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  • AI Paris 2019 (11-12 juin) : focus sur les conférences centrées sur la santé (dernières places)

    Corp Agency organise le congrès AI Paris 2019 les 11 et 12 juin au Palais des congrès de Paris. Au programme, des sessions générales sur le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et des rendez-vous ciblés sur des secteurs spécifiques touchés par le développement de l’IA, dont celui de la santé.

    Avec plus de 5 000 visiteurs attendus cette année, le congrès rassemble depuis 3 ans les acteurs du marché français de l’IA. 

    • Les inscriptions pour le « Full Pass conférences », payantes, sont à réaliser via ce lien (bientôt complet). 
    • Les inscriptions pour le « Pass Salon gratuit » sont a effectuer via ce lien.

    Programme des conférences axées sur la santé 

    Mardi 11 juin 2019

    • 11h, amphithéâtre bleu – L’IA au service de la prédiction des cancers :
      • présentée par le Dr. Alain Livartowski, oncologue et directeur des data à l’Institut Curie.

    Mercredi 12 juin 2019

    • 14h, amphithéâtre bleu – AP-HP : déploiement d’une solution de coach intelligent pour que les professionnels de santé se concentrent sur leur mission première, les patients.
      • Intervenants :
        • Philippe Bourhis, directeur des systèmes d’information patient et direction générale AP-HP ;
        • Germain Bourgeois, chief operating officer d’Assimaa ;
        • Agnieszka Bruyere, vice-president cloud & cognitive solutions IBM France.

    Le programme complet est disponible via ce lien.

  • Le numérique à l’agenda de l’ANSM pour la période 2019-2023

    L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce la signature du deuxième contrat d’objectifs et de performance (COP) et du schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID), entre Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Dominique Martin, directeur général de l’ANSM. Le document, adopté par le conseil d’administration du 14 mars 2019, « fixe les grandes orientations stratégiques [de l’agence] pour les cinq prochaines années », précise l’ANSM dans un communiqué daté du 27 mai 2019.

    Le COP prévoit de « renforcer et [de] stabiliser le positionnement de l’agence pour l’accès à l’innovation dans l’environnement européen » : c’est le troisième de ses quatre axes stratégiques. Dans cette optique, l’ANSM « renforce ses capacités d’expertise et son organisation interne pour mieux faire face à la complexité croissante des enjeux liés à la sécurité des dispositifs médicaux (DM) et des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro », dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur de deux règlements européens dans ce domaine. Il s’agit :
    • d’« assurer la pérennité d’une représentation forte de la France au groupe de coordination des DM »;
    • de « contribuer à susciter au niveau européen une réflexion sur l’impact du calendrier d’entrée en vigueur du règlement [relatif aux] DM sur les délais d’accès au marché (risque d’embolisation des organismes notifiés) » ;
    • de « mettre en place une organisation interne de pilotage pour coordonner les représentations françaises » ;
    • de « mettre en place une évaluation des demandes d’essais cliniques DM au plus proche des modalités du règlement européen 2017/745 ».

    « De plus en plus d’innovations dans le domaine de la santé tel que [la] e-santé, l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes nécessitent un accompagnement sur les plans scientifique, réglementaire et institutionnel », est-il indiqué dans le COP.  Pour y contribuer, l’agence prévoit de participer à la création d’un « guichet innovation » interinstitutionnel impliquant « ANSM, régimes obligatoires d’assurance maladie, HAS, Inca, ABM [et] ministère », et permettant de soutenir « les promoteurs industriels et académiques dans le développement de leurs projets innovants ».

    « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique »

    Le schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID) annexé au COP se fixe pour premier objectif d’ « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique en la mettant au profit des utilisateurs, des métiers et de l’écosystème ».

    Objectif : inscrire l’ANSM comme « producteur de référence de données à enjeux de santé publique »

    « Autorisation, vigilances, épidémiologie, contrôles, inspections… Chacun de ces domaines est créateur de données, parfois en très grand volume », est-il indiqué dans le document. Il est précisé dans le SDSID que l’ANSM, via le SI, doit « garantir la maîtrise de ces données, définir leur stratégie d’utilisation et développer leur ouverture [dans l’optique d’] inscrire l’Agence comme producteur de référence de données à enjeux de santé publique ».

    Inscrire le SI et les données dans une dynamique d’innovation

    Le schéma directeur prévoit également d’inscrire le SI et les données dans une « dynamique d’innovation » (Objectif stratégique n° 4). L’idée est notamment de « renforcer le recours au numérique et à la dématérialisation dans la performance opérationnelle de l’agence et dans la réponse aux enjeux sanitaires et de santé publique ».

    De plus, le SDSID prévoit dans le cadre de l’objectif stratégique n° 5 d’« être moteur vis-à-vis de l’écosystème et dans le cadre de la mutualisation ». Il lui faudra en conséquence « tenir compte, lors des prochaines orientations stratégiques SI, des récentes initiatives de l’État comme la mise en place du « Health Data Hub » et la mise à disposition des outils gouvernementaux comme API.gouv.fr, France Connect, opendata.gouv.fr, etc ». 

  • ICHOM

    International Consortium for Health Outcomes Measurement

  • COP

    Contrat d’objectifs et de performance

  • SDSID

    Schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée

  • Médicaments sur internet : le gouvernement souhaite autoriser les « locaux déportés »

    « Au lieu de demander à leur agence régionale de santé (ARS) une autorisation de création d’un site de commerce en ligne, les pharmaciens n’auraient plus qu’à déclarer cette nouvelle activité, (…) les projets pourraient ainsi aboutir plus vite et plus sûrement ».

    C’est ce qu’affirme le journal Les Échos dans son édition datée du 23 mai 2019, sur la base d’« un document de travail en cours d’élaboration » depuis la mi-avril par les services de Matignon et du ministère des Solidarités et de la Santé avec les représentants des pharmaciens. Ce texte en préparation pourrait donner matière à un amendement au projet de loi « santé », actuellement en examen au Sénat, lors de sa deuxième lecture à l’Assemblée nationale.

    Le projet prévoit d’autoriser les « locaux déportés » : les officines « pourraient stocker des médicaments dans des entrepôts situés n’importe où dans leur département », alors qu’aujourd’hui la distance maximale avec le comptoir est de 300 mètres, ce qui limite les possibilités pour les pharmaciens exerçant en centre-ville, où le foncier est cher. Contrairement à la fin de l’autorisation par l’ARS qui faisait consensus au sein de la profession, cette proposition suscite depuis longtemps l’opposition unanime des syndicats, qui redoutent une « uberisation » du système.

    Le gouvernement souhaite autoriser les officines à créer des sites mutualisés de e-commerce

    Le gouvernement souhaiterait par ailleurs autoriser les officines à « créer des sites mutualisés [de] e-commerce, [présentant leurs produits] sans mentionner les prix pratiqués par chacun des acteurs » afin d’éviter que les officines se fassent concurrence. Philippe Besset, président du syndicats FSPF et auteur d’une contre-proposition sur la distribution des médicaments par internet, demande que le gouvernement revienne sur cette décision, au nom de « la transparence sur les prix ».

    Le gouvernement ne retient aucune autre des préconisations de l’Autorité de la concurrence

    Selon Les Échos, le gouvernement ne retient aucune autre des préconisations émises par l’Autorité de la concurrence dans son avis rendu le 4 avril 2019 sur la distribution des produits de santé : ni l’ouverture du capital ni la fin du monopole des officines.

    L’exécutif aurait également écarté plusieurs recommandations en matière de vente en ligne, dont la possibilité d’acheter de la visibilité sur Google et l’enrichissement de la présentation graphique du site de e-commerce par « des caractères gras, clignotants ou de grande taille ».

  • Singapour : Biofourmis (télé-suivi) lève 35 M$ (31 M€) et s’apprête à se lancer sur le marché US

    La start-up singapourienne Biofourmis lève 35 millions de dollars (31,2 M€) dans un tour de table de série B mené par Sequoia India (Sequoia Capital) et MassMutual Ventures. La plateforme chinoise de santé en ligne Jianke, Openspace Ventures, Aviva Ventures, SGInnovate et EDBI, l’organe d’investissement de l’Office de développement économique de Singapour, ont également participé à l’opération.

    Biofourmis est spécialisé dans le développement de solutions de suivi basées sur l’intelligence artificielle (IA) dans l’optique d’améliorer la prise en charge des pathologies chroniques, et en particulier des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque.

    Au total, la société a levé à ce jour environ 41,6 millions de dollars (37,2 M€), indique le site Crunchbase. Cette nouvelle levée de fonds, annoncée courant mai 2019, va permettre à la start-up de poursuivre son développement, alors qu’elle est actuellement en attente de l’approbation de la FDA pour une commercialisation sur le marché américain. Biofourmis envisage également d’étoffer ses équipes en charge des données, des cliniques, de la réglementation, des ventes et des opérations.

    La start-up souhaite par ailleurs transférer son siège social, actuellement à Singapour, à Boston d’ici la fin 2019, après l’agrandissement de ses bureaux dans la ville américaine, où elle espère passer de 14 à 120 employés d’ici la fin de l’année. Elle conservera sa présence à Singapour, où elle compte actuellement 45 personnes chargées du développement de logiciels et de produits.

    Insuffisance cardiaque : la pathologie cible de Biofourmis

    Biofourmis évolue dans plusieurs domaines mais sa solution phare consiste à combiner des données recueillies auprès de patients à un système basé sur intelligence artificielle afin de personnaliser les traitements des patients après une hospitalisation.

    Le plus abouti de ses produits thérapeutiques concerne le traitement des patients ayant été victimes d’un arrêt cardiaque ou étant touchés par une autre affection d’ordre cardiaque.

    Concrètement, la plateforme conçue par Biofourmis utilise une combinaison de données issues de capteurs médicaux, et non de trackers grand public, portés 24 heures sur 24. L’objectif est de surveiller en continu les patients afin de détecter les éventuels problèmes à l’avance et de prescrire un traitement optimal, adapté à chaque patient.

    Les informations sont diffusées via des applications mobiles associées, destinées aux patients et aux soignants.

    Objectif : proposer une e-ordonnance qui évolue en temps réel selon les besoins des patients

    L’objectif de Biofourmis est de pouvoir proposer aux patients une ordonnance numérique, qui évolue en temps réel en fonction de leurs besoins.

    La société prévoit d’utiliser un réseau de plateformes de distribution de médicaments, dont le PillPack d’Amazon, pour acheminer les médicaments aux patients en quelques heures.

    Biofourmis attend l’approbation de la FDA pour se lancer sur le marché américain

    Biofourmis est actuellement en train d’attendre l’approbation de la FDA pour commercialiser sa solution, espérant obtenir une réponse d’ici la fin 2019. Kuldeep Singh Rajput, son P.-D.G., est optimiste en raison des résultats plutôt positifs obtenus dans le cadre d’essais cliniques menés sur quelque 5 000 patients au sein de 20 sites différents (source : TechCrunch).

  • PHW 2019 : 3 retours d’expérience sur la téléconsultation et autres solutions numériques en HAD

    Une étude sur la vidéo-téléconsultation psychologique, un projet de téléconsultation et une expérimentation sur la sécurisation du patient le 1er soir de retour à domicile par le biais d’un chatbot : telles sont les trois initiatives pour lesquelles a été respectivement présenté un retour d’expérience (REX) à l’occasion de l’atelier « E-santé : du rêve à la réalité ? – retour sur les usages et pratiques en HAD », organisé le 22 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week.

    Les 3 REX, qui se sont avérés plutôt positifs, portaient plus précisément sur :

    • une première étude pilote contrôlée sur la vidéo-téléconsultation psychologique, menée à la Fondation Croix Saint Simon sur 25 patients majeurs : résultats positifs sur l’utilisation de la solution pour des entretiens psychologiques de soutien en oncologie à domicile ;
    – intervenants : Camille Baussant Crenn, responsable du service psychosocial de la fondation, et Jéremy Martin, psychologue clinicien et chercheur ;

    • un projet de téléconsultation mené au sein d’une structure « HAD » de l’association Santélys : 31 téléconsultations ont été réalisées jusqu’à aujourd’hui et il n’y a eu aucun refus de la part de patients ;
    – intervenant : Pierre Hagneré, directeur de Santélys ;

    • expérimentation sur la sécurisation du patient le premier soir de retour à domicile : un projet simple à mettre en œuvre et personnalisable mais quelques inconvénients, dont le fait qu’il y a encore « trop » de non réponses (20 %), nécessitant une sensibilisation des patients ;
    – intervenant : Vincent Hubert, chef de projet « SI » à HAD France.

    Des résultats positifs pour la vidéo-consultation psychologique en HAD 

    Cette étude s’est basée sur une revue de la littérature mettant en avant :

    • le lien entre cancer (augmentation du nombre de patients vivant avec un cancer) et psychopathologies (détresse psychologique pour le patient et l’entourage et une anxiété-état très présente) ;
    • la pratique de la thérapie de soutien reposant sur la collaboration entre patient et thérapeute dans le but de développer les capacités d’adaptation du patient et dont l’efficacité repose sur différents facteurs, notamment l’alliance thérapeutique, à savoir l’effort de collaboration entre le thérapeute et le patient et la satisfaction ;
    • les difficultés pratiques pour disposer partout et pour tous les patients d’un psychologue présent.

    L’objet de l’étude a été d’évaluer l’utilisation de la vidéo-consultation comme technique d’entretien clinique, notamment la réalisation d’entretien psychologique de soutien pour les patients pris en charge pour un cancer en HAD selon 2 hypothèses :

    • hypothèse 1 : de façon équivalente à un entretien psychologique de soutien en face à face, un entretien psychologique en vidéo-consultation pourrait permettre de diminuer l’anxiété des patients et de maintenir le niveau d’alliance thérapeutique ;
    • hypothèse 2 : la vidéo-consultation permettrait de développer le même niveau de satisfaction quant à l’entretien que dans le groupe en face à face.

    Une prochaine étude sur la représentation des psychologues quant à cet outil

    Cette étude a été menée sur 25 patients majeurs à l’aide du logiciel Skype. La vidéo-consultation n’a  pas été proposée pour le premier et le dernier entretien de la prise en charge.

    Les résultats sont positifs sur l’utilisation de la vidéo-consultation pour des entretiens psychologiques de soutien en oncologie à domicile. Il existe le même niveau de satisfaction et une diminution significative de l’anxiété – état des patients dans les deux conditions. Par ailleurs, il a été relevé une augmentation de l’alliance thérapeutique chez les moins de 40 ans, exposant ainsi l’intérêt des plus jeunes pour cette technique par rapport au face à face.

    La prochaine étude concernera la représentation des psychologues quant à cet outil.

    Téléconsultation en soins palliatifs 

    Afin de développer la culture palliative au domicile et d’éviter des déplacements pour les patients les plus difficilement mobilisables, cette expérimentation avait pour objectif d’évaluer la faisabilité de la téléconsultation entre le patient pris en charge en HAD dans le cadre de soins palliatifs et l’équipe spécialisée du centre de lutte contre le cancer. 

    • Les solutions techniques mises en place :
      • un ordinateur dédié à l’HAD avec une webcam et un amplificateur de son ainsi qu’une clé 4G est mis à disposition au domicile du patient le temps de la téléconsultation avec un logiciel de salles de réunions virtuelles sécurisées. Au centre hospitalier, le praticien a accès par son ordinateur à la salle de réunion virtuelle.
    • Fonctionnement :
      • après programmation de la téléconsultation avec le patient, un infirmier d’HAD accompagne le patient à son domicile pour l’installation (installation du matériel, préparation du patient, aide à l’évaluation et formulation d’informations) ;
      • en fin de téléconsultation, les actions préconisées par le médecin hospitalier en lien avec le médecin traitant sont mises en place sans délai.
    • Éléments financiers :
      • En sus de l’achat des environnements informatiques, il faut compter le coût relatif aux ressources humaines avec la mise à disposition de l’IDE pour la téléconsultation (30 minutes avant, 40 minutes pendant et 30 minutes après incluant les transmissions).

    Retour d’expérience et perspectives 

    31 téléconsultations ont été réalisées jusqu’à aujourd’hui et il n’y a eu aucun refus de la part de patients. Les retours de ces derniers ainsi que ceux des praticiens et des équipes de l’HAD sont encourageants pour le développement de la technique. Cependant, il est nécessaire d’avoir une plus grande file active de patients afin de mesurer l’impact d’une telle organisation.

    Sécurisation du retour à domicile par le biais d’un chatbot

    Il s’agit d’éviter les appels systématiques du patient le premier soir en HAD et de redonner de la valeur ajoutée aux soignants d’astreinte. Pour ce faire, HAD France a choisi le chatbot MemoQuest de Calmedica permettant de dialoguer avec le patient, d’analyser ses réponses et de déclencher une alerte en cas de besoins. Le déploiement d’une telle solution est léger et les coûts financiers reposent principalement sur du paramétrage, une licence annuelle et des coûts d’utilisation par flux de SMS.

    Les points positifs relevés sont les suivants :

    • projet simple à mettre en œuvre puisqu’il nécessite aucune infrastructure ;
    • algorithme paramétrable (construction par l’HAD) et évolutif :
      • rédaction et enchaînement des SMS ;
      • réponses attendues (dictionnaire des mots compris) ;
      • gestion et déclenchement des alertes ;
    • formation succincte et accompagnement des équipes HAD ;
    • bon accueil de la part des patients avec explications.

    Les inconvénients et points de vigilance relevés sont les suivants :

    • le patient doit posséder un mobile et pouvoir s’en servir (fracture générationnelle) et il ne doit pas être en zone blanche ;
    • il n’y a pas d’interface avec les logiciels métiers HAD ce qui implique de ressaisir manuellement des patients entrées dans le journée ;
    • Il y a encore « trop » de non réponses (20 %), d’où un besoin de sensibilisation des patients.
  • PHW 2019 : parcours de soins, urbanisation et cybersécurité au centre du « village » dédié aux Grades

    Parcours de soins, urbanisation et cybersécurité sont les thématiques qui ont été mises en avant par les Grades présentes à l’occasion de la Paris Healthcare Week sur un « village » dédié. Au cours de l’événement, qui s’est tenu du 21 au 23 mai 2019, elles ont présenté leur périmètre d’actions aux acteurs régionaux sur ces 3 domaines.

    Les 9 régions suivantes étaient représentées : Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Guyane, Île-de-France, Normandie, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de La Loire et Réunion-Mayotte.

    Le rôle des Grades dans le parcours de soins 

    Avec l’évolution du système de santé via les nouveaux produits lancés sur le marché par les industriels et le projet de loi Ma Santé 2022, la e-santé s’intègre progressivement dans le système de soins et devient moteur de cette dynamique. 

    En créant des solutions et des outils innovants (DMP, DMC, messagerie sécurisées…), les Grades participent à échelle régionale à son développement afin de décloisonner les pratiques et de créer une coordination entre les différents professionnels de santé intervenant tout au long du parcours de soins.

    Ma Santé 2022 prévoit notamment dans le volet « numérique » de son plan le programme « Snac », qui consiste en la mise en œuvre d’un bouquet de services numériques d’appui à la coordination. Dans ce cadre, les Grades participent à consolider des offres de services e-santé régionaux intégrant les Snacs et veillent à assurer l’interopérabilité des systèmes.

    Urbanisation et cybersécurité aussi parmi les préoccupations des Grades

    • Urbanisation : les Grades garantissent aux différents acteurs régionaux un lien avec le niveau national, permettant de porter leurs nouvelles solutions sur l’ensemble du territoire. Ils s’appuient sur des référentiels techniques et sémantiques d’interopérabilité pour concevoir et mettre en œuvre chaque système d’information ainsi que pour les urbaniser au sein de l’Espaces numériques régionaux de santé (ENRS).
    • Cybersécurité : un système de cybersécurité solide est nécessaire pour maintenir ou améliorer la confiance des usagers dans les outils numériques. Les Grades, en charge du déploiement de plateformes régionales et d’outils, se chargent également de la mise en place de bonnes pratiques de sécurité à adopter. Pour ce faire, elles sensibilisent les différents acteurs via des sessions de formations, mettent à disposition des bases documentaires régionales et agissent comme soutien en cas d’accident. 
  • PHW 2019 : « protéger, partager et valoriser » les données patients, les 3 axes de la start-up DrData

    Protection, partage et valorisation des données patients sont les 3 axes de la vision portée par la start-up DrData. À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, Nesrine Benyahia, P.-D.G de la société, a animé le 22 mai une conférence spéciale au cours de laquelle Eric Tanneau, médecin libéral, Hélène Gaillard, pharmacienne, et Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques, ont évoqué les spécificités de leurs corps de métier vis-à-vis de ces 3 enjeux importants de l’exploitation des données de santé.

    Protéger les données sensibles « car elles touchent à notre liberté » 

    « Il est nécessaire de récupérer des données de santé fiables via des objets connectés fiables pour avoir des données qui ne seront pas faussées, car elles touchent à notre liberté », déclare Eric Tanneau. Ces données doivent être protégées pour éviter toutes déviances (hacker).

    Le praticien estime qu’une interopérabilité est indispensable afin qu’aucune de ces données ne soit perdue. La nécessité que tous les acteurs du système de santé puissent partager ces données conduiraient à la création d’un système global, ajoute-t-il.

    Patients actifs : informer et accompagner sur l’importance du partage des données

    D’un point de vue juridique, les patients ne sont pas propriétaires de leurs données de santé mais restent les principaux concernés dans le partage de leurs informations personnelles, explique Eric Tanneau. Leur consentement est moteur pour ensuite collecter ces données, qui doivent être véritablement utilisées afin de mener des recherches. Il faut « créer une appartenance pour qu’ils participent à ce système de collecte », suggèrent les intervenants. 

    La valorisation directe des données du patient 

    Les données sont actuellement valorisées via la création de nouveaux produits mais cette valorisation est indirecte pour le patient car le temps écoulé entre la récolte et la création est long. 

    Il faut que « le patient puisse accéder à ses données individuelles pour savoir comment elles ont été utilisées, pour quelle étude et en quoi elles ont été utiles pour l’intérêt commun », explique de son côté Hélène Gaillard. 

    Ce nouveau modèle pourra permettre une valorisation directe pour le patient et l’accès à ses données personnelles l’aidera dans son parcours de soins, précise-t-elle.

    La question de l’Europe dans le domaine du data 

    À l’échelle européenne, la question de la coordination des données est un réel problème, notent les intervenants. D’un pays à l’autre, un patient peut perdre ses données car leur partage reste confiné à échelle nationale. Les patients doivent pouvoir accéder à leurs données partout en Europe, soulignent les speakers. 

    « Il est nécessaire d’aller plus vite pour comprendre cette révolution numérique », estime Gérard Raymond afin de créer ensuite une dynamique pour contrebalancer la Chine ou encore les États-Unis.