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  • A. Buzyn relance la filière Silver Eco, renouvelle sa gouvernance et crée une task force Numérique

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé, a relancé le 22 septembre 2018 la filière Silver Economie en en confiant l’animation à France Silver Eco et son président Luc Broussy et en mettant en place des instances nouvelles :
    • 1 bureau d’animation au côté du président de la filière ;
    • un Conseil national de la Silver Economie composé de 65 membres et qui se réunira tous les deux mois pour formuler des orientations de la filière et les proposer au Gouvernement
    • 3 pôles : Innovation, Export/Europe/International et Formation ;
    • 3 groupes de travail : La diffusion des innovations technologies et numériques dans le secteur médico-social ; Territoires, villes, urbanismes, mobilité ; Logements adaptés pour une vie autonome ;
    • un Conseil des Silver Territoires.

    Élu président de la filière, Luc Broussy s’est engagé à remettre à la ministre d’ici la fin de l’année une feuille de route 2019/2020 fixant les grandes priorités stratégiques de la filière.

    L’ensemble de ces acteurs vont accompagner la filière et animer le Conseil national de la Silver économie.

    Après le lancement de la consultation nationale publique en ligne et d’un débat public rassemblant les acteurs de terrain du grand âge, cette action est la réalisation de l’engagement pris par la ministre dans le cadre de son plan « Grand âge et Autonomie » annoncé le 30 mai 2018.

    Le Conseil national de la Silver Economie est composé de 65 membres de la filière et se réunira désormais tous les deux mois pour gouverner la filière et formuler des propositions aux pouvoirs publics.

    Un bureau d’animation de la filière

    Au total, six personnes accompagneront le président Luc Broussy rassemblées au sein d’un Bureau d‘animation de la filière :

    • Delphine Mallet, directrice des services Silver Economie du groupe La Poste ;
    • Olivier Vallée, directeur des marchés Silver Economie du groupe industriel Legrand ;
    • Laure de la Bretèche, directrice adjointe des Retraites et des Solidarités à la Caisse des Dépôts ;
    • Isabelle Hébert, directrice générale de la MGEN et directrice de l’innovation du groupe VYV ;
    • Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF ;
    • Benjamin Zimmer, directeur de Silver Alliance et secrétaire général de Silver Valley.

    3 task forces

    Trois pôles de mobilisation forte ont été créés :

    • le pôle Innovation est animé par Nicolas Menet, DG de Silver Valley ;
    • le pôle Export/Europe/International est animé par Ludovic Guillaume, directeur du développement d’Orpea – Synerpa ;
    • le pôle Formation est animé par Benoît Goblot, président de Synapse.

    3 groupes de travail autour des territoires, du logement et des innovations numériques

    Chacun de ces trois groupes a été doté d’un groupe de pilotage composé de deux responsables :

    • le groupe Territoires, villes, urbanismes, mobilité est piloté par Valérie Egloff, conseillère régionale de Normandie, et Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du réseau Villes amies des aînés ;
    • le groupe Logements adaptées pour une vie autonome est piloté par Jean-Philippe Arnoux, directeur Silver Economie et Accessibilité de Saint-Gobin Distribution Bâtiment France, et Hervé Meunier, Filien ADMR  ;
    • le groupe Diffusion des innovations technologies et numériques dans le secteur médico-social est piloté par Laurent Levasseur, président de Bluelinea, et Jean-François Goglin, conseiller numérique de la Fehap.

    Un Conseil des Silver Territoires

    Le Conseil des Silver Territoires sera animé par Valérie Egloff, conseillère régionale de Normandie et Françoise Jeanson, conseillère régionale de Nouvelle Aquitaine.

  • Singapour et la Finlande renforcent leur collaboration dans le domaine de la Tech Santé

    aUne dizaine de sociétés du secteur des technologies de santé faisaient partie de la délégation finlandaise qui s’est rendue à Singapour du 12 au 19 septembre 2018 pour participer à la semaine Meet Finland in Singapore (Rencontrez la Finlande à Singapour). L’événement « a suscité un vif intérêt chez les entreprises et les investisseurs », ont commenté les organisateurs dans un communiqué diffusé en octobre 2018.

    L’événement a ouvert de nouvelles possibilités de collaborations entre Singapour et la Finlande, en particulier dans le domaine de la santé numérique. Plusieurs technologies favorables et prêtes à être commercialisées dans le domaine de la santé et du bien-être ont en effet trouvé un accueil favorable à Singapour, alors que Singapour cherche à adopter des solutions smart health afin de fournir des services de soins améliorés de manière plus efficace. Parmi elles, le dispositif conçu par la start-up Triumf Health, un serious game apportant un soutien psychologique aux enfants atteints d’une maladie chronique.

    Triumf Health fait partie de l’écosystème Icory, un consortium d’entreprises finlandaises qui cherche à développer des solutions centrées sur le patient, et dont ses représentants ont par ailleurs annoncé qu’ils souhaitaient travailler avec deux hôpitaux de Singapour, le KK Women’s and Children’s Hospital (KKH) et le National University Hospital (NUH), pour développer leurs produits sur le marché asiatique.

    120 délégués finlandais pour promouvoir la collaboration avec Singapour

    L’ambassade de la Finlande à Singapour, Business Finland, la plus importante agence publique de financement de la recherche en Finlande dirigée par le ministère finlandais de l’Emploi et de l’Économie, et les villes de Helsinki, Espoo et Turku ont réuni un total de 120 délégués finlandais comprenant des innovateurs et des sociétés de technologie afin de promouvoir la collaboration commerciale entre la Finlande et Singapour.

    Singapour, « un marché lucratif » pour les solutions de santé numérique

    « Singapour est une smart nation et un marché lucratif pour les solutions de technologie de la santé, de réalité augmenté (AR) et de réalité virtuelle (RV), a déclaré Paula Parviainen, ambassadrice de la Finlande à Singapour (source : Scandasia.com). Les deux pays reconnaissent la nécessité de créer des moyens efficaces de prendre en charge la population vieillissante (…), en utilisant les technologies de la AR et de la RV afin de répondre à l’évolution du mode de vie et aux attentes grandissantes des consommateurs. »

    L’analyse des big data, un secteur prometteur en santé

    Lors de l’ouverture d’une conférence sur les technologies de la santé, Meria Heikelä, directrice du programme national de santé personnalisé finlandais (Finland’s National Personalized Health Program), a insisté sur l’importance du secteur de l’analyse des big data qui a « offert à Singapour et à la Finlande de nombreuses possibilités de fournir des solutions de soins personnalisés ».

    « Dans le secteur des soins, il existe une pression croissante pour produire des services plus rentables et offrir une approche plus centrée sur le patient et adaptée aux soins personnalisés. Nous sommes donc très heureux de travailler avec Singapour [dans l’optique de] créer des solutions pour des parcours de soins personnalisés, centrés sur le patient, qui prennent en compte les besoins particuliers des patients », a-t-elle poursuivi.

    Projet Icory : un partenariat avec deux hôpitaux singapouriens

    Un consortium d’entreprises de santé finlandaises

    Au centre de la collaboration entre les deux pays figure le projet iCory, présenté à l’occasion de l’événement. L’initiative est financée par Business Finland et soutenu par un consortium comprenant des entreprises finlandaises de santé et de bien-être, des universités et des hôpitaux.

    Des solutions intelligentes centrées sur le patient

    L’écosystème iCory cherche à créer des solutions intelligentes centrées sur le patient pour les procédures de chirurgie en utilisant les dernières technologies telles que l’apprentissage automatique et la robotique afin d’offrir des soins plus personnalisés.

    Les participants finlandais du projet iCory envisagent une collaboration avec deux hôpitaux de Singapour : le KK Women’s and Children’s Hospital (KKH) et le National University Hospital (NUH).

    Kadri Halijas, P.-D.G. de Triumf Health, une start-up finlandaise à l’origine d’un serious game à destination des enfants atteints d’une maladie chronique et faisant partie de l’écosystème iCory, a déclaré (source : Scandasia.com) : « Certains marchés ne sont pas prêts pour les solutions de santé numériques mais Singapour est certainement l’un des leaders mondiaux. En outre, le fait que la délégation que nous avons rencontrée ait spécifiquement souligné l’importance du soutien psychologique dans la gestion des maladies est unique dans le contexte mondial. En résumé, je dirais que la réunion avec l’équipe de direction des organisations de la santé de Singapour nous a été très bénéfique, car nous avons constaté que [notre solution serait adaptée à] Singapour. »

  • MédecinDirect ouvre sa plateforme aux libéraux souhaitant proposer des téléconsultations

    MédecinDirect a annoncé le 23 octobre 2018, la mise à disposition de sa plateforme aux médecins généralistes et spécialistes qui souhaitent proposer la téléconsultation médicale à leurs propres patients.

    L’objectif poursuivi, selon l’éditeur de la plateforme, consiste à assurer la continuité des soins des patients dans un cadre autorisé et sécurisé.

    Les coûts d’accès à la plateforme sont à la charge du médecin qui peut choisir parmi trois forfaits, alors que le patient ne règle que la téléconsultation, qui lui sera remboursée au même titre qu’une consultation physique.

    Cette annonce intervient au lendemain de l’annonce de la signature d’un partenariat avec la Mutuelle du Ministère de la Justice (MMJ) qui ouvre accès aux services de MédecinDirect à l’ensemble des 130 000 adhérents de la mutuelle.

    Une offre à trois forfaits à destination des libéraux

    MédecinDirect souhaite mettre à disposition des médecins un équipement permettant de réaliser des téléconsultations sans investir dans du matériel et sans coûts de développement occasionnant des frais.

    La société propose ainsi un espace sécurisé de rencontre entre médecins et patients, qui disposent alors de leurs propres espaces sécurisés, et peuvent téléconsulter en toute confidentialité.

    Le médecin choisit entre 3 forfaits. Le forfait basique, gratuit, qui inclut :

    • un espace personnel sécurisé ;
    • des vidéo-consultations en illimité ;
    • l’historique des téléconsultations ;
    • l’envoi/stockage des e-ordonnances.

    Les forfaits Plus et Premium sont à associer à un coût de 35 et 50 euros par mois et comprennent respectivement les fonctionnalités suivantes :

    • forfait Plus :
      • accès au réseau de spécialistes ;
      • prise de RDV intégrée ;
      • paiement par carte bancaire ;
      • facturation intégrée ;
      • IA;
    • forfait Premium :
      • télé-expertise ;
      • délestage en cas d’absence ;
      • formation continue.

    Un partenariat avec la MMJ pour un accès aux soins facilité

    La MMJ assure environ 130 000 personnes sur l’ensemble du territoire français, sachant que depuis l’année 2018 elle s’est ouverte à toute la fonction publique.

    C’est aux problèmes d’accès aux soins et de désertification médicale que les adhérents de la mutuelle peuvent rencontrer que la MMJ voulait répondre à travers ce partenariat avec MédecinDirect, qui comprend un accès 24h/24 et 7j/7 à la plateforme de consultation médicale de MédecinDirect.

    « Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur les besoins de nos adhérents à qui l’on veut offrir des services adaptés et innovants. Ce service est inclus dans nos garanties santé. » indique Elisabeth Chabot, Présidente de la MMJ.

  • Australie : la prolongation de l’option de retrait au DSE My Health Record refusé par le ministère

    Après avoir examiné le dossier de santé électronique australien My Health Record (MyHR), un comité sénatorial a émis 118 recommandations au gouvernement le 17 octobre 2018, dont une prolongation de douze mois de l’option de retrait du système.

    Chaque Australien possédant une carte d’assurance santé se verra en effet automatiquement attribuer un dossier MyHR contenant ses antécédents médicaux, à moins qu’il n’exprime explicitement avant le 15 novembre 2018 son refus d’être inclus dans la procédure.
    Le comité a demandé que le délai soit prolongé afin de poursuivre la communication sur l’outil My Health Record et de s’assurer que les citoyens comprennent parfaitement les bénéfices et les inconvénients du dispositif.
    Le ministre de la Santé, Greg Hunt, a déclaré qu’il examinerait les recommandations mais a exclu la prolongation du délai de retrait afin de ne pas « retarder [la mise en place des] avantages pour les patients » (source : ABC News).

    Le déploiement de MyHR fait l’objet de certains préoccupations en matière de confidentialité, certains craignant notamment que des tiers ne puissent accéder aux données des patients de manière inappropriée.

    « Nous veillons à ce que les citoyens sachent parfaitement quelles sont leurs options »

    « Nous veillons à ce que les citoyens sachent parfaitement quelles sont leurs options et ce que signifie My Health Record, a déclaré la sénatrice du parti Greens (écologiste ), Rachel Siewert, à la tête du comité qui a examiné le système (source : ABC News). Cela permettra aux [citoyens] de prendre des décisions en toute connaissance de cause mais aussi de donner au gouvernement le temps de donner suite à certaines des recommandations. »

    « La date de retrait a déjà été prolongée et les retraits [s’avèrent beaucoup] plus bas que prévu », a déclaré de son côté une porte-parole du ministère de la Santé australien afin de justifier la décision du ministre.

    En septembre, il a été révélé que près d’un million d’Australiens avaient décidé de refuser la création d’un dossier MyHR pour leur compte.

    Le comité demande aussi un renforcement des règles de confidentialité

    L’enquête du comité sénatorial, qui a duré deux mois, a rassemblé près de 120 personnes et groupes. À son issue, le comité, composé en majorité de sénateurs de l’opposition, a formulé diverses recommandations dont :

    • le renforcement des règles pour empêcher l’utilisation des données des patients à des fins commerciales ;
    • la limitation des informations accessibles aux ministères ;
    • l’amélioration de la sensibilisation du public afin de mieux l’informer des avantages et des risques que représente My Health Record mais aussi des mesures qu’il est possible de prendre pour mieux protéger sa vie privée dans le cadre de l’utilisation du dispositif.

    Le cas particulier des données de santé des adolescents

    Le comité sénatorial a également proposé des modifications pour que les informations médicales des adolescents ne soient pas automatiquement visibles pour leurs parents.

    En Australie, lorsqu’un enfant atteint l’âge de 14 ans, il doit généralement donner son consentement aux parents pour qu’ils puissent accéder aux données relatives à son assurance santé. Toutefois, les parents peuvent enregistrer les informations concernant leur enfant sur leur compte My Health Record et gérer son dossier jusqu’à ce qu’il ait 18 ans.

    Alors que les données du système d’assurance santé cessent de figurer dans le dossier des enfants de plus de 14 ans si leurs parents le contrôlent toujours, certains craignent que d’autres informations, telles que les listes de médicaments téléchargées par les médecins, restent visibles.

  • Volta Medical lève 2,3M€ pour parfaire le développement de son logiciel d’IA médicale en cardiologie

    Volta Medical, start-up qui conçoit un logiciel d’intelligence artificielle de guidage en cardiologie, AIFib, a annoncé le 22 octobre 2018 avoir levé 2,3 millions d’euros. C’est l’assureur mutualiste, Pasteur Mutualité, qui est le principal porteur de la levée de fonds (2 millions d’euros apportés) aux côtés de quelques investisseurs privés, cardiologues et business angels.

    L’argent levé doit permettre à la start-up de mettre en place une étude clinique multicentrique à échelle européenne visant à démontrer les performances de sa solution, d’étoffer son équipe de R&D et de préparer son entrée sur le marché, en Europe comme aux États-Unis, à horizon 2020.

    Un logiciel d’IA en rythmologie interventionnelle

    AIFib est un outil né de 10 années de travaux menés par les cofondateurs de Volta Medical, médecins, et par une équipe d’ingénieurs.

    Le logiciel s’adresse aux chirurgiens spécialisés en cardiologie afin de les guider au cours des interventions ayant pour objet de traiter des patients souffrant de fibrillation auriculaire, une des arythmies cardiaques les plus communes. Le logiciel sert dans le cadre des procédures médicales de détection des foyers électriques, sources de fibrillation auriculaire, dans un premier temps, et à la fois au traitement lui-même.

    La start-up a été fondée et sa solution développée par trois cardiologues, les Dr Julien Seitz, Dr Clément Bars et Dr Jérôme Kalifa. Ils ont été secondés par l’ingénieur Théophile Mohr-Durdez, polytechnicien et inventeur de l’algorithme au cœur d’AIFib.

    Procédure médicale simplifiée et gain d’efficacité

    La procédure médicale classique consiste pour un chirurgien à introduire des sondes dans le cœur et de les manipuler afin de localiser visuellement le foyer électrique en cause de la fibrillation auriculaire, un exercice qui s’avère particulièrement difficile pour le cardiologue.

    L’équipe autour de AIFib a réussi à modéliser et automatiser efficacement cette procédure complexe dans un logiciel d’intelligence artificielle qui vise à détecter efficacement et simplement ces foyers électriques très difficiles à détecter par l’œil humain.

    Une étude a été menée depuis juillet 2018 sur plusieurs dizaines de patients sur le site d’un partenaire, l’hôpital Saint-Joseph à Marseille, avec le soutien de la Fondation Hôpital Saint-Joseph, et donne des résultats prometteurs selon les fondateurs. Ces résultats devraient faire l’objet d’une publication au printemps 2019.

  • Étude : Twitter permet de suivre l’épidémie de grippe à l’échelle régionale (BEH)

    Un système automatisé de recueil et de traitement des tweets relatifs à la grippe, classés grâce à un algorithme, a permis de suivre l’épidémie en France. L’étude* exploratoire menée par Santé Publique France et publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 18 octobre 2018 révèle que le nombre de tweets suit la même tendance que le nombre de passages aux urgences et de consultations SOS Médecins pour la grippe. Cet outil complémentaire fournit notamment des données intéressantes sur l’état de santé ressenti par la population.

    L’ »infomédiologie », une technique basée sur les technologies de l’information 

    Les épidémiologistes s’intéressent depuis quelques années aux réseaux sociaux, qui représentent une source complémentaire de données. Une nouvelle approche scientifique est même née de ce nouvel usage : « l’infodémiologie ». 

    « L’infodémiologie » peut être définie comme la science basée sur des technologies de l’information et des communications (TIC) dont l’objectif est de surveiller l’état de santé des populations et d’orienter les politiques de santé publique.

    Twitter a d’ailleurs déjà commencé à démontrer qu’il pouvait être un outil pertinent de surveillance de pathologies infectieuses telles que la grippe, le choléra ou encore la dengue, comme le rappellent Pascal Vilain et Laurent Filleul dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié le 18 octobre 2018. Ces derniers ont mené une étude exploratoire afin de savoir si les données échangées sur Twitter pouvaient être « utilisées comme un proxy pour la surveillance de l’épidémie saisonnière de grippe en France, et plus particulièrement à l’échelle régionale ».

    Trier les tweets pour suivre la grippe

    Dans le cadre de ces travaux, les tweets contenant les mots-clés « grippe », « grippaux » et « grippal », émis entre le 8 août 2016 et le 26 mars 2017, ont été recueillis.

    Ensuite, des filtres automatisés ont permis de géolocaliser les tweets afin de s’assurer qu’ils venaient bien de France pour ensuite les classer par région. « Le défi majeur consistait à identifier, dans un gros volume de tweets, ceux relatifs à l’expression clinique de la grippe », écrivent les auteurs de l’étude dans le BEH. Les tweets émanant d’entreprise et d’institutions comportant les mots-clés sélectionnés devaient donc être écartés.

    Pour filtrer les publications et construire un modèle d’apprentissage, un échantillon aléatoire de 1 500 tweets a été extrait de la base de données. Chacun de ces tweets a été inspecté manuellement et étiqueté comme valide ou invalide selon la probabilité qu’il indiquait ou non un état grippal.

    Les données issues de Twitter ont ensuite été comparées à celles provenant des structures d’urgence hospitalières et des associations SOS Médecins afin de savoir si le nombre de tweets et le nombre de consultations étaient similaires.

    Résultats

    • Sur 238 244 tweets contenant les mots-clés retenus, 130 559 ont pu être localisés en France ; l’algorithme a classé 22 939 tweets comme valides, c’est-à-dire indiquant un état grippal ;
    • le nombre hebdomadaire de tweets relatifs à la grippe suivait la même tendance que le nombre de consultations ;
    • la durée du processus de prétraitement et d’analyse des données a été évaluée à moins d’une heure ;
    • les données issues de Twitter étaient parfois plus précoces que celles issues des réseaux traditionnels.

    Les avantages de Twitter par rapport aux méthodes de surveillance classiques

    Les auteurs de l’étude estiment que ces résultats permettent « de montrer que les données issues de Twitter peuvent être utilisées comme un proxy pour la surveillance de l’épidémie de grippe en France ».

    Mais, surtout, les épidémiologistes mettent en avant les avantages d’une telle stratégie. Tout d’abord, les données sont gratuites et disponibles en temps réel. En outre, elles apportent un éclairage différent : les tweets reflètent le ressenti sur l’état de santé alors que les données traditionnelles sont purement médicales.

    « Par ailleurs, les mesures d’audience montrent que Twitter est utilisé en majorité par les 16-44 ans (67 %) : ces données permettent donc de décrire le ressenti d’une population de jeunes adultes qui ne sollicitent pas systématiquement le système de soins », soulignent les auteurs de l’étude.

    Enfin, le réseau social s’est révélé un outil plus fin pour suivre les tendances de l’épidémie à l’échelle régionale.

    Un test sur l’épidémie de grippe 2017-2018

    Les auteurs estiment malgré tout que des améliorations doivent être apportées, notamment pour mesurer l’impact de l’échantillonnage.

    De plus, des tweets codés valides manuellement ont été rejetés par le système automatique. Le système d’apprentissage a donc besoin d’être affiné

    Quant aux « phénomène de propagation virale » typiques des réseaux sociaux, ils risquent de perturber l’interprétation des données. C’est pourquoi une étude complémentaire sur l’épidémie de grippe 2017-2018 permettra de vérifier les tendances observées.

  • Cameroun : iDocta, une appli de télémédecine pour pallier le manque de médecins et d’infrastructures

    Lancée en 2018 au Cameroun par un groupe de médecins, la plateforme de télémédecine iDocta permet aux patients d’entrer en contact à distance avec plus de 10 000 généralistes, spécialistes (dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers, aides-soignantes, diététiciens, nutritionnistes, etc.) et pharmaciens. Les services qu’elle propose vont de la prise de rendez-vous en ligne aux conseils médicaux via chat, échange d’images ou appel vidéo, en passant par l’accès à ses données de santé et la e-commande de médicaments.

    Comme d’autres outils de santé numériques disponibles dans la région, le dispositif vise à améliorer l’accès aux soins, le pays faisant partie des zones touchées par une pénurie de professionnels de santé et un manque d’infrastructures médicales. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays compte environ 1,1 médecin et 7,8 infirmières ou sages-femmes pour 10 000 habitants.

    Actuellement, l’équipe de iDocta compte plus de 150 professionnels de santé qui couvre les 10 provinces du Cameroun, avec une forte présence à Yaoundé, la capitale, et à Douala, la capitale économique.

    Services proposés par iDocta

    La plateforme, accessible gratuitement via son application mobile disponible sur terminal sous Android et son site web dédiés, propose aux patients :

    • de prendre rendez-vous pour des consultations médicales à domicile, dans les locaux iDocta ou dans les hôpitaux : le dispositif permet aux patients de trouver les professionnels de santé les plus proches de leur position parmi un réseau de plus de 10 000 praticiens ;
    • des conseils médicaux à distance via une discussion instantanée en ligne (chat) entre le patient et le praticien, un transfert de photos ou un appel vidéo : les patients peuvent poser des questions relatives aussi bien à la médecine générale qu’à certains domaines de spécialité (pédiatrie, gynécologie, dermatologie, sexologie, addictologie, psychologie, homéopathie, etc.) ;
    • de vérifier leurs symptômes pour savoir s’ils doivent rencontrer un professionnel de santé ;
    • de commander leurs médicaments en ligne ;
    • d’accéder à leurs informations via un dossier de santé électronique.
  • Cancer du poumon : un partenariat Elsan-Sivan Innovation pour utiliser Moovcare dans 4 cliniques

    Permettre aux patients suivis à la polyclinique de Gentilly à Nancy d’utiliser gratuitement l’application Moovcare pour le suivi de leur cancer du poumon, tel est l’objectif du partenariat signé entre Sivan Innovation et le Groupe Elsan annoncé dans un communiqué du 16 octobre 2018.

    L’application Moovcare vise à établir les symptômes et à détecter une potentielle rechute grâce à un questionnaire rempli par un patient en rémission d’un cancer du poumon et permet d’alerter rapidement le médecin.

    L’application a déjà été testée à la Clinique Victor Hugo du Mans et, à terme, devrait être étendue à d’autres cliniques du groupe. À ce titre, un partenariat a été signé entre les deux acteurs pour que l’application soit mise gratuitement à disposition des patients et des professionnels de santé dans 4 des établissements d’Elsan.

    Améliorer le suivi et détecter les rechutes grâce à l’appli Moovcare

    Le communiqué d’Elsan indique qu’entre 75 % à 90 % des rechutes du cancer du poumon sont symptomatiques.

    C’est pourquoi une prise en charge précoce de la rechute est primordiale.

    La société Sivan Innovation a développé une application permettant d’alerter plus rapidement le médecin des éventuels symptômes de rechute du patient. La détection passe par le remplissage d’un questionnaire hebdomadaire par le patient qui vise à dresser la liste des symptômes ressentis sur une liste de douze symptômes les plus représentatifs d’une rechute.

    Taux de survie amélioré

    En cas de soupçon d’une rechute après analyse des résultats, l’application envoie une alerte à l’équipe soignante du patient qui peut prendre contact avec lui pour convenir d’un examen.

    Cette application est dotée d’un algorithme créé par Fabrice Denis, oncologue-radiothérapeute à la clinique Victor Hugo du Mans, un établissement Elsan.

    « Moovcare est une application innovante qui devrait être accessible au plus grand nombre de patients atteints de cancer du poumon pour améliorer leur suivi, leur prise en charge et leur survie », déclare-t-il.

    L’application a été testée par 300 malades dans le cadre de 4 études cliniques initiées par le Dr Denis et par Sivan Innovation sur une période de deux ans. Alors que dans le cadre d’un suivi classique fait dans le cadre d’une prise en charge d’un cancer du poumon le taux de survie est de 33 %, le taux de survie des patients ayant fait partie de ces études atteint les 50 %.

    Partenariat Elsan-Sivan Innovation

    Ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’un pilote expérimental d’Elsan ; quatre de ses établissements vont mettre à disposition de leurs professionnels de santé et de leurs patients l’application à titre gracieux. Le premier établissement à en profiter sera la polyclinique de Gentilly à Nancy.

  • Novartis Biome : un laboratoire d’innovation numérique pour collaborer avec les start-ups innovantes

    Novartis a présenté son nouveau réseau de laboratoires d’innovation numériques, Novartis Biome, dont la première entité se situe à San Francisco, aux États-Unis, dans un communiqué publié le 8 octobre 2018. Le but de ce projet est de mettre en place une série d’initiatives pour fournir aux jeunes entreprises de la santé numérique une opportunité de travailler avec le groupe, notamment par le biais d’un concours international de start-ups, les HealthX World Series.

    L’idée provient d’un double constat fait par l’entreprise : « Les inventions numériques prometteuses n’ont souvent aucun impact sur la santé humaine en raison d’une lacune dans l’écosystème [et] les technologies naissantes ne sont généralement pas soutenues par les entreprises qui peuvent les exploiter » (communiqué). L’objectif est donc de « donner un nouvel élan » à cet écosystème et de permettre à ces acteurs de collaborer avec Norvatis pour développer plus efficacement leurs solutions.

    HealthX World Series (HWS) : un challenge start-ups international

    « Il est clair pour quiconque travaille dans le secteur de la santé numérique que la grande majorité des technologies perturbatrices ne proviendra pas des grandes sociétés pharmaceutiques. Mais nous pouvons nous engager et travailler avec des start-ups et des innovateurs [afin de] créer ensemble quelque chose d’audacieux, de durable et d’évolutif », explique Robin Roberts, responsable de l’innovation et de la stratégie à Novartis Biome et cofondateur du projet avec Mohanad Fors, global brand manager au sein du groupe et directeur de Novartis Biome (communiqué).

    Le Novartis Biome vise à se connecter aux innovateurs externes au groupe suisse « de nombreuses manières », notamment en lançant des challenges start-ups via une initiative baptisée « HealthX World Series », dont le but est de rechercher « de manière proactive » les technologies prometteuses du secteur.

    Un programme de 12 mois

    Un programme de 12 mois, adapté aux besoins de croissance de la start-up, est proposé aux entreprises sélectionnées pour les aider à faire progresser le développement de leurs solutions.

    Le Novartis Biome offre un espace de travail, un mentorat et des ressources à la pointe de la technologie. De leur côté, les start-ups peuvent utiliser les big data générées par Novartis pour réaliser des études de validation qu’ils peuvent exploiter dans des environnements cliniques afin de tester leur concept.

    Novartis a la possibilité d’investir dans la technologie après l’évaluation des résultats mais ne demande pas aux entrepreneurs de lui donner une participation dans leur entreprise pour pouvoir participer.

    Veta Health (États-Unis) et Wavy (Pays-Bas) : les 2 premiers gagnants des HWS

    Le premier concours HealthX World Series s’est tenu en septembre 2018 lors du TechCrunch Disrupt SF, à San Francisco, aux États-Unis. Cinq finalistes sur trente participants ont été retenus pour présenter  leurs solutions numériques centrées sur la résolution de problèmes liés à l’insuffisance cardiaque.

    Le jury a désigné les gagnants dans deux catégories :

    « Extended Innovation Challenge » : Veta Health

    La start-up Veta Health, créée à New York en 2016, propose une solution intégrée au dossier de santé électronique (DSE) rassemblant des données de patients en temps réel dans un environnement clinique :

    • pour les organisations de santé : Veta Health offre les outils nécessaires pour rationaliser les flux de travail et la coordination des soins ;
    • pour les cliniciens : une plateforme intelligente facilitant la gestion des soins et rendant possible un suivi à distance, permettant des interventions précoces et de meilleurs résultats pour les patients ;
    • pour les patients : un accès à leurs données de santé ainsi qu’à des outils d’interprétation et d’analyse permettant de comprendre et de participer activement à la gestion de leur santé.

    « Hackathon virtuel » : Wavy

    La société, créée à Utrecht (Pays-Bas) en 2018, développe un outil reliant des objets connectés suivant l’état de santé de l’utilisateur à des haut-parleurs domestiques intelligents, qui indiquent au patient comment lui et ses proches connectés se portent, comment ils progressent au fil des jours, etc. En cas de situation préoccupante, le dispositif peut alerter un proche et les services d’urgence.

    Le groupe prévoit d’organiser plusieurs compétitions internationales de ce type chaque année.

    Montant des prix remis aux 5 finalistes :

    • 1ère place (Novartis Hackathon Challenge) : 12 000 USD (10 453 €) ;
    • 1ère place (Novartis Extended Innovation Challenge) : 12 000 USD (10 453 €) ;
    • 2ième place : 8 000 USD (6 968 €) ;
    • 3ième place : 3 500 USD (3 048 €) ;
    • 4ième place : 2 500 USD (2 177 €) ;
    • 5ième place : 1 000 USD (871 €).
  • La CSMF : oui à la coordination, non à la dispensation par le pharmacien dans le cadre du PLFSS 2019

    La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a fait connaître sa désapprobation de la proposition d’autoriser les pharmaciens à dispenser certains médicaments, incluse dans le PLFSS 2019 approuvé par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 17 octobre 2018.

    Il s’agissait d’une proposition à titre expérimental, introduite par un amendement prévoyant une mise en œuvre dans deux régions pour une durée de trois ans, qui instaurait la dispensation par les pharmaciens d’officine de certains médicaments à prescription médicale obligatoire, dans le cadre d’un protocole médical et de coopération entre le médecin ou une communauté de santé de structures d’exercice coordonné, dans les pathologies suivantes : la cystite, la conjonctivite ou l’eczéma.

    Selon le syndicat, il s’agit d’un transfert de la responsabilité de poser un diagnostic médical et d’établir une prescription de médicaments vers le pharmacien.

    La CSMF y voient une remise en cause des prérogatives de chaque métier « sous le prétexte de la coopération » et une source de dysfonctionnements potentiels affectant la prise en charge des patients. Elle souligne par ailleurs les problèmes de responsabilité juridique qu’entraînerait la dispensation directe par les pharmaciens de certains médicaments à prescription médicale obligatoire (PMO).

    La confédération estime que « des expérimentations aussi dangereuses » ne rentrent pas dans le cadre des évolutions nécessaires de notre système de santé français.