Formation continue
care_insight
-
CRISPR
Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats, familles de séquences répétées dans l’ADN
-
Les start-ups e-santé ont levé 14,6 milliards USD (12,9 Mds €) en 2018 – rapport Startup Health
Les start-ups du secteur de la e-santé ont battu un record en 2018 en levant au total 14, milliards de dollars US (environ 12,9 Mds €) sur l’ensemble de l’année, indique un rapport de l’organisation Startup Health, publié fin mars 2019.
Dans le détail :
• 769 levées de fonds ont été menées dans le domaine de la santé numérique en 2018, contre 860 en 2017 ;
• malgré une baisse du nombre d’opérations effectuées, la somme totale recueillie est plus importante d’une année sur l’autre, avec 14,6 milliards de dollars récoltés, soit une hausse de 25 % par rapport à 2017.La tendance se confirme pour l’instant en 2019. Au premier trimestre de cette année, 137 start-ups ont réalisé une levée de fonds, avec un total de 2,9 milliards de dollars US (2,6 Mds €) recueillis, indique Startup Health.
Les 3 tours de table les plus importants sont les suivants :
• Clover Healt (États-Unis), une société qui utilise l’analyse de données et les soins préventifs pour améliorer l’assurance maladie des personnes âgées : 500 millions de dollars (444,7 M€) levés, soit 17 % du total ;
• Doctolib (France), plateforme de télémédecine : 170 millions USD (150 M€) récoltés ;
• Beam Therapeutics (États-Unis), pionnier dans utilisation de la base CRISPR pour développer des médicaments génétiques de précision : 135 millions USD (120 M€) recueillis.Startup Health relève par ailleurs que Paris est la métropole les plus attractive hors États-Unis en ce qui concerne les investissements en e-santé, avec un total de 276 millions de dollars (245,5M€) levés en 2018, contre 147 millions USD (130,8 M€) à Pékin (Chine) et 126 millions USD (112M€) à Tel-Aviv (Israël), respectivement deuxième et troisième de ce podium.
Montant total récolté de 2010 à 2019
Nombre d’investisseurs de 2010 à 2019
Investisseurs les plus actifs en 2018 et au 1er trimestre 2019
Paris, métropole la plus attractive hors États-Unis
Métropoles les plus attractives hors États-Unis
Détails des opérations menées par les métropoles les plus attractives hors États-Unis
-
Le Parlement européen veut imposer la transparence aux plateformes numériques
Le règlement européen « B2P » (Business to platforms) prévoit de réguler les conditions d’utilisation des plateformes et leurs conditions d’accès aux données générées et recueillies au cours des échanges avec les utilisateurs. Il veut aussi faciliter le règlement des conflits entre les 2 catégories d’acteurs, par la médiation plutôt que par le recours à la justice.
Le Parlement européen a adopté ce règlement le 17 avril 2019 dans l’optique de réguler les pratiques commerciales entre les plateformes en ligne comme Google et Amazon et les entreprises dont elles commercialisent les biens et services.
Le texte doit encore être formellement approuvé par le Conseil de l’Union européenne, avant d’entrer en vigueur 12 mois après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne (Joue).
Le détail des mesures prévues par le règlement
La version du règlement adoptée par le Parlement européen prévoit d’imposer aux plateformes :
- de rendre leurs conditions générales « aisément accessibles » aux entreprises utilisatrices « à tous les stades de la négociation commerciale » et de leur accorder, en cas d’évolution de ces conditions, un préavis d’au moins 15 jours ouvrant droit à la résiliation du contrat ;
- de donner aux entreprises utilisatrices « une description claire de l’ampleur, de la nature et des conditions de leur accès à certaines catégories de données et de leur utilisation de ces données » ;
- d’informer leurs partenaires de « tout partage de données avec des tiers » dès lors qu’il « répond à des finalités qui ne sont pas nécessaires au bon fonctionnement des services d’intermédiation en ligne », notamment « lorsque le fournisseur du service tire profit de ces données à des fins commerciales » ;
- de mettre en place un service interne de traitement des plaintes « fondé sur les principes de transparence et d’égalité de traitement entre situations équivalentes » et de nommer dans leurs conditions générales « au moins deux médiateurs », auxquels ils acceptent d’avoir recours, afin d’éviter aux entreprises « des procédures judiciaires qui peuvent être longues et coûteuses »;
- d’inclure dans leurs conditions générales « les principaux paramètres déterminant le classement » de leurs partenaires et des biens et services qu’ils proposent ainsi que « les raisons justifiant l’importance relative de ces principaux paramètres par rapport aux autres paramètres », y compris lorsque les plateformes proposent d’améliorer ce classement à titre onéreux.
« Une étape importante du marché unique numérique »
Avec ce règlement, l’Union européenne (US) « établit des normes mondiales pour ces plates-formes » et se trouve ainsi en mesure de mettre fin au « Far West », commente l’eurodéputée danoise Christel Schadelmose (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), rapporteur du texte, lors de son intervention à Strasbourg. « Nous dotons l’Union de ses propres règles », abonde l’eurodéputé français Philippe Juvin (Parti populaire européen), soulignant l’importance de « ne pas subir les législations étrangères » ou « la loi des puissances économiques les plus fortes ».
Un texte conçu en pensant aux « millions de petites et moyennes entreprises » confrontées à de nombreuses « pratiques déloyales »
Les 3 membres de la Commission européenne chargé du marché unique numérique concernés par le règlement « B2P » sont :
- Andrus Ansip, vice-président de ladite commission ;
- Elżbieta Bieńkowska, commissaire chargée du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME ;
- Mariya Gabriel, commissaire chargée de l’économie et de la société numériques.
Ils soulignent dans une déclaration commune que ce texte a été conçu en pensant aux « millions de petites et moyennes entreprises » aujourd’hui confrontées à de nombreuses « pratiques déloyales », « suspensions de comptes inexpliquées », « classements opaques dans les résultats de recherche », des litiges coûteux.
Selon eux, le règlement « profitera aussi largement aux consommateurs », en incitant les entreprises à investir les plateformes en ligne, ce qui « élargira le choix des biens et des services, améliorera leur qualité et fera baisser leur prix ».
La CE salue le vote de ce règlement
La Commission européenne salue dans un communiqué le vote de ce « tout premier règlement au monde » à tenter de réguler les relations commerciales au sein de l’économie des plateformes en ligne, le présentant comme « une étape importante du marché unique numérique ».
-
Agora FHF : « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? » 21/05/2019
Dans le cadre du salon Paris Healthcare Week, la Fédération hospitalière de France (FHF) organise le 21 mai 2019 au pars des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, une agora de 15 à 16 heures sur le thème « L’intelligence Artificielle n’est plus un mythe. Comment se lancer ? ».
« Après la remise du rapport Villani et de celui de France Stratégies, le président de la République a annoncé un grand plan IA Français avec comme priorités le véhicule autonome et la santé, contextualise la FHF. Les lancements notamment, de la plateforme de données de santé, des instituts 3IA, des appels à manifestation d’intérêt… doivent permettre le développement de l’IA dans la santé. »
Programme
- Modératrice : Dr Salima BENHAMOU, France Stratégie
Retour d’expériences d’IA dans des établissements pionniers
- Dr Emmanuelle SEJOURNE, radiologue à Poissy, Yvelines, Île-de-France.
Chercheurs, utilisateurs, industriels, quelles synergies ? Regards croisés
- Pr Zyed ZALILA, professeur à l’université de technologie de Compiègne ;
- Dr Frédéric MARTINEAU, radiologue GHT de la côte basque ;
- Dr Icham SEFION, Syntec numérique ;
Appel à Manifestation d’Intérêts : une opportunité pour se lancer
- Sandrine DEGOS, Care Insight
-
E-pharmacie : la FSPS propose de reconstituer toute la chaîne de distribution de manière virtuelle
L’USPO refuse la perspective d’« une plateforme [de e-pharmacie] qui mettrait en place une logistique spécifique à internet ». La FSPF, de son côté, lance l’idée de « reconstituer toute la chaîne de distribution du médicament de manière virtuelle » et annonce le lancement pour l’été 2019 d’un site, le Lepharmacien.fr, indiquant pour chaque médicament les prix minimum et maximum ainsi que les informations scientifiques. Ces déclarations ont été émises le 16 avril par les 2 organisations, reçues avec les autres syndicats de pharmaciens et les représentants de l’Ordre au ministère des Solidarités et de la Santé pour évoquer le dossier de la vente de médicaments en ligne, après que le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le 5 mars sa volonté d’assouplir la réglementation pour faire baisser les prix.
Plusieurs modifications importantes du Code de la santé publique ont été débattues lors de cette entrevue.
Dans un contexte d’inquiétude sur l’avenir des officines et sur le renchérissement des produits de santé, les représentants de la profession ont approuvé la transformation des autorisations des sites de vente en ligne en déclaration formelle mais rejeté l’expédition des médicaments à partir d’un lieu de stockage distinct de l’officine.Concurrence et niveau des prix
Après la publication le 4 avril de l’avis de l’Autorité de la Concurrence qui se prononçait en faveur de modifications en ce sens, la profession a fait part de sa vive préoccupation.
- L’Ordre national des pharmaciens a mis en garde contre « la désorganisation de la dispensation des médicaments et la financiarisation du réseau des pharmacies », refusant de « casser un modèle qui garantit la sécurité sanitaire des patients ».
- La FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques) a dénoncé pour sa part une « ubérisation » ouvrant sur « la destruction du réseau officinal de proximité ».
- L’USPO (Union des syndicats de pharmaciens d’officine) a pour sa part lancé une pétition accusant « le capital et la grande distribution » de vouloir « faire main basse sur (la) santé ».
Les prix des médicaments « se sont envolés » : « des écarts de prix aussi remarquables en officines que sur internet »
Le prix des médicaments a fait partie des sujets centraux de la discussion du 16 avril entre la profession et le ministère, avec la publication de l’étude annuelle de l’association Familles rurales selon laquelle 10 ans après l’introduction de la vente en libre accès des médicaments sans ordonnance « les prix se sont envolés » .
Les auteurs du document constatent cependant « des écarts de prix aussi remarquables en officines que sur internet », le prix d’un même médicament passant « du simple au double voire au triple » « quelle que soit la surface de vente » : ils soulignent également que « sur internet, les conseils font défaut » alors que les « produits à risque » que sont les médicaments « nécessitent une information préalable à l’achat ».
Ouvertures et contre-propositions
La profession approuve le projet de transformer l’autorisation des sites de vente en ligne en déclaration formelle par le pharmacien
Lors de la réunion, les représentants des pharmaciens ont approuvé le projet de transformer l’autorisation des sites de vente en ligne en déclaration formelle par le pharmacien, la conformité du site et le respect de la réglementation étant contrôlées a posteriori par les agences régionales de santé (ARS).
Opposition unanime à l’autorisation des « locaux déportés »
Ils se sont en revanche unanimement insurgés contre la proposition du gouvernement d’autoriser les « locaux déportés », c’est-à-dire l’expédition des médicaments à partir d’un lieu de stockage distinct de l’officine, légale dès lors que l’entrepôt est situé dans le même département.
« Oui à la mutualisation en ce qui concerne la gestion du portail en lui-même, mais il ne faut pas aller plus loin » déclare Gilles Bonnefond, président de l’USPO (source : Le Quotidien du Pharmacien), jugeant que « le portail ne doit pas déboucher sur une plateforme qui mettrait en place une logistique spécifique à Internet. » Il met également en garde contre le risque de « prendre en otage » les petites officines, qui « auront des distorsions entre les prix pratiqués dans le point de vente physique et ceux affichés sur le site ».
La FSPF propose de « reconstituer toute la chaîne de distribution du médicament de manière virtuelle »
Le président de la FSPF Philippe Besset adresse au gouvernement une contre-proposition consistant à « reconstituer toute la chaîne de distribution du médicament de manière virtuelle » : il s’agirait de confier aux grossistes-répartiteurs et aux groupements la mise à disposition des produits sur les sites, de sorte que le pharmacien continuerait à contrôler ses achats, ses ventes, sa facturation, ainsi que le dernier kilomètre dans la livraison des produits.
Philippe Besset affirme ne pas croire à un effet internet sur les prix : « Peut-être qu’il y aura quelques baisses de prix», «c’est toujours possible, mais de quelques centimes.», estime-t-il, soulignant que le prix de ces produits est « de quelques euros ». Selon lui, les économies minimes réalisées par les patients seraient absorbées par les frais de port. Répliquant à l’étude de Familles rurales, il accuse la hausse de la TVA et la politique tarifaire des laboratoires.
Lepharmacien.fr : lancement d’un site sur lequel seront indiqués tous les prix minimum et maximum pratiqués
En réponse à la demande de transparence exprimée par le gouvernement autant que par les consommateurs, le président de la FSPF annonce pour l’été 2019 le lancement d’un portail, Lepharmacien.fr, sur lequel seront indiqués « tous les prix mini et maxi pratiqués dans 14 000 officines, pour tous les médicaments vendus en pharmacie[,avec] pour chacun la fiche de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la fiche du Vidal-Famille ».
-
Livre blanc Elsevier : Comment et jusqu’où l’hôpital peut-il intégrer les outils d’aide à la décision
“Il est important que les médecins qui sont en exercice aujourd’hui prennent à bras-le-corps le sujet [de l’aide à la décision clinique] en termes de création de base de données et de conception des algorithmes. Il me semble extrêmement important que ce soit vraiment l’affaire des professionnels dès maintenant », estime le Pr Anita Burgun, médecin spécialiste en biostatistique médicale santé publique (Paris-Descartes & HEGP), cité dans le livre blanc « Aide à la décision clinique : IA et big data – impacts et limites vus par les médecins », récemment publié par Elsevier. Il s’agit d’une synthèse des interventions du symposium organisé par le groupe sur cette thématique en décembre 2018, enrichie d’extraits vidéos des tables rondes.
Après un rappel du contexte, puis des usages et des limites des systèmes d’aides à la décision clinique, avec un focus sur l’attente des hôpitaux face à ces nouveaux outils et sur la gouvernance médical, Elsevier se demande « comment et jusqu’où l’hôpital peut-il intégrer les outils d’aide à la décision », à travers 2 axes :
• les places respectives de l’intelligence artificielle et de l’humain dans la médecine du futur ;
• les conditions pour faciliter l’échange et le partage de données patients, informations et connaissances.Health & Tech Intelligence, qui a pu se procurer le livre blanc, synthétise les éléments clefs du document, en revenant sur les interrogations que pose l’intégration de l’IA dans l’aide à la décision clinique et les freins à son développement dans les établissements de soins, mais aussi sur les applications possibles.
IA et aide à la décision clinique : 4 sujets d’interrogation
« Si l’introduction de ces systèmes intelligents au cœur de la pratique clinique ouvre des opportunités quasi sans limites, elle est également accompagnée de nombreux obstacles et questionnements », analyse Elsevier, qui identifie 4 sujets d’interrogation.
L’interopérabilité
Les différents systèmes n’intègrent pas eux-mêmes les bases de connaissances et les données patient. C’est le médecin qui réalise l’interconnexion.
La responsabilité du professionnel de santé en cas de contentieux
« Qu’en sera-t-il si le médecin a refusé de suivre les indications de la machine ? S’il l’a au contraire suivie, sera-t-il déchargé de toute responsabilité ? », interroge Elsevier.
L’éthique
- « Qui aura accès à ces systèmes d’aide à la décision ? » ;
- « Les patients seront plus autonomes, mais seront-ils toujours correctement accompagnés ? » ;
- « La décision sera-t-elle toujours entre les seules mains du médecin ? »
L’évaluation des systèmes
- Pour limiter les risques, il faudra établir des moyens de contrôle du processus via des certifications et labellisations des systèmes ;
- pour les systèmes basés sur les données, il faudra vérifier la qualité des données ;
- pour les systèmes à base de connaissances, « la question se complexifie, note Elsevier. Tout cela pose la question de la traçabilité de la décision, qui reste pour l’instant une problématique majeure. »
3 obstacles qui freinent la mise en place des outils d’aide à la décision dans les hôpitaux
L’investissement
La pression économique sur l’ensemble des établissements de santé, privés ou publics est telle qu’ils ne sont pas en capacité d’investir pour innover sur cette thématique.
La disponibilité des données
« Malgré les nombreux systèmes d’information, nous manquons de données, note Elsevier. Si les peurs à ce sujet sont parfois légitimes, il sera nécessaire de trouver des moyens réglementaires pour faciliter l’accès aux données. »
Mode d’introduction
« On ne doit pas négliger l’acceptation des utilisateurs, et ce, dès la phase d’élaboration, estime Elsevier. Sans travail de communication et de co-construction, le développement de ces technologies risque d’échapper totalement aux praticiens qui sont supposés les utiliser. »
Comment et jusqu’où l’hôpital peut-il intégrer les outils d’aide à la décision ? Places respectives de l’IA et de l’humain dans la médecine du futur
La machine au service de la relation humaine
La première utilité des systèmes basés sur IA doit être de préserver l’essence des métiers médicaux : leur dimension humaine, la qualité des soins et le dialogue.
- Les robots déchargeront le médecin de certaines tâches, tout en le sécurisant vis-à-vis des protocoles.
- La machine s’impose aussi au service de la performance, notamment en permettant aux praticiens de s’entraîner avant une opération sur des avatars virtuels afin de bien anticiper toute difficulté éventuelle.
L’importance de la formation à l’esprit critique
« Tous ces changements d’usage imposent nécessairement que l’on se pose la question de la formation, commente Elsevier. Mais au-delà de l’opportunité que représentent les nouvelles technologies pour l’entraînement et la simulation (chirurgie augmentée notamment), les études de médecine devront plus que jamais intégrer les notions de sémiologie du risque, d’éthique et par-dessus tout de doute, afin de préparer les futurs médecins aux défis de demain. »
Quelles conditions pour faciliter l’échange et le partage de données patients, informations et connaissances ?
Les données, un bien commun ?
En France, il existe divers collections et entrepôts de données (Sniiram, SNDS, Health Data Hub, etc.).
Ces données financées par la collectivité et les cotisations sociales représentent « un véritable patrimoine commun qui concerne chaque citoyen ». Comment partager ce patrimoine commun ? Qui est en droit d’y avoir accès ? De quelle manière ? Et dans quel objectif ?
« Nous ne sommes pas simplement sur un sujet d’outil mais aussi sur un sujet de débat politique : comment veut-on partager un patrimoine public commun ? C’est ce qui fait la particularité du système français, la quasi-totalité des données dont on parle est financée par la collectivité et par les cotisations sociales », commente Frédéric Rimatte, directeur général adjoint du CHU de Rennes.
Comment structurer et organiser ces données ?
- Des efforts de normalisation
Les données de santé sont très hétérogènes. Pour qu’elles puissent être bien accueillies dans les entrepôts, le travail de structuration doit débuter dès la phase de traitement et concerne toute la chaîne de données, indique Elsevier :
– formation des étudiants à remplir correctement un dossier médical ;
– utilisation de standards normalisés, en termes de codage sémantique, terminologies et référentiels (ex: standard OMOP4) ;
– implémentation de standards dans les logiciels producteurs des données.- Penser la convergence
« Au-delà du défi de l’interopérabilité, déjà difficile à relever par les établissements de santé, la loi impose à l’ensemble des établissements un système d’information convergent, dans le cadre des groupements hospitaliers de territoire (GHT), est-il rappelé dans le livre blanc. Mais cette notion reste nébuleuse et sa mise en pratique représente un véritable challenge qui implique la mise en place d’un système unique et partagé par les acteurs du public, du privé et les libéraux, au sein d’un même territoire. »
Quid du consentement
- Du contrat social
Dans le contexte de l’entrée en vigueur du RGPD, il est nécessaire d’informer les patients et de faire preuve de transparence, sur les sujets de réutilisation notamment de leurs données. « Nous devons acquérir la confiance du patient et nous saisir collectivement de la responsabilité de sa protection, commente Elsevier. D’où l’importance de l’élaboration d’un contrat social. »
- Qu’en est-il de l’anonymisation ?
La notion d’anonymisation reste floue, constate Elsevier, « et ne peut être absolue car les données deviendraient alors inutiles ». Le groupe identifie 2 pistes de méthodes pour tendre vers l’anonymisation :
– la désidentification : qui n’est pas totale et dont le cadre légal n’est pas véritablement défini, avec la Cnil notamment ;
– l’ »avatardisation » : transformation des données en conservant leurs propriétés statistiques pour éviter la réidentification.Hébergement des données et sécurisation
- Les réglementations se durcissent
L’hébergement des données médicales par un tiers nécessite le respect de cahiers des charges très stricts et l’acquisition de :
– certification hébergeur de données de santé ;
– homologation SNDS.« Ces démarches sont lourdes et représentent des investissements colossaux que les établissements de santé ne peuvent pas absorber de façon individuelle, analyse Elsevier. Il est ainsi nécessaire de rassembler tous les acteurs et de repenser nos modes de stockage et d’accès aux données. »
- Vers une nouvelle structuration d’hébergement
« Il est nécessaire d’envisager une nouvelle structuration passant par un hébergeur tiers qui puisse garantir cette sécurisation de nos données collectives, commente Elsevier.
En revanche, si la centralisation du stockage de données au niveau national ou interrégional paraît une évidente nécessité, certains acteurs, comme le Health Data Hub se prononcent haut et fort en faveur d’une déconcentration du système. Via le désir d’implantation de hubs locaux, au plus proche des acteurs du terrain, ils prônent la répartition pour entraîner tous les acteurs du système de santé, académiques, industriels, patients, corps médical, etc. »
-
Le numérique « n’est pas une fin en soi » et « doit apporter des améliorations de long terme » (OMS)
Dans un livret intitulé « Recommandations sur les interventions numériques capables de renforcer les systèmes de santé », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille, entre autres, l’usage des services de télémédecine, « en complément plutôt qu’en remplacement » des consultations en mode présentiel, et sous réserve que les conditions de sécurité, de confidentialité, de traçabilité soient assurées, ainsi que l’établissement des responsabilités, au moyen de procédures de conformité.
Dans ce document de 150 pages, publié le 17 avril 2019, l’OMS livre ses « lignes directrices » en matière d’e-santé, élaborées au cours d’une enquête de 2 ans auprès de spécialistes du monde entier. Le livret est présenté comme le premier travail d’une longue série sur le sujet, après que l’organisation a annoncé le 6 mars la création d’un département dédié à la santé numérique.
Autres recommandations clés de l’OMS en matière de numérique :
- l’usage de systèmes d’aide à la décision sur mobile pour les professionnels de santé, pour des tâches faisant partie du champ de compétence des agents concernés ;
- le suivi numérique de l’état de santé des patients, accompagné de dispositifs d’aide à la décision, pourvu que ce suivi soit intégré au traitement avec l’assistance d’un système de santé, et que soit garantie la confidentialité des données du patient ;
- la formation des professionnels de santé en ligne et sur mobile, en complément plutôt qu’en remplacement des pratiques d’apprentissage traditionnelles ;
- la notification des naissances et des décès sur appareils mobiles à condition que le système de santé qui en est le destinataire soit en mesure d’y répondre ;
- l’usage des technologies numériques permettant aux professionnels de santé de communiquer plus efficacement sur l’état des stocks de produits de base, à la condition également que le système de santé soit en capacité de réagir à temps et de la manière appropriée.
« Les technologies numériques ne sont pas une fin en soi », commente le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
L’ancien ministre éthiopien de la Santé estime cependant que « ce sont des outils essentiels pour promouvoir la santé, assurer la sécurité du monde et servir les plus vulnérables ».
Les technologies numériques « doivent apporter des améliorations de long terme par rapport aux méthodes traditionnelles», précise de son côté le Dr Soumya Swaminathan, directrice scientifique de l’organisation.
-
SNDS : typologie d’acteurs
La liste des études déposées auprès de l’INDS est à retrouver sur site de l’Indsante.fr. Ce fichier rassemble, par numéro chronologique les demandes d’études déposées à l’INDS depuis le 28 août 2017.
Health & Tech Intelligence fait le point sur les typologies d’acteurs et les délais d’instruction.
Au 5 avril 2019, les chiffres fournis par l’INDS étaient les suivants :
Origine des demandeurs
Depuis le 28 août 2017, 72 dossiers déposés à l’INDS concernent un industriel santé, 60 ont un CHU en responsable de traitement, 36 concernent un bureau d’études, 21 une association loi 1901, 13 l’Inserm-CNRS, 13 le ministère, 12 une université-école et 5 centres de lutte contre le cancer (CCLC).
Sources de données mobilisées
Depuis le 28 août 2017, 350 dossiers déposés à l’INDS concernent les dossiers médicaux, 215 des extractions du SNDS, 44 le PMSI seul, 42 des enquêtes, 34 des cohortes, 19 l’EGB, 16 des registres, 12 le Cépidc seul et 65 des autres cas.
-
SNDS : exemples de thématique d’étude
Recherche publique :
• (CHU) : analyse des parcours de soins en santé mentale des adolescents sur le territoire Ouest Hérault ;
• (CHU) : développement et évaluation d’algorithmes d’intelligence artificielle pour la détection des organes abdominaux et de leurs principales lésions dans des images d’échographie abdominale ;
• (CHU) : évaluation du programme d’accompagnement au retour à domicile chez les patients atteints de BPCO (PRADO BPCO).Recherche privée :
• Recherche privée : développement d’un algorithme d’intelligence artificielle pour l’interprétation de mammographie de dépistage ;
• Recherche privée (Clinique): analyse d’activité PMSI, analyse comparée établissements du même territoire analyse des pratiques de prises en charge et des flux ;
• Recherche privée (Bureau d’études) : étude des représentations du diabète et de l’éducation thérapeutique chez les patients diabétiques de type 2 : mieux comprendre les conceptions du patient diabétique afin de favoriser l’adhésion aux programmes d’ETP ;
• Recherche privée (EPST) : expérimentation « Prédiction de profils de patients à risque» avec le développement d’une application informatique permettant de détecter les risques de complication médicale encourus par un patient tout juste admis en hospitalisation en confrontant les données de prescription de médicaments lui étant prescrit le premier jour à des modèles prédictifs calculés en amont ;
• Recherche privée (Industriel de santé) : création d’un outil d’analyse des données PMSI ;
• Recherche privée : Medical Deep Learning Analyse des dossiers médicaux anonymisés non-structurés pour en extraire les diagnosticsoBureau d’étude : impact d’un programme de télé-monitoring pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque en Normandie (programme SCAD (Suivi Clinique à Domicile)) sur la mortalité, les ré-hospitalisations et les coûts ;
• Recherche privée(Bureau d’étude) : développement d’un outil de classification et de prédiction en vue d’établir une tarification au parcours de soins.