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  • Étude : un logiciel d’IA détecte mieux le cancer du poumon que les radiologues (Nature Medicine)

    Une équipe de chercheurs de Google AI a développé un algorithme de deep learning (apprentissage profond) capable de dépister le cancer du poumon à partir d’un scanner, en totale autonomie. Entraîné sur les images de plus de 14 000 personnes, le logiciel a atteint un taux de réussite dans le dépistage de plus de 94 %. L’intelligence artificielle a ainsi dépassé les radiologues en détectant plus de cancers et en faisant moins de faux positifs. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 20 mai 2019 dans la revue Nature Medicine.

    Un dépistage du cancer du poumon à améliorer

    Le cancer du poumon est le 4ème cancer le plus fréquent en France et il progresse chez les femmes. Aux États-Unis, c’est le cancer le plus meurtrier. Son dépistage se fait actuellement pas scanner mais il est loin d’être optimal. Sa sensibilité et sa spécificité ne sont pas très bonnes, ce qui génère beaucoup de faux négatifs et de faux positifs. Par conséquent, les médecins passent parfois à côté de cas de cancers ou infligent des biopsies inutiles à leurs patients.

    La performance de l’IA comparée à 6 radiologues

    Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) peut améliorer les performances du dépistage du cancer du poumon. Des chercheurs et des ingénieurs de Google ont donc développé un algorithme d’apprentissage en profondeur qui utilise les volumes de tomographie actuels et antérieurs d’un patient pour prédire son risque de cancer du poumon.

    Pour entraîner leur algorithme, les chercheurs lui ont fourni les images de 14 851 patients, dont 578 ayant développé un cancer confirmé par biopsie au cours de la période de suivi d’un an. Les auteurs de l’étude, publiée le 20 mai 2019, dans Nature Medicine ont par ailleurs demandé à 6 radiologues expérimentés d’étudier les images issues du scanner afin de comparer leurs diagnostics avec ceux de l’IA. Les radiologues jouissaient d’un petit avantage puisqu’ils avaient accès à l’historique médical de chaque patient.

    Résultats : plus de 94 % de réussite

    Sur 507 patients, dont 83 atteints de cancer du poumon, l’IA s’est révélée plus performante que les radiologues, améliorant la sensibilité et la spécificité du dépistage.

    • L’algorithme a permis de réduire de 5 % le taux de faux négatifs, autrement dit il a repéré 5 % de cas de cancers du poumon en plus par rapport aux radiologues ;
    • le taux de faux négatifs a été diminué de 11 % grâce à l’IA, toujours comparé aux radiologues ;
    • Au total, le système développé par Google a atteint un taux de réussite de 94,4 %.

    L’avantage de la 3D sur la 2D 

    Ces résultats seraient notamment dus à une meilleure visualisation morphologique des nodules en 3D, alors que les radiologues travaillent en 2D. Des études rétrospectives et prospectives plus robustes seront nécessaires pour garantir l’applicabilité clinique du programme et faire évoluer les programmes de dépistage de cancer du poumon.

    Cependant, « la forte performance du modèle au niveau des cas a une importante pertinence clinique potentielle, estiment les auteurs de cette étude. L’augmentation de la spécificité observée pourrait se traduire par moins de procédures de suivi inutiles. Une sensibilité accrue dans les cas sans antécédent de cancer pourrait quant à elle se traduire par une réduction du nombre de cancers manqués dans la pratique clinique, en particulier du fait que davantage de patients commencent le dépistage. »

    De plus, les chercheurs estiment que le système est perfectible, en formant le logiciel sur un plus grand nombre de données. L’évaluation totalement automatisée des images pour le dépistage serait donc envisageable.

    Cette approche reposant sur l’IA serait aussi prometteuse pour l’IRM, la TEP ou d’autres techniques d’imagerie.

  • Données de santé : le CCNE prône une exploitation contrôlée par une « garantie humaine »

    « Données massives et santé : une nouvelle approche des enjeux éthiques ». C’est l’intitulé de l’avis 130 du Comité consultatif national pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), rendu public le 29 mai 2019. Cet avis est une réponse du CCNE à une saisine effectuée par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn en janvier 2017. Il s’inscrit dans la ligne de l’avis 129 daté de juin 2018, contribution à la révision de la loi de bioéthique 2018-2019, et du rapport remis en novembre 2018 par son groupe de travail « Numérique et santé ».

    « On ne saurait adopter une position hostile à ces technologies numériques en raison des risques dont elles sont porteuses, indique le comité dans un dossier de presse daté du 29 mai 2019, car il serait contraire à l’éthique de ne pas favoriser leur développement si elles peuvent bénéficier à la santé de tous et aider à la rationalisation des coûts ». Dans les 12 recommandations détaillées à la fin de l’avis, le CCNE détaille les conditions dans lesquelles l’exploitation des données de santé peut être conforme aux exigences éthiques.

    Jugeant que « la pertinence des décisions qui sont prises dans un parcours de soin à l’aide du traitement algorithmique de données massives repose sur la qualité de ces données, sur l’absence de biais dans leur sélection et sur la rigueur de la méthodologie utilisée pour leur traitement », le CCNE estime que « les résultats obtenus ne peuvent être évalués et validés que par une garantie humaine, condition d’une responsabilisation des acteurs », ajoutant que cette garantie « devrait être assurée par des instances indépendantes de contrôle » (recommandation n°4).

    « La confiance qui est au cœur de la relation de soin nécessite la préservation d’une relation personnelle directe entre le professionnel de santé et le patient[, qui] ne saurait être réduit à un ensemble de données à interpréter, rendant inutile son écoute et la prise en compte de son vécu. » C’est ce qui est affirmé dans la recommandation n°7, dans laquelle il est précisé que « l’utilisation par le professionnel de santé des technologies récentes doit aussi avoir pour but de libérer du temps pour l’écoute et l’échange en simplifiant le recueil des informations pertinentes ».

    Information et formation

    « Toute personne a droit à une information compréhensible, précise et loyale sur le traitement et le devenir de ses données, que son consentement soit ou non requis », estime le CCNE en ouverture de sa première recommandation, précisant que « cette information, dont l’application effective doit pouvoir être évaluée, est adaptée à chaque contexte et actualisée[, et] doit en outre être aisément accessible, particulièrement lorsqu’elle s’adresse aux personnes les plus vulnérables ».

    Le comité estime parallèlement (recommandation n°5) que les professionnels de santé « doivent bénéficier, lors de leur formation initiale et tout au long de leur carrière, d’une formation adaptée aux technologies numériques, aux principes éthiques qui régissent le recueil et le traitement des données, aux moyens à mettre en œuvre pour les respecter, et aux risques de biais qui résultent de leur non-respect ». Il ajoute que les experts de la gestion et de l’analyse des données massives ainsi que les chercheurs doivent eux aussi « être suffisamment avertis des questionnements éthiques que soulèvent ces technologies pour pouvoir assurer efficacement la protection des droits fondamentaux et des libertés individuelles ».

    « Compte tenu du rythme particulièrement important des innovations scientifiques et technologiques », le CCNE estime nécessaire d’«évaluer périodiquement la mise en œuvre effective des dispositifs juridiques » les concernant (recommandation n°2). Il est à cet égard nécessaire, selon le comité, de « mener une réflexion sur la notion de consentement au recueil et au traitement de données massives » (recommandation n°3). Le CCNE juge à cet égard « essentiel » que « le titulaire des données soit informé des modalités par lesquelles l’autorité de contrôle assure sa fonction de tiers de confiance » (recommandation n°11).

    Données et enjeux de société

    Le comité indique que « l’individuation du risque[qu’] implique l’avènement d’une médecine de précision peut porter atteinte à la mutualisation dans les mécanismes de financement de la santé » (recommandation n°8). Selon l’avis, cette évolution contient « le risque d’une dérive vers un profilage de nature discriminatoire, notamment pour des raisons économiques », ce qui nécessite une « vigilance [des acteurs de santé] pour la préservation de nos valeurs d’égalité, d’équité et de solidarité ». 

    Le CCNE « insiste » (recommandation n°9) sur la nécessité de « veiller à ce que les personnes qui n’ont pas accès aux technologies du numérique, par exemple pour des raisons économiques ou de difficulté à comprendre leur mode de fonctionnement[, bénéficient,] comme les autres, des avancées dans le domaine de la santé [et] ne subissent ni pénalisation ni discrimination dans leur accès aux soins ».

    Il considère que les sites et applications qui « donnent, hors parcours de soin, des conseils pour améliorer l’hygiène de vie et le bien-être doivent pouvoir être évalués [ainsi que] la qualité de l’information délivrée aux utilisateurs[, afin d’éviter] des conséquences négatives sur le comportement et la santé des personnes » (recommandation n°6).

  • Safesanté : une solution de téléconsultation compatible avec tous les logiciels médicaux

    Créé en 2016 par le pharmacien Yonathan Abbou et le médecin généraliste Charles Binetruy, Safesanté est une plateforme de téléconsultation compatible avec tous les logiciels médicaux. Le module de prescription électronique qu’elle propose permet aux médecins de consulter leurs patients où et quand ils le souhaitent puisqu’ils ne sont pas dépendants du logiciel métier installé au sein de leur cabinet, précise la société dans un communiqué publié courant mai 2019.

    Pour bénéficier du service, les praticiens doivent souscrire à un abonnement mensuel (sans engagement) de 80 euros par mois HT (soit 960 euros HT par an). Ils peuvent tester la plateforme pendant 1 mois gratuitement. Par ailleurs, une prime ROSP (rémunération sur objectifs de santé publique) de 350 euros leur est versée chaque année pour une souscription à l’offre.

    Les fonctionnalités de Safesanté :

    • outil de gestion de l’agenda et de la prise de rendez-vous en ligne pour les consultations et les téléconsultations ;
    • visioconférence haute définition même si la connexion internet est faible ;
    • messagerie sécurisée permettant l’échange de documents confidentiels entre médecin et patient ;
    • mise à disposition d’un module de paiements en ligne ;
    • prise de rendez-vous directement en ligne, en téléconsultation ou au cabinet ;
    • ouverture possible du dossier médical par le biais de la plateforme et partage du compte-rendu.

  • PHW 2019 : Happytal signe un partenariat de visibilité avec l’Association François Aupetit

    La startup française Happytal, spécialisée dans l’amélioration du parcours patient dans les établissements de santé, conclut un partenariat de visibilité avec l’Association François Aupetit (Afa), organisation nationale de malades et proches pour vaincre la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Cette alliance a été annoncée à l’occasion de la Paris Healthcare Week, qui s’est tenue du 21 au 23 mai 2019.

    Happytal, créée en 2013, propose un service de conciergerie dans les établissements de santé pour les patients, leurs proches mais aussi le personnel hospitalier. Par ailleurs, la société propose une plateforme technologique destinée à améliorer le parcours patient et à fluidifier les démarches administratives, notamment les demandes de chambre individuelle au moment de leur admission ou pré-admission.

    Le service est utilisé par plus de 25 000 personnes par mois, dans une centaine d’établissements en France et en Belgique, indique la société. Le projet a créé plus de 300 postes sur le terrain et au siège parisien et 160 recrutements devraient être effectués d’ici fin 2019. En novembre 2018, l’entreprise a clôturé une levée de fonds en série B de 23 millions d’euros. Elle prévoit de recruter 160 personnes d’ici fin 2019.

    Objectif n°1 d’Happytal : améliorer l’expérience patient

    Replacer le patient au cœur du système est le premier engagement du plan « Ma santé 2022 » avec comme impératif d’améliorer le parcours de soins. « Nous nous intéressons au parcours de soins au sens large, au-delà du médical, en développant des services qui viennent agrémenter et enrichir le parcours du patient, du résident et de ses proches tout au long de l’hospitalisation », explique Romain Revellat, co-fondateur et président d’Happytal.

    L’initiative émane du constat de proches, qui estiment difficile d’apporter un soutien concret à distance, et d’une volonté de transformer l’expérience des patients. « Le service de conciergerie est la face émergée de notre solution », commente le président d’Happytal.

    Différentes typologies de services sont proposées :

    • « bien-être » : coiffure, réflexologie ;
    • « divertissement » : outils multimédia ;
    • « événementiel » : notamment dans le cadre de la maternité, pour intégrer les personnes éloignées ;
    • « retour à domicile » : pour apporter une vraie continuité en accompagnant sur le retour ;
    • « jeunes parents » : pour accompagner l’arrivée à domicile, les premiers mois ;
    • « repas et gourmandise » : pour permettre des repas « plaisir » ;
    • « pressing » : avec notamment le nettoyage du linge personnel à l’arrivée.

    La solution démarre avant le traitement, en mutualisant une partie des demandes administratives via une plateforme technologique. Les peuvent notamment effectuer leur demande de chambre individuelle au moment de leur admission ou pré-admission. « Avant de nous lancer, nous avons passé un an à faire le concierge à l’hôpital au contact des patients avec les familles et la direction pour comprendre la thématique de l’expérience patient », indique Romain Revellat. Cette démarche a abouti à un accompagnement des établissements pour l’utilisation d’une solution qui allie digital ou physique dans une logique de guichet unique du « non-médical ».

    En partenariat avec les associations de patients

    Pour Alain Olympie, président de l’Association François Aupetit (Afa), « le passage à l’hôpital est un traumatisme pour le patient. Tout ce qui va dans le sens de la réduction du stress est positif. L’anticipation et la sécurité d’avoir une série d’outils et de service permettent d’envisager l’hospitalisation dans un contexte plus rassurant. »

    Un partenariat de visibilité a ainsi été annoncé entre Happytal et l’association de patients.

    Beaucoup d’associations ont développé des services d’information, de soutien, de diététique, d’assistance sociale et de conseils juridiques pour le retour au travail. Pour autant, « les associations, un acteur incontournable, sont un peu trop souvent oublié par les professionnels de santé hospitaliers », relève Romain Revellat.

    Outre une visibilité respective, cette alliance vise à identifier l’association comme un des contributeurs à la qualité de l’hospitalisation. L’équipe d’Happytal a d’ailleurs la volonté de travailler de plus en plus avec les associations dans une complémentarité d’action au service du bien-être du patient.

    Un ancrage dans l’établissement et l’écosystème

    300 concierges sont présents sur la centaine d’établissements partenaires, dont la présence est rémunérée par l’hôpital. Pour la fourniture des produits et des services, Happytal s’appuie sur les artisans et les commerçants du tissu économique locale. Les concierges sont payés par l’hôpital. L’activité est d’ailleurs créatrice de valeur. « Nous apportons environ 1 million de recettes additionnel par ans aux structures », indique Romain Revellat.

    Les services de conciergerie sont en partie à la charge du patient, selon les demandes. Certains aspects, comme la procédure concernant une demande de chambre individuelle, sont pris en charge par les mutuelles. La conciergerie d’Happytal est également accessible au personnel de l’hôpital dans une démarche d’amélioration des conditions de travail, notamment pour ceux travaillant en horaires décalés.

  • Stratégie e-santé de la Suède

    La Suède porte une vision « e-santé » ambitieuse pour 2025 : être le meilleur pays dans le domaine de la e-santé pour permettre aux personnes d’avoir un accès plus facile aux soins et à l’aide sociale, équitables et de qualité, mais aussi de développer et de renforcer leurs propres ressources afin de bénéficier d’une plus meilleure indépendance et de participer à la vie de la société.

    La Suède a déployé sa première stratégie e-santé en 2006, suivie d’une deuxième en 2010. Adoptée en 2016, son nouveau plan « e-santé » pour 2025 s’appuie sur un plan d’action mis en place pour 2017-2019. Il définit des objectifs dans les domaines suivants :
    • cadres réglementaires ;
    • cohérence sémantique ;
    • standards techniques ;
    • suivi de la e-santé.

    En Suède, de nombreux services numériques sont déjà disponibles pour les professionnels de santé et pour les patients, tels que la e-prescription (représente 99 % des prescriptions en 2018), le dossier médical électronique, l’adressage, la téléconsultation, un portail patient (en 2018, 49 % des Suédois avaient un compte) avec prise de rendez-vous en ligne, un dossier patient national (« résumé patient national ») ou encore l’Electronic Expert Support, qui aide le pharmacien à détecter les interactions médicamenteuses.

  • DATA – Stratégie e-santé de la Suède

    La Suède porte une vision « e-santé » ambitieuse pour 2025 : être le meilleur pays dans le domaine de la e-santé pour permettre aux personnes d’avoir un accès plus facile aux soins et à l’aide sociale, équitables et de qualité, mais aussi de développer et de renforcer leurs propres ressources afin de bénéficier d’une plus meilleure indépendance et de participer à la vie de la société.

    La Suède a déployé sa première stratégie e-santé en 2006, suivie d’une deuxième en 2010. Adoptée en 2016, son nouveau plan « e-santé » pour 2025 s’appuie sur un plan d’action mis en place pour 2017-2019. Il définit des objectifs dans les domaines suivants :
    • cadres réglementaires ;
    • cohérence sémantique ;
    • standards techniques ;
    • suivi de l’e-santé.

    En Suède, de nombreux services numériques sont déjà disponibles pour les professionnels de santé et pour les patients, tels que la e-prescription (représente 99 % des prescriptions en 2018), le dossier médical électronique, l’adressage, la téléconsultation, un portail patient (en 2018, 49 % des Suédois avaient un compte) avec prise de rendez-vous en ligne, un dossier patient national (« résumé patient national ») ou encore l’Electronic Expert Support, qui aide le pharmacien à détecter les interactions médicamenteuses.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé de la Suède est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • PHW 2019 : parcours de soins, urbanisation et cybersécurité au centre du « village » dédié aux Grades

    Parcours de soins, urbanisation et cybersécurité sont les thématiques qui ont été mises en avant par les Grades présentes à l’occasion de la Paris Healthcare Week sur un « village » dédié. Au cours de l’événement, qui s’est tenu du 21 au 23 mai 2019, elles ont présenté leur périmètre d’actions aux acteurs régionaux sur ces 3 domaines.

    Les 9 régions suivantes étaient représentées : Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Guyane, Île-de-France, Normandie, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de La Loire et Réunion-Mayotte.

    Le rôle des Grades dans le parcours de soins 

    Avec l’évolution du système de santé via les nouveaux produits lancés sur le marché par les industriels et le projet de loi Ma Santé 2022, la e-santé s’intègre progressivement dans le système de soins et devient moteur de cette dynamique. 

    En créant des solutions et des outils innovants (DMP, DMC, messagerie sécurisées…), les Grades participent à échelle régionale à son développement afin de décloisonner les pratiques et de créer une coordination entre les différents professionnels de santé intervenant tout au long du parcours de soins.

    Ma Santé 2022 prévoit notamment dans le volet « numérique » de son plan le programme « Snac », qui consiste en la mise en œuvre d’un bouquet de services numériques d’appui à la coordination. Dans ce cadre, les Grades participent à consolider des offres de services e-santé régionaux intégrant les Snacs et veillent à assurer l’interopérabilité des systèmes.

    Urbanisation et cybersécurité aussi parmi les préoccupations des Grades

    • Urbanisation : les Grades garantissent aux différents acteurs régionaux un lien avec le niveau national, permettant de porter leurs nouvelles solutions sur l’ensemble du territoire. Ils s’appuient sur des référentiels techniques et sémantiques d’interopérabilité pour concevoir et mettre en œuvre chaque système d’information ainsi que pour les urbaniser au sein de l’Espaces numériques régionaux de santé (ENRS).
    • Cybersécurité : un système de cybersécurité solide est nécessaire pour maintenir ou améliorer la confiance des usagers dans les outils numériques. Les Grades, en charge du déploiement de plateformes régionales et d’outils, se chargent également de la mise en place de bonnes pratiques de sécurité à adopter. Pour ce faire, elles sensibilisent les différents acteurs via des sessions de formations, mettent à disposition des bases documentaires régionales et agissent comme soutien en cas d’accident. 
  • PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

    « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du Snitem, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

    Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

    Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOM élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de Resmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

    « Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTS, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de « rendre l’interopérabilité attrayante ».

    Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

    « [Si on veut ] remettre le patient au centre du système de santé, on n’a rien dit [tant qu’on s’en tient à ce mot d’ordre], affirme Alain-Michel Ceretti. Il faut le prendre en compte non en tant qu’organe malade mais en tant que personne au centre de l’intérêt à agir des producteurs de soins ». Le président de France Assos santé relève que le rapport remis en janvier 2019 par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, pour la préparation du projet de loi santé « a intégré ce concept-là [avec son idée d’un paiement] à la qualité et à la pertinence ».

    « Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

    L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

    Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMP et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

    Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

    « Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

    L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

    Administratrice du Syntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle Zablit présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

    Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

    « On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

  • Sofinnova Partners lance le fonds d’accélération Medtech MD Start III d’une valeur de 48M d’euros

    Sofinnova Partners, société de capital risque en Europe spécialisée dans les sciences de la vie, lance le fonds d’accélération MD Start III pour un montant de 48 millions d’euros, dépassant l’objectif initial de 40 millions d’euros. 

    Avec cette opération, annoncée le 22 mai 2019, la société poursuit sa stratégie de croissance dans l’optique de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur dans les sciences de la vie par le biais de fonds. Composé d’une équipe d’acteurs expérimentés dans le transfert de technologie, dans l’identification des opportunités à amorcer et dans le développement de celles-ci jusqu’à la phase clinique, MD Start vise à apporter des solutions novatrices à des problématiques médicales « encore insatisfaites ». 

    Avec comme objectif le développement de nouvelles thérapies et interventions basées sur des dispositifs innovants, MD Start III est soutenu par ses investisseurs historiques, le fonds French Tech Accélération géré par Bpifrance pour le compte du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), Medtronic et LivaNova, ainsi que plusieurs nouveaux investisseurs comme le Fonds européen d’investissement (FEI) et Baxter Healthcare Corporation. S’ajoutent à la liste des souscripteurs plusieurs « serial-entrepreneurs » de la medtech.

    MD Start, fondé il y a 10 ans, a déjà créé, financé et incubé 7 entreprises. Ses deux premiers millésimes ont permis de valider le modèle d’amorçage et d’accélération d’innovations de rupture en instrumentation médicale.

  • France Assos Santé participe au déploiement du DMP en proposant aux patients des outils pédagogiques

    France Assos Santé a créé, en collaboration avec ses associations membres, une brochure intitulée « Pourquoi créer son Dossier Médical Partagé ? » ayant pour objectif d’accompagner le déploiement du DMP.

    Ce guide, lancé courant mai 2019, a été conçue par SantéBD pour France Assos Santé selon les normes du « Facile à lire et à comprendre » (FALC) afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre.

    Dans ce document, on retrouve comment créer son DMP (à l’aide d’un professionnel de santé ou seul sur son ordinateur), comment y accéder et comment l’utiliser.