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  • La santé est « à la veille d’une vague d’innovations de rupture » (F. Bourse, Futuribles – conf. Leem)

    « Tout va bouger car nous sommes à la veille d’une vague d’innovations de rupture », annonce François Bourse, directeur d’études à Futuribles, centre de réflexion et d’études prospectives. Seraient notamment à prévoir la « montée en puissance de la médecine de précision » et un « bouleversement du parcours de soins », qui verra le foyer du patient devenir « le principal lieu de soins », ajoute-t-il, intervenant à l’occasion de la conférence « Comment anticiper le futur de l’innovation pour être bien soigné en 2030 ? », à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    L’événement était organisé le 14 mars 2019 à Paris par Le Leem, qui a présenté son rapport « Santé 2030 », une analyse réalisée avec Futuribles dans l’optique de « relever les défis de la santé de demain ».

    Le big data, « un enjeu extrêmement important »

    « Le big data devient un enjeu extrêmement important » de connaissance du comportement d’un médicament en conditions réelles d’utilisation, explique Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, citant le Health data hub, un des volets du projet de loi santé. La France possède les plus grandes bases de données du monde dans ce domaine, souligne-t-il : elle a un potentiel extrêmement important pour devenir une plateforme d’excellence européenne voire mondiale en matière de pharmaco-épidémiologie, estime-t-il.

    Une Académie de l’IA est en train d’être imaginée par le Leem, le Snitem et le Syntec numérique

    Philippe Lamoureux regrette de voir que lorsque l’industrie pharmaceutique cherche à développer ses possibilités en intelligence artificielle (IA), elle a tendance à aller chercher des compétences ailleurs : il y a pour lui un vrai enjeu dans la capacité à développer un vivier de spécialistes en IA appliquée à la santé. D’où l’idée d’une Académie de l’intelligence artificielle, lancée par le président du Leem, Philippe Tcheng : le projet fait l’objet d’un travail mené conjointement avec le Snitem et le Syntec numérique.

    « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire » (F. Collet, Novartis)

    Frédéric Collet, président de Novartis Groupe France, livre pour sa part son point de vue d’industriel. « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire, explique-t-il, sans doute parce qu’on n’en était pas capable :  tous les laboratoires aujourd’hui sont concentrés sur cet enjeu là ». Il souligne la nécessité d’intégrer dès le début la notion d’accès et de population dans le contexte d’une médecine de plus en plus personnalisée, qui place le patient au centre.

    La lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce à l’IA et les traitements ciblés

    Nicolas Girard, oncologue et chef de service à l’Institut Curie, souligne  le rôle des applications qui permettent aujourd’hui de collecter les données directement à partir du patient : celui-ci remplit sur smartphone des formulaires sur ses symptômes, ce qui permet d’avoir un rapport complet à l’entrée à l’hôpital, et modifie complètement l’approche de la consultation.

    Selon Nicolas Girard, la lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce notamment aux outils de l’intelligence artificielle et à la diffusion de traitements ciblés. L’accès aux données de vie réelle bouleverse déjà la discipline : alors qu’accéder aux dossier médicaux de 500 à 1000 malades prenait 6 mois à un an, il aujourd’hui suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir tout de suite les données de 600 malades.

    « Nous allons vers une transition d’une médecine de réaction à une médecine d’anticipation », estime Hervé Chneiweiss, neurologue et président du comité d’éthique de l’Inserm, citant les recherches qui tentent depuis 2015 d’établir un diagnostic précoce des symptômes de la maladie de Parkinson à partir de la façon dont une personne tape au clavier, ou du spectre de sa voix : la machine détecte un tremblement imperceptible par l’humain.

    « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire » (H. Chneiweiss, Inserm)

    Sur une question de l’AFP, cherchant à savoir si les hôpitaux sont prêts à jouer le jeu du Health Data Hub au lieu de le considérer comme une énième source de contrainte, Nicolas Girard souligne que l’exploitation des données nécessite la compétence du médecin, et son implication : il est selon lui nécessaire que des comités s’organisent pour encadrer l’utilisation des données, à la fois en local et pour des projets d’échange.  

    « Les médecins sont prêts, les systèmes hospitaliers pas forcément », estime pour sa part Hervé Chneiweiss, pointant du doigt « une réglementation sur la protection des données personnelles qui s’est accumulée au fil du temps ».

    Les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés

    « De mon bureau a l’Inserm, je ne peux pas accéder à des données patients », témoigne-t-il. « Il me faut aller deux étages plus bas dans le service sur un autre ordinateur ». « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire », conclut-il :  les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés.

    « L’analyse des tumeurs génère des masses de données, il est nécessaire de leur poser les bonnes questions », ajoute-t-il. Il faut, selon lui, également se demander comment utiliser au mieux les données du passé pour générer de nouvelles pratiques.

  • AAP

    Appel à projets

  • ExclusifPlan IA : Bpifrance et la DGE lancent un appel à manifestation d’intérêts Challenges IA-Santé

    Un appel à manifestation d’intérêts (AMI) est ouvert du 14 mars au 17 avril 2019, pour recruter des organisations souhaitant mener des projets sur leurs données en lien avec des start-ups. Piloté par la Direction générale des entreprises (DGE) en lien avec le Secrétariat général pour l’investissement et opéré par Bpifrance, il vise à sélectionner des entreprises, entités publiques et associations basées en France (appelées « sponsors ») chargées de proposer de nouveaux challenges dans des secteurs identifiés comme prioritaires en matière d’intelligence artificielle (IA) : santé, transport-mobilité, environnement et défense-sécurité (désignés sous le terme « Challenges IA »).
    Le Cabinet  Care Insight a été choisi comme accompagnateur des challenges du secteur santé.

    Les challenges ont pour objectif d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires :
    • en permettant à des start-ups de développer leur offre de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • en favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec de start-up expertes en IA ;
    • et en permettant ainsi l’émergence de solutions radicalement nouvelles pour tous les acteurs.

    Les « Challenges IA » sont financés dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA) en cohérence avec le plan « Intelligence Artificielle (IA) » annoncé par le président de la République.

    Les réponses doivent être adressées exclusivement sous forme numérique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance accessible via ce lien, et ce avant le 17 avril 2019 à 12h00, la date et l’heure de réception faisant foi.

    Le processus des challenges IA

    • La phase 1 (réalisée) a permis la sélection des accompagnateurs, au cours de laquelle Care Insight a été sélectionnée pour accompagner le secteur santé.
    • La phase 2, lancée le 14 mars, est un appel à manifestation d’intérêt pour entités souhaitent devenir de futurs sponsors.

    Chaque « Challenge IA » est proposé et porté par un « sponsor », entité publique ou privée, porteuse d’une problématique applicative précise et de jeux de données.

    L’objectif de cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) est de proposer à ces différents acteurs de se manifester et de répondre à l’appel à projets (AAP). Le cahier des charges et le dossier de candidature disponibles sont téléchargeables ci-contre.

    Un processus de sélection, dans lequel Care Insight aura pour mission d’accompagner les candidats sponsors, étudiera les challenges proposés et conduira à une sélection de 1 à 3 « challenges » à la fin mai 2019.

    • Phase 3 : sélection des « lauréats »

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs start-ups lauréates, qui construiront en un délai limité (typiquement de 3 à 12 mois) une preuve de concept (PoC) d’une solution innovante à la problématique posée basée sur l’intelligence artificielle.

    Care Insight, accompagnateur du secteur santé :

    Les accompagnateurs de chaque thématique ont plusieurs missions :

    • apporter un appui opérationnel sur l’organisation et l’expertise des dossiers de soumission des challenges et projets proposés lors de l’AMI « sponsors » et de l’AAP « lauréats ».
    • assurer un accompagnement des sponsors suite à leur sélection lors de l’AMI « sponsors » pour aider chaque sponsor à définir sa stratégie de valorisation de ses données par l’IA, contribuer à la définition du challenge et participer à sa mise en place technique.

    Pour accompagner les challenges, Care Insight mobilise une équipe composée d’experts IA, éthique, juridique et communication.

    Rompue à l’organisation de Challenges et à la conduite de projets complexes en santé numérique, Care Insight mise sur ses métiers historiques et 9 experts datascientists.

    • les diverses expertises de l’équipe autour de la santé numérique : veille, conseil, communication et think tank ;
    • 9 experts en IA santé de profils et compétences différentes :
      • profils experts ou juniors ;
      • avec une expérience du monde public ou privé ;
      • couvrant différents domaines, tels que la computer vision, l’architecture, le réseau, le biomédical, le traitement du signal, les data analytics (analyse des données), la dataviz (visualisation de données), la sécurité et la blockchain ;
    • un référent « éthique en santé » : David Gruson, à l’origine de l’initiative Ethik IA, qui vise au déploiement d’outils de régulation positive de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans le champ sanitaire et médico-social.
  • La plateforme Ortif du GCS Sesan teste la téléconsultation en direct chez le patient

    Le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Sesan (Île-de-France) a entamé fin février 2019 l’expérimentation de la téléconsultation en direct avec le patient par la plateforme Ortif (Outil régional de télémédecine d’Île-de-France). Ce nouvel usage permet au patient de réaliser la consultation directement chez lui, alors que traditionnellement elle n’est possible qu’avec un professionnel de santé : cela lui évite de se déplacer et facilite son suivi, explique le GCS dans un communiqué publié le 11 mars.

    Domitille Riffaud, chef de projet en télémédecine au sein de Sesan, souligne que cette consultation « ne remplace pas un rendez-vous en face à face avec un médecin, qui est une première étape obligatoire dans le parcours de soins des patients ».

    La phase pilote qui a été lancée va durer 3 mois. Elle engage les professionnels de santé participants à réaliser au minimum 10 téléconsultations dans ce délai.
    Le processus implique 14 établissements hospitaliers dont l’AP-HP, l’hôpital Foch et l’Institut hospitalier franco-britannique.
    Les équipes de Sesan accompagneront des référents médicaux, qui feront le lien en interne avec le personnel de chaque établissement.

    La généralisation d’Ortif débutera au cours de l’été 2019

    Domitille Riffaud attend de cette phase pilote « des retours d’expériences significatifs » de la part des professionnels de santé sur « l’ergonomie de cette nouvelle fonctionnalité » et les améliorations à apporter.

    Un taux de conversion « de l’ordre de 98 % » entre la 1ère et la 2ième version

    Le GCS Sesan proposera ensuite ce fonctionnement aux 6 000 utilisateurs d’Ortif, dont la généralisation débutera cet été. Il se félicite de « l’engouement » constaté pour le système, avec un taux de conversion « de l’ordre de 98% » entre la première et la deuxième version d’Ortif ainsi qu’une hausse des téléconsultations, due notamment au remboursement de cet acte par l’Assurance maladie depuis septembre 2018.

    Un réseau d’environ 200 structures sanitaires et médico-sociales

    Le groupement souligne les atouts de la solution, précisant qu’elle mobilise un réseau comptabilisant actuellement quelque 200 structures sanitaires et médico-sociales mais aussi qu’elle présente un modèle économique compétitif et des usages en mobilité avec l’application Ortif’App disponible sur Android et IOS.

  • 300 millions d’euros seront versés aux établissements de santé, annonce Agnès Buzyn

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a décidé de verser 300 millions d’euros aux établissements de santé publics et privés, en dotation complémentaire à l’exercice 2018, annonce le ministère.

    Les dernières données publiées portant sur l’exercice 2018 montrent que les dépenses d’assurance maladie ont moins progressé que l’objectif voté, en raison essentiellement d’une évolution de l’activité hospitalière plus faible que prévue.

    « Aussi la ministre a-t-elle décidé de verser ces fonds pour soutenir les établissements et contribuer ainsi à réduire leur déficit« , indique le ministère dans un communiqué publié le 13 mars 2019, précisant que la somme annoncée vient s’ajouter au dégel de 415 millions d’euros de décembre 2018 (dégel intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice pour garantir le respect de l’Ondam).

    Dans le détail :

    • 235 millions seront répartis entre les établissements ayant une activité de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) « pour tenir compte de la progression modérée de leur activité en 2018 » : le reversement de ces crédits a pour objectif de réduire « sensiblement » le déficit des établissements de santé ;
    • 65 millions d’euros seront reversés en complément de manière ciblée pour soutenir les établissements de santé en difficulté et accélérer le financement de mesures prioritaires, telle que la généralisation de VigilanS, un dispositif de soin innovant destiné à la prévention de la récidive suicidaire.
  • OnMed (USA) présente une station de télémédecine installable dans tous les lieux publics

    La société américaine OnMed annonce le lancement officiel, après 6 ans de développement, de sa station de télémédecine qui permet aux patients de consulter un médecin et de se faire délivrer des médicaments. Une station OnMed peut être installée presque n’importe où, délivrant des soins aux patients par vidéo sur leur lieu de travail ou dans des lieux publics.

    Présenté le 12 mars 2019, le dispositif permet aux salariés surchargés d’avoir accès à une consultation virtuelle en temps réel avec un médecin et de n’y consacrer qu’un quart d’heure. Une station OnMed peut notamment :
    • contrôler taille, poids et IMC ;
    • prendre la température du patient par imagerie thermique, pour diagnostiquer une infection par exemple ;
    • contrôler la pression artérielle, le souffle et le taux d’oxygène dans le sang ;
    mais aussi :
    • transmettre les résultats au médecin traitant ;
    • délivrer des ordonnances papier ou électroniques aux pharmacies.

    La première station Onmed devrait être installée en avril dans l’État du Mississippi. La société prévoit de déployer ses stations progressivement au cours de l’année dans les hôpitaux mais aussi dans les universités, les aéroports, les hôtels et au sein de grandes entreprises.

    Délivrer des soins immédiats pour des besoins non urgents

    Objectif recherché : désengorger les urgences

    OnMed souligne que 70 % des visites aux urgences enregistrées aux États-Unis ne seraient pas nécessaires, étant le fait de patients souffrant de pathologies basiques, avec pour conséquence des milliards de dollars de gaspillage et des milliers d’heures perdues en temps d’attente.

    Avec une station OnMed, il est possible de délivrer des soins immédiats pour des besoins non urgents, en contournant totalement les urgences, explique l’entreprise américaine. Le dispositif permet aussi aux médecins de prescrire et de distribuer plusieurs centaines de médicaments courants, évitant ainsi aux patients de se rendre en pharmacie.

    Une consultation moins chère qu’une visite en clinique sans rendez-vous

    Selon le lieu d’installation de la station, une visite type pourrait coûter entre 65 et 75 dollars US (entre 58 et 66 €), soit moins de la moitié du prix d’une visite dans une clinique américaine sans rendez-vous.

    Les employeurs qui hébergent une station pourraient permettre à leurs employés de s’y rendre gratuitement, et les universités choisir d’intégrer le coût des visites aux frais de scolarité, note Onmed. De plus, si le patient dispose d’une assurance, la prise en charge pourrait être appliquée. Tous les médicaments délivrés sur place seraient par ailleurs facturés séparément.

    Les données des patients transférées sur un serveur cloud sécurisé

    L’entreprise relève également que sa station est conforme à la norme HIPAA, qui impose à tous les acteurs du secteur de la santé aux États-Unis de protéger les données des patients. Les dossiers ne sont pas stockés dans la station et toutes les informations recueillies sont transférées sur un serveur cloud sécurisé.

    Présentation de la station Onmed :

  • « Le monde économique doit être un des acteurs territoriaux » ( J-J. Coiplet, DG ARS Pays de la Loire)

    « L’intelligence artificielle, la robotique, la domotique… seront des moyens complémentaires apportés à l’offre de soins », estime Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’agence régionale de santé des Pays de la Loire, intervenu le 13 mars 2019 à l’occasion d’un Café Nile portant sur la déclinaison de la réforme Ma Santé 2022 en région.

    Interrogé sur sa vision de l’hôpital en 2042, le responsable de l’ARS imagine des établissements où les nouvelles technologies auront une place importante (des robots réaliseront les chirurgies, l’accueil sera assuré par un algorithme qui aura établi un projet de santé pour le patient, des services d’hôtellerie seront systématiquement proposés, etc.). Il souligne que sa volonté la plus forte soit que « l’humain » soit au centre de ce système. « Je veux avant tout que l’on m’appelle Jean-Jacques, et non « une personne âgée ». Je souhaite que la dimension humaine soit au cœur des préoccupations« .

    Au cours de son intervention, le directeur général de l’ARS a par ailleurs souligné que, selon lui, le monde économique devait être « un des acteurs territoriaux, pour autant que le cadre de coopération soit clair ». À l’ARS Pays de la Loire, « nous faisons signer [aux partenaires économiques] une charte qui précise la mission, les objectifs, les moyens, etc. Certains estiment qu’il y a un problème éthique dans le fait de travailler avec des laboratoires par exemple. J’essaie de les convaincre du contraire. »
    Jean-Jacque Coiplet rappelle pour étayer son propos que l’ARS finance par exemple des start-ups dans le cadre d’un appel à projet (200 000 euros) lancé en 2018 et centré notamment sur les solutions de robotique et les systèmes d’information visant à aider les personnes résidant en Ehpad.

    28 zones, un seul animateur territorial généraliste : « une petite révolution »

    Jean-Jacques Coiplet précise que l’ARS des Pays de la Loire place le projet d’animation territoriale au centre de son organisation. Il est prévu de découper les 5 départements de la région en 28 zones (EPCI, MAIA, Métropoles…), avec une seule personne pour porter l’ensemble des missions : un animateur territorial généraliste, présenté comme « un métier à part entière tout a fait complémentaire avec les expertises techniques que possède l’ARS ».

    Il s’agit pour le directeur général de l’ARS d’une « petite révolution » parce qu’il existait jusqu’ici une multitude de spécialistes (Ehpad, soins de premiers recours, etc.).

    Une douzaine de CPTS bientôt mises en oeuvre dans les Pays de la Loire

    Jean-Jacques Coiplet indique qu’une « petite douzaine de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) sont prêtes à être mises en œuvre dans les semaines à venir ».

    Il explique qu’il existe actuellement 2 postures :

    • Certains acteurs estiment que les CPTS sont l’affaire des libéraux avant tout : « ils ont décidé qu’ils allaient créer entre eux et, peut-être, qu’ils associeront les acteurs publics à leur projet ».
    • D’autres, au contraire, associent dès le départ directeurs d’hôpitaux, Ehpads, etc. « C’est ce que l’on encourage ! », signale le directeur général de l’ARS.

    Autres éléments clés de l’intervention de Jean-Jacques Coiplet

    • « Nous sommes en anticipation et en accompagnement de la dynamique territoriale de Ma Santé 2022 », déclare Jean-Jacques Coiplet. Il insiste sur les enjeux liés aux territoires, indiquant que la mutualisation des synergies est importante entre les acteurs du territoire. Le responsable estime qu’il faut « penser global » mais « agir local » : « Plus nous serons dans la capacité à considérer que l’action de l’État peut aussi être réalisée en proximité, mieux nous nous porterons. »
    • liberté d’installation des médecins : « C’est un sujet complexe. Il faut du temps pour montrer l’effet bénéfique de l’exercice coordonné, or les citoyens et les élus peuvent exiger une réponse rapide au problème de désertification sur les territoires. » Le problème de l’attractivité doit, selon le directeur général de l’ARS, être anticipé dès la formation des nouvelles génération de médecins
    • le rôle de l’ARS pour éviter l’hospitalo-centrisme : « Le GHT comme la CPTS ne constituent pas le projet territorial de santé, ils contribuent à la réponse aux besoins. »
    • Pédagogie envers les citoyens : « Nous devons partager l’information et rendre compte des résultats. Il faut valoriser les indices de satisfaction, la pertinence et qualité des actes. »

    Le contrat : « un outil extrêmement puissant « 

    « Il existe un outil extrêmement puissant : le contrat, insiste Jean-Jaques Coiplet. Si on essaie d’être dans un vrai contrat, L’ARS peut être dans une posture ferme sur les objectifs et les résultats mais garder de la souplesse sur les moyens à mettre en œuvre ». Il précise que la dimension de contrat doit à ses yeux être la plus large possible.

    Dépenses de santé dans les Pays de la Loire : 10,5 Mds €

    • Constat : l’ensemble des dépenses de santé dans les Pays de la Loire représente un coût de 10,5 milliards d’euros. Le FIR dans la Région est de 200 millions d’euros. « On constate que le pourcentage est réduit, alors que l’on pourrait faciliter le lien entre ville et hôpital avec davantage de financement », commente le directeur général de l’ARS.
    • « Pour un financement pérenne, il faudrait une synergie des acteurs, estime-t-il, soit un mélange entre les contributions des professionnels de santé eux-même, un accompagnement de l’ARS, la participation des collectivités locales et le droit commun. »
    • Financement de l’exercice coordonné : « Si le médecin est au cœur du dispositif, il n’est pas le seul. Nous devons favoriser d’abord le projet puis les murs. »
  • Pilotage du numérique en santé : les stratégies des îles britanniques

    Début 2019, le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni annonçait que la télésanté ferait partie des priorités de son nouveau plan quinquennal. Doté d’un budget renforcé, il a lancé un plan ambitieux pour donner aux citoyens et aux opérateurs de santé du pays un meilleur accès aux ressources de santé mobile et de télésanté d’ici 2022-2023. Avec un budget de « plusieurs milliards de livres » selon Matthew Hancock, le ministre de la Santé britannique, le plan vise à faire des soins digitaux une norme d’ici 2022-2023 pour sauver 500 000 vies par ce biais.

    Dans un contexte marqué par le Brexit et la possibilité d’un « no deal » (la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue le 29 mars 2019), Health & Tech Intelligence fait le point sur les feuilles de route des stratégies de e-santé de l’Angleterre, de l’Écosse, du Pays de Galles, de l’Irlande du Nord mais aussi de la République d’Irlande.

  • Therapixel lève 5 millions d’euros pour prévenir le cancer du sein par l’IA

    La start-up française Therapixel a levé 5 millions d’euros dans le cadre d’un tour de table de série A réalisé auprès d’Omnes et de M Capital Partners afin de financer le déploiement de son système d’intelligence artificielle (IA) capable d’affiner le diagnostic des cancers du sein.

    Le rôle de l’outil est d’ »aider la première lecture », selon les mots du nouveau P.D-G. et cofondateur Pierre Fillard, soit d’assister le radiologue sans le remplacer. La solution permettra cependant, dans un contexte de pénurie de praticiens spécialistes, de traiter plus d’images avec le même nombre de personnes.

    En mai 2017, Therapixel a remporté le premier prix du Digital Mammography Dream Challenge, un concours international de détection des tumeurs sur des mammographies, organisé par une dizaine d’organisations américaines, rappelle la société dans un communiqué publié le 13 mars 2019. La société avait présenté une version plus ancienne de son algorithme. Ce dernier permettait notamment d’améliorer de 5 % le nombre de faux positifs et donc de biopsies inutiles, par rapport aux autres systèmes.

    Depuis le challenge, Therapixel a peaufiné son algorithme afin de le rendre plus performant, indique la start-u.

    À noter que Olivier Clatz, jusqu’alors P.-D.G. de Therapixel, a récemment quitté la société. Le 1er mars 2019, il a été nommé directeur du grand défi lancé par le gouvernement sur le thème « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? », un appel à projets bénéficiant des financements du fonds pour l’innovation de rupture.

  • Le moteur de recherche Santé.fr lancé en Centre-Val de Loire, 7e région à disposer du service

    Le site web et l’application mobile Santé.fr sont désormais disponibles pour les habitants du Centre-Val de Loire, annonce l’Agence régionale de santé (ARS). Le service, prévu dans le cadre du service public d’information en santé créé par la loi du 26 janvier 2016, couvre également à ce jour la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, l’Île-de-France, les Pays de la Loire, la Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et la Guadeloupe. Il sera progressivement déployé sur l’ensemble du territoire national d’ici la fin du 1er semestre 2019.

    Ce moteur de recherche, proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé, les agences et les autorités publiques, a pour but de guider les usagers vers de bonnes décisions en matière de santé, que ce soit pour eux ou pour leurs proches, en « [simplifiant] pour la population l’accès aux informations fiables et pertinentes en santé dont ils ont besoin sur leur territoire », commente l’ARS Centre-Val de Loire dans un communiqué publié le 26 février 2019.

    Par le biais de Santé.fr, les utilisateurs peuvent notamment consulter un annuaire des professionnels de santé, des établissements et des structures de soins de leur région, et créer un compte personnel pour recevoir des notifications géolocalisées sur des sujets de santé, portant par exemple sur les pharmacies de garde à proximité ou des événements sanitaires.

    Santé.fr propose :

    • divers contenus indexés, agrégés des sites web des acteurs public de santé, comme l’Assurance maladie, l’Institut national du cancer et l’Inserm (prévention, informations sur les maladies et les traitements, etc.), mais aussi par des partenaires à but non-lucratif labellisés (associations, sociétés savantes, universités, etc…) ;
    • un accès à un compte personnel sur lequel il est possible de paramétrer les informations ;
    • un assistant personnel : envoi de notifications et d’alertes territorialisées (informations géolocalisées sur la pollution, les événements sanitaires, les pharmacies de garde à proximité, etc.) ;
    • un annuaire des professionnels de santé, des établissements sanitaires et médico-sociaux et leurs spécialités, des laboratoires d’analyses médicales, des pharmacies, etc.
    • un espace Lab accueillant les idées, les propositions et les évaluations des usagers, qui deviennent ainsi acteurs de la démarche. Le moteur de recherche est évolutif, c’est-à-dire qu’il gagne en pertinence au fil des usages et des propositions émises au sein du Lab Santé.fr. « Chaque personne peut contribuer à sa construction », note l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (communiqué).

    Dans sa version régionale, Santé.fr « représente un véritable outil de réduction des inégalités car il offre une meilleure orientation dans le système de santé », commente-t-elle par ailleurs.

    Présentation du service

    © Ministère des Solidarités et de la Santé