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HIMSS 2019 : une réglementation pour sécuriser le partage des données de santé aux USA
Le département américain de la santé et des services sociaux (HHS) a récemment proposé une nouvelle réglementation* pour permettre un accès, un échange et une utilisation des dossiers médicaux numériques (EHI) de manière transparente et sécurisée.
Cette dernière vise à accroître l’innovation et la concurrence en donnant aux patients et à leurs prestataires de soins un accès sécurisé à de l’information sanitaire et à de nouveaux outils, offrant ainsi plus de choix aux patients en matière d’offre de soins et de traitements, explique dans un communiqué publié le 11 février 2019 le Bureau du coordonnateur national pour les technologies de l’information sur la santé américain (ONC), qui participe actuellement à la conférence HIMSS 2019, à laquelle H&TI assiste.À travers cette mesure, le HHS appelle plus précisément les professionnels de la santé à adopter des interfaces de programmation d’applications (API) standardisées, qui permettront aux utilisateurs d’accéder facilement à l’IEH structuré à l’aide d’applications mobiles. La mesure proposée met l’accent sur la volonté de donner au patient la capacité d’accéder gratuitement à l’ensemble de ses informations de santé.
Le texte inclus par ailleurs les cas pour lesquels un blocage des informations est accepté, présentés dans la loi 21st Century Cures Act**. 7 exceptions sont néanmoins suggérées à cette règle.
7 exceptions à la disposition relative au blocage d’informations
Prévenir les dommages
Promouvoir la confidentialité du dossier de santé électronique (EHI)
Promouvoir la sécurité de l’EHI
Recouvrir les coûts raisonnablement engagés
Répondre aux demandes infaisables
Octroyer des licences pour des éléments d’interopérabilité à des conditions raisonnables et non discriminatoires
Maintenir et améliorer des performances informatiques de santé
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Innolab Elsan : un simulateur médical numérique pour mieux gérer certains cas critiques (F. Amalric)
« Perinatsims (simulateur médical numérique à destination des sages-femmes) est en cours d’installation dans les cliniques Elsan. Les tests effectués dans 4 maternités au cours de l’été 2018 ont été concluants : les cadres sages-femmes ont apprécié [l’outil]« , indique Franck Amalric, directeur général du développeur de plateformes d’entraînement Medusims, interviewé en amont du Live d’Innolab, une soirée dédiée au living lab d’Elsan qui s’est tenue le 5 février 2019 et dont H&TI est partenaire.
L’entrepreneur, ancien diplômé de l’École polytechnique et d’Harvard, présente les spécificités de l’offre proposé par Medusims ainsi que les objectifs de l’entreprise, parmi lesquels un déploiement à échelle européenne puis internationale et le lancement cette année de Hospisims, une plateforme d’entraînement à la prise en charge des soins hospitaliers. Le Dr Franck Amalric aborde aussi le partenariat à la fois commercial et stratégique noué avec le groupe de cliniques Elsan, qui va proposer Perinatsims à l’ensemble de ses établissements courant 2019.
Perinatsims et Traumasism : 2 simulateurs médicaux numériques
Medusims crée des simulateurs médicaux numériques dans différents champs thérapeutiques. La première suite logicielle que vous avez développé est Perinatsims, qui permet aux sages-femmes « d’acquérir, de développer, de maintenir mais aussi d’évaluer leurs compétences nécessaires à la prise en charge optimale de situation périnatales à haut risque ».
Franck Amalric : Avec Perinatsims, nous proposons deux thématiques. La première concerne l’hémorragie post-partum, première cause de mortalité maternelle en France, et la seconde est centrée sur la réanimation du nouveau-né. Il s’agit de deux situations d’urgence pour lesquelles les sages-femmes sont formées mais pas forcément prêtes car ces cas de figure sont assez rares. Il existe donc un risque de perte de confiance en soi et donc de perte de moyens sous la pression. D’où l’idée de leur proposer un outil, ici un simulateur médical numérique, pour leur permettre de s’exercer dans un environnement virtuel le plus réaliste possible, et ce de manière régulière.
L’originalité de notre solution est qu’il s’agit d’un croisement entre :
- l’exercice d’une compétence de manière interactive : l’utilisateur doit prendre des décisions ;
- la flexibilité d’utilisation : l’utilisateur peut choisir de s’entraîner lorsqu’il le souhaite et régulièrement.
« Les cadres sages-femmes ont apprécié le simulateur »
Quel est le premier retour d’expérience de votre solution ?
Perinatsims est en cours d’installation dans les cliniques Elsan. Les tests effectués dans 4 maternités au cours de l’été 2018 ont été concluants. Les cadres sages-femmes ont apprécié le simulateur et 40 à 50 % des écoles de sages-femmes utilisent le logiciel pour l’une ou les deux thématiques.
Medusims a également mis au point Traumasims, une suite logicielle de formation centrée sur la prise en charge d’un afflux massif de blessés au sein des établissements de santé.
Traumasims a été développé à la demande des leaders de la communauté de la médecine d’urgence, en réaction notamment aux récents attentats survenus à Paris. Une commission parlementaire avait recommandé d’améliorer la formation des professionnels des urgences en France sur cette thématique.
L’idée d’un simulateur s’est avérée intéressante pour entraîner les acteurs concernés à ce type de situations critiques.
La solution est-elle disponible ?
La plateforme est disponible depuis un peu moins d’un an. Entre 5 et 10 CHU ont déjà commencé à l’utiliser, notamment celui d’Angers, de Bordeaux et de Dijon.
Quel est votre business modèle ?
Nous vendons des abonnements à nos logiciels, l’idée étant d’investir pour développer un plateforme et de la vendre à un prix qui varie en fonction de la taille des établissements. Notre objectif est de mettre nos solutions à la disposition d’une communauté d’utilisateurs et que l’utilisateur final paie une partie de l’outil.
Elsan « nous offre un accès direct aux clients potentiels »
En quoi consiste précisément le partenariat avec l’incubateur Innolab d’Elsan ?
Elsan va diffuser Perinatsims dans ses cliniques au cours de cette année 2019.
Il s’agit aussi d’un soutien au développement de notre société, Medusims bénéficiant de l’expérience d’Elsan dans le domaine. Elsan contribue au développement de nos simulateurs en nous offrant un accès direct aux clients potentiels. Nous disposons ainsi d’un accès clinique qui nous permet d’accélérer le processus de développement de notre solution et de réaliser un suivi rapproché de son utilisation afin de peaufiner l’outil.
Hospisims : une plateforme pour améliorer la prise en charge de la douleur
Envisagez-vous de développer d’autres simulateurs ?
Nous allons lancer en 2019 Hospisims, une plateforme d’entraînement à la prise en charge des soins hospitaliers, avec comme première thématique la prise en charge de la douleur qui est développée avec la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) et Pratico Santé, un organisme de formation. Nous allons rentrer en phase de test dans quelques jours. La première version de la solution sera commercialisable fin mars.
Une refonte des plateformes afin d’avoir un accès facilité à la donnée d’utilisation et à des critères de prise en charge est également prévue. Nous souhaitons aussi enrichir les outils existants avec la mise en place de nouveaux cas cliniques et de nouvelles thématiques sur Perinatsims et Traumasims, qui seront développés au cours de l’année avec les cliniques Elsan et à terme dans des établissements de soins à l’étranger.
Un développement en Europe puis aux États-Unis envisagé
Quels marchés précisément visez-vous en dehors de la France ?
Nous ciblons le marché européen, la Belgique, l’Italie et la Suisse en tête mais aussi l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Nous envisageons aussi un développement à l’international en dehors de l’Europe.
Ce déploiement au niveau mondial est un axe de développement commercial important pour nous. Nous avons de potentiels clients à l’étranger. Nous travaillons déjà avec l’université Columbia à New York, qui veut développer son savoir-faire dans l’adaptation des simulateurs médicaux thérapeutiques.
La difficulté d’une adaptation n’est pas la langue mais la réalité du pays car il y a des différences plus ou moins importantes dans l’offre de soins proposée par tel ou tel gouvernement.
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La start-up Ambler lève 1,5 M€ pour développer sa plateforme de gestion de transport sanitaire
Ambler, fondé en 2018, recueille 1,5 million d’euros dans le cadre de son premier tour table dans l’optique de s’imposer comme « la référence du transport sanitaire intelligent en France », annonce la start-up dans un communiqué publié le 7 février 2018. La société développe une plateforme de gestion et de réservation de transport sanitaire et médical. Cette levée de fonds a été menée par Idinvest Partners, Partech, Kima Ventures et des business angels.
L’objectif de la start-up est d’organiser l’offre des sociétés d’ambulances, des véhicules sanitaires légers et des taxis conventionnés pour répondre de manière transparente et optimisée à la demande aussi bien des patients que des établissements de santé qui souhaitent réserver une ambulance ou un taxi agréé, mais également des entreprise de transport cherchant à améliorer la gestion de leur flotte.
Avec la somme récoltée, Ambler va renforcer son équipe, composée actuellement de 15 collaborateurs, en recrutant des ingénieurs pour développer sa plateforme technologique ainsi qu’une équipe opérationnelle pour développer son réseau sur le terrain.
« Nous offrons aux établissements une délivrabilité des demandes de transport et une maîtrise totale des coûts »
« Nous rencontrons en permanence de nouvelles sociétés de transport pour accroître la capacité de notre réseau, générer des économies d’échelle et positionner nos partenaires sur des marchés de plus en plus importants. Nous offrons aux établissements une délivrabilité exceptionnelle des demandes de transport en même temps qu’une maîtrise totale des coûts. Notre approche permet à tous les transporteurs sanitaires, et surtout aux TPE-PME, de tirer leur épingle du jeu dans le contexte actuel de réforme », commente Mehdi Ben Abroug, co-fondateur et P.-D.G. d’Ambler.
Une offre pour les hôpitaux et les cliniques, les transporteurs sanitaires et les patients
- Les hôpitaux et les cliniques qui utilisent la plateforme d’Ambler valorisent :
- le gain de temps pour le personnel soignant ;
- la fluidité du parcours du patient ;
- la maîtrise budgétaire.
- Les transporteurs sanitaires partenaires d’Ambler bénéficient d’un « surplus de chiffre d’affaires grâce à un carnet de commandes boosté, déclare Ambler dans son communiqué. Les algorithmes d’affectation des commandes améliorent par ailleurs le taux d’utilisation des flottes, aujourd’hui de seulement 45 % en moyenne. »
- Les particuliers peuvent réserver leurs transports sanitaires en quelques clics, sans frais, et de manière sécurisée en ce qui concerne le traitement des données de santé.
- Les hôpitaux et les cliniques qui utilisent la plateforme d’Ambler valorisent :
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La Direction générale des entreprises recense les projets fondés sur la blockchain en France
Dans le cadre de la construction d’une stratégie nationale sur les technologies de registre distribués, la Direction générale des entreprises (DGE), reliée au ministère de l’Économie et des Finances, lance une consultation en France auprès de l’ensemble des porteurs de projets de blockchain, une technologie de registre distribué qui permet de garder la trace d’un ensemble de transactions et qui est en plein essor dans le secteur de la santé.
La consultation se présente sous la forme d’un questionnaire en ligne qui permettra de « disposer d’une vision aussi exhaustive que possible de l’écosystème français« , précise la DGE dans un communiqué publié le 11 février 2019. L’objectif est de repérer les obstacles qui peuvent entraver la mise en œuvre des initiatives dans le domaine et de lever les freins au développement d’usages innovants, « au bénéfice des consommateurs et des entreprises ».
Le recensement porte sur des projets fondés sur des technologies de registre distribué et existant en France, leur domaine d’application (la santé en faisant partie), leur positionnement sur la chaîne de valeur et leur niveau de maturité.
Le questionnaire est accessible du 11 février au 4 mars 2019 sur Entreprises.gouv.fr.
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Vers un format d’échange du dossier de santé numérique européen pour une intéropérabilité sécurisée
La Commission européenne a adopté le 6 février 2019 une recommandation portant sur un format d’échange du dossier de santé numérique européen dans l’optique de permettre « de manière sûre, interopérable et transfrontalière » un accès aux données électroniques de santé et l’échange de celles-ci au sein de l’Union européenne (UE).
Certains États membres, comme l’Estonie et la Finlande, ont commencé à rendre interopérables certains éléments de leurs dossiers de santé, comme les ordonnances en ligne et les résumés des patients. Dans sa recommandation, la commission propose d’étendre ces échanges aux analyses de laboratoires ainsi qu’aux rapports de sortie d’hôpital et à ceux portant sur les examens d’imagerie médicale.
Le calendrier de déploiement du projet n’a pas encore été dévoilé.
Andrus Ansip, vice-précisent de la Commission européenne en charge de la stratégie pour le marché unique numérique européen, a indiqué dans un communiqué vouloir « accélérer et développer l’échange sécurisé de dossiers de santé électroniques dans l’UE pour améliorer la vie des citoyens et aider les innovateurs à trouver la prochaine génération des solutions numériques et des traitements médicaux ».
Les recommandations de la Commission
La commission invite les États membres :
- à « recourir aux outils et aux modules fournis par l’infrastructure de services numériques dans le domaine de la santé en ligne en Europe »
- et à requalifier l’actuel cadre d’interopérabilité européen dans le domaine de la santé en ligne (Refined eHealth European Interoperability Framework) en « cadre commun pour la gestion de l’interopérabilité dans le domaine de la santé en ligne ».
« Le processus de coordination conjointe devrait s’appuyer sur les initiatives existantes du réseau « santé en ligne », telles que la Common Semantic Strategy task force (task force pour une stratégie sémantique commune), et en intégrer les résultats », est-il spécifié.
Mettre en place un cadre clair et un processus de gouvernance
Le texte précise également quelles fonctionnalités techniques seraient à utiliser de manière systématique pour l’échange des dossiers de santé et feraient office de référence au format européen d’échange des dossiers de santé numériques.
L’idée est d’établir :
- un cadre clair pour la poursuite des travaux en définissant des principes applicables à l’échange d’informations en matière de santé dans l’ensemble de l’Union européenne ;
- un processus de gouvernance réunissant la Commission, les États membres et les parties prenantes.
Les citoyens au centre du projet
Les citoyens seront placés au centre du projet. « Il conviendrait de prendre en compte les besoins des citoyens et des patients lors de la conception des systèmes d’information sur la santé, y compris en rendant ces systèmes plus accessibles aux usagers », explique la commission.
Pour l’instant, l’accès des citoyens européens à leurs dossiers médicaux numériques varie d’un État à un autre. Dans certains pays, ils disposent d’un accès numérique limité au-delà de certaines frontières et dans d’autres, ils ne bénéficient d’aucun outil en particulier.
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La Mutalité propose de plafonner le prix des Ephad et un mode de financement privé de la dépendance
Plafonner le prix des Ehpads et les facturer selon les revenus des résidents mais aussi mettre en place un mode de financement privé de la dépendance, telles sont les propositions clés de la Mutualité française pour ce début d’année, des recommandations émises par son président, Thierry Beaudet, dans le cadre d’une interview accordée au Parisien – Aujourd’hui en France et publiée le 11 février 2019.
Thierry Beaudet indique par ailleurs que les organismes de complémentaires santé vont présenter le 14 février un accord sur la lisibilité des contrats afin de permettre aux usagers de comparer plus facilement les offres.
Propositions clés de la Mutualité française
Favoriser le maintien à domicile
« Les mutuelles réfléchissent à une assurance dépendance généralisée et obligatoire, qui s’ajouterait au socle du financement public », explique Thierry Beaudet. Par exemple, à partir de 40 ans, une cotisation supplémentaire dédiée à la dépendance, de 10 à 15 euros par mois, pourrait être intégrée aux contrats d’assurance « responsables », qui représentent 96 % des contrats.
Selon le président de la Mutualité française, cette cotisation permettrait d’apporter 500 euros par mois d’aide aux résidents en GIR 1 et GIR 2, soit les catégories de personnes les plus dépendantes.
Réguler le reste à charge, de 2 000 euros en Ehpad en moyenne en France, contre 180 euros en Suède :
- en faisant payer chacun en fonction de ses revenus, « comme pour les crèches ». Thierry Beaudet précise qu’il faudra pour cela bénéficier d’ »aides publiques pérennes » pour garantir l’équilibre financier des établissements ;
- en fixant des tarifs plafond pour chaque service proposé par l’établissement. « Chaque résident conserverait bien sûr la liberté de choix », souligne le président.
Comparaison des offres entre elles
Le 14 février 2019, les organismes de complémentaires santé vont présenter un accord sur la lisibilité des contrats, dont la Mutualité française espère qu’il sera validé par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
Pour permettre aux usagers de comparer les offres :
- le texte dévoilera un tableau des garanties selon un rubriquage commun à toutes les complémentaires : soins de ville, dentaires, etc ;
- en parallèle sera présenté en euros le montant pris en charge pour une quinzaine d’exemples significatifs : lunettes, prothèses, etc.
Réduire le coûts des assurance en facilitant la résiliation : « une trappe à pauvreté »
Thierry Beaudet émet par ailleurs quelques critiques quant à la volonté du gouvernement de réduire le coût des assurances santé en facilitant la résiliation des contrats. « Cela risque de créer des mutuelles à deux vitesses, estime-t-il. Celles, plus compétitives, dont bénéficieront les gens les plus mobiles, et celles de ceux qui ne savent pas faire, souvent les plus modestes, qui continueront eux à payer le prix fort. Ce projet est une trappe à pauvreté. »
Les hausses des cotisations « suivent l’évolution de la consommation de soins »
« Si on ne veut plus de hausses, qu’on cesse de nous transférer des charges »
Interrogé par le Parisien – Aujourd’hui en France sur une éventuelle « flambée des tarifs » des cotisations, Thierry Beaudet note que pour 2019, la hausse des cotisations « n’est que de 1,8 % » en moyenne selon une étude menée par la Mutualité sur un échantillon représentatif de 14 millions d’adhérents aux mutuelles.
« À quelques exceptions près qui concernent des contrats déficitaires, les hausses suivent l’évolution de la consommation de soins, qui augmente depuis trente ans, et pas seulement du fait du vieillissement, détaille-t-il. Entre 2006 et 2017, alors que nos remboursements ont progressé de 38 %, les cotisations ont augmenté de 40 %, soit 3 % par an. Sans compter le passage des taxes de 2,5 % à 13,27 %. La santé est plus taxée que le hamburger ! Si on ne veut plus de hausses, qu’on cesse de nous transférer des charges. »
« Si aucune charge nouvelle n’est votée d’ici là, nous devrions pouvoir absorber son surcoût »
« En 2020 entrera pleinement en application la réforme 100 % santé, qui laissera zéro reste à charge sur certains soins d’optique, dentaire et audioprothèse. C’est une bonne réforme, commente Thierry Beaudet. Si aucune charge nouvelle n’est votée d’ici là, nous devrions pouvoir absorber son surcoût (environ 250 millions d’euros par an). Mais si de nouvelles dépenses nous sont imposées, nous les répercuterons. Et nous n’éviterons pas la hausse « mécanique » habituelle de 2,5 à 3 %, puisque les dépenses de l’Assurance maladie, dont nous dépendons, vont encore progresser. »
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Le GIP CPage décroche son plus gros marché en testant son e-assistant aux Hospices Civils de Lyon
Le groupement d’intérêt public (GIP) CPage, éditeur de logiciels pour les établissements de santé, a remporté début février 2019 son plus important contrat en signant avec les Hospices civils de Lyon un accord pour mettre en test son assistant numérique à l’accueil de l’hôpital de Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or.
CPage mobilise une équipe technique et d’assistance entière pour ce nouveau client.
Les logiciels de CPage sont utilisés par environ un tiers des établissements publics de santé français afin de faciliter leurs procédures administratives. Un logiciel a pour fonction de gérer la partie administrative du dossier des patients (facturation, celle destinée à la sécurité sociale et aux caisses complémentaire), un autre les commandes fournisseurs et un dernier ses ressources humaines (planning, barèmes, primes, formations, etc.).
La société travaille par ailleurs sur le développement d’une approche prédictive du fonctionnement des hôpitaux. Afin d’anticiper les fluctuations d’activité des établissements et, par exemple, de savoir combien de personnes il faut mobiliser en cas de pic de chaleur, elle est en train de mettre au point une solution capable d’agréger les données dont elle dispose puis de les mettre en perspective avec d’autres données, notamment météorologiques, le tout analysé par des algorithmes d’apprentissage profond (deep learning).
« L’’évolution permanente des réglementations affectent le fonctionnement et les finances des hôpitaux »
CPage doit constamment ajuster son offre aux réglementations en vigueur, qui évoluent rapidement. La réforme de la tarification à l’activité fait partie de ces changements auxquelles a dû s’adapter l’entreprise.
« Du fait de notre position, nous sommes des observateurs privilégiés de l’évolution des coûts de la santé, autant que de l’évolution permanente des réglementations, que l’on ne prend pas le temps de bien évaluer. C’est à notre sens vraiment dommageable, celles-ci affectent évidemment le fonctionnement et les finances des hôpitaux », commente David Boussard, le nouveau directeur général de CPage, nommé le 1er janvier 2019 (source : magazine du Grand Est et de Bourgogne-Franche-Comté Tracesecritesnews.fr).
CPage : chiffres clés
- 2003 : création.
CPage est né dans un service informatique du CHU de Dijon. Le logiciel était alors utilisé comme outil interne avant d’être étendu. En 2003, les adhérents utilisateurs du logiciel monte un groupement d’intérêt public (GIP) pour officialiser l’autonomisation de la solution et respecter la nature publique des établissements de santé engagés.
La structure publique est accompagné d’un fonctionnement interne privé. - 300 adhérents : hôpitaux et établissements publics de soins de toute taille.
- 21,5 millions d’euros en 2019 : chiffre d’affaires revendiqué, soit une croissance de 5 % par rapport à 2018 (20,6 millions d’euros) et de 30 % du chiffres d’affaires, des effectifs et de la clientèle sur les 8 dernières années.
- 210 agents et collaborateurs : nombre d’employés, dont une douzaine est dédiée à l’autre activité la plus importante du GIP, la gestion directe des fiches de paie des personnels de santé, qui représente 25 % de son chiffre d’affaires. Chaque année, CPage envoie environ 180 000 bulletins de salaires aux salariés de la santé.
30 millions d’euros pour « nettoyer » toute l’offre logicielle
David Boussard, qui évolue au sein de Cpage depuis 2005, a été en charge d’une mission importante au sein de l’entreprise, qui était de réécrire l’ensemble de l’offre logicielle pour supprimer les scories et les couches inutiles de code accumulées au fil des évolutions des logiciels.
« Nous sommes désormais totalement à jour, avec un code neuf, mais ce travail a mobilisé 30 millions d’euros et 55 000 jours-hommes de développement. Un chantier de cette taille, on en réalise au mieux un dans sa carrière », indique-t-il.
- 2003 : création.
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Étude : une adoption très inégale de la télémédecine en Amérique latine (Health Affairs)
Tandis que 65 % des hôpitaux chiliens ont fait entrer la télémédecine dans leurs pratiques, ce n’est le cas que pour 25 % des établissements colombiens. Une étude* publiée en février 2019 dans la revue Health Affairs Global Policy montre une grande disparité au sein de l’Amérique latine concernant l’adoption de cet acte. Les auteurs estiment que son développement n’est pas optimal en raison de l’absence d’une politique globale incluant tous les acteurs.
Amérique latine : la télémédecine au secours des zones rurales
En Amérique Latine, la plupart des médecins travaillent dans les zones urbaines. Cette répartition géographique inégale complique l’accès aux soins – notamment celui des spécialistes – pour les populations vivant en zone rurale et dans les banlieues défavorisées. La situation est également critique en cas d’épidémie ou de catastrophes naturelles. C’est pourquoi la commission économique des Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (ECLAC) préconise que ces pays développent plus largement la télémédecine.
Des chercheurs américains de l’université internationale de Floride ont mené une étude pour établir le profil de neuf pays d’Amérique latine en matière de recours à la télémédecine. Ils ont utilisé les données issues d’une enquête menée en 2017 auprès des hôpitaux de la région (HospiScope) et de l’enquête mondiale 2015 menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la santé en ligne. Les pays étudiés sont l’Argentine, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Mexique, le Panama, le Pérou et l’Uruguay.
Résultats
- 65 % des hôpitaux de chaque pays ont répondu à l’enquête.
- Le taux d’adoption de la télémédecine allait de 25 % en Colombie à 65 % au Chili.
- La moyenne se situait autour de 35 %.
- La télémédecine est essentiellement déployée dans des établissements publics.
- Plus les hôpitaux étaient dotés d’appareils d’imagerie, de messageries électroniques sécurisées ou encore de dossiers électroniques, plus la télémédecine était développée.
- Ni Le nombre de médecins généralistes, ni celui de spécialistes était un facteur prédictif de l’utilisation de la télémédecine.
- Cinq des pays étudiés – l’Argentine, la Colombie, le Costa Rica, le Pérou et l’Uruguay – déclarent avoir une politique ou une stratégie nationale de télésanté explicite depuis au moins 2014.
- L’absence de politique ne semble pas insurmontable puisque dans chaque pays, plus de 25 % des hôpitaux ont déclaré fournir de la télémédecine.
- Cinq pays (Chili, Colombie, Costa Rica, Pérou et Uruguay) ont déclaré disposer d’une législation définissant la compétence médicale, la responsabilité ou le remboursement de services de santé en ligne.
Des projets dispersés et peu efficaces
« Notre étude confirme que l’adoption de la télémédecine est répandue en Amérique latine mais qu’elle n’a pas encore atteint son plein potentiel, ont déclaré les auteurs de l’étude. Les efforts pour mettre en œuvre la télémédecine sont isolés et dispersés, souvent laissés au secteur public ou sous la forme de projets isolés qui ne sont pas cohérents. Cette approche crée des poches de progrès rapides, mais dispersés, entraînant de maigres gains d’efficacité dans l’ensemble du secteur. » L’expérience d’autres pays leur fait dire que l’Amérique Latine doit développer une approche plus systémique, avec un leadership fort.
Par ailleurs, ils regrettent que les programmes de cybersanté ne soient axés que sur les maladies transmissibles (Sida, tuberculose, paludisme…) alors que la prévalence des maladies non transmissibles (diabète, maladies cardiovasculaires…) a nettement augmenté ces dernières années en Amérique latine.
Des préconisations pour développer la cybersanté
Afin de développer la télémédecine, les auteurs de cette étude préconisent notamment :
- de s’appuyer sur des hôpitaux pilotes ayant de l’expérience dans le domaine ;
- de favoriser les partenariats public-privé ;
- de diversifier les sources de financement en évitant de s’appuyer uniquement sur les dons des organisations internationales ;
- de mettre en place une législation pour protéger la confidentialité et la vie privée des patients en télémédecine.
En conclusion, les auteurs de l’étude insistent sur le fait que la télémédecine continuera à se développer « au sein des systèmes de santé et non grâce à un enchaînement de projets autonomes reposant sur les intérêts parfois contradictoires des gouvernements, des donateurs et des entreprises privées. »