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  • Étude : moins de risque de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon grâce à l’IA (Thorax)

    Faire le tri entre les nodules bénins et ceux qui sont malins est l’une des applications de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. Cette technique permet de diminuer considérablement le taux de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon par scanner à faible dose. Selon une étude* publiée le 13 mars 2019 dans la revue Thorax réalisée par des chercheurs de l’University of Pittsburgh Medical Center, l’IA a permis d’éviter des biopsies à 30 % de personnes porteuses de nodules bénins.

    Cancer du poumon : un dépistage très perfectible

    Le cancer du poumon est le cancer qui fait le plus de victimes dans le monde. Pour réduire le fardeau qu’il représente, le principal levier est la réduction du tabagisme. Mais il est aussi urgent d’améliorer le dépistage. D’évolution rapide, le cancer du poumon est souvent diagnostiqué tardivement. Et le débat sur la meilleure méthode de dépistage dure depuis des années. Alors que les États-Unis ont adopté le scanner à faible dose, la France continue de préconiser le recours à la radio des poumons. En effet, en 2016, la Haute autorité de santé (HAS) a considéré que le scanner à faible dose conduisait à trop de faux positifs. Autrement dit, des nodules bénins étaient classés à tort comme malins.

    Trier les nodules grâce à l’apprentissage automatique

    Le dépistage du cancer du poumon via le scanner à faible dose entraîne en effet pas moins de 96 % de faux positifs.

    Des chercheurs de l’université de Pittsburgh, l’UPMC, (Pennsylvanie, USA) ont donc développé une méthode d’apprentissage automatique pour diminuer ce taux de faux positifs sans laisser passer d’authentiques cas de cancer.

    Les enjeux sont multiples : « Un test positif crée de l’anxiété, augmente le coût des soins et les tests de suivi ne sont pas sans risque, a déclaré Panayiotis (Takis) Benos, co-auteur de l’étude. Pour 96 % des personnes qui ont des nodules bénins, ces procédures sont inutiles. Nous essayons donc d’exploiter les données pour déterminer lesquels sont bénins et lesquels sont malins. »

    C’est la première fois que l’intelligence artificielle (IA) est appliquée à la question du tri des nodules bénins des cancers dans le dépistage du cancer du poumon.

    L’équipe de chercheurs a rassemblé des données de tomodensitométrie à faible dose auprès de 218 patients à risque élevé, chez lesquels un cancer du poumon ou des nodules bénins ont été ultérieurement confirmés. Ils ont ensuite introduit les données dans un algorithme d’apprentissage automatique afin de créer un modèle permettant de calculer la probabilité de cancer. Si la probabilité tombe sous un certain seuil, le modèle exclut le cancer.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 13 mars 2019 dans la revue Thorax.

    Résultats : des centaines d’actes inutiles évitées

    • L’IA aurait pu éviter à 30 % des personnes atteintes de nodules bénins de subir des tests supplémentaires.
    • Pas un seul cas de cancer n’a échappé à l’algorithme.
    • 3 facteurs majeurs permettent de faire le tri des nodules : le nombre de vaisseaux sanguins entourant le nodule, le nombre de nodules et le nombre d’années écoulées depuis que le patient a cessé de fumer.

    Vers une validation sur 6 000 scanners

    « Bien que nous sachions depuis un certain temps que les tumeurs nécessitent davantage de soutien vasculaire, c’est la première fois que nous sommes en mesure d’utiliser la technologie informatique pour quantifier leur contribution et de les intégrer à un modèle prédictif qui décide avec certitude que les patients n’ont pas de cancer « , a déclaré l’un des auteurs de l’étude.

    Pour que cette technique soit validée et permette un dépistage plus précoce du cancer du poumon, l’étape suivante consiste à l’évaluer sur une population plus large. Ce travail a déjà commencé puisqu’environ 6 000 scanners issus du National Lung Screening Trial (essai national de dépistage pulmonaire) vont alimenter l’algorithme développé par les chercheurs de l’université de Pittsburgh.

  • Scott Gottlieb quitte la direction de la FDA : un bilan marqué par des initiatives en e-santé

    Le directeur de la Food ans Drugs Administration (FDA) Scott Gottlieb, a annoncé le 5 mars 2019 sur Twitter sa démission, qui prendra effet début avril. Norman “Ned” Sharpless, directeur du National cancer institute, sera nommé directeur de l’administration par intérim.

    Ce départ « est un coup dur pour la Silicon Valley » estime la presse américaine, soulignant qu’au cours d’un mandat de seulement 2 ans, cet ancien capital-risqueur a engagé toute une série d’actions en faveur de l’innovation en santé numérique.
    Certains professionnels des technologies médicales doutent cependant que cette démission ait un impact important sur l’action de l’agence dans leur domaine, car Scott Gottlieb laissait une marge de manœuvre importante à Jeffrey Shuren, directeur du Centre pour les appareils et la santé radiologique (Center for Devices and Radiological Health), la branche de la FDA chargée de l’homologation des dispositifs médicaux.

    Prochain directeur par intérim de la FDA, l’oncologue Norman Sharpless semble par ailleurs particulièrement intéressé par les potentialités de l’analyse des données. Dans un discours prononcé en juin 2018 devant l’American Society of Clinical Oncology, il a défendu les efforts déployés par le National Cancer Institute pour relier d’énormes masses de données génomiques, radiologiques et cliniques, et vanter les promesses de ce domaine pour la recherche.

    Des actions faisant la part belle au numérique et à l’IA

    À l’actif de Scott Gottlieb, les projets Pre-Cert et NEST

    Scott Gottlieb a notamment initié le programme FDA Pre-Cert (Digital Health Software Precertification Program), qui prévoit d’accorder plus rapidement des agréments à des appareils de santé en évaluant les entreprises plutôt que des produits particuliers. Selon le Plan d’action pour l’innovation en santé numérique (Digital Health Innovation Action Plan), il s’agira évaluer la « culture de la qualité et de l’excellence organisationnelle » des développeurs des appareils.

    Il a également travaillé à l’élaboration d’un système national d’évaluation des technologies de la santé (NEST), qui vise à collecter des données de surveillance sur les appareils médicaux après leur commercialisation pour en évaluer la sûreté et l’efficacité.

    Un intérêt particulier pour l’IA

    Scott Gottlieb a aussi promu la thérapie numérique sur ordonnance, les systèmes de diagnostic par intelligence artificielle (IA) et l’usage des données de vie réelle.

    Sous sa direction, la FDA a homologué plusieurs dispositifs et algorithmes de diagnostic basés sur l’IA.

    « L’intelligence artificielle est extrêmement prometteuse pour l’avenir de la médecine, et nous élaborons activement un nouveau cadre réglementaire pour promouvoir l’innovation dans ce domaine » déclarait-il en juillet 2018 lors de la conférence Health Datapalooza à Washington.

  • L’AP-HP organise un audit pour identifier les accès « abusifs » aux données patients via le DPI Orbis

    L’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) va mener au cours de l’année 2019 un audit d’une journée portant sur la confidentialité du dossier patient informatisé (DPI) Orbis pour recenser les « accès abusifs » aux données des patients et identifier leur nature et leur origine. Cette mission sera réalisée par la Commission des accès aux données patients et échanges (Cadopé), créée en 2018 dans l’optique de définir les règles d’accès et d’habilitation ainsi que de suivre leur mise en place.

    L’ensemble des établissements de soins de l’AP-HP intègre petit à petit Orbis depuis 2011 dans le cadre de 2 marchés signés sur les périodes 2008-2015 et 2016-2020 avec l’éditeur Afga Healthcare. Selon les chiffres officiels dévoilés en janvier, plus de 59 000 utilisateurs actifs du logiciel ont été enregistrés, un nombre qui devrait atteindre les 85 000 en 2021.

    Dans un courrier adressé le 7 mars 2019 aux directions des établissements de l’AP-HP, Martin Hirsch, le directeur général, et le Pr Noël Garabédian, président de la commission médicale d’établissement (CME) indiquent que plusieurs alertes ont révélé des accès « abusifs », qui font actuellement l’objet de procédures disciplinaires.
    Ils rappellent que l’utilisation du DPI doit être accompagnée « d’une stricte maîtrise des accès, par le biais notamment d’une politique d’habilitation confirme aux règles du secret professionnel« . Et insistent, entre autres, sur le fait que les utilisateurs n’ont pas le droit de consulter le dossier médical d’un patient qui n’est pas pris en charge dans leur service.

    Identifier « le nombre d’accès à des dossiers de patients dont l’agent n’assure pas la prise en charge »

    L’audit « portera sur l’ensemble des accès aux dossiers patients sur une tranche horaire donnée, par les personnels médicaux et non médicaux », précisent la direction générale de l’AP-HP et la CME.

    Il identifiera « le nombre d’accès à des dossiers de patients dont l’agent n’assure pas la prise en charge, notamment susceptibles d’être des dossiers de proches, de personnalités publiques ou de professionnel AP-HP », est-il spécifié.

    « Des suites seront données »

    Les résultats de cet audit seront publiés en interne et « des suites seront données », indiquent Martin Hirsch et Noël Garabédian.

    Ces derniers encouragent les directions d’établissement à informer leurs personnels de ce contrôle et à ‘ »rappeler les règles qui s’appliquent en matière d’accès aux données de santé ».

  • Ma Santé 2022 : le numérique et l’IA parmi les 9 priorités identifiées par l’Académie de médecine

    La France doit « accroître son effort » dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle  (IA) appliqués à la santé « pour permettre à ses citoyens de profiter au mieux des nouvelles technologies et rejoindre le niveau des pays qui ont déjà pris le virage numérique« , suggère l’Académie nationale de médecine, qui détaille dans un rapport publié en mars ses remarques issues de son analyse du plan « Ma santé 2022, un engagement collectif », proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé et présenté le 18 mars 2019 à l’Assemblée nationale.

    Si la société savante déclare approuver les principales mesures du plan, elle émet cependant quelques critiques, relevant notamment « plusieurs omissions », dont celle de la prévention, et propose les 9 priorités suivantes, portant, entre autres, sur le numérique, la réorganisation territoriale des soins et la gouvernance hospitalière :
    • numérique et intelligence artificielle ;
    • mise en place des assistants médicaux dans les communautés professionnelles territoriales de santé  ;
    • création de plateaux médicotechniques de proximité ;
    • création de consultations avancées dans les hôpitaux ou établissements de santé de proximité ;
    • réforme des autorisations des activités de soins ;
    • réorganisation territoriale ;
    • réforme des nomenclatures et leur implication dans la description de l’activité ;
    • réforme de la gouvernance hospitalière  ;
    • formation et carrières médicales.

    L’Académie encourage le développement du numérique et de l’IA

    L’Académie recommande une valorisation des actes impliquant les nouvelles technos

    Pour que la France puisse développer son potentiel dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle, listés parmi les 9 priorités de l’Académie nationale de médecine, cette dernière suggère :

    • un déploiement rapide du dossier médical partagé numérisé (DMP) ;
    • un soutien à toutes les initiatives permettant de mieux gérer et d’utiliser les données publiques du système national des données de santé (SNDS) à des fins d’évaluation et de recherche ;
    • une harmonisation des systèmes de recueil des données des hôpitaux ;
    • une reconnaissance et valorisation par l’Assurance maladie des actes faisant intervenir la robotisation et les nouvelles technologies ;
    • le développement de plateformes et de tumorothèques (plateformes de conservation par cryopréservation de prélèvements tumoraux à des fins sanitaires et de recherche).

    Le développement de la télémédecine et du télédiagnostic encouragé

    La société savante encourage également le développement de la télémédecine et du télédiagnostic pour améliorer l’efficacité des consultations médicales et lutter contre le problème des déserts médicaux. « L’organisation territoriale des soins et le management des établissements hospitaliers devront être progressivement numérisés », ajoute-t-elle.

    L’Académie nationale de médecine indique par ailleurs avoir édité fin 2018 avec l’Académie des sciences l’ouvrage Santé et intelligence artificielle*, qui fait le tour des applications de l’intelligence artificielle au domaine de la santé. Selon ses auteurs, ces applications seront de plus en plus utilisées par les médecins pour les aider à prendre des décisions en matière de diagnostic et de traitement « mais ne sauraient en aucun cas se substituer au médecin car elles ne disposent pas, et ne disposeront pas, de ses compétences ». 

    Les autres priorités identifiées par l’Académie de médecine

    Mise en place des assistants médicaux dans les communautés professionnelles territoriales de santé

    Avis de l’Académie sur le sujet :

    • les attributions des assistants médicaux doivent tenir compte de leur effet sur la relation médecin-malade ;
    • le gain de temps médical ne doit pas seulement viser l’augmentation de la patientèle et la réduction des délais de rendez-vous mais aussi la restauration du temps nécessaire à l’écoute et au dialogue.

    « La négligence de ce composant essentiel de la consultation est préjudiciable à la qualité de la médecine d’aujourd’hui, commente-t-elle. Les assistants médicaux sont susceptibles d’y remédier, à condition que leur apport soit apprécié en termes qualitatifs autant que quantitatifs. Les solutions adoptées pour leur financement doivent être pérennes. »

    Création de consultations avancées dans les hôpitaux ou établissements de santé de proximité

    La société savante soutient la création de consultations avancées de spécialités dans les structures de proximité « pour améliorer l’accès aux spécialités, notamment chirurgicales », explique-t-elle.

    « Ces consultations réalisées par les spécialistes du Groupement hospitalier de territoire (GHT) permettront le diagnostic et le suivi thérapeutique des pathologies médicales et chirurgicales non interventionnelles, argumente-t-elle. Pour les pathologies nécessitant une intervention, les patients pourront être pris en charge par les opérateurs dans les établissements adaptés du [GHT], la surveillance post-interventionnelle courante pouvant se faire en proximité. »

    Création de plateaux médicotechniques de proximité

    L’Académie propose la création de plateaux médicotechniques des hôpitaux ou établissements de santé de proximité avec la participation des médecins ayant élaboré le projet médico-soignant. Elle recommande également que les complémentarités entre secteurs public et privé, lucratif ou non, soient prises en compte.

    Réforme des autorisations des activités de soins

    La société savante soutient le principe d’une réorganisation territoriale des activités hospitalières au sein des groupements hospitaliers de territoire.

    Cette mesure implique :

    • une réforme des autorisations des activités de soins :
    • une logique de gradation entre soins courants, soins spécialisés, soins de recours ou de référence, commente-t-elle.

    Cette réforme et cette logique doivent, selon elle, se décliner par spécialités, au niveau des GHT, « et pas seulement par établissement », pour assurer « qualité, sécurité et pertinence des soins ».

    Réorganisation territoriale 

    L’Académie nationale de médecine considère que le projet médico-soignant partagé est la « pierre angulaire » de la réforme territoriale.

    Il doit être construit « par les professionnels et les soignants, avec l’aide si besoin des conseils nationaux professionnels de spécialités, et avec la participation, et non la décision unilatérale, des directions hospitalières », précise-t-elle, ajoutant que l’équipe médicale territoriale doit être structurée par des contractualisations efficaces entre établissements. « Elle doit être de volume suffisant et valorisée dans ses activités multisites, afin de permettre l’homogénéisation des pratiques, l’amélioration de la pertinence, l’accès partagé aux plateaux techniques, le développement professionnel continu et la mise à niveau des compétences », explique-t-elle.

    Réforme des nomenclatures et leur implication dans la description de l’activité

    L’Académie soutient le principe de la simplification et de l’actualisation de la nomenclature.

    Elle suggère que le système national des données de santé (SNDS), la mise en route de registres performants et l’introduction d’indicateurs pertinents « soient utilisés pour apprécier a posteriori la qualité, la sécurité et la pertinence des soins ».

    « Un contrôle a priori par l’utilisation de seuils d’activité, individuels ou par équipe, est en effet difficile à justifier scientifiquement et source de nombreuses dérives », estime-t-elle.

    Réforme de la gouvernance hospitalière 

    L’Académie propose de renforcer la Commission médicale d’établissement en donnant à son président la responsabilité sur les questions médicales, et en associant dans les centres hospitalo-universitaires le doyen ou son représentant pour les sujets relatifs à l’enseignement et à la recherche.

    La gouvernance serait alors exercée par un binôme dans les centres hospitaliers régionaux, décrit-elle :

    • par le directeur administratif, ancien directeur général, et le directeur médical, ancien président de la Commission médicale d’établissement  ;
    • et par un triumvirat dans les centres hospitalo-universitaires : le directeur administratif, le directeur médical et le directeur universitaire (le doyen ou son délégué).

    Formation et carrières médicales

    L’Académie soutient l’actualisation périodique des connaissances des praticiens hospitaliers et celui d’une certification périodique permettant de garantir le maintien de leurs compétences.

    Elle soutient aussi les mesures ayant pour objectif d’améliorer l’attractivité de la profession, y compris la valorisation des enseignements assurés par les praticiens hospitaliers, indique-t-elle dans son rapport.

  • Le groupe Sword investit dans Maela, solution de suivi médical connecté

    Le groupe français de services informatiques Sword prend une participation minoritaire dans la start-up lyonnaise Maela, via une augmentation de capital, dans le cadre de l’incubateur Le Connecteur by Sword, lancé par le groupe en 2018, annonce-t-il dans un communiqué publié à la mi-mars 2019.

    Créée en 2015, Maela offre une solution de suivi médical connectée en mode SaaS aux établissements de santé et reliée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à un plateau infirmier unique dédié aux patients. Ce dispositif a été pensé par et pour des médecins : il permet la préparation du séjour hospitalier et la sécurisation du retour à domicile sans surcharger de travail les équipes, dans le champ de la chirurgie, de l’oncologie mais aussi du suivi des maladies chroniques, comme en obstétrique.

    Une 10aine d’établissements de soins accompagnés en France et en Suisse

    Maela accompagne une dizaine d’établissements de santé publics et privés en France et en Suisse.  La société compte sur un doublement du nombre d’établissements concernés en 2019 grâce à une série d’évolutions concomitantes :

    • l’accélération du virage ambulatoire ;
    • l’essor de la Raac ;
    • l’article 51 de la LFSS 2018 permettant d’expérimenter en matière d’organisation avec de nouveaux modes de financement ;
    • le programme Hop’en, nouvelle feuille de route nationale des systèmes d’information hospitaliers ;
    • le projet de loi Ma Santé 2022, dont l’examen par les députés a commencé le 18 mars 2019.

    Des actions prévues dans le domaine de l’IA

    « Nos synergies sont évidentes, chacun travaillant sur des logiques complémentaires de coordination de soins et de télémédecine », souligne Philippe Le Calvé, directeur général de Sword. Celles-là devraient concerner notamment l’intelligence artificielle (IA) appliquée aux données de santé, un domaine sur lequel Sword a beaucoup misé ces dernières années.

    « Ce partenariat va nous permettre d’accélérer fortement notre croissance en étant accompagné par des professionnels expérimentés et talentueux », commente de son côté Hubert Viot, président de Maela. La société prévoit l’élargissement du champ de son suivi médical, de quelques jours à plusieurs années

  • NEST

    National Evaluation System for Health Technology

  • Le projet de loi santé passe en 1ère lecture à l’Assemblée : 2 500 à 3 000 amendements attendus

    Le projet de loi portant sur l’organisation et à la transformation du système de santé français passe en première lecture à l’Assemblée nationale le 18 mars 2019. Il traduit une partie des mesure du plan Ma Santé 2022, dévoilé en septembre 2019 par le président Emmanuel Macron. Il vise, entre autres, à la mise en place de mesures pour mieux faire face à l’augmentation des maladies chroniques et mieux exploiter les nouvelles technologies dans le secteur.

    Preuve de l’intérêt qu’il suscite, un nombre important d’amendements vont être présentés tout au long de la semaine. Le rapporteur Thomas Mesnier (LREM) en attend « entre 2 500 et 3 000 » avant le vote solennel en première lecture mardi 26 mars.

    De manière générale, des critiques émergent sur la forme du texte en lui-même :
    • Jean-Pierre Door, député Les Républicains (LR) de la 4ème circonscription du Loiret, a par exemple déclaré en commission que le texte avait selon lui été « rédigé de façon précipitée » et qu’il restait « assez flou » (source : AFP) ;
    • Paul Christophe, député UDI, Agir et Indépendants (UAI) de la 14ème circonscription du Nord, a de son côté exprimé sa « frustration » face à un projet qui, à ses yeux, faisait « l’impasse sur le débat parlementaire » pour « près du tiers » du texte (AFP).

    En ce qui concerne la e-santé, le rapporteur se prépare à des débats portant sur l’accès aux données, le projet de loi prévoyant notamment la lancement d’ici 2022 d’un « espace numérique de santé » rassemblant l’ensemble des informations du patient sur un même espace et le développement de la télémédecine, entrée dans le droit commun en septembre 2018.

    La fin du numeraux clausus globalement accepté

    La suppression, à la rentrée 2020, du numerus clausus et du concours limitant le nombre d’étudiants admis en deuxième année d’études de médecine, sages-femmes, dentaire ou pharmacie est l’une des mesures qui fait globalement consensus. Selon Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, ce changement devrait permettre d’augmenter d’environ 20 % le nombre de médecins formés.

    La proposition d’un stage obligatoire dans des « déserts médicaux » moins bien acceptée

    Cependant, certaines mesures coercitives font l’objet de critiques. Parmi elles, le sujet du stage obligatoire dans des « déserts médicaux » pour les étudiants en médecine, qui a été introduit en commission par des élus La République en marche (LREM).

    La gauche, de manière générale, regrette les « absences » de propositions en matière de prévention, notamment dans les domaines du handicap et de la santé mentale mais aussi en ce qui concerne les Ehpad.

    La révision de la carte hospitalière suscite le débat

    Les oppositions de droite comme de gauche dénoncent l’habilitation à procéder par ordonnance sur plusieurs sujets, et notamment la révision de la carte hospitalière avec des missions redéfinies pour les hôpitaux de proximité.

    • Un responsable LREM a déclaré qu’il redoutait que le texte n’« hystérise » certaines craintes. Il s’attend notamment à « un vrai débat » sur les questions portant sur l’organisation territoriale, le projet de loi devant aboutir à la labellisation de 500 à 600 « hôpitaux de proximité » d’ici 2022, sans chirurgie ni maternité.
      • Les Républicains souhaitent que la cartographie de ces établissements soit établie avec les collectivités.
    • Les communistes, de leur côté, craignent que « la refonte de la carte hospitalière [soit] décidée dans les cabinets du ministère ».

    D’autres sujets ont été ajoutés en commission : les députés ont, entre autres, autorisé les pharmaciens à délivrer dans certaines conditions des médicaments normalement sous ordonnance pour des pathologies bénignes, malgré les « réserves » exprimées par la ministre.

    Parmi les autres mesures phares qui vont être étudiées par les députés : celle portant sur la régularisation des médecins étrangers (Padhue) et celle relative au statut unique de praticien hospitalier, qui doit être créé par ordonnance.

  • RAAC

    Récupération améliorée après chirurgie

  • IA : « il n’y a pas de stratégie aux USA alors que l’UK investit des Mds » (E. Topol-Scripps Institute)

    Les dossiers médicaux électroniques nous ont « égarés » mais l’intelligence artificielle (IA) pourrait améliorer la santé de manière « significative et positive ». C’est ce qu’affirme le cardiologue et généticien Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute, et pionnier de la santé numérique, dans un entretien accordé au site « Healthcare IT News » au sujet de son nouveau livre, Deep Medicine: Comment l’intelligence artificielle peut rendre la santé à nouveau humaine (Deep Medicine: How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again, Basic Books).

    Selon lui, le potentiel de l’IA est immense mais les États-Unis ont besoin de volonté politique pour l’exploiter de manière optimale, comme c’est pas exemple le cas au Royaume-Unis. L’expert souligne en effet que le gouvernement britannique investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS, tandis que l’annonce du président Donald Trump présentant le domaine comme une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun chiffre concret et d’aucun détail.

    La santé a beaucoup progressé grâce à la technologie mais celle-ci a « dépersonnalisé »  la médecine, explique Eric Topo. « Les médecins sont épuisés, le service rendu au patient est au-dessous de ce qu’il serait en droit d’attendre, et les erreurs médicales abondent », du fait notamment de l’épuisement professionnel dans le secteur, devenu endémique, commente-t-il.
    Selon le spécialiste, l’intelligence artificielle peut aider à résoudre tout cela et rendre à la médecine « son humanité » : l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent augmenter l’efficacité d’un large éventail d’actes devenus fastidieux, permettant aux médecins de traiter leurs patients comme ils le méritent.

    EHR : « l’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse »

    « Les EHR (dossiers patient électroniques américains) ont été la plus grande catastrophe des deux dernières décennies en matière de santé, estime Eric Topol. L’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse. » Ils sont configurés en vue de la facturation, au lieu d’être centrés sur le patient, et sont unanimement « détestés » par les patients comme par les médecins à cause de leurs interfaces utilisateurs, ajoute-t-il.

     » les pires logiciels que je connaisse »

    « Ce sont les pires logiciels que je connaisse, ils sont responsables de la mauvaise réputation de la e-santé », avance Éric Topol. Pour faire bénéficier un patient du « deep learning » (apprentissage profond), « nous avons besoin de toutes ses données », rappelle le médecin. Il relève que de plus en plus de gens génèrent leurs propres données de santé par des appareils connectés et réalisent des analyses avec leur smartphone. Or, il n’y a pas de place pour ces données dans le dossier patient tel qu’il existe, pas plus que pour les données génétiques.

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé »

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé, depuis la période prénatale jusqu’au moment présent », estime Eric Topol, exigeant un changement de politique. « Dans des pays comme l’Estonie, les gens possèdent toutes leurs données, signale-t-il. Le système est hautement sécurisé et vous pouvez en partager une partie ou la totalité, quand et avec qui vous voulez, le céder à titre gratuit à la recherche médicale, ou le vendre. »

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis »

    Le Royaume-Uni investit des milliards de dollars pour intégrer l’IA au NHS

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis », déclare Eric Topol. Selon lui, la récente déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle il s’agissait d’une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun financement et donnait très peu de détails, alors que le Royaume-Uni investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS et que les Chinois mettent en œuvre l’IA à grande échelle.

    Interrogé sur la récente démission de Scott Gottlieb de la FDA, Eric Topol indique qu’il s’agit pour lui d’ »un coup dur ». « Il était la meilleure partie de toute l’administration », commente-t-il. Sous sa direction, la FDA a approuvé davantage d’appareils et d’applications, et modifié les procédures de réglementation pour ces outils, souligne-t-il.

    Recruter au lieu de se procurer des machines pour être plus performant : « le pire business model dont j’ai entendu parler »

    « Plutôt que de se procurer des machines pour améliorer les performances des soignants , nous continuons à embaucher davantage, regrette Eric Topol, c’est le pire business model dont j’ai entendu parler. Commençons plutôt à former des machines pour accomplir ces tâches, notamment les tâches d’administrateur : facturation, codage, toutes les opérations de back office ».

    « Nous avons déjà assez de données pour montrer que nous pouvons augmenter considérablement les performances des médecins, sans qu’ils n’y perdent rien, poursuit-il. L’apprentissage automatique peut être entraîné pour voir des choses que les humains ne peuvent même pas voir, comme établir le taux de potassium dans le sang à partir des données d’une « smart watch » ».

    « Le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance »

    « Si grâce aux objets connectés les gens diagnostiquent des lésions cutanées ou les otites de leur enfant sans consulter un médecin, cela sera énorme », juge Eric Topol, soulignant que c’est une part importante du coût de la santé : « les tâches routinières, sans gravité mais importantes, nécessitent un diagnostic précis, rapide et peu coûteux ».

    Selon lui, à plus long terme, le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance et l’économie réalisée sur les hospitalisations. « Et là, l’opportunité est extraordinaire, le principal poste de dépense étant le personnel.  À plus court terme, cependant, le plus important pour les soignants est de se débarrasser du clavier, complètement ». Un objectif qu’il estime « réalisable ».

    Les objets connectés pourraient « aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés »

    « Ces objets pourraient aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés », avertit cependant le médecin. Il imagine que des puces et des logiciels bon marché pourraient être mis gratuitement à la disposition de ceux qui en ont besoin.

    Eric Topol aux soignants : les nouvelles technos vont « améliorer votre travail »

    « Plutôt que de dire « [tout ça] va prendre mon travail » », conclut Eric Topol en s’adressant aux soignants, « sachez que non, [ces technologies vont] améliorer votre travail, vous aurez plus de temps à consacrer au patient et serez en mesure de mieux les soigner, ce qui fait partie des fondements de notre vocation de médecins ».

  • OdySight, appli de surveillance de l’acuité visuelle, poursuit son déploiement national et mondial

    Tilak Healthcare, start-up parisienne spécialisée dans les serious games, poursuit le déploiement de OdySight, son premier jeu mobile médical visant à améliorer la surveillance des paramètres visuels des patients souffrant de maladies de la rétine. Lors de la phase pilote, une trentaine d’établissements de soins, dont la clinique Honoré Cave de Montauban (Occitanie) et le Centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts (Paris), ont testé le dispositif. La solution est par ailleurs utilisée à Créteil et à Rouen, entre autres, et 2 cliniques à Bordeaux ainsi que le CHU de Toulouse vont désormais aussi l’exploiter.
    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national mais aussi à échelle mondiale est prévu à partir du troisième trimestre 2019. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis.

    Accessible sur smartphone et tablette, sous iOS et Android, l’application permet à un patient de réaliser lui-même des tests pour savoir s’il est atteint d’une maladie rétinienne comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), première cause de malvoyance chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays développés, soit environ 1 million de personnes touchées en France.

    OdySight est disponible sur ordonnance. Le jeu est activé grâce à un code envoyé au patient.

    La société Tilak Healthcare a annoncé bénéficier du soutien financier, pendant deux ans, d’un « groupe industriel » dont elle ne précise pas le nom. Elle compte ensuite convaincre l’Assurance maladie des bienfaits de son jeu pour la santé des patients ciblés afin d’obtenir un remboursement. Elle envisage également de vendre OdySight à des laboratoires pour des essais cliniques.

    Un puzzle numérique conçu par des médecins et des pros du jeu vidéo

    Odysight se présente sous la forme d’un puzzle numérique.

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.