Data-Indicateur

  • Cartographie des acteurs clés de l’écosystème suisse de la santé numérique

    Confiance dans les organisations de santé

    Digitalswitzerland a mené une étude auprès de la population pour évaluer le système de santé numérique et mettre en lumière la situation actuelle et les perspectives du secteur. Cette étude publiée en mars 2023 met en lumière l’importance de la confiance et de la protection des données dans le processus de numérisation du système de santé.

    Globalement, cette étude montre que la population est majoritairement favorable à l’adoption du numérique en santé si cela apporte une réelle valeur ajoutée au système de santé et une réduction des coûts.

    La confiance dans les hôpitaux et les médecins généralistes est élevée pour le traitement des données mais la confiance dans le secteur privé est plus faible. La crainte principale des Suisses d’après l’étude est l’utilisation abusive ou le vol de données.

    283 entreprises en santé numérique

    Selon Galen Growth, la Suisse compte en 2024 plus de 280 entreprises en santé numérique. Ces 283 entreprises ont investi plus de 2,5 Mds $ depuis 2019, les catégories le plus représentées sont :

    • le diagnostic médical ;
    • le bien-être ;
    • les solutions pour le patient ;
    • les solutions de gestion ;
    • et les solutions pour la recherche.

    Les 4 aires thérapeutiques les plus couvertes par ces entreprises sont : maladies cardiovasculaires, oncologie, santé mentale et neurologie.

    83 entreprises ou organisations proposant des solutions ou des initiatives numériques pour le parcours patient

    Digitalswitzerland met à jour chaque trimestre une cartographie des entreprises proposant des initiatives et des solutions qui améliorent le parcours patient. Les entreprises sont classées selon 5 catégories :

    • l’interopérabilité des données ;
    • le suivi du patient ;
    • l’interaction et communication avec le patient ;
    • le suivi et stockage des données de santé ;
    • ainsi que la prévention et la sensibilisation.

    La mise en œuvre de solutions numériques pour améliorer le parcours patient est devenue un axe prioritaire, tout comme le dossier patient électronique (DEP). En effet, Digitalswitzerland s’est fortement impliqué dans la consultation publique du conseil fédéral suisse afin de centraliser l’infrastructure du DEP.

    Cartographie des organisations clés de la santé numérique

    Le paysage suisse de l’innovation en santé numérique est dynamique et diversifié, avec une multitude d’organisations travaillant activement à promouvoir la transformation numérique du secteur de la santé. Des incubateurs et accélérateurs aux organisations gouvernementales en passant par les instituts de recherche et les associations professionnelles, chaque entité joue un rôle dans la promotion, la mise en œuvre ou le développement de la santé numérique. Cette cartographie des organisations offre un panorama de l’écosystème :

  • Evolutions réglementaires en lien avec la santé numérique en Suisse

    Evolution de la réglementation en santé depuis 1992

    De nombreuses lois et décrets ministériels cadrent le système de santé et la santé numérique en Suisse. Dans cet article, H&TI revient sur les principales initiatives et lois qui façonnent l’écosystème de la santé dans le pays. Ces textes définissent ainsi le cadre juridique du système de santé et de l’assurance maladie, ainsi que les responsabilités des différents acteurs de l’écosystème (départements fédéraux, cantons, hôpitaux, assureurs…).

    Conditions pour la mise en œuvre du programme DigiSanté

    Différentes mesures des différents volets du programme s’appuient sur différentes bases légales déjà existantes.

    Volet 1 Conditions requises pour la transformation numérique Loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration (LOGA)
    Loi sur l’assurance-maladie (LAMal)
    Loi sur la statistique fédérale (LPFC)

     

    Volet 2 Infrastructure nationale Loi sur l’assurance-maladie (LAMal)
    Loi sur la transplantation
    Loi sur la statistique fédérale (LPFC)
    Loi sur le numéro d’identification des entreprises (LIDE)
    Loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration (LOGA)
    Loi sur les professions médicales universitaires (LPMéd)
    Loi sur l’enregistrement des maladies oncologiques (LEMO)

     

    Volet 3 Numérisation des prestations des autorités Loi sur l’assurance-maladie (LAMal)
    Loi sur les épidémies (LEp)
    Loi sur la statistique fédérale (LPFC)
    Loi sur les professions de santé (LPSan)
    Loi sur la transplantation
    Loi sur les professions médicales universitaires (LPMéd)
    Loi sur l’enregistrement des maladies oncologiques (LEMO)

     

    Volet 4 Utilisation secondaire des données pour la planification, le pilotage et la recherche Loi sur l’assurance-maladie (LAMal)
    Loi sur les épidémies (LEp)
    Loi sur la statistique fédérale (LPFC)
    Loi sur l’utilisation de moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (LTMETA)
    Loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration (LOGA)

     

    Textes réglementaires en lien avec la santé publique et la santé numérique

    Les lois en lien avec la santé publique influent et régissent la santé numérique à travers son application et sa mise œuvre. Certaines de ces lois, appliquées depuis 1951 posent le cadre légal pour des registres électroniques, des recensements et des demandes d’autorisations par voie électronique comme pour l’autorisation de délivrance d’héroïne à des fins thérapeutiques régit par la Lstup entrée en vigueur en 1951.

    Principales lois :

     

  • Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé au travail en France

    Les interlocuteurs du salarié pour une meilleure santé au travail

    Pour la préservation de sa santé au travail et une meilleure qualité de vie et des conditions au travail (QVCT), le salarié a des interlocuteurs au sein même de son entreprise. En cas de problèmes ou d’interrogations, il peut donc se tourner vers son employeur pour lui faire part de son ressenti et lui demander de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à la préservation de sa santé physique et mentale. Toujours au sein de son entreprise, il peut, s’il y en a un, questionner le comité social et économique (CSE) qui représente les salariés pour toutes les questions relatives à la santé et à la sécurité du travail. Les membres du CSE sont aussi en charge de proposer des actions de prévention pour assurer le maintien d’une bonne QVCT et santé au travail pour les salariés.

    Chaque employeur doit aussi adhérer ou organiser un service de prévention et de santé au travail (SPST) afin de satisfaire à l’obligation de santé et de sécurité prévue par le code du travail. Ce service peut être propre à son entreprise ou organisé en commun avec d’autres entreprises et établissements et a pour objectif de “préserver la santé au travail des travailleurs et d’accompagner les employeurs, les travailleurs et leurs représentants en matière de prévention des risques professionnels”.

    Des interlocuteurs en dehors de l’entreprise :

    En dehors de l’entreprise, l’inspecteur du travail a pour rôle d’informer les salariés sur leurs droits et leurs obligations en matière de santé au travail, mais aussi de les conseiller. Dépendant des directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), l’inspecteur du travail joue un rôle essentiel dans la surveillance et la régulation des conditions de travail au sein des entreprises. Sa mission englobe la vérification du respect des normes de sécurité, de la durée du travail, des rémunérations, ainsi que d’autres aspects liés notamment à la santé au travail.

    Au niveau régional, les Caisses régionales de l’Assurance maladie – Risques professionnels (Carsat, Cramif, CGSS) apportent appui et conseil aux entreprises sur les moyens techniques, organisationnels et humains à mettre en œuvre pour conduire leurs actions de prévention des risques professionnels, avec sous certaines conditions des aides financières. Elles jouent donc un rôle de soutien en aidant les acteurs de l’entreprise à adopter des méthodes efficaces pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

    Au niveau national, le salarié peut aussi solliciter l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dont l’une des missions est de répondre aux sollicitations du salarié en matière de santé, de sécurité et de prévention au travail.

    Les principaux acteurs de l’écosystème de la santé au travail

    Les institutions :

    L’écosystème de la santé au travail est porté avant tout par les institutions du Gouvernement, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales, puisque ce sont elles qui vont mettre en place les lignes directrices et le règles concernant la santé et la sécurité au travail.

    Parmi elles, on retrouve l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) qui a pour mission – d’après l’article L. 4642 du Code du travail – de contribuer au développement et à l’encouragement de recherches, d’expériences ou de réalisations en matière d’amélioration des conditions de travail, de rassembler et de diffuser les informations concernant, en France et à l’étranger, toute action tendant à améliorer les conditions de travail et d’appuyer les démarches d’entreprise en matière d’évaluation et de prévention des risques professionnels.

    L’Institut national de recherche et de sécurité qui est un institut pluridisciplinaire au service des professionnels de la prévention, des entreprises et des salariés sous l’égide de la Sécurité sociale, est lui aussi un acteur institutionnel au niveau national, puisqu’il est l’organisme de référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels. Ses missions qui vont de la recherche à l’information, en passant par la formation et l’assistance et se structurent autour de trois axes étants l’identification des risques professionnels et la mise en évidence les dangers, l’analyse de leurs conséquences pour la santé et la sécurité des salariés, ainsi que la diffusion et la promotion des moyens pour maîtriser ces risques au sein des entreprises.

    Les financeurs :

    Les financeurs se divisent en deux catégories : les caisses publiques et les mutuelles privées. En ce qui concerne les caisses publiques telles que celle de l’Assurance maladie et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole, elles ont pour mission de financer les soins des salariés, les arrêts de travail et la prévention.

    Les mutuelles privées financent aussi les soins des salariés mais vont aller plus loin en proposant des dispositifs de prévention. C’est le cas de la MGEN qui déploie depuis 2020 le dispositif “Bien être santé travail (BEST FPH)” qui permet de mettre en place des actions de prévention dans les structures hospitalières.

    Les associations :

    Les associations sont aussi des acteurs importants dans l’écosystème de la santé au travail. En effet, ceux sont elles qui vont développer des projets de recherche, propager les bonnes pratiques et mettre en place des politiques de sensibilisations. L’Association internationale de la sécurité sociale qui elle est la principale organisation internationale à l’intention des institutions, ministères et agences publiques en charge de la sécurité sociale va par exemple proumouvoir l’excellence dans l’administration de la sécurité sociale à travers des lignes directrices professionnelles, des connaissances spécialisées, ainsi que la fourniture de services et de soutien afin de permettre à ses membres de développer des systèmes et politiques de sécurité sociale dynamiques à travers le monde.

    Cartographie des acteurs de la santé au travail
    Cartographie des acteurs de la santé au travail
  • Panorama des dispositifs QVCT innovants dans les établissements de santé

    Enjeux de la QVCT dans les établissements de santé 

    La Qualité de Vie au Travail (QVCT) dans le domaine de la santé englobe les efforts visant à améliorer les conditions de travail des employés tout en renforçant la performance globale des établissements de santé. Ces efforts visent à :

    – garantir la sécurité des soins ;
    – assurer la qualité des soins ;
    – et promouvoir la santé des professionnels.

    L’évolution de l’organisation des établissements de santé, notamment l’intégration croissante des outils numériques influence à la fois la structure organisationnelle des établissements et les pratiques médicales elles-mêmes. De plus, certains outils numériques sont spécifiquement conçus pour améliorer la QVCT des professionnels de santé.

    L’enjeu pour les établissements de santé est donc :
    – évaluer l’impact des outils numériques sur les conditions de travail ;
    – comprendre les réactions des professionnels de santé à ces nouveaux outils ;
    – appréhender les changements induits dans le domaine de la santé ;
    – fournir un accompagnement adéquat à l’ensemble du personnel des établissements de santé.

    La qualité des soins menacée

    La healthtech lyonnaise PulseLife, qui vise à accompagner les professionnels de santé dans leur quotidien, a publié le 7 avril son baromètre pour la Journée mondiale de la santé : basé sur les réponses de 1012 professionnels de santé (médecins, infirmiers, spécialistes, chirurgiens, aide-soignant, pharmaciens, kinésithérapeutes, ostéopathes…) interrogés en ligne du 22 au 28 mars 2023, ce baromètre identifie les contraintes qui pèsent directement sur les conditions de travail des praticiens et les soins qu’ils prodiguent aux patients. Parmi lesquelles :

    • la surcharge de travail ;
    • le manque de moyens hospitaliers ;
    • la pénurie d’effectif ;
    • et l’hyper croissance des connaissance.

    La QVCT remise en question :

    Les professionnels de santé sont unanimes pour dire que la qualité de soins se détériore en France, et sont en quête de solutions. Ils sont également nombreux à estimer que l’IA peut les aider.

    • Pour 72 % des répondants à l’enquête de PulseLife, compte tenu des conditions actuelles de pratique de la médecine, la qualité de soins offerte en 2023 se détériore en France ;
    • Les infirmiers, plus pessimistes, sont 81 % à le reconnaître.

    Cette détérioration s’explique principalement par :

    • la surcharge de travail (78 % des professionnels de santé) ;
    • le manque de moyens mis à disposition (46 %) ;
    • le moral en berne des soignants (39 %).

    L’IA plébiscitée mais une défiance vis-à-vis de ChatGPT

    Pour améliorer leur pratique quotidienne, les professionnels de santé considèrent que la clé pour soulager les soulager et répondre à leurs besoins réside sûrement dans l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) dans la santé :

    • 81 % des soignants pensent que l’IA peut les aider au quotidien ;
    • un chiffre qui monte à 86 % chez les médecins ;

    Cependant, un grand scepticisme concernant ChatGPT est enregistré :

    • 73 % des répondants ne font pas confiance au modèle développé par OpenAI ;
    • une défiance encore plus élevée chez les médecins généralistes (80 %).

    Grégoire Pigné, co-fondateur de PulseLife et lui-même médecin en exercice, précise :

    “Les enseignements de cette étude appellent à une urgence. L’urgence d’aider nos soignants qui font face à un appauvrissement du secteur, conjugué à une explosion des connaissances médicales qu’il n’est plus possible d’absorber sans aide. D’un côté, les dépenses de santé évoluent plus vite que le PIB et ne seront plus soutenables d’ici 2050. De l’autre, la charge de travail de nos soignants n’est plus extensible. Il est grand temps de tirer parti de la technologie pour les aider, et les patients que nous sommes doivent en être conscients.”

    Répercussions des nouvelles technologies sur la QVCT des soignants

    Comme toute innovation organisationnelle, le déploiement des outils numériques (à l’image du dossier patient informatisé), nécessite une phase d’acculturation et une phase technique d’appropriation.

    Ces outils, qui ont pour objectif de simplifier les processus et de dégager du temps pour les soins, apparaissent comme des leviers d’amélioration de la QVCT des personnels des établissements de santé, parce qu’ils permettent notamment :

    • une plus grande traçabilité de l’activité ;
    • un accès immédiat à l’information ;
    • une amélioration de la qualité de soins ;
    • le suivi des indicateurs de qualité.

    Dans son rapport datant de 2020, l’Observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social (installé en juillet 2018) s’est penché sur les répercussions des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur l’activité des soignants. Il signale que « l’informatisation des processus de soins améliore à première vue la qualité de vie au travail des professionnels de santé ».

    Des outils numériques utilisés au quotidien :

    Beaucoup d’établissements se sont dotés de matériels connectés pour améliorer la QVCT et la sécurité, qui sont devenus le quotidien des soignants :

    • réalité virtuelle pour apaiser le stress ou la douleur ;
    • accompagnement à la télé-médecine ;
    • IA dans la démarche diagnostique ;
    • applications mobiles spécialisées ;
    • piluliers informatisés ;
    • bracelets anti-fugue pour les personnes démentes ;
    • innovations type « oreille augmentée » pour que les aides-soignants de nuit réduisent leurs trajets et aient une surveillance plus efficiente…

    Le métier d’aide-soignant devrait bénéficier des nouvelles technologies :

    Une étude de la direction interministérielle de la transformation publique, publié en juin 2019, identifie l’automatisation des tâches d’assistance et répétitives (distribution des repas et du matériel médical, nettoyage de surfaces, etc.) pourra dégager du temps pour la relation avec le patient et pour la communication avec l’équipe. Une évolution qui sera de plus en plus facilitée grâce aux données collectées et aux objets connectées, pouvant ainsi éviter les allers-retours au poste de soins.

    Les principaux désagréments sont liés aux outils numériques eux-mêmes :

    De nombreux soignants se plaignent du fait que le temps consacré aux TIC est mobilisé au détriment despatients. Ceci est dû à :

    • des problèmes techniques ;
    • la complexité de certains systèmes peu ergonomiques ;
    • des contraintes liées aux mesures de sécurisation et au temps consacré à la saisie ;
    • un risque non négligeable d’erreur lié aux interruptions de tâches.

    L’observatoire conclut :

    • que « les acteurs de santé sont insuffisamment formés à l’usage des TIC » ;
    • qu’« il en découle un manque d’aisance des professionnels dans la manipulation du numérique » ;
    • qu’il existe une « fracture générationnelle » qui peut rendre l’utilisation des systèmes angoissante par crainte de commettre des erreurs.

    En effet, les professionnels les plus âgés peuvent avoir des difficultés face aux nouvelles technologies et doivent être formés afin de ne pas créer de rupture avec les jeunes diplômés.

    Tout de même, les outils ne sont pas toujours responsables :

    Les difficultés rencontrées par les professionnelles résultent d’abord des usages qui sont faits des nouvelles technologies et des choix organisationnels de la structure :

    • les acteurs de santé sont souvent insuffisamment formés à l’usage des NTIC ;
    • la frontière entre vie privée et vie professionnelle est de plus en plus floue (phénomène du blurring) :

    le droit à la déconnexion est prévu par la loi travail du 8 août 2016 ;

    • la télémédecine est à priori un facteur protecteur de la QVCT mais n’est pas sans impact sur la manière de travailler du soignant (efforts de réflexion, de recul sur ses pratiques, d’adaptation et d’évolution de la vision de son exercice), pouvant également être sources de stress.
    • le télétravail a des avantages indéniables pour les professionnels mais est peu pratiqué par les soignants, alors que les outils numériques peuvent pallier ces risques.

    Des pistes d’amélioration pour de meilleures conditions

    Pour protéger les personnels et leur assurer de bonnes conditions de travail, l’Observatoire émet plusieurs recommandations :

    • « lors des journées d’accueil des nouveaux arrivants, un temps devrait être consacré à la présentation des différents logiciels et outils avec lesquels travaillent la structure » ;
    • les établissements devraient se doter d’une charte sur l’usage du numérique pour favoriser les bonnes pratiques ;
    • les changements induits par l’arrivée de l’IA dans les secteurs sanitaire et médicosocial, nécessitent un accompagnement des professionnels de santé afin de prévenir un éventuel conflit éthique, nuisible à la QVCT.

     

    Panorama dispositifs innovants de la QVCT

    L’observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social a recensé plusieurs initiatives et expériences en France comme étant des pratiques innovantes au service de la QVCT des professionnels de santé, « à valoriser, modéliser, voire reproduire » :

    Le groupement de coopération sanitaire (GCS) SARA : un outil numérique au service de la coordination des soins

    Description La plateforme propose un hébergement sécurisé pour les téléconsultations et télé-expertises, ainsi qu’un accompagnement pour les professionnels de santé souhaitant utiliser la télémédecine. Les projets et applications de e-santé de la région sont également accessibles via le même portail.

    PAACO GLOBULE et la plate-forme territoriale d’appui en Nouvelle-Aquitaine : un partage d’outils pour une meilleure coordination des soins

    Description PAACO est l’outil régional de coordination et de communication en santé porté par l’ARS de Nouvelle Aquitaine et déployé par le GIP ESEA NA. Cet outil est un journal de bord du patient permettant le partage d’informations autour du patient avec des PDS. Son utilisation est en lien avec une plate-forme territoriale d’appui, qui coordonne les soins en ville du patient pour une amélioration de l’efficience des prises en charge et un soutien aux professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux, afin d’éviter des hospitalisations inutiles et des ruptures du parcours de soins.

    Le Projet Mood Up ARA : la télémédecine pour l’amélioration de la QVT des soignants libéraux

    Description A travers ce projet, les PDS pourront prendre rendez-vous avec des psychiatres. Les PDS peuvent identifier les facteurs de risque et les risques psycho-sociaux liés à leur travail, réfléchir à des aménagements pour préserver leur bien-être et leur qualité de vie au travail grâce à cet outil qui leur permet de prendre des rendez-vous beaucoup plus facilement et d’obtenir un gain de temps sur les déplacements considérables.

    L’institut Analgésia et son dispositif de réalité virtuelle dans la prise en charge et la prévention de la douleur et du stress chez les professionnels.

    Description Le programme E-DOL RV, en partenariat avec l’institut Analgésia, utilise un casque de réalité virtuelle initialement pour traiter la douleur aiguë. Ce dispositif pourrait être utilisé pour soulager la douleur chronique chez les professionnels de santé également. Plusieurs sessions de réalité virtuelle sont en cours de développement pour une meilleure adaptation aux différentes situations de douleur. Le CHU de Clermont-Ferrand envisage de proposer ce dispositif aux professionnels de son site de gérontologie à l’Hôpital Louise Michel. L’objectif est de mesurer l’impact des séances de RV à l’issue de la phase d’expérimentation qui devra débuter début 2020 pour une durée de 12 à 24 mois.

    La prévention du risque psychosocial chez les professionnels par l’utilisation d’une solution informatique en ligne.

    Description Cette solution fournit un baromètre de la qualité de vie au travail pour les directions et des conseils personnalisés pour les utilisateurs. Les professionnels répondent anonymement à un questionnaire en ligne, puis des indicateurs tels que la satisfaction au travail, le stress ou le moral sont suivis. Le CHU de Clermont-Ferrand a expérimenté cet outil début 2020 dans deux secteurs différents (un secteur d’hospitalisation et un secteur administratif). L’application a été considérée comme pertinente en raison de sa facilité d’utilisation et de la possibilité de suivre rapidement les indicateurs de bien-être.

    Diffusion de la culture sport-santé au CHU de Toulouse

    CHU Toulouse | Contact, Service, Recrutement & Formation Description Remise en forme sur la base du volontariat grâce à une plateforme numérique dédiée, coaching sur site pour la prévention des TMS, formation de référents internes : le dispositif est pensé pour être le plus complet possible. À Toulouse, cette initiative se matérialise par un partenariat avec Fiters, visant à encourager une culture sport-santé au sein du CHU. Ce programme complet vise à favoriser la remise en forme, prévenir les blessures et renforcer la cohésion d’équipe.

    Exemples d’innovation dans le secteur privé

    Elsan exploite la solution d’Ayming pour mesurer les accidents de travail et mieux les prévenir :

    Depuis 2021, l’équipe d’Olivier Delpech, directeur QVT/Santé/Sécurité du groupe d’hôpitaux privés Elsan, déploie Acciline +, une plateforme de santé et sécurité au travail développée par la société Ayming. Cette solution permet d’avoir une vision claire de la situation, de l’analyser et de ce fait de pouvoir agir de manière pertinente. L’outil permet d’aider les établissements Elsan dans le management des risques professionnels de l’ensemble de leurs salariés. Il s’agit de l’un des éléments concourant à définir et à mettre en œuvre une politique concrète de prévention des risques.

    Une centralisation de toutes les données sur un même outil :

    La plateforme Acciline + permet de centraliser tous les documents relatifs au management de la politique de prévention des risques professionnels et santé au travail, mais aussi d’analyser les accidents de travail, de trajet et les maladies professionnelles.

    Un outil numérique utile à condition qu’il soit accompagné d’une formation et d’une acculturation des équipes :

    La sécurité au travail est un enjeu majeur dans les établissements de santé, et particulièrement dans un contexte de pénurie du personnel soignant. Un ordre de grandeur : on peut estimer, qu’en moyenne, on compte 4 fois plus d’accidents de travail dans le monde de la santé que dans d’autres secteurs, notamment dans l’industrie, et « ce sans que l’ensemble des acteurs ne soient tous conscients qu’il s’agit d’un vrai sujet », souligne Olivier Delpech. Avant l’utilisation de la solution Acciline +, Elsan n’avait pas de vision structurée de la situation (nombre de jours d’arrêt sur une année, cause de ces jours d’arrêt, métiers touchés, ancienneté des salariés accidentés…). Avoir une vision claire et précise de la situation dans son ensemble et pour chaque établissement grâce aux données remontées sur la plateforme était un point de départ nécessaire pour le déploiement d’une réelle stratégie de sécurité au travail. Résultats : « En 2022, on est passé de 70 000 à 60 000 arrêts de travail cumulés par rapport à 2021, soit 10 000 jours d’arrêt de moins, rapporte-t-il. Ce chiffre est loin d’être idéal… mais le progrès est bien réel. » Un outil nécessaire, donc, mais qui n’est pas une solution en soi, explique Olivier Delpech. « Avoir des données c’est bien mais il faut les comprendre et savoir les exploiter efficacement pour en tirer des plans d’action concrets et pertinents, puis lorsque des équipements sont préconisés, apprendre aux salariés à se servir correctement de ceux-ci et regarder comment on peut accélérer le déploiement de ces équipements à large échelle sur l’ensemble du groupe. » La présence terrain auprès de chaque site est fondamentale, notamment pour les accompagner dans l’utilisation de l’outil Acciline+ et dans la sensibilisation aux enjeux de la sécurité au travail. Pour garantir une boucle de progrès continu, cet accompagnement est poursuivi chaque année, pour s’assurer de la bonne utilisation et de la bonne compréhension de l’outil et former les nouveaux arrivants.

    L’année 2021 a été la phase de déploiement de la solution, 2022 la phase d’actions, avec une analyse de la réalité du sujet sur le terrain et le partage de premières lignes guide, qui seront les mêmes sur plusieurs années. « Un point essentiel, surtout quand le milieu n’est pas acculturé à ces sujets », souligne Olivier Delpech. L’enjeu central est en effet de parvenir à changer progressivement les mentalités et à créer une vraie culture de la sécurité au travail au sein du groupe, y compris avec les partenaires sociaux. Exemple d’actions concrètes menées parmi d’autres : le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) a été revu et mis à jour afin d’en faire un outil le plus opérationnel possible pour tous les acteurs qui l’utilisent.

    Programme Proxim’Elsan : un outil de management innovant

    Elsan a fait le choix de déployer une stratégie QVT/Santé/Sécurité agile, au plus proche du terrain. L’idée est de partir des besoins du terrain et non d’imposer une politique descendante : « L’ADN d’Elsan est de déployer une politique proactive et non subie », synthétise Dorothée Moisy, directrice innovation du groupe. C’est dans cet esprit qu’a été créé il y a un peu plus de 3 ans le programme Proxim’Elsan, une solution concrète adaptée aux professionnels « qui permet aux salariés de chaque service et au Comité de direction du site où il est déployé, d’identifier, de hiérarchiser et de traiter les sujets qui les concernent sur 3 axes : sécurité/ergonomie, attention aux patients et irritants du quotidien ». L’objectif est de former et d’accompagner les salariés des établissements (soignants et administratifs) pour leur apprendre à identifier les problèmes et les aider à les régler ensemble. La direction QVT/Santé/Sécurité accompagne les services pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’ils soient autonomes.

    Prévention du harcèlement : un pilier de la politique de santé et sécurité chez Ramsay santé

    La prévention du harcèlement moral, sexuel et des agissements sexistes occupe une place centrale dans la politique de santé et sécurité du groupe Ramsay santé. Grâce à un dispositif de recueil d’alertes via un numéro vert et une plateforme de signalement, les employés ont la possibilité de signaler tout comportement inapproprié. Les managers et référents sont spécifiquement formés pour accompagner les victimes et témoins, tandis que des modules de formation sont accessibles à tous pour mieux identifier et réagir face à ces situations. Les coordinateurs prévention, santé et sécurité des pôles analysent régulièrement les indicateurs d’accidents du travail et de maladies professionnelles, afin de mettre en place des actions préventives adaptées. Conscients des impacts du travail de nuit sur la santé, des formations spécifiques et des actions de sensibilisation sont proposées aux travailleurs nocturnes, soulignant l’engagement du groupe envers le bien-être de ses employés.

    Panorama des dispositifs numérique QVCT et santé au travail au sein des établissements de santé

     

  • Panorama des solutions numériques de santé et QVCT des salariés proposées en France

    31 entreprises recensées

    A l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, Health&Tech Intelligence met à jour son observatoire des outils innovants dédiés au suivi et à l’amélioration de la santé des salariés ainsi qu’à la prévention des risques professionnels en entreprise.

    Sur les 31 entreprises recensées qui proposent des solutions numériques pour la santé des salariés, 25 ont été créées entre 2015 et 2021. Cela montre que, dans ce domaine, le numérique prend de plus en plus d’ampleur.

    La part de lion pour la santé mentale

    11 solutions parmi celles disponibles sur le marché ciblent la santé mentale et le bien-être au travail, ce qui en fait la catégorie la plus investie par les innovations, devançant la santé somatique, et notamment le repérage et la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS).

    En santé mentale, Qualisocial repère les RPS en entreprise, en intégrant des algorithmes d’intelligence artificielle exploitant des données médicales cliniques, génétiques et d’imagerie.

    Nous retrouvons également les solutions proposées par Holivia, MindDay, Moka.Care, MoodWork, Qare, Supermood, Teale, Val Solutions, Wecare@work ou encore Alan Mind, cherchant à améliorer la santé mentale des employés.

    Autour de la santé corporelle, il y a 8 solutions développées par des entreprises, comme la solution Kimea de Moovency, permettant de quantifier les TMS à partir du Cloud, permettant de prioriser des actions de prévention en milieu industriel, analyse le poste de travail ainsi que la manutention en validant les charges portées par les opérateurs. A partir d’une vidéo, la plateforme va capter les mouvements réels du travailleur pour visualiser un jumeau numérique, et anticiper les risques TMS avec un rapport personnalisé.

    Plusieurs entreprises se concentrent également sur la santé physique au travail comme Coline Care, Numii d’AIO, MyC, Padoa, Axomove, Predilife et HumanFab.

    D’autres solutions se consacrent au sommeil et à la gestion des horraires décalées, comme Aum Biosync ou MySommeil.

    Pour sensibiliser à la prévention dans le cadre professionnel, la société Coven France a développé un escape game pour que les travailleurs se mettent à coopérer dans un scénario choisit et en tirent des leçons pour la pratique de leur activité ensuite.

    Panorama de 31 solutions dédiées à la santé et la QVCT des salariés

  • IA et PUI : cartographie des solutions disponibles en France

    I/ Le digital au service des opérations et de la prescription en PUI

    Le digital fait son entrée en pharmacie hospitalière après des années d’initiatives portées par quelques start-ups et pharmacies à usage intérieur (PUI). Suite aux divers besoins recensés dans certains hôpitaux ou services, certains services de pharmacie sont parvenus à proposer une offre qui vient en soutien aux pharmaciens.

    Il ressort que l’axe le plus novateur en terme de solutions au sein des PUI est la pharmacie clinique qui concentre des outils d’aides à la décision/prescription.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence livre quelques exemples représentatifs des principales solutions d’IA déployés au sein des PUI en France avec un focus sur les solutions destinés à la pharmacie clinique.

    II/ Panorama des solutions

    Le panorama non exhaustif des solutions disponibles en France suit la nomenclature de l’article détaillant les cas d’usage de l’IA au sein des PUI (disponible ici).

    Opérations et logistique

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, plusieurs solutions intègrent l’intelligence artificielle pour optimiser les opérations logistiques et les processus opérationnels. Parmi celles-ci, on compte trois principales solutions.

    • 1 solution améliore la préparation des produits de santé : HDJ Planner est spécialement conçu pour le pilotage en temps réel de l’unité : traçabilité des soignants, coordination avec la pharmacie pour la préparation des traitements médicamenteux.
    • 2 solutions se concentrent sur la gestion des stocks de médicaments : Opta Stock et Tracelink product availability utilisent l’IA pour prédire la demande et optimiser la gestion des stocks et de l’inventaire. 

    Sécurité

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’accent est particulièrement mis sur l’amélioration de la sécurité des médicaments grâce à l’intelligence artificielle. L’axe de la sécurité comptabilise 3 solutions dédiées à cette problématique

    • 2 solutions facilitent la traçabilité des médicaments et des dispositifs médicaux : ControlCheck et Serialized Product Intelligence (SPI) utilisent l’IA et sont des solutions de reporting opérationnel avancée permettant une surveillance proactive.
    • 1 solution se concentre sur la pharmacovigilance : Synapse automatise la gestion des déclarations des effets indésirables pour les équipes de pharmacovigilance.

    Tâches administratives

    Dans le domaine des tâches administratives au sein des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’automatisation des processus est grandement facilitée par l’intelligence artificielle, avec un total de quatre solutions dédiées à cette fonctionnalité.

    • 3 solutions sont dédiées à l’automatisation du processus de codage médical : Dimbox, Intelligence for health et Sancare visent à réduire les erreurs et à accélérer le traitement des données en automatisant le codage des diagnostics et des interventions grâce à des systèmes d’IA.
    • 1 solution se concentre sur la gestion des commandes et de la facturation : ControlCheck se concentre également sur la minimisation des dépenses, la maximisation des économies dans tous les domaines de l’hôpital et le maintien de la conformité des achats, le tout au sein d’une seule plateforme intégrée. 

    Pharmacie clinique

    Pour la pharmacie clinique, en France, une variété de solutions intégrant des modules d’IA sont disponibles pour améliorer la qualité des soins.

    • 1 solution simule et prédit les réactions aux traitements : ExactCure crée des jumeaux numériques personnalisés pour simuler comment différents traitements peuvent affecter la santé des patients.
    • 4 solutions détectent les erreurs d’administration et les erreurs de prescription : DrugCam est dédié à minimiser les risques d’erreurs d’administration des médicaments, tandis que d’autres solutions se concentrent sur la détection des erreurs de prescription tel que PharmaClass, PharmIA et Vidal.
    • 2 solutions analysent les informations pharmaceutiques : PharmaClass et Posos aident les pharmaciens à analyser et interpréter les informations médicamenteuses et cliniques.
    • 2 solutions sont impliquées dans la détection et prédiction des effets indésirables : PharmIA et Vidal sont des outils qui permettent aux pharmaciens d’identifier les risques iatrogènes. 
    • 1 solutions personnalisent les prescriptions basées sur les analyses génétiques et cliniques : Posos personnalise les prescriptions en analysant les données génétiques et cliniques des patients.

    Pour une comparaison approfondie des différentes solutions d’analyse pharmaceutique disponibles, un benchmark détaillé est disponible ci-dessous.

    III. Cartographie interactive des solutions disponibles en France

     

  • Panorama des cas d’usage de l’IA en pharmacie à usage intérieur (PUI)

    État des lieux de la pharmacie à usage intérieur

    La pharmacie à usage intérieur (PUI) représente un maillon essentiel de la chaîne de soins dans les établissements de santé. Cependant, elle est confrontée à plusieurs défis et difficultés, notamment :

    • La gestion des opérations logistiques : la PUI doit assurer la préparation, l’acheminement et la gestion des stocks de manière efficace et précise pour répondre aux besoins des services de soins tout en minimisant les erreurs et les gaspillages.
    • La sécurité des patients : assurer la sécurité des patients en évitant les erreurs médicamenteuses, en détectant les interactions médicamenteuses potentielles et en minimisant les risques liés à la prise de médicaments.
    • L’optimisation des soins : améliorer la qualité des soins en personnalisant les traitements, en assurant une adhésion thérapeutique optimale et en anticipant les besoins des patients.
    • La gestion administrative : simplifier et automatiser les tâches administratives telles que la gestion des commandes, la facturation et le codage médical pour réduire les coûts et les délais.

    L’émergence de l’IA en PUI

    “La pharmacie, longtemps numérisée, voit émerger une nouvelle ère avec l’intelligence artificielle. l’IA débarque tardivement dans ce domaine, avec seulement 19 publications entre 2000 et 2021. Toutefois, cette tendance s’accélère récemment, avec 63 % de ces études publiées en 2020 et 2021, mettant en avant le traitement automatique du langage naturel et les méthodes d’apprentissage profond.” Selon Pierrick Bedouch, chercheur au CHU de Grenoble.

    Cette étude menée par des chercheurs du laboratoire de recherche translationnelle et innovation en médecine et complexité (TIMC – CNRS / Université Grenoble Alpes) a scruté la littérature scientifique pour évaluer le rôle de l’IA dans l’analyse de prescriptions, l’éducation thérapeutique du patient et la délivrance de médicaments spécifiquement pour les PUI. Les conclusions, publiées dans l’international journal of medical informatics, mettent en lumière la nécessité croissante de solutions numériques pour naviguer à travers les défis posés par une médecine de plus en plus personnalisée au sein des PUI. L’étude révèle également une émergence récente d’outils d’IA, notamment dans le traitement automatique du langage naturel et les méthodes d’apprentissage profond, pour soutenir les professionnels de santé dans leurs décisions thérapeutiques au sein des PUI. En pratique, ces outils visent principalement à faciliter la prescription des médicaments, à anticiper les préparations de prescriptions, à éviter les erreurs lors de la délivrance des médicaments et à renforcer l’adhésion thérapeutique des patients dans le contexte spécifique des PUI. Les chercheurs soulignent la nécessité de développer davantage la recherche dans le secteur ambulatoire des PUI, où l’IA pourrait apporter une contribution significative à la gestion des patients atteints de maladies chroniques et à la médecine de ville en général.

    ➔ Cliquez ici pour découvrir les solutions d’IA disponibles en France destinées aux PUI.

     Optimisation de l’usage des médicaments :

    Une récente étude menée par des chercheurs de l’incubateur Mass General Brigham Mesh a mis en lumière l’importance croissante de gérer efficacement la polypharmacie, un phénomène courant chez les personnes âgées et associé à un risque accru d’interactions médicamenteuses indésirables. Bien que la déprescription des médicaments inutiles puisse réduire ce risque, le processus décisionnel est souvent complexe et chronophage, notamment en raison de la pénurie de personnel dans les soins primaires. Dans une étude récente menée par l’incubateur Mass General Brigham Mesh, ChatGPT émerge comme un outil prometteur pour soutenir la gestion de la polypharmacie et la déprescription. Les résultats, publiés dans le Journal des Systèmes Médicaux, marquent une première dans l’utilisation des modèles d’IA pour la gestion des médicaments. Les chercheurs ont testé ChatGPT avec différents scénarios cliniques impliquant des patients âgés prenant plusieurs médicaments, notant sa tendance à recommander la déprescription chez les patients sans antécédents de maladies cardiovasculaires, mais à être plus prudent en présence de telles conditions. Bien que l’étude soulève des questions sur la cohérence des recommandations et la prise en compte de certains types de médicaments, elle met en évidence le potentiel des outils basés sur l’IA.

    Décryptage des cas d’usage de l’IA en PUI

    La pharmacie à usage intérieur (PUI) est au cœur des établissements de santé, assurant la gestion des médicaments et des dispositifs médicaux, ainsi que des opérations logistiques. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, la PUI se transforme, offrant de nouveaux cas d’usage et solutions pour optimiser les processus et améliorer les soins aux patients.

    Une nomenclature détaillée en quatre axes, opérations et logistique, pharmacie clinique, sécurité et tâches administratives, avec un focus sur la pharmacie clinique est proposée pour une meilleure compréhension et classification des différents cas d’usage de l’IA.

    Opérations et logistique :

    Dans le segment opérations et logistique, on retrouve trois principaux cas d’usage de l’IA :

    • La préparation des produits de santé ; 
    • l’acheminement des traitements ;
    • et la gestion des stocks. 

    Les systèmes d’IA transforment les opérations et la gestion de la logistique des PUI en accroissant la productivité, en réduisant les erreurs et en optimisant les processus. Grâce à des robots et des systèmes automatisés, pilotés par des algorithmes avancés, la préparation précise et efficiente des médicaments est assurée, minimisant ainsi les risques pour les patients. Les algorithmes d’IA jouent également un rôle important dans la planification des itinéraires les plus efficaces pour l’acheminement des traitements. Cette optimisation logistique contribue à une meilleure gestion des ressources et du temps. La gestion des stocks bénéficie également des avancées de l’IA qui permet l’optimisation des niveaux de stock en prévoyant les besoins futurs et minimisant les gaspillages, assurant ainsi une disponibilité constante des médicaments tout en réduisant les coûts associés à la gestion des stocks.

    Pharmacie clinique :

    L’importance de la pharmacie clinique dans l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) en pharmacie à usage interne (PUI) est démontrée par la diversité des cas d’usage répertoriés. Avec douze cas d’utilisation répartis en trois sous-catégories distinctes, la pharmacie clinique apparaît comme l’axe principal pour l’application de l’IA dans l’amélioration de la prise en charge des patients et de la qualité des soins.  Dans cet article, Health & Tech Intelligence à choisi les trois sous-catégories suivantes pour classifier les cas d’usage de l’IA en pharmacie clinique :

    • L’optimisation du processus de soins ; 
    • l’amélioration de l’observance et de la sécurité des traitements ; 
    • et la personnalisation des soins et soutien aux patients. 

    Grâce à des outils comme le jumeau numérique patient, les pharmaciens peuvent créer des modèles virtuels précis de chaque individu, permettant ainsi une personnalisation inégalée des traitements. L’analyse pharmaceutique utilise également les avancées de l’IA pour affiner les protocoles thérapeutiques, identifier les interactions médicamenteuses et proposer des alternatives pertinentes. De plus, la priorisation des patients via l’IA assure une gestion efficiente des ressources en attribuant les soins en fonction de la gravité des cas. La validation des ordonnances électroniques automatiquement par les systèmes d’IA garantit la conformité aux protocoles cliniques et réduit les risques d’erreurs de prescription. L’optimisation de la conciliation médicamenteuse grâce à l’IA permet d’identifier les incohérences et les risques potentiels liés à la prise de plusieurs médicaments, assurant ainsi une gestion sûre et efficace des traitements.

    L’intelligence artificielle facilite la prévention et la détection des risques pour les patients au sein des PUI. La prévision de l’inobservance des traitements par les systèmes d’IA, basée sur l’analyse des données comportementales et médicales, permet d’identifier les patients à risque et d’intervenir précocement pour favoriser leur adhésion thérapeutique. De même, la détection des erreurs d’administration et des erreurs de prescription grâce à l’IA contribue à réduire les risques pour les patients en identifiant les anomalies potentielles dans la prise de médicaments. La détection et la prédiction des effets indésirables des médicaments représentent une avancée majeure, permettant une surveillance continue et une intervention anticipée pour minimiser les risques pour les patients au sein de la pharmacie interne. Enfin, le renforcement de l’adhésion thérapeutique grâce à des interventions personnalisées et des rappels de médicaments contribue à améliorer la gestion des maladies chroniques et à optimiser les résultats cliniques à long terme au sein de l’établissement.

    L’IA offre des solutions pour répondre aux besoins individuels des patients au sein de la pharmacie à usage interne. L’éducation thérapeutique du patient par les systèmes d’IA fournit des informations personnalisées et des conseils sur les traitements, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une adhésion accrue aux recommandations médicales. Le rôle de l’IA est prépondérant dans la personnalisation des traitements, exploitant les données génétiques, physiologiques et comportementales, l’IA permet de recommander des approches thérapeutiques adaptées à chaque patient, améliorant ainsi l’efficacité des interventions médicales dans le cadre de la pharmacie interne. L’IA contribue également au soutien continu aux patients grâce à des outils aidant à renforcer l’adhésion thérapeutique en fournissant un suivi personnalisé et des rappels de médicaments.

    Sécurité :

    La place de l’IA dans la gestion de la sécurité des PUI est essentiel. On distingue deux principaux cas d’usage :

    •  La traçabilité des médicaments ;
    • et la pharmacovigilance. 

    Les systèmes d’IA permettent une traçabilité précise des médicaments et des dispositifs médicaux, de leur fabrication à leur administration, réduisant ainsi les risques de contrefaçon et d’erreur. En terme de pharmacovigilance, l’IA peut détecter plus rapidement les signaux de sécurité des médicaments, permettant une intervention précoce des autorités réglementaires.

    Tâches administratives :

    En matière de sécurité et de tâches administratives, l’IA concentre deux cas d’usage :

    • L’automatisation du processus de codage médical ; 
    • et la gestion des commandes et de la facturation. 

    L’automatisation du processus de codage médical permet d’optimiser la documentation médicale en rendant le processus plus efficient et moins sujet aux erreurs, garantissant une meilleure précision et une réduction des délais. De même, la gestion des commandes et de la facturation bénéficie de l’analyse des données et de la reconnaissance des tendances de consommation, permettant une gestion proactive, une anticipation des besoins et une minimisation des coûts administratifs.

    Référentiel des cas d’usage de l’IA en PUI

    👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA en pharmacie à usage intérieur, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • Évolution du montant total des levées et du nombre d’opérations au T1 de 2016 à 2024

    Retour à des niveaux similaires à la période 2018-2020

    Si l’on se concentre sur le total au T1 des levées de fonds depuis 2016, on relève une accélération en 2018 mais surtout une explosion en 2022 avec plus de 1 Md € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 234 % par rapport à 2020 et de plus de 1 078 % par rapport à 2019. Dès 2023, la dynamique s’est stabilisée avec un total des montants levés quasi identiques à 2018. En 2024 on relève un retour à des niveaux similaires à la période (2018-2020).

    ❗ Le secteur de la health tech était moins mature en 2016 et en 2017, la hausse observée par rapport à ces deux premières années n’est donc pas forcément significative.

    Le nombre total du nombre d’opérations reste quant à lui plus ou moins similaire d’une année sur l’autre, excepté là encore en 2021, année durant laquelle 28 opérations ont été réalisées, contre 16 en 2020 et 20 en 2019 et 13 en 2018. En 2024, 18 opérations ont été réalisées, soit un nombre identique à 2023 mais les montants levés s’avèrent en moyenne moins conséquents (autant d’opérations mais montant levés moins importants).

     

    Evolution des montants des levées de fonds et du nombre de deals au premier trimestre, depuis 2016 - @ Veille H&TI
    Evolution des montants des levées de fonds et du nombre de deals au premier trimestre, depuis 2016 – @ Veille H&TI