Rapport

  • Le rapport Véran propose d’expérimenter le financement à l’épisode de soins et au parcours

    Sortir progressivement de la T2A en expérimentant dans des territoires volontaires des financements à l’épisode de soins et des financements au parcours, telle est la principale préconisation du rapport « L’évolution des modes de financement des établissements de santé : une nouvelle échelle de valeur », remis par Olivier Véran à la ministre de la Santé le 4 avril 2017.

    Le rapport émet également des propositions en matière de financement de l’innovation, technique comme organisationnelle.

    Modes de financement : privilégier la valeur du soin

    Le rapport préconise de réorganiser le mode de financement en fonction du parcours de soins, en privilégiant la « valeur du soin », avec une transition progressive associant :

    • la T2A pour les séjours « ponctuels » et « simples » ;
    • un financement à l’épisode de soins pour les actes chirurgicaux lourds ou les soins médicaux aigus nécessitant une prise en charge en amont et en aval ;
    • un financement au parcours pour la prise en charge des pathologies chroniques.

    De nouveaux indicateurs de qualité nécessaires : du processus au résultat

    Pour que la T2A redevienne « ce qu’elle aurait toujours dû rester, un simple outil technique de répartition d’une enveloppe hospitalière », le rapport appelle au développement de nouvelles mesures de la qualité des soins :

    • recueil de l’expérience des patients, dans la continuité de l’enquête E-Satis mise en œuvre par la Haute Autorité de Santé à partir de décembre 2016 ;
    • recueil de l’expérience des soignants, sur le même modèle que E-Satis ;
    • création d’indicateurs cliniques de qualité fondés sur les résultats (mortalité, réadmission, événements indésirables…).

    Le rapport ne préconise toutefois pas un passage à la rémunération à la performance (« pay for performance ») en raison de résultats considérés comme « décevants » dans les pays qui l’expérimentent, et privilégie donc la notion de « valeur du soin » (value-based care).

    Une expérimentation sur des territoires volontaires

    Revendiquant une approche « pragmatique », le rapport propose de tester ces nouveaux modes de paiement sur des territoires volontaires,  avec une « souplesse dans la mise en œuvre de l’expérimentation », notamment en ne choisissant pas a priori la structure coordinatrice.

    Cette souplesse s’accompagnerait d’une évaluation « rigoureuse de la qualité, de la pertinence et de l’efficience des soins ».

    Innovation : vers des plateformes régionales

    Investir dans l’innovation organisationnelle

    Le rapport émet plusieurs recommandations pour encourager le développement de l’innovation organisationnelle  :

    • revoir la méthodologie d’évaluation des innovations organisationnelles ;
    • encourager le partage de l’information entre acteurs ;
    • prévoir une fongibilité des crédits pour les innovations transversales au système de soins ;
    • mettre en place des plateformes régionales d’innovation organisationnelle chargées d’accompagner les projets de recherche interventionnelle, associant établissements de santé et professionnels de ville.

    Faciliter le déploiement de l’innovation

    Le rapport préconise  :

    • la mise en place de plateformes régionales d’innovation et de recherche intégrée pour accompagner les projets de recherche de l’amorçage au dépôt de brevet. Ces plateformes, associant industriels, collectivités locales et professionnels libéraux, devront également travailler en réseau pour favoriser le partage de données ;
    • la création d’un guichet unique pour les industriels et la simplification des modalités d’évaluation.
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  • Financement : le rapport Véran préconise de territorialiser les investissements numériques

    Constatant « un niveau de maturité global des SIH encore modeste, une absence d’urbanisation cohérente et une multiplication des outils logiciels et achats de matériels », le rapport Véran, remis à la ministre de la Santé le 4 avril 2017, préconise d’apprécier le retour sur investissement en matière de numérique « non pas à l’échelle d’une structure mais à l’échelle du système de soins d’un territoire ».

    Dans cette perspective, le rapport préconise :

    • une territorialisation des investissements en numérique ;
    • la certification des logiciels ;
    • un DPI unique par GHT ;
    • le choix d’un SI interopérable avec la ville ;
    • un schéma directeur national d’hébergement des données des territoires de santé.

    Ces préconisations s’inscrivent dans la perspective du recours au big data dans la génomique ou de l’utilisation d’algorithmes dans le diagnostic, qui nécessiteront de nouveaux leviers d’investissements.

  • Rapport Véran : l’évolution des modes de financement des établissements de santé

    Olivier Véran a remis à la ministre de la Santé le 4 avril 2017 un rapport intitulé « L’évolution des modes de financement des établissements de santé : une nouvelle échelle de valeur ».

  • Le Parlement plaide « pour une intelligence artificielle maîtrisée, utile et démystifiée » (rapport)

    L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a adopté à l’unanimité le 14 mars 2017 un rapport intitulé « Pour une intelligence artificielle maîtrisée utile et démystifiée » comportant 15 propositions divisées en trois points majeurs: maîtriser l’IA, la rendre utile et la démystifier.

    Le rapport, co-rédigé par le député Claude de Ganay et la sénatrice Dominique Gillot, vise à établir un bilan objectif des risques, des opportunités, du placement de la France et de l’Europe, de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

    Un bilan mitigé de l’intelligence artificielle

    Les rapporteurs posent le postulat que « l’objectif de l’intelligence artificielle n’est pas de rivaliser avec l’intelligence humaine ni de la dépasser, mais d’apporter de nouvelles solutions ». En revanche, ils alertent quant aux enjeux qui en découlent:

    • la domination de la recherche privée nord-américaine et chinoise au travers des questionnements juridiques, économiques, sociaux et scientifiques :
      • via des groupes comme Google, Facebook, IBM Watson, Microsoft, Baidu ou Xiaomi,
      • ce qui a pour conséquence de « piller » les laboratoires français de leurs chercheurs;
    • les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle par le biais de la compréhension des outils tels que le deep learning pour aboutir sur un débat public « serein » afin de mettre en avant les opportunités tout autant que les risques de l’intelligence artificielle.

    D’un autre côté ils pointent également l’utilisation qui peut en être faite, notamment dans les domaines de « l’éducation, l’environnement, l’énergie, des transports, l’aéronautique, l’agriculture, du commerce, la finance, la défense, la sécurité, la sécurité informatique, la communication, des loisirs, la santé, la dépendance ou encore du handicap ».

    Les recommandations du rapport

    Le rapport établit quinze recommandations afin de:

    Maîtriser l’intelligence artificielle

    Pour la rendre sûre, juste et transparente :

    • Proposition 1 : Se garder d’une contrainte juridique trop forte sur la recherche en intelligence artificielle, qui – en tout état de cause – gagnerait à être, autant que possible, européenne, voire internationale, plutôt que nationale.
    • Proposition 2 : Favoriser des algorithmes et des robots sûrs, transparents et justes et prévoir une charte de l’intelligence artificielle et de la robotique.
    • Proposition 3 : Former à l’éthique de l’intelligence artificielle et de la robotique dans certains cursus spécialisés de l’enseignement supérieur.
    • Proposition 4 : Confier à un institut national de l’éthique de l’intelligence artificielle et de la robotique un rôle d’animation du débat public sur les principes éthiques qui doivent encadrer ces technologies.
    • Proposition 5 : Accompagner les transformations du marché du travail sous l’effet de l’intelligence artificielle et de la robotique en menant une politique de formation continue ambitieuse visant à s’adapter aux exigences de requalification et d’amélioration des compétences.

    La rendre utile et « respectueuse des valeurs humanistes »

    Pour qu’elle profite à tous :

    • Proposition 6 : Redonner une place essentielle à la recherche fondamentale et revaloriser la place de la recherche publique par rapport à la recherche privée tout en encourageant leur coopération.
    • Proposition 7 : Encourager la constitution de champions européens en intelligence artificielle et en robotique.
    • Proposition 8 : Orienter les investissements dans la recherche en intelligence artificielle vers l’utilité sociale des découvertes.
    • Proposition 9 : Élargir l’offre de cursus et de modules de formation aux technologies d’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur et créer – en France – au moins un pôle d’excellence international et interdisciplinaire en intelligence artificielle et en robotique.
    • Proposition 10 : Structurer et mobiliser la communauté française de la recherche en intelligence artificielle en organisant davantage de concours primés à dimension nationale, destinés à dynamiser la recherche en intelligence artificielle, par exemple autour du traitement de grandes bases de données nationales labellisées.
    • Proposition 11 : Assurer une meilleure prise en compte de la diversité et de la place des femmes dans la recherche en intelligence artificielle.

    Démystifier l’intelligence artificielle

    Pour faire tomber les barrières d’acceptabilité sociale :

    • Proposition 12 : Organiser des formations à l’informatique dans l’enseignement primaire et secondaire faisant une place à l’intelligence artificielle et à la robotique.
    • Proposition 13 : Former et sensibiliser le grand public à l’intelligence artificielle par des campagnes de communication, l’organisation d’un salon international de l’intelligence artificielle et de la robotique et la diffusion d’émissions de télévision pédagogiques.
    • Proposition 14 : Former et sensibiliser le grand public aux conséquences pratiques de l’intelligence artificielle et de la robotisation.
    • Proposition 15 : Être vigilant sur les usages spectaculaires et alarmistes du concept d’intelligence artificielle et de représentations des robots.

  • « Pour une ambition politique en matière de e-santé » (rapport – Renaissance Numérique)

    Le think tank citoyen Renaissance Numérique a publié le 21 mars 2017 un rapport consacré aux enjeux de la e-santé en 2017 dans l’objectif de fournir des pistes de réflexion aux candidats à la présidentielle.

    Ce rapport s’appuie notamment sur un sondage réalisé en partenariat avec Médiamétrie et sur 17 experts (médecins, pharmaciens, industriels du secteur, start-up, juristes, acteurs publics, associations de patients) formulant 36 propositions afin de favoriser le développement de la e-santé en France en termes de données, régulation, financement, formation & empowerment du patient.

    Cinq de ces 36 propositions ont été distinguées « de première importance » :

    • le développement d’une plateforme centralisant les données de santé dont la gouvernance serait partagée entre les acteurs afin de favoriser l’échange d’informations et renforcer les mesures de prévention;
    • recourir davantage au soft law (ensemble de règles et de conventions dont il est difficile de préciser les contours, le contenu et les effets juridiques) pour favoriser l’innovation en assouplissant le cadre réglementaire (par exemple mettre en place des filières accélérées de mise sur le marché pour les dispositifs innovants);
    • entrer dans un nouvel âge de la démocratie sanitaire notamment via des dispositifs d’éducation thérapeutique en associant davantage les patients dans le suivi de leur pathologie;
    • financer l’innovation pour considérer la santé comme un gain plutôt que comme un coût notamment en ayant recours aux partenariats publics privés ainsi qu’à une réforme de la tarification;
    • sensibiliser les médecins aux dispositifs de santé connectée en agissant dès la formation.

    Pour mémoire, le livre blanc « D’un système de santé curatif à un modèle préventif grâce aux outils numériques » avait été publié en 2014.

  • Adoption des innovations : l’institut du Québec recommande un système fondé sur la valeur (rapport)

    Explorer les lacunes du système de santé québécois dans l’adoption des innovations et de la mise en place de mesures qui permettraient de réduire l’augmentation des coûts de santé, telle est l’ambition du rapport de l’Institut du Québec, publié le 15 mars 2017. En s’appuyant sur les expériences de l’Australie, du Danemark, des Pays-Bas, de la Suède, du Royaume-Uni et des États-Unis, le rapport vise à favoriser l’intégration de l’innovation dans le système de santé en termes de méthodes d’achats et de financements.

    D’un système fondé sur les coûts à un système d’approvisionnement fondé sur la valeur

    L’institut du Québec pointe le fait que le système d’approvisionnement fondé sur la valeur a déjà été mis en place dans certains pays. Il s’agit d’une approche centrée sur le patient et sur l’intégration du système mettant l’accent sur la qualité de l’approvisionnement plutôt que sur la minimisation de ses coûts et sa quantification. Ces solutions sont notamment des:

    • paiements groupés pour l’ensemble de l’épisode de soins;
    • définition d’un appel de solutions par la présentation d’un cas hypothétique – exemple d’appels d’offre en Suède fondé sur l’évaluation de coûts de traitements pour des plaies;
    • essais préalables de produits avant de procéder aux appels d’offres;
    • ententes de partage de risques;
    • évaluation globale des coûts-bénéfices;
    • mise en place de registres de patients dont les données sont accessibles pour favoriser la transparence de l’efficacité des prises en charge;
    • ouverture au dialogue avec les entreprises avant les appels d’offres

    Le constat posé par l’IdQ est que la réalité économique du pays vis-à-vis de l’innovation fait face à une croissance faible et à une baisse de l’investissement. Parallèlement, le vieillissement de la population va exercer des pressions certaines sur les coûts.

    Les définitions de la valeur varie en fonction des acteurs. Pour les patients, par exemple, « elle peut signifier des soins accessibles qui les aident à rester en bonne santé et à améliorer leur qualité de vie ». Ainsi, les méthodes d’approvisionnement fondés sur la valeur donne « une perspective plus globale de l’approvisionnement qui prend en compte la qualité, les coûts totaux qui s’étendent sur l’ensemble du cycle de vie du produit, et des considérations socio-économiques plus larges lors de l’achat de produits de medtech ».

    Selon l’IdQ, ces méthodes sont avantageuses pour:

    • Les patients: modèles sont davantage axés sur la prévention plutôt que sur le traitement;
    • Les parties prenantes:
      • Les professionnels de la santé: méthodes plus sûres et efficaces, qui offrent un meilleur rendement en matière de prestation des soins;
      • Les systèmes de santé: améliore la transparence qui encourage les améliorations cliniques;
      • Les fournisseurs: intégration de leurs activités en aval et à la construction d’un modèle holistique des soins (exemple de la dialyse en Allemagne par Fresenius Medical Care)

    Recommandations pour le gouvernement du Québec

    • Coordination des groupements d’achats: mettre l’accent sur « une compréhension commune de la valeur et de la perspective de l’utilisateur quant à la création de la valeur, plutôt que sur une vision traditionnelle axée sur la livraison de résultats »
    • Mise en place d’appels de solutions: élaborer des contrats d’approvisionnement axés sur les résultats
    • Transparence des données: partager des données sur les résultats en matière de santé afin de mesurer et à communiquer les informations pertinentes tout en respectant la vie privée; 
    • Mesures facilement applicables dès maintenant: redéfinir des ententes de partage de risques
  • La Mecss publie un rapport sur les données médicales personnelles versées au Sniiram puis au SNDS

    • L’ambition d’approfondir la démocratie sanitaire,
    • une ouverture contrôlée des bases de données,
    • les questions en suspens pour la construction du futur SNDS,
    • la confusion des textes fragilisant son socle juridique,
    • sa gouvernance encore imprécise,
    • l’absence d’un modèle économique,

    tels sont les points essentiels du rapport d’information sur les données médicales personnelles inter-régimes détenues par l’assurance maladie, versées au Sniiram puis au Système national des données de santé (SNDS), adopté à l’unanimité par la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale, lors de sa réunion du 21 février 2017.

    Ce rapport a été rendu public le 28 février 2017 sur le site de l’Assemblée nationale.

    Dans le cadre de l’ambitieux projet d’ouverture des bases de données médico-administratives informatisées,la Mecss n’a pas formulé de propositions ou de recommandations, faisant le choix d’établir un rapport d’étape, le traitement intégral du sujet étant renvoyé à la prochaine législature.

  • Chine : 20 % de robots en plus dans les hôpitaux d’ici 2020 (rapport IDC)

    Les hôpitaux chinois devraient adopter 20 % de robots en plus d’ici 2020, révèle un rapport de l’agence de conseil et d’analyse américaine International Data Corporation (IDC), publié début mars 2017.

    Ces nouveaux dispositifs high tech seront principalement déployés pour développer des équipements médicaux visant à améliorer la gestion des établissements de santé et la qualité des soins. Les cas d’utilisation dans le domaine des systèmes informatiques et de l’intelligence artificielle (IA) devraient être de plus en plus nombreux.

    Des robots plus performants pour mieux analyser les données de santé

    • Le rapport prévoit également que d’ici 2019 environ 20 % des établissements médicaux chinois utiliseront la technologie des capteurs biologiques basée sur l’IoT pour mesurer automatiquement les principales données physiques des patients et d’autres caractéristiques biologiques.
    • D’ici la fin 2020, les payeurs de soins de santé en Chine, comme les compagnies d’assurance, devraient économiser sur leurs dépenses environ 500 millions de dollars (471 M€) à travers le déploiement d’outils automatisés prenant la forme de robots mais aussi de nouvelles compétences et la réingénierie (réorganisation des systèmes d’information).
    • D’ici 2021, les services médicaux chinois devraient être capables d’ajuster en temps réel leurs plannings de soins infirmiers. Cela nécessitera l’utilisation d’une technologie cognitive basée sur l’IA pour utiliser des données recueillies par l’intermédiaire de dispositifs portables.

    « Les big data médicales et la santé de précision continueront à se développer (…). Des sociétés de données médicales, telles que iCarbonX et Yidu Cloud, ont déjà fait leur apparition dans l’industrie. Néanmoins, les systèmes d’applications traitant les données médicales ou sanitaires de grande envergure en sont encore au stade de l’expérimentation car aucun mécanisme opérationnel rationnel n’a encore été établi », analysent les chercheurs de l’IDC.

    Vers un développement de l’intelligence artificielle

    Les fonctions informatiques dans les hôpitaux chinois vont sûrement évoluer, précise Leon Xiao, directeur principal de la recherche des services de conseils et de l’industrie de la santé à l’IDC China.

    • Aujourd’hui, leurs tâches principales consistent à soutenir les services médicaux de base, à mieux gérer la qualité des soins, à améliorer les diagnostics et à stimuler l’efficacité des traitements.
    • Dans un futur proche, elles devraient entrer dans une phase d’application IT mettant à l’honneur des solutions innovantes, permettant d’établir des diagnostics précis de haut niveau et de mettre en place de meilleurs traitements tout en incitant les patients à devenir plus actifs dans leur parcours de soins et en proposant une plus large gamme de services de santé.

    Pour atteindre cet objectif, l’idée est notamment de développer les applications centrées sur l’intelligence artificielle.

    En 2016, IBM Watson a réalisé un essai dans des dizaines d’hôpitaux en Chine. En 2017, davantage d’entreprises introduiront de nouveaux systèmes d’intelligence artificielle qui conduiront à la transformation numérique de l’industrie de santé, estiment les auteurs de l’étude intitulée « IDC FutureScape: Top10 Predictions of Healthcare IT 2017 – China Implications ».

    De plus en plus d’hôpitaux numériques

    Par ailleurs, l’IDC estime que le secteur des hôpitaux en ligne (hôpitaux disposant au moins d’un EHR) se développera lui aussi rapidement.

    Selon ses statistiques, la Chine comptait près de quarante hôpitaux numériques à la fin 2016. Ils devraient être plus de cent d’ici la fin 2017. Le modèle économique du numérique dans le domaine médical devrait ainsi progressivement évoluer pour devenir plus efficace.

  • Innovation en santé : HEC Montréal appelle à mettre en place une politique de la demande (rapport)

    Le CIRANO (Centre interuniversitaire de Recherche en analyse des organisations) et le Pôle santé HEC Montréal, ont publié, le 28 février 2017, un rapport dans lequel ils font des recommandations pour améliorer la mise en place des innovations de santé. Ce rapport fait suite à un premier rapport faisant état des « Catalyseurs et freins à l’innovation en santé au Québec » publié en juin 2016.

    L’étude porte sur des juridictions similaires au système de santé Québécois : l’Australie, le Danemark, la Grande Bretagne et les Pays-bas. L’analyse a ensuite porté sur les politiques favorables à l’innovation en santé dans ces pays, qui s’inscrivent la plupart du temps dans un plan d’investissement. L’équipe de recherche s’est ensuite fondée sur les données de l’OCDE, du Commonwealth fund, de l’observatoire des systèmes et des politiques de santé européen.

    Une faille dans la chaîne de l’innovation

    Le constat est l’existence d’une faille dans la chaîne de valeur de l’innovation. En effet, l’étude pointe un décalage entre l’offre d’innovation et la demande. Originellement, les politiques visent à faciliter l’offre en finançant par exemple la recherche ou les infrastructures en favorisant:

    • la formation du capital humain,
    • le financement de la R&D.

    Les efforts des gouvernements des pays étudiés incluent les parties prenantes à l’innovation, l’écosystème et les conditions favorables à l’innovation, les facteurs qui affectent la demande et l’intervention publique.

    Seulement, le catalyseur de l’innovation, c’est la demande. Les intérêts se sont davantage tournés vers la demande et le cycle d’innovation.

    Les obstacles à l’intégration de l’innovation

    L’étude constate qu’a contrario l’obstacle vient du manque de demande en innovation de santé. Les responsables des services de santé ne sont ainsi pas incités à améliorer le système. Cela va de pair avec l’effort sur le contrôle des coûts qui empêche l’amélioration de la valeur des services et par conséquent de l’innovation. Ainsi, la productivité du système est décroissante.

    Les constats de l’étude: des politiques exhaustives et miser sur l’innovation comme levier de richesse

    Les pays, selon l’étude, qui réussissent le mieux leurs politiques d’innovation:

    • se dotent d’un plan stratégique,
    • se dotent d’une politique de formation, d’éducation et de mesures complémentaires à la R&D,
    • ont des politiques qui couvrent l’entièreté du cycle d’innovation,
    • misent sur les politiques publiques,
    • créent une synergie entre les acteurs et les usagers pour mieux répondre aux besoins,
    • soutiennent une culture de l’innovation au sein du service public.

    Le rapport conclut sur la timidité des politiques canadiennes en matière d’innovation et interpelle les acteurs et les décideurs de la santé à favoriser la mise en place d’une politique publique d’innovation.

  • La prévention, axe fort du 3e rapport de l’INCa sur les avancées du plan cancer 2014-2019

    • Le potentiel exploitable des données de santé,
    • les quelques avancées de l’innovation,
    • l’amélioration de l’accès aux soins et des conditions de prise en charge des patients,
    • les nombreux efforts d’optimisation de la prévention,
    • la valorisation et le renforcement de la recherche,
    • les nombreux investissements et évolution des modèles de financement,
    • les progrès dans l’organisation des soins,

    tels sont points essentiels du 3e rapport de l’INCa sur la progression et l’avancement du plan cancer 2014-2019 publié le 14 février 2017.

    Adressé au président de la République, ce rapport établi par l’INCa pour le compte des ministres chargés de la santé et de la recherche dresse l’état de chacune des 208 actions du plan cancer, doté de 1,5 milliard d’euros.

    Articulé sur 4 axes « guérir plus de personnes malades », « préserver la continuité et la qualité de vie », « investir dans la prévention et la recherche » et « Optimiser le pilotage et les organisations » et à travers 17 objectifs, il permet également de faire le point sur la mise en œuvre du plan cancer par les ARS et propose une synthèse de son avancement sous forme de tableaux de suivi.

    Des données de santé mieux exploitées

    Les données minimales médicales, administratives, et organisationnelles requises lors des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en cancérologie ont été informatisées. Par ailleurs, de nombreuses nouvelles données ont été publiées :

    Publications

    • 8e édition des « Cancers en France »: les données et tendances dans les domaines de la recherche, des soins, des conséquences de la maladie, de la prévention et du dépistage, ainsi que les indicateurs épidémiologiques, sont rapportés de façon interactive.
    • Nouvelle version de la rubrique « Les données du cancer » sur le site de l’INCa à l’adresse http://lesdonnees.e-cancer.fr/: cette rubrique comporte 300 indicateurs, 100 fiches de synthèses et 650 projets de recherche financés par l’INCa et le ministère des Affaires sociales et de la Santé.
    • Synthèse des dernières données sur l’incidence et le dépistage du cancer du sein en France.
    • Premières données départementales d’incidence du cancer de la thyroïde.
    • Résultats de l’étude BIOMARQUEURS-France dans « The Lancet ».
    • Résultats d’une enquête dans 5 régions françaises sur l’accès aux tests moléculaires des mutations des gènes EGFR, RAS et BRAF.
    • Démarrage de 5 essais cliniques de phases précoces, sélectionnés dans le cadre du programme de partenariat public-privé avec des laboratoires pharmaceutiques.

    Innovation : quelques avancées

    • L’accès à l’innovation est porté à l’international et sa prise en compte évolue en France.
    • Un benchmark international sur l’innovation médicamenteuse a permis d’avancer vers l’évolution des dispositifs d’évaluation des médicaments anticancéreux.
    • Lancement du premier essai clinique entièrement dédié aux cancers pédiatriques « AcSé Esmart ».

    Une amélioration de l’accès aux soins et des conditions de prise en charge des patients

    • Les patients ont un meilleur accès à la médecine de précision grâce à une analyse des tumeurs plus complète, et la recherche est poursuivie pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et améliorer leur efficacité.
    • Avec le déploiement du NGS (séquençage haut débit) ciblé en 2015, plus de 10 000 patients ont bénéficié d’un examen de leur tumeur.
    • L’accompagnement des patients a été amélioré s’agissant des soins de support et de l’hospitalisation à domicile
    • Le patient ressource fait l’objet d’une expérimentation.
    • L’élargissement de l’accès au crédit et la réforme des services de santé au travail pour le maintien en emploi visent à diminuer l’impact du cancer sur la vie personnelle et professionnelle
    • L’accès à l’assurance et au crédit dans des conditions normales a été élargi.
    • Un accord-cadre avec le Collège de la médecine générale a été signé.

    A l’avenir, la définition d’un panier des soins oncologiques de support (SOS) permettra d’améliorer cet accompagnement.

    De nombreux efforts d’optimisation de la prévention

    • Un accent particulier a été mis sur la prévention tertiaire grâce à des outils d’aide à l’arrêt du tabac mis à la disposition des professionnels de santé pour les aider à accompagner leurs patients; et un appel à projets.
    • Le premier défi collectif de grande ampleur de santé publique avec mobilisation de la société civile contre le tabagisme avec « Moi(s) sans tabac » a eu lieu.
    • La communication a été renforcée sur la prévention primaire prioritaire, 40 % des cancers étant évitables.
    • Un parcours éducatif de santé est mis en œuvre pour les élèves de la maternelle au lycée depuis la rentrée 2016.
    • Une chaire dédiée à la recherche en prévention des cancers a été créée et un colloque international organisé pour soutenir le développement de la recherche interventionnelle.
    • La recherche, la surveillance et la gestion des cancers liés au travail ou à l’environnement ont fait l’objet de travaux pour prévenir et détecter des cancers.

    La valorisation et le renforcement de la recherche

    • Deux nouveaux programmes d’actions intégrées de recherche ont été lancés pour renforcer la recherche en cancérologie pédiatrique et sur les cancers du pancréas.
    • Un programme international, alliant six pays d’Afrique de l’Ouest, deux pays d’Asie du Sud-est et quatre pays du pourtour méditerranéen, favorise la recherche sur le cancer de l’utérus.
    • La connaissance du stade de développement du cancer au moment du diagnostic et celles des cancers pédiatriques a été améliorée.
    • Un appel d’offres pour l’acquisition des matériels dans les laboratoires et plateformes de recherche a été lancé.
    • Un colloque franco-américain pour valoriser la nouvelle génération de nanomédicine a été organisé.
    • L’étude Sicapro sur l’incidence des cancers par profession et par secteur d’activité a été lancée.

    De nombreux investissements et une évolution des modèles de financement

    • Les modèles de financement de la radiothérapie oncologique et de la consultation de primo-prescription en chimiothérapie orale évoluent : un recueil d’information sur les consultations a été mis en place pour évaluer et revaloriser les besoins de financement de ces deux activités.
    • 4 M€ ont été alloués aux établissements d’ HAD pour qu’ils puissent délivrer des traitements coûteux.
    • 3 M€ ont été alloués à 36 équipes pour accompagner la mise en œuvre & l’évaluation de la chirurgie ambulatoire.
    • Un fonds a été créé pour financer des mesures de lutte contre le tabagisme.

    Par ailleurs, l’expérimentation d’un nouveau modèle de financement de la radiothérapie oncologique est en cours.

    Des progrès dans l’organisation des soins

    • Des propositions de réorganisation régionale et territoriale des organisations de la cancérologie ont été établies par l’INCa.
    • Le bilan de l’expérimentation des infirmiers dédiés de coordination en cancérologie (IDEC) pour soutenir la coordination ville-hôpital est très positif.

    En outre, le déploiement d’une offre régionale adaptée aux spécificités des adolescents et jeunes adultes permettra de soutenir et adapter les soins et l’accompagnement.