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  • Etude : le big data de Twitter révèle l’étendue du jetlag social (Current Biology)

    L’analyse des données d’activité sur le réseau social Twitter a permis de mieux définir le jetlag social. D’après une étude* parue le 15 novembre 2018 dans Current Biology, ce concept relativement nouveau qui consiste à modifier ses heures et sa quantité de sommeil le week-end dépend des zones géographiques et des saisons.

    Les chercheurs américains, auteurs de cette étude, ont également montré que le jetlag social était associé à une prévalence plus importante de l’obésité.

    Surveiller le sommeil avec le big data de Twitter

    Traverser des fuseaux horaires en avion provoque un décalage horaire. Mais bon nombre de personnes souffrent de jetlag sans bouger de chez eux. C’est le cas des individus qui travaillent en horaires décalés mais aussi de tous ceux qui modifient beaucoup leurs habitudes de sommeil pendant le week-end. Faire des grasses matinées les samedis et dimanches provoquent des décalages de phase et bouleversent donc notre horloge biologique. De nombreuses recherches ont démontré que les personnes souffrant de ce que l’on appelle le « jet lag social » éprouvaient davantage de somnolence diurne et de mauvaise humeur que les personnes ayant un sommeil régulier. Cette habitude de vie serait aussi corrélé avec une plus grande consommation de tabac, d’alcool, de café et le jetlag social serait un facteur de risque de maladies métaboliques, et notamment d’obésité. Or, environ 70% de la population vivrait avec une heure de « jetlag social » et un tiers avec deux heures de décalage. 

    Le jetlag social à travers 240 000 twittos

    Des chercheurs américains de l’université de Chicago ainsi que de Microsoft ont donc voulu mieux mesurer l’ampleur de ce phénomène. Ils ont donc recueilli les données d’activité de Twitter dans plus de 1 500 comtés américains pendant les années 2012 et 2013, et ce toutes les 15 minutes. Ces tweets étiquetés géographiquement représentaient environ 240 000 personnes. Ainsi, les chercheurs pouvaient identifier quand les personnes allaient se coucher et quand elles se levaient. Ils ont calculé la moyenne des profils d’activité sur Twitter les jours de semaine et les week-ends pour chaque comté.

    « Cet ensemble de données nous offre une occasion unique de comprendre comment les modèles d’activité sur 24 heures varient géographiquement à travers les États-Unis et d’examiner comment les rythmes quotidiens d’utilisation de Twitter sont en corrélation avec les données démographiques au niveau des comtés, ont écrit les chercheurs. La possibilité de surveiller l’évolution des modèles d’activité de Twitter d’une saison à l’autre et d’un comté à l’autre nous permet d’évaluer séparément les influences du calendrier défini par la société et les modifications apportées aux heures de clarté tout au long de l’année. Ils ont donc cherché à analyser comment le lieu de résidence, les variations saisonnières du lever et du coucher du soleil, les congés scolaires, et les facteurs démographiques et socio-économiques modifient l’activité de Twitter et donc nos heures de sommeil.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 novembre 2018 dans la revue Current Biology.

    Résultats

    • Les tweets d’environ 0,4% de la population ont été analysés.
    • Ils ont établi un « tweetogramme » en fonction des périodes de sur et sous-activité.
    • Les périodes les plus creuses d’activité sur Twitter correspondaient bien avec les périodes nocturnes des différents comtés.
    • Dans 96% des comtés, le nombre d’utilisateurs a changé de moins de 15% entre le week-end et les jours de semaine (augmentation moyenne de 4% le week-end).
    • Les creux dans le tweetogramme se produisent généralement plus tard le week-end que les jours de semaine et les creux de week-end sont généralement plus larges que les creux de semaine (en moyenne 22 min de plus).
    • Le décalage horaire moyen est de 75 minutes mais il est plus important dans les comtés de l’ouest que dans ceux du centre et de l’est.
    • Plus la population est âgée, plus la proportion d’étudiants est élevée et plus les migrations pendulaires sont tardives, moins le jetlag est important. Sans doute parce que ces personnes ont plus de latitude dans leur emploi du temps de la semaine.
    • Les endroits qui tweetaient plus tard affichaient des taux d’obésité plus élevés.
    • Le décalage varie beaucoup en fonction des saisons : le jetlag social est maximum en février (90mn) et le plus faible en été (30 mn).

     « Impressionné » par les informations de Twitter

    Les chercheurs en concluent que le jetlag social dépend à la fois à des critères géographiques et du style de vie. Or, les scientifiques ont longtemps pensé que cette forme de décalage horaire dépendait essentiellement des saisons et de la quantité de lumière. « En fait, ce n’est pas du tout ce que nous avons trouvé. Les gens se lèvent plus tard en semaine en été parce que leurs contraintes sociales sont plus souples. Le comportement de fin de semaine – et probablement l’horloge biologique d’une personne – ne change pas beaucoup au cours de l’année dans la plupart des comtés. »

    « J’ai été impressionné par tout ce que nous pouvions apprendre de cet ensemble de données purement public qui ne prétendait absolument pas vous parler du sommeil », a déclaré Michael Rust, professeur agrégé de génétique moléculaire, biologie cellulaire et physique, et l’auteur principal de l’étude. À l’avenir, les chercheurs ont déclaré qu’ils aimeraient concevoir des outils pour aider les individus à mieux connaître leur horloge circadienne et à améliorer leur vie en se basant sur leurs propres données temporelles.

  • Le nouvel hôpital du CHU de Hautepierre allie innovations organisationnelles et confort du patient

    Le nouvel hôpital de Hautepierre annexé à l’actuel CHU de Hautepierre à Strasbourg, qui sera inauguré mi-janvier 2019, a été ouvert pour une visite officielle le 16 novembre 2018. Des innovations technologiques en faveur du confort du patient ou du personnel ont été intégrées au bâtiment ou dans l’organisation des flux, dont :  
    • des automates autonomes de transport de containers pour le linge ou les repas ;
    • un chauffage et un refroidissement assurés par des plafonds rayonnants.

    Ce nouvel hôpital – 155,2 millions d’euros provenant des hôpitaux universitaires de Strasbourg, 40 000 m² sur huit niveaux, 168 lits d’hospitalisation, 30 places de chirurgie ambulatoire, 16 lits de surveillance continue – dit « Hautepierre 2 », vise à regrouper les sites de la chirurgie B, actuellement situés dans d’anciens locaux de l’hôpital civil, le Centre de chirurgie orthopédique et de la main (CCMO) d’Illkirch et des services actuellement hébergés à Hautepierre 1.

    Innovations organisationnelles, technologiques et des flux

    L’équipe mobilisée autour de la construction de ce nouveau centre a tenté d’imaginer l’hôpital à horizon 2040, qui affiche d’ores et déjà les caractéristiques suivantes :

    • un bâtiment écoresponsable ;
    • un plateau technique mutualisé qui va également profiter à l’actuel hôpital de Hautepierre pour toutes les spécialités hormis la pédiatrie et à l’Institut régional du cancer, qui ouvrira à côté courant 2019 ;
    • 32 nouvelles salles d’opération et un service d’imagerie de pointe ;
    • un bloc opératoire moderne équipé d’appareils et de postes de travail suspendus au plafond ainsi que d’écrans sur lesquels on peut consulter simultanément toutes les informations sur le patient – ils permettent non seulement de suivre en direct l’état du patient en monitorant les différentes fonctions mais également de pratiquer de l’imagerie interventionnelle ;
    • les blocs sont munis de scialytiques dont les bras permettant une communication de sons et d’images entre les blocs mais aussi avec l’amphithéâtre et les salles de réunion pouvant accueillir des conférences nationales et internationales de même que des séminaires ;
    • un lieu unique pour la prise en charge dans les domaines maxillo-faciale, orthopédique et de la traumatologie permettant la prise en charge combinée des patients qui ne peuvent pas se déplacer facilement ;
    • éclairage de dernière génération pour jouer sur tous les critères de luminosité (lumière bleue, jaune, spectre lumineux, etc.) mais également lumière naturelle grâce à de grandes fenêtres comme moyen de diminution du stress péri-opératoire chez les patients ;
    • hôtellerie : plafond rayonnant qui régule la température de la pièce, sans système de soufflerie pouvant générer des gênes auditives ;
    • flux logistiques assurés en partie par des chariots transportant les repas, le linge et d’autres matériels hospitaliers de façon totalement automatisée et qui sont capables de prendre tout seuls l’ascenseur.

    Une visite destinée au public est organisée à l’occasion de la journée portes ouvertes le 16 décembre 2018.

  • PLFSS 2019 : le Sénat adopte la partie relative aux dépenses et à l’équilibre de la sécurite sociale

    Le Sénat a adopté avec modifications les articles de la quatrième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, relative aux dépenses et à l’équilibre de la sécurité sociale pour l’exercice 2019, le 16 novembre 2018 en séance publique.

    Les sénateurs ont modifié les articles relatifs aux recettes en proposant :
    • de décider, pour l’accompagnement de la personne handicapée, que la règlementation relative au financement du soin médical en structure médico-sociale détermine clairement la part de ce qui doit être couvert par l’établissement au titre de sa dotation et ce qui doit être remboursé par la CPAM au titre des prestations libérales extérieures ;
    • concernant les établissements de santé et les Ehpad,
    – de supprimer l’article 29 ter qui ouvrait aux établissements de santé publique la possibilité de déroger au plafond du taux d’usure, car si le Sénat ne rejette pas le dispositif sur le principe, il estime que « ces dispositions gagneraient à faire l’objet d’un projet de loi spécifique, assortie d’une étude d’impact détaillée, afin que le Parlement puisse se prononcer en connaissance de cause » ;
    – de supprimer l’article 29 quinquies qui tendait à créer un forfait de réorientation et un forfait de consultation aux urgences, car bien que le Sénat partage les préoccupations poursuivies par cet article, il considère le dispositif retenu dans le cadre de l’article en question « problématique » ;
    – d’attribuer un pouvoir général de prescription médicamenteuse aux médecins coordonnateurs des EHPAD.

    D’autres mesures concernant les médicaments génériques, les pesticides, le reste à charge zéro, les vaccins et la retraite ont été adoptées.

    L’ensemble du projet de loi sera soumis mardi 20 novembre 2018 à un vote solennel en salle des Conférences, à partir de 15h30, à la suite des explications de vote des groupes prévues à 14h30.

  • Agnès Buzyn donne le coup d’envoi du déploiement de « Ma santé 2022 » et retient 10 chantiers

    Devant les représentants des patients et près de 120 professionnels de santé et organisations concernées, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a donné le coup d’envoi du déploiement de la stratégie « Ma Santé 2022 » ce 19 novembre 2018.

    Les annonces faites au cours de cette assemblée, qui sera amenée à se réunir 2 fois par an pour suivre le déploiement de la transformation, concernent les mesures prioritaires du plan qui visent à favoriser de nouvelles synergies entre les professionnels de ville, du médico-social et de l’hôpital, des outils numériques performants au service de tous, un modèle de financement repensé et des formations pour les professions de santé prenant mieux en compte les impératifs de coopération entre les professionnels et ceux de la qualité des soins.

    Dix chantiers prioritaires ont également été retenus, parmi lesquels on compte le numérique, la régulation et les soins non programmés, la qualité et la pertinence ou l’élaboration d’un projet de loi correspondant à la stratégie « Ma Santé 2022 » en 2019.

    Dix chantiers prioritaires de la transformation du système de santé

    À l’occasion de la réunion du 19 novembre 2018, les 10 chantiers retenus ont été présentés :

    • structuration territoriale du réseau de proximité ;
    • adaptation des formations aux enjeux du système de santé ;
    • gradation des soins et GHT ;
    • renforcement du management hospitalier et de la reconnaissance de l’engagement professionnel ;
    • régulation et soins non programmés ;
    • diversification des modes d’exercice et des parcours professionnels ;
    • qualité et pertinence ;
    • numérique ;
    • financement et tarification ;
    • élaboration du projet de loi correspondant.

    Les travaux engagés sur les sujets jugés comme prioritaires

     À ce stade, des travaux ont été engagés sur les questions suivantes :

    • développement des CPTS et création des premiers assistants médicaux ;
    • financement de 400 postes de médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital ou salarié en zone sous-dense ;
    • définition du modèle des hôpitaux de proximité ;
    • réforme des études en santé : le groupe de travail consacré à la suppression du numerus clausus et de la PACES a été installé le mois dernier par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ministre chargée de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

    Élaboration d’un futur projet de loi

    La prochaine étape de la mise en œuvre de la stratégie de transformation consiste en le dépôt du projet de loi dédié à la stratégie qui devrait avoir lieu début 2019.

    L’objectif de ce projet de loi est de formaliser les engagements pris par la président de la République Emmanuel Macron.

  • ACoDD – CAHPP

    Accroissement des compétences en matière de développement durable à la CAHPPnull

  • Séminaire CAHPP sur le développement durable et le numérique en santé, le 22/11/2018 à Paris

    La Centrale d’achat hospitalière privée et publique (CAHPP) organise à Paris le jeudi 22 novembre 2018, de 9h30 à 16h30, un séminaire à l’attention des professionnels de santé sur le thème « développement durable et numérique » dans l’optique d’apporter des éléments de réponse aux questionnements suivants : « Quels sont les enjeux ? Quelle est l’empreinte environnementale et sociale du numérique ? Quelle contribution vertueuse le numérique apporte-t-il au développement durable ? »

    Pour plus d’informations, contactez la CAHPP par email à seminaire@cahpp.fr.

    Programme (sous réserve de modifications)

    • 09h00-09h30 : Accueil des participants
    • 09h30-10h30 : Mot d’introduction et de bienvenue par Yvon Bertel-Venezia, P.-D.G. de la CAHPP et Isabelle Hamelin, directrice de la communication et du développement de la CAHPP
    • 10h30-11h00 : Présentation détaillée des projets CAHPP 2018-2019 (indice vert, bourse…) par Cathy Bou, référente développement durable à la CAHPP
    • 11h00-11h30 : Présentation « Éthique et numérique » par Sandra Di Giovanni, responsable « innovation numérique et RSE » à Afnor Certification
    • 11h30-12h30 : Table ronde : « Développement durable et numérique », animée par Cathy Bou, Référente Développement Durable CAHPP
    • 12h30-12h45 : Questions / réponses
    • 12h45-14h00 : Déjeuner
    • 14h00-14h30 : Les achats responsables par les acheteurs CAHPP
    • 14h30-15h50 : Programme ACoDD-CAHPP
      • Les impacts « développement durable du numérique »
      • La contribution vertueuse du numérique aux enjeux du développement durable
    • 15h50-16H30 : Bilan et conclusion

    Frais

    « Le remboursement des frais de déplacements s’effectuera sur la base d’un billet de transport en commun 2ème classe », indique la CAHPP.

  • PLFSS 2019 : en cours d’adoption par le Sénat, le CNPS demande plusieurs aménagements du texte

    Alors que le Sénat a adopté les trois premières parties du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) de 2019 au 15 novembre 2018, le CNPS (Centre national des professions libérales de santé), réclame dans un communiqué plusieurs aménagements du texte afin d’en corriger certains « éléments discutables ».

    L’ensemble du projet de loi sera soumis mardi 20 novembre 2018 à un vote solennel en salle des conférences, à partir de 15h30, après les explications de vote des groupes prévues à 14h30.

    Le PLFSS 2019 adopté au trois quarts de son contenu

    Le Sénat a adopté en séance publique du 13 novembre 2018, sans modification, les articles de la première partie, relative à l’exercice 2017, et de la deuxième partie, relative à l’exercice 2018, du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019.

    L’adoption de la troisième partie concernant les recettes et l’équilibre pour 2019 a quant à elle été adoptée avec des modifications par 232 voix contre 110 le 15 novembre 2018.

    Le vendredi 16 novembre 2018, le Sénat a poursuivi l’examen des articles du projet de loi, en se penchant sur la quatrième et la dernière partie du PLFSS portant sur les dépenses pour 2019, avec un ordre du jour comportant les 125 amendements restant à examiner.

    Les réclamations du CNPS

    Ainsi, le CNPS prône les modifications suivantes :

    • la suppression de la création d’une réserve prudentielle de 120 millions d’euros sur le sous-Ondam des soins de ville qui va à l’encontre de la volonté du gouvernement d’adosser la réforme de la santé sur les soins de proximité ;
    • la dénonciation du forfait de réorientation des patients pour les services d’urgence, car il vise à rémunérer une absence d’activité, ce que le CNPS considère comme « un non-sens total ». Bien que cette mesure s’inscrive dans la volonté du gouvernement de favoriser la pertinence des soins, elle paraît inadéquate et devrait être remplacée par une valorisation financière des professionnels libéraux prenant en charge des soins non programmés, jugée comme nécessaire ;
    • juguler l’ingérence du législateur dans des domaines relevant de la négociation conventionnelle. Le CNPS estime qu’à travers certaines mesures du PLFSS 2019, le législateur affaiblit le système conventionnel auquel les acteurs tiennent :
      • les pharmaciens d’officine et l’ensemble des professions sont concernés par la mise en œuvre du paiement forfaitaire pour certaines pathologies étendu à partir de 2020 à la ville ;
      • l’élargissement du champ d’intervention du Comité économique des produits de santé (CEPS) pour la fixation des prix.

  • Healthcare Data Institute :4 propositions pour exploiter les données des patients des réseaux sociaux

    Le Healthcare Data Institute (HDI) a publié le 15 novembre 2018 un livre blanc intitulé Les réseaux sociaux et la santé : un enjeu pour le suivi des patients et la recherche scientifique. Conjointement à cet ouvrage, le HDI a également publié les résultats du sondage* Les données de santé sur internet et les réseaux sociaux, réalisé pour son compte par Odoxa et dont l’objectif visait à cerner les usages des Français des réseaux sociaux en matière de santé.

    L’enquête montre l’intérêt pour la recherche médicale des données de santé qui circulent sur les réseaux sociaux, et sur le web de façon plus générale, alors que le livre blanc :
    • décrit les principaux usages des réseaux sociaux de santé et les catégories de données générées par les patients sur ces réseaux (échanges au sein de communautés de patients sur leur pathologie et leur prise en charge, débats sur des enjeux de santé publique, partage par les utilisateurs d’informations sur leur santé avec les membres de leurs réseaux ou ceux qui les suivent) ;
    • propose une analyse des modalités actuelles d’accès par des tiers aux données échangées sur les principaux réseaux qui passe en général par l’utilisation d’une API (application program interface ou interface de programmation d’application) ;
    • recense les principales utilisations actuelles des données de santé partagées sur les réseaux, à savoir la communication ciblée (campagne de santé publique, recrutement de participants à une étude ou un programme de recherche), leurs finalités (suivi épidémiologique, pharmacovigilance, analyse des parcours de soins) et les méthodologies utilisées ;
    • liste les quatre propositions pour une exploitation responsable des données de santé générées par les patients sur les réseaux sociaux.

    Les réseaux sociaux comme source d’informations sur la santé

    Les réseaux sociaux comme moyen pour faire avancer la recherche

    Les patients utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, YouTube, Snapchat, etc.) pour échanger, rapporter leurs expériences et s’informer via les forums de discussion. De ce fait, ces mêmes réseaux sociaux constituent d’importantes communautés de patients en ligne.

    Selon les résultats de l’enquête, près d’un tiers des Français a déjà parlé de sa santé sur le web, ce qui constitue un ensemble de 15 millions de témoignages en ligne. Il s’agit là d’une source d’information considérable, puisque couplés à des algorithmes d’IA, ces témoignages constituent un potentiel pour faire avancer la recherche médicale.

    Voici les autres enseignements principaux de l’enquête :

    • les réseaux sociaux sont devenus un support d’expression privilégié pour 29 % des Français, devant les forums spécialisés tels que Doctissimo, Renaloo, Sante AZ, Onmeda, Auféminin (67 %), et les communautés de patients dédiées telles que PatientsLikeMe, Seronet, Respire, Entrepatients ou Carenity (29 %) ;
    • les témoignages de patients en ligne apportent avant tout des informations sur les effets secondaires des médicaments et sur le ressenti des patients ou sur la charge psychologique, même si ces informations peuvent donner lieu à des usages supplémentaires :
      • le suivi des épidémies rendu possible grâce aux tweets géolocalisables ;
      • l’identification des problématiques autour des parcours de soins ;
      • l’analyse de l’opinion publique sur un sujet d’actualité en santé ;
      • les études populationnelles, etc. ;
    • 6 Français sur 10 se déclarent prêts à s’impliquer pour fournir davantage de données.

    Exploiter de manière responsable les données de santé des patients générés sur les réseaux sociaux

    Le Healthcare Data Institute prône une exploitation des données dans l’intérêt des patients dans le respect de leurs droits. En s’appuyant sur les conclusions du groupe de travail pluridisciplinaire constitué en 2017 pour analyser les enjeux et perspectives d’usage des données générées sur les réseaux sociaux en santé, il préconise :

    • de favoriser l’exercice effectif du droit à la portabilité des données de santé générées sur les réseaux sociaux pour permettre l’exploitation de toutes les données partagées, à l’initiative et sous le contrôle des utilisateurs : 
      • les utilisateurs devraient pouvoir « récupérer » leurs données organisées selon les thématiques qui ont généré leur activité (dont la santé) et non selon les catégories d’activités propres aux réseaux sociaux (publications, commentaires, mentions « j’aime », etc.) et les données de l’activité d’un compte devraient pouvoir être partiellement portables, thématique par thématique ; 
      • des fonctionnalités devraient être mises à la disposition des utilisateurs pour leur permettre de transférer directement leurs données à un porteur de projet de recherche, via, par exemple, des outils simples comme des appels au partage de données, sur le modèle des outils existants d’appel aux dons ;
    • de sensibiliser les citoyens à l’existence d’API (application program interface ou interface de programmation d’application) et à leur fonctionnement. Les citoyens devraient être informés précisément mais aussi de manière simple et adaptée des conditions d’utilisation et des catégories d’utilisateurs des API des réseaux sociaux qu’ils utilisent pour permettre une exploitation transparente, respectueuse des droits des utilisateurs des réseaux et sécurisée pour les exploitants de données ;
    • de permettre un accès simplifié et gratuit aux bases comprenant les données rendues publiques sur les réseaux sociaux par leurs utilisateurs, pour les acteurs de la recherche publique et les porteurs de projets de recherche scientifique financés par les pouvoirs publics ou commandés par les pouvoirs publics dans l’exercice de leurs missions de service public ;
    • de développer des partenariats entre les pouvoirs publics et les réseaux sociaux et, dans ce cadre, de mettre à la disposition des pouvoirs publics des modules de ciblage affiné pour permettre une diffusion efficace des campagnes publiques de prévention ou le recrutement de volontaires pour les projets de la recherche publique ou les projets conduits pour le compte des pouvoirs publics dans l’exercice de leurs missions de service public.

  • Le CHU de l’université de Montréal crée la 1ère école de l’IA en santé issue d’un milieu francophone

    Le Centre hospitalier universitaire de l’université de Montréal (CHUM) et l’UdeM ont annoncé la création de la première École de l’intelligence artificielle appliquée au domaine de la santé (ÉIAS) issue d’un milieu francophone, indique l’établissement dans un communiqué publié le 14 novembre 2018 sur son site web.

    L’ÉIAS a pour objectif « d’accompagner et de soutenir les acteurs des systèmes de santé dans l’appropriation, l’implantation et la valorisation de l’IA, au bénéfice des équipes, des patients et de la population ». La formation proposée portera notamment sur l’acceptabilité (sociale, légale, éthique, etc.) et la transformation des métiers, des professions, des pratiques et des équipes mais aussi de l’organisation et du système de santé.

    À partir de janvier 2019, l’école, qui s’adresse à tous les professionnels de la santé, offrira de manière progressive une programmation adaptée aux différents profils des « étudiants » et à leur niveau de maîtrise de l’IA via des dîners-conférences ou des capsules numériques pour les sensibiliser au sujet, un programme diplômant pour perfectionner leurs connaissances et leur maîtrise de l’IA ainsi que des ateliers pratiques, des simulations et une expérimentation sur le terrain.

    « Soutenir les acteurs de la santé au sein de cette transformation par l’IA »

    Le Dr Fabrice Brunet, P.-.D.G. du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal (CHUM), indique que l’établissement canadien utilise l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes à ses opérations depuis plus de dix ans mais qu’il était temps d’aller plus loin (source : Métro).

    Rayonnement international : une collaboration avec plus de 100 CHU

    « L’école que nous lançons aujourd’hui avec nos partenaires a comme objectif de soutenir les acteurs des systèmes de santé au sein de cette transformation [des soins, de l’enseignement, de la recherche et de la gestion des systèmes de santé par l’intelligence artificielle] en mettant à leur disposition les éléments nécessaires au changement de culture, de structure organisationnelle, de gestion et d’accompagnement des intervenants et de mesures d’impact, tout au long du processus de transformation, explique le Dr Fabrice Brunet (communiqué). Elle est la première école de l’intelligence artificielle au monde issue d’un milieu francophone à se concentrer sur le développement des capacités humaines et l’implantation en milieu réel de l’IA, et permettra au CHUM et à l’université de Montréal de rayonner internationalement grâce à une collaboration avec plus de 100 centres hospitaliers universitaires. »

    « L’IA a déjà commencé à révolutionner la médecine »

    « L’IA a déjà commencé à révolutionner la médecine, souligne le Dr Vincent Oliva, chef du département de radiologie et de médecin nucléaire du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal. Elle est aujourd’hui utilisée non seulement pour évaluer le volume cérébral pour la détection de la maladie d’Alzheimer, mais aussi pour évaluer la fonction cardiaque, détecter des nodules pulmonaires et prédire des cancers. Elle va redéfinir et bonifier le rôle de l’imagerie médicale. »

    Une école destinée à tous les professionnels de santé

    L’ÉIAS s’adresse à tous les professionnels de la santé exerçant dans les systèmes de soins et dans les entreprises « directement ou indirectement liées à la santé, incluant tous les déterminants de la santé (environnement, alimentation, urbanisme, économie, etc.) ».

    L’ÉIAS s’appuie sur cinq piliers :

    • le curriculum de formation ;
    • le corps professoral ;
    • les lieux de stage ;
    • le développement de carrière ;
    • la création de valeur.

    Les départements et les services du CHUM en sont partie intégrante, « à la fois comme milieux de stage et comme lieux d’implantation et d’expérimentation de l’IA ».

    Un partenariat multidisciplinaire

    Le Centre hospitalier universitaire de l’université de Montréal collaborera tout d’abord de manière plus étroite avec la faculté des arts et des sciences de l’université de Montréal et Mosaic HEC, le pôle multidisciplinaire de formation et de recherche de HEC Montréal spécialisé en management de l’innovation et de la créativité.

    Des professeurs titulaires et des étudiants contribueront notamment au développement du contenu des activités de l’école.

    L’ÉIAS s’appuiera également sur plusieurs autres partenaires institutionnels et privés.

    La création de l’École de l’intelligence artificielle en santé du CHUM a été annoncée lors de la rencontre Innove-Action, qui s’est déroulée du 13 au 15 novembre 2018 au Centre de recherche du CHUM. Au cours de ces trois journées, plus de 1 200 acteurs du secteur de la santé (professionnels, chercheurs, étudiants, gestionnaires, décideurs, patients et partenaires industriels) ont participé à une quarantaine d’activités interactives réunies sur le thème « Réinventer la santé : intelligence augmentée et innovations ».

  • CQC

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