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  • IA et oncologie : Owkin officialise 3 partenariats clés avec Merck, Cerba Path et Bicêtre (AP-HP)

    Accélérer la découverte de médicaments, optimiser l’efficacité des recherches et perfectionner les diagnostics en oncologie, notamment grâce aux solutions d’intelligence artificielle : c’est l’objectif des 3 nouveaux partenariats stratégiques annoncés Owkin avec Merck, Cerba Path et l’hôpital Bicêtre (AP-HP).

    Un partenariat avec Merck pour diagnostiquer 4 types de cancer

    « Cette alliance stratégique avec Merck vise à améliorer la manière dont les patients sont diagnostiqués et reçoivent un traitement, en faisant progresser notre mission commune consistant à soutenir les prestataires de soins dans l’adoption de diagnostics numériques innovants » explique Meriem Sefta, directrice des diagnostics chez Owkin.

    La nouvelle collaboration entre Owkin et Merck, laboratoire pharmaceutique américain, a pour but de développer des diagnostics de cancer se focalisant spécifiquement sur le pré-dépistage de l’instabilité élevée des microsatellites (MSI-H), un biomarqueur de quatre types de cancer : endomètre, gastrique, de l’intestin grêle et des voies biliaires. Elle se concentrera d’abord sur l’Union européenne.

    Avec sa solution « Dx MSintuit CRC », elle détient actuellement le seul diagnostic de pathologie numérique MSI marqué CE pour le cancer colorectal. Owkin va étendre ses diagnostics IA MSI-H à ces quatre types de cancer, en utilisant des données multimodales de patients provenant d’acteurs académiques et d’hôpitaux.

    Anticiper les récidives du cancer du sein

    En 2023, le cancer du sein représente 33 % des cas de cancer chez la femme en France selon l’Institut national du cancer (Inca), avec 88 % de survie nette à 5 ans. L’hôpital Bicêtre (AP-HP), se positionne en précurseur en pathologie numérique en utilisant RlapsRisk BC, la solution d’Owkin permettant d’améliorer le taux de survie grâce à une meilleure anticipation des risques de récidives.  

    En aidant à évaluer le risque de rechute des patientes après chirurgie de la tumeur, elle permet aux oncologues de déterminer les meilleures options de traitements. L’expertise des pathologistes de Bicêtre apportera un retour d’expertise pour le développement de ce produit.

    Cerba Path intègre deux solutions de diagnostics d’Owkin

    Owkin a également lié un partenariat avec Cerba Path, réseau de pathologistes de Cerba Healthcare, pour intégrer deux solutions de diagnostic : RlapsRisk BC et MS Insuit CRC, dispositif de diagnostic in vitro visant à améliorer la détermination de l’instabilité des microsatellites (MSI) par une approche de présélection pour les patients atteints de cancer colorectal.

    Elle participe également à la version élargie de Dx MSIntuit CR couvrant les résections chirurgicales et les biopsies. 

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  • HAS : 5 recommandations pour les lieux et conditions d’environnement de la téléconsultation

    “Elaborer des recommandations relatives au lieu où se situe l’usager lors de la réalisation d’une téléconsultation ou d’un télésoin, et aux conditions d’un environnement propice à la réalisation de cet acte” afin de “répondre aux besoins réels de la population et favoriser l’accès aux soins, notamment dans les territoires sous-médicalisés”, c’est en ces termes qu’ont été formulées les ambitions des recommandations concernant les lieux et conditions d’environnement pour la réalisation d’une téléconsultation ou d’un télésoin, publiées par la Haute autorité de santé (HAS) à la demande de la Direction générale de l’offre de soin (DGOS).

    Publiées le 8 janvier 2024 et soumises à consultation publique jusqu’au 22 janvier, ces recommandations viennent compléter les précédentes recommandations de la HAS sur la téléconsultation et le télésoin, qui ont respectivement été publiées en 2019 et 2021. Elles ont été commandées par la DGOS dans un contexte de croissance importante rapportée par l’Assurance maladie :
    📌 plus de 9 millions de téléconsultations par an en France depuis 2021, soit environ 4 % du nombre total de consultations ;
    📌 et un parc de cabines de télésoin de plus de 2 300 cabines actuellement, avec 1 209 nouvelles pharmacies d’officine qui s’en sont équipées en 2023.

    Un environnement qui repose sur 3 lignes directrices 

    Pour favoriser l’accès aux soins à tous les usagers du système de santé français (notamment les plus vulnérables qui ne seraient pas en mesure de recourir à la téléconsultation ou au télésoin sur leur lieu de vie ou ceux qui vivent dans des territoires où les ressources médicales ou soignantes sont insuffisantes), la HAS construit ces recommandations autour de 3 lignes directrices. Le déploiement de toute activité de téléconsultation ou de télésoin doit ainsi être conduit de manière à :

    1️⃣ assurer la qualité et la sécurité des soins : respect de l’accessibilité égale aux soins, confidentialité des échanges et du secret médical, qualité des échanges par vidéotransmission, qualité du colloque singulier, sécurité de l’usager, maintien des conditions d’hygiène, recommandations ordinales, libre choix par l’usager de son professionnel de santé… ;
    2️⃣ favoriser l’accès aux soins ;
    3️⃣ préserver les ressources médicales et soignantes en évitant “toute dérive commerciale”.

    La nécessité de l’accompagnement de l’usager

    Afin d’assurer la qualité et la sécurité des soins pour les usagers, la HAS recommande 5 actions : 

    1️⃣ l’implantation d’un équipement de téléconsultation ou de télésoin doit répondre à un besoin de soins à l’échelle du territoire et la HAS recommande sa régulation à l’échelle du territoire ;
    2️⃣ le lieu d’implantation d’un équipement de téléconsultation ou de télésoin doit garantir l’accessibilité et la qualité des soins ; 
    3️⃣ les conditions matérielles et d’environnement de la téléconsultation ou du télésoin doivent garantir la qualité de la prise en charge ;
    4️⃣ l’implication des intervenants doit favoriser la qualité des échanges ; 
    5️⃣ l’usager doit être accompagné dans son parcours de soins.

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  • IA : approbation de la FDA pour l’algorithme de GE HealthCare qui détecte les pneumothorax

    Critical Care Suite 2.1, la nouvelle technologie de GE HealthCare intégrant un algorithme qui permet une détection et une localisation immédiate des pneumothorax, a reçu en fin d’année 2023 l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis. Le pneumothorax, est une affection grave qui peut survenir soudainement. La détection et le traitement précoces sont essentiels pour prévenir les complications et améliorer les résultats pour les patients. Les méthodes traditionnelles de détection des pneumothorax peuvent être longues et sujettes à l’erreur humaine.

    L’algorithme Critical Care Suite 2.1 de GE Healthcare devrait changer la donne : il utilise l’intelligence artificielle (IA) pour analyser les images radiographiques du thorax et fournir une notification immédiate de la présence ou de l’absence de pneumothorax.

    Ce nouvel outil permet ainsi :
    📌 d’améliorer significativement le temps de la réponse clinique ;
    📌 d’augmenter l’efficacité de la gestion des situations d’urgence et de soins intensifs grâce à des avis de triage immédiats ;
    📌 une haute précision dans la détection des pneumothorax, réduisant les fausses alertes et améliorant la précision des diagnostics.

    Un gain de temps dans les flux cliniques 

    Le conglomérat multinational américain avait annoncé, le 24 novembre 2018, le lancement de nouvelles applications et dispositifs intelligents basés sur la plateforme Edison. Cette dernière vise à accélérer le développement et l’adoption de l’IA afin de fournir des soins plus rapides et plus précis.

    Il était notamment question dans le communiqué datant de 2018 de : 

    • AIRx : une solution conçue pour détecter et prescrire automatiquement des imageries pour des examens neurologiques de routine et difficiles ;
    • Critical Care Suite 2.1 : à l’époque en attente de l’homologation 510(k), procédure réglementaire nord-américaine permettant l’accès au marché pour tous les dispositifs médicaux des classes I, II et III (classification nord-américaine) pour lesquels le postulant est capable de démontrer l’équivalence substantielle avec des dispositifs déjà commercialisés (« predicate devices ») sur le territoire nord-américain.

    Des études cliniques ont montré que Critical Care Suite 2.1 peut améliorer considérablement la détection et le triage des pneumothorax : 

    • réduction de 57 % des délais de production de rapports pour les pneumothorax cliniques exploitables ;
    • augmentation de 17,7 % de la détection par le clinicien des petits pneumothorax ;
    • localisation partielle de 100 % des grands pneumothorax détectés et de 96 % de tous les petits pneumothorax détectés.

    “L’adoption de ces solutions numériques permet de gagner en efficacité dans l’ensemble du flux de travail clinique et permet aux radiologues et à leurs équipes de prendre des décisions critiques en toute confiance dans des situations urgentes”, déclare Jyoti Gupta, présidente de la division Women’s Health & X-Ray chez GE HealthCare. Et d’ajouter : “Nous sommes enthousiasmés par le changement de paradigme que ce type d’innovation peut apporter dans la prestation de soins aux patients”.

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  • Rétro 2023 : un amorçage concret du virage préventif qui devrait s’accélérer en 2024

    La mise en place des trois consultations de prévention aux trois âges clés de la vie, la généralisation de la télésurveillance, les appels à projets prévention de Bpifrance ou encore le lancement de programmes de santé populationnelle dans de nombreuses régions… Il s’agit des principales actions mises en place par les pouvoirs publics cette année concernant le domaine de la prévention en France. Depuis les déclarations du président de la République et du ministre de la Santé et de la Prévention lors de leurs vœux du nouvel an 2023, de nombreuses étapes ont été franchis pendant cette année pour amorcer un virage préventif dans l’organisation des soins dans le pays.

    Parmi les acteurs de l’offre de soins, Elsan se positionne comme volontariste et ouvre plusieurs consultations “prévention”. Le CHU d’Angers lance une feuille de route “Prévention-santé publique” à 10 ans. Et Malakoff Humanis propose à ses bénéficiaires un “parcours de prévention” personnalisé.

    Avec cette rétrospective, Health & Tech Intelligence clôt son cycle dédié aux publications clés de l’année passée, en consacrant cet article au sujet de la prévention et du numérique, axe de travail du think tank Health & Tech depuis 2022.

    📌 Des politiques publiques de prévention et un arsenal réglementaire renforcés

    2023 aura vu la mise en place de plusieurs avancées sur le plan réglementaire et législatif pour favoriser les organisations et dispositifs de prévention.

    Au premier chef, après de nombreux mois d’attente et de négociations, l’entrée en droit commun de la télésurveillance a abouti avec la publication des cahiers des charges sur 4 pathologies et très récemment à la mise en place de forfaits majorés en cardiologie et diabétologie (voir ici le point sur les textes clés publiés dans le JO en fin d’année).

    L’entrée en vigueur de Pecan et la dynamique des investissements :

    Sur le volet des solutions, Pecan est le nouveau système de prise en charge dans le droit commun des solutions de télésurveillance et des dispositifs médicaux numériques incluant les solutions de prévention numérique. Ce mode de prise en charge spécifique à ces solutions numériques et préventives, mis en place par la Haute autorité de santé (HAS), permet d’accélérer le remboursement des solutions, leur diffusion et leur usage. Effet levier pour les entreprises innovantes, plusieurs d’entre elles ont levé des fonds significatifs en 2023, dans un contexte pourtant délicat des investissements (voir le bilan H&TI des levées de fonds 2023 ici) :

    • en mai 2023, la start-up parisienne BrightHeart a levée 2 millions d’euros pour améliorer le dépistage des cardiopathies congénitales chez le fœtus ;
    • en juin, Numa Health lève 4 millions d’euros pour diffuser ses solutions de médecine préventive et prédictive personnalisée
    • au mois de septembre, la start-up bretonne Biosency lève 7 millions d’euros pour lancer une nouvelle solution de télésurveillance en santé respiratoire ;
    • en fin d’année, 20 start-ups parmi 162 candidats ont été sélectionnées par Bpifrance et PariSanté Campus, pour former la première promotion de l’accélérateur dédié à la santé préventive – elles bénéficieront entre autres du soutien financier de Bpifrance ;
    • du côté de Doctolib, des services pour “développer la prévention” figure parmi les priorités d’innovation annoncées par l’entreprise en 2023, qui concentrent un investissement s’élevant à 92 millions d’euros.

    Retrouvez les principaux articles sur le dispositif Pecan :

    Loi de financement de la Sécurité sociale : 

    Le PLFSS pour l’année 2024 aura aussi permis de conforter la LFSS de 2023 sur la mise en avant de la prévention comme priorité, notamment par la réorganisation des compétences des structures avec des fonctions de prévention, mais aussi le maintien et la modification des rendez-vous prévention « aux âges clés de la vie ».

    Les rapports clés sur la prévention portés par plusieurs collectifs

    📌 Des acteurs publics et privés prennent l’initiative

    L’offre de soins en prévention :

    • La prévention chez Elsan : en 2023, le groupe d’hospitalisation privée a complété “son offre de santé territoriale et crée des filières de soins cohérentes pour les patients en développant des actions de santé publique”, allant de la sensibilisation sur l’hygiène de vie et la prévention des maladies chroniques aux dépistages, et vaccination.
    • Au CHU d’Angers, une feuille de route “Prévention-santé publique” à 10 ans : le 6 juin 2023 s’est tenu à Angers un forum intitulé « Osons la prévention ! » qui avait réuni, “à proportions égales”, 150 collaborateurs de l’établissement – professionnels médicaux, paramédicaux, techniciens et administratifs. Cet événement avait pour objectif de “confirmer l’implication du CHU en matière de prévention, créer une véritable dynamique collective autour de cette volonté et définir la feuille de route de l’établissement pour les dix années à venir”. En plus d’avoir été intégrée comme un projet d’établissement 2020-2024, la prévention a une direction au niveau de l’établissement depuis janvier 2021 : la “direction Prévention, Santé publique, Relations ville-hôpital”.
    • Le parcours de prévention de Malakoff Humanis : il s’agit d’un programme qui vise à “améliorer la santé de la population en évitant ou réduisant l’apparition de maladies, handicaps et accidents”. Cette initiative se construit sur plusieurs actions préventives menées par Malakoff Humanis et intègre “un bilan médical réalisé par un médecin du centre, complété d’un volet psychosocial réalisé par un psychologue”. À l’issue du bilan, un parcours de prévention personnalisé est proposé au bénéficiaire.

    ➡️ Ce récapitulatif des actions émanant d’acteurs publics et privés n’est pas exhaustif, d’autres initiatives ont pu être lancées en France, en 2023. H&TI continuera de les suivre et de les analyser en 2024.

    📌 La santé populationnelle continue son évolution

    En France, des expérimentations régionales commencent à faire leurs preuves, une généralisation en question :

    La notion de santé populationnelle, mise en avant dans les vœux du président de la République pour l’année 2023 s’est  développée doucement tout au long de cette année. De nombreuses expérimentations basées sur ce modèle (appelé Population Health Management en Europe et aux Etats-Unis) ont vu le jour en France sur le terrain. C’est le cas notamment des  articles 51 promus par la FHF, et mis en avant par Antoine Malone, en charge de la prospective de la FHF, dans 5 territoires (l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux-Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône, ou comme Niort ou Strasbourg, puis plus récemment par la région PACA.

    Ces cas d’usage laissent entrevoir l’arrivée d’une organisation intégrée des soins préventifs, basés sur la donnée et amplifié par le numérique, afin de prévenir la survenue de pathologies chroniques lourdes chez les patients à des échelles de plus en plus importantes. Les acteurs industriels se disent prêts à accompagner ces politiques et organisations innovantes :

    📌 De nombreux AAP pour faire avancer la prévention

    Des dispositifs pour développer un écosystème de startups et solutions de prévention :

    📌 Un écosystème en développement

    Cette année 2023 est aussi marquée par le développement d’un écosystème de la prévention en santé important. De nombreux acteurs nationaux, aussi bien issus du monde public que privé ont mis un point d’honneur à adresser ces questions.

    De nombreux groupes de réflexions ont abordé ce sujet, sur le plan organisationnel, politique, scientifique, numérique… On peut par exemple citer le Think tank Health&Tech, qui a fait de la prévention son sujet depuis 2022, mais aussi l’institut Montaigne, des syndicats comme le LEEM ou Numéum, ou encore les nombreux acteurs  comme l’AIS, la BPI, l’ANS ou encore des investisseurs privés et des industriels, qui accompagnent l’écosystème dans son développement.

    L’écosystème a pu notamment se réunir lors de différentes rencontres, tel que le Health&Tech Summit 2023, qui a réuni plus de 300 acteurs du numérique, de la santé et de la prévention sur trois journées du 12 au 14 décembre 2023. Parmi les axes du sommet,  les apports du numérique et de l’IA en santé, notamment dans la prévention des pathologies ont permis de découvrir de nombreux projets internationaux, comme par exemple l’usage de la génomique en Israel, la prévention des maladies chroniques à Glasgow, ou encore le modèle Allemand de santé populationnelle, et son implantation en Europe.

    … Et des référents clés (mercato)

    De nouveaux référents clés en charge de la prévention dans divers institutions et cabinets ministériels, ont été nommés :

    📌 Une dynamique européenne et internationale : des projets structurants

  • DNS : les usagers de services numériques de santé peuvent désormais signaler des problèmes éthiques

    “Permettre à tout usager de décrire une mauvaise expérience vécue dans l’utilisation d’un service numérique de santé” et cela de manière anonyme : tel est l’objectif de la plateforme d’”éthico-vigilance” mise en ligne sur le site sante.fr par l’Agence du numérique en santé (ANS) et la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) au moment de la première conférence nationale sur l’éthique du numérique en santé qui s’est tenue le 14 décembre 2023 au ministère de la Santé et de la Prévention. 

    Cette conférence a présenté les travaux de la Cellule éthique du numérique en santé. Elle revient sur la place centrale qu’occupe l’éthique au sein de la nouvelle feuille de route du numérique en santé 2023-2027. Parmi les différents travaux présentés par les pilotes, la plateforme d’”éthico-vigilance” veut permettre “le signalement des problèmes éthiques rencontrés sur les services numériques de santé”, comme l’a indiqué Brigitte Séroussi, responsable de la cellule éthique du ministère de la Santé et de la Prévention. 

    L’atteinte à la sobriété numérique comme raison de signalement 

    Conçue pour permettre aux utilisateurs des services numériques en ligne de signaler un problème éthique lié à l’utilisation d’un de ces outils, la plateforme d’éthico-vigilance propose un nombre important de raisons de signalement. Les signalements peuvent être : le non-respect de la confidentialité et de l’intégrité des données de santé, la divulgation de l’information du patient, la non prise en compte des personnes en situation de fracture numérique, ou encore la mauvaise prise en compte de la sobriété numérique.

    Une fois que le signalement a été recueilli sur la plateforme, il va passer par un cheminement. Ainsi, les membres du comité d’instruction des signalements vont vérifier que le service en question s’est bien rendu coupable d’une atteinte éthique, puis, si c’est le cas, deux membres du comité vont rédiger une instruction et vont présenter des conclusions. Ensuite, le comité va publier sur la FAQ du site de la plateforme des analyses, ainsi que des suites à donner, comme la publication d’un article signalant l’atteinte éthique ou encore la mise en place d’éventuels plans d’actions à l’égard du service.

    Au fur et à mesure de la publication de rapports post-signalement, la plateforme d’éthico-vigilance sera utilisée comme un outil de veille par les utilisateurs des services numériques en santé et sera aussi la base du travail du Comité de l’éthique du numérique en santé qui veillera au respect de l’éthique par ces services. 

    Le déploiement du cadre de l’éthique du numérique en santé pour 2024

    Cette première édition de la conférence nationale sur l’éthique du numérique en santé a aussi permis à l’ANS et à la DNS de présenter la feuille de route de l’éthique du numérique en santé pour 2024. En plus de la plateforme d’éthico-vigilance, cette feuille de route repose sur 4 autres grands points : 

    1️⃣ le déploiement du cadre de l’éthique du numérique en santé qui reposera principalement sur la production de film de prévention montrant aux professionnels comme aux utilisateurs de services comment ces derniers doivent être utilisés pour être éthiques, ainsi que par l’organisation de journées nationales ;
    2️⃣ la formalisation d’un label éthique pour créer une conformité des services du numérique en santé et permettre une opposabilité ;
    3️⃣ la mise en place d’une veille et d’une anticipation sur l’éthique qui passera surtout par l’instauration de nouvelles réglementations, qui pourront être portées à l’échelle européenne voire mondiale, notamment pour les services comportant de l’IA générative ;
    4️⃣ une envie d’aller plus loin sur l’éthique, notamment avec la suite des travaux sur l’IA et l’articulation avec les travaux européens (AI Act), avec la mise en place de “nouveaux écoscores dont le développement d’un score d’écoconception en santé”, avec le développement de l’éthique de la télésurveillance, ou encore l’”approfondissement des travaux sur les référentiels thématiques et sectoriels”.

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  • Coalition Next 2024 : 4e AAP pour sélectionner des solutions innovantes en santé numérique (31/01)

    “Promouvoir les solutions numériques pour la santé” afin de les inscrire dans la durée et de les rendre accessibles au plus grand nombre : c’est l’objectif de l’appel à projets (AAP) lancé par l’initiative Coalition Next pour la quatrième année consécutive.

    L’AAP, baptisé “Redéfinir le futur de la santé : personnalisation, prévention et efficience”, cherche à poursuivre sa principale ambition : “faciliter l’accessibilité à l’innovation en santé numérique tout en réduisant au maximum les risques” afin d’« accélérer le déploiement de la santé numérique en France ».‍ Les projets candidats doivent présenter “un niveau de maturité adapté à la mise en œuvre rapide de la solution” est-il précisé sur le site officiel de l’appel.

    3 thématiques ciblées pour l’édition 2024

    1️⃣ “Révolutionner le parcours de soins : personnalisation et continuité de l’expérience patient de l’hôpital au domicile” qui a pour objectif “d’améliorer l’expérience globale des patients, en assurant la fluidité et la personnalisation du parcours de soins depuis l’hôpital jusqu’au domicile” ;
    2️⃣ “Innovation numérique pour la prévention secondaire et tertiaire” qui a pour objectif de mettre en place une utilisation efficace des données de santé grâce à “l’engagement actif des patients et des professionnels de la santé, à la prévention secondaire et la prévention tertiaire” ;
    3️⃣ “Vers une pratique sanitaire du futur : efficience et accessibilité des soins” qui a pour multiple ambitions de permettre “l’amélioration des conditions de travail des professionnels de santé, l’intégration des soins à domicile grâce à des systèmes interopérables, le développement de programmes de formation pour les soignants, l’automatisation des tâches administratives ou encore l’amélioration de la communication entre les professionnels de santé et les patients”.

    👉 L’AAP est d’ores et déjà ouvert et les candidats doivent remplir le dossier de candidature disponible via ce lien avant le 31 janvier 2024.

    Déroulement de l’appel à projet :

    L’appel à projets se déroulera en 4 étapes : 

    • 4 au 31 – janvier 2024 : dépôt des candidatures ;
    • février – mars 2024 : les projets cohérents seront analysés par le comité de sélection qui les évaluera en fonction de « différents critères d’impact et de robustesse ». Ce comité se chargera aussi de décider si les projets peuvent ou non être déployés rapidement par les membres de Coalition Next ;
    • 27 mars 2024 : les projets sélectionnés seront ensuite présentés par leurs porteurs lors d’un pitch devant les membres de la coalition qui pourront « émettre une première marque d’intérêt sur un ou plusieurs projets » ;
    • avril – octobre 2024 : enfin, les porteurs des projets finalement sélectionnés se réuniront avec le ou les acteurs portant un intérêt pour leur projet pour définir ensemble « le soutien et l’accompagnement nécessaire pour mener à bien son déploiement ».

    Critères d’éligibilité :

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    Critères de sélection :

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  • Gouvernement : B. Le Maire et S. Retailleau maintenus, A. Bergé n’est plus ministre des Solidarités

    Bruno Le Maire demeure ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Catherine Vautrin est nommée ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Aurore Bergé fait toujours partie du Gouvernement mais en tant que ministre déléguée du Premier ministre : après la démission d’Elisabeth Borne et la nomination de Gabriel Attal au poste de Premier ministre, Health & Tech Intelligence fait le point sur la composition du nouveau gouvernement présenté le 11 janvier 2024.

    Le Maire et Retailleau restent à leur poste

    Malgré l’envie de composer un Gouvernement “resserré” avec des ministres occupant plusieurs fonctions, Gabriel Attal a conservé certains ministères du Gouvernement Borne. C’est le cas, entre autres, du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, ainsi que de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les ministres qui en sont responsables ont également été maintenus à leur poste :
    • Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, poste qu’il occupe depuis qu’il occupe depuis 2017 ; 
    • et Sylvie Retailleau en tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, poste qu’elle occupe depuis 2022. 

    À noter que les ministres délégués n’étant pas encore été nommés, Jean-Noël Barrot n’est plus ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications. De même, les membres du cabinet de Sylvie Retailleau, notamment les conseillers en lien avec la santé et l’innovation, ne sont pas encore connus. 

    La Santé et le Travail au sein d’un même ministère 

    Le ministère de la Santé et de la Prévention du gouvernement Borne a changé. La Santé cohabitera désormais avec le Travail et les Solidarités. Pour relever le défi, Gabriel Attal a nommé à la tête de ce nouveau ministère la présidente du Grand Reims, Catherine Vautrin (voir article H&TI ici).

    Titulaire d’une maîtrise de droit des affaires de l’université Paris-Descartes en 1985, elle a déjà été membre du Gouvernement sous la présidence de la République de Jacques Chirac où elle a occupé les postes de secrétaire d’État aux Personnes âgées de 2004 à 2005, puis ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité de 2005 à 2007. 

    Cette volonté de créer un Gouvernement “resserré” et de faire cohabiter la Santé avec le Travail et les Solidarités, prive Aurore Bergé de ministère, elle qui était ministre des Solidarités et des Familles depuis le remaniement de 2023. Elle reste pour autant dans le Gouvernement puisqu’elle a été nommée ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les Discriminations.

    L’ancien conseiller économique de Sarkozy nommé directeur de cabinet de Gabriel Attal

    Si le cabinet du premier ministre n’est pour le moment composé que de 4 membres, on sait déjà qu’il sera dirigé par Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, de 2017 à 2020, puis directeur général du Trésor depuis 2020. Diplômé de l’ENA en 1996, il avait été conseiller économique du président de la République, Nicolas Sarkozy, de 2009 à 2012.

    Emmanuel Moulin remplace ainsi Fanny Anor qui était la directrice de cabinet de Gabriel Attal au ministre de l’Éducation. Elle continuera toujours de collaborer avec lui, désormais en tant que directrice adjointe de cabinet.

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  • IA : Google présente MedLM, un modèle médical qui serait aussi pertinent qu’un médecin spécialiste

    Google franchit une étape majeure en dévoilant fin 2023 MedLM, une gamme de modèles d’intelligence artificielle (IA) spécialement conçus pour le domaine médical. Ces outils font suite à des recherches antérieures sur les modèles de langage d’IA : Med-PaLM et Med-PaLM 2.

    MedLM serait le premier Large Language Model (LML) à afficher “des performances de niveau expert dans des questionnaires à choix multiples”, comme celui de l’examen de médecine américain (Medical Licensing Examination). Atteignant une précision de plus de 85 %, il surpasse la première version de Med-PaLM de 8 points. Selon des études menées par Google, il arriverait à un niveau de connaissance “similaire à celui d’un médecin spécialiste“.

    Ce modèle serait par exemple capable de :
    📌 répondre aux questions médicales ;
    📌 résumer des informations médicales ;
    📌 générer des informations structurées à partir de données non structurées.

    Google explique que MedML est disponible en deux versions aux États-Unis :
    1️⃣ le premier modèle est plus grand et conçu pour des tâches complexes ;
    2️⃣ le second est un modèle moyen, capable de réglage fin et mieux adapté à la mise à l’échelle des tâches.

    Google trouve 2 principaux concurrents sur ce marché, estimé à des dizaines de milliards de dollars d’ici 2032 : Microsoft qui teste des applications d’assistance médicale dotées d’intelligence artificielle, et Amazon qui vient de lancer AWS HealthScribe pour retranscrire des consultations médicales.

    Des modèles déjà utilisés en santé

    Plusieurs organisations testent déjà ces modèles, démontrant ainsi le potentiel des technologies, comme celle développée par Google, qui permettent l’analyse et le traitement des données de santé : 

    • HCA Healthcare l’expérimente pour la rédaction de notes de patients dans les services d’urgence ;
    • BenchSci l’intègre dans son moteur d’évidence pour identifier et classer de nouveaux biomarqueurs mais aussi pour accélérer la recherche et le développement de médicaments, il permet aux chercheurs de créer automatiquement des diagrammes de connaissances à partir de plus de 100 millions d’expériences.

    La société française Nabla, qui vient de réussir une levée de fonds de 24 millions de dollars, a également lancé en mars 2023 un outil basé sur GPT-3 capable de générer automatiquement des comptes rendus médicaux grâce à l’écoute d’une consultation entre un médecin et son patient.

    Google a initié une collaboration avec Accenture et Deloitte afin de mettre MedLM à la disposition des organismes de santé. Une proposition qui vise à “améliorer l’efficacité des flux de travail, accélérer le processus décisionnel et rehausser l’expérience des patients”.

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  • IA / Essais cliniques : FindMeCure (Bulgarie) facilite l’accès aux essais cliniques pour les patients

    Raccourcir le délai entre une recherche de traitements innovants et le moment où ces derniers sont proposés aux patients, tel est l’objectif de la start-up bulgare FindMeCure, dont la mission qu’elle se donne se décline en deux axes : trouver le bon essai clinique pour le patient et la planification de celui-ci.

    D’un côté, FindMeCure facilite ainsi la réalisation d’essais cliniques avec plus de patients et, de l’autre, que ces derniers puissent tester des traitements non encore mis sur le marché.

    L’IA au service de la recherche clinique

    TrialHub est la solution, basée avec l’intelligence artificielle (IA) et le traitement automatique du langage naturel (NLP), de FindMeCure. Elle est destinée aux professionnels de la recherche clinque, en répondant à leurs besoins grâce à des données précises et fiables sur leurs patients.

    A la fin de l’année 2023, il y a plus de 270 000 essais cliniques dans le monde, dont 60 000 qui cherchent de nouveaux participants. FindMeCure propose des études encore ouvertes à de nombreux patients pour les faire bénéficier d’un accès à des traitements avant leur mise sur le marché mais qui susceptibles de favoriser leur guérison. Selon la maladie, l’essai clinique peut se trouver dans un pays différent de celui où réside le patient. “En France, aux USA ou en Chine”, par exemple. 

    Des délais de recrutement raccourcis de 40 %

    La plupart des essais cliniques ne sont pas poursuivis car il n’y a souvent pas assez de patients inclus. La visibilité des patients désirant faire un essai clinique, sur une plateforme comme TrialHub, permet d’accélérer leur recrutement et de mieux les suivre après. « Les sociétés pharmaceutiques qui ont réalisé des simulations avec leurs patients afin de réellement conduire leurs essais cliniques ont réussi à réduire la durée de recrutement jusqu’à 40% », explique Maya Zanatova, CEO de FindMeCure.

    A travers cette plateforme, le patient note sa maladie afin que FindMeCure lui propose tous les essais cliniques en lien avec la pathologie en question. En sélectionnant ses besoins et préférences, il est ensuite guidé pour trouver l’essai clinique qui lui convient le mieux. Et, après un échange avec une équipe médicale, il peut prendre rendez-vous afin de commencer son nouveau traitement.

    Organiser les essais cliniques grâce au numérique

    Une étude américaine publiée en 2020 dans la revue Nature Partner Journals (NPJ) Digital Medicine rapporte que l’utilisation des outils numériques dans les essais cliniques augmente en moyenne de 34 % par an. Dans ce sens, TrialHub est conçu pour permettre l’amélioration de la recherche et le développement des médicaments, notamment en aidant les investigateurs qui planifient les essais cliniques de leurs patients. « Grâce à nos technologies innovantes, des milliers de datas (plus de 80 000) nous permettent d’avoir une expertise pour mieux comprendre les patients et la recherche », souligne Maya Zanatova.

    En croisant les données du corps médical et des patients, FindMeCure crée un lien entre eux pour rendre disponibles plus rapidement des thérapies à ceux qui en ont besoin. La start-up bulgare collabore avec des partenaires européens et internationaux (communautés de patients, plateformes de santé…), à l’image Chronic Pain Ireland ou l’Alliance internationale des organisations de patients (Iapo).

    La numérisation des essais cliniques, un secteur en forte croissance

    De manière générale, la dématérialisation ou la décentralisation des essais cliniques (DCT) émergent comme une réponse novatrice aux défis traditionnels de la recherche. Le marché des essais cliniques est en ébullition ces dernières années. Parmi les événements les plus récents dans le secteur :

    • en juin 2023, le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le déploiement à grande échelle de l’application d’intelligence artificielle (IA) « Plai », développée avec Aily Labs, afin de permettre aux équipes R&D de Sanofi de trouver et de mettre en place de nouveaux sites d’essai plus pratiques pour leurs groupes cibles afin de favoriser la participation de personnes issues de communautés sous-représentées dans les études cliniques ;
    • en novembre 2023, AstraZeneca a créé Evinova, une société de technologies numériques visant à optimiser les essais cliniques grâce à 3 : l’unification des essais, la conception et la planification d’études et la gestion de portefeuilles.

    Cette dynamique concerne toute la chaîne et toutes les parties prenantes d’un essai clinique :

    • dématérialisation des procédures (information, pré-identification des volontaires, signature, consentement…) ;
    • déploiement (décentralisation au domicile du patient, téléconsultations, télémonitoring…) ;
    • réutilisation de données de vie réelle ;
    • identification des sites de recherche et de patients éligibles.

    Il existe également des plateformes tout-en-un pour la gestion et la coordination des essais cliniques (pour aller plus loin, voir l’état des lieux et le panorama des solutions numériques de DCT sur ce lien).

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  • Cybersécurité : lancement du programme CaRE (750 M€) pour protéger les SIH contre les cyberattaques

    Renforcer la sécurité des systèmes d’informations hospitaliers (SIH) face aux cyberattaques, tel est l’objectif du programme gouvernemental CaRE (Cybersécurité, accélération et résilience des établissements). Doté d’un budget de 250 millions d’euros jusqu’en 2025, atteignant un total de 750 millions en 2027, ce projet est coordonné par l’Agence du numérique en santé (ANS) et la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS).

    Des enjeux allant de la gouvernance à la sensibilisation

    La santé est le troisième secteur le plus touché par les cyberattaques après les collectivités territoriales et les TPE/PME, selon l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Ainsi, le programme CaRE a une double mission :
    ➡️ éviter que les attaques numériques n’aboutissent ;
    ➡️ et s’en remettre le plus vite possible si des structures en subissent une.

    Pour y arriver, un plan d’action reposant sur 4 axes majeurs a été construit :
    • gouvernance et résilience ;
    • ressources et mutualisation ;
    • sensibilisation ;
    • et sécurité opérationnelle.

    A l’occasion du lancement de CaRE, en fin décembre 2023, l’ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau a lancé un appel à projet de 60 millions d’euros pour réduire le risque d’intrusions et la diffusion de logiciels malveillants.

    L’ensemble des actions et la synthèse du programme CaRE sont présentés dans “Le plan d’action pour protéger nos établissements face à la menace cyber”, accessible ici.

    Intégrer la cybersécurité dans les gouvernances en les mutualisant

    Le premier axe repose sur la gouvernance et la résilience :

    Le gouvernement a l’intention d’intégrer la cybersécurité dans la gouvernance des établissements de santé (national, régional, local) en la rendant visibles en termes stratégiques et budgétaires. Il prévoit d’intégrer des critères numériques et de cybersécurité dans le manuel de certification de la Haute autorité de santé (HAS).

    Afin de  préparer et accompagner les établissements de la cybermenace, une enveloppe de 10 millions d’euros permet aux ARS de déployer des exercices de crise cyber au sein des établissements sanitaires et médico-sociaux.

    Le deuxième axe vise à favoriser la mutualisation des ressources et des moyens entre les établissements :

    Il prévoit d’augmenter le personnel dédié au système d’information, c’est-à-dire de rendre les carrières du numérique en santé attractives et de pérenniser ces emplois. D’ici 2025, tous les établissements de santé devront déclarer un budget numérique et cybersécurité de 2% minimum. L’accompagnement des établissements s’articule sur les thématiques suivantes : prévenir, contrôler, détecter, réagir et reconstruire.

    Sensibiliser l’ensemble des professionnels

    Le troisième axe porte sur la sensibilisation :

    Selon le programme, il est « est primordial de proposer à tous les professionnels de santé et à tous les personnels administratifs une formation sur le numérique et la cybersécurité, et les sensibiliser sur le cadre réglementaire et sur les bonnes pratiques à adopter ». Dans cette optique, l’animation d’une communauté des RSSI est prévue afin de « renforcer la visibilité de leur action auprès de leur direction ».

    Le quatrième axe se focalise sur la sécurité opérationnelle :

    Le programme prévoit un effort conséquent pour :

    • remédier aux faiblesses des établissements, afin de limiter les intrusions dans un premier lieu ;
    • déployer des technologies permettant de mieux détecter les signaux de compromission en cas d’intrusion ;
    • améliorer la capacité de reprise informatique en cas d’une intrusion numérique.

    Le programme CaRE a identifié des domaines d’investissements prioritaires, notamment le programme HospiConnect. Il se dédie à l’identification électronique des professionnels, afin de sécuriser l’accès aux services numériques sensibles et de limiter les risques d’usurpation d’identité.

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