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  • Étude : les traqueurs d’activité encouragent l’activité physique mais pas durablement (Jama)

    Une application de téléphone mobile conçue pour des femmes inactives s’est révélée efficace pour augmenter le niveau d’activité physique lorsqu’elle était associée à un suivi d’activité et à des conseils personnalisés. Cependant, l’étude* en question, publiée le 24 mai 2019 dans le Jama Network Open et menée par des chercheurs de l’Université de Californie, montre les limites de cette stratégie. L’outil ne permettait pas un changement de comportement durable. Au bout de 3 mois, le niveau d’activité physique diminuait de nouveau.

    Les applis, un arme anti-sédentarité

    L’activité physique est sans doute le moyen de prévention avec le plus large spectre d’action (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires…) et pourtant les recommandations actuelles ne sont suivies que par une minorité de personnes. Et les femmes font partie des mauvais élèves de la classe. Selon le baromètre santé d’Attitude Prévention, les femmes ne font que 7 524 pas par jour contre 8 313 pour les hommes.

    Pour combler cette lacune et inciter au changement de comportement, de nombreuses applications mobiles et des dispositifs de suivi de l’activité physique ont vu le jour. Des chercheurs américains de l’Université de Californie ont réalisé un essai clinique randomisé avec des femmes inactives. Ils estiment que les études menées jusqu’à maintenant étaient menées sur des échantillons trop réduits, pendant des durées trop courtes, et relèvent que les mesures de l’activité physique étaient auto-déclarées.

    L’essai a concerné 210 femmes physiquement inactives, âgées de 25 et 65 ans. Elles ont été divisées en 3 groupes : un groupe de contrôle n’ayant aucune intervention, un groupe « régulier » qui a bénéficié de conseils et a utilisé le système suivi ainsi que l’application pendant 3 mois, puis n’a utilisé que le système de suivi pendant les 6 mois restants, et un groupe « plus » qui a obtenu des conseils et a utilisé le traqueur et l’application pendant les neuf mois.

    Les chercheurs ont mesuré l’activité des femmes toutes les 60 secondes, tous les jours pendant 9 mois via le traqueur.

    Une étude dédiée aux femmes inactives

    L’application, développée exclusivement pour l’étude et non disponible dans le commerce, envoyait un message quotidien interactif préprogrammé ou une vidéo renforçant les connaissances acquises au cours d’une séance de conseil, ainsi qu’un journal quotidien des activités pour enregistrer les progrès accomplis.

    L’application augmentait automatiquement les objectifs d’activité des participants de 20 % chaque semaine à 10 000 pas par jour. Pour améliorer l’adhésion, les participants recevaient un message automatisé si l’application n’avait pas été utilisée pendant 3 jours consécutifs.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 24 mai 2019 dans le Jama Network Open.

    Résultats : 2 000 pas quotidiens en plus

    • Au cours des 3 premiers mois, les femmes des groupes réguliers et des groupes « plus » ont enregistré environ 2 000 pas de plus par jour par rapport au groupe témoin.
    • Ces femmes ont également augmenté leur activité physique modérée à vigoureuse de 18 minutes par jour.
    • Dans les 6 mois suivants, le groupes régulier et le groupe « plus » ont enregistré environ 1 400 pas de plus que le groupe témoin et ont pratiqué 8 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse supplémentaires.
    • L’intervention était efficace, quels que soient l’âge, la race et l’origine ethnique, l’IMC, l’éducation et le revenu du ménage.

    Comment maintenir le niveau d’activité physique ?

    Les chercheurs estiment que ces résultats montrent que les femmes ont pu atteindre un niveau d’activité impressionnant.

    Cependant, « soutenir tout changement de comportement est difficile en général, et en particulier, maintenir l’activité physique accrue résultant de l’intervention, a déclaré le premier auteur de l’étude. Néanmoins, il est encourageant de constater que 97,6 % des femmes [ayant participé] à notre essai ont effectué une visite au bout de neuf mois et ont poursuivi une partie de leur activité accrue. »

    Le prochain objectif est d’affiner les stratégies qui peuvent aider à maintenir ces niveaux d’activité accrus sur une période plus longue.

  • H&TI Webinar : retour sur les tendances IA à la PHW 2019 (29/05/19 – invitation)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain Webinar, consacré à l’intelligence artificielle (IA) et plus précisément aux projets au sein de l’hôpital et à ses enjeux pour les industries de santé et un focus sur l’écosystème des start-ups françaises spécialisées dans l’IA en santé.

    Cette session est le fruit des travaux menés dans le cadre de la Paris Healthcare Week, au cours de laquelle nous avons eu l’occasion d’animer 3 sessions sur l’IA dans le secteur de la santé et d’intervenir à la conférence de la FHF : « Intelligence Artificielle : comment se lancer ? »

    Connectez-vous le 29 mai 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct à :
    • Cyrille Politi, responsable « transition numérique » à la FHF ;
    • Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Les inscriptions doivent être réalisées via ce lien.

  • Google intègre 4 grands labos à son projet Baseline pour le recueil des données de vie réelle

    Verily, filiale d’Alphabet (Google) spécialiste des sciences de la vie, conclut des accords stratégiques avec les laboratoires pharmaceutiques Novartis, Otsuka, Pfizer et Sanofi pour développer des programmes de recherche clinique centrés sur le patient autour de sa plateforme Baseline.

    Verily, qui a annoncé ces partenariats le 21 mai 2019, a lancé ladite plateforme en 2017 pour « combler le fossé entre la recherche et le soin ». Son site (www.projectbaseline.com) propose au visiteur de participer à des études cliniques avec l’objectif de réaliser une « cartographie de la santé humaine ». Le participant potentiel est informé que ses données de santé seront partagées « avec son consentement » avec les partenaires de Verily.

    Les 4 groupes pharmaceutiques partenaires de Verily projettent d’utiliser la plateforme Baseline au cours des prochaines années pour des essais cliniques dans le domaine des maladies cardiovasculaires, de l’oncologie, de la santé mentale, de la dermatologie et du diabète. »Les connaissances scientifiques ont explosé au cours des dernières décennies, mais nous devons beaucoup améliorer les essais cliniques pour en faire bénéficier les patients, affirme Lionel Bascles, responsable monde du domaine clinique chez Sanofi. Le projet Baseline nous donnera accès aux patients les plus pertinents et permettra de reconnecter les essais cliniques aux parcours de soins des patients ».
    « Le processus de recherche clinique est obsolète à bien des égards », indique de son côté Debbie Profit, vice-présidente d’Otsuka chargée de l’innovation appliquée, jugeant que le projet Baseline permettra à son groupe d’accélérer le cycle de développement de nouveaux médicaments.

    Verily cherche à construire un « écosystème de recherche connecté »

    Baseline a démarré en 2017 avec Project Baseline Health Study, une étude sur 4 ans menée avec les universités de Duke et de Stanford, portant sur une population de 10 000 personnes. Il s’agissait de collecter un « jeu de données approfondi » auprès de chaque participant au moyen de visites cliniques, d’enquêtes et de sondages interactifs, et d’utiliser ces données pour déterminer ce que signifie être en bonne santé et comment une personne évolue vers un état pathologique.

    Des partenariats avec universitaires, hôpitaux, associations de patients et entreprises

    Depuis, Verily a construit autour du projet un « écosystème de recherche connecté », en ajoutant des partenariats avec des instituts de recherche universitaires, des hôpitaux, des entreprises et des associations de patients. Actuellement, Baseline porte notamment le programme Research Goes Red, par lequel Verily s’est allié avec l’Association des cardiologues américains pour inciter les femmes à contribuer à la recherche sur les maladies cardiaques.

    Baseline : « L’alliance du big data et de la médecine intégrative » (A. Normand)

    Alexis Normand, directeur du développement des objets connectés en santé pour le groupe Nokia, évoquait en janvier 2018 le projet Baseline dans un entretien accordé à H&TI. Il indiquait que ce programme visait « à numériser entièrement le corps d’individus sains afin que des supercalculateurs puissent modéliser le vivant dans son fonctionnement ‘normal’ ». « [Cette] modélisation de la bonne santé, aussi exhaustive que possible, doit servir à une meilleure compréhension de la maladie, en vue d’améliorer la portée des traitements », ajoutait-il.

    Il présentait l’initiative comme « l’alliance du big data, c’est-à-dire la capacité à traiter des méga-données en laissant les machines elles-mêmes formuler des hypothèses, et de la médecine intégrative, qui consiste à adopter une approche globale de la maladie, par opposition [à une médecine] ciblée sur un organe ou une pathologie ». 

  • Sim&Cure réalise un tour de table de 3M€ auprès de deux fonds pour lutter contre les AVC

    Sim&Cure réalise un tour de table de 3 millions d’euros auprès des fonds Elaia et IT-Translation dans l’optique de développer ses solutions visant à lutter contre les AVC. La start-up se concentre plus précisément sur l’amélioration des traitements médicaux par voie endovasculaire et est spécialisée dans les dispositifs neurovasculaires.

    Connue pour sa suite logicielle « Sim&Size », conçue pour les traitements de l’anévrisme cérébral et déjà utilisée sur 1 500 patients (dans 250 hôpitaux) depuis 2018, Sim&Cure est la première medtech autorisée à commercialiser un modèle de simulation des anévrismes permettant de fournir des informations pour mieux dimensionner les prothèses.

    Par le biais de cette levée de fonds, annoncée le 23 mai 2019, la start-up souhaite renforcer son développement aux États-Unis, où elle compte, après l’obtention d’une certification prévue cet été, ouvrir un bureau de 5 personnes à New York à la rentrée prochaine, avant d’en ouvrir un deuxième sur la côte ouest en fonction des résultats du premier. 

    La société souhaite également s’ouvrir sur le marché chinois, dont la taille, selon certaines études, devrait dépasser l’Europe en fin d’année 2020 pour ce type de produit. Sim&Cure prévoit de démarrer le processus de certification de sa solution sur le marché chinois en début d’année prochaine.

  • La Cnil publie un référentiel sur l’accès aux données de santé via l’INDS conformément au RGPD

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a consacré sa délibération n°2019-039 du 11 avril 2019 à l’adoption d’un référentiel « portant sur la description et les garanties de procédure » permettant la mise à disposition en vue de leur traitement de l’« échantillon généraliste des bénéficiaires » (EGB) du Sniiram et de ses bases de données thématiques appelées « datamarts », toutes données « présentant un faible risque d’impact sur la vie privée ».

    Le texte a été publié au Journal officiel le 19 mai 2019. Le référentiel adopté le 11 avril à la demande de l’INDS réécrit la procédure définie par la délibération du 12 avril 2018 pour la rendre conforme à la nouvelle version de la loi informatique et libertés adoptée en juin 2018, adaptée au règlement RGPD.

    Si le nouveau texte établit un référentiel à partir de la procédure déjà utilisée, celle-ci ne subit pas de modifications. La demande d’accès doit toujours être adressée à l’INDS dans les conditions prévues par la loi « informatique et libertés », qui se prononce sur la base des éléments suivants :
    • la finalité d’intérêt public de la recherche, de l’étude ou de l’évaluation dans le domaine de la santé ;
    • la justification apportée par le responsable de traitement pour démontrer la pertinence scientifique du projet ;
    • la durée de l’accès au portail pour le traitement envisagé qui doit être limitée à la durée nécessaire à la réalisation de la recherche, l’étude ou l’évaluation ;
    • le respect des exigences législatives applicables au SNDS et notamment l’engagement du responsable de traitement sur le respect du paragraphe 5 « Accès aux données » du référentiel de sécurité précité applicable au SNDS. 

    La procédure issue de la délibération d’avril 2018 a été définie dans le cadre de la loi de santé du 26 janvier 2016, qui instaurait le SNDS.

    Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé actuellement en cours d’examen par les parlementaires, a notamment pour objet de redéterminer une nouvelle fois dans son article 11 les conditions d’accès aux données de santé par la création d’une plateforme des données de santé, le  Health Data Hub, qui « se substitue à l’INDS tout en élargissant ses missions ».

    Les référentiels post-RGPD de la Cnil

    La Cnil rappelle sur son site que « depuis la mise en œuvre du RGPD et l’adoption de la nouvelle loi Informatique et Libertés, [elle] peut édicter des référentiels afin de guider les organismes dans la mise en conformité de leur traitement [et que ces documents] actualisent les normes et autorisations uniques, adoptées avant le 25 mai 2018, à la lumière du RGPD ».

    Les données du Sniiram, EGB et datamarts

    Le Sniiram est un entrepôt de données anonymes « collectées et organisées progressivement depuis 2002 » regroupant :

    • les informations « issues des remboursements effectués par l’ensemble des régimes d’assurance maladie pour les soins du secteur libéral[, soit] 1,2 milliard de feuilles de soins pour l’ensemble de la population vivant en France » ;
    • les informations sur les séjours hospitaliers recueillis par l’Agence technique de l’information hospitalière (Atih) au sein du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), notamment les diagnostics et les actes.  

    Le Sniiram comprend 3 « ensembles de restitutions », dont les 2 concernés par la délibération du 11 avril 2019 :

    • l’EGB, un échantillon constitué par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) qui concerne 1/97e de la population couverte par l’Assurance maladie en France, soit « près de 660 000 bénéficiaires », et permet d’analyser leur parcours individuel en ville et à l’hôpital. La Cnil souligne qu’il contient des informations sur « les caractéristiques sociodémographiques et médicales des bénéficiaires et les prestations de soins qu’ils ont reçues », permettant ainsi de « mieux connaître et comprendre le recours aux soins, les trajectoires de soins et les dépenses de santé des assurés sur une période ». 
    • les « datarmarts », soit « 15 bases de données thématiques de données agrégées » constituées à partir du Sniiram, et « orientés vers une finalité particulière » : comme le suivi des dépenses (Damir), l’ analyse de l’offre de soins libérale (Amos) ou « des tableaux de bord sur la biologie et la pharmacie ».  
  • PHW 2019 : « protéger, partager et valoriser » les données patients, les 3 axes de la start-up DrData

    Protection, partage et valorisation des données patients sont les 3 axes de la vision portée par la start-up DrData. À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, Nesrine Benyahia, P.-D.G de la société, a animé le 22 mai une conférence spéciale au cours de laquelle Eric Tanneau, médecin libéral, Hélène Gaillard, pharmacienne, et Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques, ont évoqué les spécificités de leurs corps de métier vis-à-vis de ces 3 enjeux importants de l’exploitation des données de santé.

    Protéger les données sensibles « car elles touchent à notre liberté » 

    « Il est nécessaire de récupérer des données de santé fiables via des objets connectés fiables pour avoir des données qui ne seront pas faussées, car elles touchent à notre liberté », déclare Eric Tanneau. Ces données doivent être protégées pour éviter toutes déviances (hacker).

    Le praticien estime qu’une interopérabilité est indispensable afin qu’aucune de ces données ne soit perdue. La nécessité que tous les acteurs du système de santé puissent partager ces données conduiraient à la création d’un système global, ajoute-t-il.

    Patients actifs : informer et accompagner sur l’importance du partage des données

    D’un point de vue juridique, les patients ne sont pas propriétaires de leurs données de santé mais restent les principaux concernés dans le partage de leurs informations personnelles, explique Eric Tanneau. Leur consentement est moteur pour ensuite collecter ces données, qui doivent être véritablement utilisées afin de mener des recherches. Il faut « créer une appartenance pour qu’ils participent à ce système de collecte », suggèrent les intervenants. 

    La valorisation directe des données du patient 

    Les données sont actuellement valorisées via la création de nouveaux produits mais cette valorisation est indirecte pour le patient car le temps écoulé entre la récolte et la création est long. 

    Il faut que « le patient puisse accéder à ses données individuelles pour savoir comment elles ont été utilisées, pour quelle étude et en quoi elles ont été utiles pour l’intérêt commun », explique de son côté Hélène Gaillard. 

    Ce nouveau modèle pourra permettre une valorisation directe pour le patient et l’accès à ses données personnelles l’aidera dans son parcours de soins, précise-t-elle.

    La question de l’Europe dans le domaine du data 

    À l’échelle européenne, la question de la coordination des données est un réel problème, notent les intervenants. D’un pays à l’autre, un patient peut perdre ses données car leur partage reste confiné à échelle nationale. Les patients doivent pouvoir accéder à leurs données partout en Europe, soulignent les speakers. 

    « Il est nécessaire d’aller plus vite pour comprendre cette révolution numérique », estime Gérard Raymond afin de créer ensuite une dynamique pour contrebalancer la Chine ou encore les États-Unis. 

  • PHW 2019 : CompuGroup cherche à se différencier sur le marché de la prise de RDV avec Clickdoc

    Une synchronisation du service de prise de rendez-vous avec le logiciel utilisé par les médecins (AxiSanté et HelloDoc) et un service de télésecrétariat médical totalement gratuit (« On appelle pour vous ») pour contacter les praticiens non adhérents à l’offre. Tels sont les 2 points sur lesquels CompuGroup Medical entend se différencier sur le marché de la prise de rendez-vous en ligne. À l’occasion de la Paris Healthcare Week (PHW), qui s’est tenue du 21 au 23 mai 2019, l’entreprise a officiellement lancé Clickdoc, sa plateforme web et application mobile de prise de rendez-vous médicaux avec médecins généralistes et spécialistes, qui va prochainement être complétée par un service de téléconsultation.

    Totalement gratuit pour les patients, Clickdoc est disponible à partir de 49,99 euros TTC pour les professionnels de santé équipés d’un logiciel CompuGroup Médical, soit 40 % des médecins en France, précise l’entreprise.

    Au cours de la PHW, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a présenté en détail pour H&TI les fonctionnalités de la solution ainsi que le service de téléconsultation à venir. De son côté, Franck Frayer, senior vice president Western Europe de CompuGroup Medical en France, est notamment revenu sur les ambitions de Clickdoc et sur sa vision du développement de la téléconsultation, estimant que son adoption « sera lente mais progressive ».

    2 PARTICULARITÉS : SYNCHRONISATION ET TÉLÉSECRÉTARIAT

    Clickdoc est disponible en France depuis début mars 2019 mais a été officiellement lancé à l’occasion de la Paris Healthcare Week. Le médecin peut bénéficier du service par le biais d’une plateforme web et le patient a accès à toutes les fonctionnalités via un site web et une application mobile disponible sous Android et iOS.

    Après une présentation générale du service, Mohamedi Azehaf, product manager senior de Clickdoc, a insisté sur les 2 particularités de l’offre :

    • « Pour les médecins, l’avancée principale est la synchronisation de la plateforme avec leur outil de travail » : Clickdoc est présenté comme une prolongation naturelle des logiciels professionnels AxiSanté et HelloDoc de CompuGroup Medical. Il s’intègre aux outils de travail des médecins équipés et permet ainsi une synchronisation de leur agenda ainsi que de leur liste de patients. Les praticiens travaillent de ce fait sur une seule interface.
    • Pour les patients, l’originalité de Clickdoc est le service de télésecrétariat « On appelle pour vous » : si le médecin avec lequel le patient souhaite prendre un rendez-vous n’est pas adhérent de Clickdoc, une équipe dédiée peut contacter le praticien pour prendre rendez-vous en son nom en fonction des disponibilités indiquées par le patient sur le site.

    Au-delà de la prise de rendez-vous en ligne et du service de télésecrétariat, Clickdoc offre diverses fonctionnalités, dont :

    • un coaching des médecins : audit et conseils à distance, formation sur site aux solutions et services mais aussi accompagnement digital ;
    • la téléconsultation (à venir) entre un patient et son praticien ;
    • l’échange sécurisé de messages et de documents, telles que les ordonnances, avec les patients à l’issue d’une téléconsultation notamment.

    Des données hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé

    CompuGroup précise que Clickdoc est une plateforme développée en conformité avec les exigences requises en matière de sécurité des données de santé. Par ailleurs, toutes les données sont hébergées dans un environnement agréé par l’Asip Santé.

    QUESTIONS À FRANCK FRAYER

    Prise de RDV en ligne : CompuGroup est sur le marché depuis 2012

    Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer sur un marché déjà très concurrentiel ?

    Franck Frayer : Nous ne sommes pas vraiment un nouvel acteur puisque nous sommes sur le marché depuis longtemps. Nous avons lancé notre logiciel de gestion de rendez-vous en 2012 mais, à l’époque, nous ne croyions pas en une plateforme de mise en relation avec les patients par le biais d’un portail web. Nous nous sommes trompés. Alors nous avons changé notre stratégie.

    Une prise de contact répétitive pour faire connaître Clickdoc

    De quelle manière comptez-vous augmenter votre nombre de médecins adhérents ?

    Par le biais de notre service « On appelle pour vous », nous appelons les cabinets non adhérents pour leur expliquer qu’un patient souhaiterait prendre un rendez-vous avec eux. Nous n’avons pas d’approche commerciale mais nous précisons que nous appelons via le service ClickDoc. Grâce à cette prise de contact répétitive, nous nous faisons connaître petit à petit.

    Certains praticiens nous signalent qu’ils ne souhaitent pas prendre de rendez-vous en passant par un tiers mais quand nous prenons le temps de leur expliquer que notre service a été mis en place pour les patients qui en ont besoin, que tel patient n’aurait pas pu les joindre directement puisqu’il a effectué sa demande en dehors de leurs horaires d’ouverture, cela les amène à réfléchir.

    Nous offrons un vrai service gratuit dans le cadre de « On appelle pour vous », aussi bien du côté des patients que du côté des médecins, mais nous pensons que la démarche est bénéfique en termes d’image et de visibilité.

    « Le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé »

    ClickDoc va être lancé dans les prochaines semaines en Allemagne, où est basé CompuGroup. Pourquoi avoir choisi de développer en priorité ClickDoc sur le marché français ?

    Certes, il y a des blocages mais toutes les initiatives entreprises ici montrent que le marché français est dynamique dans le domaine de la e-santé. Par ailleurs, les acteurs sont bien préparés à l’arrivée de ces nouvelles technologies parce que les professionnels de santé sont massivement connectés par rapport au reste de l’Europe, comme en Allemagne, où il est plus rares que les praticiens utilisent des solutions numériques.

    Dans quels autres pays envisagez-vous de lancer ClickDoc ?

    Sur tous les marchés européens.

    « L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive »

    Un service de téléconsultation va prochainement être ajouté à l’offre ClickDoc.

    En ce qui concerne la téléconsultation, il peut y avoir 2 logiques :

    • il est possible de construire une plateforme hors-sol, soit une sorte d’uberisation du service : le patient échange en ligne pendant 5 minutes avec un praticien qu’il ne connaît pas et qui ne gardera aucune trace de la consultation ;
    • nous, nous suivons plutôt le principe porté par l’avenant n°6 à la convention sur le déploiement de la télémédecine en France, qui permet d’encadrer la pratique, d’assurer un vrai suivi du patient, de maintenir l’humain au cœur du numérique.

    Ressentez-vous un réel intérêt pour la téléconsultation de la part des médecins ?

    L’adoption de la téléconsultation sera lente mais progressive parce que c’est un vrai changement. Nous avons présenté notre solution à des groupes de médecins, qui, au départ, affirmaient qu’ils ne pratiqueraient pas la téléconsultation. Nous les avons fait réfléchir, leur avons expliqué que tels ou tels problèmes pouvaient être rencontrés et comment les surmonter par le bais de notre service, simple d’utilisation, et nous leur avons montré que nous étions prêts. Au final, ils ont apprécié la solution et nous avons retourné la situation de départ.

    Cependant, dans la vraie vie, cette évolution des pensées va prendre du temps parce que nous ne pourrons pas rencontrer les médecins un par un.

    Pensez-vous que les patients sont plus enclins à pratiquer la téléconsultation ?

    Je ne sais pas. L’enjeu, c’est surtout que les patients qui veulent réaliser des téléconsultations se moquent de savoir si leur médecin pratique l’acte ou non. S’il n’en propose pas, il ira voir un autre praticien. Les médecins doivent prendre conscience de cela.

    « Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui »

    Que pensez-vous du principe d’État-plateforme, porté par Laura Létourneau et Dominique Pon à l’occasion de la présentation de la feuille de route du numérique en santé en avril ?

    Si l’idée est de mettre à disposition des services et que l’État ne s’implique pas, pourquoi pas. Il faut savoir comment diriger l’offre de manière à l’apporter aux patients pour qu’ils puissent s’en servir facilement.

    Il y a une subtilité dans l’exécution de cette mesure. Il ne faudrait pas que l’État se mette à fabriquer ses propres services parce que cela tuerait l’innovation. S’il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas d’innovation. On se retrouverait avec le même schéma que le Minitel ! Il ne faut pas que la e-santé devienne le Minitel d’aujourd’hui et que l’État construise un 3615 Santé. Quand j’évoque cette comparaison, on trouve que j’exagère mais je pense qu’il est important d’être vigilants.

  • Open Mind Innovation, la start-up qui décrypte les variations des activités cérébrales

    Comprendre les variations de l’activité cérébrale en fonction des situations auxquelles elle est soumise, tel est l’objectif de la start-up de neurosciences française Open Mind Innovation, créée en 2019 par Guillaume Victor-Thomas dans l’optique d’adapter le cerveau humain aux aléas du quotidien.

    La société est constituée d’une équipe de 19 collaborateurs, dont 9 chercheurs, spécialisés dans les neurosciences cognitives, la data science, la psychologie, le game design et la réalité virtuelle (RV). 

    Elle a créé à Paris un « Performance Lab », au sein duquel des « patients » passent un bilan cognitif, comportemental et émotionnel d’une valeur de 900 euros. Une expérience de RV est réalisée au cours de l’évaluation afin d’analyser leur gestion du stress, leurs émotions et les réactions de leurs capacités cognitives. 

    D’ici fin 2019, la start-up espère boucler un tour de table afin de financer ses recherches et ainsi de développer de nouveaux services dans le domaine des neurosciences.

  • Harmonie Mutuelle rejoint le fonds CapDecisif 4

    Harmonie Mutuelle rejoint le fonds CapDecisif 4 aux côtés de Philips, L’Occitane et Vivalto, partenaires stratégiques de ce fonds focalisé sur la santé digitale, créé en juillet 2018.

    Harmonie Mutuelle réalisera des « proof of concept« , c’est-à-dire des démonstrations de faisabilité, a travers ses adhérents/patients et les établissements VYV Care afin de tester et de choisir de nouvelles solutions avec le Fonds CapDecisif 4, précisent les 2 partenaires dans un communiqué publié le 20 mai 2019. 

    Dans ce cadre, le Groupe VYV poursuivra le déploiement de solutions améliorant le parcours de soins des patients en réduisant les coûts de santé à travers VYV Invest.

    Harmonie Mutuelle et CapDecisif Management vont développer sur le long terme un partenariat et des synergies opérationnelles entre les équipes et les sociétés de portefeuille.

  • PHW 2019 : Phillips lance Illumeo, une solution pour le diagnostic en routine clinique basée sur IA

    Philips annonce le lancement de la solution Illumeo pour faciliter le diagnostic en routine clinique, en partenariat avec le CHRU de Lille. Lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle (IA) en imagerie organisée le 23 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week, le groupe indique que cette technologie basée sur l’IA va permettre d’optimiser les compétences des cliniciens et de redéfinir leur façon actuelle d’interagir avec les images.

    Plus précisément, la solution vise à améliorer le flux de travail des radiologues et à les guider dans la pose du diagnostic, depuis un espace de travail unique.
    Elle repose sur une technologie de rupture conçue pour simplifier la tâche des utilisateurs à travers une pertinence contextuelle, une intelligence adaptative, une variabilité réduite et des protocoles personnalisés.

    Philips précise avoir signé un partenariat d’évaluation clinique de Illumeo d’une durée de 2 ans avec le CHRU lillois afin :
    • de mesurer les bénéfices de la solution ;
    • de valider de nouveaux développements ;
    • d’influencer la feuille de route produit.

    Illumeo : une intelligence adaptée au contexte patient, diagnostique et utilisateur

    Transformation du flux clinique

    Une solution portée par le hub IA créé par Philips à Paris

    Philips rappelle par ailleurs le contexte dans lequel s’inscrit le déploiement d’Illumeo :

    • création en avril 2018 par Philips d’un centre d’expertise en intelligence artificielle (IA) dédiée à l’imagerie médicale, à la génomique et à l’écosystème des start-ups en IA avec :
      • 50 chercheurs et ingénieurs ;
      • un focus clinique en cardiologie, en oncologie et en maladies rares ;
      • plus de 100 brevets ;
      • un écosystème de partenaires cliniques académiques et industriels ;
    • création d’un fond d’investissements dédiée aux start-ups françaises aux côtés de Bpifrance ;
    • 2 « grands défis » sociétaux relatifs à l’intelligence artificielle.