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  • PHW2019 – IA, télémédecine, organisations innovantes : retour sur les principales tendances (dossier)

    Les équipes de H&TIntelligence ont pu rencontrer des acteurs porteurs de projets, de solutions ou d’innovation pendant le salon HIT Paris 2019, qui se tenait dans le cadre de la Paris Healthcare Week du 21 au 23 mai 2019. Parmi les tendances notables de cette édition, une forte concentration des acteurs du numérique en santé tentant de faire la preuve de leur interopérabilité et des offres de coordination disponibles auprès des professionnels : pour une start-up ou un éditeur, montrer sa contribution à la chaîne de valeur de la continuité des soins et au parcours est devenu un enjeu majeur à l’heure du déploiement de la feuille de route numérique du ministère de la Santé.

    Autre élément émergent, l’intelligence artificielle (IA) était au cœur des interrogations des professionnels de santé (Comment l’exploiter ? Quelles sont les applications possibles de l’IA ? Comment valoriser les données ? Etc.), tandis que des solutions IA portées par des start-ups ou des entreprises telles que Microsoft ou Philips montraient des applicatifs métiers possibles, notamment en imagerie ou en soutien au parcours de santé.

    La télémédecine – avec une forte attente des acteurs sur la suite attendue du programme Étapes, ou la présentation des très nombreuses solutions pour les professionnels de santé – a connu un regain d’intérêt en 2019.

    Enfin, de nouveaux modèles de prises en charge ou des parcours innovants ont été présentés par des porteurs de projet.

    H&T Intelligence recense dans ce dossier les informations et entretiens les plus pertinents.

    L’édition 2020 du salon – qui change de nom et devient SANTEXPO – est programmée du 26 au 28 mai 2020.

  • Ping An teste un système de dépistage de la maladie rétinienne via IA avec l’université de Hong Kong

    Ping An International Smart City Technology (PAISCT), filiale du géant chinois Ping An Insurance, conclut un accord de recherche avec le Medical Artificial Intelligence Lab Program (MAIL) du département de radiologie diagnostique de l’université de Hong Kong (HKU) afin de faire évaluer cliniquement son système de dépistage de la maladie rétinienne via tomographie par cohérence optique, basé sur intelligence artificielle (AI OCT). 

    Plus précisément, la solution fonctionne par le biais d’un logiciel d’analyse, qui apprend de lui-même au fil des données fournies par des experts cliniques (machine learning), d’une technologie d’imagerie multimodale par tomographie par cohérence optique (OCT) et d’une photographie couleur du fond d’œil.

    Selon l’accord, dont la signature a été annoncée le 30 mai 2019 par communiqué, le projet de recherche s’étendra de mai 2019 à avril 2020. Ce dernier implique le recrutement initial de 500 patients, avec par la suite un recrutement en continu de patients volontaires.

    Dans ce cadre sera collecté l’ensemble des données générées par les outils développés par PAISCT, qui fournit des modèles d’IA pour réaliser des dépistages et générer des rapports. Le MAIL sera quant à lui responsable de la conception, de la mise en œuvre et de l’analyse des études cliniques, qui seront dirigées par le Pr Michael D. Kuo, directeur du programme (MAIL).

    Un nouveau projet marquant l’intérêt de Ping An pour la e-santé

    Le groupe Ping An investit de plus en plus dans le secteur de la santé numérique, et notamment de l’IA médicale.

    Parmi ces dernières actions sur le marché figurent :

    • la signature en novembre 2018 d’un partenariat stratégique entre Ping An Healthcare and Technology (ou Ping An Good Doctor), première plateforme numérique chinoise de l’écosystème de la santé, et la Chinese Nutrition Society (Société chinoise de nutrition) :
      • l’entreprise participera à l’élaboration de la première norme nationale sur les substituts de repas élaborée par la société chinoise, qui vise à promouvoir le développement normalisé du marché ;
    • la conclusion d’un protocole d’accord entre Ping An Good Doctor et le Bangkok Dusit Medical Services (BDMS), le plus grand réseau de soins en Thaïlande :
      • les deux géants des services médicaux intégreront et échangeront leurs ressources médicales en ligne et hors ligne et fourniront des services de soins uniques à des millions de patients chinois, indique un communiqué publié en novembre 2018.

    Ping An Good Doctor améliore la capacité de son supercalculateur

    Plus récemment, en février 2019, Ping An Good Doctor a annoncé avoir amélioré la capacité de son supercalculateur.

    Le système dispose d’un processeur parallèle capable de traiter d’énormes quantités de données en peu de temps, améliorant ainsi l’efficacité de sa R&D en intelligence artificielle (AI) et accélérant la vitesse des applications basées sur l’IA.

    À l’avenir, le groupe utilisera l’outil pour développer davantage d’applications de technologie médicale basées sur l’intelligence artificielle et maintenir ses capacités d’innovation.

  • Les CHRU ont investi au total 1,58 Md€ en 2018, un « faible niveau » lié aux « pressions financières »

    En 2018, « les CHRU ont amélioré leur résultat consolidé d’ensemble quasiment à l’équilibre à 99.7 % (pour un budget consolidé des CHRU de 31,8 Mds €), alors que la contrainte financière externe s’est maintenue avec le plan d’économies sur l’Ondam hospitalier », indique la Conférence des directeurs généraux de CHU, ajoutant que « cette amélioration de la situation financière des CHU a contribué à réduire le déficit public hospitalier« .

    Dans un communiqué publié le 3 juin 2019, la Conférence a présenté les résultats financiers 2018 des CHRU de France. De manière générale, elle souligne que les établissements :

    • « ont largement contribué » au respect de l’Ondam hospitalier : stabilisation à +0,4 % de leurs produits d’activité, sachant que :
    – les tarifs des séjours ont baissé en moyenne de 0,7 % dans les CHU en raison de leur case-mix spécifique (hors coefficient prudentiel intégralement dégelé) ;
    – la baisse tendancielle des dotations Merri allouées aux CHU pour le financement de leurs missions distinctives s’est poursuivie en 2018 ;

    • ont maîtrisé l’évolution de leur masse salariale à +0,7 % « compte tenu de l’impact des mesures réglementaires et catégorielles qui leur sont imposées malgré une stabilité globale des effectifs ».

    Par ailleurs, les CHRU ont investi au total 1,575 milliard d’euros en 2018. « La conséquence directe des pressions financières (…), c’est la poursuite d’un faible niveau d’investissement, note la Conférence. [Malgré] un léger ressaut en 2017, les investissements sont revenus au niveau de 2016 et restent inférieurs de 18 % par rapport au niveau atteint en 2013. » Elle précise que les CHU doivent cependant développer les innovations médicales, techniques, numériques et territoriales « qui ont vocation à être diffusées sur l’ensemble des établissements de santé ultérieurement ».

    Les principaux indicateurs (tous CHRU) :

    L’investissement des CHU

    Les CHU doivent « développer les innovations médicales, techniques, numériques et territoriales »

    • « Les CHU doivent (…) faire face à des réorganisations internes en fonction des nouvelles modalités de prise en charge (virage ambulatoire, RAAC), à des obligations de maintenance et de mises aux normes et développer les innovations médicales, techniques, numériques, territoriales qui ont vocation à être diffusées sur l’ensemble des établissements de santé ultérieurement ».
    • Effort d’investissement des CHRU : 4,9 %, alors qu’il devrait atteindre au moins 8 % selon les référentiels de l’Igas et de l’IGF.
    • Malgré une amélioration de la capacité d’autofinancement (CAF) de + 124 M€ par rapport à 2017 (+ 11%), la CAF s’établit à 3,9 % en 2018 alors qu’elle s’élevait à 5,2 % en 2013.
      • CAF « nette » (après remboursement de la dette) : 385 M€ (soit 1,2 %) et ne contribue qu’à un quart du financement des investissements réalisés par les CHU.

    Un endettement financier resté stable en valeur relative

    • L’endettement financier des CHRU, malgré une augmentation du capital restant dû de +318 M€ par rapport à 2017, est resté stable en valeur relative : il représente 36,9 % du total des produits (36,1 % en 2017).

    Autres résultats clés relevés par la Conférence :

    • amélioration globale du résultat des CHU « avec des dynamiques différentes selon les établissements » :
      • sur le budget principal, 56 % des CHU sont en déficit (soit 18 CHU) pour un total cumulé de -261 M€ ;
      • 44 % des CHU sont en équilibre ou en excédent (soit 14 CHU) pour un total cumulé de 97 M€ ;
      • le déficit global du budget principal s’élève à -164 M€ en 2018 contre -306 M€ en 2017, « soit une division par deux traduisant la poursuite des plans de retour à l’équilibre dans les établissements déficitaires ».
    • L’activité des CHU est restée soutenue en volume à + 1 % de séjours pour une valorisation financière en T2A de + 0,4 % en 2018 :
      • l’activité ambulatoire s’est fortement développée en 2018 avec + 1,9 % de séjours sans nuitée et séances qui représente 57 % du case-mix en volume ;
      • l’activité d’hospitalisation complète a diminué (- 0. 9%) pour une valorisation qui représente 85 % du total des recettes T2A d’hospitalisation des CHU.
    • La marge brute des CHU est restée stable à 5,7% (aides financières comprises).
  • Merri

    missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation

  • Case-mix

    Anglicisme désignant l’éventail des cas médicaux et chirurgicaux traités par un établissement de santé

  • Conférence « Qualité des soins et résultats patients : la valeur en santé », le 25/06/19, Montpellier

    Le Cercle Valeur Santé organise une conférence sur le thème « qualité des soins et résultats patients : la valeur en santé » le 25 juin 2019, de 18h30 à 20h, à Montpellier (le lieu exact n’a pas encore été indiqué).

    Depuis 2016, le Cercle « réfléchit et promeut une prise en compte de la qualité et des résultats qui importent aux patients, au meilleur coût, rappelle le groupe de réflexion (communiqué). Aujourd’hui, il souhaite mettre en exergue des projets de terrain qui concrétisent cette démarche et engage un tour des régions de France à la rencontre des acteurs. »
    Dans la région Occitanie, « les parcours de soins personnalisés proposés aux patientes atteintes du cancer du sein par les praticiens du Montpellier Institut du Sein (MIS) et, aujourd’hui, partout en France, par les membres de la Fédération nationale des instituts du sein, en sont un exemple », contextualise-t-il.

    Dans le cadre de cette conférence, le Cercle invite les acteurs du secteur à découvrir cette démarche et à échanger sur la manière dont la valeur en santé peut contribuer à la transformation du système de santé français.

    Pour s’inscrire, envoyer un email à cerclevaleursante@gmail.com avant le 14 juin 2019.

    Programme

    • Présentation du Cercle valeur santé et de la démarche Valeur en santé :
      • Basile Gorin, président du Cercle Valeur Santé, et Martine Aoustin, ancienne directrice de l’Agence régionale de santé Languedoc-Roussillon.
    • Focus sur les parcours personnalisés mis en place par le Montpellier institut du Sein et la Fédération nationale des instituts du sein ainsi que les outils nécessaires à la coordination et la fluidification des parcours :
      • Sylvie Boichot, présidente de Move in med.
    • Vision européenne : « Quelle place pour la qualité des soins en Europe ? » :
      • Paul Garassus, président de l’Union européenne de l’hospitalisation privée.

  • Genopole lance un AAC pour intégrer les dispositifs Shaker et Booster (deadline : 15/07/2019)

    Genopole, biocluster français dédié à la recherche en génétique et aux biotechnologies appliquées à la santé et à l’environnement, lance un nouvel appel à candidatures (AAC) du 4 juin au 15 juillet 2019 afin d’intégrer sa 5ème promotion « Shaker/Booster ».

    Les dispositifs Shaker et Booster ont été créés fin 2017 :

    • Shaker s’adresse aux étudiants/doctorants/post-doctorants porteurs d’une idée innovante en biotechnologie : il a pour objectif de les aider à consolider leur preuve de concept et de les sensibiliser à l’entrepreneuriat.
    – Les dossiers d’inscriptions pour intégrer ce dispositif sont disponibles via ce lien : ils doivent être retournés avec le règlement signé par e-mail à shaker@genopole.fr avant le 15 juillet minuit.

    • Booster s’adresse aux dirigeants de jeunes entreprises innovantes de moins de 3 ans : il vise à les aider à fortifier leur société et à réussir leur levée de fonds.
    – Les dossiers d’inscriptions pour intégrer ce dispositif sont disponibles via ce lien : ils doivent être retournés avec le règlement signé par e-mail à booster@genopole.fr avant le 15 juillet minuit.

    Les 2 dispositifs ont déjà accompagné 9 projets ainsi que 22 start-ups ayant levé plus de 900 000 euros de financements privés et créé 40 emplois.

    Genopole accueille les innovations biotech qui ouvre la voie à un nouveau traitement ou diagnostic médical, offrant une solution en faveur de la transition écologique ou de l’industrie du futur (agritech, foodtech, greentech, cosmétiques…).

    Contacts

    • shaker@genopole.fr et booster@genopole.fr;
    • 01 60 87 83 03
  • WatchOS 6, applications mobiles : la conférence des développeurs d’Apple met l’accent sur la santé

    Apple se concentre de plus en plus sur le secteur de la santé, en lançant notamment de nouvelles fonctionnalités intégrées à sa dernière montre connectée pour prévenir la perte d’audition ou gérer sa fertilité mais aussi en améliorant certaines de ses applications mobiles dédiées au suivi de l’activité physique. C’est ce qui ressort des annonces faites le 3 juin 2019, au premier jour de la  Worldwide Developer Conference (WWC), la conférence annuelle des développeurs du groupe américain, organisée jusqu’au 7 juin à San José (Californie).

    Les principales annonces ont notamment porté sur la dernière version de l’Apple Watch, WatchOS 6 :

    • La prochaine mise à jour du système d’exploitation de la montre protègera les tympans de l’utilisateur, avec un microphone intégré qui l’avertira quand le volume sonore qui l’entoure est trop élevé. Ce compteur de décibels, baptisé « Hearing Health », pourra s’afficher sur le cadran de la montre. « Comme la perte d’audition est souvent très progressive, il est important de savoir quand le bruit environnement est susceptible d’atteindre vos tympans, lorsque vous êtes au milieu d’une zone de construction par exemple », commente Sumbul Desai, la vice-présidente d’Apple chargée de la santé, soulignant que cette application n’enregistrera et ne sauvegardera pas les séquences sonores.

    • L’Apple Watch pourra également aider ses utilisatrices à gérer leur cycle menstruel et leur fertilité, une fonctionnalité déjà présente sur l’iPhone depuis 2015. Cette application « Cycle tracking » permet à une femme de prévoir quand commence sa fenêtre de fertilité.

    Applications mobiles : des améliorations pour mieux suivre l’état de santé des utilisateurs

    • L’application Activity pourra également désormais comparer l’activité physique de l’utilisateur sur les 90 derniers jours par rapport aux 365 jours écoulés, afin de déterminer une tendance au relâchement et d’émettre des conseils personnalisés pour encourager la personne à reprendre un meilleur rythme. « Activity vous donnera une image plus précise de ce que vous pouvez faire pour rester actif, et plus important encore, la motivation nécessaire pour vous maintenir en activité sur le long terme », explique Sumbul Desai.
       
    • L’application iPhone Health fera l’objet d’une mise à jour importante, annonce Kevin Lynch, vice-président de la technologie au sein d’Apple. La nouvelle application affichera un résumé des notifications relatives à la santé, des favoris et des faits saillants générés automatiquement pour permettre aux utilisateurs de surveiller leur santé sur le long terme. Elle utilisera l’apprentissage automatique pour souligner ce qui importe le plus pour chaque utilisateur. « Comme il n’y a rien de plus privé que vos informations de santé, vous contrôlerez vos données, précise Kevin Lynch. Vous décidez si vous voulez partager vos données de santé avec les applications que vous sélectionnez, seulement si vous acceptez de les partager. »
  • La plateforme de santé mentale Talkspace lève 50 M$ (44,5 M€) et signe un partenariat avec Optum

    Talkspace, une société américaine spécialisée dans la thérapie en ligne, réalise une levée de fonds de 50 millions de dollars US (environ 44,5 M€). La plateforme développée par Talkspace s’adresse aux Américains souffrant de troubles psychiatriques ou de toxicomanie, la cible prioritaire étant les personnes ne pouvant s’offrir de traitement. Afin d’atteindre cet objectif, la société vient de signer un partenariat avec le groupe de de gestion des prestations pharmaceutiques Optum (UnitedHealth) pour pouvoir étendre ses services à 2 millions de patients supplémentaires, dont ceux ayant des difficultés à obtenir des rendez-vous médicaux ou à se déplacer. La plateforme vise au total les 5 millions d’utilisateurs.

    Lancé en 2012, Talkspace permet de mettre en relation son réseau de 5 000 thérapeutes avec les utilisateurs de son outil. Par le biais de sa solution, les patients peuvent communiquer avec les professionnels de santé via messages textes, vocaux ou encore vidéos. Le service propose également un accès à des thérapies mixtes, alliant consultation physique et consultation à distance.

    Talkspace va devoir faire face à une concurrence importante, le marché des dispositifs thérapeutiques numériques devant atteindre une valeur de 8,472 milliards de dollars US (environ 7,54 M€) en 2024 selon une étude de Zion Market Research (juin 2018).

  • ExclusifBlockchain en santé : cas d’usages et création de valeur pour le secteur médical

    Health & Tech Intelligence lance une série de notes et entretiens dédiés à la blockchain afin de présenter des cas d’usage de cette technologie en santé et de permettre aux acteurs d’en tirer avantage. Les publications et rendez-vous, réalisés en partenariat avec Issao Ueda, expert blockchain, auront lieu tout au long de l’année 2019. Cette seconde analyse est dédiée au secteur médical : au milieu hospitalier mais également à l’ensemble des professionnels de santé.

    Le précédent article de la série présentait les raisons de la pertinence de l’utilisation de la blockchain dans le secteur de la santé avec un point d’attention sur le secteur pharmaceutique.

    Ce deuxième volet porte sur le milieu médical, pour lequel les atouts de la blockchain sont essentiellement l’interopérabilité (le fait de pouvoir utiliser un outil unique et transverse), une traçabilité optimale et une automatisation de nombreux processus métier, le tout à travers une solution unique. MYPL, Medicalchain et Kidner font partie des sociétés leaders dans ce domaine précis.

    1. Quels atouts de la Blockchain pour le secteur médical ?

    Si elle n’est pas appelée à remplacer les systèmes d’information de santé existants, la blockchain apporte plusieurs atouts à des structures très complexes et difficilement évolutives :

    • Le sujet de l’interopérabilité n’est pas récent dans le secteur de la santé : le Cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS) existe depuis 2012 et fixe de nombreuses règles de partage de données de santé entres acteurs. Néanmoins, il est souvent délicat d’interfacer de façon simple plusieurs éléments clefs des institutions de santé (notamment les registres patients et les données d’études). L’une des raisons principales est l’absence d’existence d’une solution unique pouvant interconnecter l’ensemble des SI de santé. La blockchain est une solution qui, de par sa nature décentralisée, permet à chaque structure et établissement de santé de participer et de partager les informations de façon sécurisée grâce à une structure unique. La Blockchain n’est cependant pas non plus la panacée, il s’agit avant tout d’une solution technique : il faut que ces données soient entièrement numériques et qu’un standard de partage soit validé en amont.
    • Afin de garantir la sécurité et le bon usage de cet outil, il convient d’offrir aux utilisateurs de cette solution une traçabilité irréprochable. Le fonctionnement de la blockchain permet d’offrir un suivi infalsifiable de l’enregistrement, la modification et la consultation des données qu’elle contient ou auxquelles elle permet d’accéder. C’est notamment la raison pour laquelle l’Estonie a utilisé la solution Guardtime qui utilise la blockchain pour sécuriser l’accès aux données de santé de sa population. Toute mise à jour et tout accès aux dossiers de santé est enregistré dans la blockchain, aucune de ces informations ne peut être altérée.
    • Enfin, les smart contracts, une technologie associée à la blockchain, représente également un potentiel d’amélioration considérable pour le secteur de la santé. Il ne s’agit pas de contrats mais de programmes. Ces programmes vérifient en temps réel que les conditions sont remplies pour exécuter des instructions préprogrammées. Ces scripts permettent ainsi une forte automatisation de processus de validation. Grâce à la blockchain, il est de plus extrêmement simple de garantir l’impossibilité de modifier ces programmes, renforçant la confiance. 

    2. Quels sont les acteurs ?

    À l’image du gouvernement estonien, de plus en plus de projets utilisent la blockchain pour aider le secteur médical en France :

    La solution MYPL est un outil innovant d’aide à la décision médicale : il permet de fluidifier les réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) grâce à une interface de partage efficace. La blockchain garantit l’interopérabilité du système pour l’ensemble des institutions médicales ainsi que la sécurisation des données de santé.

    • Citons également la plateforme Kidner, qui propose d’aider les patients en attente de greffe de rein à trouver un donneur de façon plus efficace : grâce à l’utilisation de la blockchain et de smart contracts, cette plateforme permet de comparer en temps réel des listes de donneurs et de receveurs de reins de façon transparente, sécurisée et automatique. En cas de compatibilité, le médecin et les professionnels de santé sont automatiquement notifiés.
    • À l’international, la solution anglaise Medicalchain propose une solution encore plus avancée : un dossier patient entièrement décentralisé et des services à distance tels que les téléconsultations, rendant les patients acteurs de leur santé grâce à l’utilisation de la blockchain pour l’authentification et la traçabilité des actions effectuées sur cette plateforme.
    • Notons également qu’IBM s’est positionné au début de l’année sur la question de l’interopérabilité grâce à sa collaboration avec plusieurs acteurs de l’assurance santé américaine et l’utilisation de la technologie blockchain.

    Ces innovations doivent se faire de pair avec la mise en place de normes et de partenariats entre les différents acteurs de la santé, ce que font les acteurs cités précédemment. La blockchain n’est pas la solution globale aux problématiques actuelles du secteur de la santé mais bien un outil dont l’utilisation va faciliter la manière de répondre à ces problématiques.