Au cours d’une interview accordée à France info le 21 août 2018, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, s’est exprimée à propos de la réforme de l’hôpital, qui sera présentée à la mi-septembre 2018.
La ministre s’est notamment engagée à des réorganisations sans fermeture d’hôpitaux de proximité : « les hôpitaux de proximité vont rester, les Français en ont besoin, ils ont besoin d’une offre de services au plus près de chez eux, il n’y aura pas de fermeture d’hôpital », a-t-elle insisté.
Toutefois, concernant les services d’urgences, Agnès Buzyn a évoqué des remaniements qui pourront s’accompagner de fermetures dans des zones rurales « où effectivement il n’y a plus d’activité et très peu de services » et « pas [de] besoin d’un service d’urgences ». « Mais il y a plein de services d’urgences qui ouvrent dans les zones qui sont mieux peuplées […], la carte sanitaire évolue en fonction des migrations des populations, et c’est normal », a-t-elle ajouté.
De plus, Agnès Buzyn a déclaré souhaiter voir les médecins de ville « plus présents qu’aujourd’hui sur les périodes de garde » de façon à soulager les urgentistes. Elle n’a pas évoqué un éventuel caractère obligatoire de ces gardes pour les médecins libéraux.
La question des déserts médicaux a également été abordée. Si aucune mesure coercitive à destination des médecins libéraux n’a été exprimée, la ministre a décrit « des organisations territoriales où des groupes de médecins, avec les hôpitaux de proximité, pourront être en charge d’une population sur un territoire ».
Les réactions des professionnels de la santé
Réaction du syndicat MG France
MG France (Fédération française des médecins généralistes), qui a eu connaissance des propos de la ministre de la santé relatifs à la médecine de proximité, a déploré dans un communiqué que soient oubliés les cabinets de médecine générale, « qui constituent pourtant aujourd’hui l’essentiel de la médecine de proximité », estime l’organisation.
En effet, si la ministre a promis qu’aucun hôpital de proximité ne fermera, elle n’a pas évoqué les nombreuses fermetures de cabinets de médecine de ville, qui figurent parmi les causes de l’engorgement actuel des services d’urgences.
Aussi, pour conserver un maillage acceptable de cabinets de médecine générale et au lieu d’attirer les médecins généralistes vers l’hôpital, MG France demande que « les cabinets de médecine générale disposent d’assistants afin de dégager du temps médical et de permettre aux patients de conserver une offre de services au plus près de chez eux ». Selon le syndicat, une réorientation « massive et rapide » des budgets disponibles devrait en outre être exécutée vers les cabinets de médecine de ville.
Réaction de l’Association nationale des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité (ANCHL)
Pour l’Association nationale des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité (ANCHL), « aucune certitude d’une volonté de maintenir les services ou un volume d’activité suffisant dans [les] établissements [de proximité] » ne peut être dégagée des propos de la ministre : plus qu’une simple promesse de non fermeture d’établissements, l’ANCHL attend en particulier de cette réforme du système de santé « la mise en place d’un véritable plan de renforcement et de développement des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité ».
Par ailleurs, l’ANCHL a souligné dans un communiqué que les organisations territoriales évoquées par la ministre existaient déjà. Il s’agit par exemple des « nombreux centres hospitaliser locaux et [des] hôpitaux de proximité accueillant en leur sein des maisons médicales de garde, des centres de santé, des Maisons de santé pluridisciplinaires, etc. ».