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  • Intrasense (France) signe un accord avec le fabricant de matériel d’imagerie médicale chinois Kangda

    L’entreprise française Intrasense a signé un accord de coopération exclusive d’une durée de 5 ans avec Kangda Medical Equipment, distributeur et fabricant de matériel d’imagerie médicale leader en Chine, a-t-elle annoncé dans un communiqué publié le 5 novembre 2018. Le partenariat a été conclu à l’occasion du China International Medical Equipment Fair (CMEF), salon chinois de l’équipement médical, qui s’est tenu à Shenzhen du 29 octobre au 1er novembre.

    L’entreprise française devient ainsi le fournisseur exclusif de logiciels de visualisation avancée d’imagerie médicale pour les scanners et IRM de Kangda.

    Kangda Medical Equipment commercialise ses propres offres de matériel d’imagerie, à destination du marché chinois dans un premier temps. « La société poursuit avec succès son implantation et sa forte croissance, avec désormais plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité », commente Intrasense dans son communiqué.
    Le partenariat entre les deux organisations prévoit l’intégration de différentes applications cliniques de la marque Myrian (Intrasense) aux produits de Kangda. Dans ce cadre, une première commande de 21 000 euros en 2018 est déjà actée. L’accord garantit par ailleurs à l’entreprise française « des revenus récurrents pour les 5 prochaines années avec un volume prévisionnel de plus de 320 unités« .

    Le marché asiatique représentait 25 % du CA total d’Intrasense au S1 2018

    Avec cette alliance, Intrasense renforce sa position sur le marché asiatique, deuxième marché mondial dans le secteur de la santé, qui représentait déjà 25 % du chiffre d’affaires total de la société au 1er semestre 2018 (communiqué). Dans cette région, l’entreprise a également signé en février 2018 un contrat de coopération de 4 ans avec le fabricant de scanners chinois Minfound Medical Systems.

    « Cet accord va améliorer de façon notable la pénétration d’Intrasense en Chine dans les 5 prochaines années, en renforçant la capacité de différenciation de Kangda sur ce marché, avec des possibilités de post-traitement d’image d’envergure internationale », a déclaré Nicolas Reymond, directeur général d’Intrasense.

  • Blockchain et données patients : les enjeux, usages et adoption (Livre blanc Hello Tomorrow)

    Les acteurs clés de la filière santé (grands groupes, start-ups, experts, législateurs et fournisseurs de systèmes) se sont réunis le 7 novembre 2018 afin d’étudier ce que pourraient être à court et moyen termes les bénéfices de la blockchain dans le partage des données patients, à travers la restitution d’un livre blanc.

    Ce document, présenté lors d’une conférence Bpifrance-le HUB organisée par l’organisation à but non lucratif Hello Tomorrow, permet :
    • de comprendre les enjeux de la technologie blockchain ;
    • de donner une lecture des cas concrets actuels et à venir ;
    • de dégager les actions visant à favoriser l’adoption de cette technologie par l’écosystème.

    Le livre blanc blockchain et données patients a une visée de sensibilisation et d’apprentissage, permettant de poser les bases nécessaires afin d’appréhender le sujet de la blockchain pour les données patient et de faciliter les discussions entre la multitude d’acteurs concernés. La mise en place d’un socle commun doit ainsi permettre d’envisager des collaborations et des lancements de projets impliquant l’outil blockchain pour fournir des services de santé améliorés tout en exploitant les ressources disponibles dans les cadres réglementaires fixés.

    Blockchain: comprendre les enjeux de la technologie

    Cette technologie permet de répondre au fort enjeu de partage de données au sein de la filière santé.

    Rappel: définition de la technologie blockchain

    • un protocole qui est un ensemble de règles qui définissent comment l’information est échangée et validée au sein d’un réseau informatique qui permet d’établir une liste ordonnée et datée de transactions : du simple transfert, comportant l’origine des fonds, leur destination et la signature de l’émetteur, à la mise à jour d’une donnée dans un registre après validation de l’ensemble des conditions et des parties prenantes;
    • un réseau décentralisé et partagé par plusieurs acteurs où les membres du réseau possèdent une copie locale du registre structuré sous la forme de blocs qui se suivent : les mises à jour du registre sont effectuées par l’ajout de blocs, eux-même constitués d’un ensemble de transactions valides, en une chaîne inaltérable.

    Des cas concrets actuels aux usages à venir pensés par la filière

    Les initiatives impliquant la blockchain dans la gestion des données patient se développent au niveau international. Les écosystèmes américains et européens connaissent les stades d’avancement les plus poussés et se démarquent par leur potentiel parmi les autres cas identifiés.

    Cependant, il n’est pas possible de comparer le stade d’avancement et la structure des projets dans le monde sans avoir pris en compte la maturité de l’écosystème local et la réglementation à l’échelle de la protection des données sensibles.

    Le rapport évoque les cas internationaux ayant réalisés les avancées les plus significatives depuis leur lancement. En France, des solutions faisant appel à la blockchain pour la gestion des données patients sont en cours de développement.

    Les projets internationaux

    À échelle international, le rapport répertorie 38 projets :

    • la majorité d’entre eux sont américains (50%) ;
    • les projets européens sont également présent dans le secteur (40%). Il faut néanmoins nuancer l’avancée et la typologie des projets internationaux avec les projets français qui ne s’inscrivent pas dans le même cadre juridique ;
    • même si une majorité des applications sont destinées à la santé, d’autres initiatives se revendiquent comme étant des supports techniques applicables dans le domaine de la santé, déclinables dans plusieurs industries.

    Parmi les sociétés internationales citées, on compte notamment :

    • Guardtime x Estonian e-health foundation (Keyless Signature Infrastructure platform) (2016), Estonie ; 
    • MedicalChain, Londres (2016) ;
    • Embleema, New-York (2017) ;
    • Patientory, Atlanta (2015) ;
    • Pokitdok & Intel, San Mateo (2012) ;
    • MIT Media Lab (MedRec), Boston (2016) ;
    • Walmart, États-Unis (2018) ;
    • My Health My Data (MHMD), Italie, Rome (2016).

    Panorama des cas français emblématiques:

    • MYPL, 2017, France;
    • Kidner Project, 2017,France;
    • Sunny Lake, 2016, France;
    • Substra, 2018, France;
    • Owkin, 2016, France;
    • Orange (projet dans la gestion des consentements pour l’accès à des données sensibles) blockchain 2018, France;

    Des initiatives récentes à suivre

    Le rapport répertorie également les autres initiatives, à surveiller dans le temps :

    • en santé :
      • IBM & CDC, USA, 2016;
      • American research & Policy Institute, USA (Washington), 2015;
      • Proofwork, Israel, 2017;
      • Encrypgen, USA (Floride), 2016;
      • Iryo, Slovénie (Kranj), 2017;
      • Hashed Health, USA (Tennessee), 2016;
      • ScalaMed, Australie (Sydney), 2016;
      • Well, USA (Los Angeles), 2015;
      • MediChain, UK (Londres), 2018;
      • Doc.ai, USA (Los Angeles), 2016;
      • Nebula Genomics, USA (Boston), 2016;
      • Coral Health, Canada (Vancouver), 2017;
      • Burst IQ, USA (Denver), 2016;
      • InnovHealth, France (Paris), 2016 ;
    • fournisseurs de technologie/plateforme ayant des solutions liées à la santé :
      • GEM & Philips, USA (Venice), 2016;
      • Factom, USA (Austin), 2015;
      • BronTech, Australie (Sydney), 2016;
      • YouRiz, USA (Kentucky), 2018;
      • SAAVHA, USA (Suffern), 2016;
      • Tierion & Philips Healthcare, USA (San Francisco), 2015 ;
      • Guardtime & gouvernement de Dubai, Dubai, 2017;
      • Stratumn, France (Paris), 2015;
      • Pierre Fabre & BotDesign, France, 2018.

    Les usages futurs de la blockchain en santé : trois thèmes et six scénarios ont été abordés

    Chacun des trois thèmes comporte deux cas d’usage :

    • un parcours patient seamless :
      • suivi d’un patient atteint d’asthme, dont l’état se dégrade progressivement suite à une infection ;
      • perfectionnement de la gestion de la donnée patient par les organismes d’assurance santé ;
    • la gestion des e-cohortes :
      • la blockchain est envisagée dans la gestion des données récoltées dans le cadre d’un protocole de recherche ou d’essai clinique
      • gestion holistique des données en vraie vie pour les e-cohortes et qui implique l’exportation des données vers une autre base de données ;
    • la gestion des consentements et données partagées où la blockchain permet :
      • la facilitation de la circulation d’informations réparties dans plusieurs bases de données séparées ;
      • la gestion des consentements dans une étude clinique menée dans plusieurs centres de soins.

    Avancer pour la transformation : favoriser l’adoption par l’écosystème

    Le rapport s’interroge enfin sur les leviers afin d’encourager l’adoption afin d’implémenter la blockchain en santé. Le sujet de l’adoption est vaste et regroupe:

    • l’adoption technologique : elle se fera, comme pour internet, par l’adoption de nouveaux usages et lorsque les patients comme les professionnels de santé partageront le même imaginaire du bénéfice de la technologie et de ses usages; 
    • l’adoption d’usages regroupant elle-même deux types d’usages :
      • ceux visibles pour l’utilisateur final, constituant le “front-end” (ex: interfaces d’applications développées pour les patients) ;
      • ceux qui ne le sont pas et qui constituent l’infrastructure “back-end” et le fonctionnement technique et permet l’organisation et les opérations de la filière (ex: l’interopérabilité des systèmes d’informations des prestataires de soin).

    Pour dépasser la résistance au changement, le rapport préconise enfin :

    • d’encourager la compréhension de la nécessité du changement : autour des processus et des pratiques actuels, résultats de l’évolution de l’écosystème de santé ;
    • d’encourager l’adoption de nouveaux comportements pour gérer des données patients ;
    • de dépasser le stade des “Proof of Concept” (PoC) : pour que les distributeurs de solutions innovantes, notamment les start-ups, puissent préparer et rencontrer un marché.

    Les enjeux de la blockchain pour le secteur de la santé ?

    L’ensemble des acteurs de la filière devront penser les modèles économiques sous-jacents au développement de ces nouvelles plateformes d’échange :

    • pour les patients : au-delà de leur rôle dans le partage et l’accessibilité de leurs donnée patients, quels seront les modèles d’incentives, sources de motivation ?
    • pour les prestataires de soin : quels seront les business models des nouveaux usages développés et quels seront leurs impacts sur les activités historiques et modèles actuels? 

    Pour faciliter un premier déploiement d’usages autour de la blockchain, les acteurs français concernés doivent se réunir sous la forme d’un écosystème soudé afin d’assurer: 

    • la définition des positionnements de chacun en regard des opportunités de création de valeur et des possibles évolutions ;

    • l’identification commune des verrous technologiques, et leurs dépassements (le cas échéant) ;

    • la diffusion progressive de solution(s) technologique(s) (techno push) et/ou de cas d’usage s’appuyant sur la blockchain (market pull) à des acteurs, des contextes et les applications et services associés ;

    • l’enclenchement de l’adoption à plus large échelle, grâce à un scénario de déploiement maîtrisé ; 

    • l’ interopérabilité entre tous les acteurs de la chaîne et la jonction de leurs systèmes IT ;

    • la définition des standards communs ;

    • le soutien et le relais des instances réglementaires. 

     

  • L’entreprise de e-santé TPP cherche à gérer les données de santé de 6 millions de Chinois via une IA

    L’entreprise de santé numérique britannique TPP (The Phoenix Partnership), qui développe des logiciels de santé et gère plus de 40 millions de dossiers patients au Royaume-Uni, a signé un accord avec une société basée à Shanghai, dont le nom n’a pas été rendu public, en présence de représentants des gouvernements britanniques et chinois à l’occasion de la China International Import Expo, qui se déroule du 5 au 10 novembre 2018.

    L’objectif de ce partenariat est de développer conjointement une application permettant aux utilisateurs de consulter leurs dossiers sur leur smartphone et d’analyser leurs données de santé en utilisant une technologie basée sur l’intelligence artificielle (IA) et diverses solutions médicales proposées au sein de l’offre. Le premier projet concernera 6 millions de personnes à Shanghai, a déclaré le Dr Hui-Chi Yeh, directeur de TPP, ajoutant qu’elle espère pouvoir à terme déployer la solution dans l’ensemble de la Chine (source : Shine.cn).

    Hui-Chi Yeh a expliqué que TPP collaborerait avec des établissements spécialisés dans différents secteurs, notamment des cliniques centrées sur les soins aux personnes âgées, des centres de santé communautaires et des hôpitaux.

    Un autre accord pour développer une plateforme de soins intégrée dans une région chinoise

    TPP a également signé un accord avec une autre société chinoise pour développer une plateforme de soins intégrée intelligente à Hainan, une province insulaire de Chine située au sud du pays. L’outil reliera pour la première fois les services de soins primaires, communautaires, secondaires et pour personnes âgées de toute la région.

    Frank Hester, fondateur et P.-D.G. de TPP, a commenté que la prévention et le dépistage précoce de la maladie constituaient un défi majeur, et que l’IA, via l’analyse des big data, pouvait aider à le relever.

  • Les cahiers des charges sur les expérimentations de télésuivi de pathologies chroniques actualisés

    Les cahiers des charges encadrant le financement d’expérimentation de télésurveillance de diverses pathologies chroniques ont été mis à jour dans un arrêté daté du 11 octobre 2017 (en lien ci-contre) publié le 27 octobre 2018 au Journal officiel.

    Ces expérimentations, prévues dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018, portent sur la télésurveillance des personnes atteintes de diabète, des porteurs de prothèses cardiaques implantables à visée thérapeutique et des patients insuffisants rénaux, cardiaques ou respiratoires chroniques.

    L’arrêté abroge les précédents textes portant sur le sujet, publiés en 2016 et en 2017. L’actualisation se traduit entre autres par une ouverture du profil des patients concernés par le programme de télé-suivi. Le cahier des charges relatif aux porteurs de prothèses cardiaques implantables a quant à lui subi une légère modification pour préciser que la rémunération du médecin réalisant la télésurveillance passait de de 130 euros par an et par patient à 65 euros par semestre par patient, imposant au professionnel de facturer l’acte en deux fois, même s’il est valable un an.

    Cette mise à jour vise à « prendre en compte les retours des acteurs de terrain pour simplifier et adapter les éléments qui n’étaient pas considérés comme suffisamment lisibles, et pour harmoniser l’écriture des cahiers des charges », a expliqué la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), ajoutant que la télésurveillance de certaines pathologies a été élargie à de nouveaux profils de patients « lorsque cela se justifiait médicalement » (source : Ticsanté).

    Télésurveillance du diabète

    • Ouverture du dispositif de télésurveillance aux patients diabétiques de type 1 mineurs de plus de 12 ans, présentant une hémoglobine glyquée (hBA1c) supérieure ou égale à 8,5 % lors de deux mesures réalisées dans un intervalle de six mois, malgré une mise sous insuline de plus de six mois, alors que le précédent cahier des charges incluait uniquement les patients majeurs dans le processus de télé-suivi.
    • Disparition du critère indiquant que les patients diabétiques de type 1 ou de type 2 doivent être traités sous insuline depuis plus de six mois pour faire partie du programme de télésurveillance. Les professionnels de santé peuvent prescrire le télé-suivi en même que temps que la mise sous insuline du patient.
    • Possibilité d’utiliser un système de mesure continue du glucose interstitiel et non plus seulement d’un recueil de glycémie capillaire.

    Télésurveillance de l’insuffisance rénale chronique

    • Les patients greffés au stade IV de l’évolution de l’insuffisance rénale chronique sont éligibles à la télésurveillance.
    • Le rapport protéinurie/créatininurie, qui provient du bilan biologique mensuel, peut être remis au médecin réalisant la télésurveillance, en substitut du dosage protéinurie sur 24 heures.

    Télésurveillance de l’insuffisance respiratoire chronique

    • Le système de recueil des données du patient mesure une fois par mois, et non plus une fois par semaine, le score total de ce dernier au questionnaire DIRECT (DIsability RElated to COPD Tool).

    Télésurveillance des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables

    Le cahier des charges portant sur la télésurveillance de ces patients a été modifié afin de revoir les modalités de rémunération du médecin effectuant le télé-suivi, qui recevra 65 euros par semestre et par patient, au lieu de 130 euros par an et par patient.

    Ainsi, la facturation de l’acte doit être réalisée deux fois par an par le médecin, même si la prescription de la télésurveillance est valable un an.

  • Etude : les mailles du filet de la sécurité alimentaire se resserrent grâce au machine learning

    Une nouvelle modélisation informatique utilisant l’apprentissage automatique et les données de recherche et de géolocalisation provenant d’utilisateurs de Google s’est révélée plus précise pour identifier les restaurants potentiellement dangereux que le système traditionnel de traitement des plaintes et les inspections de routine.

    L’étude* menée par des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health et par Google, dont les résultats ont été publiés le 6 novembre 2018 dans la revue Nature’s Digital Medicine, suggèrent que cette modélisation pourrait identifier les failles de sécurité alimentaire en temps réel.

    Google vous conseille déjà dans vos choix de restaurants, mais uniquement pour le moment sur des critères culinaires. Il pourrait devenir prescripteur pour des raisons de santé publique. Pour le moment, la détection des sources potentielles de maladies d’origine alimentaire repose essentiellement sur le signalement de symptômes par les patients eux-mêmes et sur des contrôles de routine.

    Aux États-Unis, mais aussi en France, l’apparition d’une maladie dépend de la plainte d’un grand nombre de patients ou de la réception de données sérologiques à partir de tests de laboratoire. Ces processus peuvent être lents et fastidieux, entraînant souvent une réponse tardive, permettant la propagation du virus. Pouvoir suivre les flambées et y réagir en temps réel pourrait sauver des vies.

    Traquer les foyers de maladies grâce à Google et aux smartphones

    Des chercheurs de l’école de santé publique d’Harvard en partenariat avec Google ont donc tenté de mettre au point un système plus réactif : un modèle de machine learning qui utilise des données de localisation et de recherche Google agrégées et anonymisées pour détecter les sources potentielles de maladie d’origine alimentaire en temps réel.

    « Notre objectif principal était d’utiliser ce modèle pour identifier les restaurants présentant des violations du code de la santé publique potentiellement dangereuses qui pourraient contribuer à la propagation de maladies d’origine alimentaire, écrivent les auteurs de l’étude. Nous avons formulé l’hypothèse selon laquelle notre modèle serait en mesure d’identifier plus précisément un restaurant avec des violations du code de la santé graves que les systèmes actuellement en place. »

    Le système informatique, appelé FINDER, calcule le nombre de personnes ayant visité un restaurant en particulier, puis recherche des termes indiquant une intoxication alimentaire (« crampes d’estomac » ou « diarrhée ») pour identifier les restaurants potentiellement dangereux. Le modèle utilise ensuite les données d’historique de localisation identifiées et agrégées provenant des smartphones. Grâce à ces informations, ils ont ensuite ciblé les inspections de restaurants dans deux villes, Chicago et Las Vegas. Les inspecteurs de la santé ne savaient pas si leur inspection était suscitée par ce nouveau modèle ou par les méthodes traditionnelles. Au cours de la période à l’étude, les départements de la santé ont en effet poursuivi leurs procédures d’inspection habituelles.

    Les résultats de cette étude ont été publiées le 6 novembre 2018 dans la revue Digital Medicine.

    Résultats

    • A Chicago, la modélisation informatique FINDER a été déployée entre novembre 2016 et mars 2017 et a été à l’origine de 71 inspections.
    • Le taux de restaurants qui ne respectaient pas la sécurité alimentaire était de 52,1%, contre 39,4% via le système d’inspections traditionnelles.
    • Sur les 2 villes, FINDER a repéré 52,3% de restaurants dangereux contre 24,7% pour le système traditionnel.
    • Les restaurants identifiés par FINDER sont 3 fois plus susceptibles d’être considérés dangereux lors de l’inspection que les restaurants identifiés par les méthodes existantes.

    Le machine learning, plus précis et plus rapide

    Le modèle basé sur le machine learning s’est donc révélé nettement plus performant que les méthodes usuelles basées sur les plaintes. Plus précis, FINDER a aussi été plus rapide. Ces résultats sont d’autant plus remarquables que Chicago possède l’un des programmes de surveillance les plus avancés du pays et utilise déjà des techniques d’extraction sur les réseaux sociaux.

    En outre, la modélisation informatique a permis de mettre en évidence que dans 38% des cas, le restaurant causant une intoxication alimentaire n’était pas le dernier visité, ce qui peut expliquer une moindre précision des inspections sur plainte. Or, les malades ont tendance à incriminer le dernier restaurant visité. « Sur le plan clinique, les maladies d’origine alimentaire peuvent prendre jusqu’à 48 heures, voire plus, pour devenir symptomatiques après l’exposition », ont indiqué les auteurs.

    Le système de machine learning n’a cependant pas vocation à supplanter les méthodes de surveillance sanitaire actuelles, mais à les compléter. Les chercheurs estiment que cela permettra de mieux hiérarchiser les inspections et d’effectuer des évaluations internes de la sécurité alimentaire.

    Une nouvelle ère pour l’épidémiologie

    « Dans cette étude, nous venons d’entrevoir ce qui est possible dans le domaine de l’épidémiologie via le machine learning, a déclaré Evgeniy Gabrilovich, responsable scientifique chez Google et co-auteur de l’étude. J’aime l’analogie avec le travail du Dr John Snow, le père de l’épidémiologie moderne, qui en 1854 a dû faire du porte à porte dans le centre de Londres, demandant aux gens d’où ils tiraient leur eau pour trouver la source d’une épidémie de choléra. Aujourd’hui, nous pouvons utiliser les données en ligne pour effectuer des observations épidémiologiques en temps quasi réel, avec le potentiel d’améliorer considérablement la santé publique de manière rapide et rentable. »

     

  • États généraux du diabète : la fédération propose de lancer des plateformes mutualisées de télésuivi

    Le 7 novembre 2018, à l’occasion d’un point presse portant sur la restitution des premiers états généraux du diabète et des diabétiques, la Fédération française des diabétiques a dévoilé 15 propositions « pour une médecine fondée sur l’humanisme », dont deux d’entre elles portent sur la e-santé et les technologies de santé :

    • proposition 11 consiste à « faciliter le quotidien des patients en favorisant les consultation à distance et le télésuivi« . L’une des idées centrales ici est la création de centres experts de suivi et de pratiques intégrées, avec une expérimentation dans la région Auvergne-Rhône-Alpes pour définir des parcours patient plus efficaces en coordonnant les parcours et en offrant des plateformes mutualisées de télé-suivi des patients ;

    • proposition 13 visant à « intégrer la qualité de vie des patients dans l’évaluation des technologies de santé (médicaments, dispositifs médicaux) ». L’une des initiatives avancées ici est le renforcement des moyens humains et financiers du Comité économique des produits de santé (CEPS) pour accélérer l’accès aux technologies de santé.

    La restitution de ces états généraux et la présentation des différentes propositions aura lieu le 14 novembre 2018 au ministère des Solidarités et de la Santé, l’objectif pour la fédération étant de participer activement à la transformation du système de santé français dans le cadre du plan Ma Santé 2022, qui a identifié la lutte contre le diabète comme l’un des axes forts de la réforme.

    Proposition 11 : favoriser les consultations à distance et le télésuivi

    Les personnes diabétiques, en particulier de type 1, sont et seront encore plus nombreuses dans les années à venir à être équipées de capteurs de glucose en continu, d’outils de mesure de l’activité physique, d’une pompe à insuline connectée ou d’applications de pilotage de leur diabète.

    La Fédération française des diabétiques estime que l’ensemble de ces objets et plus précisément les données qu’ils génèrent sont actuellement « largement sous-exploitées alors même que cette « transformation numérique » devrait améliorer la coordination du parcours de santé, faciliter la relation médecin-patient, aider le professionnel de santé à la décision médicale et à l’évaluation de ses pratiques ».

    Plan d’action

    • Créer un centre expert de pratiques intégrées pour adolescents et adultes atteints d’un diabète de type 1.
      La Fédération souhaite fonder des centres experts de suivi et de pratiques intégrées, le diabète de type 1 et sa technicité étant parfois compliqués à appréhender pour les patients.
      Avant la généralisation de ce type de centre, le modèle des centres dit « Diabeter » pourrait être expérimenté dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre de l’article 51, co-construit entre professionnels de santé et associations de patients. Les cliniques Diabeter, créées en 2006 aux Pays-Bas par les pédiatres Henk-Jan Aanstoot et Henk Veeze, sont spécialisées dans la prise en charge du diabète de type 1 de l’enfant et du jeune adulte, qui peuvent bénéficier d’un suivi en présentiel ou à distance selon leurs besoins. Une solution numérique permet au patient d’accéder à ses données de santé et au soignant de disposer des données de ses patients pour adapter ses consultations (temps, contenu).
      L’objectif de l’expérimentation en Auvergne-Rhône-Alpes est de définir des parcours patient plus efficaces en coordonnant les parcours et en offrant des plateformes mutualisées de télé-suivi des patients. 
      • Quand ? En 2018.
      • Qui ? Le ministère des Solidarités et de la Santé, la Caisse nationale de l’assurance maladie, la Fédération française des diabétiques et les services de diabétologie.
    • Développer sur tout le territoire le programme Etapes et faciliter l’inclusion des patients par le professionnel de santé.
      La fédération note que le programme Etapes n’est pas parfaitement connu par l’ensemble des acteurs (professionnels de la santé, patients) et que, de ce fait, la maillage territorial n’est pas optimal. Elle estime donc qu’il est nécessaire que tous les acteurs s’engagent à favoriser l’inclusion des patients diabétiques dans le programme pour permettre un déploiement territoire homogène, en créant notamment « une communication spécifique sur les modalités, les conditions d’inclusion mais également les bénéfices pour les patients ».
      • Quand ? En 2019.
      • Qui ? La Direction générale de l’offre de soins, les Agences régionales de santé (ARS), l’Union régionale des professionnels de santé et la Fédération française des diabétiques.
    • Réaliser une campagne de communication pour informer l’ensemble des acteurs de l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun et permettre son déploiement rapide et homogène sur l’ensemble du territoire.
      La téléconsultation est entrée dans le droit commun en septembre 2018, mais beaucoup de patients ne maîtrisent pas encore totalement son fonctionnement et ses modalités (coût, remboursement, etc). La fédération souhaite donc lancer une campagne de communication et d’information auprès des acteurs concernés, aussi bien auprès des patients et du grand public que des professionnels de santé.
      • Quand ? En 2019.
      • Qui ? Le ministère des Solidarités et de la Santé, la Caisse nationale de l’assurance maladie, la Société française de télémédecine, France Assos Santé et la Fédération française des diabétiques.
    • Élargir les critères d’inclusion du programme Etapes à tous les diabétiques de type 1 et les diabétiques de type 2 insulinotraités.
      La télésurveillance, qui est actuellement limitée aux personnes diabétiques de type 1 ou de type 2 déséquilibré, doit être accessible à tous les patients diabétiques insulinotraités, recommande la Fédération française des diabétiques, soulignant qu’il est nécessaire d’élargir les critères d’inclusion. 
      • Quand ? À la fin de l’expérimentation Etapes.
      • Qui ? Le ministère des Solidarités et de la Santé, la Caisse nationale d’assurance maladie, les parlementaires et la Fédération française des diabétiques.

    Proposition 13 : intégrer la qualité de vie des patients dans l’évaluation des technologies de santé

    Cette intégration est indispensable pour :

    • restaurer la confiance entre les industriels des technologies de santé et le reste de la société ;
    • mieux prendre en compte le vécu des utilisateurs de ces technologies de santé ;
    • améliorer le système de pharmacovigilance et matériovigilance ;
    • donner aux décideurs les données nécessaires à la réévaluation et l’adaptation du prix en fonction des résultats des études en vie réelle.

    Plan d’action :

    • mettre en place des campagnes de communication envers les prescripteurs autour de la « bonne prescription au bon patient au bon moment » ;
    • renforcer les moyens humains et financiers du Comité économique des produits de santé (CEPS) pour accélérer l’accès aux technologies de santé ;
    • renforcer le cadre législatif et réglementaire relatif à la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé ;
    • construire des méthodologies robustes pour recueillir et prendre en compte les données en vie réelle ;
    • transformer les essais cliniques pour qu’ils intègrent les données en vie réelle ;
    • conditionner la prise en charge des technologies de santé au regard de leurs performances en vie réelle.

    Points forts en dehors de la e-santé

    Créer un statut intermédiaire à la reconnaissance qualité de travailleurs handicapés (RQHT)

    En dehors de la e-santé, l’un des axes forts présentés par la Fédération française des diabétiques est la volonté de créer d’ici 2020 un statut intermédiaire à la reconnaissance qualité de travailleurs handicapés (RQHT) pour les personnes en affection longue durée (ALD) afin de favoriser leur maintien dans l’emploi (proposition 5), la RQHT n’étant pas justifiée dans le cadre des personnes diabétiques, qui peuvent mener une vie professionnelle « normale ».

    Assouplissement de la loi pour l’obtention du certificat médical permettant de passer le permis de conduire (en dehors des 15 propositions)

    Par ailleurs, Gérard Raymond, président de la fédération, a annoncé avoir signé le 6 novembre 2018 un accord avec les ministères de l’Intérieur et de la Santé ainsi que la Sécurité routière pour alléger le processus d’obtention du certificat d’aptitude permettant aux personnes souffrant de diabète de passer le permis de conduire.

    Les diabétiques pourront désormais demander ce certificat auprès de leur médecin traitant ou d’un spécialiste, sans passer par un médecin agréé (préfecture) comme la loi l’exige actuellement. « C’est une grande révolution », insiste Gérard Raymond.

  • Les start-ups de la e-santé françaises ont levé 64,7 millions d’euros en octobre 2018

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé un total de 64,7 millions d’euros au cours du mois d’octobre 2018.

    La medtech Padoa, une société basée à Paris qui fournit des outils technologiques pour le suivi numérique de la santé au travail, sort du lot avec un tour de table de 20 millions d’euros, mené notamment auprès de Kamet, incubateur créé par Axa. Avec cette somme recueillie, la start-up envisage de doubler ses effectifs et d’accélérer son développement commercial.

    Les biotech Acticor Biotech, qui développe des traitements pour soigner la phase aiguë des maladies thrombotiques, et Invectys, qui vise à soigner la leucémie lymphoïde chronique, se démarquent également en levant respectivement 15,3 millions d’euros et 15 millions d’euros.

    Figure par ailleurs dans ce classement Skello, une start-up créée en 2016 qui commercialise un logiciel de gestion de planning et de personnel en ligne. Elle a annoncé le 10 octobre 2018 avoir bouclé un tour de financement de 6 millions d’euros et décidé de pénétrer le marché sanitaire et médico-social, sa solution s’adressant à l’origine au secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

  • Resilient Innovation lance une campagne de crowdfunding pour sa solution de marche assistée

    Resilient Innovation, spécialiste en solutions technologiques et créateur de Walk, un dispositif électronique portable d’aide à la marche par stimulation auditive, a annoncé le 5 novembre 2018 le lancement d’une campagne de financement participatif via la plateforme Lita.co, avec un objectif de collecte fixé à 500 000 euros.

    Walk vient en aide aux personnes ayant des troubles d’origine neurologique, tels que les malades souffrant de la maladie de Parkinson, et contribue à améliorer leur maintien à domicile.

    Les objectifs principaux que serviront les fonds recueillis par la start-up sont l’accélération de la commercialisation de son dispositif en Europe et la conquête de nouveaux marchés.

    Objectif : s’ouvrir à de nouveaux marchés

    Le projet Walk est une idée de Jordan Miron, fondateur et P.-D.G., jeune entrepreneur montpelliérain, qui a voulu allier l’électronique et la science. Il a développé le dispositif connecté et breveté Walk dans le cadre de sa start-up, Resilient Innovation, fondée en janvier 2016.

    Cet appareil est capable, grâce à un logiciel intégré, de détecter les troubles locomoteurs et de déclencher si nécessaire une stimulation auditive sur laquelle l’usager peut synchroniser son pas pour corriger les troubles dont il souffre. Le dispositif est utile dans le cadre de dommages neurologiques, comme par exemple dans les cas de maladie de Parkinson ou d’hémiplégie post-AVC.

    La première version brevetée du dispositif, utilisé par plus de 200 particuliers et plus de 100 professionnels de santé, a permis à la start-up de procéder à une collecte de données afin d’améliorer le produit.

    Aujourd’hui, le fondateur de la société travaille en collaboration avec un David Hoffnung, chargé de recherche et développement de la start-up. Ils sont secondés de Morgan Bideau, responsable du développement commercial de l’entreprise.

    Parmi les projets actuellement prioritaires de la start-up figurent :

    • le renforcement des ventes en Europe ;
    • l’ouverture au marché de l’outre-mer ;
    • le développement de ses produits et services.

    Lita.co

    Lita.co est une plateforme francilienne d’investissement participatif dont la vocation est de permettre  d’investir dans les entreprises porteuses de projets solidaires et durables.

    Tous ceux qui souhaitent prendre part dans la campagne peuvent manifester leur intention d’investir en phase de pré-collecte via ce lien.

    L’objectif est fixé à 500 000 euros. Une fois la phase de pré-collecte terminée, le financement participatif sera ouvert à tous sur la plateforme Lita.co pour une durée d’un mois.

  • Data : les start-ups de la e-santé françaises ont levé 64,7 millions d’euros en octobre 2018

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé un total de 64,7 millions d’euros au cours du mois d’octobre 2018.

    La medtech Padoa, une société basée à Paris qui fournit des outils technologiques pour le suivi numérique de la santé au travail, sort du lot avec un tour de table de 20 millions d’euros, mené notamment auprès de Kamet, incubateur créé par Axa. Avec cette somme recueillie, la start-up envisage de doubler ses effectifs et d’accélérer son développement commercial.

    Les biotech Acticor Biotech, qui développe des traitements pour soigner la phase aiguë des maladies thrombotiques, et Invectys, qui vise à soigner la leucémie lymphoïde chronique, se démarquent également en levant respectivement 15,3 millions d’euros et 15 millions d’euros.

    Figure par ailleurs dans ce classement Skello, une start-up créée en 2016 qui commercialise un logiciel de gestion de planning et de personnel en ligne. Elle annoncé le 10 octobre avoir bouclé un tour de financement de 6 millions d’euros et décidé de pénétrer le marché sanitaire et médico-social, sa solution s’adressant à l’origine au secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

    Le tableau récapitulatif des acteurs et des montants est disponible via ce lien.

  • Décentralisation et démocratie sanitaire, 2 axes pour refonder le système de santé (Institut Santé)

    A l’issue du premier colloque de l’Institut Santé qui s’est tenu mardi 6 novembre 2018 à l’Université Paris Descartes, ce premier a publié son rapport, dans la continuité de la présentation et des débats autour des travaux de refondation menés par l’organisme de recherche afin de créer les conditions d’une réforme en profondeur de notre système de santé. 

    Le système de santé français traverse une crise, en décalage avec les ressources médicales dont dispose le pays qui dépense une part de sa richesse nationale plus élevée que les autres pays développés (+2 points de PIB vs OCDE).

    L’ Institut Santé, inauguré en avril 2018 par Frédéric Bizard, propose :
    • une réforme des ordonnances Debré de 1958 par la refonte de l’hôpital et des soins de ville ;
    • se détacher d’une gouvernance étatisée et laissant place à la démocratie sanitaire ;
    • une réforme pour une santé publique pivot du système ;
    • un financement solidaire par système à payeur unique.

    Les causes de la crise du système de santé

    Pour l’Institut Santé, les causes de la crise du système de santé ont une double origine:

    • les difficultés d’adaptation du système à un environnement qui a radicalement changé et les erreurs dans les tentatives de réforme de ces dernières années. La triple transition démographique, épidémiologique et technologique a totalement changé la donne dans la gestion du risque en santé comme pour celle de l’ensemble des risques sociaux.
    • le pouvoir politique n’a pas été inactif face à ce changement, mais la réponse a été soit paramétrique là où il fallait une réponse systémique, soit erronée comme l’étatisation de la gouvernance. La réponse proposée ces dix dernières années de donner une place prédominante à l’administration étatique pour adapter notre système de santé au nouveau monde a échoué, de même que l’organisation des soins et l’architecture de financement ont peu évolué.

    Rompre d’avec la logique d’étatisation et encourager la démocratie sanitaire

    L’Institut Santé propose de faire sous forme d’une réforme globale du système de santé français. La logique d’étatisation en marche depuis 20 ans éloignerait le système de santé français du modèle républicain garantissant à chacun une égalité des chances par l’accès à des soins de même qualité, une liberté de choix et une solidarité au cœur du système. Pour les pouvoirs publics ce modèle n’est plus soutenable au 21e siècle et conduirait à une médecine à plusieurs vitesses.

    L’idée d’un « renouveau républicain » structure la réflexion de l’Institut Santé dans sa recherche de compromis social le plus large possible. La participation citoyenne est aussi centrale dans la construction de ce nouveau système de santé. La coexistence des valeurs telles que la liberté des acteurs du système, soignants et soignés et l’égalité des chances en santé est rendue possible et viable grâce à une sécurité sociale renforcée dans son rôle de financeur solidaire, mais aussi dans celui de pilier de la démocratie sanitaire.

    Le scénario de l’Institut Santé Quel pour pallier l’échec du système de santé

    Dans son rapport, l’Institut Santé constate un effacement du modèle républicain de santé, ainsi qu’une évolution vers un modèle étatique plus libéral.

    Les citoyens continueront à être soignés, mais avec une dégradation de la capacité du système à garantir l’égalité des chances par l’accès à tous à la même qualité de prestations. 

    L’institut de Santé propose un programme qui comprend des économies et des dépenses nouvelles pour un solde global d’économies de 10 milliards d’euros sur 3 ans impliquant :

    une réforme des ordonnances Debré de 1958 par :

    • une refonte de l’hôpital;
    • une refonte des soins de ville. 

    du soin à la santé pour :

    • une santé publique pivot du système;
    • une gouvernance des soins qui favorise la démocratisation de la santé;
    • un financement solidaire qui optimise l’égalité des chances en santé;
    • un système à payeur unique.