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  • Étude : le potentiel des miroirs intelligents pour surveiller notre santé (Nature’s Digital Medicine)

    Des chercheurs américains de l’école de médecine Mount Sinaï (New York) ont enquêté sur le potentiel des miroirs intelligents dans le domaine de la santé. Les prototypes de miroirs équipés de capteurs 3D, de microphones, de caméras, et connectés à un ordinateur avec un logiciel reposant sur l’intelligence artificielle peuvent enregistrer des données physiologiques, réaliser des diagnostics et délivrer des conseils en conséquence, ont-ils remarqué.

    Les auteurs de cette étude*, publiée le 8 novembre 2018 dans Nature’s Digital Medicine, estiment que ces équipements commenceront par être utilisés dans un univers médical avant d’être intégrés dans la vie quotidienne.

    Des miroirs 2.0 dotés d’intelligence artificielle

    Utilisés surtout dans les industries automobile, textile ou pour sécuriser une maison, les miroirs intelligents commencent à se développer dans le domaine de la santé.

    Concrètement, un vulgaire miroir peut devenir « intelligent » en plaçant une feuille de verre semi-transparente sur un écran numérique et en connectant ce matériel à un ordinateur avec des données entrantes et une caméra. L’écran peut afficher des informations en temps réel sur les conditions météorologiques ou de trafic, des alertes par e-mail et des calendriers, ainsi que des données collectées via des dispositifs portables.

    Le Smart Mirror 2.0 intègre quant à lui des capteurs multimodaux (plusieurs caméras, détection de mouvement, lasers, microphones, haut-parleurs), ainsi que des logiciels basés sur l’intelligence artificielle (AI) et sera donc capable de suivre l’activité, de surveiller l’état de santé et les mouvements de l’utilisateur, puis d’associer des informations contextuelles, telles que la météo, le calendrier et la localisation, avec des biomarqueurs numériques de santé.

    Ces outils s’inscrivent dans la droite ligne de la médecine personnalisée.

    Des chercheurs américains de l’école de médecine Mount Sinaï de New York ont essayé de construire un miroir intelligent à partir d’un écran LCD recouvert d’un verre semi-transparent. Leur prototype intégrait différentes fonctionnalités : les prévisions météorologiques, les données environnementales, la reconnaissance des visages, la localisation, la détection de l’humeur et l’estimation de la fréquence respiratoire.

    Premier constat : ces services standards ne sont pas encore totalement au point et nécessitent donc des recherches. Cependant, « nous avons la confirmation qu’il est possible de créer une architecture pour les miroirs intelligents pouvant être ajustée par un utilisateur en fonction de ses besoins », ont indiqué les chercheurs.

    Des prototypes capables de détecter le rythme cardiaque

    D’ailleurs, plusieurs prototypes existent déjà, tels que le Wize Mirror, équipé notamment de capteurs 3D et de caméras multi-spectrales, qui est capable de détecter la pâleur du visage, la graisse de ses tissus ou encore les expressions faciales et qui pourrait en déduire des informations sur le poids, la consommation de tabac, le stress ou encore le rythme cardiaque.

    Même si les premières expérimentations sont encourageantes, le développement du produit n’en est qu’au stade du prototype. Les chercheurs se sont interrogés pour savoir quand les miroirs intelligents rentreront dans la pratique. Ils font le pari que les progrès en matière d’intelligence artificielle vont booster ces dispositifs.

    Ils estiment qu’ils devraient commencer à changer la donne dans 4 domaines : l’ophtalmologie, la dermatologie, l’anthropométrie et le mouvement fonctionnel.

    Des miroirs intelligents pourraient décrypter les postures corporelles et poser des diagnostics orthopédiques.

     » Nous pensons que cinq applications médicales en bénéficieront le plus : la surveillance passive, la surveillance dynamique, la détection numérique de biomarqueurs, la télémédecine et la condition physique, indiquent les auteurs de cette étude. Toutes les données peuvent être collectées silencieusement sans aucune interaction gênante et fournies aux utilisateurs (ou partagées avec les médecins) uniquement sur demande (ou en présence d’anomalies) et éventuellement sous forme de résumés ou de tendances. Cela aide à minimiser le risque que les individus soient inondés avec trop d’informations à traiter et qu’ils puissent décider d’éliminer certains des signaux. »

    Se regarder pour percevoir les 1ers signes cliniques

    Les auteurs de ce travail considèrent que des caméras intégrées dans le miroir de la salle de bains ou ailleurs dans la maison pourraient aider à prédire de manière plus passive les problèmes de santé avant qu’ils ne se manifestent cliniquement. Les miroirs intelligents pourraient aussi faire leur entrée dans les gymnases et aider les personnes à élaborer des programmes personnalisés d’entrainement physique.

    Un besoin d’encadrement éthique

    Cependant, un tel développement nécessite encore des progrès technologiques pour que les miroirs enregistrent des données fiables.

    Par ailleurs, les données prouvant que ces données servent la médecine préventive manquent encore.

    Enfin, des questions éthiques se posent, et notamment concernant la confidentialité des données. « L’utilisation de caméras et de microphones pour collecter des données ainsi que le transfert de ces données vers des systèmes de stockage sur le cloud doivent être réglementés par des protocoles stricts qui font actuellement défaut », notent les chercheurs.

    En outre, certaines personnes pourraient ne pas vouloir tout savoir sur leur état de santé mais seulement souhaiter être informées sur certains aspects. « Des règles strictes sur l’étendue de la surveillance passive peuvent être nécessaires », préviennent les auteurs ce travail paru dans Digital Medicine le 8 novembre 2018.

    En conclusion, ils estiment que les miroirs intelligents pourraient devenir de vrais outils sanitaires, en étant utilisés en premier lieu en clinique puis intégrés ensuite un environnement domestique, comme cela a été le cas pour les glucomètres et les tensiomètres.

  • Theranos parmi les 7 start-ups en santé à forte valeur ayant déposé le bilan en 2018 (B. Insider)

    Sept start-ups du secteur de la santé figurent parmi le classement des 25 start-ups américaines à forte valeur soutenues par des fonds de capital-risque qui ont déposé le bilan en 2018, une liste diffusée le 18 novembre 2018 par Business Insider, qui a examiné les données de la société de base de données SaaS PitchBook, spécialisée dans le capital-risque, le capital-investissement ainsi que les fusions et acquisitions.
    « Même les entreprises privées bien établies courent un risque constant d’échec, comme en témoignent certaines des startups qui ont cessé leurs activités cette année », commente Business Insider.

    En tête du classement global arrive Theranos, qui a développé une technologie d’analyse du sang. Sa valeur s’élevait à 9 milliards de dollars US, soit près de 8 milliards d’euros, une valorisation supérieure à celle de toutes les autres startups combinées.

    Les 6 autres start-ups santé faisant partie du classement sont les suivantes :
    • Medical Simulation : produits de simulation pour la formation médicale (évaluation de 194 Mds US$, soit 170 M €) ;
    • ReVision Optics : implants chirurgicaux pour perte de vision (évaluation à 183 M US$, soit 161 M €) ;
    • Candescent Health : logiciel de radiologie (évaluation de 145 M US$, soit 127 M €) ;
    • Paieon : technologie d’imagerie médicale (évaluation de 136 M US$, soit 119 M €) ;
    • Winx : systèmes de thérapie du sommeil (évaluation de 115 M US$, soit 101 M €) ;
    • Claritas Genomics : tests génétiques pédiatriques (évaluation à 60 M US$, soit 53 M €).

    De manière générale, trois des sociétés listées existaient depuis plus de 20 ans.

  • La conférence Lab Santé Île-de-France aura lieu le 7 décembre 2018 à Paris

    La conférence Lab Santé Île-de-France sera organisée le 7 décembre 2018 à Paris par l’Agence régionale de santé Île-de-France, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Paris Île-de-France et Medicen Paris Region.

    L’événement s’adresse aux établissements de santé, aux opérateurs médico-sociaux, aux professionnels de santé, aux entrepreneurs et aux investisseurs.

    Les inscriptions, gratuites, sont à réaliser sur le site de la CCI via le lien ci-contre.

    Programme

    Animatrice : Linda Labidi, journaliste économique, Forbes

    8h30 Accueil café  9h00 Ouverture

    • Didier Kling, président de la CCI Paris Île-de-France
    • Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Île-de-France

    Pitchs

    • Pr Ronan Roussel, chef de service de diabétologie-endocrinologie et nutrition de l’hôpital Bichat
    • Serge Picaud, directeur de recherche à l’Inserm, Hôpital Saint-Antoine
    • Jacques Léglise, directeur général de l’hôpital Foch
    • Samir Medjebar, directeur du développement de Bioserenity
    • Pierre Lebon, directeur du centre de ressources et d’expertise du Resah
    • Marylène Vicari, co-fondatrice du Liberté Living Lab
    • Guillaume Wasmer, directeur du Groupe hospitalier Nord Essonne
    • Échanges avec la salle

    Table ronde : Article 51, vers des expérimentations innovantes en santé

    • Natacha Lemaire, rapporteure générale du comité technique et du conseil stratégique de l’innovation en santé
    • Yannick Le Guen, directeur de la stratégie de l’ARS Île-de-France
    • Daniel Szeftel, co-fondateur de Semeia
    • Jean Bourhis, directeur des opérations institutionnelles et économiques à Novartis
    • Porteur du projet Epidaure-CDS

    12h15 Clôture – Trois questions à…

    • Pr Jean-François Dhainaut, Directeur du Lab Santé Île-de-France
    • Christian Lajoux, Président de Medicen Paris Region
  • Le Groupe VYV se projette en 2030 avec la réalité virtuelle et imagine des modèles de santé du futur

    Le Groupe VYV, groupe de protection sociale mutualiste français, s’est récemment associé au cabinet de conseil en innovation Weave.air et à VR Connection, qui fédère 70 entreprises de technologies immersives, pour « mener une réflexion inédite sur la santé du futur » à travers cinq scénarios, dont l’un a été produit en réalité virtuelle (RV), imaginant ce que pourrait devenir notre société en 2030 et anticipant l’impact des évolutions réglementaires et technologiques sur le modèle de santé.

    « Nous avons décidé d’utiliser la RV afin d’obtenir une immersion encore plus forte que par le texte et de créer une interactivité dans un environnement précis (ici, un appartement). Nous interrogeons les utilisateurs en fin de séquence et toujours en mode d’immersion pour qu’ils puissent nous faire un retour à la fois sur les aspects qu’ils ont aimé et sur ceux qui leur ont moins plu voire effrayés », a expliqué à Health & Tech Intelligence (HTI) Pierre Brun, directeur « prospective et innovation » du groupe, à l’occasion d’une séquence de prospective produite en réalité virtuelle, testée par HTI.

    Le groupe prévoit de faire réagir un nombre croissant de publics internes et externes autour de ces différents scénarios pour stimuler la prise de conscience sur les évolutions en cours et leur possibles réalisations, et « mieux cerner les contours d’un avenir souhaité plutôt que subi ». « Le but est de réfléchir à notre évolution, à de nouvelles organisations que l’on pourra explorer plus en profondeur par la suite pour imaginer le futur de nos activités en tant qu’acteur global de santé », commente Pierre Brun. 

    Les premières conclusions du projet, qui a débuté fin 2017, devraient être apportées au cours de l’année 2019 via des explorations poussées de thématiques communes identifiées dans ces différents scénarios, comme la connexion croissante de nos environnements et l’émergence de nouveaux métiers.

    Objectif : « Tendre non pas vers un avenir subi mais vers un avenir souhaité »

    « L’idée est de réaliser une prospective des futurs possibles via des scénarios, dont l’un a été produit en réalité virtuelle, pour anticiper l’évolution qui se prépare et en prendre mieux conscience  afin de tendre, non pas vers un avenir subi, mais vers un avenir souhaité », explicite Pierre Brun.

    Le Groupe VYV a ainsi créé des scénarios, comme celui de l’Homme augmenté, en utilisant une approche de « design prospectif liant les études sur le sujet entre elles, en jouant sur des variables, comme le niveau de réglementation (État très impliqué ou non) et d’évolution technique et en faisant vivre des personnages différents dans ces nouveaux environnements ». Ces scénarios « sont poussés volontairement à l’extrême, précise Pierre Lebrun, des morceaux de chacun d’entre eux pouvant coexister au final ».

    « Nous avons scénarisé chacun des avenirs possibles en mettant en situation de manière précise des personnes vivant en 2030 avec des profils variés, allant de l’écolière au retraité en passant par une personne active. En se basant sur un scénario écrit, littéraire, cela permet de mieux nous immerger dans le futur et de créer des émotions chez l’explorateur. »

    « Prolonger les tendances déjà en œuvre dans nos sociétés »

    L’action se déroule pour chaque scénario dans une dizaine d’année car « les innovations techniques évoluent très vite », justifie le responsable, « se projeter dans 20 ou 30 ans nous semblaient trop lointains ». La base du procédé est en effet d’imaginer ce vers quoi pourrait tendre des technologies qui existent déjà aujourd’hui (trackers d’activités, électroménager connecté, assistant virtuel), de « prolonger les tendances déjà en œuvre dans nos sociétés voire d’identifier des ruptures, pour anticiper au mieux ces évolutions ».

    HTI a testé le scénario 1 en réalité virtuelle : un État omniprésent

    Le principe : le testeur enfile le casque de réalité virtuelle, suit les quelques minutes de « formation » visant à maîtriser le fonctionnement du dispositif puis se retrouve plonger dans un appartement citadin, en 2030.

    L’État, très présent, a mis en place un système de coaching virtuel (assistant vocal basée sur IA) qui suit chaque citoyen de manière personnalisée en s’appuyant sur une forte connexion avec des objets du quotidien ainsi que des appareils connectés (applications mobiles, trackers, etc.). Sa « mission » est de le guider afin de l’inciter à mener une vie saine par le biais d’un système de points de santé.

    Dans le cadre de la session de test effectuée par HTI, la voix off recommandait, par exemple, de commencer la journée par un petit déjeuner. Elle a donc invité Julie, l’avatar, à se diriger vers son distributeur de fruit frais. Si la jeune femme suit les consignes et adopte de bons comportements (alimentation équilibrée, exécution de la séance de sport projetée sur son mur chaque matin, etc.), elle en gagne, si elle fait des écarts (manque de sommeil, tabagisme…), elle en perd, ce qui diminue son capital permettant d’accéder gratuitement aux soins. « On peut, par exemple, dans ce cas faire un stage de rattrapage, comme pour le permis de conduire aujourd’hui », commente Pierre Brun.

    Au cours de la session, l’assistante de Julie lui a signalé qu’elle souffrait d’une anomalie cardiaque, peut-être bénigne, mais qu’il était important de consulter au plus vite un médecin. L’idée, ici, est d’imaginer un État bienveillant, qui cherche à prévenir et à agir avant l’aggravation d’une situation médicale.

    Enseignements

    À l’issue du test, l’utilisateur est invité à répondre à un questionnaire pour savoir s’il serait prêt à être guidé par un assistant virtuel au quotidien, à suivre les conseils d’un coach sportif numérique ou encore à être équipés de capteurs pour contrôler son état de santé au jour le jour.

    « Certains de ces éléments peuvent plaire (comme l’idée de miser sur la prévention), d’autres moins et même faire peur (comme la forte présence de l’État dans la vie des citoyens et l’attribution de bons et de mauvais points), note Pierre Brun. Nous ne sommes pas là pour influencer et pour dire aux testeurs que tel point est positif et tel autre négatif mais pour entamer une réflexion commune sur la santé du futur. »

    Les 4 autres scénarios imaginés (tests à venir)

    Scénario n°2 : scénario opposé au scénario n°1

    L’État est moins présent, ce sont de grands consortiums, privés et publics, qui dominent. L’explorateur est immergé dans une société hyper libérale où les forces économiques régissent le système de santé, la technologie est très développée dans tous les domaines et où la performance individuelle est l’objectif majeur.

    Scénario n°3 : l’homme augmenté

    C’est le règne de l’Homme augmenté, d’un corps fonctionnel réparé et perfectionné par l’ajout ou la modification de « pièces » ou de parties du corps, et où la performance est centrale, l’obtention du corps le plus performant possible est un objectif majeur. Dans cette société coexistent des personnes « augmentées » et « non augmentées ».

    Scénario n°4 : un système centré sur la prévention

    Le système de santé est dans l’anticipation, privilégie la prévention de la maladie plutôt que le traitement.

    Scénario n°5 : retour au naturel

    La société a évolué vers un système plus naturel, moins tourné vers les technologies, où les citoyens cherche à recréer du lien social et où l’organisation du système de santé s’opère au niveau des communautés locales.

  • Quanta : le nouveau centre de recherche et d’innovation de Jaguar Network réunit santé et numérique

    L’opérateur télécoms et hébergeur de serveurs cloud Jaguar Network a inauguré le 15 novembre 2018 à Marseille son nouveau centre de recherche et d’innovation, baptisé « Quanta », dans l’optique de créer un écosystème hybride encourageant notamment l’innovation dans le domaine de la médecine prédictive grâce au numérique.

    « Dans Quanta, nous voulons créer des entrepreneurs et les inciter à travailler ensemble, explique Kevin Polizzi, le P.-.D.G. de l’entreprise (source : Usine-digitale.fr). L’accès à une banque de données « santé » peut être commun à deux sociétés, même si leurs projets ciblent le traitement de pathologies différentes. Par ces transversalités, cette co-innovation, le smart building révolutionne le management. »

    Le centre, qui a nécessité 16 millions d’investissement, est d’une superficie de 5 500 m². Il est doté, entre autres, de 1 500 capteurs, d’une toiture en panneaux photovoltaïques et d’espaces partagés réunissant salariés et créateurs de start-ups. Bâti en 18 mois, l’immeuble réunit des solutions proposées par l’entreprise en cloud computing, en télécommunications, en objets connectés, en intelligence artificielle ainsi qu’en analyse et sécurité de données.

    Jaguar Network, dont les activités étaient jusqu’ici basées sur la vente directe, a également annoncé vouloir se positionner sur le segment de la vente indirecte. L’entreprise vise par ailleurs à augmenter sa part de clients grands comptes (environ 15 % du chiffre d’affaires) et d’institutionnels (17 %). Elle cherche aussi à s’étendre à l’international. La société a déjà ouvert une filiale en suisse et envisage de s’implanter sur les marchés italien et espagnol par la suite pour « consolider [sa] position sur l’arc méditerranéen ».

  • Australie : l’option de retrait du DSE My Health Record finalement prolongée jusqu’au 31 janvier 2019

    Le Sénat australien a voté la prolongation de la période de désinscription du système My Health Record (MyHR), le dossier de santé électronique australien, jusqu’au 31 janvier 2018.

    Le 14 novembre, il avait pourtant rejeté la proposition portée par les travaillistes (opposition) de prolonger la période de retrait de douze mois mais il a finalement adopté un amendement prévoyant une prolongation de 11 semaines après que le gouvernement a accepté un compromis, face à la pression de l’opposition et de l’opinion publique mais aussi d’une nouvelle panne survenue sur le site. Le 14 au matin, la plateforme My Health Record informait en effet aux utilisateurs souhaitant se retirer du dispositif que le serveur était « incapable de répondre à la demande ».

    « La période de désabonnement sera prolongée jusqu’au 31 janvier 2019 mais il est important de noter que les gens peuvent se désabonner à tout moment », a commenté sur son compte Twitter le ministre australien de la Santé, Greg Hunt.

    À partir du 15 novembre 2018, l’Agence de la santé numérique australienne devait commencer à créer un compte MyHR pour l’ensemble des citoyens australiens. La mise en place du DSE national fait l’objet de critiques depuis son lancement, notamment en raison des préoccupations de certains liées à la sécurisation des données et à la protection de la vie privée des patients.

    Rappel

    En octobre 2018 (voir article en lien ci-contre), le ministre de la Santé Greg Hunt avait déclaré qu’il examinerait les recommandations émises au gouvernement le 17 octobre 2018 par un comité sénatorial à propos du déploiement de My Health Record mais qu’il excluait d’envisager l’une d’entre elles, soit la prolongation de douze mois de l’option de retrait, afin de ne pas « retarder [la mise en place des] avantages pour les patients » (source : ABC News).

  • Nouvelle-Zélande : le New Dunedin Hospital, futur hôpital numérique de l’île du Sud

    Dunedin, la principale ville de la région d’Otago en Nouvelle-Zélande, est en train de planifier la construction d’un nouvel hôpital numérique, le New Dunedin Hospital, qui se situera sur le site de l’ancienne usine de Cadbury. Le gouvernement a déclaré que les travaux commenceraient avant les prochaines élections, prévues pour la fin 2020.

    Le nouvel établissement sera en grande partie numérique et exploitera les nouvelles technologies pour faire gagner du temps au personnel mais aussi aux patients, a déclaré à Hinz.org.nz (article publié le 19 novembre 2018) Mike Collins, directeur exécutif du Département de la santé du district sud (People, Culture & Technology), qui sera en charge de l’infrastructure technologique de l’hôpital.

    Une innovation centrée sur la chirurgie ambulatoire

    Mike Collins précise qu’un intérêt particulier sera porté sur la chirurgie ambulatoire. « Nous essayons de mettre en œuvre de nouvelles technologies et solutions bien avant l’ouverture de l’hôpital. Du point de vue de la gestion du changement, je veux que le personnel soit à l’aise dans cet environnement numérique avant que les portes ne s’ouvrent », a-t-il commenté.

    Son équipe anime des ateliers avec des cliniciens et la communauté et adopte une approche personnalisée pour concevoir les technologies qui permettront d’offrir de meilleures expériences aux patients et au personnel, l’une des questions clés étant de savoir si le patient a réellement besoin de rendre à l’hôpital ou s’il peut être soigné plus près de son domicile.

    Une stratégie numérique régionale

    Cette planification ne repose pas seulement sur le Département de la santé du district sud mais sur l’ensemble du système de santé de l’île du Sud et intègre la nouvelle stratégie de la région en matière de soins primaires et communautaires.

    Vers la mise en place de normes d’interopérabilité

    La région a en effet élaboré une stratégie numérique et collabore avec le ministère de la Santé néozélandais pour identifier les objectifs stratégiques principaux, tels que la mise en œuvre de normes d’interopérabilité.

    Cette stratégie est planifiée pour les cinq à six prochaines années et est conforme à la stratégie régionale de l’Alliance de l’île du Sud et à la stratégie de santé numérique du ministère de la Santé, qui est encore à l’état de projet.

  • Diabeloop obtient le marquage CE du DBLG1, sa solution pour améliorer le contrôle glycémique

    La medtech Diabeloop a obtenu le marquage CE du DBLG1, sa solution technologique permettant d’améliorer le contrôle glycémique et la qualité de vie des patients atteints de diabète de type 1, a annoncé la société dans un communiqué diffusé début novembre 2018.

    L’appareil, « au cœur d’un système de boucle fermée hybride« , est composé d’algorithmes intégrés à un terminal sécurisé. Connecté à un capteur mesurant de manière continue le taux de glucose et à une pompe à insuline sous forme de patch, il peut anticiper l’évolution de la glycémie et commander automatiquement à la pompe l’administration d’insuline optimale.
    « Le système, auto apprenant et personnalisable, reproduit les fonctions insuliniques d’un pancréas et s’adapte à la physiologie et aux situations de vie des patients », précise Diabeloop.

    Le DBLG1 vise à simplifier le quotidien des personnes souffrant de diabète en leur permettant d’éviter plus facilement les hypoglycémies et les hyperglycémies.

    La société avance progressivement vers la phase de commercialisation du produit et espère mener à bien une nouvelle levée de fonds au 1er semestre 2019 « pour soutenir ce déploiement international et poursuivre [ses] ambitions en R&D », indique Marc Julien, co-P.-D.G. et CFO de l’entreprise.

    « Nous sommes fiers d’avoir franchi l’étape réglementaire du marquage CE, a déclaré Erik Huneker, fondateur et co-P.-D.G. de Diabeloop. Notre déploiement commercial se veut progressif afin d’assurer fiabilité et qualité de service aux patients. En parallèle, nous continuerons d’œuvrer pour une prise en charge du système la plus rapide possible. »

  • CDS

    Centres de santénull

  • « Notre but est de devenir le Netflix des solutions d’IA en radiologie » (F. Moreau, Incepto Medical)

    « Notre but premier est de devenir le Netflix des solutions d’IA en radiologie », a déclaré à Health & Tech Intelligence Florence Moreau, directrice technique et cofondatrice de la start-up Incepto Medical, lors d’une interview accordée en novembre 2018. La jeune société propose en effet une plateforme web unique contenant un catalogue d’applications et de solutions d’intelligence artificielle.

    « Les radiologues, qui voient défiler sous leurs yeux plus de 50 000 coupes dans la même journée, sont demandeurs de ce type d’innovations pour gagner du temps et le passer auprès de leurs patients », ajoute-t-elle, précisant que son équipe envisage un développement à l’échelle européenne.
    Au cours de l’entretien, l’entrepreneuse est revenue en détail sur les spécificités de l’offre proposée par Incepto Medical et a partagé sa vision du développement de l’IA dans le domaine de la radiologie, convaincue que la machine ne remplacera jamais l’humain mais qu’elle pourra, au contraire, faire figure d’un soutien de taille pour alléger la charge de travail des radiologues et donc améliorer le diagnostic en limitant omissions et erreurs dans la lecture des nombreuses images que ces professionnels de santé ont à traiter chaque jour.

    « La collaboration avec les médecins est au cœur de notre démarche »

    Incepto Medical a été créé à Paris en janvier 2018. Depuis quand avez-vous réellement lancé votre activité ?

    Après avoir enregistré les statuts de l’entreprise en janvier, nous avons démarré très vite, avec un premier tour d’amorçage de 950 000 euros.

    Nous sommes 15 collaborateurs à l’heure actuelle, dont trois cofondateurs, moi-même [Florence Moreau est experte en développement de logiciels médicaux en radiologie et spécialisée en mathématiques appliquées], Antoine Jomier, le président, qui apporte son expertise dans le domaine du business et de la vente en imagerie médicale, et le Dr Gaspard d’Assignies, radiologue senior, qui s’intéresse depuis longtemps à l’utilisation de intelligence artificielle (IA) en radiologie.

    Vous dites offrir un écosystème collaboratif pour inventer, développer et distribuer des applications en intelligence artificielle et radiologie dédiées au diagnostic et au traitement des pathologies. Quelles solutions proposez-vous concrètement ?

    La collaboration avec les médecins est vraiment au cœur de notre démarche.

    Tout d’abord, parce que nous répondons à leurs besoins multiples et spécifiques, selon leurs spécialités (cancérologue, spécialiste du genou, etc.), en leur proposant une plateforme unique contenant un catalogue complet d’applications et de solutions d’IA : notre but premier est en somme de devenir le Netflix des technologies d’intelligence artificielle en radiologie. Les radiologues, notamment, qui voient défiler sous leurs yeux plus de 50 000 coupes dans la même journée, sont demandeurs de ce type d’innovations pour gagner du temps et le passer auprès de leurs patients.

    En parallèle, des médecins de premier plan nous aident à co-créer des applications médicales : notre approche consiste donc à apprendre avec ces experts la réalité clinique. Au fond, ce sont eux qui savent ce qu’ils veulent faire « dire » à l’IA. De plus, avant de lancer un produit, nous voulons être sûrs qu’il soit bien validé cliniquement. Leur éclairage est précieux et incontournable.

    Nous remarquons qu’il y a une envie croissante de la part des établissements de soins de travailler sur les questions d’intelligence artificielle mais ils ne savent pas forcément dans quel sens aller. Incepto Medical est là pour les accompagner dans leur démarche ainsi que pour faire le lien entre le monde de la technologie et l’activité clinique.

    Avez-vous déjà noué des partenariats ?

    Nous avons déjà signé trois contrats et un potentiel de 10-15 accords à venir. Nous allons notamment travailler avec le groupe suisse de centres d’imagerie médicale de proximité 3R (Réseau radiologique romand) sur l’IRM du genou et avec le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph sur l’occlusion intestinale.

    Nous allons creuser leurs idées pour voir si, scientifiquement, elles ont du sens et valent la peine d’être développées.

    « Nous n’envisageons pas une IA comme substitut du médecin »

    En octobre, lors de votre intervention à l’événement Inno Generation de Bpifrance, vous avez indiqué que l’intelligence artificielle n’avait pas pour vocation, selon vous, à remplacer le médecin. « Il ne suffit pas d’identifier une anomalie, il faut un expert en arrière-plan pour pouvoir correctement interpréter l’image et fournir un diagnostic précis. Si on enlève l’humain, ça ne fonctionne pas ! » (voir article en lien ci-contre)

    Oui, notre conviction c’est que le médecin est une pièce maîtresse du domaine de la santé, qui est le domaine de l’humain par excellence. Il y aura encore besoin de radiologues demain.

    Certes, l’IA peut intervenir en amont, en aide de lecture de l’image plus ou moins automatisée pour accompagner les médecins mais nous n’envisageons pas une intelligence artificielle comme substitut du médecin. Les patients ne sont pas et ne seront jamais prêts, je crois, à accepter que ce soit une IA qui leur annonce un cancer.

    Il existe plusieurs sociétés spécialisées dans l’IA en radiologie, telles que Therapixel et Gleamer. En quoi vous démarquez-vous ?

    Nous ne sommes pas sur le même axe. Therapixel, par exemple, est une entreprise qui développe une solution pour un domaine très précis, la mammographie. Loin d’être un concurrent, c’est au contraire un partenaire business potentiel avec lesquels nous pouvons engager un dialogue pour intégrer son produit à notre plateforme.

    Actuellement, chaque développeur de solutions d’IA se présente sur le marché avec son propre algorithme, ce n’est pas évident pour les professionnels de santé de savoir vers quel produit se tourner. Nous, nous leur proposons d’avoir accès à cette offre en une seule fois, sur une même plateforme.

    De plus, par notre biais, ils n’auront pas à subir le coût d’intégration dans l’hôpital.

    À l’occasion des Journées francophones de la radiologie (JFR), Oliver Clatz, P.-D.G. et cofondateur de Therapixel, avait tenu à rappeler qu’il était primordial que le radiologue comprenne le fonctionnement et les limites des algorithmes automatisant l’analyse des images médicales car il sera « le seul responsable en cas d’erreur » (voir article en lien ci-contre). Les questions de responsabilité vous préoccupent-elles ?

    C’est très important de s’interroger sur ce sujet, et pas seulement du point de vue du radiologue mais aussi du point de vue du concepteur de l’algorithme. Nous discutons de ces problématiques très en amont du processus d’intégration clinique.

    Un développement européen

    Quels sont vos objectifs pour les mois et les années à venir ?

    Notre mission est d’être le pont entre la technologie de l’IA et les médecins. Aujourd’hui, une cinquantaine d’applications utilisant l’intelligence artificielle existent ou sont en cours de développement dans le monde : il faut aider les médecins à recenser les plus performantes, à y accéder et à les utiliser. Il faut aussi leur permettre de créer leur propres applications, adaptées à leurs besoins.

    Nous visons le marché européen qui est naissant et recèle énormément de potentiel. Cet angle européen, nous l’avons depuis le départ : un de nos actionnaires historiques est d’ailleurs l’ancien président de la Société européenne de radiologie (Paul Parizel).

    Côté financement, notre prochaine étape est le lancement d’un tour de financement de série A (objectif non divulgué). Il ne faut pas que nous perdions de temps car certains pays comme les États-Unis, Israël et la Chine sont déjà bien avancés sur le marché.