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  • Paris capitale européenne de l’innovation en santé : rencontre le 19/06/2019, Paris

    La Ville de Paris organise une rencontre autour des enjeux d’attractivité et de développement de l’écosystème parisien d’innovation en santé avec les acteurs économiques, académiques et institutionnels du domaine santé à l’occasion de l’événement « Paris capitale européenne de l’innovation en santé ». Le rendez-vous aura lieu le 19 juin 2019 à la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Paris.

    Les inscriptions, gratuites, sont à effectuer via ce lien.

    Intervenants 

    • Laure Boquet, déléguée générale de l’institut imagine.
    • Alexis Brice, directeur général de l’institut du cerveau et de la moelle
    • Guillaume Canaud, lauréat du grand prix de médecine de la Ville de Paris 2018 « Jean Hamburger »
    • Jean Chambaz, président de Sorbonne université, pour le projet Paris Parc
    • Maryvonne Hiance, présidente de France Biotech
    • Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, pour le projet de transformation de l’Hotel Dieu
    • Steven Marcus, CEO de Runlabs
    • Serge Picaud, de l’Institut de la vision
    • Mickaël Tanter, directeur de l’unité physique des ondes pour la médecine de l’ESPCI Paris
    • Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM-Téléthon, pour le projet de fondation pour la myologie

    Ainsi que les équipes de chercheurs et entrepreneurs :

    • de la plateforme Meary Saint Louis ; 
    • d’Agoranov ;
    • de Paris Biotech Santé ;
    • de Tech Care Paris ;
    • de l’Institut de la psychiatrie et des neurosciences de Paris.
  • Bourgogne-Franche-Comté : la plateforme numérique eTicss franchit le cap des 10 000 DP ouverts

    Testée à partir de 2015 sur le territoire du nord Saône-et-Loire, la plateforme eTicss (Territoire innovant coordonné santé social) compte depuis fin 2019 plus de 10 000 dossiers patients (DP) issus de l’ensemble de la région. « Une croissance exponentielle puisqu’en mai 2018, 3 000 dossiers étaient enregistrés (le rythme moyen s’établit autour d’au moins 500 inclusions mensuelles) », précise l’Agence régionale de santé (ARS), qui porte le projet, dans un communiqué publié le 4 juin 2019.

    ETicss est un outil numérique de coordination et de communication à destination des professionnels dans les domaines de la santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, biologistes, réseaux de santé, etc.), du social et du médico-social (travailleurs sociaux, aides à domicile, etc.). Par son biais, il est possible d’accéder à différents services numériques permettant aux professionnels de mieux coordonner leurs actions en fonction de chaque patient afin d’améliorer la qualité de la prise en charge. Après le recueil du consentement du patient, l’ensemble des membres de son « cercle de soins » peuvent échanger et mettre à jour ses informations médicales.

    La plateforme a été mise en place dans le cadre du programme national Territoire de soins numérique (doté de 80 millions d’euros), lancé en 2014 dans l’optique de moderniser le système de soins français en expérimentant dans des zones pilotes les services et les technologies les plus innovants dans le domaine de la e-santé. La Bourgogne-Franche-Comté fait partie des 5 régions qui ont été sélectionnées à l’issue d’un appel à projets (avec l’Auvergne Rhône-Alpes, l’Île-de-France, la Nouvelle Aquitaine et l’Océan indien).

    ETicss a vocation à devenir « l’outil naturel » des plateformes territoriales d’appui (PTA) en cours de constitution dans chaque département de Bourgogne-Franche-Comté, indique l’ARS.

    « Une synthèse en temps réel du parcours du patient et de son historique »

    ETicss permet aux professionnels d’accéder à diverses fonctionnalités :

    • consulter ou compléter le volet clinique (antécédents, traitements en cours, constantes…) et le volet social (couverture sociale, aides mises en place…) du dossier patient ;
    • évaluer la situation du patient (grilles d’évaluation) ;
    • élaborer un plan personnalisé de soins validé par le médecin traitant ;
    • mettre en place une prise en charge coordonnée et le suivi patient,

    Par le biais de l’outil, il est également possible de recevoir des notifications et des alertes sur messagerie sécurisée et d’accéder à l’annuaire régional des professionnels.

    65 % des dossiers ouverts concernent des personnes de plus de 75 ans

    ETicss s’adresse à tous les patients dits en situation « complexe », qui nécessitent « un accompagnement personnalisé et renforcé dans leur parcours de vie et de soins », précise l’ARS, comme les personnes en situation de handicap, les personnes atteintes d’une maladie chronique (comme le diabète), les personnes âgées de retour à domicile après une hospitalisation, les personnes ayant subi un accident neuro-vasculaire ou cardiaque, etc.

    Sur les 10 000 dossiers répertoriés, 65 % concernent des personnes de plus de 75 ans, dont les deux tiers sont des femmes.

  • L’Israel Innovation Authority et la Mayo Clinic s’allient pour accélérer l’innovation en health tech

    L’Autorité israélienne en charge de l’innovation (Israel Innovation Authority) et la clinique Mayo (États-Unis) s’associent pour innover dans le domaine de la health tech, avec un intérêt particulier porté sur les nouveaux dispositifs médicaux, l’établissement de diagnostics, les solutions logicielles et les thérapies. Dans le cadre de ce protocole d’accord, signé en mai 2019, les entreprises israéliennes vont pouvoir développer, tester et mettre au point des technologies de santé avec l’aide des services et de l’expertise fournis par l’établissement américain.

    Cet accord a été signé à l’occasion de MIXiii-Biomed, une conférence israélienne de trois jours sur les sciences de la vie et la biomédecine.

    La Clinique Mayo a lancé son « Israeli Startup Initiative » en 2016 afin de promouvoir la collaboration entre les startups israéliennes et les employés de l’établissement de soins américain. L’objectif de ce projet est d’accélérer la disponibilité des innovations médicales pour le public, d’introduire les technologies de santé israélienne aux États-Unis et de promouvoir le développement de nouvelles découvertes au profit des patients, rappelle l’Israel Innovation Authority dans un communiqué.

    Les start-ups israéliennes pourront bénéficier d’un financement

    Dans le cadre de cet accord entre Israël et la Mayo Clinic, les start-ups israéliennes sont invitées à solliciter un financement, qu’elles recevront directement de l’autorité israélienne en charge de l’innovation avec des services supplémentaires et un mentorat assuré par la clinique américaine.

    Un appel à propositions se concentrera sur les technologies de santé selon 2 axes :

    • des projets de R&D collaboratifs entre des entreprises israéliennes et la clinique Mayo ;
    • des projets en phase pilote et de validation pour des entreprises israéliennes menés par la clinique Mayo.
  • ANPAA

    Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie

  • Maladies chroniques : le Cese recommande d’accélérer le déploiement du DMP et de la télémédecine

    Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) prône le recours aux outils numériques pour mieux prendre en charge les patients atteints d’affections chroniques. Il s’agit de l’un des enseignements clés qui ressort de l’avis portant sur les maladies chroniques présenté par les conseillers Michel Chassang et Anne Gautier, au nom de la section des Affaires sociales et de la santé, et adopté par le Cese le 11 juin 2019 en séance plénière.

    Dans cet avis, le conseil demande (préconisation n°7) d’« accélérer le déploiement du DMP, dans le cadre du futur espace de santé numérique (ENS) », pour en faire « un instrument de la coordination médicale, médico-sociale et sociale ». Il lance l’idée de proposer systématiquement son ouverture au moment de l’annonce de la maladie chronique au patient, comme « un premier outil d’une relation de transparence, de confiance et d’échanges », qui permettra à la personne souffrant de maladie chronique d’être actrice de son parcours de soins.

    Le conseil suggère parallèlement (préconisation n° 12) d’accélérer le déploiement de la télémédecine en matière de prise en charge des maladies chroniques, et, pour ce faire, de « donner la priorité » aux objectifs « de coordination des interventions, de sécurité des soins, et d’accompagnement personnalisé ». Il juge par ailleurs nécessaire de « veiller à ce que le déploiement de la télémédecine n’ait pas pour conséquence d’aggraver des inégalités de santé (sociales, territoriales) qu’elle est censée atténuer ». 

    Le Cese propose enfin (préconisation n°3) de renforcer l’éducation à la santé dès le plus jeune âge « via notamment des applications numériques ». Il reprend ici l’idée des états généraux de la prévention des cancers, à l’issue desquels il a été suggéré de développer « des applications ludiques, ouvertes et positives, de prévention des comportements à risque ».

  • La bascule vers le data management, « un changement profond au sein du système de santé » (ouvrage)

    « Si nous bloquons trop dans nos pays l’innovation en pilotage par les données de santé, il est à craindre que les professionnels et patients français se tournent rapidement vers des solutions conçues hors du périmètre du RGPD et dont le caractère éthique ne pourra pas être nécessairement garanti a priori. C’est pourquoi, si la révolution du pilotage pour les données est chargée d’enjeux juridiques, sa diffusion doit aussi s’envisager sur le terrain du management. » Cette analyse est l’une des réflexions développées dans l’ouvrage La révolution du pilotage des données de santé. Enjeux juridiques, éthiques et managériaux*, écrit conjointement par les experts Élodie Chapel, David Gruson, Delphine Jaafar, Pierre Loulergue, Judith Mehl, Florent Parmentier et Anaïs Person (LEH Édition, collection « Décideur santé »).

    Dans ce livre, publié en mai 2019, un chapitre est entièrement consacré aux impacts du data management pour la couverture du risque en santé. La bascule vers un mode de pilotage par les données de santé, vers le data management, « constitue un changement profond et durable au sein de notre système de santé », notent les auteurs, ajoutant que cette transformation se déploie dans un cadre juridique nouveau, après la transposition du RGPD et l’identification de nouveau principes juridiques. « Le contexte de la préparation de la révision de la loi bioéthique fait, en outre, émerger le besoin d’une régulation positive des enjeux éthiques associés à ces évolutions« , expliquent-ils.
    L’ouvrage explore les nombreuses dimensions du management en santé, décrit comme un « continent nouveau » en train d’émerger : sécurité sanitaire et régulation du système, gestion prévisionnelle des ressources humaines et des compétences, adaptations des modes de financement vers une reconnaissance des parcours des patients, modalités de valorisation du pilotage par les données, etc. « L’objectif est de donner aux décideurs, professionnels de santé mais aussi à chacun de nos concitoyens, les clés de compréhension de ce mouvement majeur et irréversible« , synthétisent les auteurs de l’ouvrage.

    Ces derniers reviennent par ailleurs au sein de ce livre sur les enjeux internationaux et présentent des illustrations d’outils pratiques et de programmes de pilotage par les données déjà engagés.

    Health & Tech Intelligence, qui a pu consulter l’ouvrage, présente la synthèse des éléments clés mis en avant par les 7 experts, chapitre par chapitre.

    Pilotage par les données de santé : contexte

    « La diffusion du pilotage par les données de santé constitue une transformation absolument majeure suscitant des évolutions très sensibles de notre système de santé et faisant déjà l’objet, en France et dans l’Union européenne, d’un niveau élevé d’encadrement juridique, notamment avec l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui a permis l’émergence de nouveaux métiers (comme le Data Protection Officer) », contextualisent les auteurs de l’ouvrage.

    Le risque d’une « compétition mondialisée »

    Ils indiquent que le risque principal de cette révolution est « une compétition mondialisée ». Les États-Unis et la Chine sont actuellement « très engagés dans cette révolution », ce qui risquerait, « si l’Union européenne ne rattrape pas son retard, d’imposer des lois et des manières de gérer les données de santé contraires (ou tout au moins en conflit) avec l’éthique européenne et/ou française », observent-ils.

    L’enjeu est important pour la France et plus largement l’Union européenne afin de protéger au mieux les données de santé.

    « Permettre un futur pilotage de données de santé le plus éthique et adapté possible »

    L’ouvrage propose « des pistes pour éviter ce risque et engager l’Union européenne dans cette révolution, non seulement au niveau juridique, mais aussi au niveau managérial ».

    • L’implication et l’intérêt des établissements et des professionnels de santé est « une valeur indispensable pour accompagner cette révolution, en permettant une régulation positive des données de santé », est-il noté.
      • « Les établissements et les professionnels de santé sont sur le terrain, en contact direct avec les problèmes éthiques posés vis-à-vis des patients et seront les principaux utilisateurs de ces données : ils en sont le facteur-clé ».

    Dans ce livre, les 7 auteurs exposent des solutions dans l’optique de « développer l’accompagnement et l’implication de tous les acteurs de la santé et permettre un futur pilotage de données de santé le plus éthique et adapté possible ».

    Chapitre I – La capacité de pilotage par les données : nouveau déterminant de la valeur d’un système de santé ?

    I. Les données de santé : enjeu géostratégique majeur.

    II. Big data, intelligence artificielle et robotisation : définitions et limites

    III. La bascule vers le pilotage par les données de santé : une diversité des approches au niveau international et en France

    IV. Le pilotage par les données : défi pour la régulation du système de santé et enjeu de santé publique et de sécurité sanitaire

    SYNTHÈSE

    • Le pilotage par les données de santé constitue un « enjeu géostratégique majeur ».
    • La compétition entre les systèmes de santé et la course à l’innovation en médecine algorithmique (IA) dépendent « très largement » de la maîtrise de ce nouveau champ du management en santé.
    • La collecte massive de données de santé, la transition vers une responsabilité populationnelle en santé et le développement d’outils d’intelligence artificielle en médecine constituent des réalités « très palpables ».
    • « La bascule vers cette nouvelle réalité des systèmes de santé s’opère, cependant, selon des modalités diverses selon les systèmes de santé, insistent les auteurs de l’ouvrage. Des points d’équilibre différents sont trouvés entre mécanismes de partage des données de santé et reconnaissance de la nécessité de leur protection. »
    • Le déploiement du pilotage par les données de santé constitue un levier « très précieux » pour les régulateurs. Il ouvre de nouvelles perspectives pour les politiques de santé publique et représente un vecteur de renforcement potentiellement significatif de la sécurité sanitaire.

    Chapitre II – Le cadre juridique du pilotage par les données de santé

    I. Le système national des données de santé et le Sniiram

    II. Le RGPD et ses modalités d’application pratique

    III. Le cadre constitutionnel de la protection des données issu de la décision du Conseil constitutionnel de juin 2018

    IV. Les évolution profondes en 2019 issues du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé

    V. Pilotage par les données de santé et régulation bioéthique positive

    SYNTHÈSE

    « Le cadre juridique du pilotage par les données de santé a connu des évolutions profondes au cours de la période récente, indiquent les auteurs. La France constitue, au sein de l’Union européenne, l’un des territoires dans lesquels cette protection juridique a atteint les niveaux les plus élevés d’intensité et de sophistication. »

    2 mouvements successifs ont été à l’œuvre pour construire ce cadre juridique :

    • un mouvement d’élaboration de normes juridiques générales et opposables. Cette logique a connu son point culminent en 2018 avec la transposition du RGPD ;
    • un mouvement plus récent visant à identifier » des voies de passage pratique » pour le pilotage par les données de santé « en adaptant les modalités juridiques » dans la nouvelle loi de santé ou « en définissant un cadre de régulation positive souple » sous forme de référentiels de « soft law« .
      • Les travaux préparatoires mis en œuvre dans le cadre de la préparation de la future révision de la loi de bioéthique ont représenté, à cet égard, « un point de bascule ».

    « Trouver cette bonne voie de passage entre nécessité de protection et impératif de soutien à l’innovation en santé, tel est justement l’une des principales finalités du volet managérial de la diffusion du pilotage par les données de santé », relèvent les auteurs.

    Chapitre III – Les enjeux du management territorialisé par les données de santé

    I.  Un nouvel acteur-clé du management par les données : le DPO

    II. Comment intégrer le pilotage par les données dans le nouveau cadre territorialisé du management des établissements de santé

    III. Comment combiner entrepôts territorialisés, projets par spécialités et hub national de données de santé

    IV. Comment conduire des projets de recherche à partir des traitements de données de santé ?

    V. Comment accompagner la transformation des métiers et du champ sanitaire et médico-social liée à l’émergence du management par les données ? Reconnaître une RSE digitale

    VI. Comment valoriser le pilotage par les données de santé ?

    SYNTHÈSE

    La diffusion du pilotage par les données impacte « très profondément » les différents champs du management en santé. « Au-delà des enjeux spécifiques associés au data management lui-même, cette transformation induit une véritable révolution de champs aussi divers que le management RH, la gestion des flux financiers des établissements, la conduite de programmes de recherches et le pilotage des systèmes d’information dans le cadre de la nouvelle territorialité en santé en cours d’émergence », résument les auteurs.

    La soutenabilité de cette transition du système de santé vers le pilotage par les données implique, cependant, de « définir des mécanismes permettant d’en garantir le développement durable » :

    • mise au point de dispositifs éthiquement responsables permettant la constitution d’un « cadrage de référentiels de régulation positive » ;
    • fiabilisation d’une « palette de modalités de valorisation économique du pilotage par les donnés de santé ». Le terrain s’est déjà « largement » saisi de cette question avec des options pratiques d’un grande diversité qui peuvent déjà être relevées. « L’émergence d’un modèle plus global de valorisation d’intérêt général, venant compléter ces initiatives locales, constitue l’un des enjeux majeurs pour l’avenir du système de santé dans un contexte de compétition mondialisée », est-il souligné.

    Chapitre IV – La transformation de la couverture du risque avec le pilotage par les données de santé

    I. Les outils de l’assurance santé, condition de l’évolution de la couverture du risque

    II. Les outils de l’assurance

    III. Le management des données de santé par l’assurance : vers un système de bonus/malus en santé ?

    IV. Les législateurs français et européen, régulateurs de l’utilisation des données de santé par les sociétés d’assurance

    V. Les sociétés d’assurance limitées dans le traitement des données de leurs assurés, au regard des obligations de loyauté et de transparence

    VI. Exigences légales relatives à l’application de l’intelligence artificielle aux données de santé des personnes

    VII. Secret médical et accès aux bases de données

    VIII. Les risques d’atteinte aux droits et libertés des personnes concernées

    IX. Perspectives d’évolution : l’éloignement du principe de mutualisation de l’assurance au bénéfice du profilage

    SYNTHÈSE

    L’émergence du pilotage par les données induit « des transformation tectoniques de la couverture du risque en santé ». Des principes juridiques protecteurs visent, en France, « à préserver les concitoyens de dérives dans l’accès à leurs données et des conséquences pénalisantes qui pourraient en être tirées dans la couverture de leurs risques santé », indiquent les auteurs.

    Cependant, « des évolutions sont déjà en cours », tendant à « une plus grande individualisation de cette couverture » en s’appuyant sur les ressources nouvelles du data management.

    « Notre capacité collective à réguler ces transformations est mise au défi. Si nous pouvons y parvenir, la voie sera alors ouverte à une plus grande efficacité et une meilleure efficience dans la réponse aux défis de santé. Des possibilités seraient également dégagées pour financer l’innovation en médecin algorithmique sur les territoires français et européen. Mais si nous échouons, les risques seraient alors très grands d’une démutualisation massive de la couverture santé ou d’un relégation définitive de notre système de santé. »

    « Un continent du management en santé [se dessine] sous nos yeux »

    « Un nouveau continent du management en santé est en train de se dessiner rapidement sous nos yeux, concluent les auteurs de l’ouvrage. La maîtrise de ses enjeux constitue un défi majeur pour l’avenir des patients et des professionnels. Une juste régulation positive permettra aussi de conforter la qualité de notre système de santé dans un contexte de compétition mondialisée. Un retard dans l’accompagnement de ces changements risquerait, à brève ou moyenne échéance, de nous conduire à la relégation. »

  • Addict’O Quizz : un serious game lauréat du prix Albatros 2019 spécial « addictologue junior »

    Cléo Jouault, étudiante en médecine à l’hôpital Corentin Celton (AP-HP) d’Issy les Moulineaux, a décroché l’un des 3 prix décernés lors du 13ème congrès international d’addictologie de l’Albatros 2019 pour le développement d’un serious game visant à réduire les risques liés à la consommation de cannabis. Baptisée « Addict’O Quizz », la solution, conçue sous forme de jeu de plateau, permet aux patients hospitalisés pour sevrage d’alcool de ne pas transférer cette addiction vers d’autres substances comme le cannabis.

    « En unité de sevrage de court séjour, il est difficile de proposer une éducation thérapeutique efficiente sur la réduction des risques liées à la consommation d’autres substances, précisent dans un communiqué les organisateurs du congrès, qui s’est tenu du 5 au 7 juin 2019. En effet, les patients présentent fréquemment des troubles cognitifs liées à l’usage de l’alcool ce qui les rend peu accessible à une information de groupe classique. » C’est dans ce contexte qu’émergent depuis quelques années des serious games en éducation thérapeutique.

    Les résultats de l’étude pré-expérimentale menée par Cléo Jouault pour valider son « jeu » sur un mois montrent une satisfaction plus élevée chez les patients soumis au serious game, avec un intérêt pour les interactions ludiques avec les autres patients. 

    Dans le cadre de ce concours, organisé sur le thème « Les addictions : un défi pour la société, la science et la politique », l’étudiante en médecine a précisément remporté le prix spécial « addictologue junior », remis en partenariat avec l’AJPJA et l’AFFEP.
    Ce prix spécial de 1 000 euros récompense le travail innovant d’un jeune chercheur, interne, chef de clinique ou en cours de thèse.

    Les 2 autres lauréats des grands prix du congrès sont :

    • Jérôme Jeanblanc, UMR Inserm 1247, Amiens : « Le S(-)-baclofène contrebalance les effets positifs du R(+) baclofène dans l’alcoolodépendance: les origines du mal ? » (prix ANPAA de la »prévention des addictions » : 2 000 €) ;
    • Louise-Adélaïde Jakubiek, université de Bordeaux :« Impact of decision-making capacities on 3-months treatment outcome among patients treated for cannabis use disorder » (prix de la « meilleure démarche de performance en santé publique, avec le soutien institutionnel du laboratoire pharmaceutique américain Gilead : 2 000 €).
  • UE : la Cour des comptes estime que la Commission a surestimé le succès probable de l’eHDSI (rapport)

    « La Commission (européenne) a sous-estimé les difficultés inhérentes au déploiement de l’infrastructure de services numériques dans le domaine de la santé en ligne. » C’est ce que déclare la Cour des comptes européenne (UE) dans un rapport portant sur la mise en œuvre de la directive de 2011 relative à l’application des droits des patients en matière de soins transfrontaliers. « Actions de l’UE dans le domaine des soins de santé transfrontaliers : de grandes ambitions, mais une meilleure gestion s’impose », indique la Cour dans le titre du document, qui livre les conclusions d’un audit réalisé en novembre 2018.

    Le rapport, publié le 4 juin 2019, dresse un bilan de la mise en œuvre de l’initiative eHDSI (eHealth Digital Service Infrastructure) lancée en 2015 : la Cour des comptes y affirme que la Commission européenne a « surestimé le succès probable de l’eHDSI [en prévoyant qu’en 2018], 12 États membres de l’UE commenceraient à échanger régulièrement des données relatives aux patients ». Au moment de l’audit, en novembre, « les échanges transfrontaliers de données sur la santé des patients via l’eHDSI n’avaient pas encore commencé », note-t-elle.

    Alors que 22 États membres avaient reçu des subventions du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) pour faciliter leur adhésion au eHDSI, début 2019, seule la Finlande était prête pour l’envoi d’ordonnances électroniques, et seule l’Estonie pouvait en recevoir. « La Tchéquie et le Luxembourg étaient prêts à recevoir de l’étranger des dossiers de patients informatisés mais aucun État membre ne pouvait encore en envoyer via l’eHDSI », précise la Cour, ajoutant que la Croatie, Malte et le Portugal prévoient de demander la mise en service au cours du premier trimestre de 2019.

    La Cour des comptes européenne accuse la Commission de n’avoir « pas estimé le nombre d’utilisateurs potentiels » des services numériques de santé en ligne transfrontaliers fournis par l’eHDSI (patients, pharmacies et hôpitaux), ni « évalué le rapport coût-efficacité de ces services avant le lancement de l’infrastructure ».

    La Commission européenne répond à la Cour des comptes

    Dans ses réponses aux observations de la Cour, la Commission européenne souligne qu’« il est très difficile d’estimer avec précision la date d’achèvement de projets hautement technologiques et innovants, dans un domaine où la subsidiarité joue un rôle majeur ».

    Elle relève que « près de la moitié de la population de l’UE possède une carte européenne d’assurance maladie » et qu’en 2017 « 17 millions de citoyens de l’UE vivaient dans un État membre autre que celui de leur nationalité », jugeant que « tous sont des utilisateurs potentiels de l’infrastructure de services numériques dans le domaine de la santé en ligne ».

    Elle considère que ses évaluations sont « corroborées par la mise en service réussie de l’eHDSI en janvier 2019 ».

  • Ailyan, Lattice Medical et PremedIT, lauréats health tech du premier AAP de l’accélérateur Eurasanté

    3 start-ups health tech, Ailyan, Lattice Medical et Running Care(PremedIT), font partie des 8 lauréats retenus à l’issue du premier appel à projets (AAP) de l’accélérateur Eurasanté, lancé en février 2019.

    • Ailyan conçoit des interfaces (logiciels) simplifiées pour favoriser l’accessibilité des personnes âgées ou handicapées aux TIC afin de faciliter leur maintien à domicile dans de bonnes conditions de sécurité, de soins et de services. L’offre logicielle est centrée sur l’autonomie et la stimulation cognitive pour permettre un usage simplifié de la tablette en Ehpad à visée thérapeutique. Ailyan a étendu en 2017 son activité aux tablettes senior à destination du grand public.

    • Lattice Medical développe une bioprothèse implantable personnalisée pour la reconstruction mammaire post-mastectomie, alternative aux prothèses siliconées. La solution brevetée porte sur le développement d’une chambre d’ingénierie tissulaire résorbable et imprimée en 3D afin de régénérer les tissus autologues adipeux. « Des applications de cette innovation sont aussi prévues pour réparer la peau du visage des grands brûlés ou pour la chirurgie esthétique du fessier », précise Eurasanté dans un communiqué publié le 7 juin 2019 à propos des résultats de son AAP.

    • Running Care (PremedIT) est une start-up spécialisée dans la e-santé pour le sport, alliant les sciences médicales à l’intelligence artificielle et à l’analyse prédictive. La société a mis au point son premier produit, Running Care, une application dédiée à la prévention et à la prédiction des blessures chez les coureurs.

    Les 5 autres lauréats sont HCS Pharma (biotech), Inbrain Pharma (biotech), Paragate Medical (DM implantable), Vaxinano (vaccins prophylactiques et thérapeutiques pour les maladies infectieuses) et X’Prochem (synthèse chimique de protéines de 60 à 400 acides aminés).

    Un programme d’accélération dédiés aux start-ups des Hauts-de-France

    Le programme d’accélération est ouvert aux start-ups implantées dans les Hauts-de-France ou souhaitant s’y implanter, et portant un projet innovant (innovation de rupture, technologique, d’usage, organisationnelle) dans les domaines e-santé, technologies médicales, biotechnologies, pharma et services spécialisés en santé. L’appel s’adressait plus précisément aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires significatif ou ayant bouclé une première levée de fonds d’amorçage.

    Le programme, d’une durée de 18 mois, a pour objectif de permettre aux start-ups sélectionnées d’accélérer leur développement vers la levée de fonds de série A. Les entreprises lauréates bénéficieront de l’expertise Eurasanté en financement de l’innovation, business développement, gestion des ressources humaines et accès au marché afin de soutenir leur déploiement.

    Ce programme d’accompagnement a été élaboré pour répondre aux différents besoins identifiés dans les entreprises :

    • lever des fonds pour pérenniser les programmes de R&D entamés et/ou financer une force commerciale efficace ;
    • structurer l’entreprise sur les aspects managériaux et RH (recrutement de talents, renforcement du leadership, organisation interne, fidélisation des employés) ;
    • Anticiper et appréhender les problématiques complexes relatives à l’accès au marché ; (développement clinique et réglementations spécifiques) ;
    • sécuriser l’innovation de l’entreprise pour optimiser son développement ;
    • déployer l’offre de l’entreprise en France et à l’international ;
    • élargir la gamme de produits ou de services.
  • États-Unis : Lilly et Atomwise s’associent pour utiliser l’IA dans la découverte de médicaments

    Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly and Company (Lilly) signent un accord pluriannuel avec la start-up Atomwise afin d’accélérer le temps nécessaire pour identifier et développer des traitements viables par le biais de l’intelligence artificielle (IA). Les deux sociétés travailleront sur un maximum de 10 médicaments cibles choisis par Lilly.

    Dans le cadre de cet accord, annoncé début juin 2019, Atomwise pourrait recevoir jusqu’à 1 million de dollars US (884 915 €) par médicament découvert. La société pourrait également percevoir 550 millions de dollars (486,7 M€) si des objectifs spécifiques de développement et de commercialisation sont atteints.

    Les molécules de Lilly sont automatiquement synthétisées au sein de son laboratoire robotique. La technologie d’Atomwise basée sur IA vise à faciliter l’identification des médicaments potentiels parmi ces molécules pour des maladies spécifiques. Atomwise aura la possibilité de développer des composés issus de ce projet commun que Lilly a choisi de ne pas soumettre à des essais cliniques.

    « Lilly a clairement indiqué qu’[il] se concentrait sur le développement de médicaments pour de nouvelles protéines cibles, souvent difficiles à identifier et moins bien étudiées, commente Abraham Heifets, P.-D.G. d’Atomwise (communiqué). Notre expertise et nos outils se sont avérés efficaces pour atteindre ce type de cibles (…) »

    Atomwise soutient des projets de découverte de médicaments dans 19 pays

    Atomwise développe des systèmes d’IA qui exploitent des algorithmes de deep learning (apprentissage profond) et des super-ordinateurs pour la découverte de médicaments. La technologie vise à réduire le temps, les coûts et les risques associés aux essais cliniques mais aussi à fournir de meilleures informations sur la toxicité, les effets secondaires, le mécanisme d’action et l’efficacité d’un médicament.

    En mars 2019, la start-up a collecté 45 millions de dollars US (39,8 M€) pour développer sa technologie. Elle soutient des projets de découverte de médicaments dans plusieurs domaines thérapeutiques dans 19 pays.