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  • AI GF 2019 : lancement du 1er forum international sur la gouvernance de l’IA le 23/03/2019 (Suisse)

    Organisé par l’AI Transparency Institute et soutenu par la Confédération suisse, le Forum AI GF 2019 se tiendra le 23 mars 2019 à la Fondation Brocher, près de Genève en Suisse, sous la forme de keynote speakers et de panels rassemblant des intervenants d’universités prestigieuses, telles que le MIT, l’Imperial College of London et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). « Inspiré par la philosophie multipartite de l’Internet Governance Forum, il s’agit du premier forum international dédié à la gouvernance agile de l’IA« , indiquent les organisateurs dans un communiqué.

    L’objectif de l’événement est d’encourager le dialogue interdisciplinaire, « au carrefour de la technologie, de la politique et de l’éthique, dans la perspective d’un développement durable et responsable de l’IA, au service de l’être humain ».

    Des professeurs, des régulateurs (OCDE, Commission européenne et OMS, Union internationale des télécommunications) et des membres de la société civile seront réunis pour échanger au cours de cette journée. Ils dialogueront sur l’impact de l’intelligence artificielle et sur la manière d’affronter les défis qu’elle pose dans les sociétés contemporaines, aussi bien au niveau national qu’international. Ils feront également « un état des lieux du point de vue de la réglementation, de la sécurité, de la confidentialité, de l’équité, de l’interopérabilité et de l’auditabilité des algorithmes, et identifieront des synergies potentielles entre disciplines ».

    Les inscriptions doivent être réalisées en ligne sur Ai-governance-forum/kick-off-event-2019. Les prix d’accès au forum sont fixés en fonction du statut de chacun, précisent les organisateurs.

    Programme

    09:00-09:10 Welcome Eva Thelisson (AI Transparency Institute)

    09:10-09:30 Understanding the Fundamentals of AI and ML

    • Martin Jaggi (Professor at EPFL, Switzerland)

    09:30-09:50 Intelligence and AI

    • Joanna Bryson (University of Bath, UK)

    09:50-10:40 AI Opportunities and Challenges for Society

    • How AI can Enable a More Cooperative Future : Henry Lieberman (Research Scientist at MIT, USA)
    • Security and Privacy : Carmela Troncoso (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Solving AI’s Privacy Problem : Florimond Houssiau (Researcher at Imperial College, London, UK)

    “A simulation on re-identification of anonymized datasets.”

    11:00 – 11:20 Coffee Break

    11:20 – 12:20 AI Opportunities and Challenges for Society

    • AI Assisted Decision-Making and Transparency : Maël Pegny (Associated member, IHPST, Université de Paris 1, France)
    • Direct Democracy, Digitalization, and AI : Florian Evéquoz (Professor at HES-SO, Switzerland)
    • AI Safety : El Mahdi El Mhamdi (Researcher at EPFL, Switzerland)

    “An explanation of social media poisoning of public debates and misinformation propagation and social media addiction.”

    12:20 – 13:20 Lunch

    13:20 – 14:00 Cross-lingual Real-Time Global Media Monitoring

    • Marko Groblenik (Jozef Stefan Institute, Slovenia)

    14:00 – 14:20 Value Aligned Design of AI Systems

    Raja Chatila (Pierre and Marie Curie University, France)

    14:20 – 15:40 Panel: Shaping an International Consensus on AI Policy (Moderators: Eva Thelisson & Carmela Troncoso)

    • AI and Robotics : Juha Heikkilä (Head of Unit, Robotics, Directorate-General for Communication Networks, Content and Technology, European Commission, Luxembourg)
    • WHO/ITU Focus Group on AI and Healthcare : Thomas Wiegand (Professor at Technical University of Berlin, Germany)
    • OECD Approach on AI Policy : Karine Perset (OECD, Paris, France)
    • Policy Recommendations of and Legal Status for Intelligent ICT, Security and Economic Redistribution : Joanna Bryson (Professor at University of Bath, UK)
    • Recommendations of High Level Expert Group on AI from EU Commission (AIHLEG) : Raja Chatila (Professor at Pierre and Marie Curie University, Paris, France)

    15:40 – 16:00 Coffee Break

    16:00 – 17:00 Panel: Towards Responsible AI (Moderator: El Mahdi El Mhamdi)

    • AI and the Dilemma of Augmented Cognition : Friedhelm Hummel (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Trustworthy AI and Social Choices : Sacha Alanoca (AI Policy Researcher and Program Manager, The Future Society, London, UK)
    • Fairness and Algorithms : Michele Loi (Postdoctoral researcher at the University of Zürich, Switzerland) 1

    7:00 – 17:15 Conclusion and Future Steps

    17:15 – 18:00 Aperitif 

  • IA : « il n’y a pas de stratégie aux USA alors que l’UK investit des Mds » (E. Topol-Scripps Institute)

    Les dossiers médicaux électroniques nous ont « égarés » mais l’intelligence artificielle (IA) pourrait améliorer la santé de manière « significative et positive ». C’est ce qu’affirme le cardiologue et généticien Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute, et pionnier de la santé numérique, dans un entretien accordé au site « Healthcare IT News » au sujet de son nouveau livre, Deep Medicine: Comment l’intelligence artificielle peut rendre la santé à nouveau humaine (Deep Medicine: How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again, Basic Books).

    Selon lui, le potentiel de l’IA est immense mais les États-Unis ont besoin de volonté politique pour l’exploiter de manière optimale, comme c’est pas exemple le cas au Royaume-Unis. L’expert souligne en effet que le gouvernement britannique investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS, tandis que l’annonce du président Donald Trump présentant le domaine comme une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun chiffre concret et d’aucun détail.

    La santé a beaucoup progressé grâce à la technologie mais celle-ci a « dépersonnalisé »  la médecine, explique Eric Topo. « Les médecins sont épuisés, le service rendu au patient est au-dessous de ce qu’il serait en droit d’attendre, et les erreurs médicales abondent », du fait notamment de l’épuisement professionnel dans le secteur, devenu endémique, commente-t-il.
    Selon le spécialiste, l’intelligence artificielle peut aider à résoudre tout cela et rendre à la médecine « son humanité » : l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent augmenter l’efficacité d’un large éventail d’actes devenus fastidieux, permettant aux médecins de traiter leurs patients comme ils le méritent.

    EHR : « l’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse »

    « Les EHR (dossiers patient électroniques américains) ont été la plus grande catastrophe des deux dernières décennies en matière de santé, estime Eric Topol. L’idée était juste mais l’exécution a été désastreuse. » Ils sont configurés en vue de la facturation, au lieu d’être centrés sur le patient, et sont unanimement « détestés » par les patients comme par les médecins à cause de leurs interfaces utilisateurs, ajoute-t-il.

     » les pires logiciels que je connaisse »

    « Ce sont les pires logiciels que je connaisse, ils sont responsables de la mauvaise réputation de la e-santé », avance Éric Topol. Pour faire bénéficier un patient du « deep learning » (apprentissage profond), « nous avons besoin de toutes ses données », rappelle le médecin. Il relève que de plus en plus de gens génèrent leurs propres données de santé par des appareils connectés et réalisent des analyses avec leur smartphone. Or, il n’y a pas de place pour ces données dans le dossier patient tel qu’il existe, pas plus que pour les données génétiques.

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé »

    « Les Américains devraient pouvoir avoir accès à toutes leurs données de santé, depuis la période prénatale jusqu’au moment présent », estime Eric Topol, exigeant un changement de politique. « Dans des pays comme l’Estonie, les gens possèdent toutes leurs données, signale-t-il. Le système est hautement sécurisé et vous pouvez en partager une partie ou la totalité, quand et avec qui vous voulez, le céder à titre gratuit à la recherche médicale, ou le vendre. »

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis »

    Le Royaume-Uni investit des milliards de dollars pour intégrer l’IA au NHS

    « Il n’y a pas de stratégie d’intelligence artificielle aux États-Unis », déclare Eric Topol. Selon lui, la récente déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle il s’agissait d’une priorité absolue n’était accompagnée d’aucun financement et donnait très peu de détails, alors que le Royaume-Uni investit des milliards de dollars en ressources et en capital humain pour intégrer l’IA au NHS et que les Chinois mettent en œuvre l’IA à grande échelle.

    Interrogé sur la récente démission de Scott Gottlieb de la FDA, Eric Topol indique qu’il s’agit pour lui d’ »un coup dur ». « Il était la meilleure partie de toute l’administration », commente-t-il. Sous sa direction, la FDA a approuvé davantage d’appareils et d’applications, et modifié les procédures de réglementation pour ces outils, souligne-t-il.

    Recruter au lieu de se procurer des machines pour être plus performant : « le pire business model dont j’ai entendu parler »

    « Plutôt que de se procurer des machines pour améliorer les performances des soignants , nous continuons à embaucher davantage, regrette Eric Topol, c’est le pire business model dont j’ai entendu parler. Commençons plutôt à former des machines pour accomplir ces tâches, notamment les tâches d’administrateur : facturation, codage, toutes les opérations de back office ».

    « Nous avons déjà assez de données pour montrer que nous pouvons augmenter considérablement les performances des médecins, sans qu’ils n’y perdent rien, poursuit-il. L’apprentissage automatique peut être entraîné pour voir des choses que les humains ne peuvent même pas voir, comme établir le taux de potassium dans le sang à partir des données d’une « smart watch » ».

    « Le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance »

    « Si grâce aux objets connectés les gens diagnostiquent des lésions cutanées ou les otites de leur enfant sans consulter un médecin, cela sera énorme », juge Eric Topol, soulignant que c’est une part importante du coût de la santé : « les tâches routinières, sans gravité mais importantes, nécessitent un diagnostic précis, rapide et peu coûteux ».

    Selon lui, à plus long terme, le potentiel le plus important est dans la surveillance à distance et l’économie réalisée sur les hospitalisations. « Et là, l’opportunité est extraordinaire, le principal poste de dépense étant le personnel.  À plus court terme, cependant, le plus important pour les soignants est de se débarrasser du clavier, complètement ». Un objectif qu’il estime « réalisable ».

    Les objets connectés pourraient « aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés »

    « Ces objets pourraient aggraver les inégalités s’ils ne sont fournis qu’aux gens aisés », avertit cependant le médecin. Il imagine que des puces et des logiciels bon marché pourraient être mis gratuitement à la disposition de ceux qui en ont besoin.

    Eric Topol aux soignants : les nouvelles technos vont « améliorer votre travail »

    « Plutôt que de dire « [tout ça] va prendre mon travail » », conclut Eric Topol en s’adressant aux soignants, « sachez que non, [ces technologies vont] améliorer votre travail, vous aurez plus de temps à consacrer au patient et serez en mesure de mieux les soigner, ce qui fait partie des fondements de notre vocation de médecins ».

  • OdySight, appli de surveillance de l’acuité visuelle, poursuit son déploiement national et mondial

    Tilak Healthcare, start-up parisienne spécialisée dans les serious games, poursuit le déploiement de OdySight, son premier jeu mobile médical visant à améliorer la surveillance des paramètres visuels des patients souffrant de maladies de la rétine. Lors de la phase pilote, une trentaine d’établissements de soins, dont la clinique Honoré Cave de Montauban (Occitanie) et le Centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts (Paris), ont testé le dispositif. La solution est par ailleurs utilisée à Créteil et à Rouen, entre autres, et 2 cliniques à Bordeaux ainsi que le CHU de Toulouse vont désormais aussi l’exploiter.
    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national mais aussi à échelle mondiale est prévu à partir du troisième trimestre 2019. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis.

    Accessible sur smartphone et tablette, sous iOS et Android, l’application permet à un patient de réaliser lui-même des tests pour savoir s’il est atteint d’une maladie rétinienne comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), première cause de malvoyance chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays développés, soit environ 1 million de personnes touchées en France.

    OdySight est disponible sur ordonnance. Le jeu est activé grâce à un code envoyé au patient.

    La société Tilak Healthcare a annoncé bénéficier du soutien financier, pendant deux ans, d’un « groupe industriel » dont elle ne précise pas le nom. Elle compte ensuite convaincre l’Assurance maladie des bienfaits de son jeu pour la santé des patients ciblés afin d’obtenir un remboursement. Elle envisage également de vendre OdySight à des laboratoires pour des essais cliniques.

    Un puzzle numérique conçu par des médecins et des pros du jeu vidéo

    Odysight se présente sous la forme d’un puzzle numérique.

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.
  • Catel Visio 2019 : dynamiques nationales et de territoires en e-santé, le jeudi 4 avril 2019 (web)

    Le Club des acteurs de la TELésanté (Catel) propose le 4 avril 2019 une viosioconférence sur les bonnes pratiques en e-santé avec 25 témoignages concrets réalisés en direct depuis les villes participantes. « Dynamiques nationales et de territoires en e-santé » est la thématique centrale de la session.

    L’événement est organisé avec le soutien d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui prendra la parole à cette occasion.

    Inscription gratuite mais obligatoire via ce lien.

    Programme

    9h30 : accueil du public

    10h : ouverture officielle des sites participants

    10h30 : allocutions officielles

    11h15 : sessions du matin

    12h30 : allocution officielle du Catel

    12h45 : déjeuner

    14h : sessions de l’après-midi

    15h30 : synthèse des sites participants

    16h : clôture de Catel Visio 2019

    Programme des conférences :

    Une journée dédiée aux bonnes pratiques

    • villes, départements : ils s’impliquent et se structurent sur le sujet de la e-santé ;
    • hôpital numérique et GHT : de bonnes pratiques de coopération territoriale ;
    • e-santé & chirurgie : quelle télémédecine au bloc ? ;
    • prévention & e-santé : des outils et des programmes innovants.

    Grand débat e-santé avec :

    • Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé ;
    • Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam

    Contexte : la e-santé est en marche avec de nombreuses mesures prises :

    • déploiement généralisé du DMP ;
    • entrée dans le droit commun de l’Assurance maladie de la téléconsultation et de la téléexpertise ;
    • innovations organisationnelles et économiques soutenues par l’article 51 ;
    • orientations en matière de médecine de la donnée et d’intelligence artificielle.
  • Data science, IA : « essais cliniques, quelles perspectives en 2019 ? » (Ch. Hebenstreit, Medidata)

    Health & Tech Intelligence relaie la tribune « Essais cliniques, quelles perspectives en 2019 ? » de Christian Hebenstreit, general manager & senior vice president EMEA de Medidata (Londres), une société de technologie américaine qui développe et commercialise des logiciels en tant que service d’essais cliniques. Dans ce texte, le responable évoque les importantes opportunités offertes par les nouvelles technologies (data science, intelligence artificielle, et plus précisément machine learning, etc.) dans le cadre des processus de développement des médicaments.


    « Les entreprises du secteur des sciences de la vie les plus avancées en matière de technologie sont conscientes que de nos jours, l’innovation digitale et l’hyper-connectivité des plates-formes sont désormais primordiales. Les innovations technologiques dans les essais cliniques jouent un rôle de plus en plus important dans la mise au point de médicaments. Le secteur des sciences de la vie a là une formidable occasion d’améliorer l’efficacité et de réduire ses coûts tout en accroissant la portée de ses recherches et en améliorant l’expérience patient et les essais cliniques. Cette opportunité se présente alors que les leaders du secteur tirent parti des dernières tendances en matière de digital, telles que la data science, l’intelligence artificielle, la surveillance des risques, l’analytics et le machine learning (apprentissage automatique), pour améliorer, rationaliser et réduire les risques inhérents au processus de développement des médicaments.

    La technologie a propulsé les essais cliniques dans une « nouvelle ère » : les avancées technologiques ouvrent de nouvelles opportunités à un secteur traditionnellement limité en matière d’innovation étant donné le système de règlementation strict mais néanmoins nécessaire qui l’encadre. De nouvelles plateformes visent à améliorer l’efficacité et la productivité des essais cliniques, et permettent d’obtenir de nouveaux résultats, de renforcer l’engagement du malade et de réduire ses contraintes.

    Quelles sont donc, selon Medidata, les tendances dans le monde des sciences de la vie, de la pharmacie et de la santé pour 2019 ?« 

    Les essais cliniques vont s’internationaliser davantage

    La pénurie de patients, l’évolution vers une médecine plus personnalisée et plus axée sur la valeur, l’attention accrue portée aux maladies rares, la hausse des coûts opérationnels… autant de facteurs qui poussent à la mondialisation des essais cliniques. Au-delà des marchés américain, français, anglais ou autres, nous devrions voir les organismes de recherche clinique et les sociétés pharmaceutiques se tourner vers d’autres régions du monde pour leurs essais, dans l’objectif de bénéficier d’un plus grand nombre de sujets potentiels, de coûts opérationnels réduits et, en définitive, d’accélérer la mise sur le marché de leurs traitements.

    Près de la moitié des essais cliniques se déroulent actuellement hors des États-Unis, les pays émergents investissant lourdement dans des infrastructures dédiées à la santé et aux sciences de la vie. Les tests et l’autorisation de mise sur le marché sont maintenant également en voie de mondialisation, pour le bénéfice à la fois des laboratoires et des différents groupes de malades. Selon les prévisions mondiales des analystes du secteur, les essais cliniques réalisés dans les pays développés devraient représenter environ 66,8% du total mondial d’ici 2020, en baisse par rapport à aujourd’hui (76 %). Les pays émergeant quant à eux devraient accueillir 25,2 % des essais, contre seulement 15,7 % aujourd’hui.

    La tendance croissante à mener des essais cliniques hors des États-Unis est un facteur important dans l’amélioration de leur efficacité. Le nombre de malades participant à des essais est en baisse aux États-Unis et en hausse à l’étranger. L’applicabilité des résultats d’études effectuées à l’étranger dépend de la maladie étudiée et de l’état de la pratique clinique en vigueur dans la zone géographique. Mais, d’un point de vue général, la plupart des experts reconnaissent l’aspect positif de cette tendance : en effet, lorsqu’un essai de grande envergure nécessite la participation de milliers de malades, sélectionner des sites à l’étranger peut amener à économiser des centaines de millions de dollars et permettre de trouver des patients plus rapidement.

    Essais cliniques virtuels : la marche à suivre pour une meilleure rétention des malades

    Les organismes de recherche clinique continuent de voir l’importance de réduire les contraintes subies par les malades pendant les essais cliniques ; ils veulent également rendre les tests et les traitements accessibles au plus grand nombre de patients. En conséquence, les tests virtuels qui permettent aux malades d’enregistrer leurs données à distance, sans avoir à sortir de chez eux, seront de plus en plus nombreux.

    Cette tendance sera facilitée par l’avancée des nouvelles technologies, notamment grâce aux dispositifs de contrôle portables, l’utilisation généralisée des smartphones pour enregistrer et transmettre les données à distance en temps réel, ainsi que l’apparition de logiciels plus sophistiqués de suivi des anomalies et de la conformité pour assurer la fiabilité de ces données. La possibilité de pouvoir participer à des essais cliniques tout en restant chez soi est particulièrement intéressante pour les enfants : cela leur permet de se sentir plus à l’aise pendant ces moments éprouvants et souvent effrayants pour eux.

    Le téléphone portable, avec ses systèmes de localisation intégrés et la technologie nécessaire à l’exécution d’applications médicales, permet d’autonomiser ceux qui vivent loin d’un hôpital, et représente un outil parfait pour accélérer l’avancée des essais virtuels.

    De plus, la méthode d’enregistrement et de transmission des données dans le cadre d’essais virtuels est avérée fiable et cliniquement significative, ce qui en fait une option viable pour les chercheurs de l’industrie pharmaceutique.

    Le rôle croissant du chief Patient experience officer

    L’amélioration de l’expérience patient devient de plus en plus un objectif stratégique pour les entreprises du secteur des sciences de la vie. Il sera donc nécessaire que certaines personnes en assurent la responsabilité et jouent un rôle déterminant en s’assurant que cette vision des choses soit partagée par le conseil d’administration.

    Améliorer l’expérience patient ne constitue plus une simple option ; les entreprises ne survivront pas sur le marché actuel si elles n’en font pas une priorité stratégique. Une expérience patient exceptionnelle doit comprendre entre autres des soins de qualité, une expérience agréable, de la transparence, la compréhension des besoins du patient, des méthodes d’indemnisation efficaces. Et les organisations du secteur des sciences de la vie ne devront pas sous-estimer l’importance de leur rôle en la matière.

    Le poste de Chief Patient Experience Officer devrait donc prendre de l’importance en 2019. Ce nouveau responsable, qui pourrait se positionner comme un prolongement du Chief Digital Officer, est considéré comme la personne en charge de superviser les différents aspects des essais cliniques : depuis la conception du protocole, la sélection des malades jusqu’au déroulement de l’essai et au suivi des patients pour minimiser les abandons et assurer la fiabilité et la validité des essais.

    Promotion de la diversité dans l’industrie

    Parler de l’’importance de la diversité est quasiment devenu un cliché. Il n’en reste pas moins que la représentation des minorités et des personnes handicapées dans de nombreux domaines de l’industrie des sciences de la vie est toujours inférieure à celle de ces groupes dans la population en général.

    La diversité est aujourd’hui une condition sine qua none du succès et donc de la qualité de toute entreprise. Dans le secteur des sciences de la vie, elle est la clé de l’innovation dans une économie qui l’exige de plus en plus.

    Pour que l’industrie des sciences de la vie continue à se développer au niveau mondial, la diversité et l’inclusion ne peuvent pas être une simple initiative parmi d’autres. Ce doit être le cœur de la politique de l’entreprise à tous les échelons et elles doivent se refléter dans les stratégies de recrutement, de rétention et de promotion. Un facteur tout particulièrement important en matière de diversité : recruter un panel de malades plus large pour un essai clinique nécessite de favoriser également une plus grande diversité au sein des intervenants afin d’aider à développer la confiance et faciliter la communication avec ces communautés.

    Accroître la diversité des malades

    2019 et les années à venir verront émerger un courant visant à encourager les membres de groupes minoritaires à participer aux essais cliniques. L’un des défis à relever sera que dans les pays développés, ces groupes se trouvent souvent dans des régions à faible revenu, et que les cliniciens n’y ont pas assez de ressources pour gérer le type de programmes d’engagement du patient nécessaires pour inciter de nouvelles communautés à intégrer des essais cliniques. En effet, lorsqu’une communauté n’est pas habituée à participer à de telles études, il est nécessaire d’employer bien plus de moyens pour éduquer les patients potentiels sur les bénéfices, les risques, les protocoles et les processus des essais.

    Accroître la diversité des malades participant à des essais cliniques ne permet pas seulement d’accroître la taille du panel. Lorsque que l’on étudie des maladies plus rares, on s’aperçoit en effet qu’elles n’affectent qu’une petite partie de la population, dont les membres ne sont généralement pas des Caucasiens des classes moyennes.

    Donner de l’élan à la transformation numérique en adoptant les technologies émergentes

    Les nouvelles technologies, comme les dispositifs portables, le contrôle à distance et les visites cliniques virtuelles contribuent déjà à replacer le patient au cœur des essais cliniques. Les réseaux sociaux offrent également des opportunités accrues en matière d’engagement des patients.

    L’intelligence artificielle (IA) a d’ores et déjà commencé à s’imposer dans le secteur des sciences de la vie, tout d’abord dans le cadre de la découverte et le développement de médicaments, puis pour des applications tout au long du cycle de vie du produit. Le secteur des sciences de la vie regorge de procédures générant de multiples données, or l’IA commence tout juste à y être utilisée pour collecter, gérer et utiliser intelligemment toutes les données structurées et non structurées.

    Pour 2019 et les années suivantes, l’IA est la plus à même d’aider à analyser les gros volumes de données sur les malades, permettant ainsi aux cliniciens et aux professionnels de santé de passer plus de temps avec leurs patients et donc de renforcer la dimension humaine des essais. Parmi les applications clefs de l’AI, du machine learning (apprentissage automatique) et du big data analytics (analyse des données volumineuses) dans le secteur pharmaceutique pour l’année à venir, on peut citer :

    • la curation et l’importation de données : par exemple en rationnalisant les multiples façons d’enregistrer (plus de 700) le genre du malade dans les essais cliniques ;
    • l’accélération de la découverte de biomarqueurs : le Machine learning regroupe les profils génomiques au niveau du patient et aide à comprendre les causes de la maladie et des effets indésirables ;
    • l’identification des valeurs aberrantes via le big data analytics permettra d’accélérer l’obtention de l’approbation des organismes de régulation ;
    • l’utilisation de l’intelligence artificielle et du Machine learning réduira la nécessité de recourir à des essais contre placebo.

    Aujourd’hui, les entreprises pharmaceutiques doivent gérer d’énormes volumes de données. A cause de l’environnement compétitif et de la rigueur des normes réglementaires, ces données sont cachées derrière des pares-feux et restent inaccessibles pour le reste du monde. En 2019 et après, le big data analytics continuera à combiner les données issues de différentes sources et à révéler de nouvelles relations et de nouvelles conclusions qui seraient restées inconnues sans cela.

    Dernier point, et non des moindres, le Machine learning va devenir de plus en plus un outil très utile pour le R&D pharma, à condition que les infrastructures de données les plus avancées soient mises en place, que les bonnes questions soient posées, que les objectifs importants soient bien définis et qu’une formation suffisante aux data soit dispensée. Si toutes ces conditions sont remplies, les modèles d’apprentissage automatique vont accélérer de manière exponentielle le processus de R&D.

    L’essor de la thérapeutique numérique

    La thérapeutique numérique constitue déjà une option de traitement pour certains troubles mentaux, dont l’alcoolisme, via des moyens pouvant aller du thérapeute numérique à la gamification de la gestion de la dépendance. L’industrie des sciences de la vie continuant d’exploiter le potentiel des nouvelles technologies, les thérapies numériques seront de plus en plus intégrées aux pharmacothérapies traditionnelles.

    Pour de nombreuses maladies chroniques, le traitement médicamenteux est centré sur la gestion de la maladie, ce qui nécessite une surveillance et un traitement en temps réel. Des moniteurs connectés mesurant des paramètres tels que le sucre dans le sang, par exemple, pourraient être associés à un processus plus automatisé d’administration d’insuline, réduisant ainsi le risque d’incidents hypoglycémiques ou hyperglycémiques et diminuant le nombre de visites à domicile ou sur site ou d’admissions en urgence. Nous nous attendons à voir plus d’innovations de ce genre catégorie au cours de l’année à venir.

    Des effectifs fluctuants

    Les progrès de la mondialisation posent des défis majeurs au secteur pharmaceutique. Les grandes entreprises pharmaceutiques multinationales revoient considérablement leurs modèles économiques, ce qui a déjà entraîné la fermeture de plusieurs sites ainsi que des licenciements. De nombreux sites multifonctions sont en train d’être transformées en unités opérationnelles plus ciblées dans une optique de rationalisation.

    Le recours à la sous-traitance et la collaboration avec les sociétés de supply chain sont de plus en plus fréquents. De même pour le passage aux « génériques » lorsque les brevets portant sur les médicaments « vedettes » du XXe siècle arrivent à expiration, ouvrant ainsi la concurrence à des fabricants à faibles coûts. La réponse concurrentielle consiste à investir dans l’intégration de nouvelles technologies et le transfert rapide des connaissances dans de nouveaux produits.

  • Soins non programmés : l’ARS IDF développe un outil pour prédire les flux d’activité grâce à l’IA

    L’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France (IDF) souhaite développer un outil permettant aux professionnels de santé, aux établissements de soins et à l’ARS de prédire les soins non programmés en anticipant les flux d’activité dans l’optique d’optimiser l’organisation du système de santé et la mobilisation des ressources. L’ARS rappelle que l’accès aux soins non programmés fait partie des priorités du plan national Ma santé 2022 et du projet régional de santé d’Île-de-France.

    Les acteurs de santé de la région, dont le Lab Santé, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Sesan et l’AP-HP, vont participer avec l’agence régionale de santé au développement de prédictions fiables à court, moyen et long terme d’un nombre important d’indicateurs portants sur les soins urgents et non programmés, précise l’ARS IDF dans un communiqué publié le 11 mars 2019.
    Dans le cadre de ce projet, des bases de données de santé volumineuses (big data), directement liées à l’activité des services d’urgence ou des Samu, de climatologie (Météo France), de qualité de l’air (Airparif) ou provenant des réseaux sociaux vont être exploitées.

    Le dispositif fonctionnera grâce à la puissance de calcul des algorithmes de prédiction issus de la recherche en intelligence artificielle (IA), l’ARS s’inscrivant ainsi dans la démarche présentée dans le rapport Villani de mars 2018, dont la préconisation centrale est de donner un sens à l’intelligence artificielle dans l’optique d’établir une stratégie nationale et européenne sur le sujet.

    Une IA pour anticiper les pics d’activités

    À terme, l’ensemble des professionnels de l’urgence, des directions des établissements de santé et de l’ARS disposeront d’un outil doté d’une interface « ergonomique et simple d’utilisation » visant à anticiper les pics d’activité liés :

    • aux phénomènes épidémiques prédictibles (bronchiolite, grippe…) ;
    • aux événements climatiques récurrents (canicule, neige-verglas, pics de pollution…) ;
    • aux événements calendaires prévisibles (vacances scolaires, événements sportifs ou socio-culturels de masse, mouvements sociaux…).

    L’objectif est d’encourager la coordination entre les acteurs territoriaux évoluant dans le domaine des soins non programmés, à l’hôpital mais aussi en ville.

    Les étapes du projet en 2019 :

    17 et 18 avril 2019 : atelier d’idéation

    2 journées d’idéation et d’ateliers de travail avec différents acteurs seront organisées pour :

    • réunir les futurs utilisateurs de l’outil : 60 personnes professionnelles de l’urgence, responsables établissements hospitaliers et l’ARS seront rassemblés ;
    • s’inspirer d’organismes de santé (ou d’autres secteurs) utilisant des outils similaires en France ou à l’international ;
    • aligner l’ensemble des parties prenantes sur les modes de fonctionnement et de gouvernance de l’outil ;
    • fédérer « autour d’un projet ambitieux et innovant », commente l’agence régionale de santé Île-de-France.

    Septembre 2019 : 72 heures continues de datathon interne

    Un « datathon », qui aura lieu pendant 3 jours, regroupera start-ups, data scientists, développeurs et UX designers (professionnel en charge de l’expérience utilisateur et de l’interface Utilisateur, évolution du métier de web designer) avec pour objectif le développement du prototype de l’outil.

    Les prototypes et tous les livrables produits seront « la propriété intégrale » de l’ARS IDF, indique-t-elle.

    Fin de l’année 2019 : finalisation des développements de l’outil avec un objectif de mise à disposition des utilisateurs des établissements et de l’ARS

    Un comité de pilotage pour assurer la gestion stratégique du projet

    La gestion stratégique du projet sera assurée par un Comité de pilotage, indique l’agence régionale de santé d’Île-de-France. Les fédérations représentant les établissements de santé d’Île-de-France et l’AP-HP seront invitées à participer afin d’accompagner l’ARS dans la gestion du projet.

    La démarche s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’agence régionale de santé, le Lab Santé d’Île-de-France et le Liberté Living-Lab. « Les compétences informatiques et de traitement de l’information en santé du GCS Sesan seront mobilisées à toutes les étapes : de l’élaboration du prototype au développement de l’outil, puis pour le déploiement et l’accompagnement des utilisateurs de l’outil », précise l’ARS IDF.

  • PoC

    Proof of concept

  • La santé est « à la veille d’une vague d’innovations de rupture » (F. Bourse, Futuribles – conf. Leem)

    « Tout va bouger car nous sommes à la veille d’une vague d’innovations de rupture », annonce François Bourse, directeur d’études à Futuribles, centre de réflexion et d’études prospectives. Seraient notamment à prévoir la « montée en puissance de la médecine de précision » et un « bouleversement du parcours de soins », qui verra le foyer du patient devenir « le principal lieu de soins », ajoute-t-il, intervenant à l’occasion de la conférence « Comment anticiper le futur de l’innovation pour être bien soigné en 2030 ? », à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    L’événement était organisé le 14 mars 2019 à Paris par Le Leem, qui a présenté son rapport « Santé 2030 », une analyse réalisée avec Futuribles dans l’optique de « relever les défis de la santé de demain ».

    Le big data, « un enjeu extrêmement important »

    « Le big data devient un enjeu extrêmement important » de connaissance du comportement d’un médicament en conditions réelles d’utilisation, explique Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, citant le Health data hub, un des volets du projet de loi santé. La France possède les plus grandes bases de données du monde dans ce domaine, souligne-t-il : elle a un potentiel extrêmement important pour devenir une plateforme d’excellence européenne voire mondiale en matière de pharmaco-épidémiologie, estime-t-il.

    Une Académie de l’IA est en train d’être imaginée par le Leem, le Snitem et le Syntec numérique

    Philippe Lamoureux regrette de voir que lorsque l’industrie pharmaceutique cherche à développer ses possibilités en intelligence artificielle (IA), elle a tendance à aller chercher des compétences ailleurs : il y a pour lui un vrai enjeu dans la capacité à développer un vivier de spécialistes en IA appliquée à la santé. D’où l’idée d’une Académie de l’intelligence artificielle, lancée par le président du Leem, Philippe Tcheng : le projet fait l’objet d’un travail mené conjointement avec le Snitem et le Syntec numérique.

    « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire » (F. Collet, Novartis)

    Frédéric Collet, président de Novartis Groupe France, livre pour sa part son point de vue d’industriel. « Avec la data, on a l’impression d’être assis sur une mine à laquelle on n’avait pas accordé la considération nécessaire, explique-t-il, sans doute parce qu’on n’en était pas capable :  tous les laboratoires aujourd’hui sont concentrés sur cet enjeu là ». Il souligne la nécessité d’intégrer dès le début la notion d’accès et de population dans le contexte d’une médecine de plus en plus personnalisée, qui place le patient au centre.

    La lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce à l’IA et les traitements ciblés

    Nicolas Girard, oncologue et chef de service à l’Institut Curie, souligne  le rôle des applications qui permettent aujourd’hui de collecter les données directement à partir du patient : celui-ci remplit sur smartphone des formulaires sur ses symptômes, ce qui permet d’avoir un rapport complet à l’entrée à l’hôpital, et modifie complètement l’approche de la consultation.

    Selon Nicolas Girard, la lutte contre le cancer en 2030 aura subi « une révolution » grâce notamment aux outils de l’intelligence artificielle et à la diffusion de traitements ciblés. L’accès aux données de vie réelle bouleverse déjà la discipline : alors qu’accéder aux dossier médicaux de 500 à 1000 malades prenait 6 mois à un an, il aujourd’hui suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir tout de suite les données de 600 malades.

    « Nous allons vers une transition d’une médecine de réaction à une médecine d’anticipation », estime Hervé Chneiweiss, neurologue et président du comité d’éthique de l’Inserm, citant les recherches qui tentent depuis 2015 d’établir un diagnostic précoce des symptômes de la maladie de Parkinson à partir de la façon dont une personne tape au clavier, ou du spectre de sa voix : la machine détecte un tremblement imperceptible par l’humain.

    « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire » (H. Chneiweiss, Inserm)

    Sur une question de l’AFP, cherchant à savoir si les hôpitaux sont prêts à jouer le jeu du Health Data Hub au lieu de le considérer comme une énième source de contrainte, Nicolas Girard souligne que l’exploitation des données nécessite la compétence du médecin, et son implication : il est selon lui nécessaire que des comités s’organisent pour encadrer l’utilisation des données, à la fois en local et pour des projets d’échange.  

    « Les médecins sont prêts, les systèmes hospitaliers pas forcément », estime pour sa part Hervé Chneiweiss, pointant du doigt « une réglementation sur la protection des données personnelles qui s’est accumulée au fil du temps ».

    Les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés

    « De mon bureau a l’Inserm, je ne peux pas accéder à des données patients », témoigne-t-il. « Il me faut aller deux étages plus bas dans le service sur un autre ordinateur ». « Il y a un énorme travail de bioinformatique à faire », conclut-il :  les algorithmes sont écrits par des personnes avec des a priori, des objectifs qui ne doivent pas être biaisés.

    « L’analyse des tumeurs génère des masses de données, il est nécessaire de leur poser les bonnes questions », ajoute-t-il. Il faut, selon lui, également se demander comment utiliser au mieux les données du passé pour générer de nouvelles pratiques.

  • AAP

    Appel à projets

  • ExclusifPlan IA : Bpifrance et la DGE lancent un appel à manifestation d’intérêts Challenges IA-Santé

    Un appel à manifestation d’intérêts (AMI) est ouvert du 14 mars au 17 avril 2019, pour recruter des organisations souhaitant mener des projets sur leurs données en lien avec des start-ups. Piloté par la Direction générale des entreprises (DGE) en lien avec le Secrétariat général pour l’investissement et opéré par Bpifrance, il vise à sélectionner des entreprises, entités publiques et associations basées en France (appelées « sponsors ») chargées de proposer de nouveaux challenges dans des secteurs identifiés comme prioritaires en matière d’intelligence artificielle (IA) : santé, transport-mobilité, environnement et défense-sécurité (désignés sous le terme « Challenges IA »).
    Le Cabinet  Care Insight a été choisi comme accompagnateur des challenges du secteur santé.

    Les challenges ont pour objectif d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires :
    • en permettant à des start-ups de développer leur offre de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • en favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec de start-up expertes en IA ;
    • et en permettant ainsi l’émergence de solutions radicalement nouvelles pour tous les acteurs.

    Les « Challenges IA » sont financés dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA) en cohérence avec le plan « Intelligence Artificielle (IA) » annoncé par le président de la République.

    Les réponses doivent être adressées exclusivement sous forme numérique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance accessible via ce lien, et ce avant le 17 avril 2019 à 12h00, la date et l’heure de réception faisant foi.

    Le processus des challenges IA

    • La phase 1 (réalisée) a permis la sélection des accompagnateurs, au cours de laquelle Care Insight a été sélectionnée pour accompagner le secteur santé.
    • La phase 2, lancée le 14 mars, est un appel à manifestation d’intérêt pour entités souhaitent devenir de futurs sponsors.

    Chaque « Challenge IA » est proposé et porté par un « sponsor », entité publique ou privée, porteuse d’une problématique applicative précise et de jeux de données.

    L’objectif de cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) est de proposer à ces différents acteurs de se manifester et de répondre à l’appel à projets (AAP). Le cahier des charges et le dossier de candidature disponibles sont téléchargeables ci-contre.

    Un processus de sélection, dans lequel Care Insight aura pour mission d’accompagner les candidats sponsors, étudiera les challenges proposés et conduira à une sélection de 1 à 3 « challenges » à la fin mai 2019.

    • Phase 3 : sélection des « lauréats »

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs start-ups lauréates, qui construiront en un délai limité (typiquement de 3 à 12 mois) une preuve de concept (PoC) d’une solution innovante à la problématique posée basée sur l’intelligence artificielle.

    Care Insight, accompagnateur du secteur santé :

    Les accompagnateurs de chaque thématique ont plusieurs missions :

    • apporter un appui opérationnel sur l’organisation et l’expertise des dossiers de soumission des challenges et projets proposés lors de l’AMI « sponsors » et de l’AAP « lauréats ».
    • assurer un accompagnement des sponsors suite à leur sélection lors de l’AMI « sponsors » pour aider chaque sponsor à définir sa stratégie de valorisation de ses données par l’IA, contribuer à la définition du challenge et participer à sa mise en place technique.

    Pour accompagner les challenges, Care Insight mobilise une équipe composée d’experts IA, éthique, juridique et communication.

    Rompue à l’organisation de Challenges et à la conduite de projets complexes en santé numérique, Care Insight mise sur ses métiers historiques et 9 experts datascientists.

    • les diverses expertises de l’équipe autour de la santé numérique : veille, conseil, communication et think tank ;
    • 9 experts en IA santé de profils et compétences différentes :
      • profils experts ou juniors ;
      • avec une expérience du monde public ou privé ;
      • couvrant différents domaines, tels que la computer vision, l’architecture, le réseau, le biomédical, le traitement du signal, les data analytics (analyse des données), la dataviz (visualisation de données), la sécurité et la blockchain ;
    • un référent « éthique en santé » : David Gruson, à l’origine de l’initiative Ethik IA, qui vise au déploiement d’outils de régulation positive de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans le champ sanitaire et médico-social.