care_insight

  • IA générative : Nabla lève 24 M$ pour accélérer le déploiement de Nabla Copilot aux USA

    Dans un tour de table mené par Cathay Innovation et Zebox Ventures, le spécialiste français de la génération automatique des comptes-rendus médicaux, Nabla, a levé 24 millions de dollars (environ 21,95 millions d’euros) en série B, a-t-il annoncé le 5 janvier 2024. Après une levée de fonds à hauteur de 17 millions d’euros en 2021 pour diffuser son application dédiée à la santé de la femme et personnalisée grâce à l’IA, cette nouvelle levée de fonds lui permet d’atteindre une valorisation de 180 millions de dollars. 

    Disponible depuis mars 2023, le logiciel Nabla Copilot promet de libérer du temps médical et de réduire de moitié le temps consacré par les médecins aux tâches non-médicales tout en améliorant la qualité de la documentation clinique : basé sur GPT-3, puis  GPT-4, cet outil permet de recueillir les informations clés échangées lors d’une consultation ou d’une téléconsultation, générant ainsi automatiquement un compte rendu médical structuré, intégré directement au logiciel médical des praticiens. 

    La start-up parisienne entend utiliser les fonds récoltés lors de ce nouveau tour de financement pour : 
    📌 continuer de faire évoluer son logiciel Nabla Copilot ; 
    📌 accélérer son déploiement aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays “où l’IA peut aider à relever les défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés”.

    Déjà plus de 20 000 cliniciens utilisateurs 

    Presque un an après son lancement, le logiciel compte désormais plus de 20 000 médecins utilisateurs à travers le monde et a permis de traiter 3 millions de consultations pour en extraire les informations essentielles afin de produire des comptes-rendus automatisés.

    Pour rappel, le médecin actionne le logiciel au début de la consultation afin qu’il puisse l’enregistrer et Nabla Copilot va ensuite produire une synthèse vocale qu’il va retranscrire avant de générer un compte rendu médical structuré qui comporte les raisons de la consultation, les antécédents médicaux et les allergies du patient, ses symptômes, ainsi que les traitements donnés par le médecin.

    De nouvelles langues ajoutées au logiciel en 2024

    Lors de l’annonce de cette nouvelle levée de fonds, Delphine Groll, COO et cofondatrice de Nabla, a indiqué qu’en moyenne “le logiciel permet de faire gagner deux heures par jour aux médecins qui l’utilisent”. Un gain de temps qu’ils peuvent consacrer à leurs patients. Elle a aussi expliqué que si pour le moment Nabla Copilot est disponible dans 3 langues, dont l’anglais et le français, de nouvelles langues devraient être ajoutées en 2024.

    La société – qui fait partie des 335 start-ups citées dans la « bible de l’IA générative » de CB Insights – souhaite que dans une perspective future, des fonctionnalités telles que la suggestion de questions pendant la consultation et l’envoi automatique de messages de suivi soient envisagées pour améliorer encore davantage l’expérience des patients et des professionnels de santé.

    [annuaireOrga=196122]

  • Rétro 2023 : les tops et les flops des technologies de santé

    Intelligence artificielle (IA), télésurveillance, applis mobiles… tous ces outils ont poussé la porte des hôpitaux et des cabinets médicaux. Pourtant, ils ne sont pas à ranger dans la même catégorie que le bon vieux stéthoscope. Leur utilisation fait encore l’objet de nombreuses évaluations scientifiques. Comme le prouve cette sélection d’études traitées par Health & Tech Intelligence en 2023, reprise en synthèse de cet article.

    Après la radiologie, l’IA inspire d’autres spécialités médicales

    Plusieurs milliers d’études sont publiées chaque année pour évaluer la pertinence de l’intelligence artificielle et des technologies de santé dans des domaines très variés : la prévention, l’aide au diagnostic, la surveillance, la gestion des dossiers médicaux, les traitements personnalisés…

    Par ailleurs, ces études montrent que dans le sillon de la radiologie, de nombreuses spécialités médicales commencent à adopter les technologies de santé de manière significative. C’est évidemment le cas de :
    📌 l’oncologie ;
    📌 la cardiologie ;
    📌 la dermatologie ;
    📌 mais aussi la santé mentale.

    En 2023, les essais mettant ChatGPT à l’épreuve ont aussi fait une percée. Au moins d’un point de vue numérique. Les performances du robot conversationnel s’améliorent mais la plupart des études, à cause de leurs fragilités méthodologiques, ne permettent pas de conclure. Un autre domaine intéresse de plus en plus les chercheurs : l’apport des technologies de santé d’un point de vue économique.

    Une rétrospective en attendant l’adoption dans la pratique  

    En ce début d’année, c’est l’heure des rétrospectives. Health & Tech Intelligence, qui a décrypté plus de 80 études dans l’année, dont bon nombre sont signées par des chercheurs français, revient ici sur les plus saillantes d’entre elles. Certaines montrant des bénéfices réels liées aux technologies de santé et d’autres alertant sur les limites voire les dangers de tels outils.

    Des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) concluaient d’ailleurs dans une étude parue en octobre 2023 dans le JMIR que « malgré les progrès de la recherche sur l’IA et la réussite avérée des systèmes d’IA dans diverses études médicales rétrospectives, un nombre relativement limité d’outils d’IA ont été mis en œuvre dans la pratique médicale ».

    CANCEROLOGIE

    Mayo Clinic, IA : résultats prometteurs pour détecter précocement les cancers du pancréas

    The Lancet : le dépistage par mammographie assisté par IA est sûr et moins chronophage

    Nature, France : l’apprentissage fédéré (IA) entraîné à prédire la réponse à la chimiothérapie

    TELESURVEILLANCE

    Satelia : un algorithme prédit la stabilité des insuffisants cardiaques

    Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

    The Lancet, France : la télésurveillance du pied diabétique réduit la charge médicale & économique

    CHATGPT

    Radiology : ChatGPT obtient de bons résultats à un examen de radiologie

    JAMA : comment ChatGPT pourrait devenir un outil de prévention des maladies cardiovasculaires

    NEJM AI : ChatGPT-4 a réalisé de meilleurs diagnostics complexes que des humains

    EVALUATION MEDICO-ECONOMIQUE

    Nature : les psychothérapies en ligne confirment leur efficacité et leur intérêt économique

    JAMA : la télémédecine permettrait aux patients souffrant du cancer aux US d’économiser plus de 140$ par RDV

    Cambridge University : la télésurveillance des patients démontre sa rentabilité économique

    DIVERS

    Nature : une IA découvre une classe d’antibiotiques qui tue le MRSA, une bactérie résistante

    Nature : les interfaces cerveau-machine progressent pour aider les personnes paralysées à communiquer

    NEJM / IA : nouvelles données prometteuses sur le test salivaire de Ziwig pour l’endométriose

    JMIR : retour sur 20 ans de publications relatives aux technologies numériques de santé

    LES FLOPS

    Radiology : des modèles d’IA responsables de biais raciaux et liés au sexe

    The Lancet Digital Health : dépersonnaliser les données ne suffit pas à protéger la vie privée

    JMIR, IA & santé mentale : une analyse financée par l’OMS pointe les lacunes des études publiées

    JMIR : l’intérêt des objets connectés sur les résultats des soins reste à démontrer

  • UE : transformer l’expérience des patients grâce au partage des données ? (projet Honeur, Janssen)

    Exploiter le potentiel des données de vie réelle (RWD) pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancers du sang, telle est l’ambition du projet Honeur, porté par Janssen, qui fournit aux chercheurs une plateforme d’analyse d’informations sur les patients.

    L’innovation dans le domaine médical se concentre de plus en plus sur des traitements personnalisés basés sur une compréhension approfondie des conditions de santé individuelles. De ce fait, le partage de données émerge comme un moyen essentiel d’atteindre cet objectif. Quelle est donc l’importance de la donnée dans la personnalisation des soins et la promotion de l’innovation médicale en Europe ?

    L’EHDS comme cadre de partage des données

    L’intégration de solutions technologiques modernes permet de connecter de manière transparente tous les acteurs du secteur de la santé, des professionnels de l’industrie aux praticiens et aux patients eux-mêmes. Cette intégration favorise la consolidation de données complètes sur la santé d’un individu, créant un référentiel unifié offrant une perspective holistique de sa situation médicale unique.

    En Europe, cependant, la numérisation à grande échelle des données de santé a été freinée en raison de la présence de silos de données qui ne communiquent pas entre eux. Le European Health Data Space (EHDS), en tant que cadre de partage de données, offrirait, selon des experts, “une opportunité révolutionnaire” pour transformer l’expérience des patients au sein de l’Union européenne (UE), en fournissant des informations de santé centralisées et accessibles.

    👉 Dans cet article, Health & Tech Intelligence met en lumière l’importance de la donnée pour personnaliser les soins et driver l’innovation en Europe, à travers le projet Honeur porté par Janssen.

    Le rôle pivot des données dans la personnalisation des soins

    L’évolution rapide de l’innovation en santé est propulsée par l’utilisation intensive des données, une tendance qui redéfinit la prestation des soins de manière significative. L’intégration croissante de l’intelligence artificielle (IA) dans l’analyse de données génétiques, cliniques et de mode de vie ouvre la voie à des diagnostics plus précis, des pronostics optimisés, et des recommandations de traitement personnalisées. D’où l’importance de cette approche dans l’ère émergente de la médecine personnalisée.

    L’EHDS est identifié comme un catalyseur central dans cette évolution, en favorisant un accès plus large et coordonné aux données de santé. Le plaidoyer pour une adoption rapide de l’EHDS s’inscrit dans une vision de réduction des silos de données, permettant une vision holistique des conditions médicales individuelles. À travers ces progrès, c’est une décennie de transformations majeures dans le paysage de la santé qu’a connue l’Europe, annonçant une nouvelle ère du soin, de meilleure qualité et accessible à tous les patients.

    Honeur : réseau européen de recherche sur les cancers hématologiques

    Le Réseau des résultats en hématologie en Europe (Honeur) est un réseau collaboratif de données de santé qui vise à exploiter le potentiel des données de vie réelle (RWD) pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancers du sang. Fondé par Janssen, Honeur réunit des experts provenant d’universités, d’hôpitaux, de registres, de sociétés médicales et d’autres institutions à travers l’Europe, fournissant une plateforme aux chercheurs pour accéder et analyser de grandes bases de données d’informations sur les patients. Ci-dessous, les détails du projets communiqués par la filiale de Johnson & Johnson :

    Objectifs clés du projet :

    • unifier et harmoniser les données RWD: Honeur s’attaque au défi des données hétérogènes collectées à partir de diverses sources en standardisant les formats de données et la terminologie en utilisant le modèle de données commun de l’Observational Medical Outcomes Partnership (OMOP). Cela permet aux chercheurs de regrouper et d’analyser des données provenant de différentes régions et institutions sans compromettre la qualité ou la cohérence des données ;
    • soutenir la recherche sur les données RWD: Honeur facilite la réalisation d’études sur les données du monde réel pour générer des informations sur l’efficacité, la sécurité et l’efficacité comparative des traitements des cancers du sang. Les RWD peuvent compléter les données des essais cliniques traditionnels, fournissant des informations précieuses sur les résultats des patients dans des contextes réels ;
    • améliorer la prise en charge des patients et les résultats: Les résultats de la recherche de Honeur visent à informer les directives de pratique clinique, à optimiser les décisions de traitement et, en fin de compte, à améliorer la qualité de vie et les taux de survie des patients atteints de cancers du sang.

    Structure et organisation de projet :

    Honeur fonctionne comme un réseau de données fédéré, permettant aux organisations participantes de conserver le contrôle de leurs propres données tout en les partageant de manière sécurisée à des fins de recherche. Cette infrastructure garantit la confidentialité des données et protège la confidentialité des patients tout en facilitant la collaboration et l’analyse des données.

    Impact du projet :

    Honeur a déjà apporté des contributions significatives au domaine de l’hématologie, menant à des publications dans des revues scientifiques et contribuant au développement de nouvelles directives de pratique clinique. La capacité du réseau à agréger de grandes bases de données et à mener des études DMR a fourni des informations précieuses sur le traitement des cancers du sang, aidant au développement de stratégies de prise en charge plus efficaces et personnalisées.

    Orientations futures :

    Honeur continue d’étendre son réseau de partenaires et de développer de nouvelles technologies pour renforcer ses capacités de recherche. Ainsi, le réseau s’engage à maximiser le potentiel des données du monde réel pour améliorer les résultats des patients atteints de cancers du sang en Europe et au-delà.

    Quelques exemples concrets des travaux menés dans le cadre du projet :

    • une étude a montré que les patients atteints de leucémie aiguë myéloblastique (LAM) traités par un nouveau médicament avaient un taux de survie plus élevé que ceux traités par le traitement standard ;
    • une autre étude a révélé que les patients atteints de lymphome non hodgkinien (LNH) qui recevaient un traitement combiné avaient un taux de rémission plus élevé que ceux qui recevaient un traitement unique ;
    • Honeur a également contribué au développement de nouvelles directives de pratique clinique pour le traitement des cancers du sang.

    [annuaireOrga=195982]

  • IA & cancer : Okomera lève 10,2 M€ pour développer et promouvoir une médecine personnalisée

    La start-up française Okomera a annoncé le 20 décembre 2023 une levée de 10,2M € en “seed”, dans un premier tour de table mené par Résonance (un fonds early stage d’Otium Capital) avec Polytechnique Ventures, Berkeley Skydeck Fund et autres business angels. Une part des subventions a été délivrée par Bpifrance et par le ministère de la Santé et de la Prévention.

    Créée en 2020, Okomera – qui est le fruit de la recherche de l’Institut Pasteur et de l’École Polytechnique – développe un dispositif d’analyse de l’efficacité des traitements anticancéreux. Ce dispositif va créer des répliques miniatures de chaque tumeur sur une “puce microfluidique” qui vont ensuite être confrontées aux différentes options thérapeutiques afin d’analyser leur réponse aux traitements.

    La start-up entend utiliser les fonds levés pour démarrer une étape d’industrialisation de sa technologie destinée au traitement du cancer.

    Renforcer les liens avec la Pharma

    Okomera s’engage à démontrer l’efficacité réelle de son dispositif médical unique, allant au-delà du stade de la preuve de concept. Ensuite, son défi majeur consistera à industrialiser ce dispositif, une étape cruciale pour la production en série des tumoroïdes et la réalisation des tests de traitements.

    Pour ce faire, la jeune entreprise projette de renforcer ses liens avec l’industrie pharmaceutique : une stratégie mise en avant par l’ouverture d’un bureau à San Francisco. Cette expansion a pour objectif de faciliter les partenariats et les collaborations essentiels pour le développement et la commercialisation de nouveaux traitements. De plus, cette levée de fonds permettra à l’entreprise de débuter la validation médicale de sa technologie avec des centres cliniques de renom, dans une ambition d’établir la crédibilité de son approche innovante.

    Okomera a, en outre, l’intention d’utiliser une partie de ces fonds pour ses futurs essais cliniques, avec une nouvelle levée de fonds envisagée en 2025. Celle-ci sera nécessaire pour obtenir l’approbation réglementaire et de mise sur le marché leur produit.

    Des partenariats stratégiques

    Dans sa quête pour révolutionner le traitement du cancer, Okomera reconnaît l’importance de développer des partenariats stratégiques avec des institutions médicales et de recherche de renommée mondiale. Une collaboration significative a été établie avec Gustave-Roussy, le principal centre européen spécialisé dans la lutte contre le cancer. Cette alliance vise à tester et à perfectionner les technologies d’Okomera dans un cadre clinique de premier plan.

    D’un autre côté, Okomera travaille en étroite collaboration avec le Cancer Research UK Cambridge Institute (Cruk), une institution réputée pour ses avancées dans la recherche sur le cancer. Cette collaboration permet à la start-up de demeurer à la pointe des développements dans ce domaine et de contribuer activement à des recherches novatrices en oncologie.

    [annuaireOrga=196043]

  • Découverte de médicaments par IA : Owkin crée la start-up Bioptimus pour développer de nouveaux LLM

    Créer des grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments : telle est l’ambition de Bioptimus, la start-up créée par les dirigeants d’Owkin, qui va s’appuyer sur l’expertise de cette dernière en terme de recherche de nouvelles thérapies par l’intelligence artificielle (IA) pour développer des modèles d’IA prédictive. Comme écrit sur le site de la jeune pousse, sa mission est de “construire un modèle de base à plusieurs niveaux de référence pour la biologie, qui transformera les données à plusieurs échelles en représentations exploitables afin de permettre des découvertes révolutionnaires”.

    Créée le 3 janvier 2024, la start-up va bénéficier des avancées d’Owkin dans le but d’explorer un espace chimique de milliards de molécules et de découvrir un ensemble de médicaments de meilleure qualité afin de mieux répondre aux besoins des patients en fonction de leur profil, dans une démarche de personnalisation de la médecine.

    Si l’IA permet déjà de mettre en place une médecine prédictive, les LLM permettent d’aller plus loin parce qu’ils peuvent analyser simultanément une grande quantité de données et cela sur plusieurs échelles, comme les cellules, les atomes, les molécules, les tissus, ou encore les organes : grâce à cela, les IA utilisées par Bioptimus vont pouvoir simuler de manière plus précise les réactions des organismes aux molécules des médicaments.

    Plus de 20 millions d’euros déjà levés

    C’est l’actuel directeur de la recherche et du développement d’Owkin, Jean-Philippe Vert, qui a été nommé à la direction de Bioptimus. Ce dernier ne sera pas seul à diriger la nouvelle entreprise, puisqu’il sera épaulé par deux cadres supérieurs de la licorne française, David Cahané et Eric Durand.

    La start-up qui est logée au même siège social qu’Owkin, dans le 9e arrondissement de Paris, a annoncé avoir dépassé son objectif de financement de 20 millions d’euros pour son premier cycle, sans pour autant avoir dévoilé le montant total des fonds levés puisque le cycle n’est pas encore arrivé à son terme. Ce montant pourrait donc encore évoluer de plusieurs millions d’euros.

    [annuaireOrga=196034]

    [annuaireOrga=196033]

  • JO : le point sur les textes clés publiés en fin d’année (téléconsultation, prescription élec., …)

    La facturation de majorations pour les forfaits professionnels de la télésurveillance en cardiologie et en diabétologie, la mise en place des modalités fixant la délivrance du certificat de conformité aux référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité pour les personnes à l’origine des outils ou services numériques en santé, ainsi que les conditions de mise en œuvre et d’entrée en vigueur de la prescription électronique font partie des textes clés publiés au Journal officiel de la République française lors de la fin d’année 2023… Health & Tech Intelligence synthétise dans cet article les éléments clés des différents textes qui intéressent le numérique en santé.

    Majoration des forfaits de télésurveillance en cardiologie et en diabétologie pris en charge par l’assurance maladie

    Fruit d’un groupe de travail mené par la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) et les conseils nationaux professionnels de la santé pour continuer “d’améliorer les prises en charge des patients”, l’un des arrêtés du 21 décembre 2023 publié par le ministère de la Santé et de la Prévention le 7 janvier 2024 vient modifier l’arrêté du 16 mai 2023 et fixer le montant forfaitaire de l’activité de télésurveillance médicale prise en charge par l’Assurance maladie, ainsi que “les modulations applicables à ces tarifs et la périodicité de leur révision”.

    Alors que l’arrêté du 16 mai 2023 se contentait de fixer les deux tarifs de l’activité de télésurveillance médicale prise en charge par l’Assurance maladie, à savoir 11 euros pour le tarif du forfait opérateur de niveau 1 et 28 euros pour le tarif du forfait opérateur de niveau 2, le nouveau texte de loi met en place deux forfaits majorés applicables aux tarifs du forfait opérateur de niveau 2 : 
    • forfait majoré de niveau 1 : 56 € ;
    • forfait majoré de niveau 2 : 70 €.

    Pour pouvoir bénéficier de cette majoration dans leur prise en charge par l’Assurance maladie, les patients suivis par télésurveillance doivent être atteints d’insuffisance cardiaque ou de diabète et doivent avoir un statut de malade qui respecte certaines conditions, qui peuvent être, par exemple, le fait d’être atteint d’une ou de plusieurs comorbidités prévues dans l’article.

    L’arrêté indique enfin que “pour les patients en cours de télésurveillance à la date de publication du présent arrêté, les forfaits majorés […] s’appliquent à compter du 1er mois suivant l’échéance de la période de facturation en cours”, mais aussi que “la facturation pour un même patient des forfaits majorés prévus par le présent article ne peut excéder une période sans interruption de 6 mois renouvelables une fois pour l’activité de télésurveillance médicale de l’insuffisance cardiaque [ou] 3 mois renouvelables une fois pour l’activité de télésurveillance médicale du diabète”.

    La prescription électronique entre dans le droit commun et devient la norme

    Afin de prendre en compte la transformation numérique des systèmes de santé et l’augmentation de l’utilisation des canaux informatiques, que ce soit pour partager des informations telles que les données de santé ou pour réaliser des consultations à distance, le ministère de la Santé a publié le 20 décembre 2023 un décret relatif à la prescription électronique et aux conditions de sa mise en œuvre et d’entrée en vigueur, qui vient faire de ce type de prescription la norme puisqu’il instaure une obligation de la dématérialisation des prescriptions. 

    Le décret définit la prescription électronique comme “la dématérialisation des prescriptions de soins, de produits de santé et de prestations établies ou exécutées par les professionnels de santé et leur transmission à l’Assurance maladie par voie électronique”, et détermine “les droits des patients à l’égard de ces précisions dématérialisées et de leurs conditions d’exécution ainsi que les cas ou circonstances dans lesquels la dématérialisation pourra, par dérogation, ne pas être mise en œuvre par les professionnels”.

    Ce décret vient créer un nouveau titre VII de la partie réglementaire du code de la santé publique, consacré à la prescription électronique qui indique que :

    ➡️ la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) “assure la conception et la mise en œuvre des traitements de données nécessaires à la dématérialisation des prescriptions” en mettant à disposition des professionnels de santé “les téléservices leur permettant […] de transmettre de manière dématérialisée leurs prescriptions ainsi que les données relatives à l’exécution de celles-ci”, ains qu’en transmettant “aux organismes d’assurance maladie les données nécessaires à la prise en charge des frais de santé” ;
    ➡️ le patient a la possibilité de “s’opposer à la consultation par le prescripteur des données d’exécution de la prescription électronique […] soit au moment de l’établissement de la prescription et auprès du prescripteur, […] soit ultérieurement, à tout moment, auprès de son organisme d’assurance maladie obligatoire de rattachement” ;
    ➡️ malgré l’obligation de dématérialisation des prescriptions, le professionnel qui émet la prescription doit remettre au patient “une ordonnance établie sur papier, sauf si le patient exprime le souhait de la recevoir exclusivement au moyen de la messagerie sécurisée” ;
    ➡️ plusieurs raisons peuvent cependant justifier des exceptions à l’obligation de dématérialisation comme : “l’indisponibilité des téléservices”, “une connexion internet insuffisante”, l’”impossibilité d’identification du patient via les services numériques en santé dédiés”, ou encore la “prescription occasionnelle pour soi-même ou pour son entourage”.

    Un certificat de conformité pour les outils numériques en santé

    Pour s’assurer que les systèmes d’informations et les services ou outils numériques en santé sont conformes aux référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité, une loi du 23 décembre 2022 prévoit qu’un certificat de conformité peut être demandé par la personne physique ou morale qui fabrique, développe, édite ou exploite un service numérique en santé mentionné à l’article L.1470-1 du Code de la santé publique pour attester de la conformité au référentiel de ce service numérique en santé.

    Alors que le texte de loi prévoyait que ces dispositions entrent en vigueur “dans des conditions et à une date fixées par décret, et au plus tard le 31 décembre 2023”, un décret publié le 27 décembre 2023 fixe les modalités de délivrance d’un certificat de conformité pour certains référentiels destinés aux services numériques en santé, mais aussi la validité du certificat dans le temps, ainsi que les dispositions à prendre en cas de modifications du service ou du référentiel pour conserver ce certificat. Le décret indique qu’il entre en vigueur au lendemain de sa publication et fait donc partie du droit commun français depuis le 28 décembre.

    Ce décret vient donc rajouter un titre VII au livre IV de la première partie du code de la santé publique. Ce nouveau titre concerne les articles R.1470-1 à R.1470-11 qui indiquent que : 

    ➡️ les personnes physique ou morale qui fabrique, développe, édite ou exploite un service numérique en santé mentionné à l’article L.1470-1 du Code de la santé publique peuvent demander l’obtention d’un certificat attestant de la conformité d’un service numérique en santé à un référentiel d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique mentionné à l’article L.1470-5 auprès du groupement d’intérêt public mentionné à l’article L.1111-24 ; 
    ➡️ cette demande doit se faire de manière dématérialisée et doit être accompagnée d’un dossier qui comporte “l’identification du service numérique concerné et du référentiel pour lequel le certificat de conformité est demandé, ainsi que les justificatifs nécessaires pour apprécier le respect par le service numérique des exigences du référentiel” ;
    ➡️ en cas de délivrance du certificat, ce dernier comporte, entre autres : “le référentiel auquel la conformité est certifiée et sa version”, ains que “le cas échéant, la date du prochain contrôle à effectuer” ; 
    ➡️ la délivrance ne s’obtient pas pour une durée indéterminée puisqu’une date de contrôle peut être fixée et la personne physique ou morale qui est à l’origine du service numérique en santé en question peut aussi perdre ce certificat dans le cas où le service a été modifié et “n’est plus conforme aux exigences du référentiel pour lequel il a été certifié ou à celles prévues par l’arrêté l’ayant approuvé” ou que le référentiel est modifié : dans ce cas-là, “le groupement d’intérêt public met en demeure le titulaire du certificat de conformité de prendre des mesures correctrices ou de présenter ses observations sur les non-conformités relevées dans un délai qu’il fixe, et qui ne peut excéder six mois”.

    📝 Autres textes clés :

    ➡️ l’arrêté du 7 décembre 2023 a abrogé l’arrêté du 14 janvier 2023 et a modifié le montant prévisionnel de la dotation annuelle du fonds pour l’innovation du système de santé pour l’exercice 2023 : alors que le montant de la dotation de la branche maladie, maternité, invalidité et décès du régime général versée au fonds pour l’innovation du système de santé avait été fixé, pour l’exercice 2023, à 102 000 000 €, cet arrêté l’augmente à 128 000 000 € ; 

    ➡️ l’arrêté du 27 décembre 2023 autorise l’ouverture d’une période transitoire pour l’innovation “EQUILIBRES” qui souhaite mettre en place “une évaluation standardisée et régulière de la situation des patients associée à une forfaitisation au temps passé auprès des patients pour les soins infirmiers à domicile” et qui a pour objectif de “promouvoir un système de prise en charge en équipe, focalisé sur les patients, leur autonomisation et leur qualité de vie, plutôt que sur la production d’actes techniques” ; 

    ➡️ l’arrêté du 28 décembre 2023 autorise l’ouverture d’une période transitoire pour l’innovation “Equip’Addict” qui souhaite expérimenter “un nouveau mode de financement d’une équipe de soins primaires en exercice coordonné : les microstructures médicales addiction” qui ont pour mission “d’offrir des soins de proximité et de qualité aux personnes atteintes d’addiction, présentant une situation complexe et n’étant pas prises en charge dans le cadre d’un dispositif destiné aux personnes souffrant d’addiction préexistant en ville”.

    👤 Nominations clés :

    Cette fin d’année a aussi eu le droit à son lot de nominations parues au JO : 

  • Note aux abonnés : meilleurs vœux pour 2024, reprise des publications, rétrospective 2023…

    Chers abonnés,

    Toute l’équipe de Health & Tech Intelligence vous souhaite une excellente année 2024, riche en innovations et en progrès.

    L’année qui vient de s’écouler a été remplie de challenges et d’opportunités, mais aussi de réflexions, de décisions importantes et de nouvelles découvertes, dans le secteur de la santé numérique. C’est pourquoi, nous avons le plaisir de vous proposer cette semaine une rétrospective des faits marquants de 2023 avec, chaque jour, un article thématique récapitulant les informations clés de l’année concernant :
    📌 les levées de fonds ;
    📌 les tendances du marché ;
    📌 les opérations réalisées ;
    📌 les textes publiés et les nominations…

    Nous vous remercions pour votre fidélité et restons mobilisés pour vous fournir les informations et les analyses les plus pertinentes autour de la santé numérique.

    Bien cordialement,

    L’équipe H&TI