Sickle cell disease (drépanocytose)
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Plan « Investir pour l’hôpital » : 150 M€ de crédits disponibles pour les hôpitaux dès janvier 2020
« Dans le cadre de la troisième délégation de crédits aux établissements de santé, qui intègre le reversement intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, alloue 150 millions d’euros aux hôpitaux pour leur besoin d’investissement du quotidien« , indique le ministère dans un communiqué publié le 2 janvier 2020, précisant que ces crédits seront disponibles « dès ce mois de janvier ». Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan « Investir pour l’hôpital », présenté en novembre 2019 par le Premier ministre Édouard Philippe et Agnès Buzyn.
Cette troisième délégation de crédits permet :
• aux établissements d’acheter dès à présent le matériel nécessaire au travail des soignants au quotidien : équipements et petits matériels, ou petites opérations de travaux qui impactent le quotidien des services de soins ;
• d’entamer le renforcement du financement consacré aux missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (Merri) avec l’attribution de 11 millions d’euros complémentaires.À noter également :
• conformément aux engagements pris dans le cadre du pacte pour la refondation des urgences, des crédits sont attribués aux hôpitaux « pour favoriser l’admission directe des personnes âgées dans les services d’hospitalisation, sans passage par les urgences » ;
• cette mesure est aussi un investissement en faveur de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent : avec l’allocation d’une enveloppe de 20 millions d’euros de crédits pour couvrir en priorité les territoires non pourvus ou sous dotés au regard des besoins de la population, notamment en offre d’hospitalisation pour mineurs.Au total, via la troisième circulaire budgétaire, 830 millions d’euros de crédits supplémentaires sont rendus disponibles pour les établissements de santé dès ce mois de janvier. « Une ultime phase de délégation de crédits interviendra d’ici le début du mois de mars afin de tenir compte le plus finement possible de la réalité de l’activité hospitalière réalisée en 2019 », note le ministère.
Rétro 2019 : retrouvez ici le bilan des principales annonces politiques de l’année 2019 portant sur la santé numérique et la transformation du système de soins.
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Étude : prédire des scores de douleurs grâce au machine learning et à des dispositifs mobiles (JMIR)
Il est possible, via des algorithmes de machine learning (apprentissage automatique) alimentés en données par des applications mobiles, de prédire avec une précision importante l’intensité des douleurs ressenties par des patients atteints de maladies chroniques. C’est ce que montre une étude* publiée le 2 décembre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).
Ce travail décrit comment divers dispositifs mobiles peuvent être utilisés et connectés entre eux de façon à prédire l’intensité de la douleur ressentie par les patients lors des crises liées à une maladie chronique, ici la drépanocytose, et ce dans l’objectif d’optimiser la prise en charge médicamenteuse des symptômes douloureux fortement invalidants. Lors de ce travail, 20 patients ont été recrutés et munis :
• du bracelet Microsoft Band 2 capable de mesurer en temps réel des paramètres physiologiques associés à la douleur ;
• et de l’application TRU-Pain à même de centraliser les données produites par le bracelet et de les traiter.
Un algorithme de machine learning a été entraîné au moyen de ces données et des scores de douleurs déclarés par les patients éventuellement aidés d’un infirmier à prédire les scores d’intensité de douleur à partir des variations de mesure des paramètres physiologiques relevés par le bracelet et enregistrés sur l’application.Si le dispositif mis en place a permis de prédire avec une certaine précision les scores de douleur ressentie par les patients, il doit encore être testé sur une cohorte plus importante de patients et mieux inclure les données concernant les médicaments anesthésiques administrés aux patients afin de pouvoir réellement réaliser son objectif : permettre une optimisation de la prise en charge de la douleur lors des crises douloureuses connues par les patients souffrant de certaines maladies chroniques.
Des applis mobiles pour une meilleure gestion des douleurs liées aux maladies chroniques
De nombreuses maladies chroniques s’accompagnent de crises douloureuses intenses qui diminuent fortement la qualité de vie des patients et nécessitent parfois des hospitalisations répétées. C’est par exemple le cas de maladies rhumatologiques très invalidantes telles que la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, etc.
Pour ces patients atteints de maladies chroniques, il serait intéressant de disposer de dispositifs mobiles capables d’aider à caractériser la crise douloureuse, et en particulier l’intensité des douleurs afin de permettre une prise en charge anesthésique optimale. C’est que la douleur étant subjective, les patients et prescripteurs expriment des difficultés à décrire ou comprendre l’intensité de la douleur ressentie et à déterminer le traitement idéal et les stratégies de gestion de la douleur les plus adaptées : la difficulté réside principalement dans la compréhension du degré de douleur du patient et de sa réponse à la gestion de la douleur.
Les auteurs de cette étude ont choisi comme maladie chronique associée à de régulières et importantes crises douloureuses la drépanocytose. « La douleur ressentie par les patients SCD est souvent chronique avec des crises vaso-occlusives aiguës qui sont imprévisibles et conduisent à des visites fréquentes au service d’urgence (ED) et à l’hôpital de jour pour la prise en charge. La gestion de la douleur aiguë est palliative, avec une hydratation et un contrôle de la douleur via des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) », précisent les chercheurs.
Afin de caractériser les crises douloureuses connues par les patients atteints de drépanocytose, les auteurs de ces travaux ont utilisé comme dispositif mobile une application mobile, TRU-Pain, et une solution d’enregistrement passif de données physiologiques telles que la fréquence cardiaque, Microsoft Band 2. Le dispositif mis en place a permis, par la déclaration de l’intensité des douleurs décrite par les patients aux professionnels de la santé à l’aide d’une échelle EVA, d’entraîner un algorithme d’apprentissage automatique qui visait à prédire, à partir de la mesure des constantes physiologiques, l’intensité de la douleur ressentie par le patient. L’objectif de l’étude était donc de tester la capacité d’un algorithme de machine learning (apprentissage automatique) à prédire des scores de douleur afin d’améliorer la prise en charge des symptômes douloureux.
Recrutement de 20 patients
20 patients hospitalisés en hôpital de jour pour des douleurs liées à la drépanocytose ont été inclus dans l’étude.
« Après consentement, un appareil portable Microsoft Band 2 a été placé sur le poignet du patient afin de monitorer 8 paramètres physiologiques tels que la fréquence cardiaque, la température et la conductibilité de la peau », décrivent les auteurs. « Les patients ont également reçu un iPad avec l’application TRU-Pain afin d’enregistrer les scores de douleur et d’autres symptômes (humeur, etc.) en conjonction avec les scores de douleur déclarés par les infirmières en utilisant une échelle analogique visuelle (EVA) de 0 (aucune douleur) à 10 (pire douleur possible) ».
Des résultats prometteurs encore à reproduire
Une prédiction des scores de douleur réussie…
« Notre meilleur modèle a prédit la douleur avec une précision de 0,429 sur une échelle de notation à 11 points (0 à 10) et de 0,681 sur une échelle de notation à 4 points (aucune douleur, douleur légère, douleur modérée et douleur sévère) », annoncent les auteurs.
D’après les chercheurs, cette étude montre donc qu’il est possible d’utiliser des données physiologiques recueillies sur un appareil portable et traitées par un algorithme d’apprentissage automatique afin de prédire avec précision les scores de douleur subjectifs. Ce travail s’inscrit par ailleurs dans la continuité d’autres recherches qui tentent d’établir des phénotypes numériques pour la douleur, phénotypes censés faciliter, après leur identification, la prédiction des scores de douleur et une prise en charge optimale (rapide et efficace) des symptômes douloureux.
… sur une cohorte de patients trop réduite
« Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour continuer à développer des modèles avec une précision croissante dans la prédiction de la douleur en milieu hospitalier et en ambulatoire », indiquent les auteurs.
C’est que l’étude présente plusieurs limites :
- d’abord, l’échantillon de patients sur lequel a été mené l’étude présente une taille très réduite : des études futures devraient tester la pertinence du modèle sur une cohorte de patient plus importante ;
- certains paramètres utilisés comme marqueurs de douleur, comme une variation de la fréquence cardiaque, peuvent être influencés par des événements autres que la douleur : les paramètres physiologiques mesurés doivent être interprétés dans le contexte clinique de l’histoire et de l’examen du patient ;
- la sévérité de la maladie du patient (selon des indicateurs tels que le nombre d’hospitalisations) devrait être prise en compte par le modèle ;
- les chercheurs ont postulé que les scores de douleur documentés par l’infirmière et les scores de douleur rapportés par les patients dans l’application n’étaient pas différents, or la pratique clinique montre que de nombreux patients surestiment ou au contraire sous-estiment la douleur ressentie : une étude plus approfondie est nécessaire pour déterminer si les scores renseignés par les infirmières et ceux rapportés par les patients peuvent être considérés comme similaires.
Enfin, l’application de prédiction des scores de douleur visant à optimiser le traitement anesthésique administré aux patients, l’effet des médicaments absorbés devrait être mieux pris en compte : afin d’évaluer si le traitement proposé est adapté – s’il permet de diminuer l’intensité de la douleur de façon satisfaisante -, la différence entre la mesure des paramètres avant et après l’administration de médicaments pourrait être quantifiée par l’application de façon à prédire, à terme, le traitement le plus adapté pour le patient.
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AO Cnam : évaluation de l’expérimentation art. 51 « paiement à l’épisode de soins » en chirurgie
La Cnam lance un appel d’offres (AO) avec pour objet « la mise en œuvre de l’évaluation de projets dans le cadre de l’innovation en santé (article 51 LFSS) ». Il concerne l’évaluation de l’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales ».
Cette expérimentation vise à proposer un montant forfaitaire pour rémunérer un ensemble d’acteurs mobilisés au cours d’une même prise en charge, à la différence du paiement à l’acte ou à l’activité qui prévaut dans le droit commun.
La consultation est passée par AO en application des articles R2161-2 à R2161-5 du Code de la commande publique. Le marché est conclu pour une durée de 5 ans à compter de sa date de notification.
La date limite de réception des offres est fixée au 28 janvier 2020 à 16 heures. Les réponses doivent être transmises sur le site Achatpublic.com, accessible via ce lien.
Objectifs de l’évaluation de l’expérimentation
Selon l’appel d’offres, l’évaluation doit permettre de déterminer si l’expérimentation répond aux grands objectifs qui lui ont été assignés. Il s’agira ainsi :
- de vérifier la faisabilité technique et opérationnelle du modèle de paiement forfaitaire constitué ;
- d’évaluer le caractère incitatif de ce type de financement, ses effets sur l’émergence de nouvelles formes d’organisations, sur les modifications des pratiques et notamment le développement de coopérations ;
- de tenter de mesurer l’impact sur la qualité du service rendu au patient, sur les résultats de santé et sur l’efficience des prises en charge ;
- d’apporter les éléments d’analyse permettant de se prononcer sur l’intérêt d’une généralisation de ce mode de paiement à une échelle géographique plus large ou son extension à d’autres processus de soins ;
- de suggérer les modalités opérationnelles et les conditions nécessaires associées à ce déploiement.
L’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales »
L’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales » a été lancée le 17 juillet 2019. Elle concerne 3 prises en charge chirurgicales :
- colectomie programmée pour cancer du côlon ;
- prothèse totale de hanche programmée (PTH) ;
- prothèse totale de genou programmée (PTG) ;
Pour chacun des 3 « épisode de soins », il a été défini une liste fermée de soins et de prestations pouvant être potentiellement dispensés durant une période prédéfinie englobant les phases pré-, per- et post chirurgicales de la prise en charge. Ces soins sont couverts financièrement par un forfait qui est lui-même ajusté en fonction des caractéristiques connues du patient à l’entrée du séjour de l’intervention chirurgicale (i.e. « ajustement au risque »).
La mise en place d’un montant forfaitaire pour financer l’ensemble des prestations définies dans un épisode de soins, vise à faire émerger de nouvelles organisations pour améliorer :
- la fluidité de la prise en charge et la coordination des acteurs intra- et extra-hospitaliers dans le cadre d’une organisation intégrée et s’appuyant sur les bonnes pratiques de prise en charge ;
- la qualité, la pertinence, la sécurité des soins ;
- l’état de santé et la satisfaction des patients ;
- l’efficience des soins en favorisant une utilisation optimale des moyens.
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Utiliser le DP pour un meilleur usage des médicaments en établissement de santé (rapport Anap)
L’utilisation du dossier pharmaceutique (DP) dans les établissements de santé est à même de sécuriser l’utilisation des médicaments tout en promouvant l’exercice coordonné des professions de santé et une circulation fluidifiée des informations de santé entre la ville et l’hôpital. C’est ce qu’indique un avis d’expert sur l’usage du DP en établissement de santé publié par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) au début du mois de décembre 2019, en complément de son précédent rapport concernant les enjeux de l’informatisation de la conciliation médicamenteuse.
Ce rapport, destiné aux médecins et pharmaciens désireux de mieux « identifier l’intérêt que peut recouvrir l’usage du [dossier pharmaceutique] dans un établissement de santé », présente le rôle du dossier pharmaceutique dans les recherches nécessaires à la conduite de conciliations médicamenteuses. Il propose de considérer ce dossier comme « la seule source d’information permettant d’avoir l’historique des dispensations en ville d’un patient », soit comme un outil professionnel d’information sur les médicaments indispensable à la rédaction d’ordonnances parfaitement adaptées à chaque patient.
Après avoir indiqué que ce dossier devient de plus en plus exhaustif et fiable au fil de son déploiement, l’Anap pointe cependant 2 limites pratiques qui freinent encore son utilisation : la nécessité de disposer de la carte Vitale du patient afin d’accéder au DP de ce dernier et l’historique très limité dans le temps que permet de tenir ce dossier.
Afin de répondre aux questions de ceux qui souhaiteraient déployer le dossier pharmaceutique au sein de leur établissement, l’agence nationale dresse par ailleurs dans cet avis un aperçu de prérequis techniques et des démarches administratives nécessaires.
Un dispositif efficient encore affaibli par quelques limites pratiques
Un dispositif de plus en plus efficient et exhaustif
« [Le dossier pharmaceutique (DP)] est potentiellement efficient et exhaustif », estime dans son rapport l’Anap, qui indique par ailleurs :
- qu’à la fin de l’année 2017, plus de 99 % des officines étaient raccordées au DP ;
- qu’à la fin de l’année 2018, plus de 37 592 917 DP étaient actifs.
Car plus les patients et les professionnels de santé renseignent les médicaments consommés par les patients sur leur dossier pharmaceutique, plus ce dernier est exhaustif et peut constituer un socle de réflexion fiable pour la conciliation médicamenteuse.
Afin d’illustrer l’efficience et l’intérêt du DP, l’Anap rappelle dans son rapport quelques résultats d’études menées dans des établissements de santé français depuis 2015 comme :
- un travail mené à la polyclinique côte basque, à Saint-Jean-de-Luz, qui a montré que 17 % des patients sous traitement omettent de notifier à l’anesthésiste certains « médicaments à impact clinique grave », justifiant l’utilisation du dossier pharmaceutique pour sécuriser la consultation d’anesthésie ;
- une recherche effectuée au CH d’Agen, d’après laquelle le DP serait la seule source d’informations disponibles concernant les médicaments pour 25% des patients se présentant aux urgences, encourageant l’utilisation du dossier pharmaceutique dans les services d’urgences ;
- une étude réalisée au CH de Vienne, selon laquelle le temps moyen de création et d’alimentation du DP serait de 5 minutes (2 minutes pour une alimentation seule).
2 problèmes : accès par carte Vitale et sauvegarde limitée à 4 mois
« L’historique, limité à 4 mois, suffit pour connaître les traitements actuels des maladies chroniques (les plus gros conditionnements correspondent à trois mois de traitement), mais pas pour certains traitements occasionnels épisodiques (migraine, allergie, etc.) », est-il indiqué dans le rapport.
Par ailleurs, l’accès au dossier pharmaceutique n’étant possible que si le patient consent à fournir sa carte Vitale, les médicaments prescrits à des patients dont le consentement n’a pas été donné ne peuvent être entrés dans son DP. Par ailleurs, les médicaments dispensés hors prescription, non remboursés, ne sont généralement pas non plus inscrits dans l’historique (le pharmacien ne demande souvent pas au patient sa carte Vitale lors de la délivrance de médicaments non prescrits).
Évolutions attendues pour dépasser ces limites
« Avec le décret du 9 mai 2017, quatre avancées majeures vont permettre d’assurer un dispositif sécurisé et plus facile d’utilisation », prévoit l’Anap.
Parmi ces avancées, la dématérialisation de la carte Vitale devrait permettre une meilleure circulation des informations contenues par les dossiers pharmaceutiques au sein des établissements de santé. « Au moment de l’admission ou pré-admission, la carte Vitale est enregistrée au niveau du bureau des admissions pendant une période de 15 jours. Les professionnels peuvent alors utiliser l’empreinte de cette carte Vitale à distance pour accéder au DP », décrit l’agence nationale.
Aspect technique du déploiement du DP en établissement de santé
Sécurité des données
L’Anap met en avant dans son rapport 3 points clés garantissant la sécurité des données de santé enregistrées sur le dossier pharmaceutique :
- le stockage des données chez un hébergeur agréé de données de santé ;
- le chiffrage des données ;
- l’utilisation d’un « numéro unique (NDP) calculé à partir des traits de la carte Vitale ».
Prérequis techniques
2 prérequis techniques simples sont également rappelés dans le rapport. Pour que le DP soit déployé dans un établissement de santé, celui-ci doit seulement disposer :
- d’une connexion à internet ;
- d’un lecteur de cartes fonctionnel.
Pour plus d’interopérabilité, « les données sont fournies dans un format directement utilisable par les outils du circuit du médicament », note l’Anap.
Connexion au DP
Selon le rapport, il existe 2 façons de se connecter au dossier pharmaceutique :
- par le système d’information hospitalier (SIH) intégré aux logiciels métier Pharma (éditeur : Computer Engeneering) ou Genois (éditeur : SIB) ;
- via le logiciel FAST fourni par le Cnop.
Démarches administratives
L’Anap détaille une démarche de raccordement du DP à une PUI en 5 étapes :
- demande de la PUI auprès de la direction ou de la commission médicale de l’établissement ;
- accord de la direction et envoi un courrier de candidature au Cnop pour signature d’une convention entre l’établissement et le Cnop. « Il faut compter 500 euros de mise en service puis verser une redevance annuelle, variable selon la taille de l’établissement (entre 1200 et 2400 euros) », prévient l’agence ;
- commande des cartes CPS auprès de l’Agence du numérique en santé (ex Asip) ;
- réception par la PUI d’un kit de démarrage comprenant une brochure destinée aux patients, un guide pratique du DP et guide pratique FAST destiné au service informatique ;
- réception par le service informatique d’un guide d’installation.
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Rétro 2019 : feuille de route numérique/plan urgences (753,5M€)/IA… une année d’annonces politiques
Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année 2019. Aujourd’hui, dans un contexte marqué par une crise hospitalière, retour sur les faits marquants de l’actualité politique portant sur la santé numérique et la transformation du système de soins, avec en particulier :
• l’adoption du projet de loi santé et le lancement d’une feuille de route dédiée au numérique, avec, entre autres, une gouvernance renforcée et une doctrine technique en cours de formalisation ;
• la publication des arrêtés approuvant l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) CPTS et l’avenant n°7 (assistants médicaux) ;
• l’adoption du PLFSS pour 2020, après un rejet initial du texte en novembre par le Sénat en première lecture ;
• l’annonce de 3 grands défis nationaux « IA », dont un sur la santé, qui seront financés à hauteur de 100 millions d’euros ;
• la mise en place du pacte pour la refondation des urgences (753,5 M€), avec notamment le lancement en 2020 du service d’accès aux soins (SAS), ainsi que du plan « Investir pour l’hôpital » (1,5 Md€), dans le cadre duquel Olivier Claris se voit chargé de la mission « gouvernance et simplification de l’hôpital » ;
• une loi grand âge qui se dessine : adoption prévue au premier semestre 2020 ;
• un projet de loi de bioéthique, en examen au Sénat, qui prévoit de garder l’humain au cœur des nouvelles technologies.
H&TI revient dans cet article sur ces différents points et sur les autres informations centrales de cette année politique 2019.
Ma Santé 2022 : adoption du projet de loi santé
Multiplication des possibilités d’exploitation des données de santé, création d’un espace numérique de santé (ENS) pour tous les patients, développement du télé-soin, déploiement d’assistants médicaux pour libérer du temps aux médecins généralistes, création de 1 000 CPTS… Après avoir été adopté par l’Assemblée nationale le 10 juillet 2019, le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé a été validé par le Sénat. Les sénateurs l’ont largement adopté à main levée le 16 juillet.
À l’issue de ce vote ultime, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a félicité la « qualité du texte final » et promet de mettre « une énergie folle à (le) déployer sur les territoires ».
Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre de la stratégie Ma Santé 2022, présentée en novembre 2018.
Ma Santé 2022 : déploiement de la feuille de route dédiée au numérique
En parallèle, la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), co-pilotée par Dominique Pon et Laura Létourneau, continue à dérouler sa feuille de route du virage numérique en santé et à poser les fondations de ce qu’elle présente comme la « maison du numérique en santé » (concept d’ »État méta-plateforme »).
La gouvernance se précise avec la nomination du Dr Jacques Lucas à la présidence de l’Agence du numérique en santé (ex Asip) – officiellement créée fin décembre -, effective à partir de ce mois de janvier 2020.
Le volet participatif bat également son plein avec notamment la mise en concertation de la « doctrine technique du numérique en santé en France », ouverte jusqu’à fin janvier 2020, tout comme le Tour de France de la e-santé qui se déroule jusqu’à fin février.
« Au regard de toutes ces actions, nous voulons avancer par petits pas mais rapidement pour respecter les engagements », indique Laura Létourneau, intervenue lors d’une réunion de chantier organisée en décembre 2019.
Une gouvernance renforcée
- La délégation ministérielle du numérique en santé est co-pilotée par Dominique Pon et Laura Létourneau. Son rôle est de piloter la feuille de route du numérique en santé, de coordonner les acteurs, d’effectuer les arbitrages sur la doctrine technique et de piloter la mise en œuvre de la feuille de route au niveau national et régional (action 1).
Elle sera composée d’une équipe de 16 personnes, avec plusieurs recrutements en cours. Le décret est attendu avant la fin décembre 2019.
- L’Asip Santé devient l’Agence du numérique en santé (ANS), officiellement créée ce 20 décembre :
- Annie Prévôt a pris ses fonctions en tant que directrice de l’ANS en juillet 2019 et la nomination de Jacques Lucas à la présidence sera effective en janvier 2020 ;
- autre nouveauté, les instances de gouvernances des comités s’ouvre à l’écosystème (professionnels de santé, associations de patients, structures, industriels…). Tous sont invité au Conseil du numérique en santé, instance de concertation stratégiques, dont la deuxième réunion sera le 20 janvier 2020. (Action 2)
- Une cellule éthique du numérique en santé a été mise en place, les livrables des 4 premiers groupes de travail sont attendus dès le 1er semestre 2020 :
- film de sensibilisation pour les usagers ;
- grille d’auto-évaluation de l’éthique des SIH pour les établissements de santé ;
- guide « ethics by design en IA » pour les industriels ;
- code de e-déontologie pour les professionnels de santé.
Un 5ème sera mis en place en juillet 2020 lors des « journées éthiques du numérique en santé » et 3 autres sont à venir : « sobriété numérique et développement durable », « grille d’auto-évaluation pour les éditeurs » et « épidémiologie de l’éthique du numérique en santé ».
La doctrine technique en cours de formalisation
La « doctrine technique du numérique en santé en France » est en concertation depuis fin septembre et jusqu’au 19 janvier 2020 (action 3). Un schéma d’urbanisation cible a été dessiné avec les arbitrages associés (positionnement du DMP par rapport à l’Espace numérique de santé (ENS) et aux outils de coordination, à l’urbanisation de la télé-santé, à l’interdiction de centralisation de l’identifiant national de santé pour rediffusion par les plateformes régionales…). Les contributions sont ouvertes sur le site Participez.esante.gouv.fr.
- Doctrine technique du numérique en santé : huit nouveaux chapitres sont en ligne ;
- Doctrine technique du numérique en santé : les chapitres Health Data Hub et e-precription publiés ;
- Doctrine technique du numérique en santé : les éléments sur l’interopérabilité des SIS sont en ligne.
Et aussi :
- le DMP continue de se déployer (action 11) :
- l’utilisation des messageries sécurisées de santé (MSS) est croissante : la prochaine étape est une démonstration de faisabilité de l’extension des MSS pour les échanges avec les usagers de santé, comme brique de l’espace numérique de santé (action 12) ;
- le bilan de l’expérimentation de la e-prescription sera présenté aux syndicats médecins et pharmaciens en début d’année 2020 pour décider des modalités de la généralisation (action 13) ;
- la présentation de la maquette de l’espace numérique en santé (ENS) est imminente. Les études sur l’articulation entre le DMP et l’ENS sont attendues pour janvier 2020. L’intégration du prototype de la messagerie sécurisée de santé de l’usager à l’ENS est prévue pour le 2ème trimestre 2020 (action 15) ;
- le cadrage pour le bouquet de services numériques aux professionnels -pendant professionnels de l’ENS- est attendu dans le courant du premier trimestre (Action 16) ;
- concernant le Health Data Hub, le GIP a été créé le 30 novembre 2019, le recrutement de l’équipe est en cours et la mise en place du nouveau comité éthique et scientifique national (CESREES) est attendue pour janvier 2020. La restitution du groupe de travail permettant d’identifier les données à mettre au catalogue est quant à elle prévue pour décembre 2019 (action 17) ;
- la publication des textes d’application relatifs au télésoin et saisine de la Haute autorité de santé (HAS) pour avis quant aux conditions de réalisation du télésoin sont attendus au 1er (action 18) ;
- concernant le programme Hop’en, la sélection des dossiers par les ARS et le début des financements de dossiers ont démarré fin 2019 avec une enveloppe de 420 millions d’euros sur la période 2019-2023. 2 430 établissements ont répondu (action 19) ;
- les premiers pilotes pour la certification des SI des établissements démarreront entre septembre et décembre 2020 (action 22) ;
- le Tour de France de la e-santé dans 17 régions continue jusqu’en février 2020. 200 à 500 personnes sont inscrites par date avec retransmission en livestream et sur les réseaux sociaux. Ils intègrent notamment des ateliers citoyens du numérique en santé pour mobiliser largement dans une concertation citoyenne.
Retrouver via ce lien l’article synthèse de H&TI faisant le point sur le déploiement de la feuille de route du numérique en santé.
Pour aller plus loin :
- Le projet de loi santé définitivement adopté : récapitulatif des mesures clés
- Conseil du numérique en santé :
- Conseil du numérique en santé : deuxième réunion le 20 février 2020 ;
- Conseil du numérique en santé : 4 groupes de travail vont être constitués, dont un sur la formation ;
- 1er Conseil du numérique en santé : l’accompagnement des acteurs au cœur des préoccupations ;
- Tour de France de la e-santé :
- Tour de France e-santé IDF: Terr-eSanté, une plateforme régionale pour mieux coordonner les parcours ;
- Tour de France e-santé IDF : Agnès Buzyn lance une campagne de cybersécurité des structures de santé ;
- Tour de France de la e-santé : bilan après les premières étapes ;
- Tour de France e-santé/Lille : une convention partenariale pour structurer le numérique en région ;
- Tour de France de la e-santé : 17 étapes programmées de septembre 2019 à février 2020 (DNS – Asip).
Publication des arrêtés approuvant l’ACI CPTS et l’avenant n°7 (assistants médicaux)
Un arrêté porte approbation de l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) en faveur du développement de l’exercice coordonné et du déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), signé le 20 juin 2019 entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et une quarantaine d’organisations syndicales. Il est paru au Journal officiel (JO) le 24 août.
L’ACI définit, entre autres, le financement des CPTS constituées entre professionnels de santé libéraux au niveau d’un territoire, en contrepartie d’une série de missions. Selon l’arrêté, ces communautés sont encouragées à « développer le recours à la télésanté (télémédecine et télésoin) ».
Cet ACI a été signé en même temps que l’avenant n° 7 à la convention médicale relatif au déploiement des assistants médicaux, conformément au mandat donné aux partenaires conventionnels par l’article 42 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2019. Un arrêté publié le 20 août au JO porte approbation de cet avenant à la convention nationale. Le texte précise les modalités de financement des assistants, qui permettront de libérer du temps médicaux aux praticiens libéraux, en échange d’une augmentation de la file active*.
Pour aller plus loin :
- Été 2019: publication au JO des arrêtés approuvant l’ACI CPTS et l’avenant n°7 (assistants médicaux) ;
- CPTS : la Cnam dévoile le dispositif d’accompagnement de l’ACI (commission paritaire) ;
- Assistant médical et CPTS : MG France, le SML et la CSMF signent les 2 textes, la FMF dit « non » ;
- CPTS : une aide proportionnelle au bassin de population allant de 185 000 à 380 000 euros (Cnam) ;
- CPTS : l’accord conventionnel interprofessionnel critiqué par les médecins mais validé par l’USPO ;
- CPTS et GHT : les acteurs « manquent de réponses » pour construire une vraie coopération (bilan Sénat) ;
- CPTS : l’Uncam propose un financement allant de 175 000 € à 360 000 € par an (accord conventionnel) ;
- CPTS : les missions des MSP et CDS complémentaires avec celles envisagées au niveau territorial ;
- CPTS : 7 URPS s’alarment par une lettre ouverte sur le cadre restrictif des négociations en cours ;
- CPTS – Les outils numériques de coordination proposés par la Cnam dans le cadre des négociations ;
- CPTS : qualité et accueil de stagiaires, les missions complémentaires présentées par la Cnam ;
- CPTS : le 2ième round de négociations précise les modalités de financement prévues par la Cnam ;
- Les Jeunes Médecins regrettent de ne pas avoir été conviés à la séance des négociations ACI-CPTS.
Stratégie pour l’IA : les 3 grands défis, dont celui sur la santé, financés à hauteur de 100 M€
Les 3 grands défis IA (diagnostics médicaux, sécurisation des systèmes et automatisation de la cyber-sécurité) seront financés par le Fonds pour l’innovation et l’industrie (100 millions d’euros au total) ; les challenges IA (5 M€), portés par la DGE en lien avec Bpifrance et le Secrétariat général pour l’Investissement (SGPI) afin de mettre en relation offreurs et utilisateurs de l’IA pour résoudre des problèmes concrets, ont été dévoilés ; 250 millions d’euros ont été mobilisés à travers le programme d’investissement d’avenir (PIA) pour financer des projets structurants dédiés à l’IA.
Il s’agit des grandes lignes du volet économique de la stratégie nationale pour l’IA, présenté le 3 juillet 2019 lors de l’événement « intelligence artificielle au service des entreprises » par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie et des Finances.
Pour aller plus loin :
- Stratégie pour l’IA : les 3 grands défis, dont celui sur la santé, financés à hauteur de 100 M€ ;
- La France et l’OMS collaborent en vue de créer une académie, plateforme de formation via IA et RV ;
- Grand défi « diagnostics par l’IA » : « mieux travailler sur les données du futur » (Olivier Clatz)
- Éthique : le CCNE crée un comité pilote « numérique », l’IA en santé parmi les premiers sujets d’étude ;
- PLF 2020 : 21 millions d’euros supplémentaires pour le plan national IA.
Crise des urgences : lancement en 2020 du service d’accès aux soins (SAS)
Des scénarios de mises en œuvre du service d’accès aux soins (SAS), qui sera lancé mi 2020, seront proposés d’ici décembre 2019. Il s’agit de l’une des informations clés communiquées le 8 novembre 2019 par le député Thomas Mesnier (LREM) et le Pr Pierre Carli, chef de service du Samu de Paris (AP-HP) – responsables de la mission sur la refondation des urgences – à l’occasion d’un point effectué avec la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn sur les 12 mesures du Pacte pour la refondation des urgences, présenté en septembre et doté d’une enveloppe de 753,5 millions d’euros.
Les deux responsables ont également :
- présenté le projet de création « d’antennes de médecine d’urgence » ouvertes en journée visant à contribuer à une meilleure gradation de la prise en charge ;
- rappelé les grandes lignes de la réforme de financement des urgences contenues dans le PLFSS pour 2020 actuellement examiné en séance publique au Sénat : l’objectif est de « ne plus financer les services d’urgence en fonction de leur seule activité mais d’inclure une dotation en fonction de la population du territoire », précise le ministère (communiqué) ;
- annoncé des travaux en cours pour intégrer au pacte de refondation des urgences une thématique supplémentaire portant sur la formation initiale des urgentistes et l’évolution du métier et des carrières.
Pour aller plus loin :
- Plan urgences (753,5M€) : 12 mesures clés, dont l’intégration de la vidéo à distance dans les Samus ;
- Pacte urgences : le point sur les avancées ;
- Plan urgences: 3 acteurs de santé proposent des plateformes de télémédecine installées par les GHT ;
- Désengorgement des urgences : la CSMF souhaite la généralisation du 116 117 dans toute la France ;
- Pacte urgences: 4 syndicats de libéraux critiquent la voie prise pour le SAS, trop hospitalo-centrée ;
- Urgences : les médecins des centres de santé dénoncent l’idée de consultations par des MG (AP-HP) ;
- Pacte urgences : les actions pour réduire les passages aux urgences évitables des personnes âgées ;
- Indicateur (DATA) : Urgences : chiffres clés, le plan du ministère (focus) et les alternatives numériques au 15.
Plan « Investir pour l’hôpital »
« Restaurer l’attractivité [de l’hôpital public], déverrouiller son fonctionnement et dégager des moyens supplémentaires. » Il s’agit des 3 axes du plan « Investir pour l’hôpital », présenté le 20 novembre 2019 par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.
Ce plan représente 1,5 milliard d’euros sur la période 2020-2022 et 10 milliards de reprise de dettes, indique le gouvernement.
Pour aller plus loin :
- Plan « Investir pour l’hôpital » : Ondam à 2,45 % / une mission confiée à Oliver Claris (Anap) ;
- Investir pour l’hôpital: O. Claris chargé de la mission « gouvernance et simplification de l’hôpital » ;
- Plan Investir pour l’hôpital: « il faut médicaliser les instances de gouvernance » (K. Julienne, DGOS) ;
- Hôpital public : le plan du gouvernement jugé insuffisant par les professionnels.
Loi grand âge : une adoption prévue « avant l’été 2020 »
Le projet de loi grand âge sera présenté « dans les quelques semaines, dans les quelques mois qui arrivent[,] il me semble avant l’été [2020] ». C’est ce qu’a déclaré le 17 décembre 2019 le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin (source : BFMTV), assurant qu’il « participe à beaucoup de réunions » sur ce sujet avec la ministre Agnès Buzyn.
Pour aller plus loin :
- Projet de loi « grand âge » : le texte sera présenté avant l’été 2020 (Gérald Darmanin) ;
- Rapport A. Dufeu-Schubert sur le grand âge : un pack de services pour améliorer les soins à domicile ;
- Métiers du grand âge: l’innovation numérique & organisationnelle parmi les axes du rapport El Khomri ;
- Loi Grand âge : la filière Silver éco encourage le développement de solutions technos à domicile ;
- Grand âge et numérique: le think tank Matières Grises juge le retard français « rattrapable » ;
- Le Conseil de la CNSA adopte des orientations « pour une loi d’orientation autonomie et grand âge » ;
- Rapport Libault : une loi «grand âge et autonomie» à l’automne 2019, les outils numériques renforcés.
Projet de loi de bioéthique : garder l’humain au coeur des nouvelles technologies
Le Sénat planche actuellement sur le projet de loi bioéthique.
Le texte prévoit d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) et des big data en santé par l’humain. Le texte propose d’imposer au professionnel de santé le fait d’informer le patient de l’usage d’un traitement algorithmique de données massives pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique et des résultats obtenus.
Plus précisément, pour que l’IA reste un outil d’aide à la décision et que la décision finale reste entre les mains du professionnel de santé, l’intervention de ce dernier sera rendue obligatoire pour réaliser l’adaptation des paramètres du traitement, assurant ainsi une garantie humaine lors de l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Concernant le traitement algorithmique des données génétiques, le texte insiste sur le consentement de la personne et sur l’usage limité aux fins médicales ou de recherche scientifique. Le texte prévoit également de limiter le recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale et d’encadrer l’usage des dispositifs de neuromodulation à risque.
Pour aller plus loin :
- Projet de loi de bioéthique : garder l’humain au coeur des nouvelles technologies ;
- Le projet de loi bioéthique veut encadrer par l’humain l’emploi de l’IA et du big data en santé.
Adoption du PLFSS 2020
L’Assemblée nationale adopte en lecture définitive le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020. 347 députés ont voté « pour », 183 députés « contre » et 17 se sont abstenus, indique le Palais Bourbon dans un communiqué publié le 3 décembre 2019 à l’issue du vote.
Le texte adopté par les parlementaires, appelé « petite loi », prévoit notamment :
- la création d’une clause de sauvegarde pour le secteur des dispositifs médicaux (DM) à l’hôpital (article 15) ;
- un mécanisme de « référencement sélectif » permettant de « diversifier les outils de négociation des prix » pour les dispositifs médicaux (DM) remboursables et des possibilités de réemploi de ces dispositifs (article 28) : le mécanisme de la « consigne » supprimé en première lecture n’a pas été réintroduit ;
- un équivalent de l’ATU « ouvrant largement l’accès précoce pour les DM qui ont un fort intérêt clinique pendant une période de douze mois, le cas échéant renouvelable, avant le dépôt d’une demande d’inscription » (article 28 bis) ;
- la remise par le gouvernement dans un délai de six mois à compter de la publication du PLFSS, d’un rapport sur « le montant consolidé de l’ensemble des dépenses d’assurance maladie résultant du remboursement [des DM], ventilé selon les différentes modalités de remboursement » (article 28 ter).
Pour aller plus loin :
- LFSS 2020 : le Conseil constitutionnel valide « sous réserve » la clause de sauvegarde des DM ;
- PLFSS 2020 : le Sénat rejette le texte en 1ere lecture après les annonces d’Emmanuel Macron ;
- PLFSS 2020 : le Sénat supprime en commission le référencement sélectif des DM / l’article 15 modifié ;
- PLFSS 2020 et lutte antifraude : 2 élues proposent un « cachet électronique » pour la carte Vitale ;
- PLFSS 2020 : lutter contre les pénuries et améliorer la disponibilité des médicaments (article 34) ;
- PLFSS 2020 : les députés suppriment la « consigne » pour les DM réutilisés (article 28) ;
- PLFSS 2020 : le Snitem dénonce l’effort « délirant » de 200 M€ demandé au secteur du DM.
Autres faits marquants au niveau réglementaire :
- Grand débat : 3 propositions d’E. Macron face aux contributions des acteurs de santé (infographie) ;
- Taxe GAFA :
- Taxe GAFA : le projet de loi définitivement adopté ;
- GAFA : Washington juge discriminatoire la taxe sur les services numériques et menace de représailles ;
- RGPD :
- RGPD : la Cnil exonère d’analyse d’impact une série de traitements de données de santé (JO) ;
- La Cnil publie un référentiel sur l’accès aux données de santé via l’INDS conformément au RGPD ;
- RGPD : un mémento de la DGOS présente aux établissements de santé les bonnes pratiques à adopter.
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Docaposte acquiert Softeam Group pour « constituer un leader de la transformation numérique »
« Constituer un leader de la transformation numérique » sur ses 4 marchés stratégiques, dont celui de la e-santé : c’est l’objectif affiché par Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, dans un communiqué daté du 19 décembre 2019 annonçant le rachat de Softeam Group, « sa plus importante acquisition ». « Comptant 6 400 collaborateurs, le nouvel ensemble vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023 » contre 550 millions en 2019 pour Docaposte.
Créé en 1989, Softeam Group revendique la place de 28e entreprise de services numériques (ESN) en France. Avec ses 1400 collaborateurs, cette société a réalisé 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019. Elle est spécialiste du consulting dans les secteurs de la finance, de la banque, de l’assurance ainsi que des technologies de rupture associant digital agency, digital factory, data et intelligence artificielle.
Spécialiste de la transformation digitale des entreprises et du secteur public, Docaposte compte pour sa part plus de 5 000 collaborateurs et se présente comme le premier opérateur de signature électronique en France, « leader sur le vote électronique, l’archivage [et] l’hébergement des données de santé ».
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Étude : les forums et réseaux de patients en ligne comme nouveau terrain de pharmacovigilance (JMIR)
Les données disponibles en ligne sur les forums et réseaux de patients pourraient constituer un nouvel outil de pharmacovigilance. Dans leurs messages, les auteurs de ces communautés de patients et de professionnels de la santé peuvent en effet décrire des effets indésirables rares de médicaments parfois encore jamais décrits dans la littérature médicale. Analyser le contenu textuel de ces publications pourrait donc permettre de repérer ces effets secondaires.
C’est du moins ce que suggère une étude publiée le 21 novembre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). Ce travail montre en effet comment l’analyse d’un ensemble messages postés sur un forums de patients, Inspire, peut permettre de repérer l’apparition d’un type d’effets indésirables dans la population générale.
La méthodologie choisie par les auteurs reposait à la fois sur la technologie du traitement automatique du langage naturel ainsi que sur des analyses linguistiques plus classiques. L’analyse d’un corpus de messages selon cette méthodologie a en particulier conduit à montrer que les médicaments de la classe des statines peuvent provoquer des troubles cognitifs et de la mémoire.
Si plus d’études sont requises pour affiner les méthodes d’analyse textuelle de grandes quantités de messages et que que ce genre de travaux ne pourra permettre qu’une identification préalable d’effets secondaires potentiels (et non pas une mise en évidence d’effets indésirables avérés), les auteurs considèrent cependant cette nouvelles source de données et cette nouvelle méthodologie comme prometteuses. Elles pourraient selon eux transformer les essais cliniques en particulier de phase 4 et faire en sorte que ceux-ci s’attachent à mieux prendre en compte certains groupes de patients « historiquement sous-représentés » dans les investigations cliniques.
Recherche de nouvelles méthodes pour repérer précocement des effets indésirables rares de médicaments
Les statines, médicaments inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase utilisés comme hypolipémiants, comptent parmi les médicaments les plus prescrits notamment aux Etats-Unis : en 2013, l’American College of Cardiology et l’American Heart Association estimaient qu’un milliard d’individus dans le monde serait éligible pour recevoir des statines en prévention de maladies cardiovasculaires. Ces médicaments, bien que considérés comme sûrs et efficaces, peuvent cependant provoquer fréquemment des effets indésirables tels que des affections musculaires (douleurs, crampes et faiblesses musculaires). Des effets secondaires plus rares concernent des troubles de la mémoire ou de la cognition.
Ce type d’affections iatrogènes semble cependant mal qualifié et quantifié par des études classiques (études de cas, méta-analyses de rapports et essais cliniques). C’est que le nombre de patients inclus dans les essais cliniques est limité et ne permet pas d’observer des effets rares du médicament, effets qui surviennent souvent au sein de groupes sous-représentés dans ces essais (et ce malgré les efforts réalisés au cours des années 2010 pour que les groupes de patients inclus dans les essais cliniques représentent au mieux la population réelle des patients qui pourraient recourir à une nouvelle molécule).
« Pour combler ces lacunes, la communication en ligne dans les communautés de santé peut constituer un terrain supplémentaire de recherche d’effets secondaires relativement rares des médicaments », affirment les auteurs de l’étude. Selon eux, des études de phase IV, c’est-à-dire de pharmacovigilance post-commercialisation du médicament, pourraient être fondées sur l’analyse des données postées sous forme de courts textes sur divers forums de patients en ligne.
Objectifs : identifier des effets indésirables rares et appréhender précisément l’expérience de traitement des patients
« L’objectif de cette étude était d’utiliser un jeu de données non traditionnel afin d’identifier des signaux d’effets secondaires rares de médicaments tels que les statines », indiquent les auteurs de l’étude. Ce jeu de données non traditionnelles était disponible en ligne sur le forum d’une communauté de patients et de professionnels de la santé : Inspire.
Ce travail de recherche visait également et plus généralement à mieux appréhender l’expérience de traitement des patients utilisant des statines, à comprendre plus précisément comment ces derniers exprimaient leurs inquiétudes concernant en particulier des troubles de la mémoire liés à la prise d’un médicament, effet indésirable particulièrement difficile à décrire par les patients et à relever pendant l’examen clinique par les praticiens.
Il s’agissait donc d’identifier des croisements entre utilisation de statines (médicament) et affirmation d’une altération de la mémoire (effet indésirable) et de la cognition ainsi que de relever le lexique utilisé par les patients afin de décrire de tels troubles.
Méthodes : traitement du langage naturel, statistiques et analyse linguistique
Les chercheurs ont utilisé les contenus textuels générés par des utilisateurs (patients ou professionnels de santé) d’Inspire, soit plus de 11 millions de publications.
Afin d’identifier des corrélations entre prise de statines et troubles de la mémoire ou de la cognition, les auteurs ont recouru à deux types d’outils :
- la technologie du traitement automatique du langage ;
- l’analyse linguistique pratique des mêmes contenus textuels.
Traitement du langage naturel et comparaison statistique
Pour analyser le corpus de plus de 11 millions de messages publiés sur Inspire, les auteurs ont utilisé un système de traitement automatique du langage permettant d’extraire de chaque message des entités (mots ou expressions éventuellement écrites avec des fautes d’orthographe se rapportant à un concept clinique donné) pertinentes, c’est-à-dire en relation avec une prise de statine, une perte de mémoire ou un déclin cognitif.
Comme groupe témoin, les auteurs ont choisi un ensemble de publications textuelles mentionnant une autre classe de médicaments, les anti-TNF alpha car :
- les anti-TNF alpha n’ont montré aucun lien avec des troubles de la cognition ou de la mémoire ;
- cette classe de médicaments est utilisée par une partie importante des membres d’Inspire, ce qui permettait d’établir des statistiques et une référence solide concernant une quasi-absence de corrélations entre prise d’anti-TNF alpha et troubles de la mémoire ou de la cognition ;
- les anti-TNF alpha sont prescrits dans des indications très différentes des statines, par conséquent, choisir des publications concernant les anti-TNF alpha comme témoin permettait de réduire au maximum le nombre de chevauchements entre les deux groupes, c’est-à-dire le nombre de publications appartenant à la fois a groupe témoin (anti-TNF alpha) et au groupe test (statines) ;
- la même cohorte d’âge utilise généralement des inhibiteurs du TNF et des statines, minimisant les effets du déclin cognitif liés à l’âge entre les 2 groupes.
Analyse linguistique pratique
« Afin de fournir un contexte qualitatif aux résultats statistiques, une curation manuelle utilisant une méthodologie linguistique a été effectuée sur un sous-ensemble de 246 messages publiés par les utilisateurs qui mentionnaient à la fois l’utilisation de statines et des événements de mémoire », indiquent les auteurs de l’étude. Ainsi, par une analyse linguistique et pour inclure tous les messages pertinents à leur étude, les chercheurs ont également défini précisément toutes les façons dont les auteurs de publications se référaient à leurs pertes de mémoire.
Déclaration d’éthique
« Toutes les informations personnellement identifiables ont été supprimées. Toutes les données ont été évaluées sans connaître l’identité des personnes impliquées », assurent les auteurs.
Résultats : mise en évidence d’effets indésirables des statines
L’étude a montré qu’il existait bien des corrélations significativement plus nombreuses entre prise de statines et troubles de la cognition ou de la mémoire qu’entre prise d’anti-TNF alpha (médicament témoin) et troubles de la cognition ou de la mémoire.
De plus, l’analyse linguistique réalisée sur un ensemble de messages d’utilisateurs de statines qui traitaient de troubles de la mémoire a montré que de nombreux patients décrivaient la rapidité et la sévérité de ces changement connus à l’initiation du traitement comme une « maladie d’Alzheimer instantanée ».
Utiliser de nouvelles sources de données pour optimiser la pharmacovigilance
« Les résultats de cette étude confirment l’importance des sources de données nouvelles et non traditionnelles en tant signaux supplémentaires d’effets secondaires apparus dans la population générale », affirment les auteurs de l’étude.
En pharmacovigilance, ces nouvelles sources de données semblent d’autant plus précieuses que la nature même de certains effets indésirables de médicaments peut mener à une sous-déclaration de ces symptômes aux professionnels de la santé. En effet, les patients connaissant des effets indésirables tels que des troubles de la mémoire ou de la cognition pourront oublier de rapporter ces symptômes à leur médecin lors d’une consultation. De même, des effets indésirables considérés comme tabous (troubles sexuels notamment) sont peu rapportés aux professionnels de la santé mais demeurent exprimés sur Internet par des utilisateurs alors anonymes.
Une méthode combinant 2 outils d’analyse du langage
Les auteurs, pour élaborer leur propre méthode, ont préalablement étudié dans une analyse méthodologique les résultats d’autres recherches obtenus :
- après un traitement du langage naturel seul ;
- après une analyse linguistique seule ;
- après traitement automatique du langage naturel puis analyse linguistique.
Ils ont conclu qu’une combinaison des deux outils d’analyse du langage que sont le traitement automatique du langage naturel et l’analyse linguistique, en autorisant les chercheurs à identifier et quantifier des concepts cliniques dans des messages textuels ainsi qu’en précisant certaines expressions particulières relevées dans ces messages, permettait d’obtenir « des résultats complets et de la plus haute qualité ».
Les auteurs considèrent donc que leurs résultats ont été obtenus au moyen d’une méthode particulièrement fiable et puissante.
3 limites à ces travaux
Les auteurs relèvent cependant 3 limites principales de leur étude. Ces limites concernent en particulier :
- le fait que les antécédents médicaux et le traitement par statine des auteurs d’Inspire sont aut-odéclarés et ne peuvent être confirmés ;
- le fait que les données démographiques des auteurs d’Inspire soient inconnues : il est donc difficile d’affirmer avec certitude que les publications postées par le groupe d’auteurs étudié est bien représentatif de la population consommatrice de statines ;
- le risque qu’il existe un biais de détection lié à « la viralité intrinsèque de la communication en ligne », selon les auteurs.
D’autres travaux déjà publiés sur le sujet
Les auteurs de cette étude ne sont pas les premiers à tester la puissance d’une telle méthodologie appliquée à des sources non traditionnelles de données comme des publications disponibles en ligne sur des forums de santé.
Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Stanford avaient par exemple déjà mené des travaux sur plus de 8 millions de messages publiés sur Inspire. Une analyse automatique du langage avait alors permis de trouver des associations entre agents chimiothérapeutiques ou médicaments d’immunothérapie et effets indésirables rares. L’équipe avait en particulier découvert que certains patients traités par un médicament d’immunothérapie, l’Erlotinib, signalaient un effet secondaire encore jamais rapporté dans la littérature médicale à propos de ce médicament : l’hypohydrose (sudation insuffisante pouvant engendrer un épuisement éventuellement grave par la chaleur).
Cette méthode non inédite semble donc prometteuse et de plus en plus utilisée en recherche.
Il semble, selon cette étude, que les messages postés par les membres des communautés de santé en ligne constituent des sources de données intéressantes pour la recherche d’effets indésirables rares de médicaments dans la population générale.
Ce nouveau terrain de la pharmacovigilance n’est cependant pas suffisant pour affirmer qu’un effet indésirable s’est bien manifesté dans la population générale, préviennent les auteurs de l’étude. Pour eux, des recherches supplémentaires demeurent toujours nécessaires pour identifier précisément l’étendue et la sévérité des troubles identifiés sur les forums ainsi que pour les expliquer et éventuellement permettre aux laboratoires d’améliorer les médicaments qu’ils proposent.
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Multiplication de solutions polymorphes de télésuivi en cancéro : focus sur Moovcare et Ako@dom
La multiplication d’outils d’accompagnement des patients atteints de cancer à domicile sont un atout pour le parcours de soins et pose les questions de fragmentation des solutions pour des cas complexes. Le sujet a été au cœur d’une session des Rencontres de la cancérologie française 2019, qui se sont déroulées fin novembre à Paris. Concernant les parcours ambulatoires en cancérologie, plusieurs « trous dans dans la raquette » ont été identifiés : la réactivité de la transmission d’information et l’exhaustivité d’abord ; l’interfaçage entre les logiciels producteurs de données et les dossiers patients ; l’éducation thérapeutique du patient qui va se retrouver de plus en plus seul au domicile à gérer ses traitements et plus généralement l’accès aux soins de support hors-établissements.
Le triptyque hôpital-ville-patient doit évoluer en termes d’organisation, d’accès à l’expertise, d’anticipation et de coordination des différents professionnels du soins autour du patient. C’est l’objectif d’initiatives des pouvoirs publiques tel que le déploiement des plateformes territoriales d’appui (PTA), pour organiser la coordination des parcours de santé complexes et apporter une réponse aux professionnels, et en particulier aux médecins traitants, dans la prise en charge de ces situations.
Des dispositifs de santé numériques, comme Moovcare (Sivan) et Ako@dom (association Patients en réseau et Continuum+), comportent de nombreux atouts pour optimiser cette coordination tout en posant des questions d’évaluation, de financement, de reproductibilité.
Moovcare : des extensions envisagées pour le remboursement
Le logiciel Moovcare destiné à la télésurveillance médicale des rechutes et des complications chez les patients atteints de cancer du poumon a été conçu par Fabrice Denis, médecin-chercheur au centre Jean Bernard et à la clinique Victor Hugo au Mans. C’est le premier dispositif de ce type dont le service médical rendu a été jugé suffisamment important par la Haute autorité de santé (HAS) pour être remboursé. « Le médecin qui suit ses patients avec ce genre d’outils a beaucoup moins d’appels intempestifs et génère plus de consultation en soins de support, explique son concepteur. Le problème est que cette application nécessite d’être connecté. »
Une première limite est la proportion non négligeable de patients non-connectés, notamment après 70 ans, alors que cette population serait la plus bénéficiaire. « Plusieurs études ont montré que le bénéfice de la télésurveillance est bien plus important pour les personnes les plus isolés, en complément, le rôle de pharmacien peut-être une piste pour évaluer les toxicités par exemple », indique Fabrice Denis.
Le médecin généraliste prend également sa place dans le suivi et le parcours en étant destinataire des alertes. « Le principal frein est l’absence d’acte, pour l’instant, pour le remplissage de ce type d’outils par les infirmières à domicile », note le fondateur de Moovcare, or elles sont les partenaires indispensable des infirmières de coordination.
Par ailleurs, les pluri-pathologies et pluri-morbidités posent la question du développement de plateformes communes pour répondre aux besoins des médecins généralistes. Outre les financements, cela nécessite la réalisation de davantage d’études de bénéfices de ce type d’outils dans différentes pathologies, surtout chroniques.
Le logiciel donne lieu à un forfait au parcours de 300 euros par an. Il est géré par l’infirmière de coordination et le médecin prescripteur. Le remboursement tel qu’il a été défini est lié à l’application, utilisée dans le parcours du cancer du poumon. Des extensions sont envisagées et devront, par une nouvelle série d’études, réduire le temps de développement, qui pourra plus facilement passer de 8 ans à 2 ans.
Ako@dom : un outil conçu pour répondre aux exigences du Health Data Hub
Ako@dom, créé par Guillaume Gaud, pharmacien, est une plateforme qui assure la continuité des soins et l’autonomie du patient à domicile en s’appuyant sur la relation de confiance entre infirmiers et patients. Elle répond à un enjeu du suivi longitudinale du patient, d’observance et de qualité de vie. À domicile, face à ses comprimés, « le patient est responsable de son go chimio », indique Guillaume Gaud. De plus, il existe un risque de retard de prise en charge des effets indésirables. « Nous avons l’ambition d’améliorer la qualité de vie et allons le valider lors d’une étude », annonce le concepteur d’Ako@dom. La plateforme s’adresse aux patients ayant une vulnérabilité particulière, psychologique en alliant le numérique et l’humain. « Il s’agit de faire du lien entre les acteurs », synthétise Guillaume Gaud.
Dans le cadre du dispositif actuel, le patient est accompagné durant 3 mois une fois par semaine. Une cartographie de son équipe de soins primaire est réalisée avant d’organiser le parcours. Chacun à un rôle précis et des besoins d’information particulier. Les infirmières sont formées et tutorées par d’autres infirmières.
Une autre spécificité de l’outil est d’avoir été conçu pour répondre aux exigences du Health Data Hub et d’être connecté aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) pour faciliter la conciliation médicamenteuse.
La plateforme est en cours expérimentation dans le cadre de l’article 51. « Dans ce cadre est pris en charge toute la part dérogatoire, indique Guillaume Gaud. Pour le reste, les établissement doivent être parties prenantes car le financement par les industriels n’est pas pérenne. »
Multiplication des solutions polymorphes
Nous sommes actuellement face à une fragmentation de l’information disponible pour un patient donné, un éparpillement des acteurs avec des trous qui subsistent. Pour Yann-Maël Le Douarin, le « grand chantier est de travailler sur les fondations pour la cohabitation d’un ensemble de plateformes en bonne intelligence ». Cela passe par un référencement de l’ensemble des professionnels de santé d’un patient basé sur l’identifiant national de santé, avec une problématique qui subsiste autour de l’interopérabilité, malgré le cadre.
3 outils publics facilitant sont identifié : le Health Data Hub, l’espace numérique de santé et le bouquet de services, qui est le pendant pour les éditeurs. « L’espace numérique de santé est centré patient, note Yann-Maël Le Douarin. Demain, si j’ai plusieurs applications, l’objectif est d’y avoir mes informations consolidées. » Spécificité de la cancérologie, le dossier communiquant de cancérologie y sera intégré aussi.
Face à cela, des plateformes polymorphes se mettent en place, des solutions de télésuivi sur lesquelles le patient entre des données, a accès à ses rendez-vous, aux traitements et à des programmes d’éducation thérapeutique. « Elles sont organisationnelles et éducationnelles, commente Yann-Maël Le Douarin. D’autre part, les applications de télésurveillance récupèrent des données, les analyse, génèrent des alertes. »
« Il faut donc les considérer dans leur contexte et évaluer le bon parcours, la bonne rémunération, les bons acteurs, ajoute-t-il. L’article 51 notamment est là pour poser un socle solide d’interopérabilité éthique, déontologique et définir les nouveaux modèles de financement. »