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  • IA en oncologie : Owkin entraînera ses algorithmes sur les données de Gustave-Roussy

    Le centre anticancer Gustave Roussy (IGR) et la startup Owkin ont signé un partenariat de recherche suite au AI for Health Challenge 2019 organisé par la Région Ile-de-France avec l’IGR et remporté par Owkin. C’est ce qu’annoncent les deux partenaires dans un communiqué daté du 19 décembre 2019, précisant que la startup « pourra bénéficier d’un espace privilégié » dans les locaux de l’IGR et que les experts de ce dernier pourront venir travailler aux côtés des data scientists d’Owkin « pour favoriser la mise en place et le déroulement des projets collaboratifs ».  

    Directeur Général Adjoint de Gustave Roussy, Stéphane Pardoux précise qu’Owkin « appliquera ses modèles de machine learning et d’apprentissage fédéré » à la recherche clinique menée par l’IGR, et qu’elle bénéficiera ainsi de « l’accès à des experts de renommée internationale » et de la possibilité d’ « entraîner ses algorithmes sur des cohortes complètes et homogènes ».  Les équipes de Gustave Roussy auront pour leur part accès à la plateforme logicielle Owkin Studio : ils pourront ainsi collaborer directement avec les experts de la start-up, et « comprendre les résultats des algorithmes entraînés sur leurs données ».

    Analyse de données multiples et respect des données patient

    « Nous allons travailler à approfondir les modèles proposés par la start-up dans le cadre du challenge AI for Health » affirme le Pr Nathalie Lassau, radiologue à Gustave Roussy, professeur de radiologie à l’université Paris-Sud, co-directrice du laboratoire de recherche en imagerie IR4M Paris-Sud CNRS : il s’agira notamment de « développer un algorithme basé sur l’analyse de données multiples pour quantifier le risque de rechute chez les patientes présentant un cancer du sein localisé » et de « mettre en évidence un biomarqueur pronostique à partir de clichés d’imagerie scanner et ultrasons, afin de sélectionner le traitement le plus adapté pour chaque patient ».

    Owkin précise que « les données ne seront pas extraites de leur environnement d’hébergement », pour que les cliniciens de Gustave Roussy puissent bénéficier de nouvelles opportunités de recherche « dans le respect des données de leurs patients ».

  • Étude : les forums et réseaux de patients en ligne comme nouveau terrain de pharmacovigilance (JMIR)

    Les données disponibles en ligne sur les forums et réseaux de patients pourraient constituer un nouvel outil de pharmacovigilance. Dans leurs messages, les auteurs de ces communautés de patients et de professionnels de la santé peuvent en effet décrire des effets indésirables rares de médicaments parfois encore jamais décrits dans la littérature médicale. Analyser le contenu textuel de ces publications pourrait donc permettre de repérer ces effets secondaires.

    C’est du moins ce que suggère une étude publiée le 21 novembre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). Ce travail montre en effet comment l’analyse d’un ensemble messages postés sur un forums de patients, Inspire, peut permettre de repérer l’apparition d’un type d’effets indésirables dans la population générale.

    La méthodologie choisie par les auteurs reposait à la fois sur la technologie du traitement automatique du langage naturel ainsi que sur des analyses linguistiques plus classiques. L’analyse d’un corpus de messages selon cette méthodologie a en particulier conduit à montrer que les médicaments de la classe des statines peuvent provoquer des troubles cognitifs et de la mémoire.

    Si plus d’études sont requises pour affiner les méthodes d’analyse textuelle de grandes quantités de messages et que que ce genre de travaux ne pourra permettre qu’une identification préalable d’effets secondaires potentiels (et non pas une mise en évidence d’effets indésirables avérés), les auteurs considèrent cependant cette nouvelles source de données et cette nouvelle méthodologie comme prometteuses. Elles pourraient selon eux transformer les essais cliniques en particulier de phase 4 et faire en sorte que ceux-ci s’attachent à mieux prendre en compte certains groupes de patients « historiquement sous-représentés » dans les investigations cliniques.

    Recherche de nouvelles méthodes pour repérer précocement des effets indésirables rares de médicaments

    Les statines, médicaments inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase utilisés comme hypolipémiants, comptent parmi les médicaments les plus prescrits notamment aux Etats-Unis : en 2013, l’American College of Cardiology et l’American Heart Association estimaient qu’un milliard d’individus dans le monde serait éligible pour recevoir des statines en prévention de maladies cardiovasculaires. Ces médicaments, bien que considérés comme sûrs et efficaces, peuvent cependant provoquer fréquemment des effets indésirables tels que des affections musculaires (douleurs, crampes et faiblesses musculaires). Des effets secondaires plus rares concernent des troubles de la mémoire ou de la cognition.

    Ce type d’affections iatrogènes semble cependant mal qualifié et quantifié par des études classiques (études de cas, méta-analyses de rapports et essais cliniques). C’est que le nombre de patients inclus dans les essais cliniques est limité et ne permet pas d’observer des effets rares du médicament, effets qui surviennent souvent au sein de groupes sous-représentés dans ces essais (et ce malgré les efforts réalisés au cours des années 2010 pour que les groupes de patients inclus dans les essais cliniques représentent au mieux la population réelle des patients qui pourraient recourir à une nouvelle molécule).

    « Pour combler ces lacunes, la communication en ligne dans les communautés de santé peut constituer un terrain supplémentaire de recherche d’effets secondaires relativement rares des médicaments », affirment les auteurs de l’étude. Selon eux, des études de phase IV, c’est-à-dire de pharmacovigilance post-commercialisation du médicament, pourraient être fondées sur l’analyse des données postées sous forme de courts textes sur divers forums de patients en ligne.

    Objectifs : identifier des effets indésirables rares et appréhender précisément l’expérience de traitement des patients

    « L’objectif de cette étude était d’utiliser un jeu de données non traditionnel afin d’identifier des signaux d’effets secondaires rares de médicaments tels que les statines », indiquent les auteurs de l’étude. Ce jeu de données non traditionnelles était disponible en ligne sur le forum d’une communauté de patients et de professionnels de la santé : Inspire.

    Ce travail de recherche visait également et plus généralement à mieux appréhender l’expérience de traitement des patients utilisant des statines, à comprendre plus précisément comment ces derniers exprimaient leurs inquiétudes concernant en particulier des troubles de la mémoire liés à la prise d’un médicament, effet indésirable particulièrement difficile à décrire par les patients et à relever pendant l’examen clinique par les praticiens.

    Il s’agissait donc d’identifier des croisements entre utilisation de statines (médicament) et affirmation d’une altération de la mémoire (effet indésirable) et de la cognition ainsi que de relever le lexique utilisé par les patients afin de décrire de tels troubles.

    Méthodes : traitement du langage naturel, statistiques et analyse linguistique

    Les chercheurs ont utilisé les contenus textuels générés par des utilisateurs (patients ou professionnels de santé) d’Inspire, soit plus de 11 millions de publications.

    Afin d’identifier des corrélations entre prise de statines et troubles de la mémoire ou de la cognition, les auteurs ont recouru à deux types d’outils :

    • la technologie du traitement automatique du langage ;
    • l’analyse linguistique pratique des mêmes contenus textuels.

    Traitement du langage naturel et comparaison statistique

    Pour analyser le corpus de plus de 11 millions de messages publiés sur Inspire, les auteurs ont utilisé un système de traitement automatique du langage permettant d’extraire de chaque message des entités (mots ou expressions éventuellement écrites avec des fautes d’orthographe se rapportant à un concept clinique donné) pertinentes, c’est-à-dire en relation avec une prise de statine, une perte de mémoire ou un déclin cognitif.

    Comme groupe témoin, les auteurs ont choisi un ensemble de publications textuelles mentionnant une autre classe de médicaments, les anti-TNF alpha car :

    • les anti-TNF alpha n’ont montré aucun lien avec des troubles de la cognition ou de la mémoire ;
    • cette classe de médicaments est utilisée par une partie importante des membres d’Inspire, ce qui permettait d’établir des statistiques et une référence solide concernant une quasi-absence de corrélations entre prise d’anti-TNF alpha et troubles de la mémoire ou de la cognition ; 
    • les anti-TNF alpha sont prescrits dans des indications très différentes des statines, par conséquent, choisir des publications concernant les anti-TNF alpha comme témoin permettait de réduire au maximum le nombre de chevauchements entre les deux groupes, c’est-à-dire le nombre de publications appartenant à la fois a groupe témoin (anti-TNF alpha) et au groupe test (statines) ;
    • la même cohorte d’âge utilise généralement des inhibiteurs du TNF et des statines, minimisant les effets du déclin cognitif liés à l’âge entre les 2 groupes.

    Analyse linguistique pratique

    « Afin de fournir un contexte qualitatif aux résultats statistiques, une curation manuelle utilisant une méthodologie linguistique a été effectuée sur un sous-ensemble de 246 messages publiés par les utilisateurs qui mentionnaient à la fois l’utilisation de statines et des événements de mémoire », indiquent les auteurs de l’étude. Ainsi, par une analyse linguistique et pour inclure tous les messages pertinents à leur étude, les chercheurs ont également défini précisément toutes les façons dont les auteurs de publications se référaient à leurs pertes de mémoire.

    Déclaration d’éthique

    « Toutes les informations personnellement identifiables ont été supprimées. Toutes les données ont été évaluées sans connaître l’identité des personnes impliquées », assurent les auteurs.

    Résultats : mise en évidence d’effets indésirables des statines

    L’étude a montré qu’il existait bien des corrélations significativement plus nombreuses entre prise de statines et troubles de la cognition ou de la mémoire qu’entre prise d’anti-TNF alpha (médicament témoin) et troubles de la cognition ou de la mémoire.

    De plus, l’analyse linguistique réalisée sur un ensemble de messages d’utilisateurs de statines qui traitaient de troubles de la mémoire a montré que de nombreux patients décrivaient la rapidité et la sévérité de ces changement connus à l’initiation du traitement comme une « maladie d’Alzheimer instantanée ».

    Utiliser de nouvelles sources de données pour optimiser la pharmacovigilance

    « Les résultats de cette étude confirment l’importance des sources de données nouvelles et non traditionnelles en tant signaux supplémentaires d’effets secondaires apparus dans la population générale », affirment les auteurs de l’étude.

    En pharmacovigilance, ces nouvelles sources de données semblent d’autant plus précieuses que la nature même de certains effets indésirables de médicaments peut mener à une sous-déclaration de ces symptômes aux professionnels de la santé. En effet, les patients connaissant des effets indésirables tels que des troubles de la mémoire ou de la cognition pourront oublier de rapporter ces symptômes à leur médecin lors d’une consultation. De même, des effets indésirables considérés comme tabous (troubles sexuels notamment) sont peu rapportés aux professionnels de la santé mais demeurent exprimés sur Internet par des utilisateurs alors anonymes.

    Une méthode combinant 2 outils d’analyse du langage

    Les auteurs, pour élaborer leur propre méthode, ont préalablement étudié dans une analyse méthodologique les résultats d’autres recherches obtenus :

    • après un traitement du langage naturel seul ;
    • après une analyse linguistique seule ;
    • après traitement automatique du langage naturel puis analyse linguistique.

    Ils ont conclu qu’une combinaison des deux outils d’analyse du langage que sont le traitement automatique du langage naturel et l’analyse linguistique, en autorisant les chercheurs à identifier et quantifier des concepts cliniques dans des messages textuels ainsi qu’en précisant certaines expressions particulières relevées dans ces messages, permettait d’obtenir « des résultats complets et de la plus haute qualité ».

    Les auteurs considèrent donc que leurs résultats ont été obtenus au moyen d’une méthode particulièrement fiable et puissante.

    3 limites à ces travaux

    Les auteurs relèvent cependant 3 limites principales de leur étude. Ces limites concernent en particulier :

    • le fait que les antécédents médicaux et le traitement par statine des auteurs d’Inspire sont aut-odéclarés et ne peuvent être confirmés ;
    • le fait que les données démographiques des auteurs d’Inspire soient inconnues : il est donc difficile d’affirmer avec certitude que les publications postées par le groupe d’auteurs étudié est bien représentatif de la population consommatrice de statines ;
    • le risque qu’il existe un biais de détection lié à « la viralité intrinsèque de la communication en ligne », selon les auteurs.

    D’autres travaux déjà publiés sur le sujet

    Les auteurs de cette étude ne sont pas les premiers à tester la puissance d’une telle méthodologie appliquée à des sources non traditionnelles de données comme des publications disponibles en ligne sur des forums de santé.

    Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Stanford avaient par exemple déjà mené des travaux sur plus de 8 millions de messages publiés sur Inspire. Une analyse automatique du langage avait alors permis de trouver des associations entre agents chimiothérapeutiques ou médicaments d’immunothérapie et effets indésirables rares. L’équipe avait en particulier découvert que certains patients traités par un médicament d’immunothérapie, l’Erlotinib, signalaient un effet secondaire encore jamais rapporté dans la littérature médicale à propos de ce médicament : l’hypohydrose (sudation insuffisante pouvant engendrer un épuisement éventuellement grave par la chaleur).

    Cette méthode non inédite semble donc prometteuse et de plus en plus utilisée en recherche.

    Il semble, selon cette étude, que les messages postés par les membres des communautés de santé en ligne constituent des sources de données intéressantes pour la recherche d’effets indésirables rares de médicaments dans la population générale.

    Ce nouveau terrain de la pharmacovigilance n’est cependant pas suffisant pour affirmer qu’un effet indésirable s’est bien manifesté dans la population générale, préviennent les auteurs de l’étude. Pour eux, des recherches supplémentaires demeurent toujours nécessaires pour identifier précisément l’étendue et la sévérité des troubles identifiés sur les forums ainsi que pour les expliquer et éventuellement permettre aux laboratoires d’améliorer les médicaments qu’ils proposent.

  • Multiplication de solutions polymorphes de télésuivi en cancéro : focus sur Moovcare et Ako@dom

    La multiplication d’outils d’accompagnement des patients atteints de cancer à domicile sont un atout pour le parcours de soins et pose les questions de fragmentation des solutions pour des cas complexes. Le sujet a été au cœur d’une session des Rencontres de la cancérologie française 2019, qui se sont déroulées fin novembre à Paris. Concernant les parcours ambulatoires en cancérologie, plusieurs « trous dans dans la raquette » ont été identifiés : la réactivité de la transmission d’information et l’exhaustivité d’abord ; l’interfaçage entre les logiciels producteurs de données et les dossiers patients ; l’éducation thérapeutique du patient qui va se retrouver de plus en plus seul au domicile à gérer ses traitements et plus généralement l’accès aux soins de support hors-établissements.

    Le triptyque hôpital-ville-patient doit évoluer en termes d’organisation, d’accès à l’expertise, d’anticipation et de coordination des différents professionnels du soins autour du patient. C’est l’objectif d’initiatives des pouvoirs publiques tel que le déploiement des plateformes territoriales d’appui (PTA), pour organiser la coordination des parcours de santé complexes et apporter une réponse aux professionnels, et en particulier aux médecins traitants, dans la prise en charge de ces situations.

    Des dispositifs de santé numériques, comme Moovcare (Sivan) et Ako@dom (association Patients en réseau et Continuum+), comportent de nombreux atouts pour optimiser cette coordination tout en posant des questions d’évaluation, de financement, de reproductibilité.

    Moovcare : des extensions envisagées pour le remboursement

    Le logiciel Moovcare destiné à la télésurveillance médicale des rechutes et des complications chez les patients atteints de cancer du poumon a été conçu par Fabrice Denis, médecin-chercheur au centre Jean Bernard et à la clinique Victor Hugo au Mans. C’est le premier dispositif de ce type dont le service médical rendu a été jugé suffisamment important par la Haute autorité de santé (HAS) pour être remboursé. « Le médecin qui suit ses patients avec ce genre d’outils a beaucoup moins d’appels intempestifs et génère plus de consultation en soins de support, explique son concepteur. Le problème est que cette application nécessite d’être connecté. »

    Une première limite est la proportion non négligeable de patients non-connectés, notamment après 70 ans, alors que cette population serait la plus bénéficiaire. « Plusieurs études ont montré que le bénéfice de la télésurveillance est bien plus important pour les personnes les plus isolés, en complément, le rôle de pharmacien peut-être une piste pour évaluer les toxicités par exemple », indique Fabrice Denis.

    Le médecin généraliste prend également sa place dans le suivi et le parcours en étant destinataire des alertes. « Le principal frein est l’absence d’acte, pour l’instant, pour le remplissage de ce type d’outils par les infirmières à domicile », note le fondateur de Moovcare, or elles sont les partenaires indispensable des infirmières de coordination.

    Par ailleurs, les pluri-pathologies et pluri-morbidités posent la question du développement de plateformes communes pour répondre aux besoins des médecins généralistes. Outre les financements, cela nécessite la réalisation de davantage d’études de bénéfices de ce type d’outils dans différentes pathologies, surtout chroniques.

    Le logiciel donne lieu à un forfait au parcours de 300 euros par an. Il est géré par l’infirmière de coordination et le médecin prescripteur. Le remboursement tel qu’il a été défini est lié à l’application, utilisée dans le parcours du cancer du poumon. Des extensions sont envisagées et devront, par une nouvelle série d’études, réduire le temps de développement, qui pourra plus facilement passer de 8 ans à 2 ans.

    Ako@dom : un outil conçu pour répondre aux exigences du Health Data Hub

    Ako@dom, créé par Guillaume Gaud, pharmacien, est une plateforme qui assure la continuité des soins et l’autonomie du patient à domicile en s’appuyant sur la relation de confiance entre infirmiers et patients. Elle répond à un enjeu du suivi longitudinale du patient, d’observance et de qualité de vie. À domicile, face à ses comprimés, « le patient est responsable de son go chimio », indique Guillaume Gaud. De plus, il existe un risque de retard de prise en charge des effets indésirables. « Nous avons l’ambition d’améliorer la qualité de vie et allons le valider lors d’une étude », annonce le concepteur d’Ako@dom. La plateforme s’adresse aux patients ayant une vulnérabilité particulière, psychologique en alliant le numérique et l’humain. « Il s’agit de faire du lien entre les acteurs », synthétise Guillaume Gaud.

    Dans le cadre du dispositif actuel, le patient est accompagné durant 3 mois une fois par semaine. Une cartographie de son équipe de soins primaire est réalisée avant d’organiser le parcours. Chacun à un rôle précis et des besoins d’information particulier. Les infirmières sont formées et tutorées par d’autres infirmières.

    Une autre spécificité de l’outil est d’avoir été conçu pour répondre aux exigences du Health Data Hub et d’être connecté aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) pour faciliter la conciliation médicamenteuse.

    La plateforme est en cours expérimentation dans le cadre de l’article 51. « Dans ce cadre est pris en charge toute la part dérogatoire, indique Guillaume Gaud. Pour le reste, les établissement doivent être parties prenantes car le financement par les industriels n’est pas pérenne. »

    Multiplication des solutions polymorphes

    Nous sommes actuellement face à une fragmentation de l’information disponible pour un patient donné, un éparpillement des acteurs avec des trous qui subsistent. Pour Yann-Maël Le Douarin, le « grand chantier est de travailler sur les fondations pour la cohabitation d’un ensemble de plateformes en bonne intelligence ». Cela passe par un référencement de l’ensemble des professionnels de santé d’un patient basé sur l’identifiant national de santé, avec une problématique qui subsiste autour de l’interopérabilité, malgré le cadre.

    3 outils publics facilitant sont identifié : le Health Data Hub, l’espace numérique de santé et le bouquet de services, qui est le pendant pour les éditeurs. « L’espace numérique de santé est centré patient, note Yann-Maël Le Douarin. Demain, si j’ai plusieurs applications, l’objectif est d’y avoir mes informations consolidées. » Spécificité de la cancérologie, le dossier communiquant de cancérologie y sera intégré aussi.

    Face à cela, des plateformes polymorphes se mettent en place, des solutions de télésuivi sur lesquelles le patient entre des données, a accès à ses rendez-vous, aux traitements et à des programmes d’éducation thérapeutique. « Elles sont organisationnelles et éducationnelles, commente Yann-Maël Le Douarin. D’autre part, les applications de télésurveillance récupèrent des données, les analyse, génèrent des alertes. »

    « Il faut donc les considérer dans leur contexte et évaluer le bon parcours, la bonne rémunération, les bons acteurs, ajoute-t-il. L’article 51 notamment est là pour poser un socle solide d’interopérabilité éthique, déontologique et définir les nouveaux modèles de financement. »

  • Note aux abonnés : bonnes fêtes de fin d’année, reprise de la publication le 6 janvier 2020

    Chers abonnés,

    La dernière publication de 2019 aura lieu le 25 décembre ! L’équipe de Health & Tech Intelligence vous souhaite donc de joyeuses fêtes de fin d’année. Nous aurons le plaisir de vous retrouver dans notre rythme quotidien de publication à compter du 6 janvier 2020, et vous réservons pour 2020 encore plus de contenus et de nouveaux sujets.

    La plateforme reste accessible pendant les fêtes pour que vous puissiez consulter la base de données. L’occasion également de retrouver les informations clé de cette année :

    • Point d’avancement de la feuille de route numérique en santé : les volets gouvernance, sécurité et interopérabilité en plein déploiement :
    > à noter que les premiers chapitres de la doctrine technique du numérique en santé ont été publiés (nos articles ici et ici) ;

    • Télémédecine : l’Asip publie une partie de son étude et met en concertation le référentiel socle ;

    • [ENTRETIEN] « La France peut devenir la locomotive européenne de l’IA en santé » (Damien Gromier, AI for Health) ;

    • [DOSSIER] Paris Healthcare Week 2019 – IA, télémédecine, organisations innovantes : retour sur les principales tendances ;

    • tous les travaux scientifiques sur les technologies health tech sont répertoriés dans la section « Études », accessible via ce lien ;

    • tous les indicateurs, tels que les stratégies e-santé nationales et les bilans mensuels des levées de fonds, sont à disposition dans la rubrique « Data » via ce lien.

    Bonne lecture et bonnes fêtes à tous,

    L’équipe H&TI

  • Enquête : le numérique, catalyseur de la relation industriels-médecins (Aptus Health)

    Les médecins souhaitent plus de formation continue, plus d’études clinique de la part des industriels et plus d’interactions avec leurs pairs. C’est l’une des informations clés qui ressort d’un sondage publié fin novembre 2019, réalisé auprès de 2 600 médecins dans 8 pays européens par la société de solutions d’engagement en santé numérique Aptus Health.

    En résumé, cette enquête :
    • montre une augmentation de 34 % de l’engagement grâce à la personnalisation ;
    • révèle comment l’intelligence artificielle (IA) et l’analytique ont façonné la stratégie d’engagement client de Novartis :
    • définit des mesures à prendre pour recycler les représentants (med reps) pour qu’ils comprennent et utilisent les données des clients.

    De manière générale, le sondage met en lumière qu’il reste encore beaucoup à faire pour réduire l’écart entre ce qu’un professionnel de la santé (HCP) souhaite d’une entreprise pharmaceutique et ce qu’il en obtient réellement. Il est agrémenté du retour d’industriels, dont Leo Pharma, MSD International et Novartis.

    La relation industriels-médecins nécessite « de meilleures pratiques et de meilleurs résultats »

    Les relations entre industriels et médecins nécessitent de la cohérence, des processus de gestion, de meilleures pratiques et de meilleurs résultats, indiquent les auteurs de l’enquête. Par ailleurs, les questions concernant la fréquence de l’engagement et l’accès à l’information démontrent clairement que l’utilisation du numérique et des données va permettre de personnaliser du contenu pertinent pour les médecins. Une nouvelle génération de représentants commerciaux doit émerger pour répondre aux exigences d’un paysage de la santé en évolution rapide. Le modèle de vente singulier actuel – qui a connu un tel succès dans le passé – n’est plus adapté à l’usage.

    Résultats : des écarts entre la demande des médecins et ce qu’ils obtiennent

    • Les médecins veulent une formation médicale continue (FMC) mais moins de 20 % l’obtiennent.
    • Un quart voudrait de nouvelles données d’essais cliniques mais seulement 12 % ont déclaré en avoir reçues de leur représentant commercial.
    • Près de 30 % ont déclaré souhaiter l’avis de leurs pairs dans des domaines ou des spécialités identiques ou différents mais seulement 6 % ont déclaré l’avoir obtenu.

    Cette enquête met en lumière qu’il reste encore beaucoup à faire pour réduire l’écart entre ce qu’un professionnel de la santé (HCP) souhaite d’une entreprise pharmaceutique et ce qu’il obtient réellement.

    Les leviers pour répondre aux besoins des médecins

    Les relations avec les médecins nécessitent de la cohérence, des processus de gestion, de meilleures pratiques et de meilleurs résultats. À un niveau plus granulaire, une grande partie de l’industrie essaie toujours de déterminer :

    • quel type de contenu doit être utilisé ;
    • à quelle fréquence il doit être envoyé ;
    • par quels canaux.

    Les preuves montrent que les représentants commerciaux sont toujours de loin le meilleur moyen de dialoguer avec les médecins et qu’ils ont le plus grand impact. Cependant, les questions concernant la fréquence de l’engagement et l’accès à l’information démontrent clairement que le numérique a également un rôle à jouer.

    Par exemple, la plateforme numérique d’information et d’éducation Univadis d’Aptus Health fournit :

    • des actualités médicales ;
    • des mises à jour sur les conférences ;
    • les recherches ;
    • une formation de pointe à des professionnels de la santé ;
    • un résumé concis des dernières recommandations médicales ;
    • des directives de traitement locales.

    Ceci, d’une manière interactive et respectueuse des horaires chargés des médecins :

    • version 1 minute ;
    • version 20 minutes ;
    • version 1 heure.

    L’option la plus fréquemment choisie jusqu’à présent par les utilisateurs a été la version 20 minutes.

    Plus le contenu est personnalisé, plus il augmente considérablement l’engagement. « Sur plusieurs mois, en personnalisant le contenu, explique Sven Awege, VP international sales and account management à Aptus Health. Nous avons constaté une augmentation de 16 % des taux d’ouverture et de 34 % des taux de clics. Ce sont des chiffres assez convaincants qui, je pense, démontrent qu’il y a un réel avantage à la personnalisation. »

    Machine learning et intelligence artificielle

    Aptus a développé ses capacités de machine learning (apprentissage automatique) et d’intelligence artificielle (IA) au cours des 2 dernières années dans le but de mieux comprendre :

    • les archétypes et les comportements ;
    • les canaux préférés ;
    • les périodes de temps ;
    • l’affinité du contenu.

    Ce à partir d’environ 150 000 interactions sur la plateforme Univardis chaque jour.

    Les premiers résultats : le retour des industriels

    Leo Pharma : Christian Scheuer, VP Global Commerical Affairs and Excellence

    Il estime que la personnalisation se résume à 3 choses différentes :

    • le type de comportement du médecin,
    • la pertinence du contenu pour une personne donnée
    • les canaux de communication préférés du médecin.

    Les équipes numériques de MSD International et Novartis utilisent l’apprentissage automatique et l’IA pour les aider à répondre aux attentes individuelles et collectives.

    MSD International : Philippe Kirby, responsable des capacités numériques et des analyses International

    Il travaille avec la technologie d’aide à la décision de Veeva, Aktana, qui donne aux représentants des suggestions intelligentes basées sur leur interaction historique avec les médecins. Cela permet alors de construire un historique des interactions afin d’avoir des informations futures.

    Novartis : Oliver Watherston, responsable des analyses et des analyses commerciales

    Il indique que le potentiel d’analyse prédictive et normative d’Aktana est bien reçu par les commerciaux de son entreprise. « Nous avons beaucoup d’enthousiasme de la part de l’équipe sur le terrain à propos de ce prochain meilleur processus d’action ou moteur de recommandation, car ils croient que cela aidera à améliorer leurs interactions avec le médecin et à faire passer la relation au niveau supérieur, commente Oliver Watherston. C’est un moment très excitant et un peu révolutionnaire pour eux. »

    Novartis lance également un nouveau programme, qui permettra aux représentants de saisir du texte libre dans le système CRM de l’entreprise, en fonction de leur interaction, de la façon dont ils pensent que l’engagement s’est déroulé et des notes supplémentaires dont ils souhaitent se souvenir à l’avenir : ce programme offre une réelle opportunité pour des analyses puissantes pour exploiter des centaines, voire des milliers, d’interactions différentes qui se produisent chaque jour et rechercher des thèmes communs parmi eux. Par exemple : « Ces thèmes sont liés à la façon dont nos produits ont été reçus, utilisés, à quoi ressemble l’utilisation chez les patients et à leur efficacité clinique, indique Oliver Watherston. En collectant et en exploitant les données ensemble et en analysant le texte libre pour les mots clés, nous pouvons obtenir une très bonne image de ce qu’est vraiment la vision de la communauté des médecins sur nos produits. Il détient beaucoup de pouvoir. »

    Novartis et MSD sont bien avancés sur la voie des données numériques, mais les progrès dans d’autres laboratoires utilisant les données numériques au lieu de l’unique expérience des commerciaux sont inégaux. Cela dépend en grande partie de l’endroit où une entreprise est basée dans le monde ou du domaine thérapeutique dans lequel elle se spécialise.

    Philippe Kirby, de MSD déclare que « certains pays prennent des décisions clés et ont mis en œuvre des processus Agile qui vont de pair avec la conduite des données et les utilisent pour exécuter des campagnes. Ensuite, il y en a d’autres qui sont au début du chemin et qui continuent de se construire pour y arriver. À MSD, la question est abordée des points de vue : humain-processus-technologie. Les trois doivent évoluer ensemble pour parvenir à cette innovation. »

    Oliver Watherston de Novartis estime que les progrès ont été lents à utiliser les données pour améliorer l’engagement des professionnels de la santé, car historiquement les marketeurs ont été « paralysés » par les données.

    Innovation organisationnelle

    Ces données vont donc changer la donne pour les marketeurs. Ils vont pouvoir affiner leurs tableaux de bord plus facilement et devront interpréter de nouvelles sources de données qui arrivent de minute en minute. Cela devrait leur permettre d’être également plus confiants dans la prise de décision. Il s’agit d’un véritable changement organisationnel.

    Les outils numériques suggèrent que la plupart des entreprises quitte l’approche traditionnelle du marketing aux médecins et commencent à établir des relations avec les agences numériques pour ce faire. Le changement est là et la réflexion doit être aussi la plus innovante possible.

    L’objectif final est de garantir que les médecins prescrivent les meilleurs et les meilleurs traitements au bon moment aux bons patients. De nombreux médecins reçoivent que trop peu de formation, « de sorte que la plupart des nouvelles informations proviennent de l’industrie pharmaceutique, donc mieux nous nous engageons à dialoguer avec eux, mieux le médecin deviendra. Notre objectif ultime est d’améliorer les soins aux patients », rappelle Philippe Kirby de MSD International.

  • Doctrine technique du numérique en santé : huit nouveaux chapitres sont en ligne

    « Huit nouveaux chapitres de la doctrine » technique sont à présent publiés et « appellent aux contributions et réactions des acteurs de l’écosystème jusqu’au 19 janvier 2020 ». C’est ce qu’annonce l’Agence du numérique en santé (ex-Asip Santé)dans un communiqué daté du 23 décembre 2019.

    Les nouveaux chapitres consultables sur la plateforme de concertation (https://participez.esante.gouv.fr) sont ceux portant sur l’ «éthique », l’ «outil convergence », le « référentiel d’acteurs pour les personnes physiques », le « référentiel d’acteurs pour les personnes morales », l’ «offre de santé », l’ «Identité numérique des acteurs de santé et du médico-social », la Certification hébergement HDS et les Structures 3.0.

    L’agence souligne que la mise en concertation de quatorze chapitres de la doctrine technique « ont déjà permis de récolter près d’une centaine de retours ».

    Éthique

    Ce chapitre propose de définir et d’assurer « le portage d’un cadre » éthique qui intègre :

    – la totalité des dimensions de l’éthique

    – l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la e-santé, que ce soit les citoyens, les professionnels de santé, ou les industriels.

    Il présente les actions d’ores et déjà lancées (référentiel de labellisation ou de certification éthique des outils numériques, sensibilisation du grand public…)

    Il est lié à l’action 2 de la feuille de route : Relance du « Conseil du numérique en santé » en tant qu’instance de concertation sur le virage numérique en santé, et création d’une cellule d’éthique du numérique en santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Outil Convergence

    Cet outil assure le respect de conformité et de convergence à la doctrine e-santé. Le chapitre correspondant précise le périmètre de l’outil, et son industrialisation

    Il propose de mettre en œuvre un observatoire de la convergence. 

    Ce chapitre est lié à l’action 8 de la feuille de route : Lancement d’une étude relative à l’opposabilité des référentiels de sécurité et d’interopérabilité, et renforcement des dispositifs de contrôle de conformité pour les systèmes d’information en santé financés sur fonds publics.

    Synthèse des actions-clé:

    Référentiel d’acteurs pour les personnes physiques

    Ce référentiel national contient les données d’identification des professionnels qui ont besoin d’accéder, d’échanger ou de partager des données de santé. 

    Le chapitre correspondant en précise l’objectif, le périmètre, la trajectoire de peuplement et de mise en qualité. Il est lié à l’action 4 de la feuille de route : Généralisation de l’identification numérique des acteurs du système de santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Référentiel d’acteurs pour les personnes morales

    Ce référentiel contient les données d’identification des personnes morales du secteur santé (sanitaire et social).

    Le chapitre correspondant en précise le périmètre et la trajectoire d’évolution. Il est également lié à l’action 4 de la feuille de route.

    Synthèse des actions-clé:

    Offre de santé (Répertoire opérationnel des ressources – ROR)

     Ce chapitre porte sur le référentiel de données de description de l’offre de santé commun aux secteurs sanitaire et médicosocial.

    Il invite à consolider le périmètre de description de l’offre de santé, à sécuriser l’accès au ROR et à améliorer le niveau de service du ROR en faisant évoluer son architecture.

    Synthèse des actions-clé:

    Identité numérique des acteurs de santé et du médico-social

    Ce chapitre porte sur les mécanismes d’authentification publique et privée permettant l’accès aux services numériques de santé. 

    Il est lié à l’action 5 de la feuille de route : Mise à disposition de la e-CPS assortie d’un fournisseur national d’identité sectoriel dit « pro santé connect » pour l’authentification numérique des acteurs de santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Certification hébergement HDS

     L’activité d’hébergement de données de santé sur support numérique est encadrée.

    Le chapitre correspondant explique son objet et les extensions nécessaires à la procédure pour sécuriser l’hébergement des données de santé sur l’ensemble de la chaîne de traitement.

    Ce chapitre est lié à l’action 8 de la feuille de route : Lancement d’une étude relative à l’opposabilité des référentiels de sécurité et d’interopérabilité, et renforcement des dispositifs de contrôle de conformité pour les systèmes d’information en santé financés sur fonds publics.

    Synthèse des actions-clé:

    Structures 3.0

    Cette action a pour objectif de faire émerger un réseau de structures pilotes prêts :

    – à expérimenter de nouveaux usages du numérique dans leurs services,

    -à partager leurs apprentissages,

    – à accompagner d’autres établissements à faire de même.

    Ce chapitre est lié à l’action 23 de la feuille de route : Création d’un réseau national de structures de santé dites « 3.0 », véritables locomotives de la e-santé en France, dont le rôle sera d’expérimenter et d’évaluer en « conditions réelles » de nouvelles solutions et de nouveaux usages en matière de e-santé.

    Synthèse des actions-clé:

  • Hacking Health Camp 2020 : du 20 au 22 mars 2020 à Strasbourg

    La 7e édition du Hacking Health Camp se déroulera du 20 au 22 mars 2020 à l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad) et à la faculté de médecine de Strasbourg. 

    Ces 3 jours seront rythmés par des conférences axées sur les millennials et la santé, des formations sur le plan légal, médical, technologique, design et entrepreneurial ainsi que par un hackathon d’envergure mondiale, soit un concours de 50 heures pour transformer des idées en prototypes. 

    Ce challenge s’adresse aux porteurs de projets ou aux professionnels de santé, patients, développeurs, ingénieurs, designers et entrepreneurs souhaitant mettre à disposition leur savoir-faire et ainsi contribuer à la création de solutions innovantes en santé.

    Les inscriptions sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

    Vendredi matin à l’Ircad

    • CONFÉRENCES : « Les Millennials et la santé », des personnalités partagent leur vision du futur de la santé
      • Le programme détaillé ici.

     Vendredi après-midi à la Faculté de médecine

    • FORMATIONS : l’innovation en santé
      • Le programme détaillé ici.

    Du vendredi soir au dimanche soir à la Faculté de médecine

    • HACKATHON : 50 heures pour transformer des idées en prototypes.
      • Le déroulé du hackathon ici.
  • Étude : 9 applis sur 10 dédiées au suicide ne sont pas conformes aux recommandations (BMC Medicine)

    La plupart des applications mobiles (93 %) pour la prévention du suicide et la gestion de la dépression ne fournissent pas les 6 stratégies de prévention du suicide qui sont couramment recommandées dans les directives cliniques internationales. Les chercheurs de la Nanyang Technological University de Singapour (NTU Singapour) ont même constaté que plusieurs applications téléchargées plus d’un million de fois qui indiquaient des numéros de téléphone d’urgence incorrects ont été trouvés disponibles dans le monde. Les résultats de leur étude* ont été publiés le 19 décembre 2019 dans la revue BMC Medicine.

    Suicide : prévenir le passage à l’acte en développant des applis mobiles

    Plus de 16 millions de tentatives de suicide sont enregistrées chaque année dans le monde. Et 800 000 suicides sont perpétrées. C’est la deuxième cause de mortalité évitable dans le monde. Pour éviter ce passage à l’acte, une aide est nécessaire. Or, 40 % des personnes ayant des pensées ou des comportements suicidaires ne recherchent pas de soins médicaux ou n’y ont pas accès, en particulier dans les pays en développement. Les interventions numériques fournies en ligne ou via des appareils mobiles peuvent augmenter l’accès à l’aide et aux soins de santé mentale. D’autant que les patients se sentent souvent plus à l’aise pour discuter de leurs troubles psychologiques en ligne que lors d’une rencontre en face à face. Bon nombre d’entre eux considèrent internet accessible, abordable et pratique. Encore faut-il que les applications mobiles soient à la hauteur de l’enjeu et utilisent des méthodes fondées sur des preuves.

    Pour le savoir, une équipe de chercheurs singapouriens, australiens, hollandais et britanniques ont mené l’enquête. Ils ont examiné 69 applications à la suite d’une recherche systématique sur l’App Store d’Apple et Google Play : 20 étaient des applications de gestion de la dépression et 46 étaient consacrées à la prévention du suicide. Les chercheurs ont voulu évaluer si ces applications mobiles reprenaient bien l’ensemble des recommandations internationales sur le suicide.

    La qualité des conseils passée au crible

    6 stratégies pour prévenir le suicide, fondées sur des preuves, font partie des recommandations américaine, britannique et de celles de l’OMS :

    • le suivi de l’humeur et des pensées suicidaires ;
    • l’élaboration d’un plan de sécurité ;
    • la recommandation d’activités pour déterminer les pensées suicidaires ;
    • l’information et l’éducation aux les signes de suicidalité ;
    • l’accès aux réseaux de soutien ;
    • et les conseils d’urgence.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 19 décembre 2019 dans la revue BMC Medicine.

    Résultats : 1 appli sur 10 conforme aux recommandations

    • 93 % des applis ne fournissent pas les 6 stratégies de prévention du suicide recommandées ;
    • 94 % des applications testées donnaient des coordonnées en cas d’urgence ;
    • 67 % fournissaient un accès direct à une ligne d’assistance en cas de crise ;
    • 51 % délivraient une éducation liée au suicide ;
    • 12 % des applications de gestion de la dépression étaient des chatbots ;
    • 9 % ont fourni un numéro d’assistance téléphonique de crise erroné.

    Les auteurs de ces travaux estiment que ces résultats démontrent l’échec des magasins d’applications Apple et Google ainsi que de l’industrie des applications de santé en matière d’auto-gouvernance et d’assurance qualité et sécurité. « Les niveaux de gouvernance doivent être stratifiés en fonction des risques et des avantages pour les utilisateurs de l’application, par exemple lorsque des conseils de prévention du suicide sont fournis », soulignent-t-ils.

    Un appel à une plus grande vigilance des développeurs

    En outre, les chercheurs se sont insurgés du fait que « des numéros de téléphone d’assistance téléphonique inexistants ou inexacts ont été fournis par des applications de santé mentale téléchargées plus de 2 millions de fois ». Il est essentiel, selon eux, « que les développeurs d’applications mobiles veillent à ce que les informations contenues dans leurs applications soient mises à jour ».

    En conclusion, ils ont cependant tenu à rappeler que le suicide étant un problème complexe et multiforme, les applications mobiles ne doivent donc pas se substituer aux interventions existantes mais plutôt être conçues comme un complément « au pool de ressources existant ».

  • Pertinence des soins : « Le bon soin au bon patient au bon endroit », selon la VBHC (S. Benzaken, PACA)

    « Ma définition de la pertinence est d’avoir le bon soin au bon patient au bon endroit au lieu d’avoir une démarche purement quantitative et économique. C’est en cela qu’elle est inspirée par le principe de la value-based health care (VBHC), » déclare le Dr Sylvia Benzaken, praticien hospitalier, vice-présidente de la commission médicale d’établissement (CME) du CHU de Nice et présidente de l’Instance régionale d’amélioration de la pertinence des soins (Iraps) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

    Alors que l’ARS Paca communique sur sa politique en faveur de la pertinence des soins, Sylvia Benzaken détaille à Health & Tech Intelligence les initiatives de l’Iraps, qu’elle préside depuis bientôt quatre ans, selon une conception de la pertinence des soins inspirée par le principe de la VBHC, avec le souci de bénéficier à la fois au patient, aux soignants et à la collectivité. Elle donne en exemple le programme PacO (PACA Obésité), une expérimentation « article 51 » lancée en direction des candidats à la chirurgie bariatrique dans la région. Dans ce cadre, l’Iraps travaille notamment sur une application permettant aux patients de gérer leur agenda et d’échanger avec l’équipe de soins.

    « La vraie raison d’être de la pertinence des soins, c’est la qualité et la sécurité des patients »

    Pourquoi avoir décidé de travailler sur la pertinence des soins en PACA ?

    Dr Sylvia Benzaken : La région PACA se caractérise par un taux de recours à la chirurgie supérieur au taux national, sur 70 % du périmètre des actes surveillés par les pouvoirs publics, alors que les actions de prévention sont en deçà des moyennes nationales. Ainsi, pour le cancer colorectal, le taux de participation au dépistage via un test immunologique est trop faible (28 %) et seulement 18 % des coloscopies sont réalisées après un test positif.

    C’est la raison pour laquelle l’ARS et l’Iraps ont engagé des actions visant à rendre plus pertinente tout au long du parcours de soins la prise en charge des patients qui bénéficient d’angioplasties, de chirurgie bariatrique, d’endoscopies digestives et de prothèses du genou.

    Quelle est votre conception de la pertinence des soins ?

    Ma définition de la pertinence est d’avoir le bon soin au bon patient au bon endroit, au lieu d’avoir une démarche purement quantitative et économique. C’est en cela qu’elle est inspirée par le principe de la value-based health care (VBHC).

    Il faut souligner que la vraie raison d’être de la pertinence des soins, c’est la qualité et la sécurité des patients, car des soins inutiles peuvent faire courir des risques aux patients : c’est vrai pour les traitements médicamenteux comme pour des actes interventionnels.

    Quelle est la plus-value de la pertinence des soins pour les différentes parties prenantes ?

    La pertinence des soins permet d’intégrer des indicateurs mesurés par le patient, du point de vue notamment de sa qualité de vie : est-ce qu’avec une prothèse de genou, il peut monter un escalier ? Aller chercher ses enfants à l’école ? Etc. Ce sont les indicateurs PROMs, déployés largement à l’international mais pas en France à ce jour.

    La plus-value pour les professionnels de santé, c’est l’évaluation des résultats cliniques des prises en charge mais aussi la coordination entre professionnels sur des actes isolés et sur des parcours, comme dans le cadre de la prévention du cancer du côlon, depuis le test jusqu’à la coloscopie. On est ainsi au cœur de la définition de la valeur en santé (VBHC), l’efficience pour la collectivité et le résultat pour l’individu.

    La pertinence intégrée au PRS « comme levier de la qualité et de la sécurité »

    Quel bilan faites-vous de l’Iraps après presque quatre ans d’existence ?

    La pertinence a montré qu’elle méritait d’être intégrée au PRS, comme levier de la qualité et de la sécurité des soins. La spécificité de l’Iraps est d’être tripartite : ARS, Assurance maladie et acteurs de santé (professionnels et représentants de patients). Son rôle est de promouvoir la thématique de la pertinence des soins et de faire que les professionnels se l’approprient, pour que ce ne soit pas seulement une démarche de régulateur financier ou de tutelle « top-down ».  Il s’agit d’aller au-delà du point de vue de l’Assurance maladie, dans lequel la notion de sur-recours se rapporte à une moyenne sans mise en relation avec les besoins en santé publique. L’Iraps met en perspective cette alerte « sur-recours » avec les indicateurs régionaux et avec la qualité attendue selon les recommandations internationales.

    À l’heure actuelle, sur une échelle de 1 à 10, je pense que l’Iraps mériterait un 8. Elle n’aurait pas 10 parce que nous n’avons pas encore réussi la diffusion et l’appropriation par tous les professionnels de santé.  Nous y travaillons : après le succès de la première Journée Iraps en 2018, une deuxième journée est envisagée pour la fin du 1er semestre 2020, en association avec les autres Iraps et l’ARS du Grand Sud (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes).

    PacO : 2 100 patients candidats à la chirurgie bariatrique

    Qu’est-ce que le programme PacO ?

    En chirurgie de l’obésité (dite « bariatrique »), la région PACA compte 20 % d’actes en plus que la moyenne nationale, alors que l’obésité y est moins présente.  C’est pourquoi l’ARS a lancé cette année avec l’Iraps et les CSO (centres spécialisés obésité) un projet de labellisation baptisé « PacO » pour « PACA obésité », qui va bénéficier d’une expérimentation article 51 dédiée. Elle va permettre de suivre sur 5 ans, à partir de 2020, quelque 2 100 patients candidats à la chirurgie bariatrique, soit environ la moitié des opérés de PACA, et de leur proposer un parcours idéal avec une prise en charge pluridisciplinaire dans laquelle les prestations jusque là à la charge des patients leur seront remboursées : suivi pré-opératoire et post-opératoire, éducation thérapeutique, consultations de psychologie et diététique, activité physique adaptée.

    Tous les patients entrant dans PacO doivent avoir un DMP ouvert

    Quel usage faites-vous des outils numériques dans le cadre de ce programme?

    Nous avons décidé que tous les patients entrant dans PacO doivent avoir un DMP ouvert. Nous travaillons également sur une application destinée aux patients leur permettant de gérer leur agenda et d’échanger avec l’équipe de soins.

    Un registre existait déjà, géré par les chirurgiens de la Sofcomm. Nous allons élargir ce registre et le paramétrer pour qu’il serve de base au financement de l’expérimentation. 

  • 4 scénarios pour la pharmacie en 2030 : une migration continue des soins vers la valeur

    Le changement dans la chaîne de valeur et dans les modèles de profit s’accélère. Il s’agit de l’une des 5 prédictions émises par le cabinet de conseil Oliver Wyman dans son analyse sur la santé en 2030, centrée sur le secteur pharmaceutique. La société présente également 4 scénarios possibles sur ce futur marché et pointe du doigt 5 états d’esprit à éviter.

    L’industrie de la santé a connu des changements majeurs au cours de la dernière décennie, notamment une réforme importante du secteur avec l’adoption aux États-Unis de la loi sur la protection des patients et les soins abordables (Patient Protection and Affordable Care Act, surnommée « Obamacare »), le développement des GAFAM dans l’industrie et le boom de la télé-santé en tant que nouvelle porte d’entrée pour les soins. Les experts de Oliver Wyman partagent leurs points de vue sur ce à quoi le secteur pourraient ressembler dans la décennie à venir. Ils analysent la transformation du marché de la pharmacie, les scénarios économiques auxquels l’industrie sera confrontée.

    5 prédictions :
    • des changements massifs apparaissent quant à la définition d’un produit pharmaceutique ;
    • la réussite du secteur pharmaceutique repose sur un modèle multimodal, sans localisation précise ; le commerce de détail traditionnel se réinvente ou devient un lieu à but non lucratif ;
    • les gestionnaires de risques efficaces adoptent une approche totalement différente de la gestion des coûts des pharmacies ;
    • les thérapies alternatives et complémentaires deviennent courantes ;
    • le changement dans la chaîne de valeur et dans les modèles de profit s’accélère.

    4 scénarios possibles :
    • 1 : le statu quo se poursuit ;
    • 2 : les soins comme un secteur à but non lucratif ;
    • 3 : triomphe de la valeur – dirigée par les acteurs historiques ;
    • 4 : triomphe de la valeur – dirigée par les innovateurs.

    5 états d’esprit qui restreignent l’innovation en santé :
    • ne pas être assez agressif concernant le risque de baisse sur le marché ;
    • se concentrer sur la réduction des coûts en cours d’année ;
    • être complaisant vis-à-vis de la pénurie de médecins et le talent des praticiens ;
    • avoir une vision des données transactionnelle ;
    • avancer à la vitesse d’un « incumbent« .

    Contexte : d’ici 2030, les dépenses globales en pharmacie dépasseront 1 billion USD

    Au cours de la prochaine décennie, la pharmacie va considérablement changer, alimentée en grande partie par la trajectoire des dépenses en pharmacie et la nature des médicaments qui arrivent sur le marché, analyse le cabinet Oliver Wyman. Une augmentation des approbations de médicaments de spécialité brise la courbe des coûts.

    En fait, 2019 a été la première année où les coûts des spécialités ont dépassé ceux des médicaments traditionnels, rappelle le cabinet, qui estime que d’ici 2030, les dépenses globales en pharmacie dépasseront 1 billion de dollars (902 Mds €).

    Ce phénomène aura pour conséquence que 3 % des consommateurs génèreront 70 % des dépenses en pharmacie. Cette projection demande de nouveaux modèles de gestion des pharmacies, notent les experts d’Oliver Wyman. De plus, de nouveaux médicaments font leur apparition avec des profils très différents – des solutions désormais curatives, des médicaments personnalisés, des solutions alternatives et des thérapies numériques sont incroyablement prometteuses mais présentent également des défis économiques et de gestion fondamentalement différente, observe le cabinet.

    Les 5 prédictions du cabinet Oliver Wyman :

    • des changements massifs apparaissent quant à la définition d’un produit pharmaceutique ;
    • la réussite du secteur pharmaceutique repose sur un modèle multimodal, sans localisation précise ; le commerce de détail traditionnel se réinvente ou devient un lieu à but non lucratif ;•
    • les gestionnaires de risques efficaces adoptent une approche totalement différente de la gestion des coûts des pharmacies ;
    • les thérapies alternatives et complémentaires deviennent courantes ;
    • le changement dans la chaîne de valeur et dans les modèles de profit s’accélère.

    4 scénarios possibles dans les années à venir

    • Scénario 1 : le statu quo se poursuit ;
    • scénario 2 : les soins comme un secteur à but non lucratif ;
    • scénario 3 : triomphe de la valeur – dirigée par les acteurs historiques ;
    • scénario 4 : triomphe de la valeur – dirigée par les innovateurs.

     Scénario 1 : le statu quo se poursuit :

    • la prochaine décennie reflète la même que la précédente ;
    • les soins restent payants ;
    • l’innovation se produit en marge mais ne transforme pas entièrement les modèles ;
    • des changements structurels ou de remboursement majeurs n’impliquent pas des changements dans le pool de profits.

     Scénario 2 : les soins sans but lucratif :

    • l’indignation sociale pousse aux réformes législatives qui portent ces pools de profits ;
    • les start-ups innovantes ne sont pas suffisamment scalables pour être disruptives ;
    • le poids des bénéfices des big pharma est relégué au passé et le prix des médicaments baisse significativement.

     Scénario 3 : triomphe de la valeur – dirigée par les acteurs historiques :

    • la valeur comprend des vecteurs comme le comportement, les outils, la science et la prestation ;
    • l’opérateur historique ouvre la voie ;
    • les opérateurs historiques et les nouveaux entrants sur le marché gagnent lorsque les essais pilotes deviennent des « disrupteurs », créant de la valeur de consommation et élargissant les pools de bénéfices pour les opérateurs historiques.

      Scénario 4 : triomphe de la valeur – dirigée par les innovateurs :

    • le pouvoir et l’engagement de la marque redéfinissent l’expérience des consommateurs ;
    • les clients sont plus fidèles aux plateformes qu’aux payeurs ou aux fournisseurs ;
    • la nouvelle porte d’entrée des soins devient une clinique de détail basée sur la valeur et des options de soins virtuels ;
    • les innovateurs se tournent vers un nouveau pool de profits (et les capturent).

    Les leviers pour accélérer la transformation du secteur pharmaceutique :

    Les freins organisationnels à l’émergence de soins disruptifs :

    • les progrès de l’industrie de la santé dans la résolution de problèmes majeurs – coûts, résultats, expérience – peuvent peut-être être décrits comme progressifs ;
    • les frais médicaux dépassent toujours l’inflation, augmentant la pression pour réduire les coûts ;
    • la chaîne de valeur reste statique car les payeurs continuent de détenir la majeure partie des vies et les plans de santé appartenant aux prestataires sont nichés. L’adoption des soins basée sur la valeur continue – dirigée par les Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS) – mais la plupart des efforts d’adoption, axés sur les consommateurs sains ou à risque, sont toujours remboursés via le paiement à l’acte (FFS) des modèles ;
    • malgré certains progrès notables, les soins continuent d’être à la traîne par rapport à la plupart des autres secteurs en raison de leur incapacité à mobiliser les consommateurs, plaçant ainsi d’autres secteurs à la pointe de l’innovation.

     5 états d’esprit qui restreignent l’innovation en santé

    • ne pas être assez agressif concernant le risque de baisse sur le marché ;
    • se concentrer sur la réduction des coûts en cours d’année ;
    • être complaisant vis-à-vis de la pénurie de médecins et le talent des praticiens ;
    • avoir une vision des données transactionnelle ;
    • avancer à la vitesse d’un « incumbent« .