la question de la couverture par les assurances) aux technologies de contrôle des naissances.

    Ce débat n’est en fait pas si nouveau puisqu’en 2012, l’American College of Obstetricians and Gynecologists proposait dans des recommandations de faire des pilules contraceptives et des autres contraceptifs hormonaux, anneaux vaginaux y compris, des médicaments à prescription non obligatoire, à l’instar des pilules de contraception d’urgence.

    La télémédecine contraceptive en France

    La télémédecine pour recevoir une réponse rapide à des interrogations en gynécologie

    Les plateformes de télémédecine développement depuis 2018 des services spécialisés en gynécologie. La plateforme MesDocteurs a par exemple développé le service de télémédecine gynécologique Parl’oGyn en mai 2018.

    Des statistiques diffusées par communiqué environ 6 mois après le lancement de Parl’oGyn permettent d’appréhender le succès de ce type de services auprès des utilisatrices françaises.

    Ces dernières ont en effet été environ 10 000 à consulter Parl’oGyn dans les 6 mois suivant son lancement en particulier pour une réponse immédiate à une question unique. 5 555 d’entre elles ont été mises en contact avec un gynécologue au sein d’un chat, 131 au cours d’un appel, et 18 lors d’une visioconférence : il s’agit de poser une question et d’obtenir une réponse rapide puis de consulter son médecin traitant ou son gynécologue habituel. « Ce projet est en support d’une consultation car plus de 70% des utilisatrices déclarent vouloir certainement ou probablement consulter leurs médecins traitants ou gynécologues suite à cet échange », a  en effet rapporté la société dans une infographie. Il ne s’agit donc pas d’échanges visant à mener uniquement et rapidement à l’obtention d’une ordonnance mais plutôt à solliciter un avis, une réponse à des questions relativement générales concernant la contraception, la grossesse ou la sexualité.

    Recevoir facilement une ordonnance électronique

    D’autres plateformes telles que la plateforme Feeli tendent cependant à se développer en gynécologie comme dans d’autres spécialités selon un modèle plus proche du modèle américain décrit. Elles permettent d’accéder facilement à une prescription.

    En effet, cette dernière plateforme, Feeli, propose elle aussi de remplir un questionnaire alors « examiné par un docteur » [source : site Feeli] et éventuellement complété par une prise de contact (messagerie, téléphone ou appel visio), puis de recevoir une ordonnance « numérique et personnalisée » au sein d’un « espace utilisateur ».

    L’entreprise n’a pas publié de statistiques permettant d’appréhender l’engouement éventuel des patientes françaises pour le secteur « gynécologie » de ce service.

    Télécontraception et risque de vente illégale de contraceptifs oraux sur internet

    D’autres plateformes francophones mais souvent non françaises proposant d’obtenir une contraception hormonale sans ordonnance se multiplient sur l’Internet français.

    Ces plateformes ressemblent à des plateformes de télémédecine gynécologique ou de télécontraception dans la mesure où :

    • elles semblent spécialisées en gynécologie ou contraception ;
    • elles proposent également de remplir un questionnaire visant à obtenir une ordonnance personnalisée.

    Cependant, ces plateformes sont souvent des sites internet facilitant la vente de pilules contraceptives en ligne : il s’agit, suite à la remise du questionnaire en ligne, de générer une ordonnance permettant à la patiente d’acheter directement des contraceptifs sur le site internet concerné.

    La vente des contraceptifs oraux en ligne est cependant interdite en France à l’instar de tout médicament soumis à prescription obligatoire. Seuls les moyens de contraception d’urgence tels que les pilules dites du lendemain (Levonorgestrel, Ulipristal), disponibles sans ordonnance, peuvent-être vendus sur Internet par des pharmacies agréées.

    Les médias diffusant des informations concernant la télécontraception devraient donc également alerter les patientes et insister sur la distinction entre télémédecine et pratiques frauduleuses de vente en ligne facilitée de médicaments soumis à prescription obligatoire.

  • J&J Innovation investit 7,5 M€ dans le capital de Mauna Kea Technologies (plateforme Cellvizio)

    Mauna Kea Technologies (MKEA), une société française commercialisant une plateforme multidisciplinaire d’endomicroscopie confocale laser, annonce un investissement stratégique de 7,5 millions d’euros par Johnson & Johnson Innovation (JJDC). Dans le cadre de cet accord, JJDC, l’entité stratégique de venture investissement de J&J, va acquérir « 5 357 142 actions ordinaires MKEA nouvelles au prix de 1,40 euros par action, représentant un montant total de 7,5 millions d’euros », indique l’entreprise dans un communiqué publié le 16 décembre 2019.

    Les nouvelles actions ordinaires seront assimilées aux actions existantes de Mauna Kea Technologies. « JJDC détiendra environ 17,5 % du total des actions ordinaires en circulation à la suite de cette opération », précise MKEA, ajoutant que JJDC n’aura « aucun droit » à être représenté au conseil d’administration.

    « Cet investissement stratégique fera avancer notre collaboration avec la Lung Cancer Initiative (LCI) de Johnson & Johnson, laquelle travaille sur le développement de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques pour lutter contre le cancer du poumon« , commente Robert L. Gershon, directeur général de Mauna Kea Technologies.

    MKEA, une entreprise française également basée aux États-Unis, développe la plateforme Cellvizio et la mini-sonde confocale AQ-Flex 19, conçues pour être utilisées avec les bronchoscopes, aiguilles transbronchiques et autres accessoires bronchoscopiques existants, « ce qui en fait une option de choix pour une utilisation avec les nouvelles plateformes robotiques et les plateformes de navigation avancées existantes« , complète le responsable.

    Pour rappel, le dispositif médical a obtenu l’approbation de la FDA en décembre 2017.

    Cellvizio : les images microscopiques des tissus fournies instantanément

    Cellvizio est un système d’endomicroscopie qui fournit instantanément aux praticiens des images microscopiques des tissus, explique Mauna Kea Technologies sur son site web. Ce système de reconnaissance des critères permet « une prise de décision facilitée et améliore la prise en charge des patients ».

    Un DM qui explore la micro-architecture des tissus

    La solution proposée par la société se situe entre la médecine et l’astrophysique car son microscope confocal par laser est équipé d’un microscope minuscule capable de générer des images au niveau cellulaire en temps réel. Cette capacité lui confère la possibilité d’éliminer ce qui équivaut, dans le cadre d’un examen histologique classique, à la coupe physique des échantillons de tissu extraits par endoscopie ou biopsie.

    Son endoscope ou un accessoire endoscopique permet d’explorer des tractus anatomiques gastro-intestinal, urinaire ou respiratoire, ou des tissus adjacents à ces tractus.

    L’avantage que procure Cellvizio tient à la possibilité de combiner l’imagerie microscopique, le traitement des données et l’informatique cognitive afin de guider le chirurgien au bloc opératoire en temps réel par les images d’un anatomopathologiste.

    Les études cliniques ont montré que Cellvizio pouvait présenter des avantages « à chaque étape de la prise en charge des patients et dans diverses indications », notamment :

    • l’endobrachyœsophage,
    • les lésions gastriques
    • les sténoses bilio-pancréatiques,
    • les kystes pancréatiques,
    • les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI),
    • les lésions colorectales,
    • les nodules pulmonaires,
    • les lésions du tractus urinaire.

    Dans le détail, selon les études cliniques réalisées, Cellvizio permet :

    • en cas de kystes pancréatique, d’améliorer la caractérisation des kystes indéterminés, et à la fois, sachant que 50 % des kystes mucineux ne sont pas détectés par la cytologie, de confirmer une impression échoendoscopique ;
    • en cas de sténose biliaire, d’écarter le diagnostic de cancer de façon confiante pour les sténoses d’apparence bénignes, là où le processus classique nécessite au moins 3 procédures de cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) sans la possibilité de qualifier précisément : à noter que 15 % à 24 % des résections chirurgicales réalisées pour des sténoses supposées malignes, révèlent un caractère bénin ;
    • en cas de lésions colorectales, d’évaluer en temps réel l’étendue des lésions colorectales, sans nécessiter d’examen supplémentaire dans un second temps par un laboratoire, et d’évaluer l’évolution de la maladie au niveau de la muqueuse afin de proposer le traitement le plus adéquat possible (recours aux médicaments ou pas, durée du traitement, etc.).
  • Prix Galien 2019 : Anamnèse et Eyeneed, lauréats du volet « e-santé »

    Anamnèse et Eyeneed décrochent le prix Galien « e-santé », respectivement dans les catégories « amélioration dans le parcours de soins » et « amélioration dans la prise en charge d’une pathologie ». Au total, 10 sociétés ont été couronnées lors de la cérémonie de remise des prix, qui s’est tenue le 16 décembre 2019 à Paris.

    • Anamnèse : il s’agit d’une intelligence artificielle (IA) médicale multilingue qui assiste les professionnels de santé en questionnant les patients en amont « pour structurer un dossier médical exhaustif permettant ainsi la régulation et l’optimisation du parcours de soins des patients » (communiqué). Le jury a plus précisément récompensé Géri’App, une version d’Anamnèse dédiée à la coordination des soins Ehpad-ville-hôpital, développée à la demande du service des urgences de l’Hôtel-Dieu et de l’Ehpad départemental du Creusot (Bourgogne-Franche-Comté).

    • Eyeneed : présenté comme un « secrétariat numérique intelligent », Eyeneed est un projet de plateforme nationale de la santé visuelle dont l’objectif est de diminuer les délais en ophtalmologie et d’améliorer la prise en charge des patients (accès aux soins pour tous).

    Prix Galien 2019 : les lauréats du volet « e-santé »

    Prix Galien 2019 : les 10 lauréats

  • Concours innovation i-Lab 2020 : appel à candidatures pour les entrepreneurs deep tech (12/02/20)

    La 22ième édition de i-Lab, concours national porté par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en partenariat avec BpiFrance, est lancée avec l’ouverture de l’appel à candidatures (AAC) pour les entrepreneurs de la deep tech.

    L’enjeu de ce concours d’innovation est d’encourager la création d’entreprises de technologies innovantes, de détecter des projets de création et de soutenir les plus prometteurs grâce à une aide financière ainsi qu’à un accompagnement adapté. Chaque année, des entrepreneurs portant des projets dans le secteur de la e-santé sont récompensés.

    Depuis sa création en 1999, i-Lab a permis la création de plus de 2 000 entreprises et d’une « véritable dynamique dans l’écosystème de l’innovation au niveau local et à l’échelle nationale », indique le ministère. 

    Pour cette nouvelle édition, les candidats doivent s’inscrire en ligne avant le mercredi 12 février 2020 à midi, en remplissant le dossier de candidature dématérialisé, exclusivement sur la plateforme opérée par Bpifrance Financement, accessible via ce lien. Les lauréats recevront une subvention d’un montant maximal de 600 000 euros versée à l’entreprise qu’ils auront créée.

    Modalités de participation

    • peuvent concourir tous les porteurs d’un projet d’entreprise non créée ou créée depuis le 1er décembre 2017, quelles que soient leur nationalité et leur situation (étudiant, salariés du secteur public ou du secteur privé ou demandeur d’emploi), à condition qu’ils remplissent les conditions légales et réglementaires requises pour la création d’une entreprise.
    • La société doit être installée sur le territoire français.
    • Pour les lauréats « en émergence » des éditions précédentes du concours, les bénéficiaires d’une bourse French Tech « Émergence » ainsi que les lauréats du prix Pépite-Tremplin pour l’entrepreneuriat étudiant bénéficiaient de conditions privilégiées d’éligibilité (voir le règlement).
    • Le candidat doit être un futur actionnaire et dirigeant de l’entreprise. Lorsque celle-ci est déjà créée lors du dépôt de la candidature, le candidat doit en détenir une part du capital et être l’un de ses dirigeants à la date de dépôt du dossier.

    Type de projets recherchés

    Les types de projets concernés sont :

    • les projets relatifs à la création d’une entreprise s’appuyant sur une technologie innovante, l’innovation se caractérisant par l’introduction sur le marché d’un produit (y compris de logiciels), d’un procédé ou d’un service nouveau ou sensiblement amélioré au regard de ses spécifications techniques ainsi que de l’utilisation prévue ou de la facilité d’usage ;
    • les projets portant sur le développement d’un nouveau produit ou d’un service préalablement à sa mise sur le marché et qui nécessite pour l’entreprise en création une activité intense de recherche et développement (objet de la subvention pour les projets « création-développement »). 

    Critères d’évaluation :

    • caractère innovant de la technologie et preuve du concept établie

    • viabilité économique du projet ;

    • potentiel significatif de développement et de création de valeur y compris à l’international ;

    • motivation, disponibilité et capacité du candidat à créer et à développer une entreprise, à diriger une équipe et à nouer des partenariats ;

    • capacité du candidat à s’impliquer dans le projet ;

    • qualité et complémentarité de l’équipe ;

    • maîtrise de la propriété intellectuelle et des droits des tiers (notamment liberté d’exploitation).

    Dépenses financées : une subvention d’un montant maximal de 600 000 euros

    Les dépenses éligibles, d’un montant maximal de 1 million d’euros, sont des dépenses de personnel, de fonctionnement ou d’équipement directement liées au programme de recherche et de développement de l’entreprise créée :

    • conception et définition des projets ;
    • propriété intellectuelle ;
    • études de marché, études de faisabilité ;
    • recherche de partenaires ;
    • expérimentation,développement de produits, procédés, services nouveaux ou améliorés ;
    • réalisation et mise au point de prototypes, de maquettes ou de pilotes ;
    • prestations de conseil, de formation et d’accompagnement.

    Après expertise des projets, les lauréats sont sélectionnés par un jury national composé d’industriels et de personnalités compétentes dans les domaines de la création et du financement des entreprises innovantes, de la valorisation de la recherche et du transfert technologique.

    Les lauréats reçoivent une subvention d’un montant maximal de 600 000 euros versée à l’entreprise qu’ils auront créée. Cette subvention peut représenter jusqu’à 60 % du programme d’innovation de l’entreprise.

  • Impression 3D en santé : première levée de fonds pour Bone 3D (1,4 M€), avec une ambition mondiale

    La start-up française Bone 3D réalise une première levée de fonds d’1,4 million d’euros auprès de Karot Capital, de ses dirigeants et d’investisseurs privés afin de « renforcer son équipe » et de « se munir de nouveaux équipements pour étendre son activité dans les dispositifs implantables dès 2021 ». C’est ce qu’affirme la société dans un communiqué daté du 18 décembre 2019. La jeune pousse conçoit grâce à l’impression 3D des simulateurs de chirurgie pour améliorer la formation médicale ainsi que « des dispositifs médicaux et des modèles anatomiques sur mesure pour « une prise en charge personnalisée de chaque patient », indique-t-elle. La start-up prévoit d’« être présente sur les cinq continents d’ici 2024 ».

    Fondé en 2018 à Paris, Bone 3D fabrique notamment des simulateurs (Podo-train, Bucco-train et Naso-train) permettant aux étudiants en médecine de s’entraîner à réaliser des opérations chirurgicales complexes. La société produit aussi des attelles de nez personnalisées pour les rhinoplasties et des gouttières de repositionnement orthognathique pour la chirurgie maxillo-faciale.
     
    Bone 3D a conclu en septembre 2019 un partenariat avec l’AP-HP. Ce contrat de licence et de développement porte sur un conformateur narinaire en silicone biocompatible, utilisé après une rhinoplastie ou une chirurgie de fente labio-palatine (ou « bec-de-lièvre ») afin de « maintenir la cloison nasale et les ailes narinaires dans une position optimale d’un point de vue fonctionnel », explique la start-up.

  • Ping An et le réseau de soins thaïlandais BDMS lancent un service de téléconsultation pour 2ème avis

    Ping An Good Doctor (PAGD), la principale plateforme de santé numérique chinoise, lance un service de consultation vidéo avec Bangkok Dusit Medical Services (BDMS), le plus grand réseau de soins en Thaïlande. Le dispositif est le premier à être lancé conjointement par les deux entreprises après la signature d’un protocole d’accord en novembre 2018.

    Le service permettra aux utilisateurs chinois de Ping An Good Doctor de demander un deuxième avis médical via des consultations vidéo avec les meilleurs médecins de Thaïlande faisant partie du réseau BDMS, précisent les partenaires dans un communiqué publié le 16 décembre 2019. Avec cet outil, les patients chinois vont pouvoir bénéficier de consultations à distance en face à face avec des médecins de haut niveau du monde entier « dans le confort de leur domicile » et ainsi d’un « accès à des traitements plus diversifiés et plus complets », complètent les deux entreprises.

    Ping An Good Doctor multiplie les partenariats depuis plusieurs mois, aussi bien au niveau local qu’avec des sociétés étrangères, dans le but d’agrandir son réseau d’utilisateurs, qui sont actuellement autour de 100 millions.

    Faciliter l’accès aux médecins basés à l’étranger

    Les utilisateurs chinois peuvent d’ores et déjà acheter le nouveau service auprès de « médecins étrangers de premier plan » sur l’application mobile de Ping An Good Doctor (PAGD). Ils ont ainsi la possibilité de prendre rendez-vous avec les médecins du Bangkok Dusit Medical Services (BDMS) et d’obtenir des conseils d’experts médicaux grâce à la fonction de consultation vidéo. Les praticiens peuvent étudier en détail les antécédents médicaux des patients avant les consultations et leur fournir des avis écrits sur le traitement ciblé en fonction de ces antécédents.

    Les grands groupes médicaux en Thaïlande, représentés par BDMS, ont réalisé « des progrès médicaux remarquables dans le traitement du cancer et des maladies cardiovasculaires », notent les deux partenaires (communiqué).

    Le lancement de ce service médical permet aux patients chinois de disposer de nouveaux choix de traitement en provenance de pays étrangers.

    PAGD et BDMS vont également lancer à court terme un service d’examen à l’étranger spécialement conçu pour les utilisateurs chinois, après lequel ces derniers pourront prendre rendez-vous pour des bilans de santé via l’application mobile de Ping An Good Doctor.

    Ping An Good Doctor : un partenariat de plus avec un acteur étranger

    Ping An Good Doctor et le Bangkok Dusit Medical Services (BDMS) ont annoncé la signature d’un protocole d’accord en novembre 2918 dans l’objectif d’intégrer et d’échanger leurs ressources médicales en ligne et hors ligne mais aussi de fournir des services de soins uniques à des millions de patients chinois.

    Le groupe Ping An investit de plus en plus dans le secteur de la santé numérique à travers sa filiale Good Doctor, et notamment de l’IA médicale.

    Parmi ces dernières actions sur le marché figurent :

    • la conclusion d’un accord entre Ping An Good Doctor et le groupe pharmaceutique allemand Merck début décembre 2019 pour déployer des solutions de soins intégrées en Chine, en exploitant notamment l’intelligence artificielle (IA) ;
    • la signature en novembre 2018 d’un partenariat stratégique entre Ping An Healthcare and Technology (ou Ping An Good Doctor) et la Chinese Nutrition Society (Société chinoise de nutrition) :
      • l’entreprise participera à l’élaboration de la première norme nationale sur les substituts de repas élaborée par la société chinoise, qui vise à promouvoir le développement normalisé du marché.
  • USA : le réseau Christiana Care s’allie à Medtronic pour déployer des projets de value-based care

    Le groupe américain Medtronic conclut un accord de 5 ans avec Christiana Care Health System, réseau d’établissements de soins privés à but non lucratif dans le Delaware (États-Unis), afin de déployer des initiatives de value-based health care (VBHC, soins basés sur la valeur). « Cette collaboration mettra en œuvre une nouvelle chaîne de valeur [basée sur] la co-innovation, le numérique et les données », précise un porte-parole de Christiana Care dans un communiqué daté du 16 décembre 2019.

    L’un des premiers projets devrait être centré sur la déficience respiratoire induite par les opioïdes (OIVI, pour Opioid-Induced Ventilatory Impairment), qui se produit lorsque les opioïdes prescrits contre la douleur inhibent la respiration du patient au risque de provoquer son arrêt complet. Medtronic et Christiana Care souhaitent normaliser un dispositif de surveillance capable d’identifier les patients recevant des opioïdes à haut risque d’OIVI et d’alerter l’équipe de soins en cas de signaux avant-coureurs. D’autres initiatives portées par les deux partenaires devraient concerner l’insuffisance cardiaque et au diabète.

  • Étude : des millions d’économies potentielles grâce à une IA prédisant les soins aux seniors (USA)

    Un modèle de réseau de neurones profond est parvenu à prévoir les visites dans les établissements de santé des personnes âgées. Ce système d’intelligence artificielle (IA), créé par des chercheurs finlandais, s’est révélé plus efficace que les modèles de régression traditionnels couramment utilisés pour prédire la fréquence de recours aux soins. Les auteurs de l’étude* parue en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Research (anciennement le Journal of Machine Learning Research), estiment que cet outil pourrait faire économiser des millions de dollars.

    L’intelligence artificielle pour anticiper la charge de travail

    De nombreux établissements de santé utilisent des systèmes pour prévoir les taux de recours aux soins et ainsi débloquer les ressources adéquates. Aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne, notamment, ces modèles d’ajustement au risque sont basés sur le décompte des diagnostics de l’année précédente, le profil démographique des patients (âge, sexe) mais aussi leurs caractéristiques socio-économiques. Cependant, ces modèles de régression statistique ne sont pas d’une grande précision.

    Des chercheurs du Centre finlandais pour l’intelligence artificielle (IA), de l’Université Aalto, de l’Université d’Helsinki et de l’Institut finlandais de la santé et du bien-être ont donc décidé d’utiliser l’IA pour améliorer leurs prévisions. La démarche est relativement inédite car les applications du machine learning (apprentissage automatique) dans le domaine de l’allocation des ressources de soins de santé est assez rare.

    Un réseau de neurones basé sur 1,4 million de dossiers électroniques

    L’enjeu économique est majeure car comme l’explique Pekka Marttinen, professeur adjoint à l’Université Aalto et au Centre finlandais pour l’intelligence artificielle, « sans modèle d’ajustement du risque, les établissements de soins dont les patients sont plus souvent malades que la moyenne des gens seraient traités injustement ». Pour construire leur réseau de neurones, ils ont choisi les personnes âgées qui « sont un bon exemple d’un tel groupe de patients. L’objectif du modèle est de prendre en compte ces différences entre les groupes de patients lors de la prise de décisions de financement », explique Pekka Marttinen.

    Les chercheurs ont donc utilisé les dossiers de santé électroniques de 1,4 million de citoyens finlandais, âgés de 65 ans et plus, pour développer un modèle d’apprentissage approfondi (deep learning) séquentiel qui peut prédire quand et pourquoi les personnes âgées utiliseront les services de santé au cours de l’année suivante, et ce au niveau individuel. Les résultats de cette étude ont été publiés en décembre 2019 dans Proceedings of Machine Learning Network. 

    Résultats : un score de prévision amélioré de 10 %

    • Le score de prévision est amélioré de 10 % par rapport aux systèmes statistiques traditionnels.
    • Un tel réseau de neurones ne nécessite pas un énorme ensemble de données pour produire des résultats fiables.

    Une IA peu gourmande en données

    Les auteurs de cette étude soulignent que le nouveau modèle basé sur l’IA a mieux fonctionné que les modèles plus simples basés sur le nombre, « même s’il n’utilisait qu’un dixième de toutes les données disponibles ». En d’autres termes, expliquent-ils, « il fournit des prédictions précises même avec un ensemble de données relativement petit, ce qui est remarquable, car l’acquisition de grandes quantités de données médicales est toujours difficile ». Et « le fait d’avoir un modèle précis peut permettre d’économiser plusieurs millions de dollars », ajoute le principal auteur de l’article.

    En outre, les chercheurs finlandais n’envisagent pas de remplacer les modèles statistiques par les réseaux de neurones pour prévoir les soins mais d’intégrer les caractéristiques des modèles d’apprentissage en profondeur aux modèles existants, en combinant les meilleurs aspects des deux. « À l’avenir, l’objectif est d’utiliser ces modèles pour soutenir la prise de décision et allouer des fonds de manière plus raisonnable », précisent les auteurs des travaux. Enfin, un tel système ne se limite pas à prévoir les soins des personnes âgées ; il pourrait tout à fait s’appliquer à tout groupe de patients diagnostiqués avec des maladies qui nécessitent des traitements très coûteux.

  • Création d’une base de données nationale des défibrillateurs automatisés externes (arrêté)

    Il est créé une « base de données nationale des défibrillateurs automatisés externes (DAE) », permettant « le recueil et le traitement [de données relatives] aux lieux d’implantation, à l’accessibilité et aux caractéristiques techniques [des DEA] sur l’ensemble du territoire. » C’est ce qui est annoncé dans un arrêté publié au Journal officiel (JO) en novembre 2019 : la création de la base était prévue par la loi du 28 juin 2018 relative au défibrillateur cardiaque, elle-même issue d’une proposition de loi adoptée en octobre 2016. 

    La base de données nationale des DAE permettra :
    • aux exploitants de « répondre à l’obligation légale de déclaration » des données relatives aux défibrillateurs ;
    • « la diffusion et la mise à disposition » des données.

    Ces données sont transmises par l’exploitant, soit en ligne via un portail dédié, soit via une interface technique. L’accès à la base est géré par le directeur général de la santé.

    Il est précisé dans les annexes de l’arrêté que les données suivantes doivent obligatoirement être fournies par l’exploitant du DAE : nom de l’appareil, latitude et longitude, situation en intérieur ou en extérieur, accès libre ou non, jours et heures d’accessibilité, numéro de téléphone de la personne à contacter sur le site d’implantation, état de fonctionnement, raison sociale du fabricant, nom du modèle, numéro de série, date de dernière maintenance, ainsi que le numéro Siren, la raison sociale, le numéro de téléphone et l’adresse électronique de l’exploitant. L’adresse du DAE et son identifiant unique (IUD) font partie des données facultatives.

    La publication de ce texte intervient alors que l’obligation de détenir un DAE entre en vigueur le 1er janvier 2020 pour les ERP (établissements recevant du public) de catégories 1 à 3 (établissements recevant plus de 300 personnes) conformément au décret du 19 décembre 2018.

  • Rapport A. Dufeu-Schubert sur le grand âge : un pack de services pour améliorer les soins à domicile

    La transformation des Ehpads, opérée dans le cadre d’un financement assuré par la Caisse des dépôts et consignations, « pourra être impulsée par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) sur la base d’un cahier des charges « politique » prévoyant qu’au lieu de vie (domicile ou institution) soit associé un « pack de services » sanitaires, médico-sociaux, et sociaux ». Il s’agit de l’une des recommandations émises par la députée LREM de Loire-Atlantique (8ème circonscription) Audrey Dufeu-Schubert dans son rapport « Réussir la transition démographique et lutter contre l’âgisme » (86 propositions), remis à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, indique son cabinet dans un communiqué publié le 16 décembre 2019.

    La député ajoute que les « personnes âgées devront absolument être associées à cette réflexion » ayant pour but de « redonner une véritable place au domicile pour changer le regard sur le vieillissement ».

    Autres propositions clés du rapport en lien avec la santé :

    • organiser sous l’égide de la Haute autorité de santé (HAS) une conférence de consensus citoyenne sur le risque à domicile et en institution de type « grand débat » ;
    • insistant sur « l’importance que chacun en vieillissant puisse affirmer ses choix et ses droits », notamment sur la question du maintien à domicile, Audrey Dufeu-Schubert propose dans son rapport de systématiser la rédaction des directives anticipées dans le dossier médical partagé (DMP) : dans le cadre de la mise en place du DMP, l’idée est de « conserver ou a minima [de] signaler » l’existence de directives anticipées afin de susciter une réflexion personnelle au moment de la création de ce DMP ;
    • intégrer la prise en compte des besoins des consommateurs dans les labels existants HS2 (haute sécurité santé) et « Testé et approuvé par les seniors » : ces 2 labels montrent l’intérêt porté à la transition démographique cependant il serait intéressant qu’ils évoluent pour intégrer dès la conception des produits les besoins des personnes concernées avec l’avis d’équipes gériatriques, est-il noté dans le rapport ;
    • labelliser un centre régional de la longévité par région : ces centres proposeront une approche pluridisciplinaire de l’âge dans une perspective gérontologique. Leur cahier des charges élaboré par le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et la HAS a pour but de garantir un accompagnement des collectivités et autres acteurs qui solliciteront ces centres ressources.

    L’ensemble des propositions feront l’objet d’un « examen attentif » de la part de la ministre, « dans la perspective de la réforme globale de la politique du grand âge et de l’autonomie », note le ministère.