Data-Indicateur

  • Cartographie des solutions françaises d’IA pour la découverte des nouvelles molécules

    22 solutions recensées en France

    L’intégration de technologies de pointe dans la découverte de médicaments transforme profondément l’industrie pharmaceutique. L’accélération de la découverte et du développement de nouveaux traitements, la personnalisation accrue des soins et l’optimisation des coûts sont parmi les bénéfices les plus notables. Les plateformes technologiques permettent de passer plus rapidement de la recherche fondamentale au développement clinique, augmentant ainsi la vitesse et la précision de la découverte de médicaments.

    En France, de nombreuses start-ups biotechnologiques se sont lancées dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) appliquée à la découverte de médicaments. En 2023, 22 solutions ont vu le jour, toutes utilisant l’IA pour révolutionner ce processus. Ces solutions, qui adoptent des approches variées, couvrent plusieurs aspects cruciaux de la recherche pharmaceutique : de la conception de nouvelles molécules à l’identification de cibles et de biomarqueurs, en passant par l’optimisation des thérapies géniques. En combinant IA, physique quantique et analyse multi-omique, les entreprises françaises posent les bases d’une nouvelle ère de médecine personnalisée. Cette approche intégrée permet de développer des traitements mieux adaptés aux besoins individuels des patients, augmentant les taux de réussite des thérapies et améliorant la sécurité des médicaments.

    77 % des entreprises ont moins de 10 ans :

    Les entreprises françaises spécialisées dans la découverte de médicaments sont majoritairement jeunes, reflétant une vague récente d’innovation. La majorité de ces entreprises ont été fondées entre 2016 et 2020. Par exemple, WhiteLab Genomics, Iktos, et Owkin, toutes créées autour de cette période, montrent une tendance claire vers une forte émergence de start-ups biotechnologiques. Seules quelques-unes, comme Ariana pharmaceuticals et Bio-Modeling systems (BMSystems), datent du début des années 2000, démontrant une continuité et une maturation dans le secteur.

    Non exhaustif, ce panorama des solutions françaises s’inscrit dans la nomenclature de cet article H&TI détaillant les cas d’usage de l’IA en recherche pré-clinique.

    4 grandes catégories 

    Dans le cadre de son indicateur sur l’IA & la recherche, Health & Tech Intelligence a relevé 22 solutions disponibles en France et réparties en 4 grandes catégories :

    • l’identification de biomarqueurs ; 
    • la découverte de candidats-médicaments ; 
    • l’identification de cibles ; 
    • et la découverte de nouvelles molécules.

    Il convient de souligner que la plupart des solutions ne se limitent pas à une seule de ces quatre catégories et peuvent être utilisées pour accomplir diverses tâches. Par exemple, la solution R.e.a.l.platform proposée par Vidium qui vise à identifier les gènes impliqués dans le choix du destin cellulaire, cartographier les réseaux de régulation génétique (GRN), identifier des cibles thérapeutiques et des marqueurs précoces. La plateforme permet également de modéliser et valider des traitements potentiels en laboratoire.

    9 solutions d’identification de cibles disponibles en France :

    Les solutions les plus présentes en France sont celles pour identifier des cibles thérapeutiques potentiellement efficaces. Parmi les 22 solutions relevées par H&TI, 9 d’entre elles sont spécifiquement dédiées à l’identification de cibles thérapeutiques, et certaines de ces solutions proposent des fonctionnalités supplémentaires qui améliorent l’efficacité et la précision du processus de découverte.

    Parmi ces 9 solutions, on retrouve plusieurs plateformes françaises de pointe, telles que WhiteLab Genomics, Owkin, et BMSystems. Whitelab Genomics, par exemple, propose une plateforme d’intelligence artificielle dédiée à la conception et à l’optimisation de thérapies géniques et cellulaires. Cette solution utilise des algorithmes avancés pour analyser les données génomiques et concevoir des séquences d’ADN/ARN thérapeutiques optimisées, ainsi que des vecteurs de livraison. Ce type de technologie est essentiel pour faciliter la découverte de cibles thérapeutiques, l’ingénierie des payloads et l’optimisation des vecteurs viraux et non viraux.

    ➡️ La solution Targetmatch d’Owkin est un moteur de découverte de cibles thérapeutiques basé sur l’IA, conçu pour identifier les meilleures cibles thérapeutiques dans des indications spécifiques en exploitant des données patients multimodales. Cette plateforme intègre des données de jeux de données privés et publics, incluant des données cliniques, génomiques et des littératures biomédicales, favorisant une caractérisation approfondie des patients et des cibles.

    ➡️ Une autre solution notable est Cadi discovery de BMSystems. Cette plateforme utilise une approche de modélisation heuristique et mathématique pour comprendre les systèmes biologiques complexes. Elle permet d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, de découvrir des mécanismes de maladies et de valider des hypothèses biologiques, offrant une compréhension plus profonde des processus biologiques sous-jacents.

    ➡️ En plus de ces solutions, Virtual cell par Deeplife se distingue par son approche en biologie des systèmes. Cette solution d’IA interprétable permet une compréhension approfondie des mécanismes biologiques, identifiant et priorisant les cibles thérapeutiques et les biomarqueurs exploitables. Elle permet également de réaliser des analyses complètes des voies métaboliques et de former à grande échelle des modèles cellulaires spécifiques aux maladies.

    ➡️ Scienta lab et One biosciences offrent également des contributions significatives dans ce domaine. La plateforme Scienta Lab vise à identifier rapidement des cibles thérapeutiques et à accélérer le développement de nouveaux traitements grâce à l’intégration de modèles biologiques avancés et d’algorithmes d’apprentissage automatique. One Biosciences combine l’IA et des protocoles de cellule unique pour générer des données de haute qualité à partir de cellules épithéliales de tumeurs congelées, facilitant l’interprétation des insights biologiques complexes pour la découverte de cibles et le développement de médicaments, avec un fort accent sur l’oncologie et la néphrologie.

    ➡️ La plateforme Oncosniper d’Oncodesign se concentre spécifiquement sur l’oncologie, utilisant l’intelligence artificielle pour identifier et valider de nouvelles cibles thérapeutiques basées sur des signatures moléculaires. Enfin, la plateforme R.E.A.L. de Vidium fournit une analyse de données omiques et une modélisation in silico pour identifier les gènes impliqués dans le choix du destin cellulaire, cartographier les réseaux de régulation génétique et identifier des cibles thérapeutiques et des marqueurs précoces.

    ➡️ La solution DIS (Drug intelligence science) de Hifibio se distingue également par son intégration de technologies de cellule unique avancées et d’intelligence artificielle pour optimiser la découverte et le développement de médicaments. Cette plateforme permet l’identification de cibles thérapeutiques, la découverte d’anticorps et la stratification des patients grâce à des analyses monocellulaires et bioinformatiques poussées. Les modèles d’apprentissage automatique de la plateforme facilitent la prédiction de la liaison et de l’affinité des anticorps.

    Une répartition équitable entre les 3 autres champs :

    Les 14 autres solutions se répartissent globalement de manière égale entre l’identification de biomarqueurs et la découverte de nouvelles molécules, chacune comptant 4 solutions. La découverte de candidats-médicaments comptabilise 5 solutions.

    👉 Pour en savoir plus sur les autres solutions cliquez sur le tableau interactif ci-dessous :

    37 % des IA dédiées à l’oncologie

    L’oncologie se révèle particulièrement propice à l’intégration de l’IA en raison de plusieurs facteurs déterminants. D’une part, la recherche sur le cancer bénéficie de flux d’investissements massifs, attirés par l’urgence et la gravité de la maladie. D’autre part, les initiatives comme le Cancer Genome Atlas Project (TCGA) et le Catalogue of Somatic Mutations in Cancer (COSMIC) ont permis de constituer des bases de données d’une richesse et d’une structuration sans précédent. Ces ressources offrent un substrat inestimable pour l’entraînement des modèles d’IA, facilitant non seulement l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques, mais aussi l’optimisation des traitements existants.

    En conjuguant ces éléments, l’oncologie et l’IA créent un cadre de recherche et de développement particulièrement dynamique, capable de transformer en profondeur les approches thérapeutiques. Selon le rapport “Unlocking the Potential of AI in Drug Discovery” publié en 2023 par le Boston consulting group (BCG), l’oncologie représente 37 % des domaines thérapeutiques où l’IA est le plus présente.

    13 solutions françaises pour l’oncologie :

    Parmi les 9 solutions dédiées à l’identification de cibles thérapeutiques, 6 sont principalement orientées vers l’oncologie, illustrant la synergie naturelle entre cette discipline médicale et les technologies de pointe. TargetMatch d’Owkin, par exemple, se distingue par son utilisation avancée de données multimodales pour identifier les meilleures cibles thérapeutiques, avec une attention particulière aux cancers. D’autres solutions notables, telles qu’OncoSNIPER d’Oncodesign, One Biosciences, DIS de Hifibio, Virtual cell de Deeplife, et Scienta lab, contribuent également de manière significative à cette avancée.

    En complément, 7 autres solutions que l’on retrouve dans les autres catégories sont également dédié à l’oncologie :

    • Arca efficacy d’Arcascience, focalisée sur l’évaluation de l’efficacité des médicaments, offrant ainsi des informations précieuses pour le développement de nouvelles thérapies oncologiques ;
    • Aqemia, qui intègre des techniques de physique et d’intelligence artificielle pour accélérer la découverte de médicaments ciblant les cancers ;
    • Atlas de Qubit pharmaceuticals, qui utilise des simulations à haute performance pour découvrir et optimiser de nouvelles molécules thérapeutiques ;
    • KEM d’Ariana pharmaceuticals, spécialisée dans l’analyse de données cliniques et précliniques pour identifier les meilleures combinaisons de traitements contre le cancer ;
    • Alphanosos, qui développe des traitements basés sur des composés naturels pour cibler les cellules cancéreuses de manière innovante ;
    • mCUBE d’Epigene labs, une plateforme qui utilise des données épigénétiques pour identifier des cibles thérapeutiques et développer des traitements personnalisés contre le cancer ;
    • Iktos robotics d’Iktos, qui combine l’intelligence artificielle et la robotique pour accélérer le processus de découverte de médicaments, y compris ceux destinés à l’oncologie.

    Les enjeux de l’accès aux données et de la standardisation :

    Malgré un nombre de solutions nettement inférieur à celui des États-Unis, l’adoption de l’IA dans la découverte de médicaments en France progresse, particulièrement en oncologie, tout en rencontrant des défis spécifiques. Le pays bénéficie d’un écosystème de recherche solide, avec des institutions renommées et des initiatives de collaboration publique-privée. L’Institut national du cancer (Inca) occupe un rôle clé dans la promotion de la recherche en oncologie, y compris l’intégration de l’IA.

    Cependant, des défis subsistent en matière d’accès aux données et de standardisation. Bien que des efforts soient en cours pour améliorer la standardisation et le partage des données, beaucoup reste à faire pour atteindre un niveau de maturité comparable à celui de certains pays leaders dans ce domaine. La France travaille également à renforcer ses capacités en matière de formation et de rétention des talents spécialisés dans l’IA et la bio-informatique.

    Cartographie interactive des solutions françaises

    À noter : l’entreprise Synsight est en procédure collective en date du 3 juillet 2024.

     

  • Panorama des acteurs de la recherche clinique en France

    Les différents acteurs de la recherche clinique en France

    ▶️ Les institutions régulatrices :

    L’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM)

    Logo Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) | G_NIUS
    Rôle Autorité compétente qui dispose d’un pouvoir de police sanitaire. L’ANSM peut suspendre et interrompre toute RIPH, investigation clinique, essai clinique ou étude des performances se déroulant en France (art. L. 1121-4). Dans le cadre de son rôle d’autorité compétente elle évalue la qualité et la sécurité des produits et vérifie que la sécurité des participants est assurée.

    Les comités de protection des personnes (CPP)

    Logo (exemple) Accueil | Comité de Protection des Personnes
    Rôle Entités qui vérifient l’acceptabilité éthique de la recherche et notamment que la protection des personnes est assurée dans le cadre de la recherche. Elles évaluent la qualité de l’information délivrée pour un projet de recherche donné (document d’information remis aux participants) et la conformité du formulaire de consentement, les modalités de recrutement, les périodes d’exclusion et indemnités, les moyens humains et matériels de la recherche, l’adéquation du lieu de la recherche, la qualification des investigateurs. Les CPP évaluent pour les projets de recherche portant sur le médicament le protocole sur le plan de l’éthique et, pour les autres le protocole dans son intégralité.

    La Commission nationale des recherches impliquant la personne humaine (CNRIPH)

    Logo SI CNRIPH
    Rôle Créée par la loi du 5 mars 2012 relative aux recherches impliquant la personne humaine, la CNRIPH coordonne, harmonise et évalue les pratiques des Comités de Protection des Personnes (CPP) (L.1123-1 du code de la santé publique). Elle met à disposition sur le site du ministère de la Santé la liste à jour des CPP.

    La Commission nationale de l’informatique et des liberté (CNIL)

    Logo Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) | G_NIUS
    Rôle La CNIL établit les méthodologies de référence pour la protection des informations à caractère personnel dans le cadre de la recherche clinique. Les Agences régionales de santé (ARS) autorisent certains lieux de recherche. La loi dite « Jardé » précise que les directeurs généraux des ARS autorisent certains lieux de recherches et nomment les membres des CPP pour une durée de trois ans renouvelables.

    ▶️ Les acteurs de la promotion :

    Le promoteur

    Rôle Personne physique ou morale prenant l’initiative de la recherche, en assure la gestion (organisation, coordination, surveillance) et vérifie son financement. Établi dans l’Union européenne ou désignant un représentant légal dans l’UE si établi en dehors de l’UE, le promoteur peut être un industriel du médicament, un fabricant de dispositifs médicaux, un établissement de santé ou un organisme national de recherche. Les promoteurs peuvent collaborer avec des Sociétés de Recherche Contractuelle (CRO).

    Les attachés de recherche clinique (ARC)

    Rôle Mandaté par un laboratoire ou une CRO, l’ARC assure, sous la responsabilité du médecin de l’étude, le suivi d’un essai clinique et la qualité, la fiabilité et l’authenticité des données scientifiques. Il met en œuvre les procédures opératoires, gère les stocks de médicaments de l’étude, assure le suivi des essais cliniques, détecte les problèmes, recueille les fiches d’observation, contrôle et transmet les données au Data Manager, et sert de liaison entre le médecin responsable et l’investigateur.

    ▶️ Les acteurs de l’investigation clinique :

    Investigateur, investigateur principal, coordonnateur

    Rôle Personnes dirigeant et surveillant la recherche sur un lieu. Pour les recherches à moindre risque, l’investigateur peut ne pas être un médecin sous réserve de l’accord du CPP. Ils accompagnent le participant à chaque étape de la recherche, analysent les caractéristiques clinico-biologiques du participant, vérifient l’adéquation aux critères d’inclusion, informent le participant sur les risques et bénéfices, s’assurent de la compréhension des informations et recueillent le consentement avant l’inclusion dans la recherche.

    Technicien de recherche clinique

    Rôle Met en œuvre la logistique du protocole, recueille et saisit les données cliniques sous la responsabilité des investigateurs et de l’équipe médicale lors de la réalisation des protocoles de recherche clinique.

    Économistes de la santé

    Rôle Recueillent, analysent et évaluent l’information médico-économique nécessaire aux décideurs hospitaliers en collaboration avec les cliniciens. Ils optimisent les prises de décision dans le domaine des technologies de santé et des programmes de santé publique, situant leur métier à l’interface entre l’économie et la médecine.

    Centres investigateurs

    Rôle Structures produisant des données scientifiques médicales, ouvertes aux investigateurs et promoteurs pour réaliser des projets de recherche. Exemples incluent les services dédiés à l’investigation clinique, centres d’investigation clinique labellisés DGOS et Inserm, et centres de recherche cliniques labellisés DGOS. Ces lieux sont autorisés par les agences nationales de santé (ARS) et peuvent être inspectés par l’ANSM pour vérifier la conformité aux bonnes pratiques cliniques.

    Cartographie des acteurs de la recherche clinique

     

  • Cartographie de 18 solutions d’essais clinique décentralisé disponibles en France

    4 grandes catégories de solutions

    Si en France, la législation ne permet pas la mise en place d’essais cliniques décentralisés basés exclusivement sur la réutilisation de données secondaires, couplée à la collecte de données primaires directement auprès des patients (ePRO et dispositifs connectés), de nombreuses solutions, françaises ou non, sont disponibles sur le territoire pour permettre une décentralisation et une dématérialisation des essais cliniques.

    Dans le cadre de son indicateur sur les DCT, Health & Tech Intelligence a relevé 18 solutions disponibles en France et réparties en 4 catégories :

    • celles permettant la récolte des données de patients en vue de mener des essais cliniques ; 
    • celles permettant le déploiement des essais cliniques ; 
    • celles qui vont analyser et structurer les données pour diriger au mieux les essais cliniques ;
    • et celles qui vont mettre en relation patients et chercheurs/promoteurs.

    Il est important de notifier que la majorité des solutions ne sont pas cantonnées à une seule de ces 4 catégories et que certaines d’entre elles peuvent permettre d’effectuer plusieurs tâches. C’est le cas par exemple de la solution Iqvia DCT proposée par l’américain Iqvia qui permet de mettre en relation des patients avec des chercheurs, mais aussi de déployer des essais cliniques, notamment grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour proposer des solutions d’essais cliniques de phases IIb et III et pour optimiser le recrutement de patients et l’orientation de la recherche.

    Plusieurs solutions de mise en relation disponibles en France

    Les solutions les plus utilisées en France sont celles permettant la mise en relation entre les patients et les chercheurs qui ont lancé ou souhaitent lancer un essai clinique mais craignent une faible participation. Parmi les 17 solutions relevées par H&TI, 11 d’entre-elles permettent cela, dont 4 qui ont une double fonctionnalité en plus de cette mise en relation. Parmi ces 11 solutions, on retrouve celles des français Biokortex, Inato et Kayentis, même si celle de ce dernier propose en plus de la mise en relation entre chercheurs et patients, la collecte électronique de données permettant l’évaluation électronique des résultats cliniques (eCOA).

    La solution “MyVeeva for Clinical Trials” de l’américain Veeva Systems est l’une des solutions de mise en relation les plus abouties puisqu’en plus de permettre une mise en relation à distance entre les promoteurs et les patients à la recherche d’essais cliniques, elle propose aussi des fonctions de visite virtuelle, d’adhésion du patient, d’ePRO (patient reported outcomes ou résultats rapportés par le patient), d’eConsentement et d’eSource, et donc un suivi du patient tout au long des essais cliniques et de la prise de traitement.

    Alors que les solutions de Veeva ou de Massive Bio permettent aux patients de participer à des essais cliniques qui se déroulent parfois à des milliers de kilomètres de chez eux, la solution Cline Research de la start-up française du même nom se veut plus classique, puisqu’elle permet la dématérialisation de la recherche d’essais cliniques et propose aux patients de s’inscrire à des essais proches de chez eux.

    Un écosystème qui se met en place

    Pour les 6 autres solutions, elles se répartissent à elles seules dans les 3 catégories restantes, ce qui montre la maturité des solutions de mise en relation pour les essais cliniques en France. Mais malgré le faible nombre de solution de récolte de données des patients en vue d’essais cliniques, des déploiements d’essais ou d’analyse et de structurations des données, ça ne fait pas d’elles des solutions moins abouties pour autant.

    Le belge Andaman7 propose par exemple une application mobile qui permet aux patients de rassembler sur leurs smartphones l’ensemble de leurs données de santé à partir de dossiers médicaux électroniques, d’appareils connectés ou de documents et de les partager à des organisations qui contribuent à la recherche médicale. Pour ce qui est des solutions permettant le déploiement d’essais cliniques, le français Medidata Solutions, filiale de Dassault Systèmes, propose la solution myMedidata qui met en place des formulaires de consentement, une évaluation électronique des résultats cliniques (eCOA), ainsi que des visites vidéo d’investigateurs/patients, pour s’assurer du bon déploiement des essais.

    Malgré un nombre de solutions beaucoup moins important qu’aux Etats-Unis, celles présentent en France permettent tout de même d’organiser des essais cliniques de manière dématérialiser, de s’assurer de leur bonne mise en place, ainsi que d’une bonne utilisation des données qui y sont récoltés, ce qui témoigne d’un réel écosystème qui se met en place dans l’Hexagone.

    Vers une décentralisation totale en France ?

    Aux Etats-Unis des essais cliniques totalement décentralisés ont déjà lieu et s’opèrent uniquement grâce à la réutilisation de données secondaires, qui peuvent quelques fois être couplées à des données récoltées directement auprès des patients. Mais en France, la loi ne permet pas une telle utilisation des données secondaires, même anonymisées. Pourtant, la solution Trial4Care de l’italien Dedalus se rapproche des solutions utilisées aux USA : elle permet une mise en lien des hôpitaux et des entreprises pharmaceutiques pour valoriser les données de santé à travers des essais cliniques. En mai 2023, l’hôpital NOVO a été enregistré en tant que premier client utilisant la plateforme en France. Concrètement, Dedalus va piocher dans les données de ses DPI présents dans de nombreux hôpitaux, va les anonymiser et les mettre à disposition des laboratoires pharmaceutiques clients de la solution. Ces derniers pourront donc mesurer l’impact des thérapies sans avoir à mener d’essais cliniques directement auprès de patients.

    En janvier 2024, la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Cnil ont lancé la phase pilote des DCT en France en vue de publier des recommandations françaises, d’accompagner les promoteurs académiques et industriels dans leurs projets de DCT et d’apporter des réponses concrètes aux difficultés qu’ils rencontrent dès la phase de conception de leurs recherches contenant un ou plusieurs éléments décentralisés. 2 mois après ce lancement qui était initialement prévu pour une durée de 6 mois, la DGS, a annoncé l’ouverture de cette phase pilote aux études internationales notamment afin de promouvoir l’attractivité de la France, la décentralisation étant une norme aux États-Unis par exemple, et de nourrir la doctrine sur la dématérialisation et la décentralisation à élaborer par la Cnil.  Cette phase pilote et son ouverture aux études internationales pourraient être le point de départ d’une dématérialisation et d’une décentralisation totale des essais cliniques en France, moyen pour l’Hexagone de rattraper son retard sur les États-Unis.

  • Cartographie internationale des entreprises ayant une offre DCT

    L’essor mondial des DCT

    Les DCT représentent une révolution dans le domaine de la recherche clinique, transformant radicalement la manière dont les études sont conduites en offrant des nouvelles perspectives pour l’avenir. Cette approche innovante, qui s’appuie sur les technologies numériques permet de dépasser des contraintes géographiques et logistiques liés aux essais traditionnels, facilitant ainsi la participation des patients et améliorant l’efficacité des études. À l’échelle mondiale, un nombre croissant d’entreprises se positionne pour répondre à cette demande, développant des plateformes et des services spécialisés dans les DCT.

    Les DCT se développent plus rapidement dans certains pays que dans d’autres en raison d’une combinaison de facteurs socio-économiques. Ces facteurs jouent un rôle crucial dans la capacité des pays à adopter et à intégrer ces nouvelles technologies dans leurs systèmes de santé. Voici une analyse des principaux facteurs socio-économiques qui expliquent ces disparités :

    • les infrastructures technologiques ;
    • les investissements en santé et innovation ;
    • les politiques de santé ;
    • et l’accès aux soins de santé.

    Cartographie internationale des entreprises

    Les USA concentrent le plus grand nombre d’entreprises

    En Amérique du Nord, les entreprises telles que Medable, Science 37 et Labcorp dominent le marché des DCT. Medable, basée en Californie, offre une plateforme intégrée permettant la collecte de données en temps réel, la gestion de la conformité réglementaire et l’engagement des patients. Science 37, également basée aux États-Unis, se distingue par son modèle “site-less“, éliminant le besoin de centres d’étude physiques et facilitant ainsi la participation des patients partout dans le pays. Labcorp, quant à elle, utilise une combinaison de technologies numériques et de services de laboratoire pour optimiser les essais cliniques. Ces entreprises collaborent souvent avec des institutions académiques et des grands groupes pharmaceutiques pour mener des essais de grande envergure.

    En Europe, un développement favorisé par des régulations favorables

    L’Europe, avec ses régulations rigoureuses et son infrastructure numérique avancée, voit une adoption croissante des DCT. En Belgique, CluePoints utilise des techniques de surveillance basées sur le risque pour assurer la qualité des données. Icon, une société irlandaise, propose une gamme complète de services de DCT, incluant la gestion de données et l’analyse statistique. Castor, basée aux Pays-Bas, offre des solutions pour la capture de données électroniques, facilitant ainsi la gestion des essais cliniques décentralisés. L’harmonisation des régulations à travers l’Union européenne joue un rôle crucial dans la facilitation de ces essais, permettant une collaboration transfrontalière plus fluide.

    Le marché asiatique en expansion

    La région Asie, avec des pays comme la Chine, l’Inde et le Japon, présente un potentiel énorme pour les DCT. Medidata, filiale de Dassault Systèmes, étend sa présence en Asie grâce à ses solutions de gestion de données cliniques. En Australie, Novotech se positionne comme un acteur clé en intégrant des services de DCT pour améliorer l’efficacité des essais cliniques. CMIC Holdings au Japon adopte des modèles DCT pour surmonter les défis logistiques et géographiques de la région. Ces entreprises bénéficient de la croissance rapide de l’infrastructure technologique et du soutien gouvernemental pour la recherche clinique.

     

  • Panorama des solutions numériques destinées à l’expérience patient

    Promotion des PREMs et PROMs par la HAS

    Les PREMs (patient-reported experience measures) et les PROMs (patient-reported outcomes measures) sont promus par la HAS (Haute Autorité de Santé) et permettent de mieux comprendre l’expérience des patients et d’intégrer leurs retours dans l’amélioration continue des soins.

    Comme vu dans l’article de contexte de cet indicateur, les PREMs évaluent l’expérience des patients dans les soins, tandis que les PROMs mesurent les résultats perçus par les patients. Les plateformes de gestion des parcours de soins occupent une place prépondérante dans la personnalisation des soins et l’amélioration de l’expérience patient. Des solutions comme Zedoc, Mypath, et Awell health intègrent les PROMs et les PREMs pour recueillir des données en temps réel sur les patients. Ces plateformes permettent une analyse approfondie des données cliniques et des retours des patients, facilitant ainsi l’adaptation des plans de traitement en fonction des besoins individuels.

    Des indicateurs qualitatifs pour une meilleure compréhension :

    En complément de ces mesures quantitatives, des indicateurs qualitatifs sont également utilisés, tels que des enquêtes de perception et des enquêtes flash. Ces outils permettent de questionner l’organisation et de recueillir des retours immédiats et directs des patients. Par exemple, le questionnaire e-Satis de la HAS est l’outil pour suivre la satisfaction et l’expérience des patients hospitalisés permettant de certifier la qualité des soins. Il offre aux établissements la possibilité de se comparer entre eux et d’identifier des axes d’amélioration à partir de l’analyse des commentaires des patients.

    Collaboration avec les start-ups pour des solutions innovantes :

    L’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) collabore avec plusieurs start-ups pour développer ces outils. Parmi celles-ci, Skezi, une start-up cofondée par l’AP-HP et l’Université Paris-Cité en décembre 2020, se distingue par son logiciel de collecte de données dynamiques, Skezia. Ce logiciel est utilisé pour suivre la cohorte ComPaRe (Communauté de patients pour la recherche) et est commercialisé sous le nom Skezia.

    La start-up a lancé Skethis, un observatoire sous forme de communauté d’individus en ligne. Skethis permet de générer des données sur la qualité de vie et d’identifier les points d’amélioration. Cet observatoire, qui ne cesse de croître, a pour objectif de promouvoir une homogénéité des données en collaborant avec divers centres de l’AP-HP et d’autres établissements de santé.

    73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital

    La place du numérique dans l’expérience patient est indéniable, selon le « baromètre santé 360 » d’Odoxa, 73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital avec une adoption croissante de solutions innovantes ciblant divers bénéficiaires. En effet, 87 % des solutions de notre panorama passent par l’intermédiaire de plateformes numériques.  Parmi les solutions répertoriées, 88,2 % sont destinées aux professionnels de santé, 58,8 % aux administrations de santé, et 19,6 % aux familles. Ces chiffres illustrent une approche holistique visant à améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. Les types de solutions sont également variés, allant des solutions de télésanté, comme celles proposées par Remecare et Datos health, aux solutions de communication médicale, gestion de parcours de soins..

    33,8 % des solutions consacrées à l’information et l’éducation des patients :

    Un autre chiffre clé est que 33,8  % des solutions sont dédiées à l’information et à l’éducation des patients. Ces plateformes fournissent des contenus éducatifs, des vidéos, des brochures et des outils interactifs pour aider les patients à mieux comprendre leurs conditions de santé et à prendre des décisions éclairées. Cette forte proportion souligne l’importance de l’autonomisation des patients dans le processus de soins.

    Répartitions des solutions du panorama par segments :

    Répartition des solutions par segments @ H&TI

    29 % des solutions axées sur la gestion du parcours de soins :

    La gestion du parcours de soins représente une part significative du marché de la santé numérique, avec 29 % des solutions dédiées à ce domaine. Ces plateformes permettent une coordination des soins, intégrant des dossiers médicaux électroniques et facilitant la communication entre les différents acteurs de santé. Elles offrent des parcours personnalisés, améliorant ainsi l’efficacité des traitements et la satisfaction des patients.

    Champs d’application des solutions du panorama :

    Champs d’application des solutions d’expérience patient @ H&TI

     

    L’expérience patient débute en ligne

    L’édition HIMSS2024, placée sous le thème « Créer la santé de demain », a mis en avant les innovations visant à améliorer l’expérience patient. L’expérience patient commence en ligne. De plus en plus de patients attendent des services numériques tels que la prise de rendez-vous, le paiement des factures, et l’accès à des contenus thérapeutiques. Ces technologies doivent faciliter les échanges d’informations et les connexions humaines, renforçant ainsi les relations entre patients et professionnels de santé.

    Des plateformes comme PatientsLikeMe offrent un espace où les patients peuvent partager leurs expériences, suivre leurs symptômes et trouver des traitements efficaces. Ces communautés en ligne facilitent le soutien mutuel entre les patients et permettent une participation active à des recherches visant à améliorer les soins de santé. Le partage d’expériences contribue à une meilleure compréhension des maladies et à l’amélioration continue des pratiques cliniques.

    Les établissements de santé investissent dans des plateformes interactives et des applications mobiles qui permettent de récolter les retours des patients en temps réel. Cette approche proactive, par opposition aux enquêtes de satisfaction traditionnelles, permet de co-construire les parcours de soins avec les patients.

    Les outils bureautiques comme composante fondamentale :

    Bien que les outils bureautiques ne soient pas inclus dans le panorama des solutions numériques de santé, ils jouent un rôle important dans la gestion des données des patients. Ces outils permettent de créer des questionnaires personnalisés que les patients peuvent remplir, facilitant la collecte de données PROMS et PREMS. Les plteformes tels que Microsoft forms et Google forms sont encore souvent utilisés pour concevoir et distribuer ces questionnaires. Ils offrent une flexibilité et une simplicité d’utilisation qui complètent les solutions numériques de santé. En intégrant ces outils dans les systèmes de gestion des soins, les professionnels de santé peuvent améliorer l’efficacité de la collecte de données et obtenir des insights précieux pour affiner leurs stratégies de soins.

    41 % des solutions intègrent de l’IA :

    L’intelligence artificielle (IA) est prépondérante, intégrée dans 41 % des solutions du panorama. L’IA est utilisée pour analyser les données des patients, prédire les résultats de santé, et personnaliser les traitements. Les technologies telles que le machine learning (ML) et le traitement du langage naturel (NLP) sont couramment employées pour traiter de grandes quantités de données et fournir des insights actionnables aux professionnels de santé.

    Tableau détaillé du panorama de solutions

    👉 Pour accéder à la base de donnée des solutions, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • Comparaison internationale des initiatives autour de l’expérience patient selon les pathologies

    Un nombre d’initiatives variable en fonction des pathologies

    Le travail de l‘International consortium for health outcomes measurement (Ichom) permet de voir que des initiatives pour l’amélioration de l’expérience des patients sont amorcées dans la quasi-totalité des pathologies. Au total, ce sont 45 pathologies qui sont concernées par ces initiatives. H&TI les a regroupés en 17 spécialités médicales, allant de la cardiologie à la nutrition, en passant par la médecine générale et la psychiatrie.

    Les spécialités avec le plus d’initiatives sont :

    • la psychiatrie (173) ;
    • la neurologie (153) ;
    • l’oncologie (121) ;
    • et la cardiologie (120).

    Loin devant les autres spécialités, telles que la néphrologie (19) et l’urologie (16). Mais si l’on compare chaque pathologie entre elles, l’écart devient beaucoup moins grand, même si la fibrillation auriculaire et ses 33 initiatives est loin devant la cataracte et ses tout juste 10 initiatives. Le nombre médian d’initiatives par pathologie est quant à lui de 24 initiatives avec 7 pathologies dont le nombre d’initiatives en cours  pour faire évoluer l’expérience patient est de 30 ou plus : il s’agit des maladie des valves cardiaques (30), du diabète, des troubles alimentaires, des cardiopathies congénitales (32), de la fibrillation auriculaire, des troubles neurodéveloppementaux et du covid-19 (33).

    Les USA bons premiers, la France en retard

    Pour ce qui est du nombre d’initiatives par pays : les États-Unis arrivent en tête du classement et loin devant. Alors que le Royaume-Uni conforte sa deuxième place avec ses 164 initiatives en cours, les USA sont à l’origine de 273 initiatives, soit plus d’un quart des initiatives en cours pour faire progresser l’expérience du patient lors de sa prise en charge. C’est l’Australie qui vient compléter le podium avec ses 90 initiatives. La France apparaît quant à elle loin derrière avec seulement 9 initiatives en cours, dont deux pour la thrombose veineuse profonde, et une pour chacune de ces pathologies : la maladie inflammatoire de l’intestin, la santé des adultes, la santé des nouveau-nés prématurés et hospitalisés, la dépression et l’anxiété chez les enfants et les adolescents, la démence, le cancer de la prostate et l’arthrite inflammatoire.

    A l’inverse de la France, les USA ont amorcé des initiatives pour améliorer l’expérience patient dans presque toutes les pathologies présentes sur la cartographie de l’Ichom. Les pathologies dans lesquelles les USA sont le plus impliqués sont le cancer de la prostate avec 12 initiatives en cours, suivi du cancer colorectal, de l’autisme et de la maladie de l’artère coronaire avec pour chacune de ces maladies 11 initiatives en cours.

    Répartition des initiatives selon les aires thérapeutiques @ H&TI

     

     

  • Panorama des principaux acteurs de l’écosystème de l’expérience patient

    Recentrer la prise en charge sur le patient

    Si le patient est la personne qu’il faut traiter lors de la prise en charge, avec l’évolution scientifique des technologies qui permettent cette prise en charge, le patient est passé en second plan lors de son propre parcours de soins, l’intérêt ayant été déporté vers sa maladie. Pourtant, chaque patient est unique et le traitement d’une même maladie peut varié d’un malade à l’autre. C’est pourquoi les associations de patients prônent en France et dans d’autres pays, comme l’Espagne, les bienfaits de l’expérience patient qui permet de recentrer la prise en charge sur le patient, qui va devenir lui-même un acteur de son propre parcours de soins.

    C’est le cas notamment de France assos santé qui collabore souvent avec d’autres associations et organismes pour promouvoir l’investissement des représentants d’usagers dans l’expérience patient en coopération avec les membres de la commission des usagers et les autres usagers qui sont dans l’établissement, qu’ils soient des patients partenaires, ou des représentants d’association de patients ou de familles présentes dans l’établissement. C’est le cas aussi de l’association SPX qui organise régulièrement des séminaires et des événements pour faire des propositions relatives à l’expérience patient.

    Plus que la promotion de l’expérience patient, certaines associations développent des plateformes comme celle de Cancer contribution qui permet aux aidants et aux patients de s’informer sur les enjeux du cancer, mais aussi d’aider les autres à travers de leur partage d’expérience et donc “être acteur du changement”.

    Des instituts français et internationaux dédiés

    À une échelle plus large, l’Institut français de l’expérience patient (Ifep) a vocation à contribuer à “faire de l’expérience patient un levier de transformation du système de santé en France” et de “porter une mission d’intérêt général en résonance avec les attentes de la population”. Il fait parti des acteurs qui souhaitent que l’expérience du patient lors de son parcours de soins soit plus pris en compte de sorte à ce qu’il soit la cible privilégiée du traitement et que l’on considère non pas comme un simple patient, mais comme une personne à part entière “avec sa personnalité, ses préoccupations, ses attentes”. Dans son dernier baromètre, l’institut explique que l’expérience patient est un concept avec lequel les professionnels de santé ne sont pas encore familiers.

    Créé en 2016, l’Ifep s’inspire des structures qui ont vu le jour avant lui hors de la France pour faire de l’expérience patient un concept qui doit être pris en compte par les professionnels de santé lors de la prise en charge du patient. Le Beryl institute de Nashville (USA) fait partie des structures qui ont inspiré la création de l’Ifep. Dès 2010, cet institut a mis un point d’honneur a transformer l’expérience humaine dans le domaine des soins en offrant un accès à des recherches, à des pratiques éprouvées, des opportunités de réseautage et de développement professionnel ainsi qu’un espace sûr et neutre pour échanger des idées et apprendre pour améliorer l’expérience des patients lors de leur prise en charge.

    Les institutions comme boussole

    Les institutions de l’état prennent aussi le sujet de l’expérience du patient très à cœur. C’est le cas notamment de l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) qui explique qu’il est important de recueillir le besoin des patients et leur perception de leur parcours de soins afin « d’adapter les modes de prise en charge et de mettre en place un parcours plus performant et confortable ».

    Pour aider les hôpitaux à prendre en compte l’expérience de leurs patients, l’agence nationale propose un guide propose pour mettre en place des méthodes de recueil de l’expérience des patients et usagers afin de « faire émerger des pistes de travail et identifier des solutions d’amélioration ».

    L’outil e-Satis déployé par la Haute autorité de santé (HAS) à la même vocation que le guide de l’Anap : celui de mettre en place des solutions visant à prendre en compte à plus grande échelle l’expérience du patient lors de son passage à l’hôpital. Depuis 2016, cet outil sert à mesurer la satisfaction du patient lors de son séjour. Envoyé deux semaines après son passage à l’hôpital, cet outil se présente sous la forme de questionnaires qui « portent sur des dimensions qui suivent les étapes importantes du parcours de soins ». D’autres initiatives ont été mises en place pour recueillir l’expérience des patients lors de leur séjour en établissement de santé, comme la méthode Amppati développé par la Structure d’appui régionale à la qualité des soins et à la securité des patients d’Île-de-France.

    Une intégration grandissante dans les établissements

    Influencés par la tendance qui se dessine en France à propos de la prise en compte de l’expérience du patient, les établissements de santé commencent eux même à devenir des acteurs de l’expérience patient.

    Dès 2017, l’AP-HP a déployé le label « hospitalité » pour améliorer l’expérience du patient de son entrée à la sortie de l’hôpital. Et en 2024, dans le cadre de son plan « 30 leviers pour agir ensemble » , le plus grand CHU de France a mis en place 10 engagements pour l’expérience patient, notamment par la facilitation de la prise de rendez-vous et du premier contact avec l’hôpital, l’amélioration de la qualité des séjours à l’hôpital, mais aussi la prise en compte de l’avis des patients dans les décisions et cela à tous les niveaux.

    Et l’AP-HP n’est pas le seul hôpital à prendre en compte l’expérience patient. Les Hospices civiles de Lyon (HCL) déploient aussi le dispositif Peps (pour Partenariat et expérience patient en santé) qui a pour objectif de prendre l’avis des patients et des aidants construire des réponses adaptées à leurs besoins dans le cadre de la prise en charge.

    Cartographie des acteurs – @ H&TI

     

  • Cartographie des acteurs spécialisés dans l’hypertension artérielle (centres, associations nationales et internationales…)

    Des centres dédiés à la prise en charge des patients

    Dans le cadre de l’hyper tension artérielle (HTA), les patients n’ont pas uniquement besoin d’être pris en charge par des cardiologues, mais aussi par des spécialistes de la médecine cardiovasculaire, de la médecine interne, de la néphrologie et de l’endocrinologie. Pour répondre à cette demande, des centres dits “d’excellence” en hypertension artérielle ont été mis en place pour réunir au sein d’un même lieu, toutes les personnes nécessaires et tous les outils nécessaires pour prendre en charge le patient atteint de HTA de la meilleure des manières. Depuis 2006, la Société européenne de l’hypertension (ESH) a décidé de commencer à reconnaître et d’attribuer un certificat à tous les centres européens d’excellence en hypertension artérielle. À l’heure actuelle, l’ESH a reconnu 19 centres français comme étant d’excellence en matière de HTA. C’est le cas notamment de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, de l’Hôtel-Dieu, ou encore de l’hôpital de la Croix-Rousse qui fait partie des Hospices civils de Lyon (HCL).

    Mais ces centres d’excellence ne sont pas les seuls à se préoccuper de la bonne prise en charge des patients atteints de HTA puisque l’association France HTA défend elle aussi la bonne prise en charge de ces derniers. Cette association a pour objet de “représenter et de défendre les intérêts et les préoccupations des patients atteints de HTA, d’initier ou participer à toute action visant à améliorer la prise en charge de l’HTA en France et d’initier ou soutenir toute action d’information et de communication autour de cette pathologie pour l’ensemble de la population manifestant un intérêt pour ce thème”. Parmi ses missions, on retrouve l’accompagnement des patients et de leur entourage pour soutenir leur implication dans l’acceptation du traitement et de son suivi.

    Des solutions numériques de la Fondation

    En plus de la prise en charge, l’accompagnement des patients atteints de HTA peut se faire aussi par le partage d’une information sûre sur le sujet. C’est le rôle de deux instances principales présentes dans l’hexagone : la Fondation hypertension et le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA). La première est une fondation reconnue d’utilité publique par les ministères de tutelle français et la seconde est une association a but non lucratif. Agissant dans une optique de partage de l’information sur l’HTA au grand public, ces deux entités s’adressent à la fois aux patients et aux médecins et peuvent apporter des solutions à ces deux profils.

    De plus, la Fondation hypertension s’est aussi donnée pour missions de concevoir des outils de diagnostic et de suivi de l’hypertension (e-santé, télésanté, téléexpertise), d’organiser des actions de dépistage et d’information sur l’hypertension et les maladies associées et de soutenir la recherche sur l’hypertension artérielle en finançant des projets réalisés en France. Pour ce qui est des outils numériques de diagnostic et de suivi, ils ont été conçus en collaboration avec la société Solutions santé digitale et certains sont propres au suivi du patient – comme un outil dédié à l’observance – quand d’autres ont été créés pour faciliter le médecin dans le suivi de son patient.

    👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.

    Des sociétés savantes en soutien aux médecins

    Pour s’assurer de la meilleure prise en charge des patients, les médecins doivent pouvoir avoir accès à un maximum de connaissances ainsi qu’aux technologies les plus avancées. C’est dans ce cadre qu’interviennent les sociétés savantes françaises et internationales consacrées à l’HTA. Parmi ces sociétés savantes, on retrouve la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA), mais aussi la Société européenne d’hypertension (ESH), la Société internationale d’hypertension (ISH), ainsi que la Ligue mondiale contre l’hypertension (WHL). Comme toutes les sociétés savantes, leurs principales missions consistent à soutenir la recherche, la diffusion des connaissances et l’enseignement supérieur. En France, c’est la SFHTA qui s’occupe de ces missions.

    En plus des sociétés savantes, des organismes ont été créés pour fournir le plus d’informations possibles sur les dispositifs médicaux les plus adaptés et les plus performants pour que les médecins puissent avoir toutes les cartes en main pour la prise en charge du patient. Parmi ces organismes, on retrouve Medaval et Dabl Educational Trust.

     

  • Quels cas d’usage de l’IA dans la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle ?

    10 cas d’usage spécifiques de l’IA

    L’hypertension artérielle (HTA) est un problème de santé mondial croissant, en raison de l’augmentation de l’âge moyen de la population. Cette condition, souvent asymptomatique, est un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux. Le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la prévention et le traitement de l’HTA est de plus en plus reconnu. L’application de l’IA permet d’améliorer la médecine personnalisée et d’offrir des traitements adaptés à chaque patient.

    Cet article présente les cas d’usage de l’IA dans la gestion de l’HTA, en soulignant les améliorations diagnostiques et thérapeutiques apportées par cette technologie.

    La clinique concentre la majorité des usages :

    L’analyse des cas d’usage révèle une concentration significative d’applications de l’IA dans le domaine clinique. En effet, sur l’ensemble des cas identifiés, sept sont directement liés à des applications cliniques. Cette forte concentration s’explique par l’importance cruciale de l’hypertension dans le cadre des soins primaires et spécialisés, nécessitant des outils avancés pour une gestion optimale.

    3 cas d’usage liés à la prévention et la prédiction :

    En ce qui concerne la prédiction et la prévention, l’IA est utilisée pour prédire l’évolution de l’hypertension artérielle en identifiant les facteurs de risque cardiovasculaires individuels, qu’ils soient émergents ou préexistants. En exploitant des algorithmes sophistiqués et de vastes ensembles de données, les prédictions concernant l’apparition de l’hypertension sont devenues de plus en plus précises au cours de la dernière décennie.

    L’IA permet de réaliser des analyses intégrées en utilisant des données multimodales pour prédire les résultats thérapeutiques, offrant ainsi une compréhension approfondie du pronostic et de la stratification des risques pour les patients hypertendus.

    Elle permet également de prédire les effets individuels des traitements, ce qui aide les cliniciens à identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier d’un traitement spécifique.

    2 cas d’usage liés au diagnostic et suivi :

    En matière de diagnostic et de suivi, des études récentes démontrent que les algorithmes de deep learning (DL) et de machine learning (ML) peuvent diagnostiquer des conditions cliniquement significatives telles que l’hypertension masquée non contrôlée ou l’hypertension secondaire. Ces algorithmes exploitent les mégadonnées issues des dossiers de santé électroniques (DSE) ainsi que des caractéristiques cliniques aisément identifiables.

    L’IA permet également d’affiner les objectifs de pression artérielle en identifiant les facteurs associés aux résultats cardiovasculaires et aux événements indésirables, permettant de définir des cibles personnalisées et d’améliorer la sécurité et l’efficacité des traitements.

    2 cas d’usage pour la prise en charge des patients :

    Pour la prise en charge des patients, l’IA analyse les données de santé pour identifier les facteurs influençant l’observance des traitements antihypertenseurs. En examinant les comportements des patients, leurs antécédents médicaux et les données socio-économiques, l’IA peut repérer les obstacles à l’adhésion aux traitements et proposer des interventions personnalisées pour améliorer cette adhésion.

    L’IA permet de déterminer des objectifs de tension artérielle spécifiques à chaque patient et d’identifier le régime de médicaments antihypertenseurs le plus efficace, offrant une approche personnalisée pour la gestion de l’hypertension.

    3 cas d’usage liés aux soins ambulatoires :

    Les soins ambulatoires comportent trois cas d’usage de l’IA :

    1️⃣ Pour le diagnostic et le suivi de la maladie, les algorithmes d’IA renforcent la précision, la cohérence et la reproductibilité du diagnostic et de la gestion de l’hypertension artérielle grâce à l’utilisation de technologies portables. Les options pour surveiller la pression artérielle incluent des dispositifs basés sur des brassards et des capteurs mécaniques et optiques qui analysent les caractéristiques des ondes de pouls pour une surveillance efficace. Parmi ces dispositifs, Lifelight propose une solution de surveillance sans contact basée sur des capteurs de caméra.

    2️⃣ L’IA est également utilisée pour l’accompagnement et l’éducation du patient. Plusieurs études ont montré que les interventions et outils combinant éducation, conseil et gestion, souvent assistées par l’IA, conduisent à une réduction significative de la pression artérielle. Parmi ces solutions, SuiviHTA se distingue par ses fonctionnalités d’analyse et de rapport, d’alertes personnalisées et de conseils. Elle analyse en profondeur les données collectées pour identifier des tendances et des anomalies, permettant aux utilisateurs de recevoir des rapports détaillés et des graphiques clairs illustrant les variations de leur pression artérielle. En cas de lectures anormales ou de tendances préoccupantes, SuiviHTA envoie des notifications personnalisées, permettant ainsi une intervention rapide et proactive. De plus, l’application propose des conseils de santé basés sur les données collectées, offrant des recommandations personnalisées sur l’alimentation, l’exercice physique et les habitudes de vie pour améliorer la gestion de l’hypertension.

    3️⃣ L’IA aide également à améliorer l’adhésion thérapeutique du patient en identifiant les facteurs influençant l’observance des traitements antihypertenseurs et en proposant des interventions personnalisées.

    👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.

    La recherche axée sur la prévention et de la compréhension de la maladie :

    La prévention et la compréhension de la maladie présente un cas d’usage majeur de l’IA dans la recherche clinique. L’IA explore de vastes ensembles de données pour découvrir de nouveaux facteurs influençant le développement et la gestion de l’hypertension. En utilisant des techniques avancées d’apprentissage automatique et de deep learning, l’IA identifie des corrélations et des tendances non évidentes dans les données génétiques, comportementales et environnementales. Ces découvertes peuvent mener à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents de l’hypertension, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques et préventives.

    Limites de l’application de l’IA dans l’HTA

    La mise en œuvre de l’IA dans la gestion de l’hypertension artérielle présente plusieurs défis selon l’étude “Application of artificial intelligence in hypertension” publié en mai sur Biomedcentral (BMC). En effet, selon l’étude, malgré les directives de la FDA et d’autres organismes, il manque un consensus global et des lignes directrices uniformes. Les algorithmes d’IA nécessitent de vastes ensembles de données pour leur formation, soulevant des préoccupations de confidentialité et de sécurité des données. De plus, les biais potentiels dans les données d’entraînement peuvent conduire à des résultats discriminatoires. L’opacité des modèles d’IA, souvent qualifiée de “boîte noire”, complique l’interprétation des décisions diagnostiques et thérapeutiques, ce qui soulève des questions de responsabilité et de confiance parmi les professionnels de santé. Enfin, la précision des algorithmes d’IA dépend fortement de la qualité et de la diversité des données disponibles, limitant ainsi leur applicabilité et leur fiabilité dans des contextes cliniques variés.

    Pour surmonter ces obstacles, la recherche future doit se concentrer sur la médecine de précision pour l’HTA en utilisant des technologies basées sur l’IA. Cette approche vise à réduire le fardeau mondial de l’hypertension en offrant des traitements plus ciblés et personnalisés. Toutefois, il est crucial de ne pas négliger les limites actuelles de cette technologie. Les efforts de recherche doivent inclure le développement de techniques pour atténuer les biais dans les données et les algorithmes, améliorer la transparence des modèles d’IA, et garantir la sécurité et la confidentialité des données des patients.

    Cartographie des cas d’usage de l’IA dans l’HTA

    👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • Panorama des solutions numériques de diagnostic, de suivi et de traitement de l’hypertension artérielle

    Plus d’un tiers des solutions utilisent de l’IA

    L’intelligence artificielle (IA) est présente dans de nombreuses solutions pour la détection, la prévention, le suivi et la prise en charge de nombreuses pathologies, et l’HTA ne fait pas bande à part. En effet, plus d’un tiers des solutions recensées dans notre cartographie utilisent cette technologie. Pour l’HTA, l’IA est presque exclusivement présente dans les solutions de détection de la pathologie, ainsi que celles de suivi, qui sont en réalité souvent les mêmes, puisque la détection de l’HTA peut être utilisée pour la mesurer de manière périodique pour une personne qui en souffre.

    Les solutions numériques d’HTA qui utilisent l’IA sont des solutions dîtes de “face video processing” ou de détection de la pathologie par le biais d’une vidéo. Pour quatre d’entre ces solutions – dont celle du canadien Nuralogix (Anura) -, ce sont des applications mobiles qui permettent de détecter l’HTA chez le patient grâce à un selfie vidéo de plusieurs dizaines de secondes : les capteurs du smartphone, de la tablette ou de la webcam vont analyser les flux sanguins du visage des patients grâce à la lumière et aux longueurs d’onde qui sont réfléchies dans les différentes couches sous la peau pour calculer la mesure de leur pression artérielle (PA). D’autres solutions fonctionnent un peu différemment. C’est le cas de la seule a avoir reçu le marquage CE pour une application de monitoring de la pression artérielle sur smartphone : OptiBP de Biospectal. Cette solution développée sous la forme d’une application mobile va utiliser la caméra du téléphone pour enregistrer le flux sanguin d’un individu au bout de son doigt et déterminer sa pression artérielle.

    Des solutions qui présentent des limites :

    À la fin du mois de janvier 2024, la Société européenne d’hypertension (ESH) a publié une recommandation dans laquelle elle recommande de ne pas utiliser des appareils dits “cuffless” qui ne mesurent pas la tension artérielle grâce à un brassard relié à un tensiomètre, même si ce dernier “fournit des valeurs de PA instantanées dans des conditions statiques et ignore la nature dynamique de la PA, c’est-à-dire sa variabilité en réponse aux différents défis et activités au quotidien” indique la Société.

    L’ESH explique sa prise de position en indiquant que “les protocoles de norme universelle AAMI/ESH/ISO, utilisés pour valider les appareils de mesure de PA au brassard, ne sont pas adaptés pour les appareils sans brassard, ce qui signifie que leur précision reste à prouver” et que “la plupart des appareils de mesure de PA sans brassard nécessitent un étalonnage périodique à l’aide de valeurs de PA mesurées par un appareil standard à brassard”, ainsi que “des informations sur l’utilisateur, telles que l’âge, le sexe et d’autres caractéristiques”.

    Différents cas d’usage du numérique

    Mais l’IA n’est pas la seule technologie concernée pour la prise en charge des patients atteints de HTA et la détection de la maladie n’est pas le seul cas d’usage qu’elles permettent, même si les applications alimentées par l’IA sont les seules à permettre cette détection en dehors de l’utilisation d’un tensiomètre. La cartographie de H&TI montre que les solutions numériques sont aussi présentes dans les cas d’usage concernant le suivi, la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle.

    Pour le suivi de l’HTA, les applications d’IA permettant la mesure de la pression artérielle peuvent être là aussi utilisés, mais d’autres solutions sont spécialisées dans le suivi et dans le partage de données au médecin du patient. C’est le cas d’Omron Connect, du japonais Omron Healthcare, qui est une application mobile qui se connecte au tensiomètre d’Omron pour récupérer les données et les envoyer au médecin du patient. Cette application sert aussi de journal de bord pour le patient et a aussi un objectif d’automédication : Omron explique qu’elle a pour but de faire comprendre au patient ses résultats et la manière dont il va pouvoir gérer son mode de vie pour faire baisser sa pression artérielle et éviter l’état d’HTA.

    Pour la prise en charge, une solution a été recensée : la solution du japonais CureApp. Cette solution se présente sous la forme d’une DTx sur smartphone qui fournit des conseils personnalisés d’hygiène de vie et de traitement (alimentation, activité physique, sommeil, etc.) au patient. Cette application possède aussi un second volet qui s’adresse lui au médecin et permet de suivre l’évolution quotidienne de la pression artérielle du patient et ainsi de gérer rapidement les changements de mode de vie nécessaires au contrôle de la maladie.

    L’application StopSel quant à elle est la seule application recensée par H&TI qui met en place une prévention pour le patient. Développée par Solutions santé digitale, en partenariat avec la Fondation sur la recherche de l’hypertension artérielle (FRHTA), cette application permet aux patients atteints d’HTA de suivre leur consommation de sel et d’éviter une consommation excessive qui pourrait entraîner une rétention d’eau et donc une élévation de la pression artérielle.

    Des solutions numériques reconnues à l’échelle régionales et mondiales

    Malgré les recommandations de l’ESH pour que les appareils de mesure de la PA sans brassard ne soient pas utilisés pour le diagnostic ou la prise en charge de l’HTA en pratique clinique, beaucoup d’entre elles ont montré leur utilité dans le cadre d’études et ont même été récompensées à l’échelle mondiale. C’est le cas notamment des solutions ObtiBP (Biospectal) et Caducy (i-Virtual) qui ont obtenu la certification CE. Le français i-Virtual a aussi été récompensé pour sa solution lors du CES 2023.