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  • IA : Google présente MedLM, un modèle médical qui serait aussi pertinent qu’un médecin spécialiste

    Google franchit une étape majeure en dévoilant fin 2023 MedLM, une gamme de modèles d’intelligence artificielle (IA) spécialement conçus pour le domaine médical. Ces outils font suite à des recherches antérieures sur les modèles de langage d’IA : Med-PaLM et Med-PaLM 2.

    MedLM serait le premier Large Language Model (LML) à afficher “des performances de niveau expert dans des questionnaires à choix multiples”, comme celui de l’examen de médecine américain (Medical Licensing Examination). Atteignant une précision de plus de 85 %, il surpasse la première version de Med-PaLM de 8 points. Selon des études menées par Google, il arriverait à un niveau de connaissance “similaire à celui d’un médecin spécialiste“.

    Ce modèle serait par exemple capable de :
    📌 répondre aux questions médicales ;
    📌 résumer des informations médicales ;
    📌 générer des informations structurées à partir de données non structurées.

    Google explique que MedML est disponible en deux versions aux États-Unis :
    1️⃣ le premier modèle est plus grand et conçu pour des tâches complexes ;
    2️⃣ le second est un modèle moyen, capable de réglage fin et mieux adapté à la mise à l’échelle des tâches.

    Google trouve 2 principaux concurrents sur ce marché, estimé à des dizaines de milliards de dollars d’ici 2032 : Microsoft qui teste des applications d’assistance médicale dotées d’intelligence artificielle, et Amazon qui vient de lancer AWS HealthScribe pour retranscrire des consultations médicales.

    Des modèles déjà utilisés en santé

    Plusieurs organisations testent déjà ces modèles, démontrant ainsi le potentiel des technologies, comme celle développée par Google, qui permettent l’analyse et le traitement des données de santé : 

    • HCA Healthcare l’expérimente pour la rédaction de notes de patients dans les services d’urgence ;
    • BenchSci l’intègre dans son moteur d’évidence pour identifier et classer de nouveaux biomarqueurs mais aussi pour accélérer la recherche et le développement de médicaments, il permet aux chercheurs de créer automatiquement des diagrammes de connaissances à partir de plus de 100 millions d’expériences.

    La société française Nabla, qui vient de réussir une levée de fonds de 24 millions de dollars, a également lancé en mars 2023 un outil basé sur GPT-3 capable de générer automatiquement des comptes rendus médicaux grâce à l’écoute d’une consultation entre un médecin et son patient.

    Google a initié une collaboration avec Accenture et Deloitte afin de mettre MedLM à la disposition des organismes de santé. Une proposition qui vise à “améliorer l’efficacité des flux de travail, accélérer le processus décisionnel et rehausser l’expérience des patients”.

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  • IA / Essais cliniques : FindMeCure (Bulgarie) facilite l’accès aux essais cliniques pour les patients

    Raccourcir le délai entre une recherche de traitements innovants et le moment où ces derniers sont proposés aux patients, tel est l’objectif de la start-up bulgare FindMeCure, dont la mission qu’elle se donne se décline en deux axes : trouver le bon essai clinique pour le patient et la planification de celui-ci.

    D’un côté, FindMeCure facilite ainsi la réalisation d’essais cliniques avec plus de patients et, de l’autre, que ces derniers puissent tester des traitements non encore mis sur le marché.

    L’IA au service de la recherche clinique

    TrialHub est la solution, basée avec l’intelligence artificielle (IA) et le traitement automatique du langage naturel (NLP), de FindMeCure. Elle est destinée aux professionnels de la recherche clinque, en répondant à leurs besoins grâce à des données précises et fiables sur leurs patients.

    A la fin de l’année 2023, il y a plus de 270 000 essais cliniques dans le monde, dont 60 000 qui cherchent de nouveaux participants. FindMeCure propose des études encore ouvertes à de nombreux patients pour les faire bénéficier d’un accès à des traitements avant leur mise sur le marché mais qui susceptibles de favoriser leur guérison. Selon la maladie, l’essai clinique peut se trouver dans un pays différent de celui où réside le patient. “En France, aux USA ou en Chine”, par exemple. 

    Des délais de recrutement raccourcis de 40 %

    La plupart des essais cliniques ne sont pas poursuivis car il n’y a souvent pas assez de patients inclus. La visibilité des patients désirant faire un essai clinique, sur une plateforme comme TrialHub, permet d’accélérer leur recrutement et de mieux les suivre après. « Les sociétés pharmaceutiques qui ont réalisé des simulations avec leurs patients afin de réellement conduire leurs essais cliniques ont réussi à réduire la durée de recrutement jusqu’à 40% », explique Maya Zanatova, CEO de FindMeCure.

    A travers cette plateforme, le patient note sa maladie afin que FindMeCure lui propose tous les essais cliniques en lien avec la pathologie en question. En sélectionnant ses besoins et préférences, il est ensuite guidé pour trouver l’essai clinique qui lui convient le mieux. Et, après un échange avec une équipe médicale, il peut prendre rendez-vous afin de commencer son nouveau traitement.

    Organiser les essais cliniques grâce au numérique

    Une étude américaine publiée en 2020 dans la revue Nature Partner Journals (NPJ) Digital Medicine rapporte que l’utilisation des outils numériques dans les essais cliniques augmente en moyenne de 34 % par an. Dans ce sens, TrialHub est conçu pour permettre l’amélioration de la recherche et le développement des médicaments, notamment en aidant les investigateurs qui planifient les essais cliniques de leurs patients. « Grâce à nos technologies innovantes, des milliers de datas (plus de 80 000) nous permettent d’avoir une expertise pour mieux comprendre les patients et la recherche », souligne Maya Zanatova.

    En croisant les données du corps médical et des patients, FindMeCure crée un lien entre eux pour rendre disponibles plus rapidement des thérapies à ceux qui en ont besoin. La start-up bulgare collabore avec des partenaires européens et internationaux (communautés de patients, plateformes de santé…), à l’image Chronic Pain Ireland ou l’Alliance internationale des organisations de patients (Iapo).

    La numérisation des essais cliniques, un secteur en forte croissance

    De manière générale, la dématérialisation ou la décentralisation des essais cliniques (DCT) émergent comme une réponse novatrice aux défis traditionnels de la recherche. Le marché des essais cliniques est en ébullition ces dernières années. Parmi les événements les plus récents dans le secteur :

    • en juin 2023, le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le déploiement à grande échelle de l’application d’intelligence artificielle (IA) « Plai », développée avec Aily Labs, afin de permettre aux équipes R&D de Sanofi de trouver et de mettre en place de nouveaux sites d’essai plus pratiques pour leurs groupes cibles afin de favoriser la participation de personnes issues de communautés sous-représentées dans les études cliniques ;
    • en novembre 2023, AstraZeneca a créé Evinova, une société de technologies numériques visant à optimiser les essais cliniques grâce à 3 : l’unification des essais, la conception et la planification d’études et la gestion de portefeuilles.

    Cette dynamique concerne toute la chaîne et toutes les parties prenantes d’un essai clinique :

    • dématérialisation des procédures (information, pré-identification des volontaires, signature, consentement…) ;
    • déploiement (décentralisation au domicile du patient, téléconsultations, télémonitoring…) ;
    • réutilisation de données de vie réelle ;
    • identification des sites de recherche et de patients éligibles.

    Il existe également des plateformes tout-en-un pour la gestion et la coordination des essais cliniques (pour aller plus loin, voir l’état des lieux et le panorama des solutions numériques de DCT sur ce lien).

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  • USA : IA, obésité, VBHC et interopérabilité parmi les tendances 2024 en santé numérique (Rock Health)

    • Fin 2023, Rock Health a cartographié les principales évolutions en santé numérique dans le but de mettre en avant les tendances pour l’année 2024 aux Etats-Unis. 7 domaines ont été sélectionnés pour son analyse :
      ▪️ l’intelligence artificielle (IA) en santé ;
      ▪️ les solutions pour les aidants ;
      ▪️ l’interopérabilité des données ;
      ▪️ les soins numériques de l’obésité ;
      ▪️ l’alimentation comme médicament ;
      ▪️ les distributeurs devenant prestataires ;
      ▪️ et l’habilitation des soins basés sur la valeur ou Value-Based Healthcare (VBHC).

    Cette sélection se base sur la perception de l’écosystème de la santé numérique par le fonds d’investissement américain qui se base sur des échanges réalisés avec différents acteurs (fournisseurs, partenaires, clients etc.).

    Les auteurs du rapport évaluent et classent les développements d’un marché en fonction des estimations de son volume d’activité et de sa maturité. Les segments de marché sont ainsi classés en 5 degrés de maturité (de “naissant” à “mature”). Pour cela, ils se basent sur 3 indicateurs mesurables qui permettent d’évaluer le potentiel, le développement et la maturité d’un secteur :
    1️⃣ volume des publications scientifiques : mesuré grâce à l’activité annuelle et à la croissance sur 2 ans des mentions sur Pubmed ;
    2️⃣ financements par capital-risque : mesuré grâce au volume de financement ;
    3️⃣ développement de partenariats : mesuré grâce au volume de partenariats établis.

    L’interopérabilité et de la prestation de soins en accélération

    Selon les résultats du rapport :
    📌 2 domaines sont considérés naissants : l’alimentation comme médicament et les soins numériques de l’obésité ;
    📌 1 domaine est considéré émergeant : les solutions pour les aidants ;
    📌 2 domaines sont considérés en développement : l’IA en santé, les soins basés sur la valeur ;
    📌 seuls 2 domaines sont identifiés en calibrage : l’interopérabilité des données, les distributeurs devenant prestataires de soins.

    Aucun domaine n’est encore considéré comme mature par Rock Health.

    📈 Les 5 degrés de maturité de l’innovation étudiés

    La maturité d’un marché, en abscisse, (ou domaine d’innovation) se découpe en 5 phases :

    • naissante : des domaines encore à un stade précoce (en cours de proof-of-concept ou en phase pilote) ;
    • émergent: des domaines dont l’activité attirent l’attention des acteurs du marché ;
    • en développement : des domaines dont l’activité gagne du terrain et qui obtiennent des financements importants ;
    • en calibrage : des domaines qui commencent à s’installer à grande échelle ;
    • mature : des domaines qui sont adoptés par un grand nombre de prestataires et dont les résultats sont positifs. Ces domaines peuvent devenir des modes passagères dont l’engouement est éphémère « fad », ou des niches qui répondent à un besoin spécifique/unique, ou « table stake » c’est-à-dire une innovation qui est considérée une norme de soins.

    Les ordonnées représentent, quant à elles, le volume d’activité qui varie de « limité » à « élevé ».

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    ✨ Les domaines d’innovation :

    🚩 L’interopérabilité des données :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Ce domaine est considéré comme une priorité en santé numérique. Les entreprises développent et déploient des solutions pour aider à la conformité et à l’utilisation de l’interopérabilité des données. Les entreprises de ce secteur représentent un financement de 630 M$ au T3 2023. Aux Etats-Unis, l’infrastructure d’interopérabilité est encore en construction.

    En 2024, l’interopérabilité des données continuera d’évoluer vers une infrastructure plus sophistiquée, offrant des fonctionnalités avancées pour répondre aux besoins croissants en matière d’analyse et de partage des données de santé. Les solutions qui privilégient la précision, la profondeur de l’information, la sécurité et la convivialité se démarqueront selon Rock Health.

    🚩Les distributeurs développant des prestations de santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Les grandes enseignes de la distribution telles que Target et Walmart évoluent depuis une dizaine d’années pour se positionner comme des prestataires de santé pour les soins primaires et urgents. Les détaillants développent de plus en plus de partenariats avec des entreprises de santé numérique, acquérant même certaines (exemple : Amazon rachète One Medical pour 3,9 Mds$).

    En 2024, les distributeurs chercheront à améliorer la coordination des soins et à étendre leurs modèles de soins à domicile grâce à des services omnicanaux.

    🚩 Les soins basés sur la valeur :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est difficile à adopter à grande échelle. Il est noté que les entreprises proposant des modèles de soins basés sur la valeur gagnent en traction commerciale. Des modèles axés sur la gestion des soins rénaux et la capitation des soins primaires ont suscité d’importants investissements en 2023. Ce domaine d’innovation a la plus forte croissance de partenariats par rapport aux autres domaines analysés par Rock Health.

    En 2024, le secteur dépendra des résultats obtenus par les principaux payeurs (cliniques, inscriptions, utilisations). Les différentes solutions de ce marché pourraient se regrouper et converger vers une plateforme unique pour fournir des services plus complets.

    🚩 L’IA en santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est celui ayant le financement en capital-risque le plus élevé par rapport aux 6 autres domaines analysés. En 2023,cela représente un total de 2,9 Mds $ de financement en capital-risque avec 101 transactions sur l’année. Ce domaine est également 2ème en termes de croissance des partenariats. Les entreprises développant des algorithmes d’IA, notamment ceux soutenant le triage des patients, la planification et la découverte de médicaments, ont attiré d’importants investissements et établissent des partenariats solides.

    En 2024, les solutions d’IA continueront à être de plus en plus intégrés dans les soins. Un accent devra être porté sur la gestion des défis éthiques, la gouvernance et la recherche de collaborations.

    🚩 Les solutions pour les aidants :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en émergence

    Les difficultés économiques depuis 2021 et la “Great Resignation” ont mis en lumière la charge croissante des aidants (personnes prenant soin de proches âgés, d’enfants ou de personnes malades). La valeur économique de ce marché aux Etats-Unis est estimée à 600 Mds $.

    En 2024, les consommateurs et les employeurs pourraient investir dans des solutions pour les aidants. Les preuves d’efficacité sont essentielles pour le succès des solutions B2B2C afin de réduire l’absentéisme, à susciter l’engagement, améliorer le bien-être et la productivité des employés.

    🚩 Les soins numériques de l’obésité :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Les entreprises proposant des services de soutien liés à la gestion du poids (télésurveillance et coaching) sont en pleine émergence. De 2020 à 2022, les publications liées à des solutions numériques sur PubMed ont augmenté de 85%. Les entreprises ont levés 176 M$ en 2023, principalement en early-stage.

    En 2024, les nouveaux modèles de soins contre l’obésité se distingueront par leur approche individualisée et leur capacité à traiter les facteurs sous-jacents de l’obésité.

    🚩 L’alimentation comme “médicament” :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Ce domaine inclut les solutions numériques de recommandations nutritionnelles et d’interventions liées à l’alimentation. Rock Health note de plus en plus de recherches dans ce domaine et des changements de politique (au niveau gouvernemental et pour le remboursement de programmes alimentaires, notamment en Oregon, Arkansas et Massachusetts).

    En 2024, les législations et les voies de remboursement continueront à se développer. Des partenariats entre les start-ups axées sur l’alimentation et celles axées sur les soins pour l’obésité pourront être envisagés.

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  • Rétro 2023 : bilan des levées de fonds dans la heath tech, une baisse de 67 % par rapport à 2022

    En ce début d’année, Health & Tech Intelligence revient sur les publications clés de l’année passée, en commençant aujourd’hui par un bilan des levées de fonds réalisées sur le marché français de la health tech en 2023, avec une analyse de l’évolution des opérations sur le marché depuis 2016.


    Environ 60 sociétés françaises du secteur de la health tech ont levé 619 millions d’euros au cours de l’année 2023, contre 1,92 milliards d’euros pour 88 opérations en 2022, soit une chute de plus de 67% des investissements et une baisse de près de 32% du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements health Tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    📌 En synthèse, il ressort qu’après une croissance sans précédent observée depuis 2020 et la crise liée à la pandémie de Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-Covid qui se confirme.

    🤖 Tendances tech : IA, data, DTx et métaverse

    Les domaines technologiques dans lesquels il a été le plus investi en 2023 sont :
    • l’intelligence artificielle (IA), un segment boosté par l’essor de l’IA générative depuis fin 2022 ;
    • la data, encore et toujours, avec un fort enjeu autour du déploiement des entrepôts de données de santé ;
    • la télésurveillance, un marché qui devrait monter en puissance avec l’entrée récente de l’acte dans le droit commun ;
    • et la réalité virtuelle/augmentée – métaverse, un marché émergent.

    Concernant les thématiques d’innovation les plus attractives, on retrouve dans le top 5 :
    • l’imagerie médicale ;
    • la santé mentale ;
    • les services ;
    • la santé mobile (mHealth) ;
    • la télémédecine.

    🚀 Pas de « méga deals » dans le top 10 des opérations en 2023

    Une majorité (45 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2023 ont recueilli des montants en dessous de 5 M€, avec la plupart des opérations réalisées en amorçage ou en série A. Seulement 8 entreprises ont levé des fonds entre 20 M € et 100M €. Ce bilan de 2023 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 61 M€. Comparativement, en 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés:
    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;
    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;
    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);
    ▶️ DNA Script : 172 M€ .

    📈 Un montant total similaire à 2019 (-0,5 %) et 2020 (-0,4 %)

    Afin d’avoir une vision globale de l’année 2023, H&TI présente dans cet indicateur un comparatif du montant des levées de fonds et du nombre d’opérations réalisées chaque mois depuis janvier. Ce bilan est lui-même mis en comparaison avec celui des 7 années précédentes (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) afin d’avoir un regard plus fin sur la situation actuelle.

    En 2020, le bilan des opérations réalisées était quasi similaire à celui de 2019 et 2018. L’année 2021 avait été marquée par une hausse inédite des levées sur le marché français du numérique en santé, tant en termes de montants recueillis que du nombre d’opérations réalisées (107, contre 66 en 2021 et 2020). Les opérations étant entamées plusieurs semaines avant la communication des entreprises sur la clôture des levées de fonds, ce bilan record est le signe que la crise liée au Covid-19 (survenue début 2020) a bel et bien eu un fort impact sur le marché. En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021.avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Il est intéressant de noter que le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    En 2023, le bilan des opérations est sensiblement similaire aux montants observés avant la crise du Covid, autant sur le plan des montants que sur celui du nombre d’opérations. On relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et plus de 1 118 % par rapport à 2016.

    👉 Quelles perspectives pour 2024 ?

    📅 À NE PAS MANQUER : Health & Tech Intelligence organise courant janvier un H&TI Morning pour présenter en détail les levées de fonds de 2023 dans le secteur du numérique en santé ainsi que les prospectives pour 2024 (date, programme et inscription à venir).

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    Top 10 de l’année 2023

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    Tendances de l’année 2023

    Thématiques et technologies les plus dynamiques :

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    Forte diminution du capital-risque :

    En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021 (avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Comme observé plus haut, le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    L’année 2023 a confirmé la baisse de l’engouement constaté en 2022. L’absence de “méga deals” (supérieurs à 100 M€) en est témoin. En 2022, plus de 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes. 

    💸 Top investisseurs : fonds privés, Bpifrance, business angels, mutuelles et Régions :

    • Les principaux investisseurs en 2023 sont :
      • les fonds privés (capital ventures, private équity) : 45 opérations ;
      • Bpifrance : 22 opérations ;
      • les mutuelles/complémentaires santé et les Régions : 30 opérations ;
      • les business angels : 21 opérations.
    • Autres investisseurs :
      • les hôpitaux, les instituts de recherches et les professionnels de santé ;
      • les industriels ;
      • les fonds régionaux, étatiques, européeens ;
      • les écoles et les incubateurs d’écoles.

    Comparatif de 2016 à 2023 🇫🇷

    De manière générale :

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    • Si l’on se concentre sur le total annuel des levées de fonds depuis 2016, on relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), une hausse importante par rapport à 2016 (175 M€) et à 2017 (242 M€) mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et de plus de 1 118 % par rapport à 2016. En 2022, la dynamique s’est stabilisée avec un total des montants levés quasi identiques à 2021. En 2023 on relève un retour à des niveaux similaires à la période (2018-2020).

    ❗ Point d’attention : le secteur de la health tech était moins mature en 2016 et en 2017, la hausse observée par rapport à ces deux premières années n’est donc pas forcément significative.

    • Le nombre total du nombre d’opérations reste quant à lui plus ou moins similaire d’une année sur l’autre, excepté là encore en 2021, année durant laquelle 107 opérations ont été réalisées, contre 66 en 2021 et en 2020 et 60 en 2023. En 2022, 89 opérations ont été réalisées, soit une légère baisse par rapport à 2021 mais les montants levés s’avèrent en moyenne plus conséquents (moins d’opérations mais montant total quasi identique).

    Pour aller plus loin:


    Dans le détail :

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    • L’évolution, mois par mois, montre une tendance légèrement différente des années précédentes, avec une stabilité des investissements au T1 (en moyenne 61,19M€) et une chute des investissements dès le mois d’avril contre habituellement une chute en février (25 M€ vs 116M€ en 2018).
    • Cependant, il ressort clairement que 2021 et 2022 sont des années record, les barres (en rose pour 2021 et en jaune pour 2022) dépassant largement toutes les autres sur le grapheci-dessus, avec des pics en mai, en juillet-août, en octobre et novembre pour 2021, puis en janvier, mars, mai, juin et décembre pour 2022.

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    • Quant au nombre d’opérations, il apparaît clairement que les courbes de 2021 et de 2022 dominent, le total cumulé du nombre d’opérations effectuées entre janvier et décembre est nettement plus important pour ces 2 années, avec 89 et 107 opérations au total respectivement en 2022 et en 2021, contre 66 en 2021 et en 2020.

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  • Etude : transformer la recherche clinique par l’IA en adaptant la « pyramide des preuves »

    Transformer la pyramide des preuves scientifiques afin d’intégrer correctement l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche clinique est l’enjeu analysée par une étude* publiée le 21 novembre 2023 dans le journal Discover Health Systems par des chercheurs de l’université de Parme (Italie). Le Pr Valentina Bellini et son équipe ont ainsi exploré l’impact de l’IA sur les résultats cliniques et la nécessité d’adapter les méthodes de recherche et la pyramide des preuves médicales à ce nouveau changement de paradigme.

    Les principales conclusions mettent en lumière :
    📌 la nécessité d’une approche tridimensionnelle de la pyramide des preuves, soulignant les défis organisationnels, techniques et éthiques liés à l’adoption de ces technologies ;
    📌 et l’importance de produire des preuves de haute qualité pour maximiser les avantages de la médecine personnalisée basée sur l’IA.

    Health & Tech Intelligence revient en synthèse sur cette transformation de la pyramide des preuves par l’IA ainsi que sur les changements conceptuels et les implications de la métamorphose en cours dans le domaine.

    Transformation de la pyramide des preuves par l’IA :

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    Les auteurs proposent une version actualisée de la pyramide des preuves scientifiques, passant d’une approche bidimensionnelle traditionnelle à une approche tridimensionnelle.

    La pyramide traditionnelle bidimensionnelle classe les études en fonction de leur solidité (quantité de preuves) et de leur fiabilité (qualité). Elle comprend plusieurs niveaux :

    • les avis d’experts et les déclarations consensuelles ;
    • des études de cas ;
    • des études de cohortes ;
    • des essais contrôlés randomisés (ECR) ;
    • et les revues systématiques et les méta-analyses, qui combinent et analysent systématiquement les données de plusieurs études constituant le sommet de la pyramide.

    Une métamorphose vers une pyramide tridimensionnelle intègre les niveaux de preuves conventionnels avec une troisième dimension représentant les “efforts de recherche nécessaires à chaque progression” :

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    Défis et opportunités de l’intégration de l’IA dans la recherche clinique :

    Dans la seconde partie de leur article, les chercheurs mettent en avant  les défis et les opportunités liés à cette approche tridimensionnelle de la pyramide des preuves, comme suit :

    Défis :

    • les méthodes d’analyse traditionnelles ne sont plus adéquates pour traiter le volume massif de données ;
    • les questions légales et éthiques liées à la protection des données ;
    • les défis techniques et logistiques dus à la disparité des infrastructures entre les établissements de santé et pour la gestion en temps réel des bases de données ;
    • la résistance vis-à-vis d’une adoption large de l’IA liée à des facteurs culturels selon les pays et à de la méfiance ;
    • l’évaluation et la validation des modèles IA dans des contextes cliniques réels.

    Opportunités :

    • la personnalisation des soins ;
    • l’amélioration de la précision des soins grâce à une meilleure sélection des traitements et des parcours cliniques ;
    • la réduction des erreurs cliniques grâce à l’aide à la décision ;
    • la réduction du temps consacré à l’administratif ;
    • la réduction du temps de recherche, notamment grâce à des modélisations in silico à grande échelle.

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  • Les grandes tendances de la e-santé 2024 : femtech, IA et prévention au programme (30/01, Paris)

    Les Femtech, la prise en charge anticipée numérique (Pecan), les innovations présentées au CES 2024, l’intelligence artificielle (IA) et son impact dans le secteur, ou encore la prévention numérique font partie des sujets qui seront abordés lors de la conférence annuelle “les grandes tendances de la e-santé 2024” est organisée par l’agence de communication en santé, Interaction Healthcare, qui se déroulera le 30 janvier 2024 à Station F. L’événement sera suivi par le “dîner de la e-santé” au cours duquel se réuniront plus de 350 acteurs de l’écosystème “pour échanger sur le développement du secteur de la health tech et son impact sur le système de santé”.

    Au-delà des conférences et des tables rondes abordant les sujets des tendances de la e-santé, l’événement sera aussi composé de plusieurs ateliers sur l’IA, la prévention numérique, la simulation augmentée et la télémédecine.

    Ces conférences et ces ateliers seront animés par différents représentants du secteur : 
    • Emmanuel Bacry, directeur scientifique du Health Data Hub (HDH) ; 
    • Virginie Gervaise, présidente de Philips France ;
    • David Sainati, co-responsable du numérique en santé à la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) ; 
    • Lise Alter, directrice générale de l’Agence de l’innovation en santé (AIS) ;
    • Dominique Pon, directeur général de La Poste “santé & autonomie” ; 
    • Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux.

    Remise des prix du concours d’innovation “acteurs du diabète”

    Les 10 finalistes de la deuxième édition du concours d’innovation “acteurs du diabète” présenteront leur projet/solution devant les membres du jury. Pour rappel, le concours porté par Novo Nordisk, en collaboration avec l’association Aide aux jeunes diabétiques et Radio public santé, a pour objectif de “soutenir le développement de solutions innovantes ou approches créatives permettant de prévenir ou de prendre en charge plus efficacement le diabète et ses complications”.

    Le “prix du jury” permettra à un candidat d’obtenir une dotation d’un montant de 30 000 euros, tandis que le “prix coup de coeur” (nouveauté de cette seconde édition) est doté d’un montant de 20 000 euros.

    👉 Les inscriptions à l’événement, sur place et à distance, ainsi qu’au dîner de la e-santé sont accessibles via ce lien.

    Programme : 

    Conférences : 

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    Ateliers : 

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  • Utilisation secondaire des données de santé : vers une méthode d’autorisation bénéfices/risques ?

    Fonder les décisions d’autorisation des projets d’utilisation des données de santé à des fins de recherche sur une balance bénéfices/risques, telle est la proposition portée par le conseil scientifique du Health Data Hub (HDH).

    Publié le 2 janvier 2024, ce “position paper” vise à proposer une méthode d’évaluation des projets de recherche sur la base de l’évaluation “des bénéfices du projet versus les risques que celui-ci ferait courir”, notamment en matière :
    📌 de divulgation de données personnelles ;
    📌 de réidentification des patients ;
    📌 ou encore d’espionnage industriel.

    Pour une culture du bien commun de la donnée de santé

    Le rapport intitulé “Bénéfices et risques de l’utilisation des données de santé à des fins de recherche“* proposé par un groupe de travail du conseil scientifique consultatif du HDH prend acte de nombreux freins qui rendent aujourd’hui complexes les projets de recherche en France et cherche à pondérer les risques liés à l’utilisation secondaire des données de santé – dans le cadre réglementaire actuel face aux bénéfices en matière de santé publique.

    🛑 Parmi les freins reconnus par les auteurs, sont notamment relevés :

    1️⃣ l’interdiction d’utiliser des outils américains pour stocker des données, alors qu’aucun cloud européen n’est disponible et qu’il n’y a jamais eu de plaintes dans le secteur de la santé contre des industriels américains qui ne respecteraient pas le RGPD dans le domaine de la santé, ni de documentation de tentatives de réidentification de données anonymisées de recherche en santé ;

    2️⃣ la difficulté d’utilisation du NIR pour apparier les bases de données que l’on souhaite croiser, alors que cela est possible dans beaucoup de pays européens, soumis à la même réglementation européenne que la France ;

    3️⃣ des délais d’attente se chiffrant en année pour accéder à la base principale du SNDS alors que la file d’attente se réduirait si une copie de la base principale du SNDS était au catalogue du HDH ;

    4️⃣ un écosystème trop complexe pour des raisons historiques, qui a besoin d’être simplifié pour aller vers un guichet unique, comme la directive européenne en préparation le préconise ;

    5️⃣ une communication grand public ne portant que sur les risques et non sur les bénéfices, alors que les citoyens bien informés sont en faveur de l’usage de leurs données pour la recherche.

    ✅ Les bénéfices soulignés en faveur de la santé publique et du bien commun doivent conduire à une nouvelle approche méthodologique des décisions d’autorisation :

    “Nous proposons que la balance bénéfice/risque soit dorénavant le support des décisions d’autorisation pour l’utilisation des données de santé à des fins de recherche, alors que les critères actuels privilégient la protection absolue de la vie privée, ce qui entrave ou retarde la réalisation de nombreuses études de grande pertinence.”

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    Les risques identifiés apparaissent comme limités, selon les auteurs, en raison du cadre réglementaire et technique entourant les décisions d’autorisation de la CNIL :

    1️⃣ le risque de révélation de données personnelles est un risque majeur pour les données nominatives mais très faible pour les données pseudonymisées et nul pour les données anonymisées ;

    2️⃣ le risque d’utilisation non contrôlée, au-delà de l’information des personnes, dépend du respect des règles d’utilisation par les opérateurs. Il est très surveillé ;

    3️⃣ le risque de vol de données et d’espionnage par des industriels ou des états est souvent cité par les opposants, il est pourtant extrêmement réduit car les données non nominatives n’ont pas de valeur marchande et ce type de vol ne s’est encore jamais produit ;

    4️⃣ le risque de violation de la propriété intellectuelle et de préjudice financier par obstacle à la valorisation est souvent cité mais non documenté ;

    5️⃣ le risque de surveillance normative des professionnels de santé est craint par ces professionnels, alors que cette surveillance est légitime du point de vue des financeurs du système de santé”.

    Au regard de ces risques, les bénéfices de l’utilisation de ces données peuvent être importants pour la collectivité (ex. pertinence des soins, prévention des scandales sanitaires, évaluation des innovations) et pour l’individu (ex. développement de nouveaux traitements) et avoir des impacts sur les individus eux-mêmes.

    🔓 Les bénéfices attendus de l’accessibilité de ces données sont nombreux :

    1️⃣ elles facilitent la surveillance épidémiologique des grandes pathologies, base de beaucoup de décisions en santé publique ;

    2️⃣ elles permettent de mesurer l’efficacité des soins et de détecter des situations locales ou régionales s’écartant significativement de la moyenne ;

    3️⃣ de même pour le suivi de l’évolution des pratiques dans le temps et leur impact ;

    4️⃣ elles permettent de documenter les effets positifs et négatifs des innovations qui sont introduites par l’évolution des pratiques, qu’elles soient médicamenteuses, techniques ou organisationnelles ;

    5️⃣ elles informent sur l’accès des patients aux interventions de santé : on peut calculer des taux et délais, et les croiser avec des variables géographiques, des données sociales et économiques, et ainsi identifier des inégalités, ce qui fonctionne ou non, et sur quels territoires doivent porter les efforts d’amélioration en priorité ;

    6️⃣ elles contribuent directement à l’amélioration des connaissances, étape indispensable pour améliorer les pratiques et concevoir des politiques publiques efficaces et protectrices.

    7️⃣ elles sont indispensables pour développer les usages de l’intelligence artificielle grâce à de nouveaux algorithmes de bonne qualité car entraînés et testés sur des populations représentatives, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement ;

    8️⃣ elles permettent d’évaluer l’efficacité des campagnes de prévention ou de dépistage, et l’observance des recommandations de bonnes pratiques.

    💡 Plusieurs pistes de solutions pour accélérer l’utilisation des données de santé :

    Le rapport* conclut sur l’existence de solutions à mettre en place :

    • simplifier les procédures : Evaluer les  projets de recherche sur les aspects de sécurité technique et de respect des règles réglementaires au niveau des établissements et non de chaque projet ;
    • faciliter l’accès au SNDS : permettre au HDH d’héberger une copie du SNDS ;
    • utiliser une grille d’évaluation des risques et des bénéfices pour atteindre un consensus sur le poids respectif de chacun des items en transposant la méthode utilisée dans les processus de prise de décision pour les autorisations de mise sur le marché des produits de santé ou d’organisation de dépistages en population, par exemple.

    Et demande l’ouverture de 3 chantiers :

    • celui de la distinction du consentement des personnes entre données de soin et données de recherche ;
    • celui de l’usage du numéro d’identification national pour le chaînage des données ;
    • et celui de la simplification du système des autorisations.
  • Rétro 2023 / Bilan des levées de fonds dans la heath tech : une baisse de 67 % par rapport à 2022

    En ce début d’année, Health & Tech Intelligence revient sur les publications clés de l’année passée, en commençant aujourd’hui par un bilan des levées de fonds réalisées sur le marché français de la health tech en 2023, avec une analyse de l’évolution des opérations sur le marché depuis 2016.


    Environ 60 sociétés françaises du secteur de la health tech ont levé 619 millions d’euros au cours de l’année 2023, contre 1,92 milliards d’euros pour 88 opérations en 2022, soit une chute de plus de 67% des investissements et une baisse de près de 32% du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements health Tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    📌 En synthèse, il ressort qu’après une croissance sans précédent observée depuis 2020 et la crise liée à la pandémie de Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-Covid qui se confirme.

    🤖 Tendances tech : IA, data, DTx et métaverse

    Les domaines technologiques dans lesquels il a été le plus investi en 2023 sont :
    • l’intelligence artificielle (IA), un segment boosté par l’essor de l’IA générative depuis fin 2022 ;
    • la data, encore et toujours, avec un fort enjeu autour du déploiement des entrepôts de données de santé ;
    • la télésurveillance, un marché qui devrait monter en puissance avec l’entrée récente de l’acte dans le droit commun ;
    • et la réalité virtuelle/augmentée – métaverse, un marché émergent.

    Concernant les thématiques d’innovation les plus attractives, on retrouve dans le top 5 :
    • l’imagerie médicale ;
    • la santé mentale ;
    • les services ;
    • la santé mobile (mHealth) ;
    • la télémédecine.

    🚀 Pas de « méga deals » dans le top 10 des opérations en 2023

    Une majorité (45 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2023 ont recueilli des montants en dessous de 5 M€, avec la plupart des opérations réalisées en amorçage ou en série A. Seulement 8 entreprises ont levé des fonds entre 20 M € et 100M €. Ce bilan de 2023 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 61 M€. Comparativement, en 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés:
    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;
    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;
    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);
    ▶️ DNA Script : 172 M€ .

    📈 Un montant total similaire à 2019 (-0,5 %) et 2020 (-0,4 %)

    Afin d’avoir une vision globale de l’année 2023, H&TI présente dans cet indicateur un comparatif du montant des levées de fonds et du nombre d’opérations réalisées chaque mois depuis janvier. Ce bilan est lui-même mis en comparaison avec celui des 7 années précédentes (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) afin d’avoir un regard plus fin sur la situation actuelle.

    En 2020, le bilan des opérations réalisées était quasi similaire à celui de 2019 et 2018. L’année 2021 avait été marquée par une hausse inédite des levées sur le marché français du numérique en santé, tant en termes de montants recueillis que du nombre d’opérations réalisées (107, contre 66 en 2021 et 2020). Les opérations étant entamées plusieurs semaines avant la communication des entreprises sur la clôture des levées de fonds, ce bilan record est le signe que la crise liée au Covid-19 (survenue début 2020) a bel et bien eu un fort impact sur le marché. En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021.avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Il est intéressant de noter que le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    En 2023, le bilan des opérations est sensiblement similaire aux montants observés avant la crise du Covid, autant sur le plan des montants que sur celui du nombre d’opérations. On relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et plus de 1 118 % par rapport à 2016.

    👉 Quelles perspectives pour 2024 ?

    📅 À NE PAS MANQUER : Health & Tech Intelligence organise courant janvier un H&TI Morning pour présenter en détail les levées de fonds de 2023 dans le secteur du numérique en santé ainsi que les prospectives pour 2024 (date, programme et inscription à venir).

    🔴 ACCÉDER À L’INDICATEUR COMPLET :

    👉 Les tableaux et graphiques présentant le bilan détaillé des levées de fonds réalisées en 2023 ainsi que le comparatif avec 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022 sont disponibles dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.

    Sommaire de l’indicateur :

    • le top 10 des levées de fonds 2023 (infographie) ;
    • évolution des levées de fonds dans la health tech (montant et nombre d’opérations) entre janvier et décembre 2023, mois par mois (graphique) ;
    • tendances de l’année 2023 ;
    • comparatif de 2016 à 2023 (graphiques) :
      • total des levées de fonds de 2016 à 2023 (montant et nombre d’opérations) ;
      • évolution des levées de fonds par mois de 2016 à 2023 (en M€) ;
      • évolution du nombre de levées de fonds par mois de 2016 à 2023 ;
    • le détail des levées de fonds réalisées en 2023 (tableaux présentant toutes les levées de fonds de l’année).

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  • Ségur du numérique en santé : les médecins de ville premiers émetteurs de documents pour MES

    Avec 221 millions de documents versés sur Mon espace santé (MES) jusqu’en novembre 2023, l’alimentation de cet espace numérique de stockage a connu une croissance remarquable durant l’année écoulée, et un rythme mensuel allant jusqu’à plus de 16 % en novembre 2023, dernier mois dont les données ont été communiquées par l’ANS.

    La santé est sur le point de franchir un cap majeur dans son virage numérique, avec des avancées significatives vers les objectifs fixés par Olivier Véran en 2020. Une transformation sans précédent qui témoigne de l’implication des acteurs clés du secteur, tels que les professionnels de santé, les éditeurs de logiciels, et les patients.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient sur les chiffres clés du déploiement du Ségur du numérique en santé pour l’année 2023 (dont les détails complets, y compris les valeurs par type de document, par département, et par région, peuvent être trouvés sur la page web de l’Agence du numérique en santé, accessible via ce lien).

    La médecine de ville comme contributeur principal

    Une contribution importante à MES émane des médecins de ville, dont l’engagement s’est traduit par une augmentation spectaculaire de 44% par mois au cours du dernier trimestre 2023. Ces professionnels de santé se positionnent désormais en première position des émetteurs de documents numérisés, à égalité avec le secteur de la biologie médicale, générant environ 6 millions de documents par mois.

    Au cours de novembre 2023, le volume de documents téléversés dans Mon espace santé se répartit entre 6 types d’émetteur comme suit :

    • médecins de ville : 33 % ;
    • biologie médicale de ville : 29 % ;
    • hôpitaux : 26 % ;
    • radiologie de ville : 6 % ;
    • officines : 6 % ;
    • secteur médico-social : 1 %.

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    Des objectifs initiaux ambitieux

    L’outil de suivi des données relatives à MES, rendu disponible par l’ANS, s’inscrit dans une démarche de transparence visant à partager les chiffres clés mensuels liés au déploiement du Ségur du numérique en santé. Les objectifs de ce dernier étant :

    • de généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre les professionnels de santé et les usagers ;
    • et d’accélérer la feuille de route du numérique en santé en augmentant le nombre de documents médicaux échangés afin d’améliorer la prévention et la qualité des soins.

    Une transparence par les chiffres :

    Une attention particulière des autorités est portée à l’alimentation de Mon espace santé : chaque citoyen est encouragé à devenir un acteur à part entière de sa santé.

    L’évolution rapide du nombre de documents mis à disposition dans MES, notamment entre mars et novembre 2023, illustre cette ambition. Le nombre annuel moyen de documents par habitant, en augmentation lui aussi, en représente une autre démonstration :

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    Les documents concernés sont principalement des résultats d’analyses et des prescriptions médicales.

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    Un facteur favorisant : la reprise de l’historique DPI

    Les cartes interactives par département proposées par l’ANS offrent une vision claire du nombre annuel moyen de documents échangés par habitant. Les territoires ayant atteint l’objectif du Ségur numérique, fixé à 4 documents par habitant, sont identifiés en vert sur la carte.

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    Certains départements, précise l’ANS, bénéficient d’une “hausse significative de l’alimentation DMP grâce à la mise en place de la reprise de l’historique DPI”, comme indiqué dans la liste des candidats retenus qui a été publiée.

  • Étude : retour sur 20 ans de publications relatives aux technologies numériques de santé (JMIR)

    « Malgré la réussite avérée des systèmes d’intelligence artificielle dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale », relèvent les auteurs de l’étude.


    Des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) ont mené la première étude visant à étudier de manière systématique l’utilisation des technologies numériques de santé pour mesurer leurs résultats cliniques à l’aide de données générées par les patients. Globalement, le nombre d’essais incluant des données probantes avec des types de technologies variées n’a cessé de croître mais les chercheurs estiment nécessaire de mener des recherches plus rigoureuses pour démontrer si la capture des données améliore vraiment la santé des patients.

    Les résultats de cette étude* ont été publiés le 11 octobre 2023 dans la revue Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Afin de mener leur analyse, les chercheurs ont pris en compte les études publiées entre 2000 et 2022 dans lesquelles des données numériques sur la santé ont été collectées, passivement ou activement. Sur 11 015 publications identifiés, 510 études ont été retenues : elles portaient sur 169 pathologies dans plus de 20 domaines thérapeutiques et étaient issues de 44 pays.

    📌 Principaux résultats :
    • les données les plus utilisées pour la recherche concernaient la santé mentale et les toxicomanies (21,8 %), suivies de la neurologie (15,3 %) et des maladies cardiovasculaires (13,9%) ;
    • le type de technologie numérique le plus courant était les applications mobiles, présentes dans environ la moitié des études.

    Concernant l’intelligence artificielle (IA), les auteurs des travaux constatent une augmentation de l’utilisation de l’IA dans le corpus de recherche ciblé sur la période 2018-2021. « Malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’intelligence artificielle dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale », précisent-ils.

    La santé numérique, un champ de recherche dynamique

    Le 11 octobre 2023, la Food and drug administration (FDA) américaine a annoncé la création d’un nouveau comité consultatif sur les technologies de santé numérique (voir article H&TI ici). Sa mission : aider le régulateur américain à “explorer les questions complexes, scientifiques et techniques liées à la santé numérique, telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, les thérapies numériques, la télésurveillance médicale…”.

    Le champ est vaste : l’utilisation des technologies numériques dans les essais cliniques s’est considérablement développée depuis 2000, à un rythme de 34 % par an. Pour défricher ce large champ, les experts de ce tout nouveau comité vont pouvoir consulter les résultats d’une étude systématique sur l’utilisation des technologies numériques de santé.

    Une large étude sur l’évolution de la littérature, les domaines thérapeutiques traités…

    Des chercheurs de l’université d’Oxford ont en effet publié le 11 octobre 2023 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR) les résultats d’une large étude aux multiples enjeux :

    • Comment la nature des publications de cette littérature a-t-elle évolué au fil du temps ?
    • Pour quelles maladies et quels domaines thérapeutiques les résultats cliniques sont-ils mesurés à l’aide de technologies numériques de santé ?
    • Comment l’utilisation de différentes technologies numériques de santé pour mesurer les résultats cliniques dans le monde réel a-t-elle évolué au fil du temps ?

    Le champ d’investigation était important car ces données réelles sont de plus en plus utilisées par l’industrie pharmaceutique pour évaluer les résultats des patients, soutenir les approbations réglementaires, étudier des profils de patients toujours plus diversifiés ou des populations de maladies rares, faire un lien entre le prix des traitements et leur efficacité ou encore rationaliser l’utilisation des ressources.

    Les régulateurs et les payeurs sont aussi très friands de ces données exigeant des fabricants qu’ils démontrent la valeur ajoutée de leurs produits à l’aide de données réelles. Les données de vie réelle peuvent inclure des résultats cliniques, économiques, des mesures rapportées par les patients et des éléments sur la qualité de vie.

    Afin de mener leur analyse, les chercheurs ont pris en compte les études publiées entre 2000 et 2022 dans lesquelles des données numériques sur la santé ont été collectées, passivement ou activement.

    Résultats : la santé mentale avide de données de vie réelle

    • Sur 11 015 publications identifiés, 510 études ont été retenues.
    • Elles portaient sur 169 pathologies dans plus de 20 domaines thérapeutiques et étaient issues de 44 pays.
    • Les données les plus utilisées pour la recherche concernaient la santé mentale et les toxicomanies (21,8 %), suivies de la neurologie (15,3 %) et des maladies cardiovasculaires (13,9%).
    • Le type de technologie numérique le plus courant était les applications mobiles, présentes dans environ la moitié des études. Les ingérables ne sont apparus qu’en 2013. Les données étaient rares sur les implantables, les moniteurs électroniques de médicaments et les biocapteurs environnementaux.
    • Les données physiologiques étaient les plus souvent collectées (37,1 %), suivies des données sur les symptômes cliniques (36,9 %) et des données comportementales (33,5 %).

    L’IA : des études mais peu d’outils dans la pratique

    Depuis 2018, la croissance du nombre d’études – et du nombre de technologies utilisées – semble avoir commencé à se stabiliser. Toutefois, la période 2018-2021 a été marquée par une augmentation de l’utilisation de l’IA dans ce corpus de recherche. Et sur ce point, les auteurs de l’étude précisent que « malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’IA dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale ».

    Enfin, même si le panorama décrit est très large, il permet de dresser une photographie de l’existant mais pas vraiment de tirer de conclusion. Pour mesurer finement l’impact de ces technologies sur la santé, les auteurs estiment « nécessaire de mener des recherches plus rigoureuses qui vont au-delà de la validation de la technologie pour démontrer si des données robustes du monde réel peuvent être capturées de manière fiable auprès des patients dans leur vie quotidienne et si leur capture améliore les résultats pour les patients ».