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  • La e-santé au centre de l’Africa Digital Medical Hub, du 19 au 21 décembre 2018 à Marrakech

    Eventum organisera du 19 au 21 décembre à Marrakech un « Africa Digital Medical Hub », événement et espace de rencontre d’échelles nationale et internationale à propos des usages, technologies et recherches concernant la santé numérique en Afrique.

    Au cours de cet événement dédié à la promotion de la e-santé sur le continent Africain interviendront plusieurs experts internationaux éventuellement issus d’institutions publiques ou tels que des opérateurs et professionnels du numérique ou de la santé en Afrique, Europe ou Asie.

    Le programme, qui comprendra des conférences plénières ainsi que des « sessions […] sur des thématiques à l’interface de différentes disciplines et autour de la problématique suivante : Comment le segment de la e-santé peut contribuer à résoudre la problématique, compenser le manque de spécialistes et évoluer les usages et pratiques du monde de la santé en Afrique ? ».
    En effet, les thèmes abordés concerneront :
    – les déserts médicaux et innovations numériques en Afrique ;
    – l’éventuelle contribution de la e-santé au développement des pays ;
    – les programmes de développement de la santé numérique en Afrique ;
    – l’hôpital numérique et les nouveaux outils à mêmes de faire évoluer la médecine ;
    – les applications médicales de l’impression 3D.

    Des informations relatives aux inscriptions sont disponibles via le lien ci-contre.

    Programme

    19 décembre 2018

    08h30-09h00 : Inauguration du village de la santé numérique

    09h00-11h00 : L’Afrique : déserts médicaux et innovations numériques

    11h00-13h00 : Impression 3D et applications médicales en Afrique

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-16h00 : L’hôpital et l’innovation en santé

    20 décembre 2018

    09h00-10h00 : Ouverture du village de la santé numérique

    10h00-11h00 : Rencontres / espaces démo / innovations 

    11h00-12h00 : Pharmacie : Pharma Geek et e-santé 

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-16h00 : Sujet encore à définir

    21 décembre 2018

    10h00-11h00 : Ouverture du village de la santé numérique

    11h00-12h00 : Les Africa’s Digital Health Awards 2018

    12h00-13h00 : Les trophées africains de la e-santé

    13h00-14h00 : Pause déjeuner

    14h00-15h00 : Conférence : « Faire avancer la santé numérique en Afrique »

    15h00-16h00 : Les programmes de développement de la santé numérique en Afrique

  • Pour la Cnil, la blockchain est compatible avec le RGPD (analyse d’impact)

    La technologie blockchain pose la question de sa compatibilité au RGPD. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a publié le 24 septembre 2018 une analyse d’impact et propose des solutions concrètes aux acteurs qui souhaitent l’utiliser dans le contexte d’un traitement de données personnelles.

    La blockchain est une base de données stockées et distribuées sur un grand nombre d’ordinateurs :

    • toutes les écritures effectuées dans ce registre sont appelées « transactions » ;
    • elles sont visibles pour l’ensemble des utilisateurs, depuis la création du registre ;
    • la blockchain n’est pas un traitement de données ayant une finalité à part entière : il s’agit d’une technologie support à des traitements variés.

    Les caractéristiques et les différents types de blockchain peuvent se définir par les propriétés suivantes : 

    • transparence : tous les participants peuvent visualiser l’ensemble des données inscrites ;
    • partage et décentralisation : plusieurs exemplaires de la blockchain existent simultanément sur différents ordinateurs ;
    • irréversibilité : une donnée inscrite ne peut pas être modifiée ou supprimée ;
    • désintermédiation : toute décision se fait par consensus entre les participants, sans arbitre centralisé.

    La Cnil établit une classification des blockchains définissant des niveaux de permission différents pour chaque catégorie de participants :

    • les blockchains publiques accessibles à n’importe qui dans le monde. Toute personne peut effectuer une transaction, participer au processus de validation des blocs ou obtenir une copie de la blockchain ;
    • les blockchains à permission définissant quelles personnes peuvent participer au processus d’approbation ou même effectuer des transactions. Elles peuvent, selon les cas, être accessibles à tous ou être en accès limité ;
    • les blockchains dites « privées » sous le contrôle d’un acteur qui assure seul le contrôle de la participation et de la validation. Si ces usages ne respectent pas les propriétés classiques de la blockchain, notamment la décentralisation et la validation distribuée, elles ne posent pas de question particulière de conformité au RGPD, il s’agit de simples bases de données distribuées « classiques ».

    Les interactions entre blockchain et RGPD

    Lorsque la blockchain concerne des données personnelles, le RGPD s’applique. 

    • L’architecture et les caractéristiques propres à la blockchain impactent la manière dont sont conservées et traitées les données personnelles.
    • L’articulation entre la technologie blockchain et les droits des personnes (droit à la vie privée et droit à la protection de leurs données personnelles) appelle donc une analyse spécifique.
    • Cette innovation et la protection des droits fondamentaux des personnes sont compatibles.

    Une grille d’analyse et de premières recommandations sont proposées sur le site de la Cnil (voir en lien ci-contre), à destination des acteurs qui souhaitent y recourir, dans la mise en œuvre du traitement de données personnelles.

  • Le capteur de glycémie Freestyle Libre 2 avec alarme intégrée d’Abbott obtient le marquage CE

    Abbott a annoncé l’obtention du marquage CE pour son dispositif d’autosurveillance de la glycémie en continu Freestyle Libre de nouvelle génération le 1er octobre 2018. Le nouveau dispositif permet :
    • d’éviter les multiples dextroses au quotidien ;
    • d’alerter les patients en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie grâce à une alarme intégrée au dispositif activable par l’utilisateur.

    Le dispositif inclut toujours un capteur à apposer sur le bras qui permet ensuite de faire des lectures de la glycémie à tout moment et l’alarme intégrée fonctionne grâce à la technologie Bluetooth à basse consommation.

    La commercialisation du Freestyle Libre 2 devraient être lancée dans les semaines à venir dans les pays européens pour être étendue ensuite aux pays hors Union européenne. Dans le cas de la France, cette phase prendra un certain temps et la date du lancement effective sera annoncé ultérieurement.

    Une alarme bluetooth

    La fonction d’alerte du porteur de l’objet grâce à l’alarme intégrée est optionnelle et peut être activée et désactivée à la convenance du patient.

    Le dispositif est doté d’un bluetooth à basse consommation qui permet d’alerter son porteur dès que le seuil de la glycémie prédéfini est franchi (hyperglycémie ou hypoglycémie). La personne diabétique peut choisir d’être alertée par vibration du boîtier ou par un son émis par ce dernier.

    Dans le cas où la fonction d’alerte est activée, une notification sera également émise au porteur au cas où une perte de signal intervient et que la communication entre le capteur et le lecteur est interrompue.

    Surveiller la glycémie des enfants ou des adultes pendant le sommeil

    Le fabricant décrit cette nouvelle fonctionnalité comme particulièrement adaptée aux personnes souffrant d’hypoglycémie au cours du sommeil ou aux parents qui surveillent la glycémie des enfants, car elle offre davantage de sérénité. L’objectif est également de propose plus de liberté dans la gestion de leur maladie aux personnes diabétiques.

    « Nous nous engageons à développer des solutions reposant sur les technologies de santé les plus innovantes au service d’une vie plus accomplie des patients. Notre objectif est de rendre FreeStyle Libre accessible à grande échelle et cela passe également par l’inclusion de fonctionnalités supplémentaires sans frais additionnels pour nos clients, a déclaré Jared Watkin, vice-président senior de Diabetes Care d’Abbott.

    Abbott revendique plus de 800 000 utilisateurs de son dispositif FreeStyle Libre et ce dans 44 pays du monde. Dans 31 de ces pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Royaume-Unis, les États-Unis et le Japon, le remboursement a été obtenu.

  • 17ème Forum de Paris Biotech Santé : l’IA au coeur de la recherche en santé humaine, 27/11/18 à Paris

    Le 17ème forum de Paris Biotech Santé est organisé le 27 novembre 2018 à Paris sous la forme d’une matinée animée par la journaliste Nathalie Tourret d’Altour Production. Au cœur des thématiques du forum on trouve l’Intelligence Artificielle (IA) en santé humaine.

    L’inscription se fait via le lien ci-contre.

    9h-9h45

    L’IA et la santé humaine : orientations et stratégie

    • Frédérique VIDAL, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
    • Frédéric DARDEL Président de l’Université Paris Descartes, Président de Paris Biotech Santé

    9h45-11h15

    État des lieux en France : forces et faiblesses de l’IA en santé humaine

    • Christine BALAGUÉ – Professor Institut Mines Telecom – Telecom School of Management, ex Vice-President of Digital National Council (CNNum)
    • Sophie VULLIET-TAVERNIER – Directrice des relations avec les publics et la recherche
    • Florence FORBES – Directrice de recherche INRIA, Cofondatrice et conseillère scientifique de PIXYL
    • Olivier CLATZ – CEO & Co-founder THERAPIXEL
    • Philippe ROY – Délégué Adjoint de Cap Digital
    • Philippe TCHENG – Président du LEEM et Vice-Président Affaires publiques et gouvernementales Sanofi – Président de SAG

    11h45-13h

    Réflexion prospective de l’IA en santé humaine

    • Jean-Louis DAVET -Directeur Général Délégué du Groupe VYV
    • Gilles JOHANET-Procureur Général près la Cour des comptes
    • Alexandre LEBEAUT –Vice-Président Exécutif, Recherche et Développement et CSO IPSEN
    • Nikos PARAGIOS -Chief Executive & Technical Officer THERAPANACEA
    • Dominique POLTON -Présidente de l’INDS -Vice-présidente du Conseil Stratégique de l’Innovation en Santé
    • Philippe POULETTY-Directeur Général Truffle Venture

    13h-13h30

    Conclusion et clôture

  • Medopad collabore avec le Chinois Tencent pour élaborer une IA facilitant le diagnostic de Parkinson

    La société health tech britannique Medopad a annoncé début octobre 2018 qu’elle s’associait au géant chinois Tencent et au Parkinson’s Centre of Excellence du King’s College Hospital de Londres pour développer une intelligence artificielle (IA) avancée permettant d’accélérer le diagnostic de la maladie de Parkinson.

    Les évaluations actuelles des symptômes moteurs de la maladie prennent en général plus d’une demi-heure en milieu clinique et se basent sur les observations des médecins. L’entreprise anglaise et le groupe chinois souhaitent normaliser le test par le biais d’un système d’analyse vidéo des mouvements exploitant un système d’apprentissage en profondeur (deep learning) et une reconnaissance d’image.
    Dans le détail, Tencent fournit la technologie et l’IA pour l’analyse vidéo qui sera utilisée dans l’application mobile de Medopad.
    Le dispositif devrait permettre aux patients d’effectuer l’évaluation de leur condition à distance en trois minutes et de partager les résultats avec leur médecin en temps réel pour l’aider à « prévoir les complications évitables », a commenté le P.-D.G. et fondateur de Medopad Dan Vahdat (source : Mobihealthnews.com).

    Les résultats préliminaires du projet ont été présentés lors d’un événement organisé à Hong Kong cette semaine.

    Un accord commercial conclu entre les deux sociétés

    Cette initiative fait suite à une annonce faite par Medopad en février 2018 après la signature de 15 accords commerciaux d’une valeur de plus de 100 millions de livres (113,8 M €) avec différentes organisations chinoises, dont Tencent.

    145 000 personnes atteintes de la maladie de Parkinson au Royaume-Uni

    Selon des chiffres récents publiés par l’association caritative de recherche et de soutien Parkinson UK, environ 145 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson au Royaume-Uni. Ce nombre devrait augmenter de près d’un cinquième d’ici 2015, indique l’organisation.

    Les données au niveau international varient selon les sources mais, en moyenne, le nombre de personnes vivant avec cette maladie à travers le monde est estimé à 10 millions.

  • DocCoin : un service de télémédecine basé sur la technologie blockchain

    DocCoin est une plateforme décentralisée, proposant une offre de télémédecine sécurisée et intuitive. Elle s’adresse aux médecins, aux patients et aux partenaires de santé, mis en relation par la technologie des smart contracts.

    En utilisant la plateforme DocCoin, les clients et les patients peuvent obtenir des ordonnances médicales, un suivi personnalisé et des recommandations. L’ensemble des données à caractère médical sont stockées grâce à la technologie blockchain. 

    Une réponse au problème de suivi de diagnostic.

    La majorité des patients ne conservent pas un historique de leurs pathologies et de leurs soins, ni un registre des médicaments et des traitements suivis par le passé. Sans continuité de diagnostic, les patients manquent de compréhension dans la lisibilité de leurs analyses. 

    DocCoin apporte une solution sécurisée au suivi médical. 

    La plateforme mise sur la décentralisation des ressources de tous les opérateurs de la chaîne santé  : médecins, hôpitaux, laboratoires, compagnies d’assurance. Chaque transaction est conservée dans un registre grâce à la technologie blockchain, favorisant un écosystème plus transparent et sécurisé. 

    Les avantages pour les utilisateurs et les patients sont multiples. 

    • Sécurisation du stockage des dossiers médicaux.

    • Consultations en ligne avec des médecins disponibles 7 jours sur 7.

    • Prescriptions en ligne.

    • Un tarif de consultation en ligne plus attractif que la consultation physique.

    • Une offre disponible depuis l’application mobile de DocCoin.

    Un outil support pour les professionnels de santé. 

    • Par le suivi à distance des patients.

    • Un partage de compétences et d’expériences avec le réseau de médecins.

    • Un approfondissement des connaissances partagées et des les bonnes pratiques mutualisées.

    • Un gain en réactivité dans l’identification des cas de fraude pour les assureurs. 

  • Formation sur la blockchain dans la santé et dans l’industrie pharmaceutique, le 21/11/2018 à Paris

    Drive Innovation Insights (DII), filiale de Politico-Alex Springer, organisera à Paris le 21 novembre 2018 une formation centrée sur « la blockchain dans la santé et l’industrie pharmaceutique ». 

    La nouvelle technologie de la blockchain marque un virage dans le développement du secteur de la santé et de l’industrie pharmaceutique, et certains acteurs tels qu’Ipsen, MSD et Sanofi s’y sont déjà engagés :  « La sécurisation et [la] traçabilité des données patients via la décentralisation du tiers de confiance sont autant d’opportunités permises par la technologie Blockchain [et justifient] cet intérêt croissant de la part des acteurs [du] secteur », explique DII.

    La formation proposée aura pour objectifs pédagogiques de permettre aux acteurs :
    • de comprendre les notions clés de la technologie blockchain ;
    • d’identifier les nouvelles opportunités et perspectives d’application ;
    • d’intégrer le cadre réglementaire de la blockchain en 2018.

    Les premières preuves de concepts élaborées dans le domaine de la santé seront par ailleurs exposées.

    L’inscription, payante, peut-être réalisée via un formulaire à demander à l’adresse mail suivante : service-clients@dii.eu

    Thématiques abordées au cours de la formation

    Décrypter le phénomène blockchain et comprendre ses caractéristiques dans la santé : de la théorie à la pratique, intégrer l’origine, les concepts clés et le fonctionnement pour s’approprier cette nouvelle technologie

    • Vers un essor rapide de la blockchain : comment en tirer profit

    • Distinguer les bases de données distribuées (DLT) et les bases de données centralisées : latence, blockchain publique/privée, smart contract, etc.

    • Focus sur les différents modèles de consensus : proof of work, proof of stake, proof of authority, minage, etc.

    • Quelle gestion de l’identité : signatures ,clés publiques ou privées, anonymat, etc. ?

    • Maîtriser le fonctionnement des transactions et des blocs : format, statut, cohérence de l’information

    Intégrer les impacts déjà concrets dans la santé et l’industrie pharmaceutique sur les business modèles actuels et anticiper les changements à venir

    • Zoom sur l’application de la blockchain à plusieurs filières métier pour maîtriser les modifications attendues de la chaîne de valeur

    • Quels sont les processus core business impactés par la technologie blockchain à court, à moyen et à long terme ?

    • Collecte et traitement des données patients, assurances et smart contract, supply chain et traçabilité des médicaments : illustrations pratiques de la modification attendue de la chaîne de valeurs

    • Quelles actions mettre en place dès aujourd’hui pour ne pas rester simple spectateur du changement du secteur ?

    Comment concilier la blockchain avec les dernières réglementations en vigueur

    Le point sur les risques en matière de traitement de données et cybersécurité à l’heure de la blockchain

  • Étude : l’IA montre des failles dans le dépistage de la rétinopathie diabétique (Jama)

    Un système d’intelligence artificielle (IA) testé pour détecter la rétinopathie diabétique a donné des résultats mitigés lors de son utilisation en vie réelle dans le cadre de soins primaires. Ce constat a été apporté par une étude* menée par des chercheurs australiens et américains de la Harvard Medical School, qui met en évidence un taux de faux positifs élevé. Ces travaux ont été publiés le 28 septembre 2018 dans le Jama Network Open.

    Rétinopathie diabétique : pionnier de l’intelligence artificielle

    En avril 2018, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé pour la toute première fois une intelligence artificielle (IA) à formuler un diagnostic. Le système IDx-DR est commercialisé pour dépister la rétinopathie diabétique sans qu’aucun professionnel de santé n’intervienne. Il vise à éviter que les personnes souffrant de diabète passent au travers des mailles du filet.

    En effet, la moitié d’entre eux ne consultent pas d’ophtalmologiste tous les ans, contrairement aux recommandations sanitaires.

    Le dispositif a été autorisé suite à la publication d’un essai clinique montrant que l’intelligence artificielle réalisait le bon diagnostic 9 fois sur 10.

    Un test de dépistage dans la vraie vie

    Cependant, les essais cliniques ne reproduisent pas la vie réelle à l’identique. C’est ce que semble montrer une étude australienne menée auprès de 193 patients diabétiques venant consulter dans des structures de premiers recours.

    Quelques 386 images rétiniennes ont été analysées à la fois par le système d’intelligence artificielle et par un ophtalmologiste. Les infirmières ont mis 10 à 15 minutes à obtenir des images pour les deux yeux et le système de l’IA a fourni des diagnostics en moins de 3 minutes.

    Les résultats de cet essai ont été publiés le 28 septembre 2018 dans le Jama Network Open.

    Des résultats en demi-teinte

    • L’intelligence artificielle a identifié 17 patients comme souffrant d’une rétinopathie diabétique et qui devaient donc être référés vers un spécialiste ;
    • 2 patients sur les 17 étaient réellement atteints par la maladie et les 15 autres étaient des faux positifs ;
    • l’IA a correctement identifié 8 cas de rétinopathie modérée ;
    • le taux de spécificité de l’IA est donc de 92 % ;
    • la valeur prédictive positive n’était que de 12 % ;
    • Moins de 10 % des patients ont eu besoin d’être vus par un ophtalmologiste.

    Le problème des faux-positifs

    Les auteurs de l’étude considèrent que le taux élevé de faux positifs était dû en partie à la mauvaise qualité d’image. Il s’expliquerait également par la faible incidence de la rétinopathie diabétique au sein de la population fréquentant les structures de soins de premier recours.

    « Les validations antérieures des systèmes d’IA pour l’identification de la rétinopathie diabétique ont utilisé des bases de données d’images rétiniennes et les images ont été présélectionnées de telle sorte que l’incidence de la maladie était beaucoup plus élevée », ont précisé les chercheurs. Et lorsque l’incidence de la maladie est plus basse, la valeur prédictive positive l’est également.

    « Le faible taux de rétinopathie diabétique que nous avons observé dans notre étude est la norme en soins primaires, ont-ils ajouté. Par conséquent, les faux positifs risquent de poser problème, à moins que la spécificité de notre système ou d’autres systèmes soit beaucoup plus grande. Compte tenu de cette limitation, nous pensons que les images de rétinopathie identifiées comme présentant une maladie par un système d’IA devraient être examinées par un ophtalmologiste avant qu’un renvoi ne soit effectué. »

    Les espoirs de l’IA malgré tout…

    Malgré cette limitation, les chercheurs estiment que l’intelligence artificielle peut potentiellement améliorer le dépistage de la rétinopathie diabétique. Environ 92% des patients ont immédiatement été informés qu’ils n’avaient pas de rétinopathie et, par conséquent, il n’a pas été nécessaire de les référer vers un spécialiste. , Le nombre de patients devant être examinés par un ophtalmologiste était inférieur à 10%. Ce dépistage ophtalmologique en temps réel dans les cabinets médicaux habituels des médecins de soins primaires présente de nombreux avantages pratiques, notamment la prise en charge complète des maladies chroniques en un seul et même lieu pour les patients diabétiques. Il existe également un potentiel d’amélioration du système d’IA.

  • Expérience patient : Hôpital Foch inspiré par les outils déployés à la Cleveland Clinic (V. Moulins)

    À l’occasion de la conférence « L’expérience patient made in USA : un exemple à suivre », organisée le 4 octobre 2018 à Paris par l’Institut français de l’expérience patient, Valérie Moulins, directrice de la communication et de l’expérience patient à l’hôpital Foch, est revenue en détail sur l’Empathy and Innovation Summit 2018*, auquel elle a assisté, et plus précisément sur les mesures innovantes mises en place par l’établissement américain afin d’améliorer l’expérience vécue par le patient pendant son séjour.

    Parmi les initiatives sur le plan numérique qui ont le plus marquée l’experte française figurent :
    • la téléconsultation : une première consultation est réalisée via vidéo pour savoir si le patient a besoin ou non de se déplacer à l’hôpital ;
    • « Care connect » : un système permettant de géolocalisation le patient dans l’hôpital ;
    • l’utilisation par le médecin de solutions IT intelligentes : dictée vocale, écran partagé avec le patient et dispositif de réalité virtuelle pour faciliter la compréhension.

    Inspirée par les dispositifs déployés par le centre de soins américain, Valérie Moulins n’en reste pas moins lucide sur le fait que toutes ces mesures ne pourraient pas être appliquées telles quelles au sein des établissements français, notamment pour des raisons budgétaires mais aussi de culture.

    Valérie Moulins synthétise l’expérience patient à Cleveland Clinic comme suit :

    • se sentir bienvenu : le personnel salue le patient et lui fournit des informations ;
    • se sentir apaisé : lieux d’attente calmes et silencieux ou avec une musique zen, avec de la lumière naturelle et des couleurs ;
    • se sentir rassuré : réduction de l’anxiété en fournissant un flux continu d’informations ;
    • se sentir pris en compte : réfléchir au-delà du rendez-vous, se sentir valorisé ;
    • se sentir connecté : communication avec l’équipe soignante, avec les services de l’hôpital et avec sa famille.

    Preuve que la clinique de Cleveland place au cœur de son organisation l’expérience patient, son département dédié à ce domaine précis compte 26 personnes, « contre 2-3 à l’hôpital Foch par exemple », souligne la directrice de la communication et de l’expérience patient de l’hôpital Foch.

    « L’expérience patient est appréhendée au sein de la Cleveland Clinic à travers 3 composantes », observe Valérie Moulins, « le personnel, le partenariat patients/familles et le parcours patients ».

    Le personnel : son bien-être, son attitude et sa formation

    L’une des préoccupations majeures de l’établissement est de prévenir le burn-out :

    • en pensant l’utilisation du numérique différemment : « L’utilisation du numérique pose problème car certains usages limitent les interactions avec les patients et isolent les professionnels de santé », indique de manière générale Valérie Moulins.
      Parmi les mesures prises par la Cleveland Clinic au niveau du numérique : la dictée vocale et des effectifs en consultation revus – 2 assistantes pour 1 médecin pendant la consultation pour effectuer un compte rendu en direct ;
    • en promouvant le bien-être : espace de repos aménagé ;
    • en prenant mieux en compte la gestion de projet  : espaces de co-working aménagés. « Les médecins n’ont plus de bureaux attribués, ils disposent d’un espace partagé organisé un peu comme un open space et peuvent ainsi échanger plus facilement avec les étudiants », explique Valérie Moulins, qui reconnaît qu’un tel système risquerait d’être difficilement accepté en France par certains médecins renommés.

    Un recrutement ciblé

    Dans la clinique Cleveland, tous les professionnels sont recrutés et évalués au vu de leurs « compétences relationnelles et empathiques ».

    Les nouveaux recrutés sont par exemple sensibilisés et formés à l’approche « HEART » (Hear, Empathize, Apologize, Respond, Thank), qui s’articule autour des qualités suivantes : écouter, faire preuve d’empathie, présenter ses excuses, répondre à la demande du patient et le remercier.

    Le partenariat patients/familles

    • Création d’outils sur le site web de l’établissement tel que Say thank you to nurse, qui permet de laisser un message aux infirmiers pour les remercier ;
    • implication des familles dans les projets : design thinking par exemple ;
    • organisation du temps d’attente, pendant les soins en proposant des activités par exemple, et mise à disposition d’un espace au sein duquel les proches peuvent faire du télé-travail.

    Le parcours patient

    1. Au domicile

    • MyChart : portail patients pour la prise de rendez-vous en ligne et préparer une pré-admission à l’hôpital ;
    • objets connectés utilisables à domicile : applications pour améliorer le sommeil, gérer son alimentation, etc.  ;
    • utilisation de la télémédecine : « Une première consultation, que le patient règle directement sur le site – on est aux États-Unis ! – est effectuée via vidéo pour vérifier si le patient a réellement besoin de se rendre à l’hôpital », explique Valérie Moulins.

    2. Trajet hôpital-domicile

    • Transports sanitaires ou services de taxi organisés directement par l’hôpital ;
    • géolocalisation des patients.

    3. Arrivée à l’hôpital

    • Care connect : système de géolocalisation du patient dans l’hôpital ;
    • service de voiturier ;
    • accueil par un concierge (veste rouge) ;
    • grands espaces d’accueil / réflexions sur les couleurs des espaces pour apaiser au mieux les patients / alternance entre espaces cosy façon petits salons et espaces plus vastes.

    4. Salles d’attentes

    • Temps d’attente vérifié par le dispositif de géolocalisation Care connect et accueil personnalisé ;
    • informations médicales diffusées sur écrans et tablettes ;
    • espaces lounge confortables avec exposition d’œuvres d’art et musique apaisante ;
    • possibilité de travailler : accès wifi, prises pour charger son téléphone portable ou son ordinateur et possibilité de passer des appels téléphoniques ;
    • bénévoles proposant des livres ou d’autres activités ;
    • formulaire pour aider les patients à préparer leur rendez-vous : liste de questions à ne pas oublier de poser à son médecin.

    5. Consultation

    • Pour éviter que le médecin ait les yeux rivés sur son écran d’ordinateur, des solutions IT intelligentes ont été intégrées : dictée vocale, écran partagé avec le patient, dispositif de RV pour améliorer la compréhension du patient (exemple : observation du cœur) ;
    • 2 assistantes pour 1 médecin pendant la consultation pour que le compte rendu soit réalisé en direct et que le médecin puisse parler aux patients sans qu’un écran ne soit interposé entre les deux parties ;
    • horaires de rendez-vous adaptés aux patients qui travaillent (créneaux spécifiques), avec un petit surcoût (5 %), en particulier pour les pathologies qui concernent des personnes actives.

    6. Hospitalisation

    • Tablette pour médecin : il peut prendre connaissance de toutes les informations sur le patient avant d’entrer dans la chambre, lui permettant de se familiariser avec la personne avant de la rencontrer ;
    • One View : portail pour les patients disponible dans leur chambre via tablette ou télévision (consultation du programme de soins, commande des repas, affichage de l’équipe soignante avec photos, programme télé, applications pour se distraire, etc.) ;
    • utilisation d’outils numériques « comme un complément à l’humain » : lunettes de RV pour réduire la douleur, la démence ou prévenir les phobies, par exemple ;
    • chambres avec un espace dédié aux familles : banquette d’appoint ;
    • espace commun dans les unités pour que les patients créent du lien, prennent leur repas ensemble et soient incités à se déplacer.

    7. Sortie

    • Anticipation avec l’équipe du domicile ;
    • médicaments prêts à la pharmacie de l’hôpital : « Les patients sortent avec un sac comportant tous les médicaments dont ils ont besoin, une mesure que les établissements français ne peuvent pas mettre en place », reconnaît Valérie Moulins ;
    • voiture ramenée par un voiturier ;
    • connexion équipe médicale-patient via une tablette pour le suivi de la guérison, en particulier des constantes vitales.
  • Les pharmaciens déplorent l’absence du numérique dans le décret sur les services et les prestations

    Le 5 octobre 2018, après la parution au Journal officiel de la République française du décret n°2018-841 du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations pouvant être proposés par les pharmaciens d’officine dans le but de favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes (cf lien ci-contre), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a déploré que n’aient pas été inscrits dans ce texte des services liés au numérique.

    Inscrit dans la loi HPST il y a neuf ans, ce texte avait pour objectif d’aider les pharmaciens d’officine à valoriser leurs compétences par des prestations facultatives non nécessairement conventionnelles. Les efforts de nombreux pharmaciens d’officine dans le domaine de la e-santé auraient justement pu relever de ces prestations facultatives. Voilà pourquoi le FSPF a « [regretté] que l’utilisation par le pharmacien d’officine des outils numériques ne soit pas abordée dans ce décret« .

    Si le syndicat aurait par ailleurs « souhaité que le décret intègre certaines missions susceptibles d’être exercées au domicile du patient par le pharmacien d’officine, comme la gestion de l’armoire à pharmacie, l’évaluation des besoins des patients en termes de matériel médical (MAD) ou la livraison à domicile », d’autres mesures telles que l’ajout de la mission de participation à des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique en collaboration avec les autorités sanitaires, confirment tout de même, aux yeux du syndicat, « le rôle du pharmacien d’officine en tant que garant de la sécurité des produits de santé« .

    Contenu du décret

    Comme le rappelle un article paru dans le Moniteur des pharmacies le 5 octobre 2018 après la parution du décret, celui-ci met en avant « 5 missions ». Ainsi, il pourra incomber au pharmacien :

    • de mettre en place des actions de suivi et d’accompagnement pharmaceutique visant à éviter l’iatrogénie, promouvoir le bon usage des médicaments et le suivi de l’observance, « en procédant à l’analyse des informations relatives au patient et à ses traitements », ces informations devant être formalisées et éventuellement, si le patient y consent, transmises au médecin traitant ;
    • d’être à l’initiative d’actions de prévention et de promotion de la santé « parmi les domaines d’action prioritaires de la stratégie nationale de santé » ;
    • de participer à l’évaluation en vie réelle de médicaments, de dispositifs médicaux et d’innovations thérapeutiques, en collaboration avec les autorités de sanitaires ;
    • de contribuer au dépistage des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles ;
    • de prendre part à la coordination des soins.

    « Le texte précise que le pharmacien doit disposer de locaux permettant la confidentialité des échanges avec les patients. Il prévoit par ailleurs une obligation de formation et d’actualisation des connaissances pour chacune des prestations définies », explique par ailleurs le Moniteur des pharmacies.