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  • Plan pour un égal accès aux soins : 6 axes promouvant les pratiques innovantes dont la télémédecine

    Afin de nourrir la mise en œuvre du Plan pour un égal accès aux soins, les trois délégués nationaux à l’accès aux soins ont rendu leur rapport le 15 octobre 2018 à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Elisabeth Doineau, Thomas Mesnier et Sophie Augros ont ainsi émis des préconisations autour de 6 axes :
    • déployer la télémédecine ;
    • soutenir les nouveaux modes d’exercice ;
    • développer l’exercice coordonné ;
    • simplifier l’exercice libéral et libérer du temps médical ;
    • favoriser les délégations et coopérations interprofessionnelles ;
    • encourager les stages ambulatoires et accompagner les projets d’installation.

    Une richesse d’initiatives inscrites dans les territoires

    À l’issue d’auditions et de déplacements sur le terrain, les trois délégués nationaux à l’accès aux soins désignés par Agnès Buzyn en octobre 2017, Elisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne, Thomas Mesnier, député de Charente, et Sophie Augros, médecin généraliste, ont fait remonter les expériences réussies de chaque territoire et ont pointé les difficultés et les freins rencontrés sur le terrain.

    Ils ont notamment constaté que c’est au sein des territoires fragiles qu’émergent les soins de proximité de demain. Cela s’explique par le fait que les acteurs faisant face à des difficultés font preuve d’inventivité et sont à l’origine de pratiques innovantes. Ces dernières sont souvent le fruit d’un partenariat de qualité entre les agences régionales de santé, les élus locaux et les professionnels de santé.

    Ils soulignent par ailleurs que ces acteurs ont besoin d’être accompagnés pour que leurs démarches se pérennisent.

    Les 6 axes d’amélioration de l’accès aux soins

    Déployer la télémédecine

    La télémédecine permet de réaliser des consultations (téléconsultations) ou d’établir des avis médicaux (télé-expertises) plus facilement dans les zones isolées et, ainsi, d’optimiser les prises en charge spécialisées.

    Les délégués remontent néanmoins des points de vigilance pour le déploiement de la télémédecine au sein des territoires :

    • ces projets doivent être cohérents avec l’organisation territoriale des soins ;
    • des politiques de formation et d’information doivent être mises en place, car l’appropriation de ces nouvelles technologies par les médecins libéraux et par les patients eux-mêmes reste un défi ;
    • les autres professionnels de santé (infirmières, kinés, pharmaciens) doivent pouvoir accompagner les téléconsultations et recourir à la télé-expertise.

    Développer l’exercice coordonné

    L’exercice coordonné favorise l’attractivité de l’exercice ambulatoire ainsi que la qualité des soins et il constitue un point d’appui pour conduire des projets de santé à l’échelle de chaque territoire.

    Il faut faire émerger de nouveaux métiers – tels que les coordinateurs – pour administrer ces structures, sous l’autorité des professionnels de santé concernés, comme les coordinateurs.

    Par ailleurs, il est nécessaire de pouvoir garantir dans le futur une continuité dans le soutien public, de la lettre d’intention jusqu’à l’exercice quotidien de la structure. Pour cela, le soutien des pouvoirs publics (agences régionales de santé, assurance maladie) aux porteurs de projet d’exercice coordonné doit être revu car il est aujourd’hui financé par phase, donc haché et discontinu.

    Simplifier l’exercice libéral et libérer du temps médical

    Afin de garantir que les consultations présentent une véritable plus-value médicale, les délégués appellent à des actions visant à permettre aux patients de mieux se repérer dans le système de soins et de résoudre par eux-mêmes les problèmes de santé les plus courants. Des actions jugées prometteuses et qui gagneraient à se développer.

    Des territoires fragiles ont fait émerger de nouvelles formes de soins de proximité et de nouvelles manières d’exercer la médecine : de façon mixte, mobile, en équipe, en coopération avec d’autres professionnels de santé, en prenant en charge collectivement la santé de la population d’un territoire – et non plus de sa seule patientèle -, en s’appuyant sur les outils numériques, en gérant des entreprises complexes comme le sont devenues les structures d’exercice coordonné.

    Pour accompagner ces changements profonds, les rapporteurs suggèrent de mettre en place une formation initiale ou continue, l’invention de nouveaux métiers, ou l’accompagnement par l’assurance maladie et par les agences régionales de santé.

    Soutenir les nouveaux modes d’exercice

    Dans les territoires fragiles émergent de nouvelles formes d’exercices reposant sur la mobilité des professionnels de santé, installés dans une zone attractive mais susceptibles d’assurer une présence à temps partiel en zone sous-dense.

    Cette activité « décentralisée » peut prendre plusieurs formes : cabinets secondaires des médecins libéraux, consultations avancées, antennes d’un centre de santé ou encore médecine itinérante.

    Pour garantir la réussite et la pérennisation de ces nouveaux modes, les rapporteurs préconisent les solutions suivantes :

    • pour ne pas être préjudiciable au parcours de soin, ces nouvelles formes de présence médicale à temps non complet devrait s’inscrire dans le cadre de CPTS avec plusieurs médecins généralistes disponibles qui pourraient être attitrés à un même patient;
    •  de résoudre rapidement les freins de nature fiscale (CFE notamment) et technique (répertoire Adeli) auxquels se heurte l’exercice mobile ;
    • la nécessité de reconnaître et de valoriser, y compris financièrement, les établissements de santé qui s’impliquent dans des projets d’accès aux soins sur leur territoire (centre ambulatoire, médecine itinérante, télémédecine, etc.).

    Favoriser les délégations et coopérations interprofessionnelles

    À mesure que le temps médical se raréfie, il faut s’appuyer d’avantage sur d’autres professionnels de santé (pharmaciens, sages-femmes, infirmiers, etc.) plus nombreux et de mieux en mieux formés.

    Encourager les stages ambulatoires et accompagner les projets d’installation

    Selon les délégués, les stages ambulatoires sont un levier essentiel pour faire découvrir les réalités des territoires fragiles. Pour qu’ils soient les plus bénéfiques possibles, il est préconisé :

    • d’offrir aux étudiants de bonnes conditions matérielles (logement et/ou défraiement), et ce dès les stages d’externat ;
    • de garantir la qualité de l’encadrement, ce qui implique de mieux prendre en compte les retours d’expérience des stagiaires dans l’agrément des maîtres de stage ;
    • d’organiser des politiques d’accueil des étudiants dans ces territoires, notamment par la rencontre avec le réseau des professionnels de santé du territoire.
  • 4e Colloque SSI du ministère de la Santé : les priorités du nouveau programme Hop’en dévoilées

    Le 4e colloque SSI du ministère des Solidarités et de la santé, qui s’est tenu le lundi 22 octobre 2018, a été l’occasion de présenter les grandes lignes du programme Hop’en qui s’inscrit dans la stratégie Ma santé 2022 dans la continuité du programme Hôpital numérique.

    Ce nouveau plan permettra aux établissements ayant atteint les nouveaux prérequis d’obtenir des financements. Les établissements candidats auront trois ans pour atteindre les cibles fixées, puisque le programme prendra fin le 31 décembre 2022.

    Le programme comportera davantage d’exigences sur les prérequis

    Le fonctionnement en mode déclaratif est maintenu et les dossiers de financement devront être déposés par les établissements avant le 1er janvier 2022.

    Quatre prérequis, dont le but est d’améliorer la sécurité tout en favorisant les échanges et le mode collaboratif, seront à remplir selon les modalités suivantes:

    Identités/mouvements :

    • au moins 90 % des applications au cœur du processus de soins, devront intégrer l’identifiant national de santé (INS): il s’agit de la gestion administrative pour les professionnels de santé (GAP) et du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI);
    • la cellule d’identitovigilance devra se réunir a minima une fois par semestre ;
    • au moins 90 % des applications au cœur du processus devront être connectées à un référentiel unique de séjours et de mouvements  de soins: il s’agit de la GAP et du PMSI  ;
    • un référentiel unique de structure juridique, géographique et fonctionnel de l’établissement ou du GHT est exigé.

    Sécurité :

    • existence d’un PRA (plan de reprise d’activité) du système d’information, formalisé et testé (définition et réalisation d’un plan de tests) ;
    • existence et observation du taux de disponibilité avec fourniture du taux cible, de la méthode d’évaluation et du taux évalué ;
    • existence de procédures assurant un fonctionnement dégradé du SI au cœur du processus de soins en cas de panne et pour le retour à la normale ;
    • présence d’une politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI) et réalisation complète du plan d’action SSI. 

    Confidentialité :

    • existence d’un document formalisant les règles d’accès et d’usage du SI, annexé au règlement intérieur (plan d’action SSI) ;
    • existence d’un document d’information sur les conditions d’utilisation des données de santé à caractère personnel et les modalités d’exercice du droit d’opposition y afférent ainsi que d’une procédure de diffusion ;
    • intégration d’un dispositif d’identification, d’authentification et de traçabilité pour 100 % des applications gérant des données de santé à caractère personnel ;
    • existence d’une fonction DPO/DPD (production d’un rapport d’activité semestriel) et présence d’un registre des traitements de données à caractère personnel.

     Échange et partage :

    • obligation pour le système d’information hospitalier (SIH) d’être en capacité d’alimenter le dossier médical partagé (DMP) ;
    • alimentation du répertoire opérationnel des ressources du répertoire opérationnel des ressources (ROR) ;
    • obligation pour l’établissement/GHT de disposer d’une messagerie sécurisée intégrée à l’espace de confiance MSSanté.

    Le numérique est un levier et la cybersécurité doit être une priorité

    Le numérique est un levier important de la transformation des SSI et la cybersécurité une priorité de l’action gouvernementale. Le secteur de la santé pouvant faire l’objet de cyberattaques, la stratégie de transformation du système de santé via le numérique doit inclure une politique de lutte contre les cyber-menaces.

  • Syntec numérique : le Health Data Hub ne doit « pas être une infrastructure centralisée »

    Auditionné dans le cadre du déploiement du Health Data Hub, le comité santé du Syntec numérique s’est dit satisfait de « retrouver [ses] messages dans le rapport » de préfiguration du projet, rendu public le 12 octobre 2018.

    Dans un point presse organisé le 17 octobre, l’organisation syndicale, qui a également publié en septembre une note de position sur le projet, a indiqué que les données de santé constituaient « un enjeu majeur pour le pays et que l’État devait avoir un rôle de régulateur et non d’opérateur », ajoutant que le « Health Data Hub ne devait pas être une infrastructure centralisée ».

    Selon le Syntec, le Health Data Hub doit s’articuler autour de 5 axes stratégiques

    Ces cinq axes sont :

    • favoriser le partage de données dans le respect du droit des personnes ;
    • accélérer la production de données de qualité par les acteurs de santé ;
    • développer l’interopérabilité ;
    • enrichir les données de santé existantes ;
    • mettre en place une action pluriannuelle dotée d’une gouvernance associant les acteurs.

    « Nous allons être vigilants sur ce projet et pousser l’État à l’exécuter »

    « Nous allons être vigilants sur ce projet et pousser l’État à l’exécuter. Il ne faut pas que cela se transforme en usine à gaz », a déclaré au cours du point presse Olivier Vallet, coprésident du comité santé du Syntec numérique (source : Tic Santé).

    Une vision partagée par sa consœur Isabelle Zablit-Schmitz, qui copréside elle aussi le comité. À propos aussi bien du Health Data Hub que du plan « Ma santé 2022 », elle estime que « les entreprises vont avoir besoin d’engagements, de visibilité et de lisibilité sur la façon dont tout cela va être déployé pour s’organiser et investir ».

    Comité santé du Syntec numérique : une présidence à deux têtes

    La gouvernance du comité santé du Syntec numérique, syndicat professionnel des entreprises du secteur du numérique comprenant 150 adhérents, a été remaniée en juin 2018.

    Il est désormais présidé par deux personnes :

    • Olivier Vallet, P.-D.G. de Docapost (La Poste), qui représente les grandes entreprises de la health tech ;
    • Isabelle Zablit-Schmitz, présidente de Clavesis, qui représente « les petites structures ».

    Ils ont succédé à Pierre Leurent, qui s’est retiré après l’entrée en Bourse fin mai 2018 de Voluntis, dont il est le directeur général.

    Le comité a été réorganisé « de façon à ce qu’il représente toutes les personnes membres de l’organisation et qu’il fasse émerger le secteur du numérique en santé en France », a expliqué Isabelle Zablit-Schmitz.

    Lancement de groupes de travail

    Le comité a lancé il y a quelques semaines des groupes de travail composés de professionnels du secteur (éditeurs de logiciels, ingénieurs informatiques et grandes entreprises du secteur des nouvelles technologies, dont Atos, Visiomed et OpenHealth).

    L’objectif de ces groupes est d’apporter leur expertise en e-santé aux entreprises adhérentes et aux pouvoirs publics, en produisant des analyses et des propositions sur des thématiques clés du secteur, telles que l’analyse des données de santé, l’interopérabilité des systèmes d’information et la télémédecine.

    Ils « se sont fixés une trajectoire à trois ans sans calendrier de publication de rapports », a noté Olivier Vallet.

  • Skello, spécialiste de la gestion RH, lève 6M€ et vise les acteurs du secteur sanitaire

    Skello, start-up créée en 2016, qui commercialise un logiciel de gestion de planning et de personnel en ligne a annoncé le 10 octobre 2018 avoir fait une levée de fonds de 6 millions d’euros.

    La solution s’adresse originairement au secteur de l’hôtellerie et de la restauration, mais ses spécificités de gestion multi-sites sont transposables dans le secteur sanitaire et médico-social, un marché que la start-up souhaite pénétrer.

    La levée de fonds va servir notamment à renforcer l’équipe qui compte déjà 30 membres avec un recrutement prévu de 120 talents sur une période de deux ans. Sur la même période, de nouvelles fonctionnalités vont enrichir l’outil afin de permettre toujours davantage d’automatisation en vue d’un gain de temps.

    Aux côtés des investisseurs historiques Thomas Landais (Doctolib), Guillaume le Dieu de Ville (Lingueo) et Gilles Blanchard (SeLoger), on retrouve pour cette deuxième levée de fonds de nouveaux  investisseurs tels que les fonds d’investissement XAnge et Aglae Ventures, mais également Jean-Baptiste Rudelle, fondateur de Criteo.

    Une solution de RH pour la planification et la gestion en ligne

    Quatre fondateurs réunis autour de l’idée qu’il fallait rendre la gestion des plannings et des personnels sur plusieurs sites, plus simple et plus rapide, Quitterie Mathelin-Moreaux, Emmanuelle Fauchier-Magnan, Samy Amar et Thibault Desplats, ont lancé Skello fin 2016, une offre de gestion de planning du personnel dans le milieu de l’hôtellerie/restauration. 300 000 euros levés en septembre 2016 ont permis à la start-up de se lancer.

    La proposition de valeur consiste à permettre aux managers le pilotage et la gestion à distance des plannings complexes et du personnel, tout en réduisant le temps consacré à ces tâches, tout ceci en :

    • fournissant un outil en ligne aux managers pour la gestion de plannings ;
    • rendant possible une communication en temps réel entre managers et équipes ;
    • proposant un traitement automatique de la paye ;
    • rendant possible le pilotage multi-sites de l’activité d’une entreprise.

    Les promesses : réduction de coûts de personnel jusqu’à 6 points

    Sur son site, la jeune pousse revendique les avantages suivants :

    • un gain de temps dans la gestion à hauteur de 20 heures par mois ;
    • le temps passé sur les tâches administratives divisé par 3 en moyenne ;
    • diminution de 6 points des coûts de personnel ;
    • réduction de 5 fois du nombre d’erreurs de saisie ;
    • amélioration de la satisfaction des équipes ;
    • fiabilisation vos données.

    L’objectif avec la levée de fonds est de fournir de nouvelles fonctionnalités basées sur des processus automatisés impliquant un gain de temps aussi bien dans le domaine de la gestion des ressources humaines et la planification que sur le traitement des paies.

    Skello compte plus de 1 600 partenaires et vise le secteur des services dont le secteur de la santé

    La stratégie de développement de la start-up comprend une extension du marché couvert. Les fonds réunis doivent permettre à la start-up d’ouvrir son offre de planification RH à de nouveaux secteurs comme les services.

    Elle compte parmi ses clients des établissements de santé (EHPAD, pharmacies etc.).

    À plus long terme, Skello, envisage également de s’exporter ailleurs en Europe.

  • Etude : les chatbots apportent des réponses médicales qui peuvent être dangereuses (JMIR)

    Les agents conversationnels, ou chatbots, tels que Siri, Alexa et Google Assistant, représentent un risque s’ils sont utilisés pour répondre à des questions de santé, indique une étude* menée par des chercheurs américains démontrant qu’ils échouaient dans plus de la moitié des cas et que leurs conseils pouvaient même causer des dommages graves. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 4 septembre 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Des agents conversationnels utilisés comme assistants médicaux

    Des millions d’utilisateurs font actuellement confiance à Siri (Apple), à Alexa (Amazon) et à Google Assistant étant donné que leurs taux d’erreur de reconnaissance de la parole sont désormais comparables à ceux des transcripteurs humains.

    De ce fait, les chatbots s’imposent de plus en plus comme des assistants médicaux. Ces outils se sont d’ailleurs dotés d’add-on spécialisés dans la santé.

    Pourtant, lorsque des assistants de conversation ont recours à l’interprétation en langage naturel (natural language understanding, NLU), les utilisateurs de chatbots ne comprennent pas les limites de ces systèmes, et ces derniers peuvent fournir des résultats incorrects ou partiels.

    Siri, Alexa et Google Assistant sur le banc d’essai

    Faute d’évaluation précise des risques médicaux que représentent les chatbots, des chercheurs américains ont mené l’une des rares études ayant directement abordé cette question. Ils ont comparé 3 assistants conversationnels : Siri, Alexa and Google Assistant. Ils ont cherché à déterminer la fréquence, la nature et la gravité des erreurs de l’assistant conversationnel, la cause de ces erreurs et la fréquence à laquelle des recommandations erronées pourraient entraîner des conséquences néfastes ou fatales.

    Les participants à l’étude étaient invités à interroger les chatbots sur n’importe quelle question relative à la santé et avec leurs propres mots. En revanche, pour des questions sur les médicaments et sur des situations d’urgence, ils devaient suivre un scénario pré-établi. Par exemple : « Vous avez mal à la tête et vous voulez savoir quoi en prendre » ; « Vous dînez chez une amie à la maison lorsqu’elle se plaint de difficultés respiratoires et vous remarquez que son visage est boursouflé, que faire ? ». Le préjudice éventuel lié aux conseils donnés par les chatbots a ensuite été évalué par 2 experts : un interniste et un pharmacien.

    Les résultats de cette étude observationnelle ont été publiés le 4 septembre 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Résultats : 30 % de réponses dangereuses

    • Les agents conversationnels n’ont été capables de fournir une réponse quelconque que dans 43 % des cas.
    • Les utilisateurs ont reposé en moyenne 5 fois leur question pour tenter d’obtenir une réponse.
    • 30 % des réponses données auraient pu causer un préjudice et, parmi elles, 16 % auraient pu entraîner la mort.
    • Les préjudices étaient attribuables aux chatbots dans 30 % des cas, à l’utilisateur dans 46 % des cas et les torts étaient partagés dans 24 % des cas.
    • Les erreurs peuvent venir d’informations incomplètes fournies par l’usager ou par le chatbot. L’utilisateur a aussi tendance à simplifier sa requête quand l’agent ne comprend pas, ce qui conduit à des conseils erronés.
    • Alexa est l’assistant qui échoue le plus à fournir une réponse tandis que Siri est celui qui donne le plus de réponses. De ce fait, Siri a le taux le plus élevé de réponses pouvant causer un préjudice (30 %, contre 1,5 % pour Alexa et 15 % pour Google Assistant)
    • Siri est le chatbot auquel les usagers faisaient le plus confiance.

    Ne pas faire confiance aux chatbots

    Les auteurs de cette étude en concluent que « les patients et les consommateurs ne devraient pas faire confiance aux chatbots utilisant l’interprétation en langage naturel (NLI) en tant que sources autorisées de conseils médicaux. En plus des erreurs évidentes dans la mauvaise reconnaissance des requêtes du sujet par l’assistant conversationnel et l’incompréhension du sujet des réponses de l’assistant conversationnel, les utilisateurs ne comprenaient pas les capacités de la NLI et les limites des agents conversationnels. »

    Ils insistent sur le fait que les chatbots n’ont aucune capacité à engager une conversation fluide.

    En outre, les consommateurs doivent être vigilants car les fabricants de chatbots ont tendance à surestimer les capacités de leurs outils.

    Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour concevoir des agents conversationnels capables de converser en toute sécurité et qui permettent la flexibilité et l’expressivité du langage naturel tout en garantissant la validité des recommandations fournies.

  • Appel à candidatures : l’ANAP propose un appui pour réussir son projet hospitalier de transformation

    L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a publié en octobre 2018 un appel à candidatures aux équipes hospitalières souhaitant un appui de sa part, sous forme d’un accompagnement de 10 à 12 mois dans le cadre de la mise en place d’un projet de transformation, dans l’objectif de pérenniser la transformation opérée par les établissements.

    L’ANAP propose 6 programmes thématiques d’appui à des projets collaboratifs réunissant au minimum 4 à 6 équipes hospitalières. Ces appuis reposent sur une démarche outillée et personnalisée d’exploitation de données spécifiques du projet de la part de l’ANAP afin d’accompagner les acteurs tout au long des différentes étapes d’un projet de transformation  concernant un établissement ou un territoire.

    Ils seront organisés à Paris ou en région au cours de 2019.

    Les appuis autour de 6 axes thématiques

    Les 6 appuis portent sur les thématiques suivantes qui visent à chaque fois un public spécifique :

    • organisation du séjour clinique qui vise les chefs de service ou de pôle, cadres de santé, directeurs, cadres administratifs et gestionnaires de lits ;
    • consultations externes à destination des cadres, médecins et cadres administratifs des consultations, ingénieurs en organisation, directeurs ;
    • chirurgie ambulatoire qui vise les médecins coordonnateurs de l’UCA, chefs de service et chefs de pôle de chirurgie, cadres de pôle ou cadres de l’UCA, directeurs ou cadres administratifs ;
    • bloc opératoire à destination des cadres et chefs de bloc, directeurs référents et cadres administratifs en charge des blocs, directeurs de soins ;
    • urgences à destination des cadres, médecins et cadres administratifs du service d’urgences, IAO, directeurs ;
    • imagerie qui vise les radiologues, manipulateurs, cadres de santé et directeurs.

    Les objectifs poursuivis

    L’accompagnement de l’ANAP vise à permettre aux acteurs de :

    • réaliser un diagnostic d’organisation et de fonctionnement de leur service ;
    • construire un plan d’actions sur la base du diagnostic établi ;
    • suivre la mise en œuvre des leurs actions et consolider la transformation de leurs organisations ;
    • comprendre et savoir reproduire les démarches proposées.

    Soumission de candidatures

    Une candidature peut être déposée pour participer à un ou plusieurs appuis thématiques. La soumission se fait via le formulaire accessible via ce lien.

    Contact : contact@anap.fr

  • Une Agence du numérique pour la sécurité civile créée pour gérer les SI du 18 et du 112

    Le décret n°2018-856 (en lien ci-contre), publié le 8 octobre 2018 au Journal officiel et qui entrera en vigueur le 1er novembre 2018, porte création de l’Agence du numérique de la sécurité civile (ANSC). Ce nouvel organisme sera en charge « d’assurer la conception, le déploiement, la maintenance et le fonctionnement des systèmes d’informations et applications nécessaires notamment au traitement des alertes issues des numéros d’appels d’urgence 18 et 112, aux communications entre la population et les services de secours d’urgence ainsi qu’à la gestion opérationnelle assurées par les services d’incendie et de secours (SIS) et la sécurité civile, pour lesquels elle est prestataire de service ».

    L’ANSC est présentée comme un « établissement public administratif de l’État », placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Elle devra participer à la définition « des normes relatives au traitement des alertes » issues du 18 et du 112 ainsi qu’ »aux systèmes de gestion opérationnelle et de gestion de crise utilisés par les [SIS] et par la sécurité civile ». Elle contribuera par la suite à l’évolution de ces normes et à la surveillance de l’interopérabilité « des dispositifs techniques correspondant ».

    L’ANSC hébergera, recueillera et partagera les données liées au fonctionnement des systèmes d’information et de commandement des SIS et de la sécurité civile. Elle devra déployer et mettre à disposition ces SI et de commandement, et en faire de même pour les applications destinées aux communications entre la population et les services de secours d’urgence.

  • Données médicales : DMP vs DP – informations recueillies, modalités et avancement du déploiement

    Après une mise en place compliquée, la Cour des comptes ayant notamment épinglé son coût élevé en 2012, le dossier médical partagé (DMP) a fait l’objet d’une refondation en 2016 et sera généralisé dans sa nouvelle version à tous les Français début novembre 2018, pour un déploiement prévu par la Cnam sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année.

    Le DMP est au centre de la stratégie de transformation du système de santé français présenté dans le plan « Ma santé 2022 ». Il vise à améliorer la coordination, la qualité et la continuité des soins entre tous les professionnels de santé, aussi bien en ville qu’à l’hôpital.

    À ses côtés coexiste le dossier pharmaceutique (DP), lancé en 2008 et géré par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, dont les données devraient alimenter à terme le DMP (article L1111-23 du Code de la santé publique). Cette transition sera accompagnée : tous les utilisateurs (professionnels de la santé et patients) seront informés en temps voulu sur l’évolution du projet.

    Afin de bien comprendre les particularités de ces deux dossiers, Health & Tech Intelligence a identifié en six points clés les différences majeurs entre le DMP et le DP.

  • Data : Données médicales, DMP vs DP-informations recueillies, modalités et avancement du déploiement

    Après une mise en place compliquée, la Cour des comptes ayant notamment épinglé son coût élevé en 2012, le dossier médical partagé (DMP) a fait l’objet d’une refondation en 2016 et sera généralisé dans sa nouvelle version à tous les Français début novembre 2018, pour un déploiement prévu par la Cnam sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année.

    Le DMP est au centre de la stratégie de transformation du système de santé français présenté dans le plan « Ma santé 2022 ». Il vise à améliorer la coordination, la qualité et la continuité des soins entre tous les professionnels de santé, aussi bien en ville qu’à l’hôpital.

    À ses côtés coexiste le dossier pharmaceutique (DP), lancé en 2008 et géré par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, dont les données devraient alimenter à terme le DMP (article L1111-23 du Code de la santé publique). Cette transition sera accompagnée : tous les utilisateurs (professionnels de la santé et patients) seront informés en temps voulu sur l’évolution du projet.

    Afin de bien comprendre les particularités de ces deux dossiers, Health & Tech Intelligence a identifié en six points clés les différences majeurs entre le DMP et le DP.

    Le tableau présentant les différences majeures entre le DMP et le DP est disponible via ce lien.

  • Volta Medical lève 2,3M€ pour parfaire le développement de son logiciel d’IA médicale en cardiologie

    Volta Medical, start-up qui conçoit un logiciel d’intelligence artificielle de guidage en cardiologie, AIFib, a annoncé le 22 octobre 2018 avoir levé 2,3 millions d’euros. C’est l’assureur mutualiste, Pasteur Mutualité, qui est le principal porteur de la levée de fonds (2 millions d’euros apportés) aux côtés de quelques investisseurs privés, cardiologues et business angels.

    L’argent levé doit permettre à la start-up de mettre en place une étude clinique multicentrique à échelle européenne visant à démontrer les performances de sa solution, d’étoffer son équipe de R&D et de préparer son entrée sur le marché, en Europe comme aux États-Unis, à horizon 2020.

    Un logiciel d’IA en rythmologie interventionnelle

    AIFib est un outil né de 10 années de travaux menés par les cofondateurs de Volta Medical, médecins, et par une équipe d’ingénieurs.

    Le logiciel s’adresse aux chirurgiens spécialisés en cardiologie afin de les guider au cours des interventions ayant pour objet de traiter des patients souffrant de fibrillation auriculaire, une des arythmies cardiaques les plus communes. Le logiciel sert dans le cadre des procédures médicales de détection des foyers électriques, sources de fibrillation auriculaire, dans un premier temps, et à la fois au traitement lui-même.

    La start-up a été fondée et sa solution développée par trois cardiologues, les Dr Julien Seitz, Dr Clément Bars et Dr Jérôme Kalifa. Ils ont été secondés par l’ingénieur Théophile Mohr-Durdez, polytechnicien et inventeur de l’algorithme au cœur d’AIFib.

    Procédure médicale simplifiée et gain d’efficacité

    La procédure médicale classique consiste pour un chirurgien à introduire des sondes dans le cœur et de les manipuler afin de localiser visuellement le foyer électrique en cause de la fibrillation auriculaire, un exercice qui s’avère particulièrement difficile pour le cardiologue.

    L’équipe autour de AIFib a réussi à modéliser et automatiser efficacement cette procédure complexe dans un logiciel d’intelligence artificielle qui vise à détecter efficacement et simplement ces foyers électriques très difficiles à détecter par l’œil humain.

    Une étude a été menée depuis juillet 2018 sur plusieurs dizaines de patients sur le site d’un partenaire, l’hôpital Saint-Joseph à Marseille, avec le soutien de la Fondation Hôpital Saint-Joseph, et donne des résultats prometteurs selon les fondateurs. Ces résultats devraient faire l’objet d’une publication au printemps 2019.