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  • Un projet de fonds d’investissement régional en santé de 100 M€ sur les maladies neurodégénératives

    Le comité industriel de Dhune, centre de recherche marseillais spécialisé dans les maladies neurodégénératives et le vieillissement, a annoncé le 25 octobre 2018 le lancement de l’étude de préfiguration d’un fonds d’investissement régional en santé (First), spécifique à la Provence-Alpes-Côté d’Azur et dédié aux start-ups centrées sur les sciences de la vie. Le lancement du First est prévu  pour le dernier trimestre 2019.

    Le futur fonds, « premier du genre en France » selon le centre, sera doté de capitaux publics et privés dont le total pourrait atteindre ou dépasser les 100 millions d’euros selon les résultats de l’analyse prévue dans l’étude de préfiguration.
    Il vise à participer « au développement de la filière santé, en complémentarité avec les structures d’accompagnement performantes déjà en place, en assurant aux projets les plus porteurs de la Région un financement de long terme ». L’objectif est ainsi de renforcer la compétitivité du territoire et son attractivité à l’échelle nationale et internationale ainsi qu’à favoriser la création d’emplois.

    Plusieurs projets de la région Paca dans différents domaines du secteur des sciences de la vie, tels que la e-santé, la silver économie et la medtech, pourraient bénéficier de ce fonds.

    Composition de l’équipe du projet First

    L’étude de préfiguration du fonds sera animée par M. Frédéric Bénéton, ancien banquier et P.-D.G. de start-ups en santé.

    Le projet First est piloté par l’association ProFirst, créée pour l’occasion, présidée par M. Roland Rizoulières, économiste de la santé et maître de conférences à Sciences Po Aix.

    Parmi les membres du bureau exécutif figurent :

    • le Pr Paul Hofman, directeur de la fédération hospitalo-universitaire OncoAge, CHU de Nice (vice-président) ;
    • le Pr Olivier Blin, professeur à l’université d’Aix-Marseille, chef du service de pharmacologie clinique et pharmacovigilance à l’AP-HM et directeur du centre Dhune (secrétaire général) ;
    • M. Michel Mancis (membre du conseil d’administration) ;
    • le Dr. Frédéric Prate, directeur du Centre de référence santé, bien-Être et vieillissement de l’université Côte d’Azur (secrétaire général adjoint) ;
    • M. Bruno Buisson, P.-D.G. de Neuroservice (vice-président) ;
    • M. Alexandre Tokay, P.-D.G. de Vect-Horus (trésorier).
  • HPTS

    Hôpital, patients, santé, territoiresnull

  • DES

    Diplôme d’études spécialiséesnull

  • Étude : une appli mobile diminue les symptômes des troubles obsessionnels compulsifs

    Une application d’entraînement cérébral développée par l’université de Cambridge semble prometteuse pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (Toc), révèle une étude* publiée le 23 octobre 2018 dans Scientific Reports et qui montre que les symptômes comme les craintes de contamination et le lavage excessif sont améliorés après avoir visionné des vidéos où les patients eux-mêmes se lavent les mains ou touchent des surfaces contaminées.

    Lutter contre la rigidité cognitive avec un smartphone

    L’un des troubles obsessionnels compulsifs (Toc) le plus répandu se manifeste par de graves craintes de contamination et un besoin excessif de se laver. Les personnes atteintes de ce trouble (46 % de l’ensemble des Toc) vont jusqu’à utiliser de l’eau de javel pour se laver et peuvent même se faire saigner. En outre, ces comportements peuvent avoir de graves conséquences sur la vie des personnes, leur santé mentale, leurs relations et leur capacité à conserver un emploi.

    Ce Toc est associé à la « rigidité cognitive », c’est à dire à une incapacité à s’adapter à de nouvelles situations ou à de nouvelles règles. Sortir de ses habitudes compulsives, telles que se laver les mains, nécessite une flexibilité cognitive pour que le patient puisse passer à de nouvelles activités.

    Les traitements habituels combinent la prise de médicaments tels que le Prozac et des thérapies cognitivo-comportementales. Ces dernières consistent à apprendre aux patients à toucher les surfaces contaminées, telles que les toilettes, tout en s’abstenant de se laver les mains. Mais ces traitements ne sont efficaces que dans 40 % des cas.

    Une appli pour se laver virtuellement les mains

    C’est pourquoi des chercheurs de l’université de Cambridge ont mis au point une nouvelle approche. Elle repose sur le même principe – se confronter à la situation qui génère le Toc – mais via des vidéos sur une appli mobile.

    Pour évaluer son efficacité, les chercheurs ont recruté 93 patients en bonne santé mais ayant manifesté de fortes craintes de contamination. Ils ont préféré ne pas recruter des patients atteints de troubles obsessionnels compulsifs, de peur que l’intervention n’aggrave leurs symptômes.

    Ils ont ensuite été divisés en 3 groupes : les membres du premier regardaient 4 fois par jour des vidéos sur smartphone d’eux-mêmes se lavant les mêmes, les membres du deuxième des vidéos où ils pouvaient se voir toucher des surfaces contaminées (du papier toilette taché) 4 fois par jour également, et les membres du troisième, le groupe contrôle, des vidéos de mouvements de mains neutres.

    L’application permettait de vérifier que les vidéos avaient bien été visionnées. En outre, les participants ont rempli un questionnaire et ont été interrogés par des cliniciens avant et après l’expérimentation et des échelles mesurant le stress associés aux symptômes d’un troubles obsessionnel compulsif ont été utilisées.

    Les résultats de cette étude, qui a duré pendant une semaine, ont été publiés le 23 octobre 2018 dans la revue Scientific Reports.

    Résultats

    • Tous les participants sont allés au terme de l’intervention et ont visionné les vidéos 25 fois en moyenne au cours de la semaine.
    • Les participants des deux premiers groupes ont vu leurs résultats s’améliorer de 21 % environ sur l’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (YBOCS).
    • Les symptômes du Toc et la rigidité cognitive se sont améliorés dans les 2 premiers groupes comparés au groupe contrôle.
    • Les 2 vidéos produisaient le même effet.

    Une médecine personnalisée basée sur la technologie

    « Il est frappant de constater que ces changements dans les fonctions exécutives et dans les symptômes des Toc sont intervenus après seulement une semaine d’intervention », ont déclaré les auteurs de l’étude.

    Plusieurs participants en condition de lavage ont signalé que l’intervention les avait rendus détendus et avait un effet apaisant. « C’était comme si je m’étais lavé les mains, je n’avais donc plus besoin de le faire… mes mains étaient propres après avoir utilisé l’application », a commenté l’un d’eux.

    Une persistance de la peur inconditionnelle

    Cependant, le recours à l’application mobile n’a pas réduit la peur inconditionnelle du fait de s’abstenir de se laver les mains ou de toucher des objets souillés. Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’intervention a été trop courte pour avoir un tel impact.

    Ils estiment que ces résultats sont particulièrement intéressants dans la mesure où « l’inflexibilité cognitive peut représenter le marqueur neuropsychologique le plus important des Toc, ce qui souligne l’utilité clinique potentielle de ces interventions sur smartphone. En déplaçant la thérapie hors du bureau du clinicien et entre les mains des patients eux-mêmes, ces interventions peuvent être adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient, ce qui pourrait éventuellement améliorer les traitements. »

    Ces formes de « médecine personnalisée basée sur la technologie » sont non seulement peu coûteuses et accessibles mais peuvent aussi être adaptées à chaque patient. Leur déploiement permettrait d’atteindre des communautés qui n’ont pas accès à des soins de santé mentale adéquats.

  • Grands Prix de l’Innovation 2018 de la Ville de Paris  : les 5 finalistes de la catégorie « e-santé »

    Wandercraft, Doctoconsult, VitaDX international, CC/Contact et Kee Lab sont les 5 finalistes de la catégorie « e-santé » des Grands prix de l’innovation organisés par Paris&Co et la Ville de Paris dévoilés le 25 octobre 2018.

    Chaque lauréat de chacune des 5 catégories existantes recevra à l’issue du concours une dotation de 12 000 € ainsi qu’une place dans l’un des incubateurs de Paris&Co. Les vainqueurs seront désignés à l’occasion de la cérémonie de remise des prix le 11 décembre 2018.

    5 finalistes de la catégorie « e-santé »

    Les finalistes de la 5ème catégorie, Moonshot 2040, qui vise à recueillir des proposition pour inventer la cité du futur et repenser l’expérience de vie en 2040, seront eux dévoilés le 5 novembre.

    L’annonce des lauréats finaux aura lieu le 11 décembre prochain, à la Cité de la mode et du design, en présence de plus de 2 000 personnes influentes du monde de l’innovation.

    Les solutions éligibles pouvaient être technologique et/ou servicielle avec une forte dimension de design au plus près des besoins des utilisateur. Elles devaient permettre une amélioration du parcours de santé, de la prévention ou suivi du traitement et au post soins.

    CC/Contact et Kee Lab

    • Kee Lab développe des outils d’aide au diagnostic histologique. La solution de la jeune société doit aider à répondre aux défis du secteur du domaine de l’histologie que ce soit d’un point de vue technique (taille des données, variabilité des images, gestion de données médicales, etc.), médical (spectre des pathologies) ou environnemental (retard dans la numérisation, médecins peu habitués aux outils).

    La start-up collabore déjà depuis février 2018 avec l’hôpital Saint-Louis, qui lui a permis d’acquérir une base de données nécessaire à la construction d’un Poc sur le cancer du sein, dont les résultats sont prometteurs, et de développer les premières briques technologiques de la solution.

    Depuis mai 2018, la start-up est soutenue par le programme d’accélération de Wilco Healthcare, dont elle a obtenu un prêt d’honneur, et bénéficie de l’appui de l’incubateur Agoranov depuis juillet 2018.

    • CC/Contact est une start-up issue de l’AP-HP dédiée à la conception et au développement d’une prothèse de genou céramique. Elle gère également les premiers essais cliniques sur les malades.

    L’objectif de la start-up est de parvenir à la stabilisation de l’articulation par la création d’un tissu fibreux dense, épais et orienté mécaniquement pour reproduire l’effet de ligaments. Sa prothèse vise à permettre la diminution du risque infectieux par 2 et à augmenter la durabilité de la prothèse en raison du peu d’usure du produit.

    Wandercraft, Doctoconsult et VitaDX 

    Wandercraft est connue pour sa solution d’exosquelette de jambes visant à soutenir la marche des personnes myopathes ou paraplégiques.

    Doctoconsult propose depuis 2016 des téléconsultations spécialisées en santé mentale. La start-up a levé 2 millions d’euros à la mi-septembre 2018 auprès du groupe d’hospitalisation privée Elsan et de Bpifrance, via le fonds Patient autonome.

    VitaDX a été retenue pour sa solution Visiocyt fondée sur l’intelligence artificielle servant au diagnostic précoce des cancers de la vessie.

    Les partenaires des Grands prix

    Les partenaires de la manifestation sont : Caisse des dépôts, l’Atelier BNP Paribas, Engie, Groupe ADP, Le Groupe La Poste, FDJ, Hello Bank!, JCDecaux, Sanofi et Total.

  • Le PLFSS 2019 intègre les recommandations du CESE liées aux prix et accès aux médicaments innovants

    Le PLFSS 2019 tel que validé par la Commission des affaires sociales le 26 octobre 2018, comporte plusieurs mesures visant à « mieux évaluer l’apport pour les patients de ces nouveaux médicaments », en définissant plus clairement les conditions de collecte des données liées à l’usage de ces médicaments, et en faisant de cette collecte une condition à la prise en charge de ces médicaments.

    Le 25 janvier 2017, le Conseil économique, social et environnemental, dans son avis « Prix et accès aux traitements médicamenteux innovants », formulait plusieurs recommandations afin d’améliorer l’arbitrage financier sur ces traitements. Le CESE préconisait notamment de favoriser l’évaluation en vie réelle de l’efficacité des médicaments coûteux et la révision des prix en fonction des indications et des résultats de ces études.

    Le PLFSS 2019 prévoit actuellement de disposer d’une ATU pour des extensions d’indications thérapeutiques pour ces médicaments innovants.

    Favoriser l’accès à l’innovation thérapeutique et faire évoluer la régulation du secteur du médicament

    Un accès plus rapide aux produits de santé les plus innovants et bénéfiques pour les patients est un enjeu majeur pour le système de santé.

    Le système français est l’un des plus accueillants pour l’innovation médicamenteuse grâce aux autorisations temporaires d’utilisation (ATU), qui permettent l’accès à un produit, dans des conditions encadrées, avant même que l’autorisation de mise sur le marché ne soit délivrée.

    Toutefois, le dispositif actuel ne couvre pas toutes les situations. Pour renforcer l’accès rapide aux médicaments innovants pour les patients, le PLFSS 2019 permet d’élargir les dispositifs d’accès précoce innovation (ATU).

    L’ATU disponible pour des extensions d’indications thérapeutiques à ‘l’avenir

    À ce jour, le dispositif est réservé uniquement à la première indication thérapeutique demandée.

    Cette règle restrictive n’est aujourd’hui plus adaptée aux produits d’immunothérapie, pour lesquelles l’accès au marché pour le même produit est réalisé par phases successives, dans différentes indications.

    Une autorisation conditionnée par la disponibilité des données liées à l’usage

    Pour mieux évaluer l’apport pour les patients de ces nouveaux médicaments, les conditions de collecte des données liées à l’usage de ces médicaments seront plus clairement définies, pour s’assurer de disposer de l’exhaustivité de ces données. Leur collecte deviendra une condition à la prise en charge. Le projet de loi redéfinit « clairement » les conditions de collecte de données liées à l’usage des médicaments innovants « pour s’assurer de l’exhaustivité de ces données ». 

    Procédure de prise en charge anticipée

    Une procédure de prise en charge anticipée par l’Assurance maladie de certains dispositifs médicaux sera introduite au travers de ce PLFSS. Cet accès rapide sera réservé aux dispositifs médicaux innovants, indiqués dans une maladie pour laquelle il n’y a pas d’alternatives thérapeutiques, et pour lesquels l’efficacité et la sécurité sont établies

    Un tarif de remboursement temporaire sera fixé, dans l’attente de la conclusion de négociation entre le CEPS et l’entreprise concernée. Le système de remboursement du médicament se veut plus lisible au profit de l’accès à l’innovation.

  • Pfizer Healthcare Hub France lance son appel à candidatures pour les start-ups françaises en e-santé

    Pfizer a lancé le 26 octobre 2018 un appel à candidatures à destination des start-ups françaises de la e-santé. Il s’agit d’une initiative portée par Pfizer Healthcare Hub France, un hub visant à proposer un programme d’accélération pour le développement de solutions numériques en santé créé en septembre 2018 au sein du campus de start-ups parisien Station F par le laboratoire, en partenariat avec l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et son incubateur iPEPS.

    L’objectif de cet appel est de sélectionner deux à quatre start-ups qui bénéficieront d’un accompagnement personnalisé de 9 mois rassemblant les expertises de Pfizer et de l’ICM. Les solutions déployées par les participants devront être centrées sur le parcours de soins et la qualité de vie du patient.

    La date limite de réception des candidatures a été fixée au 30 novembre 2018. Il est possible de déposer un dossier en suivant le lien ci-contre.

    Critères de sélection

    Le comité de sélection du Pfizer Healthcare Hub sera composé d’une vingtaine d’experts, internes à Pfizer et à l’ICM mais aussi externes, issus de l’écosystème de la santé numérique.

    Start-ups éligibles

    • Le comité portera un intérêt aux start-ups françaises déjà suffisamment matures, qui devront présenter une preuve de concept et/ou un produit minimum viable (MVP).
    • La qualité de l’équipe et la technologie des projets seront prises en considération afin d’évaluer leur potentiel sur le long terme.

    Domaines d’intérêt

    Les lauréats seront sélectionnés sur leur capacité à apporter des solutions en e-santé dans l’un des domaines suivants :

    • améliorer le parcours de soin du patient à chaque étape (diagnostic, décision thérapeutique, suivi et observance du traitement, prévention de l’apparition de la maladie ou des rechutes) ;
    • aider à la coordination des acteurs du parcours de soin pour établir rapidement un diagnostic et améliorer la prise en charge ;
    • faciliter la gestion de la maladie au quotidien afin d’augmenter la qualité de vie globale du patient.

    Les solutions élaborées par les start-ups doivent également être en lien avec les expertises médicales de Pfizer :

    • oncologie ;
    • maladies rares ;
    • antibiotiques et antibiorésistance ;
    • sevrage tabagique ;
    • prévention des accidents cardio-vasculaires ;
    • vaccination ;
    • maladies inflammatoires ;
    • dermatologie ;
    • douleurs arthrosiques et lombalgies ;
    • patients fragiles, notamment les personnes âgées et poly-médicamentés ;
    • santé du voyageur ;
    • automédication.

    Un programme d’accélération de 9 mois

    Les lauréats intégreront un programme de 9 mois au cours duquel elles pourront bénéficier de 18 postes de travail au sein du programme ICM à Station F et des expertises du Pfizer Healthcare Hub France :

    • Les start-ups pourront suivre un programme de mentoring dédié, assuré par le réseau d’experts de Pfizer, qui offrira son aide pour répondre aux questions médicales, pharmaceutiques, cliniques et réglementaires, mais aussi pour comprendre l’état et les enjeux du marché pharmaceutique et la manière dont il faut y accéder.
    • L’ICM, composé de chercheurs, de cliniciens et d’entrepreneurs cherchant à faire progresser la recherche fondamentale et à explorer ses applications, apportera avec son incubateur iPEPS son savoir-faire pour soutenir l’accompagnement des start-ups sélectionnées.

    Dates clés du Pfizer Healthcare Hub France :

    • 26 octobre 2018 : début de l’appel à candidatures pour les start-ups e-santé ;
    • 30 novembre 2018 : date limite de réception des dossiers ;
    • Mi-décembre 2018 : première sélection de 10-15 start-ups ;
    • Début janvier 2019 : « pitch-session » – présentation des projets des start-ups présélectionnées par le comité ;
    • 11 février 2019 : début du programme à l’iPEPS au sein du campus Station F ;
    • Novembre 2019 : clôture du programme I – présentation des projets développés par les start-ups.
  • Le CHU Pellegrin (Bordeaux) lance un dispositif pour réaliser des ECG en 1 min dans les pharmacies

    Alors que le 29 octobre 2018 est placé sous le signe de la journée mondiale de la lutte contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’unité neurovasculaire de l’hôpital Pellegrin du CHU de Bordeaux, présente son dispositif permettant de réaliser en une minute des électrocardiogrammes (ECG) afin de sensibiliser la population au risque d’AVC lié à une arythmie et ainsi de détecter plus rapidement le risque d’attaque.

    La solution, qui se présente sous la forme d’un bâton métallique d’une trentaine de centimètre, a été lancée courant octobre 2018 dans les 18 pharmacies de la ville de Pessac, située en métropole bordelaise. Pendant un an, les personnes âgées de plus de 65 ans pourront se faire dépister gratuitement dans les officines de la ville.

    Pour utiliser le dispositif, le patient doit s’asseoir et tenir les deux extrémités du « bâton » pendant 60 secondes. À l’issue du test, si l’objet émet une lumière verte, cela signifie qu’il n’y a rien à signaler mais s’il émet une lumière rouge, cela signifie qu’une arythmie cardiaque a été détectée. Dans ce cas, la personne devra se rendre chez son médecin traitant pour lui remettre un extrait de l’électrocardiogramme enregistré par l’appareil.

    Si l’expérimentation s’avère positive, la solution pourra être déployée dans d’autres villes de Gironde puis dans d’autres régions de France.

    Inciter les plus de 65 ans à tester leur rythme cardiaque

    Un AVC sur cinq est lié à une arythmie cardiaque

    Selon les chiffres de la mairie de Pessac dévoilés par France Bleu, environ 10 000 habitants de la ville girondine (sur plus de 61 000 habitants – chiffres Insee 2014) ont plus de 65 ans, un âge à partir duquel le risque d’accident vasculaire cérébral en raison d’une arythmie cardiaque augmente.

    L’AVC est en effet la plupart du temps causé par deux facteur : l’hypertension (dans 80 % des cas) et l’arythmie (un cas sur cinq). Il peut néanmoins être aussi lié à de l’hypercholestérolémie, au diabète, au tabagisme, à de l’obésité et à de l’alcoolisme chronique.

    Parmi les personnes concernées par le dispositif déployé en Nouvelle-Aquitaine, 800 savent souffrir d’un problème d’arythmie. L’objectif de la solution développée par le CHU est donc de les encourager à tester leur rythme cardiaque afin de prévenir au mieux le risque d’accident vasculaire cérébral.

    AVC : 5 millions de décès par an dans le monde

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 5 millions de personnes dans le monde décèdent d’un AVC chaque année et 15 millions de personnes sont victimes d’un accident non fatal tous les ans.

    En France, entre 120 000 et 130 000 personnes seraient victimes d’un AVC chaque année. 30 000 hommes et femmes sont décédés en 2017 à la suite d’une attaque, faute de détection des premiers symptômes.

  • La CNEDiMTS renouvelée : une experte en e-santé parmi les 29 membres

    La Haute autorité de santé (HAS) a annoncé le 26 octobre 2018 sur son site avoir renouvelé la CNEDiMTS, sa commission en charge de l’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé. Cette commission se réunira le 6 novembre dans sa nouvelle configuration. Outre le recrutement d’un membre d’associations d’usagers supplémentaire, la commission intègre des nouveaux membres aux profils variés en réponse aux nouveaux enjeux du secteur, dont une experte e-santé.

    Parmi les membres nommés, un tiers sont nouveaux

    Afin de s’adapter aux nouveaux enjeux du secteur, la commission s’est notamment dotée d’un oncologue, d’un expert de la e-santé, d’un méthodologiste spécialiste des études à petits effectifs. À noter enfin qu’un médecin généraliste est à nouveau membre de la commission spécialisée : 

    • Dr Christophe Desauw, oncologue ;
    • Mme Sarah Zohar, méthodologiste ;
    • Dr David Taupenot, médecin généraliste ;
    • Mme Laure Beyala, ingénieure spécialiste e-santé : spécialiste des nouvelles technologies en santé, ingénieure biomédicale de formation, Laure Beyala a publié cette année Les objets connectés en santé: risques, usages et perspectives, un ouvrage qui aborde les enjeux et les risques de l’internet des objets (IoT) dans le monde de la santé.

    La Commission est chargée d’évaluer les dispositifs médicaux au sein de la HAS

    La commission examine les actes et les technologies de santé en vue de leur remboursement. En 2017, 215 dispositifs médicaux ont été évalués et 89 % ont obtenu un service attendu suffisant – nécessaire pour être inscrit au remboursement. Parmi eux, 10 étaient associés à un acte professionnel.

    Conformément aux dispositions du code de la Sécurité sociale, la commission est composée d’experts choisis pour leurs compétences scientifiques mais aussi de membres d’associations de patients et d’usagers du système de santé. Le collège de la HAS, lors de sa séance du 24 octobre 2018, a procédé au renouvellement de la composition de la CNEDiMTS pour une durée de trois ans.

    La moyenne d’âge des membres de la commission est de 55 ans. Les profils professionnelles des membres sont variés (libéraux, établissements de santé, société civile) ; un tiers  des membres sont des femmes.

    Au total, elle compte 29 membres, dont 22 titulaires avec voix délibérative et 7 suppléants avec voix consultatives. Elle accueille également 7 membres avec voix consultatives représentant les directions centrales du ministère chargé de la santé et les différents régimes d’assurance maladie. Isabelle Adenot, membre du collège de la HAS, préside la commission. Le Pr Claude Le Feuvre et le Dr Pierre-Jean Benezet en sont les vice-présidents.

    Au total, la commission CNEDiMTS compte 29 membres

    Les 22 membres titulaires sont :

    • Dr Isabelle Adenot, pharmacien, membre du Collège de la HAS, présidente de la CNEDiMTS
    • Pr Claude Le Feuvre, cardiologue interventionnel, vice-président de la CNEDiMTS
    • Dr Pierre-Jean Benezet, médecine physique et de réadaptation, vice-président de la CNEDiMTSPr Philippe Amabile, chirurgien vasculaire
    • Dr Agnès Bellocq, pneumologue
    • Pr Lionel Bonnevie, cardiologue
    • Dr Valérie Bousson, radiologue
    • Dr Pierre Yves Chambrin, pharmacien hospitalier
    • Mme Dominique Costagliola, méthodologiste
    • Pr Pierre Dominique Crochet, cardiologue
    • Pr Marie-Sylvie Doutre, dermatologue
    • Pr Béatrice Duly-Bouhanick, endocrinologue
    • Dr Yves François, chirurgien digestif
    • Mme Elise Hamon, infirmière
    • Pr Yves Juillère, cardiologue
    • Dr Bernard Lenoir, anesthésiste-réanimateur
    • M. René Mazars, adhérent d’une association de patients et d’usagers du système de santé
    • M. Guillaume Pelé, ergothérapeute
    • Pr Alain Sautet, chirurgien orthopédique et traumatique
    • M. Pascal Sellier, adhérent d’une association de malades et d’usagers du système de santé
    • Pr Franck Semah, neurologue
    • Dr David Taupenot, médecin généraliste

    Les 7 membres suppléants sont :

    • Mme Laure Beyala, ingénieure spécialiste e-santé
    • Dr Christophe Desauw, oncologue
    • Dr Jean-Pierre Laissy, radiologue
    • Pr Claude-Fabien Litré, neuro-chirurgien
    • Pr Hung Thai Van, ORL
    • M. Christian Trouchot, adhérent d’une association de malades et d’usagers du système de santé
    • Mme Sarah Zohar, méthodologiste
  • Téléconsultation chez l’opticien : le SNOF rejette le principe de confondre prescription et vente

    Le conseil d’administration du Syndicat des ophtalmologistes de France (Snof) a rejeté à l’unanimité le principe de développer des protocoles de vidéo-consultation ophtalmologique chez l’opticien, apprend-on dans un communiqué publié le 19 octobre 2018.

    Cette décision est motivée par l’annonce du lancement de la plateforme de téléconsultation en ophtalmologie Pro-visio.fr par Althalia, en partenariat avec la chaîne d’opticiens GrandVision.

    Bien que la volonté de réduire les délais d’attente et de faciliter l’accès aux soins est saluée, le syndicat a condamné ce partenariat qui pose des problèmes déontologiques en mêlant les soins médicaux et une activité commerciale.

    Les nœuds du problèmes

    Le docteur Thierry Bour, président du Syndicat des ophtalmologistes de France (Snof) a déclaré : « Les activités de soins et de prescription d’une part, et celles de vente d’équipements optiques d’autre part, doivent rester séparées dans l’intérêt des patients. Nous ne pouvons pas accepter qu’un protocole de télémédecine autorise la présence d’un opticien-lunetier durant une consultation médicale, fut-elle à distance. (….) Cela ne retire rien au fait que les opticiens-lunetiers sont des partenaires essentiels des ophtalmologistes depuis des années. »

    Le Snof a pris la décision de condamner l’association entre Althalia et GrandVision en se fondant sur les motifs suivants :

    • atteinte au secret médical ;
    • confusion entre prescription et vente ;
    • pratique de la médecine dans des locaux commerciaux contraire au code de déontologie médicale (article 19 qui indique que la médecine ne peut être pratiquée comme un commerce et article 25 selon lequel les médecins n’ont pas le droit de dispenser des consultations, des prescriptions ou des avis médicaux dans des locaux commerciaux).

    Des protocoles développés par le Snof

    Le président du Syndicat des ophtalmologistes de France souligne que des lieux plus légitimes qu’un local commercial pour effectuer des téléconsultations existent déjà et rappelle l’existence de cabinets secondaires d’ophtalmologie ou des maisons de santé équipés en matériel adéquat au sein desquels la patient peut bénéficier de l’assistance d’un orthoptiste.

    Le travail aidé

    Le Snof rappelle par ailleurs dans son communiqué que dans l’objectif de réduire les délais d’attente et favoriser l’accès aux soins, les ophtalmologistes pratiquent depuis plus de quinze ans le travail aidé avec plusieurs professions telles que les orthoptistes, les infirmiers ou les assistants médicaux.

    Selon une enquête du syndicat réalisée auprès de ses adhérents datant de juin 2018, 60 % des ophtalmologistes y ont déjà recours et le nombre de patients vus grâce à cette organisation a augmenté de 26 % selon la Cnam.

    Protocoles de télémédecine

    De plus, le Snof rappelle qu’il développe déjà des protocoles de télémédecine tels que :

    • le protocole Muraine (RNM), qui est le premier protocole de télémédecine national avec des orthoptistes ;
    • le protocole RNO, entré dans le régime commun en juillet 2018 et qui permettra de prendre en charge plus de 100 000 patients par an.