Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.
Dans le cadre des conclusions des travaux de la Mission d’évaluation et de contrôle sur l’évaluation du financement public de la recherche dans les universités, enregistrées à la présidence de l’Assemblée nationale le 25 juillet 2018, les députés ont émis six propositions « pour un déploiement efficace du SI Labo », dont celle de rendre obligatoire son utilisation par toutes les Unités mixtes de recherche (UMR).
Les 5 autres propositions énoncées par les parlementaires sont les suivantes :
• « permettre (…) l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications » ;
• « engager rapidement l’ensemble des organismes et des établissements (…) dans la conception et la participation au SI Labo (…) » ;
• « confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements (…) » ;
• « nommer un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo » ;
• « distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements ».
Le budget 2017-2020 prévu pour l’ensemble du SI Labo est de 30 millions d’euros, indique par ailleurs le rapport. « Cependant, les rapporteurs s’inquiètent des risques de dérapage du coût ».
Qu’est ce que le SI Labo ?
Le SI Labo fait partie du système d’information Recherche (SI Recherche), qui doit réunir tous les systèmes d’information des entités (structures, organismes, établissements, agences, tutelles) centrées sur le domaine de la recherche.
Présenté aux acteurs du secteur par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation fin 2017, il vise à « consolider et à mettre à disposition des différents niveaux de pilotage un ensemble de données d’activité et de gestion jusqu’ici éparses et non disponibles dans leur ensemble », précisent les auteurs du rapport (lien ci-contre).
Permettre l’interopérabilité des opérations informatiques des instances de recherche
Le SI Labo va donc centraliser et rendre possible l’interopérabilité des opérations informatiques au niveau de l’instance de recherche mais aussi permettre le partage de ces données avec les systèmes d’information des tutelles au niveau du SI Recherche.
Les équipes de recherche ne devront ainsi plus renseigner plusieurs fois les mêmes informations et il sera plus facile d’agréger les données « pour permettre le pilotage à tous les niveaux souhaités ». Le ministère indique que le SI Labo sera mis à la disposition de toutes les structures de recherche qui le souhaiteront.
6 propositions émises « pour un déploiement efficace du SI Labo »
La mission d’évaluation, coprésidée par la députée LREM de l’Essonne Amélie de Montchalin et le député LR du Bas-Rhin Patrick Hetzel, a pour but d’établir les bases d’une restructuration du système de recherche français.
Dans la deuxième partie du rapport, intitulée « La nécessité d’œuvrer pour une plus grande cohérence des données et de piloter la recherche avec davantage de souplesse et de réactivité », les députés ont détaillé les spécificités du programme national commun SI Labo dont le but est « de bâtir un système uniformisé et efficace de gestion et de suivi des financements de la recherche ».
Les auteurs du rapport expliquent que le SI Labo est « l’opportunité de disposer d’un outil permettant, en apportant une vision claire de la participation des différentes tutelles au quotidien d’une UMR, d’améliorer le dialogue de gestion entre ces tutelles au service de la stratégie de l’UMR d’une part, et entre les tutelles et l’État d’autre part ». Ils notent cependant que « plusieurs obstacles » pourraient nuire à son efficacité.
Les 6 propositions émises par les députés pour assurer son bon déploiement
- Le SI Labo a pour objectif de mettre en place des applications partagées au niveau des laboratoires :
- les systèmes d’information actuellement utilisées par les UMR, qui fonctionnent en silo, ne permettent pas un dialogue de gestion efficace entre les tutelles ;
- le SI Labo devrait permettre de consolider les données au sein d’une UMR pour en garantir « un meilleur pilotage stratégique ».
Proposition 1 : « rendre obligatoire, à terme, l’utilisation du SI Labo (ou celle de connecteurs permettant l’interopérabilité) pour l’ensemble des opérateurs financés sur fonds publics participant à des UMR » ;
- Le SI Labo doit être accompagné d’une harmonisation des pratiques pour qu’il soit utilisé à son plein potentiel ;
- « Le projet est encore inabouti sur certains points et s’appuie insuffisamment sur les acteurs de terrain » :
- « l’absence d’application décisionnelle et de perspective pluriannuelle à ce stade est préjudiciable » ;
Proposition 2 : « permettre, via l’application décisionnelle, l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications ».
Proposition 3 : « engager rapidement l’ensemble des organismes et établissements, sous impulsion ministérielle, dans la conception et la participation au SI Labo, en prévoyant les financements nécessaires à la transformation (ou à l’interopérabilité) de leurs SI et des calendriers de déploiement ajustés aux contraintes de chaque organisme et établissement ».
Proposition 4 : « confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements, notamment en abordant de manière prospective les éventuels obstacles à son déploiement et son exploitation par les équipes des UMR et des établissements ».
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- « afin d’assurer un déploiement rapide et effectif, l’élaboration du SI Labo doit davantage associer tous les acteurs » ;
- « les risques de dérapage du calendrier sont importants » ;
Proposition 5 : « nommer d’urgence un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo ».
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- « la prévision de financement est à préciser ».
« Le budget prévu pour l’ensemble du SI Labo est de 30 millions d’euros entre 2017 et 2020, précise le rapport. Cependant, les rapporteurs s’inquiètent des risques de dérapage du coût ».
« Par exemple, la prévision du financement de la brique décisionnelle semble n’être qu’indicative étant donné l’état d’avancement du projet. Par ailleurs, le financement de ce projet structurant n’apparaît qu’insuffisamment dans les documents budgétaires. »
Proposition 6 : « distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements ».