Les cahiers des charges relatifs à la télésurveillance seront simplifiés et republiés dans les prochains jours, a annoncé le 5 octobre 2018 Yann-Maël Le Douarin, conseiller médical télémédecine à la DGOS, lors de la deuxième journée du Catel portant sur la stratégie e-santé. Dans ce cadre, trois modifications ont été apportées sur le diabète, l’insuffisance rénale et l’insuffisance respiratoire :
• diabète : les adolescents ont été ajoutés au dispositif et la clause des six mois minimum après la première insuline a été retirée ;
• insuffisance rénale : le critères d’exclusion des patients greffés a été supprimé. « Si cela pouvait se justifier au moment du lancement des expérimentations sur la télésurveillance, cela n’est plus le cas aujourd’hui », a indiqué Yann-Maël Le Douarin (source : Hospimedia) ;
• insuffisance respiratoire : la fréquence de demande de questionnaire va diminuer « pour n’être plus qu’à une fois par mois », a précisé le conseiller de la DGOS.
Ces changements ont été réalisés dans le but d’accélérer les expérimentations en télésurveillance dans le cadre du programme Etapes, dont l’objectif est de développer les activités de télémédecine dans toute la France.
Programme Etapes : 3 500 patients suivis depuis mars 2018
Depuis le lancement du programme Etapes en mars 2018, 3 500 patients sont suivis, dont 3 000 personnes portant une prothèse cardiaque. Parmi eux, une centaine sont suivis pour leur diabète et plus de 300 pour une insuffisance cardiaque. Sur les deux autres volets, à savoir l’insuffisance rénale et l’insuffisance respiratoire, les projets commencent à se multiplier.
L’une des raisons expliquant ces écarts peut être la présence d’autres acteurs que ceux de la santé dans ces domaines. Ainsi, en ce qui concerne l’insuffisance respiratoire il existe des prestataires externes. Le développement de la surveillance à distance des porteurs de prothèse cardiaque est, quant à lui, bien avancé sur le terrain. Beaucoup d’acteurs ont été précurseurs dans ce domaine.
Programme Etapes : quelques points limitants mais des résultats intéressants
L’exemple du CHU de Lille
Le programme Etapes comporte quelques problèmes, a souligné Laurence Guédon, membre de la Société française de télémédecine et cardiologue au CHU de Lille, où la télésurveillance est pratiquée depuis presque vingt ans pour les patients portant un pacemaker ou un défibrillateur implantable.
- Les patients pouvant être suivis dans le cadre du programme doivent être déclarés en affection longue durée (ALD), or, ce n’est pas le cas pour ceux qui portent un pacemaker, précise-t-elle.
- De plus, le cahier des charges restreint la télésurveillance aux patients avec défibrillateur et pacemaker alors qu’il serait intéressant de réaliser aussi un suivi à distance pour les personnes sous moniteur.
- Laurence Guédon cite également une autre difficulté, qui est celle de la mise en place de la facturation, qui a pris sept mois au CHU de Lille. Les démarches peuvent donc prendre du temps, mais le programme a permis d’apporter « une vrai bouffée d’air » à ce dispositif déployé au sein du centre de soins lillois, note-t-elle, notamment du point de vue financier car, auparavant, l’équipe devait trouver des financements chaque année.