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  • Air Liquide acquiert 2 sociétés suisses pour poursuivre son activité santé à domicile en Europe

    Air Liquide continue de développer son activité dédiée à la santé à domicile en Europe en acquérant Sleep & Health et Megamed, deux sociétés basées en Suisse œuvrant depuis plusieurs années dans le secteur.

    Sleep & Health SA, fondé en 2003, est spécialisé dans le conseil, l’équipement et la formation des patients atteints d’apnée du sommeil et de troubles respiratoires nécessitant un traitement par ventilation non invasive ou une oxygénothérapie. Megamed, créé il y a près de 50 ans, se concentre quant à lui dans le domaine de l’insuffisance respiratoire et plus précisément de la ventilation.
    Le groupe industriel français s’appuiera sur les équipes existantes pour poursuivre le développement de ses activités.

    Air Liquide, l’un des leaders de la santé à domicile sur le marché européen, fournit en gaz médicaux les hôpitaux et les patients à domicile. Ancré en Suisse depuis plusieurs années avec sa filiale Carbagas, l’entreprise renforce et diversifie son offre en santé à domicile à travers ses deux acquisitions, grâce auxquelles il va pouvoir servir directement près de 3 000 nouveaux patients.
    De plus, ces opérations vont lui permettre de bénéficier de la présence de Sleep & Tech en Suisse francophone et de Megamed en Suisse germanophone ainsi que des relations bien établies de ces deux sociétés avec les médecins, les hôpitaux et les assureurs privés.

    La Suisse, un marché à « fort potentiel »

    « Air Liquide poursuit ainsi le développement de son activité santé à domicile dans un marché suisse qui affiche un fort potentiel. Ces acquisitions, qui nous renforcent sur un marché en croissance en Europe, s’inscrivent dans notre stratégie de développement de l’activité santé », commente à propos de ces deux rachats François Jackow, membre du comité exécutif d’Air Liquide, qui supervise les activités santé du groupe (source : communiqué).

    La santé à domicile représente 45 % du CA 2017 de l’activité « santé » d’Air Liquide

    Air Liquide prend en charge sur prescription médicale des patients souffrant de maladies chroniques, telles que la BPCO, l’apnée du sommeil et le diabète. « Cette activité se développe, en complément des soins hospitaliers, au domicile du patient car elle permet une meilleure qualité de vie et une réduction des coûts de traitements », déclare le groupe dans un communiqué publié début février 2019.

    L’activité dédiée à la santé à domicile représente 45 % du chiffre d’affaires 2017 de l’activité santé d’Air Liquide.

  • Agnès Buzyn installe le premier comité de suivi de la réforme « 100 % Santé »

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a installé le 14 février 2019 le premier comité de suivi plénier de la réforme « 100 % santé », qui vise à aboutir à un reste à charge zéro sur l’optique, le dentaire et l’audition. Le comité a examiné les indicateurs d’évaluation de la réforme proposés, plus spécifiquement ceux du secteur de l’audiologie, indique le ministère dans un communiqué.

    Était aussi à l’ordre du jour l’avancée des textes réglementaires qui vont permettre l’entrée en vigueur de la réforme jusqu’en 2021.
    Depuis le 1er janvier 2019, les frais à la charge des patients pour l’acquisition des aides auditives ont baissé, avec en moyenne 200 euros de frais en moins par aide auditive, précise le ministère. « Les assurés verront leurs frais baisser de 250 euros supplémentaire en 2020 et n’auront, après prise en charge combinée de l’assurance maladie obligatoire et de leur complémentaire santé, plus aucun frais à leur charge dès 2021. »

    La séance a été également l’occasion de présenter la campagne d’information sur la réforme « 100 % santé », qui sera mise en place à destination des assurés et des professionnels de santé au cours de l’année 2019.

    De plus, les complémentaires santé ont signé devant la ministre un « accord relatif aux engagements pris en matière de lisibilité des contrats de complémentaire santé », est-il noté dans le communiqué.
    La négociation, ouverte par Agnès Buzyn en janvier 2018 avec les acteurs du secteur, a abouti à la signature d’un accord avec les filières de l’optique et de l’audiologie en juin 2018 à Montpellier. 2 syndicats des chirurgiens-dentistes avaient par ailleurs conclu un accord avec l’Assurance maladie à la même période.

    Le comité, présidé par la ministre des Solidarités et de la Santé, a pour mission d’accompagner et d’évaluer la mise en œuvre de la réforme « 100 % santé » d’ici 2021.

    Il est composé :

    • des représentants des organismes complémentaires ;
    • des associations de patients ;
    • de l’Assurance maladie ;
    • des syndicats nationaux des secteurs de l’audiologie et de l’optique.

    Le suivi dans le secteur du dentaire sera assuré par les partenaires conventionnels, sous pilotage de l’Assurance maladie.

  • WeHealth by Servier et le MIT s’associent pour développer des objets de santé connectés à domicile

    La direction e-santé du groupe Servier, WeHealth by Servier, et le laboratoire de recherche multidisciplinaire AgeLab, rattaché au Massachusetts Institute of Technology (MIT), ont signé un accord de partenariat dans l’optique de définir les nouvelles opportunités du marché des objets connectés à domicile.

    Les deux partenaires travailleront ensemble, avec l’aide d’autres acteurs de l’industrie, au sein du consortium AgeLab C3 Connected Home Logistics afin de développer des solutions et des services innovantes de santé à domicile, précisent-ils dans un communiqué publié le 13 février 2019. « Ceux-ci permettront de relever le défi de la connectivité et de l’accès aux soins, tout en améliorant la santé et le bien-être des patients, et plus particulièrement des personnes âgées. »

    La gestion et la sécurisation des données faisant partie des sujets de préoccupations principales lorsqu’il est question de technologies numériques, WeHealth by Servier et l’AgeLab s’engagent à ce que les solutions conçues dans le cadre de leur partenariat répondent aux nouveaux besoins et exigences de santé, « dans un souci de protection et de respect de la confidentialité des patients« .
    Ils ajoutent par ailleurs qu’une interopérabilité de ces innovations sera possible avec d’autres solutions et systèmes disponibles sur le marché (comme le dossier médical patient) afin de minimiser les silos de données et de faciliter l’accès des patients à leurs informations médicales.

    « Une plateforme de services et d’expériences facilités par un réseau de technologies interconnectées »

    Les travaux de recherche menés par l’AgeLab du MIT portent sur la compréhension des impacts des changements démographiques sur les comportements des consommateurs. Ils « ont permis d’imaginer le domicile de demain comme une plateforme de services et d’expériences facilités par un réseau de technologies interconnectées, et non pas uniquement comme un lieu de vie », expliquent les deux partenaires.

    « L’introduction de formes d’intelligence au sein du domicile favorisera l’adoption de comportements sains »

    « Les efforts déployés pour relever les défis posés par le vieillissement de la population ont considéré la technologie comme une solution possible, a déclaré le Dr Joseph Coughlin, chercheur principal du programme de consortium C3 Home Logistics. L’introduction de formes d’intelligence au sein du domicile favorisera l’adoption de comportements sains et permettra de réduire les probabilités d’incidents préjudiciables pour les patients tels que l’oubli de prise de médicament ou les chutes. »

  • Un rapport européen préconise de mieux contrôler les applis d’aide au traitement des addictions

    L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) recommande dans un rapport de renforcer le contrôle des applications mobiles d’aide à la prévention, à la réduction des risques et au traitement pour les personnes souffrant d’addiction, la majorité de ces outils n’étant pas soumise à un contrôle qualité ni fondé sur des données scientifiques.

    Le document, composé de 20 pages, dresse un état des lieux sur la disponibilité de ce type d’applications au niveau européen et mondial, précise l’OEDT dans une lettre d’information publiée en janvier 2019. Il en ressort que les applications pour smartphone en santé se développent rapidement, notamment dans le domaine des addictions, avec une potentielle capacité à améliorer la qualité des soins.

    Néanmoins, leur utilisation n’est pas encore généralisée et s’avère mal documentée en Europe, note l’observatoire européen. Elle liste plusieurs défis à surmonter pour les développeurs, les décideurs et les utilisateurs. L’OEDT suggère notamment de mettre en place un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs et un examen minimum du contenu en vue d’une certification.

    Addiction : 67 applications mobiles identifiées par l’OEDT

    L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a repéré au total 67 applications mobiles pour les addictions dans les 3 principaux espace de vente d’applications. La majorité d’entre elles sont en anglais, proviennent des États-Unis et d’Europe, dont 2 développées en France, et sont principalement développées par des associations ou des chercheurs évoluant dans le domaine des addictions.

    Selon l’OEDT, ces applis sont réparties en 3 principaux groupes :

    • celles qui diffusent de l’information sur les drogues et sur leurs effets sur le santé mais aussi celles qui présentent des conseils de réduction des risques ;
    • celles qui mesurent la consommation et les outils d’auto-support ou communautaires conçus pour réduire cette consommation, encourager l’abstinence ou prévenir la récidive ;
    • celles qui visent à améliorer la compétences des professionnels de santé.

    La majeure partie des applications contiennent des informations sur les comportements à risque associés à l’usage de drogues, en général ou de manière ponctuelle. Certaines d’entre elles sont centrées sur une drogue précise, comme le cannabis.

    Un manque de contrôle et de fondement scientifique observés

    L’observatoire européen fait remarquer que la plupart des applis mobiles ne sont soumises à aucun contrôle en terme de qualité et ne reposent pas forcément sur des données scientifiques. Ce manque de consistance peut présenter un risque pour les utilisateurs.

    L’OEDT suggère de mettre en place pour ce genre d’outils numériques :

    • un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs ;
    • un contrôle qualité minimal ;
    • un examen minimum du contenu en vue d’une certification.

    Une actualisation des normes européennes recommandée

    L’organisme indique que les normes européennes en la matière doivent être actualisées pour intégrer la e-santé et les applications mobiles, ajoutant qu’une procédure réglementaire d’évaluation de l’innocuité, de l’efficacité et du caractère éthique de ces outils serait utile avant un usage clinique ou la mise à disposition de ces solutions au grand public.

    L’OEDT propose des applications dédiées à la formation des professionnels

    De plus, selon l’OEDT, il faudrait développer d’autres applications mobiles pour certaines cibles sous-représentées, comme les consommateurs de drogues injectables. L’agence européenne propose aussi que des applications comportent des informations sur l’usage de la naloxone, administrée en cas de surdose d’opioïdes, et que d’autres soient dédiées à la formation des professionnels de santé dans le domaine des addictions.

    L’organisme a par ailleurs rappelé l’importance d’assurer la protection des données privées relatives à ces applications de santé.

  • Étude : le machine learning évite des chirurgies mammaires inutiles (JCO Clinical Cancer informatics)

    Une équipe de chercheurs du Dartmouth College a mis au point une méthode d’apprentissage automatique permettant de prédire le risque d’évolution de l’hyperplasie canalaire atypique vers un cancer. Grâce à cette technique de machine learning (apprentissage automatique), 16 % des femmes porteuses de cette lésion n’ont pas subi de chirurgies inutiles pour la retirer. Les résultats de leur étude* ont été publiés dans le dernier numéro de la revue JCO Clinical Cancer Informatics.

    Le machine learning pour prédire le risque de cancer

    L’hyperplasie canalaire atypique se définit par une hausse du nombre de cellules anormales dans les canaux mammaires. Les femmes qui en sont atteintes présentent un risque majoré de développer un cancer du sein. Ce risque est multiplié par 4 ou 5.

    Actuellement, lorsqu’une hyperplasie canalaire atypique est détectée lors d’une mammographie et identifiée à l’aide d’une biopsie, l’ablation chirurgicale est systématiquement recommandée. Cependant, seulement 20 à 30 % des hyperplasies canalaires atypiques évoluent vers un cancer. Cela signifie que 70 à 80 % des femmes subissent une intervention chirurgicale coûteuse et invasive pour une lésion bénigne.

    6 techniques d’apprentissage automatique évaluées

    Une équipe de chercheurs du Darmouth College, une université privée américaine, a donc mis au point et évalué six méthodes d’apprentissage automatique permettant de prédire la progression de l’hyperplasie canalaire atypique vers le cancer. Un certain nombre de facteurs figurant dans les dossiers médicaux, notamment l’âge, la taille de la lésion, le nombre de biopsies et les antécédents de cancer du sein, ont été associés à l’amélioration de la prédiction du risque.

    L’étude reposait sur une cohorte de 124 femmes âgées de 30 à 83 ans chez qui une hyperplasie canalaire atypique avait été détectée et qui avait subi une exérèse chirurgicale entre 2011 et 2017. Pas moins de 32 variables cliniques permettant de décrire les lésions ont été intégrées.

    Les résultats de leur étude* ont été publiés dans le dernier numéro de la revue JCO Clinical Cancer Informatics.

    Résultats : 16% de chirurgies inutiles évitées

    • Sur les 6 méthodes d’apprentissage automatique testés, c’est l’algorithme « gradient boosting trees » qui s’est révélé le plus précis, suivi de la forêt d’arbres décisionnels.
    • Le modèle d’apprentissage automatique a pu identifier 98 % des cas malins avant l’opération.
    • 16 % des interventions chirurgicales inutiles sur des lésions bénignes auraient pu être évitées, soit une sensibilité de 87 % à une spécificité de 45 %.

    Ces travaux ont également permis de confirmer que l’âge du patient au moment de la biopsie était le facteur prédictif le plus important du statut d’amélioration. La taille de la lésion joue le deuxième rôle prédictif en importance.

    Les résultats doivent cependant être nuancés puisque l’étude n’a porté que sur les lésions mammaires à haut risque d’hyperplasie canalaire atypique. De plus, elle n’est basée que sur les données d’une seule institution académique et une validation externe supplémentaire est nécessaire pour montrer la généralisation des résultats.

    Une médecine personnalisée du cancer du sein

    Les auteurs de ces travaux estiment malgré tout que leur modèle « peut potentiellement aider les patients et les cliniciens à choisir une approche de gestion alternative dans les cas à faible risque. À l’ère de la médecine personnalisée, de tels modèles pourraient être souhaitables pour les patientes qui privilégient une approche décisionnelle partagée avec la possibilité de choisir entre une excision chirurgicale par certitude et une surveillance pour éviter les coûts, le stress et les effets secondaires potentiels chez les femmes à faible risque », commentent-ils.

    En utilisant le même modèle, si la sensibilité de la cible est réduite de 98 % à 87 %, ce sont alors 45 % des lésions qui pourraient être seulement surveillées.

    À l’avenir, les chercheurs vont utiliser leur technique de machine learning pour d’autres lésions mammaires à haut risque, telles que la néoplasie lobulaire, les papillomes et les cicatrices radiales.

  • Appel à candidatures pour la 2ème promotion du Prevent2Care Lab (Ramsay) jusqu’au 29/03/2019

    La Fondation Ramsay générale de santé et ses partenaires le Fonds de dotation Pfizer Innovation France ainsi que l’accélérateur de la nouvelle économie INCO, ont lancé le 12 février 2019 un appel à candidatures pour la 2ème promotion du Prevent2Care Lab, un programme d’incubation de start-ups spécialisées dans la prévention santé, quels que soient leur degré de maturité et leur niveau de développement.

    Pour cette nouvelle édition, les responsables du programme recherche 25 start-ups, contre 13 en 2018, à Paris (15) et à Marseille (10).

    Les candidats peuvent déposer leur dossier jusqu’au 29 mars 2019 sur Prevent2carelab.co.

    le Prevent2Care Lab a été créé en 2018 dans l’optique de soutenir le développement de solutions innovantes dans le domaine de la prévention santé. Pendant 9 mois, les lauréats bénéficient d’un accompagnement stratégique et d’un espace de travail à Paris et à Marseille au sein d’un lieu dédié, l’Incoplex.

    Critères de sélection

    Les 25 start-ups lauréates seront sélectionnées pour :

    • le caractère innovant de leurs produits ou services ;
    • la viabilité de leur business model ;
    • leur potentiel de développement ;
    • leur capacité à répondre à un besoin clairement identifié, en lien avec l’un des trois types de prévention :
      • la prévention primaire, destinée à prévenir l’apparition d’un problème de santé en informant sur les comportements à adopter et en incitant au passage à l’acte ;
      • la prévention secondaire, dont l’objectif est de diagnostiquer et d’agir à un stade précoce de l’évolution d’une pathologie afin de faire disparaître les facteurs de risque et de s’opposer à son évolution ;
      • la prévention tertiaire, destinée à éviter les potentielles rechutes chez des personnes qui ont déjà été malades.

    Programme proposé aux lauréats

    • accompagnement sur mesure avec entre autres :
      • un suivi stratégique individuel ;
      • du mentorat, notamment par des experts du groupe Ramsay Générale de Santé et du groupe Pfizer ;
      • des formations personnalisées avec des experts.
    • mise en relation avec de potentiels investisseurs et partenaires et accès au réseau d’INCO, composé de 500 start-ups green et sociales réparties dans 20 pays.
  • Agnès Buzyn présente son projet de loi santé en conseil des ministres : 4 mesures clés en e-santé

    La mise en place d’un espace numérique de santé personnel pour chaque usager et la généralisation de la prescription numérique font partie des mesures proposées par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, dans son projet de loi santé, qu’elle a présenté en conseil des ministres le 13 février 2019.

    Le texte émet 4 propositions principales dans le domaine de la e-santé :
    • constitution d’un espace numérique de santé personnel pour tous les citoyens qui le souhaite ;
    • substitution du Health Data Hub à l’actuel Institut national des données de santé (INDS) ;
    • généralisation de la prescription électronique ;
    • développement des actes de télésoin.

    De manière plus générale, la ministre met en avant les réformes clés suivantes :
    • suppression du numerus clausus ;
    • recertification des médecins ;
    • labellisation de 500 à 600 « hôpitaux de proximité » ;
    • déploiement de 1 000 CPTS ;
    • création d’un statut unique de praticien hospitalier et extension du dispositif de médecin adjoint ;
    • recrutement facilité de professionnels de santé étrangers.

    Le projet de loi accélère le déploiement des outils et ressources numériques

    Un premier volet de cette stratégie nationale de santé a été traduit dans les textes dès la loi du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019, indique le compte rendu du Conseil des ministres du 13 février 2019.

    Le projet de loi met notamment l’accent sur la e-santé. Plus précisément, il « accélère (…) le déploiement des outils et ressources numériques pour soutenir l’innovation, accompagner les professionnels comme les usagers, et atteindre les objectifs d’accessibilité et de qualité des soins », est-il souligné.

    « La mise en œuvre de la totalité des mesures de la stratégie Ma santé 2022 s’échelonnera sur la durée du quinquennat, note le compte rendu. Les travaux de concertations avec les élus, les représentants des professionnels de santé et les usagers se poursuivront autour des textes réglementaires et des mesures du projet de loi faisant l’objet d’habilitations à légiférer par voie d’ordonnances. »

    4 mesures dédiées à la e-santé

    Un espace numérique de santé personnel pour chaque usager

    Chaque usager sera doté d’un espace numérique de santé, accessible en ligne, gratuit et opérationnel d’ici au 1er janvier 2022.

    La mise en œuvre de cet espace l a pour objectif de « promouvoir le rôle des usagers en tant qu’acteurs de leur prise en charge tout au long de leur vie », précise l’avant-projet de loi.

    Il s’agira d’un « domaine sécurisé » conçu à destination des citoyens pour qu’ils puissent y gérer leurs données de santé et « participer à la construction de leurs parcours de santé en interaction avec les professionnels, les structures et les institutions de santé », et ce afin de favoriser « la prévention, la coordination, la qualité et la continuité des soins ».

    Substitution du Health Data Hub à l’actuel Institut national des données de santé (INDS)

    Concrètement, il est prévu de transformer l’INDS en une « plateforme des données de santé », dont les missions seraient étendues : ce changement traduit la mise en œuvre du Health Data Hub.

    Généralisation de la prescription électronique

    Le projet de loi habilite le gouvernement à prendre une ordonnance dans l’optique de généraliser par étapes la prescription électronique.

    L’intérêt d’une telle mesure selon le ministère est « d’améliorer la qualité des prescriptions, en diminuant notamment les incompatibilités et interactions médicamenteuses, tout en représentant un gain de temps et de coordination pour les professionnels de santé ».

    Développement du télésoin

    Les conditions de prise en charge du télésoin seront précisées par décret et prendront en considération les « déficiences de l’offre de soins dues à l’insularité et l’enclavement géographique ».

    Ces actes devront être réalisés par vidéotransmission. Les tarifs seront définis selon les conventions de chaque profession.

    Le télésoin est une pratique de soins à distance entre un patient et un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaire médicaux effectuée en complément de la télémédecine, qui est elle réservée aux praticiens. Il peut concerner, par exemple, « les séances d’orthophonie et d’orthoptie à distance ».

    Autres mesures clés du projet de loi

    Suppression du numerus clausus

    Le numerus clausus et le concours limitant le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique seront supprimés à la rentrée 2020.

    Les effectifs d’étudiants en deuxième ou troisième années seront fixés par les universités, en lien avec les agences régionales de santé (ARS), selon leurs capacités et les besoins du territoire.

    Cette réforme des études de santé a pour objectif d’« augmenter de 20 % à peu près le nombre de médecins formés », a indiqué le 12 février Agnès Buzyn (source : France Inter). Le texte propose aussi de diversifier leur profil par le biais de passerelles entre les cursus et des critères de sélection qui seront à préciser par décret.

    Le projet de loi suggère également la mise en place de nouveaux examens en substitut des « épreuves classantes » à passer en fin de sixième année de médecine.

    Recertification des médecins

    Par ailleurs, les conditions d’une « recertification » régulière des médecins en exercice, qui permet de maintenir leurs compétences et leur niveau de connaissances, seront définies par des ordonnances.

    Les premiers objectifs seront de déterminer :

    • les « professionnels concernés » par cette procédure de certification ;
    • les conditions de sa mise œuvre et de son contrôle ;
    • « les conséquences de la méconnaissance de cette procédure ou de l’échec à celle-ci » et les voies de recours ouvertes.

    Labellisation de 500 à 600 « hôpitaux de proximité »

    La ministre des Solidarités et de la Santé recommande une revisite de la carte hospitalière par ordonnances :

    • en labellisant entre 500 et 600 « hôpitaux de proximité », recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, mais sans services de chirurgie ni de maternité ;
    • en modifiant les règles d’autorisation des activités de soins (chirurgie, maternité, urgences…) et des équipements.

    Déploiement de 1 000 CPTS

    Le gouvernement a promis le déploiement et le financement de 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) d’ici à 2022 pour encourager la collaboration entre les professionnels de santé libéraux, avec entre autres la proposition de prendre en charge des consultations sans rendez-vous afin de désengorger les hôpitaux.

    Des négociations sont en cours entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux.

    Création d’un statut unique de praticien hospitalier et extension du dispositif de médecin adjoint

    En ce qui concerne les établissements de santé, Agnès Buzyn recommande la création par ordonnance d’un statut unique de praticien hospitalier, avec suppression du concours lié, afin de rendre l’exercice mixte plus facile.

    Du côté de la médecine libérale, le dispositif de médecin adjoint sera étendu aux zones sous-denses. Ce dernier permet à un interne d’assister un médecin en cas d’afflux saisonnier dans les zones touristiques.

    Recrutement facilité de professionnels de santé étrangers

    La situation de certains médecins, pharmaciens, dentistes et sages-femmes diplômés en dehors de l’Union européenne (Padhue) pourra être régularisée d’ici à la fin 2021, après une étude de leur dossier, prévoit le texte présenté par la ministre.

    Les Padhue auront ainsi accès au contrat d’engagement de service public (CESP), dont ils étaient exclus jusqu’alors.

    Les « modalités de recrutement » des Padhue qui « exerceront à l’avenir en France » seront rénovées, est-il précisé.

  • Des capteurs couplés à l’IA pour un suivi à domicile précis des seniors (Dr Varichon, Soins & Santé)

    Bien vieillir chez soi, s’y sentir sécurisé, bien accompagné et suivi de manière optimale sur le plan médical répond aux attentes de la plupart des seniors vivant à leur domicile, seuls ou accompagnés. C’est à ce souhait légitime que veut répondre le dispositif proposé par l’association Soins et Santé, un système composé de capteurs intelligents couplés à une intelligence artificielle capable d’analyser de manière précise le mode de vie de l’utilisateur. Il permet, en détectant des signaux faibles, de retarder l’institutionnalisation et de répondre ainsi aux attentes des personnes, tout en générant des économies pour les collectivités, explique à Health & Tech Intelligence le Dr Jean-Paul Varichon, président de Soins et Santé.

    L’association, fondée en 1971, assure la prise en charge à domicile de patients chroniques ou de personnes fragiles, en mobilisant l’ensemble de ses savoir-faire (HAD, SSIAD, équipe mobile de soins de support, garde itinérante de nuit, aide à domicile, prestataire de soins à domicile). C’est sa connaissance des situations rencontrées et vécues, tant par les personnes prises en charge que par les aidants, qui a permis à Soins et Santé de proposer une solution qui accompagne et sécurise les personnes âgées.

    Par le biais de cet équipement, il est possible :
    • de détecter des signaux précoces, annonciateurs de fragilités et de pertes d’autonomie ;
    • d’organiser l’analyse et l’intervention des professionnels de la plateforme Soins et Santé ;
    • d’intervenir au domicile si besoin est ;
    • de mettre en place des actions préventives.

    La démarche

    Des capteurs intelligents et interconnectés pour analyser le mode de vie de la personne

    Soins et Santé équipe le domicile de la personne avec des capteurs intelligents et interconnectés qui analysent son mode de vie. L’installation est clé en mains, mais des capteurs peuvent être ajoutés en fonction des besoins et des pathologies de la personne.

    Un recueil de signaux au jour le jour pour détecter en amont des difficultés encore peu développées

    Après une phase d’apprentissage de 15 jours, durant laquelle les capteurs construisent une base de données personnalisée, les équipes fixent avec la personne accompagnée des seuils d’alerte dans le suivi de ces données, seuils qui pourront déclencher l’intervention des personnels de la plateforme. Ainsi, c’est un ensemble de signaux faibles, souvent invisibles à l’instant, qui seront recensés au quotidien et permettront un diagnostic très en amont de difficultés qui n’ont pas encore revêtu un caractère aigu.

    En effet, ces capteurs, couplés à l’intelligence artificielle du logiciel, permettent de recueillir une information fine et personnalisée. Le machine learning (apprentissage automatique) du système analyse jour après jour un plus grand nombre d’événements et permet d’améliorer la prédictibilité.

    Une adaptation du domicile ou un réévaluation de la prise en charge proposées en cas d’alerte

    En cas d’alerte, les professionnels de soins et santé, paramédicaux, médicaux et socio-éducatifs (ergothérapeutes, diététiciens, psychologues, infirmières coordinatrices, assistantes sociales etc.) analysent les données reçues, ce qui aboutit soit à un contact téléphonique, soit à une visite sur place pour mieux anticiper une perte d’autonomie. Une adaptation du domicile et/ou une réévaluation de la prise en charge pourront être proposées.

    Pour la personne suivie, cette évaluation et cette adaptation précoce de son cadre de vie en cas de détérioration de son état permettent avant tout d’éviter toute rupture de parcours. Le projet aide également les aidants.

    Pour une sécurité maximale, ce système est toujours couplé avec l’appel d’urgence en cas de chute, d’errance, de non-lever, de réveil tardif, de sortie sans retour ou de sollicitation directe.

    Un pilote/une réussite

    Un test de 18 mois dans une résidence à Lyon

    Pendant 18 mois, les 14 appartements senior de la résidence Les Gentianes à Lyon ont été équipés de cette solution.

    Le maître de maison a été formé à l’analyse et au traitement des alertes de prévention. Cela a permis une meilleure prise en charge des résidents en évitant plusieurs hospitalisations (infections urinaires, perte de mobilité, troubles du sommeil, isolement…), ce qui a amélioré le colloque singulier entre le maître de maison et les résidents, sa prise en charge multidisciplinaire. Enfin, cela a permis d’ouvrir un champ d’informations et de discussion avec les familles et les aidants.

    Une validation du projet par 3 comités d’éthique

    Ce mode de détection d‘alerte respecte la vie privée des personnes puisqu’il ne s’exprime que lorsqu’une alerte est déclenchée. Non intrusif, les proches et aidants ne seront prévenus qu’en cas d’alerte et s’ils sont autorisés par la personne. 3 comités d’éthique ont validé le projet.

    Le succès est au rendez-vous : les personnes suivies, les aidants, les familles ont totalement adopté la solution.

    Les perspectives

    L’objectif est d’élargir la base de personnes bénéficiant de ce service, soit en adressant directement les personnes à leur domicile, soit en équipant des réseaux de maisons de seniors ou Ehpad. Plusieurs pistes sont en cours d’étude ou de discussion.

    Le modèle financier

    Un modèle par abonnement

    • Pour une personne suivie à son domicile : 120 euros par mois, dont 30 euros à la charge de la personne (sachant que la Carsat peut selon le niveau des ressources prendre jusqu’à 30 euros à sa charge, et que cette prestation est éligible au crédit d’impôt à hauteur de 60 euros)
    • Une offre existe pour les maisons de seniors, qui sont actuellement en demande de cette solution.
    • L’équilibre financier est atteint avec 350 abonnés.
  • Future of Digital Health Systems (OMS) : le système danois dévoile sa feuille de route numérique

    Le système de santé public danois a retenu l’attention de Health & Tech Intelligence à l’occasion du colloque international Future of Digital Health Systems, au cours duquel 50 pays se sont retrouvés du 6 au 8 février 2019 à Copenhague pour échanger sur la santé numérique. Basé sur une couverture universelle, un accès gratuit et égal pour tous et un haut degré de décentralisation, le système danois a fait le choix depuis de nombreuses années du numérique comme levier de sa politique de santé. À l’occasion du congrès, Ellen Trane Nørby, ministre de la santé danoise, et son équipe ont présenté leur nouvelle feuille de route numérique 2018-2022.

    Organisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le symposium Future of Digital Health Systems a pour objectif d’aider les pays européens à se saisir des opportunités apportées par la santé digitale et à accélérer la transformation de leur système de santé. Structurés en 4 axes, il se présente comme une plateforme d’échanges visant à mettre en relation des acteurs de la transformation des systèmes de santé et à partager des expériences afin de favoriser le développement de la phase opérationnelle de la santé numérique.

    Les 4 axes :
    • la prochaine génération des systèmes de santé numériques ;
    • les succès nationaux en santé numérique ;
    • gouvernance et leadership pour le futur de la santé numérique ;
    • travailler ensemble pour créer les services de santé du futur.

    Danemark : un système de santé selon 3 niveaux

    • niveau national : détermine les politiques de santé, assure les éléments législatifs, définit les principes/modèles économiques, développe des guidelines, assure les contrôles et travaille la planification générale avec le système de santé ;
    • niveau régional avec 5 régions : assure le bon fonctionnement des hôpitaux, des médecins de familles, des médecins spécialistes (privés ou privés) et les services dentaires pour adultes ;
    • niveau local avec 98 municipalités : en charge des soins aux personnes âgées, prévention et promotion de la santé, retour à domicile et traitement des addictions.

    La nouvelle stratégie 2018-2020 s’appuie sur les principes suivants :

    • le patient comme un partenaire actif ;
    • l’information au bon moment ;
    • la prévention ;
    • des données de confiance et sécurisée ;
    • une trajectoire par étapes.

    Schéma du parcours de soins danois

    L’organisation des soins est fortement organisée autour du médecin de famille, qui assure l’orientation et réalise les prescriptions. Chaque patient doit suivre le parcours dont le médecin de famille est la clé de voûte, à l’exception de l’accès aux services des urgences et aux soins dentaires.

    Un système déjà largement numérique

    • Des dossiers patients sont déployés dans chacun des régions aussi bien dans les hôpitaux, la médecine primaire ou las activités gérées par les municipalités ;
    • tous les compte-rendus et examens de laboratoire sont numériques ;
    • un dossier patient partagé a été mis en place entre les hôpitaux, les médecins de ville, les  municipalités et les pharmacies ;
    • les patients ont tous accès à leur données de santé par l’intermédiaire du portail Subdued.dk sur lequel ils peuvent se connecter grâce à leur numéro d’identité personnel. La plateforme est un projet national dont la gouvernante implique des représentants des régions, des municipalités et de l’administration centrale.

    Le portail Subdued.dk est un outil à la fois pour les professionnels et pour les patients. Il ne collecte pas les données mais est construit sur le principe de pointeurs qui permettent une vue consolidée de l’ensemble des informations numériques produites autour d’un patient.

    Poursuivre la transformation en continuant à miser sur le numérique

    L’objectif du Danemark est de poursuivre la transformation du système de santé national en continuant à s’appuyer sur les services numériques. Cela passe notamment par la restructuration de l’offre de soins avec la fermeture de la moitié de leurs hôpitaux et la réorganisation des hôpitaux restants afin de favoriser des durées de séjour plus courtes et des prises en charge à domicile.

    La gouvernance et la protection des données parmi les préoccupations du gouvernement

    Le Danemark est également très préoccupé par le sujet de la gouvernance et la protection des données. Caractérisé par une approche très pragmatique, il reste très engagé sur la création d’espace de confiance entre l’État et les patients.

  • La start-up Ambler lève 1,5 M€ pour développer sa plateforme de gestion de transport sanitaire

    Ambler, fondé en 2018, recueille 1,5 million d’euros dans le cadre de son premier tour table dans l’optique de s’imposer comme « la référence du transport sanitaire intelligent en France », annonce la start-up dans un communiqué publié le 7 février 2018. La société développe une plateforme de gestion et de réservation de transport sanitaire et médical. Cette levée de fonds a été menée par Idinvest Partners, Partech, Kima Ventures et des business angels.

    L’objectif de la start-up est d’organiser l’offre des sociétés d’ambulances, des véhicules sanitaires légers et des taxis conventionnés pour répondre de manière transparente et optimisée à la demande aussi bien des patients que des établissements de santé qui souhaitent réserver une ambulance ou un taxi agréé, mais également des entreprise de transport cherchant à améliorer la gestion de leur flotte.

    Avec la somme récoltée, Ambler va renforcer son équipe, composée actuellement de 15 collaborateurs, en recrutant des ingénieurs pour développer sa plateforme technologique ainsi qu’une équipe opérationnelle pour développer son réseau sur le terrain.

    « Nous offrons aux établissements une délivrabilité des demandes de transport et une maîtrise totale des coûts »

    « Nous rencontrons en permanence de nouvelles sociétés de transport pour accroître la capacité de notre réseau, générer des économies d’échelle et positionner nos partenaires sur des marchés de plus en plus importants. Nous offrons aux établissements une délivrabilité exceptionnelle des demandes de transport en même temps qu’une maîtrise totale des coûts. Notre approche permet à tous les transporteurs sanitaires, et surtout aux TPE-PME, de tirer leur épingle du jeu dans le contexte actuel de réforme », commente Mehdi Ben Abroug, co-fondateur et P.-D.G. d’Ambler.

    Une offre pour les hôpitaux et les cliniques, les transporteurs sanitaires et les patients

    • Les hôpitaux et les cliniques qui utilisent la plateforme d’Ambler valorisent :
      • le gain de temps pour le personnel soignant ;
      • la fluidité du parcours du patient ;
      • la maîtrise budgétaire.
    • Les transporteurs sanitaires partenaires d’Ambler bénéficient d’un « surplus de chiffre d’affaires grâce à un carnet de commandes boosté, déclare Ambler dans son communiqué. Les algorithmes d’affectation des commandes améliorent par ailleurs le taux d’utilisation des flottes, aujourd’hui de seulement 45 % en moyenne. »
    • Les particuliers peuvent réserver leurs transports sanitaires en quelques clics, sans frais, et de manière sécurisée en ce qui concerne le traitement des données de santé.