care_insight

  • Un casque de RV Deepsen testé à Saint-Charles (Lyon) pour réduire la douleur pendant l’opération

    Deepsen, une start-up basée en Auvergne-Rhône-Alpes, lance avec la clinique chirurgicale Saint-Charles de Lyon une étude clinique pour mesurer l’impact de son dispositif médical permettant le traitement personnalisé de la douleur et du stress pendant une opération grâce à la réalité virtuelle (RV), ont annoncé les deux partenaires dans un communiqué publié le 15 octobre 2018.

    L’objectif est de prouver l’efficacité de la technologie sur la réduction partielle ou totale de médicaments (anesthésiques) lors de l’opération. L’étude va également interroger son potentiel d’amélioration du confort global du patient dans sa prise en charge.

    Déjà évaluée en pré-opératoire sur 25 personnes, avec une baisse du ressenti de l’anxiété de plus de 40 % confirmée par l’analyse du pouls et de la tension, la solution va désormais être testée sur 300 patients au sein du bloc opératoire en chirurgie orthopédique de l’établissement lyonnais, en vue d’une publication scientifique.

    Le dispositif de Deepsen devrait être loué environ 250 euros par mois aux établissements de soins, matériel, abonnement et mises à jour compris.

    Des images réelles associées à l’hypnose, la musicothérapie et la luminothérapie

    Le dispositif de Deepsen, vise les douleurs « procédurales », c’est-à-dire celles induites par les soins.

    Le casque de réalité virtuelle, positionné sur le crâne du patient lors de son installation au bloc et retiré à la fin de l’opération, projette un programme relaxant en associant des images réelles, comme des paysages, à des thérapies telles que l’hypnose médicale, la musicothérapie, la luminothérapie et la « cohérence cardiaque » (méthode de respiration aidant à gérer le stress).

    Des programmes de relaxation personnalisés

    « Nous ne sommes pas les premiers dans ce domaine mais nous voulons nous démarquer en nous appuyant sur des données scientifiques et en proposant des contenus personnalisés », explique Tanguy Perrin, co-fondateur de Deepsen avec Jean-David Beroard (source : Le Progrès).

    Une soixante de choix

    Une soixantaine de choix devrait être proposée par le dispositif, comme la voix, l’univers (montagne, mer, campagne), le type de couleurs (chaudes ou froides), l’intensité, etc. Autre particularité, le casque émet des images réelles et non de synthèse.

    Vers une utilisation tout au long parcours de soins

    À terme, le but est d’étendre la pratique au-delà du bloc opératoire en utilisant la technologie tout au long du parcours de soins avec, par exemple, une prise en charge des douleurs récurrentes ou chroniques.

    La réalité virtuelle est de plus en plus utilisée dans le secteur de la médecine. À Lyon, par exemple, le centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard a fait partie des précurseurs en la matière en la proposant dès 2016 pour réduire l’anxiété post-opératoire.

  • La start-up Alenvi lève 1,1M€ pour « humaniser l’accompagnement des personnes âgées à grande échelle »

    La start-up Alenvi, qui regroupe en Ile-de-France et à Lyon 40 auxiliaires de vie travaillant « en communautés d’auxiliaires autonomes », a annoncé dans un communiqué publié le 11 octobre 2018 avoir levé 1,1 million d’euros pour développer dans de nouvelles régions son modèle d’organisation du travail pour le secteur de l’aide à domicile et pour « continuer à investir dans la technologie et la formation« . Son objectif : « humaniser l’accompagnement des personnes âgées à grande échelle ».

    Créée en 2016 à Paris, la société se décrit comme une entreprise d’utilité sociale qui souhaite « réinventer le secteur de l’accompagnement des personnes âgées en proposant un nouveau modèle organisationnel lié à une technologie et des formations innovantes », basé sur le développement de communautés d’auxiliaires de vie, embauchés en contrat à durée indéterminée. En dehors de leur activité d’accompagnement à domicile, les intervenants « gèrent en autonomie, par équipe, le recrutement de leurs pairs, la prospection, les plannings, etc. », indique Alenvi, qui cherche ainsi à valoriser leur métier en leur offrant une plus grande autonomie d’organisation.
    « [Grâce à la levée de fonds,] nous allons pouvoir rentrer dans une phase d’industrialisation et de passage à l’échelle du modèle« , ajoutent les cofondateurs Guillaume Desnoës, Clément Saint Olive et Thibault de Saint Blancard.

    Ce tour de table a été mené par Phitrust, par le biais du fonds Phitrust partenaires Europe, développé en partenariat avec le Fonds européen d’investissement. Il a également réuni divers business angels.

    Tarification solidaire

    Alenvi développe des technologies mobiles collaboratives (chatbot) grâce auxquelles les auxiliaires de vie peuvent gagner en autonomie et gérer leur planning en équipe. L’entreprise propose aussi des programmes de formation continue centrés sur le savoir-être et la relation humaine.

    La start-up permet ainsi aux auxiliaires de vie de fournir un accompagnement sur mesure, répondant le mieux possible aux besoins des bénéficiaires. Pour que tous les publics puissent bénéficier de ce service, elle a mis en place une tarification solidaire. Les bénéficiaires pris en charge à 100 % par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) n’ont ainsi aucun reste à charge à verser pour utiliser les services d’Alenvi.

    Nouvelle façon d’exercer un métier traditionnel

    « Alenvi incarne une nouvelle génération d’entreprises qui se saisissent des possibilités variées qu’offrent le digital et les modèles innovants pour répondre avec efficacité à une problématique sociale universelle », a commenté Eva Sadoun, co-fondatrice de Lita.co, une plateforme via laquelle certains des business angels ont participé à la levée de fonds (communiqué).

    Philippe Perrin, P.-D.G. de Domiserve, investisseur à titre personnel, a de son côté déclaré : « Ce que j’ai aimé dans le projet d’Alenvi c’est le diagnostic de départ que j’ai trouvé très juste : le modèle RH actuel sous-évalue les professionnels d’accompagnement ce qui impacte la qualité du service humain. Et la solution que propose Alenvi ce n’est pas d’inventer un nouveau métier, ni une nouvelle activité. C’est le même métier mais fait différemment, sur un modèle RH qui est innovant car il laisse plus de place à la responsabilisation des personnes. »

  • Le PLFSS 2019 étend l’Art. 29 au médico-social et instaure un forfait de réorientation des urgences

    La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a examiné le texte du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 et y a apporté 54 amendements le 17 octobre 2018.

    Parmi les principaux points :
    • désengorger les urgences à coups de « forfaits de réorientation » ;
    • étendre le dispositif de l’article 29 (ancien article 51 de la LFSS de 2018) au secteur médico-social ;
    • donner la voix aux patients dans l’évaluation de la qualité des soins hospitaliers ;
    • dispensation par les pharmaciens d’officine de certains médicaments à prescription médicale obligatoire (PMO) à partir du 1er janvier 2019.

    Le PLFSS validé par la commission doit être adopté en séance publique à l’Assemblée nationale la semaine prochaine.

    Désengorger les urgences

    Afin de rééquilibrer l’offre de soins entre la ville et l’hôpital, les députés ont adopté un amendement qui introduit un nouveau forfait dit de « réorientation » des patients s’étant présentés aux urgences, mais ne nécessitant pas un soin immédiat : 20 à 60 euros par patient réorienté.

    En outre, à ces patients légers sera appliqué un forfait de « consultation aux urgences » au cas où ils souhaitent tout de même être pris en charge aux urgences, malgré une proposition de réorientation des équipes médicales. Ils devront s’en acquitter s’ils refusent la réorientation.

    L’article 51 est élargi au secteur médico-social mais exclut les fédérations

    L’article 29 du PLFSS pour 2019 vise à amplifier la portée du dispositif d’innovation du système de santé (ancien article 51).

    La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, par amendements, l’étend au secteur médico-social en permettant une mise en œuvre des expérimentations en dérogeant aux règles de tarification mais également d’organisation. Cette extension concerne notamment les innovations organisationnelles en accord avec l’objectif gouvernemental de « permettre d’intégrer des projets plus ambitieux » au sein des établissements de santé.

    Le nouveau cadre d’expérimentation pour le secteur médico-social vise à permettre un décloisonnement des financements et des organisations pour faciliter la coopération des acteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaires au service du parcours des personnes », un critère de qualité de la prise en charge.

    Ainsi, alors que Antoine Dubout, président de la Fehap, déclarait dans un communiqué publié le 9 octobre 2018 sur le thème du financement des expérimentations prévues dans le cadre de l’article 51, que « la Fehap [était] favorable à ce que l’enveloppe consacrée au financement à la qualité augmente [mais] vigilante quant aux modalités de mise en œuvre reposant sur des critères objectifs, mesurables, indiscutables et incitatifs et qu’il fallait encourager les acteurs à s’engager collectivement au sein d’un territoire et au service de la population qui y vit, en favorisant le maintien au domicile », les fédérations ont été exclues du dispositif.

    Démocratie sanitaire : les patients, juges de la qualité

    Des amendements apportés ont fini par officialiser l’implication des usagers de santé dans l’élaboration des nouveaux critères d’évaluation de la qualité des soins à l’hôpital. Ce dispositif concernera les soins en psychiatrie en 2020.

    L’enveloppe de l’incitation financière à la qualité (IFAQ) s’élève à ce jour à 300 millions d’euros et, à partir de 2021, une sanction financière pourra être appliquée aux établissements n’appliquant pas cette règle.

    Extensions des prérogatives des pharmaciens d’officine

    L’idée d’étendre les prérogatives des pharmaciens et de lancer une expérimentation de la dispensation directe par les pharmaciens de certains médicaments à prescription médicale obligatoire (PMO) a été portée par l’Ordre national des pharmaciens et d’autre partenaires de la profession.

    Cette proposition avait également été reprise dans le rapport du député de la 1ère circonscription de Charente Thomas Mesnier sur l’accès aux soins.

    L’amendement correspondant a été adopté et vise à permettre d’expérimenter dans deux régions et pour une durée de 3 ans à compter du 1er janvier 2019 « la dispensation, par les pharmacies d’officine, de certains médicaments à prescription médicale obligatoire dans le cadre d’un protocole médical et de coopération conclu avec le médecin traitant et les communautés de santé des structures d’exercice coordonnés ».

    Les pathologies d’application dans ce cadre expérimental sont la cystite, la conjonctivite ou l’eczéma, un choix calqué sur la pratiques des pharmaciens suisses.

  • Les Grands prix de l’innovation de la Ville de Paris : cérémonie solennelle le 11/12/2018, Paris

    Le 11 décembre 2018 aura lieu la 17e cérémonie des remises des prix du concours les Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris, donnée en l’honneur des lauréats. Elle sera présidée par Jean-Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité.

    La cérémonie du concours organisé par la Mairie de Paris et Paris and Co, sera l’occasion de rassembler l’ensemble de l’écosystème de l’innovation francilien, sachant que le prix a pour vocation de soutenir le développement d’entreprises innovantes franciliennes dans des secteurs en forte croissance, et de récompenser celles qui contribuent, par leur innovation, à améliorer la vie de la cité.

    Les finalistes seront dévoilés le 25 octobre 2018.

  • Blockchain : 43 % des cadres du secteur de la santé prêts à l’adopter mais des blocages persistent

    Une étude du cabinet Price Waterhouse Cooper publiée le 5 septembre 2018 et intitulée « Blockchain is here, what’s your next move » (en lien ci-contre), montre l’enjeu de la technologie blockchain pour les entreprises du secteur de la santé, dans l’accès, la collecte, la diffusion et le partage des données.

    Selon l’étude, la technologie blockchain ne profitera pas à toutes les entreprises du secteur de la santé, et celles qui ne sauront pas saisir cet enjeu seront rapidement dépassées par la concurrence plus réactive. Le déploiement de cette technologie soulèvent des questionnements sur le plan de la confiance, de la gouvernance et de l’expertise blockchain.

    La majorité des projets blockchain santé sont au stade de la recherche et du développement. Mais les entreprises ont peu de temps devant elles pour s’adapter à ce nouveau contexte. 

    Les principaux freins au déploiement de la blockchain

    Ces freins trouvent leur source dans l’image de manque de confiance et de garanties que renvoie la technologie blockchain.

    À la question « Quelle est pour vous le principal frein à l’adoption de la technologie blockchain dans votre entreprise pour les 3- 5 prochaines années ? » 

    • 47% des sondés déclarent le manque de confiance auprès des utilisateurs ;

    • 39 % évoquent des failles d’ordre réglementaire ;

    • 37 % la capacité à mobiliser un réseau autour de cette technologie ;

    • 36 % un problème d’interopérabilité entre les acteurs ;

    • 33 % l’incapacité de la technologie à être déployée à grande échelle.

    Un sondage international « 2018 Deloitte’s global survey » (en lien ci-contre), explique que la technologie blockchain permettrait de simplifier et d’automatiser des procédures coûteuses

    Menée entre le 26 mars 2016 et le 5 avril 2018, ce sondage démontre que la gestion et la mise à jour des bases de données représentent chaque année plus d’1,7 milliard d’euros (deux milliards de dollars américaines) dédiés au fonctionnement et à l’entretien de data centers aux États-Unis. La blockchain permettrait de simplifier ce système.

    • Les entreprises et organisations du secteur de la santé gèrent manuellement des données souvent sous-traitées par des intermédiaires ;
    • la technologie blockchain représenterait un gain de temps pour les entreprises ;
    • selon le sondage, les leaders d’opinion voient aujourd’hui la blockchain comme une solution tangible et pratique et non plus comme alternative théorique.

    Pour les 1 000 sondés du panel Deloitte recouvrant plusieurs secteurs d’activités :

    • 55 % des dirigeants de la e-santé sont convaincus que la blockchain deviendra une force disruptive du secteur de la santé ;
    • 43 % des sondés placent la blockchain santé au sein de leurs priorités à venir ;
    • 29 % d’entre eux pensent que les modalités techniques de la blockchain utilisée sont importantes mais pas prépondérantes pour le succès de cette transformation.

    On note que les cadres du secteur de la santé sont moins enclins à identifier la blockchain comme une de leurs priorités. Toutefois, 60 % d’entre-eux reconnaissent qu’ils perdront un avantage compétitif majeur s’ils n’investissent pas dans les technologies blockchain.

  • Ni2o teste à l’ICM un implant doté d’une IA pour traiter les effets des maladies neurodégénératives

    Ni2o pour Neuron Input to Output, une start-up en train de développer et de tester un implant cérébral visant à traiter les effets des maladies neurodégénératives, a été officiellement accueillie à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) au sein du complexe hospitalier de Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 18 octobre 2018.

    L’implant, qui mesure 1,9 sur 2,2 millimètres et pèse moins de 2 grammes comporte une puce informatique dotée de circuits permettant l’apprentissage profond et une communication d’informations vers et en partance des neurones. La communication se fait grâce à une centaine de milliers d’électrodes en nanotube de carbone – un matériel biocompatible – via un signal électrique ou bien lumineux, par le biais d’une dizaine de milliers de diodes électroluminescentes (LED) miniatures qu’englobe l’implant.

    Cette technologie mini-invasive vise à traiter et à réduire les effets des maladies neurodégénératives. C’est avant tout un traitement dans le cadre de la maladie de Parkinson qui est ciblé par le premier implant, dont la commercialisation n’est attendue que d’ici quelques années.

    Ni2o espère accélérer le développement de Kiwi grâce à un partenariat avec la start-up Novai, une spin-off d’Ericsson.

    Ni2o propose une interface cerveau-machine pilotée par l’IA

    Newton Howard, chercheur qui dirige le Synthetic Intelligence Lab du Massachusetts Institute of Technology, aux États-Unis, et le Computational Neuroscience Lab de l’université d’Oxford, au Royaume-Un, est le CSO de la start-up et est spécialiste en neurosciences.

    Ils sont trois fondateurs. Aux côtés de Newton Howard, on retrouve Richard Wirt, CTO de la start-up et ancien vice-président d’Intel, et Russell Hayward, P.-D.G., qui a accompagné de nombreuses start-ups dans la résolution des exigences techniques dans le domaine des hautes technologies.

    Des brevets valant plus de 436 millions d’euros (500 millions de dollars)

    Ni2o dispose d’un recueil de 18 brevets à ce jour qui valent environ 436 millions d’euros. Ils portent entre autres sur la technologie des nanotubes de carbone qui permettent un échange bidirectionnel de données avec le cerveau.

    L’implant Kiwi est également dotée d’une intelligence artificielle (IA) qui va être entraînée à partir des signaux envoyés par le cerveau et qui pourra envoyer des signaux électriques et optiques aux zones définies précisément, avec des algorithmes qui détermineront la meilleure réponse thérapeutique et qui seront continuellement améliorés par apprentissage automatique.

    Commercialisation de l’implant associé à une plateforme de données

    À terme, Ni2o souhaite vendre l’implant et procéder à la collecte et à l’analyse continue des données.

    Ces données permettront de faire une cartographie du cerveau à haute résolution menant à des opportunités supplémentaires.

    Par ailleurs, l’implant a été conçu de façon à pouvoir être utilisée pour traiter un large éventail de maladies neurodégénératives en fonction de son emplacement dans le cerveau et le logiciel qui lui est associé. Cette caractéristique doit permettre l’accélération des processus réglementaires en vue d’obtenir les autorisations de commercialisation.

    À plus long terme, des applications en vue de l’optimisation cognitive pourront être envisagées ainsi que la possibilité de procéder à des traitement via des dispositifs portables.

    Une alternative à la chirurgie lourde qui réduit les risques opératoires

    La procédure associée à l’implant Kiwi est faiblement invasive. Au lieu de nécessiter l’ouverture du crâne et le positionnement de l’implant grâce à une sonde, elle requière un passage par la cavité nasale en réduisant le risque d’infections nosocomiales et en divisant par 7 la durée de l’intervention : qui passe de 14 heures à 2 heures.

    Une IA au service du cerveau réparé et non du cerveau augmenté

    Cédric Villani, chargé du plan de développement de l’intelligence artificielle en France, s’est rallié à la cause de Ni2o et était présent à l’inauguration pour exprimer son soutien au projet.

    Il a souligné la capacité de l’IA à générer du progrès dans les champs d’application les plus divers. Il l’explique par son modèle de développement qui repose sur la collaboration entre équipes scientifiques de pointe et les experts d’un champs spécifique dans une approche de capitalisation de connaissances existantes dans le domaine en question.

    Réparer pour rendre la dignité

    Cédric Villani a anticipé les questions d’ordre éthique en avançant que les projets scientifiques et médicaux n’avaient pas pour objet l’homme bionique ou l’homme augmenté mais l’homme qui a besoin d’être réparé. Selon lui, le projet porté par Ni2o est l’exemple parfait de comment nous pouvons procéder à une réparation des inégalités causées par une maladie grave pour plus de solidarité et d’espoir.

    Dans le même esprit, Newton Howard a avancé au cours de son intervention que « l’objectif [n’était] pas de faire de l’homme augmenté mais [de] s’occuper de ce qui [était] endommagé et [de] restaurer la dignité humaine ».

    « L’Homme régresse, nous souhaitons l’aider à recouvrer ses pleines capacités, [à] réduire le déficit d’attention, [à] limiter l’impact des maux qui détériore son cerveau tels que les maladies neurodégénératives. Nous préférons donc parler « d’Homme réparé » plutôt que d’Homme augmenté. Nous ne créons pas de cyber-humain, nous lui offrons simplement la possibilité de jouir à nouveau pleinement de ses capacités cognitives », a-t-il par ailleurs déclaré.

    Le soutien de tout l’écosystème recherche et start-ups français

    Un écosystème de recherche et de soutien aux start-ups attractif

    D’autres acteurs tels Nicolas Crespelle, président de Quadrivium Ventures Sorbonne Université, et Nicolas Carboni, directeur deep tech de Bpifrance, sont venus exprimer leur soutien à la nouvelle start-up et vanter les avantages de l’écosystème parisien et français.

    L’une des raisons qui a poussé Ni2o à venir s’installer en France est la qualité de l’écosystème de la recherche scientifique et médicale français. Sa volonté de devenir leader de la deep tech et de l’IA a été encourageante en ce sens, selon Newton Howard. Le soutien sous forme d’accompagnement et d’incubation au sein de l’ICM ainsi que le soutien financier de Bpifrance les a décidés.

    Il a jugé que la qualité des chercheurs et leur maîtrise de l’intelligence artificielle, au meilleur niveau mondial, va être bénéfique au perfectionnement de Kiwi à la croisée de diverses disciplines scientifiques et nécessitant une approche multidisciplinaire. L’ICM va incuber la start-up mais également accueillir ses tests cliniques.

    La France se doit d’être acteur en neurosciences

    Nicolas Crespelle, président de Quadrivium Ventures Sorbonne Université, a déclaré que Paris était le plus grand campus du monde avec l’ensemble de ses universités et de ses écoles et qu’il suffira de mettre de bons outils à la disposition des chercheurs pour les faire venir.

    Il insiste sur la nécessité de s’impliquer dans l’évolution qui est en train de s’opérer dans le domaine des neurosciences et d’en devenir leader (« Be a player« , a-t-il déclaré dans son intervention en anglais).

    Bpifrance et ses dispositifs de soutien fninancier

    Nicolas Carboni, directeur deep tech à Bpifrance a souligné la complexité de la recherche scientifique française et a appelé à une simplification des processus de transfert de brevets de propriété intellectuelle notamment.

    Selon lui, les deux points fondamentaux pour attirer davantage de chercheurs sont :

    • la création d’une structure unique représentant les acteurs français de la recherche qui puisse agir et signer des accords avec une start-up ainsi qu’une gestion mutualisée des brevets permettant l’accélération des transferts qui prennent actuellement jusqu’à un an demi ;
    • la mise à disposition de fonds rapidement mobilisables par les start-ups, ce qui est déjà l’objet des activités de Bpifrance.

    Nicolas Carboni a annoncé à ce sujet le lancement d’un nouveau dispositif de financement début 2019 à destination des start-ups pour leur permettre de démarrer ce qu’il appelle la French Tech Seed.

    Soutien financier : 1,4 millions d’euros levé et un prêt de Bpifrance

    La start-up a jusqu’à présent levé 1,4 million d’euros (1,6 million de dollars américain à l’origine) et a obtenu un prêt de Bpifrance à ce stade. Le montant total de ce dernier n’a pas été dévoilé mais Health & Tech Intelligence a obtenu l’information qu’il s’agissait de « quelques centaines de milliers d’euros« .

    D’autres levées de fonds sont prévues pour mener le projet à bien et surtout accélérer son aboutissement et sa commercialisation.

  • Risque de cyberattaque : Medtronic met à jour 34 000 dispositifs cardiaques implantables

    Medtronic a publié début octobre 2018 une mise à jour logicielle d’environ 34 000 de ses dispositifs de programmation Carelink, permettant aux professionnels de santé d’accéder à distance au pacemakers implantés. Le groupe américain a pris cette décision car il a estimé que le système n’était pas conforme aux normes de sécurité et pouvait ainsi faire l’objet de cyberattaques.

    Dans une note d’information publiée le 11 octobre 2018 (en lien ci-contre), la division « communication de sécurité » de la Food and Drug Administration (FDA) a informé que l’industriel a mis en place cette procédure dans l’optique de réduire les risques pour la sécurité liés « aux vulnérabilités en matière de cybersécurité associées à la connexion internet » entre les modèles 2090 et 29901 des programmateurs Medtronic Carelink et Carelink Encore, utilisés pour télécharger des logiciels à partir du réseau de distribution Medtronic.

    « Cette mise à jour est une correction (rappel volontaire) du fabricant pour remédier au risque de [cyberattaque], explique la FDA, qui revient en détail sur la faille et émet diverses recommandations aux professionnels de santé et aux patients concernés. Aux fins de la présente communication sur la sécurité, la cybersécurité vise à protéger des menaces imprévues ou non autorisées les dispositifs médicaux des patients et les ordinateurs, réseaux, programmes et données associés. »

    Public concerné :

    • patients porteurs d’un appareil d’électrophysiologie implantable cardiaque (CIED) Medtronic    
    • soignants de patients atteints d’un CIED Medtronic ;
    • cardiologues, électrophysiologistes, chirurgiens cardiologues et médecins de soins primaires traitant des patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou de troubles du rythme cardiaque par le biais d’un système Medtronic CIED.

    Présentation du dispositif concerné

    Les programmateurs Medtronic Carelink et Carelink Encore (modèles 2090 et 29901) sont utilisés lors de l’implantation et lors de visites de suivi régulières pour les dispositifs électrophysiologiques implantables cardiaques Medtronic (CIED).

    Les CIED incluent des stimulateurs cardiaques afin de stimuler les rythmes cardiaques lents, des défibrillateurs implantables pour provoquer un choc électrique ou une stimulation afin de ralentir les rythmes cardiaques trop rapides, des dispositifs de resynchronisation cardiaque pour stimuler le cœur afin d’améliorer la contraction pour traiter l’insuffisance cardiaque et des moniteurs cardiaques insérables pour la surveillance cardiaque à long terme des rythmes cardiaques irréguliers ou anormaux.

    Les programmeurs Medtronic permettent aux médecins d’obtenir des données

    Les programmeurs Medtronic permettent aux médecins d’obtenir des données sur les performances de l’appareil, de vérifier l’état de la batterie et d’ajuster ou de reprogrammer les paramètres de l’appareil à partir d’un CIED, explique la FDA dans sa notice d’information.

    Le cas échéant, le personnel de Medtronic a également recours aux programmeurs pour mettre à jour le logiciel du dispositif implanté. Le logiciel du programmateur peut être téléchargé et mis à jour via une connexion internet au réseau SDN (Medtronic Software Distribution Network) ou à l’aide d’un représentant de Medtronic connectant un périphérique USB au programmateur.

    Résumé du problème et de sa portée

    Un utilisateur non autorisé pourrait modifier les fonctionnalités du programmateur

    « La FDA a examiné des informations sur les vulnérabilités potentielles de cybersécurité associées à la connexion internet des programmeurs de Medtronic et a confirmé que ces vulnérabilités pourraient permettre à un utilisateur non autorisé (c’est-à-dire, une personne autre que le médecin du patient) de modifier les fonctionnalités du programmateur ou le dispositif implanté au cours de la procédure d’implantation du dispositif ou lors des visites de suivi », a déclaré l’organisation.

    Les programmeurs ne vérifient pas qu’ils sont toujours connectés au VPN avant de télécharger les mises à jour

    Plus précisément, cette vulnérabilité de cybersécurité est associée à l’utilisation d’une connexion internet pour mettre à jour le logiciel entre les programmeurs Carelink et Carelink Encore et le SDN.

    « Les mises à jour logicielles incluent normalement un nouveau logiciel pour les fonctionnalités du programmeur, ainsi que des mises à jour du micrologiciel du périphérique implanté. Bien que le programmeur utilise un réseau privé virtuel (VPN) pour établir une connexion internet avec le SDN Medtronic, la vulnérabilité identifiée avec cette connexion est due au fait que les programmeurs ne vérifient pas qu’ils sont toujours connectés au VPN avant de télécharger les mises à jour. »

    La FDA approuve la mise à jour du réseau Medtronic

    Pour remédier à cette vulnérabilité en matière de cybersécurité et améliorer la sécurité des patients, la FDA a approuvé le 5 octobre 2018 la mise à jour du réseau Medtronic par Medtronic, « qui empêchera intentionnellement le programmeur existant d’accéder au SDN de Medtronic ».

    « Pas de cas connu de préjudice causé aux patients »

    À ce jour, il n’y a pas eu de cas connu de préjudice causé aux patients par ces vulnérabilités en matière de cybersécurité, précise la FDA. « Il n’y a aucune mise à jour des programmeurs Carelink 2090 ou Carelink Encore 29901 pour le moment. Cependant, Medtronic s’efforce de créer et d’implémenter des mises à jour de sécurité supplémentaires afin de mieux traiter ces vulnérabilités. »

    Les recommandations de la FDA pour les fournisseurs de soins

    • Continuer à utiliser les programmeurs pour la programmation, les tests et l’évaluation des patients CIED. La connectivité réseau n’est pas requise pour la programmation CIED normale et une opération similaire.
      > Les autres fonctionnalités fournies par Medtronic qui nécessitent des connexions réseau ne sont pas affectées par ces vulnérabilités (par exemple, SessionSync). Il est possible de continuer à utiliser ces fonctionnalités.  
    • Ne pas tenter de mettre à jour le programmeur via le SDN. Si le bouton « Installer à partir de Medtronic » est sélectionné, l’installation du logiciel ne sera pas possible car l’accès au SDN externe n’est plus disponible.
      > Les futures mises à jour du logiciel du programmeur doivent être reçues directement d’un représentant de Medtronic avec une mise à jour USB.
    • Garder le contrôle des programmeurs au sein de son établissement à tout moment, conformément aux politiques informatiques de l’hôpital.
    • Exploiter les programmeurs au sein de réseaux informatiques bien gérés. Consulter son service informatique concernant la sécurité de son réseau. Pour connaître les mesures recommandées pour mieux sécuriser son environnement réseau, consulter la page https://www.nist.gov/cyberframework ou à d’autres guides de cybersécurité applicables.
    • La reprogrammation ou la mise à jour des CIED n’est pas nécessaire à la suite de cette correction et le remplacement prophylactique des CIED n’est pas recommandé.
  • CSO

    Chief Science Officernull

  • CIED

    cardiac implantable electrophysiology devicenull

  • UNESCO : rapport du groupe de travail Santé digitale lutter contre les maladies non-transmissibles

    La commission broadband pour le développement durable et son groupe de travail consacré à la santé digitale au sein de l’UNESCO travaillent depuis 2010 à la réalisation des engagements du programme pour le développement durable de l’Agenda 2030. En septembre 2018, elle a restitué les conclusions de son rapport « The Promise of Digital Health ».

    En 2017, le groupe de travail de la commission « broadband«  de l’Organisation des nations unies (ONU) dédié à la santé digitale a publié son rapport « Santé Digitale : un appel aux états à la coopération internationale à travers les NTIC pour le secteur de la santé » afin d’inciter les gouvernements à développer et à décloisonner une santé digitale encore trop fragmentée.

    Cette année, le groupe de travail co-présidé par la Fondation Novartis et le groupe Intel identifie la santé digitale comme moyen de lutte contre les maladies non transmissibles, via une approche par les soins primaires, afin de favoriser l’accès universel aux soins (UCH- Universal Health Coverage) dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

    • Publics concernés : administrations et institutionnels, organisations internationales, donateurs, personnalités du secteur privé, ONG et autres acteurs de la société civile œuvrant dans la promotion internationale de la santé digitale.
    • Objectif : proposer des recommandations pratiques afin de déployer des solutions digitales durables et compatibles avec les systèmes de santé existants.
    • Restitution : septembre 2018, en marge du Haut sommet des Nations unies pour les maladies non-transmissibles.

    Chiffres clés

    Les auteurs du rapport « The Promise of Digital Health » indiquent que :

    • plus de 40 millions de décès sont liés chaque année à une maladie non-transmissibles tel que le diabète ou les maladies cardiaques.

    • 85 % de ces décès ont lieu dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire.

    Les innovations de la santé digitale permettent une meilleure offre de soins aux professionnels de santé, des outils au suivi de leur propre santé pour les patients, et un appui au système de santé existant pour les états.