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  • DATA – Stratégie e-santé de la Lituanie et de la Slovénie (MAJ 2019)

    Stratégie e-santé de la Lituanie

    La Lituanie a profondément réorganisé son système de santé depuis qu’elle a retrouvé son indépendance : exclusivement public, centralisé et centré sur les hôpitaux au début des années 90, l’écosystème de santé a évolué de par des réformes de diversification, le développement des soins primaires, la restructuration du système hospitalier ainsi que la modernisation du système de rémunération et de la règlementation. 

    Avec sa Stratégie de santé 2014-2025, la Lituanie œuvre notamment pour assurer l’efficacité et la haute qualité des soins sur son territoire. Le développement de la e-santé s’inscrit dans cette feuille de route :
    • pour les professionnels : permettre l’accès efficace à l’information ;
    • pour les patients : permettre l’utilisation de services et de solutions de santé électroniques ;
    • pour la gestion du système de santé : faciliter la prise de décision de politiques de santé.

    Le Programme de développement du système de e-santé 2015-2025 assure la cohérence de la politique e-santé et une mise en route opérationnelle fluide. La Lituanie y met en avant son ESPBI IS, système d’information national pour services électroniques et infrastructure de coopération. Lancé en 2015 pour patients et professionnels, il comprend notamment un dossier médical électronique (EHR). Accessibles depuis un portail web, les patients peuvent y consulter résultats de laboratoires, certificats, “passeport santé”, vaccinations, données clés, e-prescriptions… La Lituanie s’appuie également sur l’interopérabilité sémantique de par la structuration et l’harmonisation des formats de documents.

    Stratégie e-santé de la Slovénie

    Sous l’autorité de l’Institut national de santé publique, la Slovénie met actuellement en place une vingtaine de services clés à sa stratégie e-santé, dont :
    • la e-prescription (mis en place en 2016) : concerne 92 % des prescriptions (août 2018) ;
    • le e-adressage et la prise de rendez-vous (mis en place en 2017) : 96 % de l’adressage se fait électriquement, plus de 450 000 prises de rendez-vous en ligne par mois (août 2018) ;
    • le registre centralisé du patient (mis en place en 2017) : plus de 15,6 millions de documents stockés pour près de 1,5 millions de patients (août 2018) ;
    • le portail patient qui regroupe l’ensemble de ses informations : près de 20 400 utilisateurs (août 2018) ;
    • le registre électronique des personnes vaccinées : plus de 570 000 dossiers (août 2018) ;
    • le réseau privé de télécommunication e-santé ;
    • l’interopérabilité socle ;
    • le e-triage ;
    • la téléAVC et la téléradiologie.

    Ces services s’appuient sur le numéro d’identification unique du patient, qui se trouve sur sa carte d’assurance maladie.

    La Slovénie avait défini une feuille de route e-santé pour 2005-2015. Ce projet national avait pour but :
    • de mettre en place un système d’information unifié ;
    • de lancer une unité centralisée pour le développement de la e-santé ;
    • de travailler sur la modernisation et la re-conception de processus et de services.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé de la Slovénie et de la Lituanie est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Conférence de l’Observatoire de la e-santé dans les pays du sud : le 01/07/2019, Lavaur (Tarn)

    La Conférence 2019 de l’Observatoire de la e-Santé dans les pays du Sud se tiendra le 1er juillet 2019 de 10h à 17 heures au siège de la Fondation Pierre Fabre, situé à Lavaur dans le Tarn.

    Cette année, la session sera consacrée au développement des nouvelles technologies pour améliorer l’accès aux soins et aux médicaments de qualité en faveur des populations les plus démunies en Afrique et en Asie.

    L’événement est organisé par la Fondation Pierre Fabre en partenariat avec l’Agence française de développement, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), la Fondation de l’avenir pour la recherche médicale appliquée et le Asia eHealth Information Network (AeHIN).

    Le programme de la journée sera annoncée prochainement sur le site officiel, accessible via ce lien.

    Une initiative lancée en 2016

    Crée en 2016 à l’initiative de la Fondation Pierre Fabre, l’Observatoire est devenu une plateforme de référence de mise en réseau des acteurs d’aujourd’hui et de demain qui relèvent les défis de l’accès à la santé des populations désavantagées grâce à l’innovation.

    Ses missions sont d’identifier, de documenter, de promouvoir et d’aider à développer les initiatives e-santé améliorant l’accès aux soins et aux médicaments qualitatifs pour les populations les plus défavorisées dans les pays à ressources limitées en Afrique et en Asie.

    Un accompagnement pour les projets e-santé les plus prometteurs

    La conférence 2019 permettra d’échanger sur les enjeux de la transformation des stratégies de santé aux bénéfices de tous grâce au renforcement des compétences en e-santé et à la construction de systèmes d’information efficients.

    Dans le cadre de cet Observatoire seront présentées et récompensées les initiatives de e-santé les plus prometteuses de l’année 2019, qui pourront bénéficier d’un accompagnement technique et financier d’un an par la Fondation Pierre Fabre.

  • MedTech Forum : Lattice Médical & Archeon remportent le challenge Starts-up innovantes du DM (Snitem)

    Lattice Médical décroche le prix du jury et Archeon obtient le prix « coup de cœur » du public dans le cadre de la 5ème journée « Start-up innovantes du dispositif médical », organisée le 14 mai 2019 par le Snitem, avec le soutien du ministère de l’Économie et des Finances et de Bpifrance. L’événement précède l’ouverture du MedTech Forum, qui se tient pour la première fois en France du 15 au 16 mai.

    • Lattice Médical : développe la bioprothèse Mattisse, un DM implantable permettant une reconstruction naturelle en régénérant les tissus adipeux. La société vise un marquage CE en 2023 et 10 % du marché mondial à l’horizon 2030, avec comme premier pays cibles en dehors de l’Europe les États-Unis et le Brésil.
    • Archeon : a conçu un dispositif basé sur l’IA qui aide à la ventilation et à la réanimation cardiaque pour la prise en charge des patients en situation d’urgence vitale.

    Le jury avait sélectionné 12 start-ups finalistes sur les 35 candidats proposés par les partenaires de l’évènement en régions (pôles de compétitivité et cluster Medtech).

    En dehors des 2 lauréats, les 10 autre candidats étaient :
    • Apollina ;
    • Casis ;
    • Diabnext ;
    • Grapheal ;
    • Hyprevention ;
    • Incepto ;
    • InHeart ;
    • Pixium Vision ;
    • Semeia ;
    • Sensome.

    Les 12 start-ups finalistes

    2 prix

    • Prix du jury : remis par Urgo Medical
      • assorti d’une dotation de 5 000 euros
    • Prix « coup de cœur » du public : vote des participants à l’issue de chaque pitch

    Le jury était composé de 11 entreprises (GE Healthcare, MDP, MicroPort CRM, Medtronic, Peters Surgical, Resmed, Strammer, Urgo Medical, Vygon, WeHealth by Servier et Winncare) et d’un représentant de Bpifrance.

  • Hopsyweb/FSPRT : mobilisation du Cnom et du monde de la psychiatrie contre le décret

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins annonce qu’il a « décidé d’examiner les voies juridiques d’un recours au Conseil d’État » contre le décret paru le 7 mai 2019 « autorisant les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement ». La décision sera annoncée le vendredi 17 mai par le Cnom.

    « Garant des principes fondamentaux de l’exercice professionnel », l’Ordre « tient à réaffirmer la nécessité de préserver le caractère absolu du secret médical (…), condition sine qua non de la relation de confiance entre un patient et son médecin », précise-t-il dans un communiqué publié le 10 mai. « Conscient des enjeux liés à la prévention de la radicalisation », il relève que la législation permet des exceptions au secret professionnel « en cas de danger imminent » et préconise une stricte application des textes législatifs en vigueur. 

    23 institutions, associations de psychiatres et de psychologues, usagers et proches* dénoncent dans un communiqué commun daté du 11 mai la publication du décret comme « une étape supplémentaire inacceptable et scandaleuse » du « fichage [des] personnes les plus vulnérables touchées par la maladie mentale », et demande « l’abrogation pure et simple » de ce texte.

    Selon eux, le décret participe d’« un amalgame indigne entre le champ sanitaire et celui de prévention de la radicalisation[,] foulant aux pieds des années de lutte contre la stigmatisation des patients présentant des troubles psychiques ». Les signataires dénoncent la mise en concordance d’informations issues des 2 fichiers « à l’insu de la personne concernée » et établissent un parallèle avec le « fichage » dans le système SI-VIC de patients admis en urgence lors de récents mouvements sociaux, signe selon eux d’une « dérive sécuritaire ».

    Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux dénonce une « méconnaissance de la réalité des patients psychiatriques »

    Dans un entretien publié sur le site internet de la chaîne Arte, Marc Bétrémieux, président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux, dénonce « une sorte de détournement » et une « méconnaissance de la réalité des patients psychiatriques ». Il voit ce décret comme « une attaque assez grave envers le professionnalisme » des équipes en psychiatrie, consistant à penser que les médecins seraient « complètement inconscients [et] n’auraient pas la capacité de discerner les situations de dangerosité [,alors] que c’est le quotidien dans lequel nous vivons ».

    Selon lui, en outre, « on garde des informations trois ans pour avoir des données statistiques mais il n’y a pas de relation entre l’hospitalisation et la période pendant laquelle on garde les fichiers », ce qui pose « beaucoup de questions ». Il estime par ailleurs que « l’ensemble des travaux qui ont été faits sur la radicalisation ne montrent pas cette corrélation » entre maladie mentale et terrorisme.

    « Quelles preuves scientifiques autoriseraient une confusion de ce genre ? », demande en écho l’association Geps (Groupement d’études et de prévention du suicide) sur Twitter, soulignant que les soins sans consentement (SSC) « sont déjà tous contrôlés par un juge ».

    « Il n’est pas acceptable que l’amalgame [entre] patient en souffrance mentale et individu dangereux soit à la base de textes réglementaires »

    Le Syndicat des jeunes médecins généralistes abonde dans ce sens dans un communiqué daté du 9 mai 2019 : « Même si les deux notions peuvent, de façon marginale, se recouper, il n’est pas acceptable que l’amalgame [entre] patient en souffrance mentale et individu dangereux soit à la base de textes réglementaires promus par le ministère en charge de la Santé, qui plus est au moment où la ministre concernée entend mettre en place un plan de sauvetage de la santé mentale en France ».

    Le délégué ministériel  à la santé mentale, interpellé par la Fédération française de psychiatrie

    La Fédération française de psychiatrie, qui « réprouve avec la plus grande fermeté » dans un communiqué publié le 11 mai 2019 le décret daté du 6 mai, interpelle Frank Bellivier, le nouveau délégué ministériel  à la santé mentale et à la psychiatrie, afin de connaître son positionnement sur le sujet, soulignant la nécessité de « déstigmatiser [la psychiatrie et] toutes les personnes qui y ont recours ».

    Rappel :

    • FSPRT : Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste
    • Hopsyweb : fichier portant sur les admissions en soins psychiatriques sans consentement
  • HIMSS 2020 : lancement de l’appel à speakers (deadline : 15/07/2019)

    Un appel à speakers international est lancé par HIMMS dans le cadre de son prochain congrès, qui se tiendra du 9 au 13 mars 2020 à Orlando, aux États-Unis.

    Les intéressés ont jusqu’au jusqu’au 15 juillet 2019 pour postuler via le site officiel de l’organisation américaine. Le programme complet de l’événement sera dévoilé au cours de l’année.

    Pour postuler, les candidats doivent axer leur proposition sur l’une des thématiques identifiées par HIMSS :

    • Applied Artificial Intelligence and Machine Learning

    • Biomedical Informatics or Healthcare Informatics

    • Consumerization and Patient Experience

    • Cybersecurity, Privacy, or Security

    • Data and Analytics

    • Health Information Exchange or Interoperability

    • Healthcare Applications and Technologies

    • Innovation, Entrepreneurship, or Venture Investment

    • Leadership, Governance, or Strategy

    • Organizational Change Management

    • Personalized Health and Genomics

    • Population Health or Public Health

    • Professional Development or Workforce Development

    • Quality Improvement Model Practices

    • Telehealth

    • User Experience (UX), Usability, or User-Centered Design

    • Value-Based Care Models

  • IA en santé : les Français se disent craintifs et mal informés mais pas totalement réticents (Nuance)

    À une semaine de la Paris Healthcare Week, Nuance annonce les résultats de son enquête intitulée « l’IA en santé : entre craintes et espoirs ». Selon ce sondage, les Français sont craintifs face à l’intelligence artificielle appliquée à la santé. 87,5% des personnes interrogées ne s’estiment pas suffisamment informés sur l’IA et redoutent ses impacts. De plus, ils ne sont que 6 % à la juger très fiable.

    Ces résultats, publiés le 13 mai 2019, s’expliquent en partie par le fait que l’intelligence artificielle reste la plupart du temps invisible pour les usagers car embarquée dans des applications comme les systèmes de reconnaissance vocale, analyse Nuance. Cependant, les Français ne se disent pas totalement réticents à confier à l’IA certaines étapes de la prise en charge, comme la prise de rendez-vous en ligne (41 % la citent), l’accueil des patients et la création des dossiers (31 %) ainsi que l’aide au diagnostic (30 %).

    Les craintes face à l’intelligence artificielle en santé

    Selon l’enquête menée par Nuance, les Français semblent préoccupés par les enjeux relatifs à la sécurité des données de santé :

    • seuls 13 % des sondés feraient confiance à l’intelligence artificielle (IA), et ce uniquement s’ils avaient la certitude que leurs données personnelles étaient en sécurité ;
    • un quart serait prêt à faire confiance à l’IA pour une aide aux médecins.

    Par ailleurs, pour 18 % des personnes interrogées, elle risque d’éloigner les médecins des patients et moins de 4 % des sondés pensent que l’IA pourra redonner du pouvoir aux patients.

    Des technologies invisibles pour les usagers

    90 % des répondants s’estiment peu, voire pas informés du tout sur le sujet. Seuls 13 % des répondants disent avoir vu leurs médecins utiliser des technologies d’IA ou des applications sur smartphones ou tablettes. Une réforme des études de médecine sur les deux premiers cycles a notamment pour objectif d’enseigner le numérique aux médecins en formation, ce qui devrait favoriser le développement des usages.

    La reconnaissance vocale basée sur l’intelligence artificielle, qui est à la base des solutions de Nuance, n’est citée comme technologie numérique utilisée par les médecins que par 5 % des répondants. Des chiffres qui s’expliquent en partie, selon Nuance, par le fait que l’IA reste invisible pour les usagers car embarquée dans de nombreuses applications numériques. « Un algorithme n’a pas vocation à être visible », explique la société dans son communiqué.

    Un outil d’aide à certaines étapes du parcours

    Les Français ne semblent pour autant pas totalement fermés à l’usage de ces technologies dans certaines étapes de la prise en charge. La prise de rendez-vous en ligne est la plus citée (41 %). Un tiers des répondants indiquent avoir vu leur médecin utiliser une application de prise de rendez-vous en ligne.

    Pour 31 % des personnes interrogées, l’IA peut également être un atout pour aider les médecins à établir des diagnostics et 16 % estiment qu’elle peut être un facteur d’amélioration de la prise en charge. Enfin, pour 30 % des sondés, une intelligence artificielle pourrait être en mesure de se charger de l’accueil des patients et de la création des dossiers médicaux.

  • DGCCRF

    Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

  • L’OMS lance un appel pour rejoindre son futur groupe technique multidisciplinaire sur la e-santé

    L’OMS travaille actuellement sur la mise en place d’un groupe technique multidisciplinaire mondial « pour délivrer des conseils sur les questions liées à la santé numérique ». Dans ce cadre, l’organisation est en train d’établir une liste d’experts dans divers domaines liés à la e-santé, comme les approches stratégiques et les structures de gouvernance pour la réglementation et l’adoption des solutions et produits de santé numérique.  

    « Certains de ces experts seront sélectionnés pour faire partie d’un groupe consultatif technique et d’autres pourront être appelés à intégrer des sous-groupes spécifiques », précise l’OMS dans un communiqué publié le 10 mai 2019.

    Les membres de ce nouveau groupe auront une compréhension et une expérience dans les domaines suivants : santé numérique, programmes et politiques de santé numérique à l’échelle nationale ou à grande échelle, intelligence artificielle et santé, réalité virtuelle et augmentée dans les soins de santé, innovation biomédicale, chirurgie robotique, technologies à porter, santé et bien-être, traçabilité (exemple : blockchain) et santé, éthique, gouvernance et sécurité dans l’écosystème de la santé / économie de la santé / droit de la santé axés sur la santé numérique.

    Les dépôts des candidatures sont ouverts et accessibles via ce lien (deadline : 02/06/2019).

    La liste des membres du futur groupe sera publiée une fois que l’OMS « aura reçu les réponses et évalué les conflits d’intérêts », précise-t-elle.

    Contexte : un appui au nouveau département « santé numérique » de l’OMS

    La création de ce groupe technique multidisciplinaire mondial vient appuyer les travaux du nouveau département « santé numérique » de l’OMS, qui cherchera à « exploiter la puissance des technologies numériques pour la santé et [à] orienter les développements dans ce domaine afin de contribuer à la réalisation des objectifs du triple milliard du Programme général de travail (GPW13) et de l’Objectif de développement durable 3 (permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge) pour que chacun accède au niveau de santé le plus élevé », explique l’organisation (communiqué).

    La résolution WHA/71 A71 de l’Assemblée mondiale de la Santé sur la santé numérique pose les bases de ce travail.

  • Passer d’une logique comptable du CEPS à une rémunération à la performance (CHd Villettes, FédéPsad)

    « Nous contestons la méthode de travail du Comité économique des produits de santé (CEPS), déclare Charles-Henri des Villettes, président de la Fédération des prestataires de santés à domicile (Psad) et Vice-President Home Healthcare France au sein du groupe Air Liquide. Nous avons proposé un certain nombre de points de méthode, notamment pour des négociations à visée pluriannuelle. Nous voulons aussi que les outils de régulation évoluent car ils servent de base au CEPS pour élaborer la tarification de notre activité. »

    Dans une interview accordée à Health & Tech Intelligence, le président de la Fédération des Psad explique vouloir mettre en place « des mécanismes de régulation qui permettront de maîtriser les dépenses mais qui seront des mécanismes plus intelligents et plus durables comme par exemple du paiement à la performance », l’idée étant d’être rémunéré en fonction du réel service rendu et de la pertinence du soin.

    Statut, méthode de régulation et plan d’économies sont les 3 sujets sur lesquels se bat la fédération, qui souhaite notamment que le prestataire de santé à domicile soit considéré comme un acteur à part entière de la prise en charge médicale. Les Psad veulent ainsi être mieux identifiés par les ARS afin de pouvoir collaborer avec elles, précise Charles-Henri des Villettes, et « être intégrés dans l’écosystème de santé au même titre que tous les acteurs de santé » afin de participer aux outils de coordination en train d’être déployés, tels que les CPTS.

    « Nous demandons simplement à être une profession bien identifiée et reconnue »

    Combien de patients sont pris en chargé à domicile actuellement ?

    Charles-Henri des Villettes : Notre objectif est de rendre les patients autonomes et qu’ils adhèrent à leur traitement. Il y a un véritable enjeu sur le bon suivi des traitements.

    Nous prenons en charge 2 millions de patients à leur domicile. Avec tous les aidants et les familles autour, on touche probablement, directement ou indirectement, 10 millions de personnes en France. Et aujourd’hui, du fait du virage ambulatoire et du développement de la prise en charge à domicile, du vieillissement de la population et de la chronicisation des pathologies, nous faisons face à un besoin de prise en charge à domicile de plus en plus fort qui appelle une réponse collective dont nous sommes parties prenantes.

    Souhaitez-vous une évolution du statut pour être reconnu au même titre que les professionnels de santé ?

    Nous ne revendiquons pas le statut de professionnel de santé même si nous avons beaucoup de professionnels de santé (pharmaciens, médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, diététiciens, etc.) parmi nos 20 000 collaborateurs. Cela représente 20 % de nos effectifs. Nous demandons simplement à être une profession qui, avec les autres acteurs dont les professionnels de santé, est bien identifiée, reconnue, et légitime pour partager, échanger et coordonner le parcours de soins du patient.

    Nous souhaitons être considérés comme un acteur à part entière de la prise en charge médicale. Ce rôle n’a pas encore été retranscrit dans le code de la santé publique alors que la réalité de notre métier a beaucoup évolué. Il faut aussi prendre en compte le fait que les patients eux-mêmes demandent à être pris en charge à domicile. Il y a des thérapies pour lesquelles nous pouvons être un substitut à l’hospitalisation et pour d’autres où nous ne le pouvons pas du tout. Par exemple, pour les patients souffrant d’apnée du sommeil, la thérapie peut se faire à domicile et ne nécessite pas l’hospitalisation du patient.

    Il y a un autre enjeu aussi. Le statut actuel ne permet pas non plus aux autorités régionales de santé de bien connaître qui sont les acteurs qui interviennent : qui sont les prestataires de santé à domicile (Psad) sur le territoire ? Que font-ils ? Pour quelles prestations ? Aujourd’hui, ce n’est pas du tout encadré par les ARS. Nous souhaitons être mieux identifiés par les ARS et pouvoir collaborer avec elles.

    Par ailleurs, les Psad sont capables de mailler complètement le territoire. Notre objectif est de pouvoir être intégrés dans l’écosystème de santé au même titre que tous les acteurs de santé (l’hôpital, la médecine de ville, les infirmiers libéraux, les kinésithérapeutes, les pharmaciens, etc.) afin de participer aux outils de coordination qui se mettent en place aujourd’hui tels que les CPTS, pouvoir partager nos données et alimenter le DMP.

    Quel rôle joue vos médecins collaborateurs ? Peuvent-ils prescrire une prestation de service à domicile ?

    Aucune prescription médicale ne vient de l’interne. Cela n’est pas autorisé. Les médecins qui travaillent au sein de nos organisations s’assurent des standards de qualité pour s’assurer des standards de formation des intervenants à domicile mais n’ont aucun rôle dans la prescription qui se fait par le médecin de ville ou par le médecin hospitalier. Ce sont généralement des médecins spécialistes qui font la prescription.

    Le Comité économique des produits de santé (CEPS)* demande 150 millions d’euros d’économies aux prestataires de santé à domicile pour l’année 2019. Qu’en pensez-vous ?

    L’une de nos revendications porte sur les outils de régulation pratiqués par le CEPS. Nous souhaitons construire avec le comité la régulation pour une maîtrise pérenne de la dépense en substitution des baisses de prix qui seront pratiquées. Le plan d’économies de 150 millions d’euros demandé par le CEPS pour 2019, qui de notre point de vue est insoutenable pour le secteur.

    3 revendications principales

    Quelles sont exactement vos revendications ?

    Nous avons 3 revendications principales et 3 sujets en souffrance.

    • Le premier c’est le sujet de l’évolution statutaire et comment les Psad peuvent se faire reconnaître dans le système de santé à une place différente de celle qu’ils occupent aujourd’hui. C’est un point qu’on discute depuis plusieurs années avec les gouvernements successifs et qui n’a que très faiblement évolué.
      Nous avons notamment fait porter des propositions d’amendements par une quarantaine de parlementaires sur le dernier projet de loi santé pour faire évoluer ce statut mais tous ces amendements ont été jugés irrecevables et n’ont pas été débattus. Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont été jugés irrecevables. Ils ont été considérés comme cavaliers législatifs donc hors du champ de l’objet du texte de loi alors que la loi aurait très bien pu porter sur cette thématique d’évolution.
      Je pense que le blocage vient du fait que le gouvernement a envie d’aller vite sur ces sujets législatifs et que ce sont des sujets qui demandent de réconcilier différents points de vue, qui peuvent être un peu polémiques puisque tout le monde n’a pas la même vision de l’écosystème de santé. Cela nécessite un effort à la fois de pédagogie et de concertation avec de nombreux acteurs que, peut-être, le gouvernement n’avait pas envie de faire.
    • Le deuxième sujet d’insatisfaction fort et qui n’est pas nouveau, c’est le mode de concertation avec les pouvoirs publics et notamment le CEPS. Aujourd’hui, il y a beaucoup de points méthodologiques qui rendent le dialogue extrêmement difficile. On n’a pas du tout de visibilité sur la régulation. Nous avons besoin d’anticiper pour mener nos activités, ce qui implique de travailler sur des plans pluriannuels.
    • Nous avons également un gros sujet autour du partage de données et sur la construction de diagnostics communs sur l’évolution des dépenses. Le problème est que nous ne faisons pas ce travail en collaboration avec le CEPS.

    Proposition : un « paiement à la performance »

    Que proposez-vous pour mieux maîtriser les dépenses ?

    Le CEPS régule le secteur des Psad et fixe les tarifs et les nomenclatures. Nous contestons sa méthode de travail. Nous avons proposé un certain nombre de points de méthode, notamment pour des négociations à visée pluriannuelle. Nous voulons aussi que les outils de régulation évoluent car ils servent de base au CEPS pour élaborer la tarification de notre activité.

    Face à l’augmentation des dépenses et du nombre de patients pris en charge à domicile, la solution la plus rapide et la plus pratique pour le CEPS est de faire baisser les prix. Or ce mécanisme est absolument délétère pour les entreprises parce que nous ne sommes plus capables d’absorber les baisses de prix qui nous sont proposées. Nous proposons des mécanismes de régulation qui permettront de maîtriser les dépenses mais qui seront des mécanismes plus intelligents et plus durables comme par exemple du paiement à la performance. L’idée est d’être rémunéré en fonction du réel service rendu et de la pertinence du soin. C’est ce que nous avions réussi à faire sur l’apnée du sommeil par exemple.

    En quoi consiste concrètement ce modèle ?

    Nous avons mis en place un modèle de rémunération des prestataires qui va conditionner la rémunération à l’adhérence au traitement des patients sachant que notre métier, c’est d’assurer l’observance. Donc si le patient suit son traitement, la rémunération est protégée. Et si ce n’est pas le cas, il y a une dégressivité de la rémunération en fonction de son niveau d’observance. Nous souhaitons sortir de la logique uniquement tarifaire et purement comptable du CEPS.

    Avec les outils de suivi et de télésurveillance, nous sommes capables d’identifier quasiment en temps réel les problèmes que rencontre le patient, comme les signaux faibles qui vont le faire progressivement décrocher de sa thérapie. La remontée d’informations des dispositifs connectés médicaux nous permet d’intervenir très vite, par exemple en appelant le patient pour comprendre les difficultés auxquelles il est confronté dans le cadre de son traitement et lui apporter un soutien.

    Cette information est aussi transmise au médecin prescripteur. Nous formons ainsi un trinôme avec le Psad, le médecin et le patient. Nous encourageons en permanence le dialogue entre ces trois acteurs. Nous commençons par identifier des problèmes, nous en parlons au patient et, lorsque cela est nécessaire, au médecin prescripteur. Le médecin pourra alors demander au patient de venir le voir en consultation. C’est de cette manière que nous faisons évoluer la prise en charge et que nous rendons le meilleur service aux patients.

    Souhaiteriez-vous pouvoir alimenter le DMP du patient avec ce type d’informations ?

    Oui, avec l’accord du patient. Ce type d’informations sur l’observance peut être très utile pour le médecin spécialiste et pour le médecin généraliste. Le partage de données devient aujourd’hui essentiel et les données sont sous-exploitées. Quand le patient change de médecin prescripteur, il est intéressant pour son successeur d’avoir une vision sur l’historique. Cela permet d’avoir une certaine continuité.

    « Je pense qu’il y a une volonté des pouvoirs publics d’apaiser la situation »

    Estimez-vous que vos revendications ont été entendues par le ministère ?

    Nous nous sommes battus sur les trois points évoqués – statut, méthode de régulation et plan d’économies – jusqu’à prévoir de manifester le 16 avril ; ce que nous avons suspendu suite à la tragédie de Notre-Dame. Mais pour autant, nous avons été reçus par le ministère des Solidarités et de la Santé et de mon point de vue, nous avons fait des avancées qui me semblent prometteuses sur les trois volets.

    • D’une part, le ministère s’est engagé à mener une étude d’impact sur l’évolution de notre statut avec des conclusions attendus pour l’automne.
    • D’autre part, sur la méthode de régulation le ministère a acté de la pertinence de nos demandes en termes de méthodologie et s’est engagé à envoyer une lettre d’instructions au CEPS pour intégrer nos points de méthode dans l’accord-cadre qui doit être renouvelé entre le comité et les acteurs.
    • Enfin, le ministère a acté le fait de donner un nouveau mandat de négociation au CEPS, ce qui a donné lieu à une réunion interne au CEPS le 24 avril. Ce nouveau mandat nous sera présenté dans une réunion programmée le 6 mai. Je garde bon espoir que ce sujet-là comme les deux premiers avancent.

    Je pense qu’il y a une volonté des pouvoirs publics d’apaiser un peu la situation et de résoudre les différends qui nous opposent et qui empêchent d’avancer aujourd’hui. Maintenant il faut qu’on soit aussi très vigilants sur la mise en œuvre réelle de tout ce qui nous a été promis par les ministères. Mais nous partons plutôt confiants parce que j’ai perçu des idées et des avancées positives du côté du ministère.

    « Il y a une vraie appétence des patients pour le numérique et le digital »

    Comment voyez-vous l’évolution des pratiques des Psad dans un système de santé de plus en plus digitalisé ?

    Je pense que la vague du numérique représente une vraie chance pour les patients. Ce que je constate, c’est qu’il y a aussi une vraie appétence des patients pour le numérique et le digital. Au lancement de la mise en place du télé-suivi dans l’apnée du sommeil, nous avions peur que le dispositif connecté soit mal accueilli par les patients. Nous nous sommes rendu compte que les patients adhéraient fortement à ce principe de suivi parce qu’ils ont compris que cela allait améliorer leur qualité de vie et la qualité des prises en charge. Je pense donc que c’est une révolution qui est vraiment bénéfique à tous.

    Le digital peut permettre aussi de faire évoluer les modes de tarification. La possibilité de moduler la rémunération en fonction de certains indicateurs cliniques ou d’adhérence au traitement représente une opportunité d’améliorer la pertinence des soins et l’accompagnement du patient.

    Par ailleurs, le numérique crée de nouveaux métiers. Nous avons par exemple mis en place au sein des Psad des équipes dédiées à la gestion des alertes. Nous avons créé des algorithmes qui nous permettent d’identifier les patients en difficulté. Cela nous permet d’intervenir plus vite et plus efficacement.

    C’est ce que nous commençons aussi à faire dans le programme Etapes de télésurveillance sur les 4 pathologies suivantes : insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, diabète et insuffisance respiratoire. Nous sommes en train de créer une médecine moderne avec des nouveaux métiers, pour une meilleure prise en charge des patients. Notre objectif est aussi de rendre la dépense de l’Assurance maladie la plus utile possible.

  • « Les réformes de la formation des PS en lien avec l’évolution du système de santé » : 23/05/2019-Paris

    L’université du change management en médecine (UC2m) organise un séminaire sur le thème « les réformes de la formation des professionnels de santé en lien avec l’évolution du système de santé » le 23 mai 2019 à la Digital Foundry à Paris.

    L’inscription est gratuite et se fait via un formulaire accessible via ce lien.

    Avec la montée des réformes dans le domaine des études médicales et soignantes, la qualité de vie dans les universités doivent être améliorées afin de permettre aux jeunes professionnels de mieux s’adapter aux nouveaux exercice qui les attendent, estiment les organisateurs du séminaire.

    Programme 

    • 8h30 : accueil des participants 
    • 9h : présentation, avec Dominique Maigne
    • 9h15 : objectifs et mise en œuvre des réformes des études médicales, avec notamment Jean Sibilia.
    • 10h30 : les professionnels face aux nouvelles pratiques de soins, avec notamment Jean-François Thébaut. 
    • 11h : nouvelles pratiques, nouveaux besoins, avec la présence de l’ANEPF. 
    • 12h30 : cocktail déjeunatoire