Data-Indicateur

  • Evolutions réglementaires en lien avec la santé numérique aux Etats-Unis

    🛡️Medicare et Medicaid : une avancée majeure mais avec des limites

    La Social Security Act en 1935, sous l’administration de Franklin D. Roosevelt, a posé les bases du système de protection sociale moderne des États-Unis. Mais c’est en 1965 que les deux programmes phares, Medicare et Medicaid, ont été créés sous le président Lyndon B. Johnson, dans le cadre des Amendements de la Social Security Act.

    Ces deux programmes, bien que représentant une avancée, ont souligné les limites du système de santé américain. En effet, des millions de personnes qui ne répondent pas aux critères d’éligibilité sont exclues de ces programmes. Cela se traduit notamment par un taux de 8% des Américains qui n’ont pas de couverture maladie.

    🚑L’Obamacare : un élargissement de la couverture d’assurance maladie

    L’Affordable Care Act (ACA) en 2010, sous l’administration de Barack Obama, a permis de rendre l’assurance maladie plus accessible et abordable. Une des mesures de la réforme est l’obligation pour la plupart des citoyens et résidents permanents de souscrire à une assurance privée ou de payer une pénalité, appelée mandat individuel. Cette mesure a toutefois été supprimé au niveau fédéral en 2019.

    Une autre mesure de l’ACA est de mettre en place une « marketplace », c’est-à-dire un comparateur d’assurances approuvées par la loi. Les assurances sont classées en 4 niveaux de bronze à platinium où chaque niveau correspond à un pourcentage des frais de santé pris en charge par l’assureur allant de 60% à 90%.

    L’ACA a également permis d’élargir l’accès à Medicaid. En effet, les individus ayant un revenu allant jusqu’à 138 % du seuil de pauvreté ont pu y prétendre, cette extension ayant été adopté par la majorité des États.

    La réforme interdit aux compagnies d’assurance de refuser de couvrir des individus en raison de conditions médicales préexistantes, d’imposer des plafonds de remboursement pour les services de soins essentiels ou d’annuler les polices de ceux qui tombent malades. Parmi les services essentiels garantis par l’ACA, on trouve les soins d’urgence, l’hospitalisation, la santé mentale, les prescriptions médicales, et bien d’autres, sans possibilité pour les assureurs de limiter les remboursements.

    L’ACA a permis d’imposer aux entreprises de plus de 50 salariés travaillant plus de 30h par semaine de fournir une couverture santé à ses employés.

    Malgré les tentatives d’abrogation par les républicains, l’ACA reste en vigueur aujourd’hui, bien que certains États continuent de débattre sur les mandats individuels et autres aspects de la réforme.

    🌐HIPAA : des normes nationales pour la protection des données

    La Health Insurance Portability and Accountability Act en 1996, sous administration Bill Clinton, a permis la mise en place de normes nationales pour assurer la protection et la confidentialité des informations de santé aux Etats-Unis. Il s’agit notamment des informations de santé personnellement identifiables, administrées et appliquées par l’Office for Civil Rights (OCR) du Département de la Santé et des Services sociaux (HHS).

    HIPAA est composée de plusieurs règles essentielles :

    • la règle de confidentialité, qui établit des normes pour la protection des dossiers médicaux électroniques ;
    • la règle de notification en cas de violation, qui définit les exigences en matière d’information du public lors d’une atteinte à la confidentialité des données ;
    • la règle de sécurité, qui vise à protéger les informations de santé électroniques ;
    • et la règle d’application, qui prévoit des sanctions pour les violations.

    Sous l’administration Biden, des avancées ont pu être apporter à l’HIPAA. Notamment des règles concernant la confidentialité des soins pour la santé reproductive, pour la toxicomanie. Mais également des guidelines pour le déploiement de la télésanté et l’utilisation de dispositifs mobiles.

    🔐Un renforcement des droits des patients en matière d’accès à leurs informations

    La 21st Century Cures Act, en 2016, sous l’administration Obama a permis d’améliorer l’interopérabilité des technologies de santé. La loi impose également des restrictions strictes contre le « blocage d’information », une pratique qui entrave l’accès, l’échange ou l’utilisation des informations de santé électronique.

    La loi a conduit à la création de la règle d’interopérabilité et de blocage d’information, finalisée en avril 2021. Cette mesure vise à garantir que les patients puissent accéder à l’ensemble de leurs informations de santé électroniques de manière pratique et sécurisée. Elle interdit également aux développeurs de technologies de santé, aux réseaux d’information en santé, aux échanges d’information en santé et aux prestataires de soins de bloquer l’accès ou l’échange de ces informations, sauf dans des circonstances spécifiques définies par le HHS.

    En 2023, le HHS a proposé de nouvelles mesures à apporter à cette loi. Notamment en introduisant davantage d’exigences de transparence pour les développeurs de technologies de santé en alignement avec les directives de la Food and Drug Administration (FDA).

    L’infographie ci-dessous illustre les différentes avancées de réglementation aux Etats-Unis

    Principales initiatives réglementaires aux USA
  • AWS, Vidal, Merck… Un tour d’horizon sur les partenariats clés de cet été

    De nouveaux partenariats autour de l’IA

    GE Healthcare et Amazon Web Services s’associent pour le développement des modèles d’IA

    GE HealthCare a annoncé une collaboration avec Amazon Web Services (AWS) pour développer des modèles d’IA générative et des applications médicales innovantes. Ce partenariat vise à transformer le secteur des soins de santé en intégrant l’IA dans les opérations cliniques.

    Les objectifs clés de cette collaboration sont :

    • d’améliorer les diagnostics et des soins : en utilisant l’IA pour accélérer le développement d’applications cliniques ;
    • d’intégrer la technologie AWS : GE HealthCare utilisera Amazon Bedrock et SageMaker pour créer des modèles spécialisés en santé ;
    • de moderniser les applications : en déployant de nouveaux outils pour améliorer l’efficacité des flux de travail et des soins aux patients.

    Ferrum Health et PaxeraHealth intègrent l’IA dans les flux de travail cliniques

    Ferrum Health, une plateforme d’IA pour le secteur de la santé, a annoncé un partenariat avec PaxeraHealth le leader mondial des solutions d’imagerie. Ce partenariat vise à intégrer l’IA dans les flux de travail cliniques. Leur partenariat vise à proposer des solutions avancées qui amélioreront les soins des patients et faciliteront l’adoption de l’IA dans la pratique clinique, tout en garantissant la sécurité des données.

    Ausmed Global et Merck veulent lutter contre le diabète grâce à des soins non invasifs

    AusMed Global a annoncé le 29 juillet avoir signé un partenariat stratégique avec Merck visant à élargir l’accès aux solutions non invasives de gestion du diabète et accélérer le progrès dans les soins du diabète et de l’obésité. KetoMetrics la solution d’AusMed est un système innovant de gestion des cétones dans le souffle, conçu pour offrir une alternative non invasive aux tests sanguins traditionnels utilisés dans le suivi du diabète.

    Contrairement aux tests traditionnels qui nécessitent une prise de sang pour mesurer le taux de cétones, la solution KetoMetrics permet d’obtenir ces informations simplement en analysant l’haleine de l’utilisateur.

    En France, des collaborations visant à faciliter les tâches des professionnels

    Un partenariat pour optimiser la sécurité des prescriptions médicales

    Le Groupe Berger-Levrault, leader dans l’édition de logiciels, a noué un partenariat avec Vidal, spécialiste des solutions d’aide à la décision thérapeutique. Grâce à cette collaboration, les fonctions avancées de calcul du logiciel d’aide à la prescription de Vidal, maintenant certifié CE, seront pleinement intégrées dans les solutions de Berger-Levrault.
    Ce partenariat permettra notamment :
    • d’améliorer la sécurité des prescriptions ;
    • de simplifier l’intégration des fonctionnalités pour les professionnels de santé.

    La modernisation des services pharmaceutiques pour les professionnels indépendants

    La Caisse des Dépôts, la Poste Santé Autonomie, et Federgy ont lancé l’initiative “Ma Pharmacie en France” pour soutenir les pharmacies indépendantes en modernisant leurs services grâce à des outils numériques.

    Le portail “Ma Pharmacie en France” offrira début 2025 aux pharmaciens et patients des services personnalisés, incluant :

    • la livraison de médicaments à domicile ;
    • la vente en ligne de médicaments sans ordonnance, parapharmacie, et dispositifs médicaux ;
    • la diffusion de messages de santé publique ;
    • la prise de rendez-vous pour vaccinations et tests de prévention ;
    • l’accès aux informations sur les pharmacies de garde.

    Des partenariat stratégiques pour transformer le secteur de la santé à l’échelle mondiale

    C2N à la conquête de 75 pays

    C2N Diagnostics et Unilabs ont annoncé un partenariat mondial pour faire progresser la santé cérébrale. Cette collaboration réunit les leaders de l’innovation dans les domaines du diagnostic et de la médecine de laboratoire, avec pour objectif de développer et de déployer des tests de diagnostic avancés pour détecter les maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Ce partenariat permettra de combiner l’expertise unique de C2N en biotechnologie avec les capacités étendues de laboratoire d’Unilabs à travers le monde. Plus précisement il s’agira de :

    • permettre aux tests sanguins Precivity de C2N de couvrir plus de 75 pays et de transformer le diagnostic précoce et la recherche sur la maladie d’Alzheimer
    • faciliter le transfert de technologie du portefeuille de biomarqueurs sanguins de la maladie d’Alzheimer appartenant à C2N afin de mettre en place un réseau de tests d’Unilabs dans toute l’Europe

    L’entreprise Philippine Nordic Medical étend ses services

    Nordic Medical Clinic, un prestataire de soins de santé de premier plan aux Philippines, a annoncé un nouveau partenariat avec OneCare Group, une entreprise spécialisée dans la fourniture de services complets pour la santé physique et mentale via une plateforme numérique. Cette collaboration vise à renforcer les programmes de soins de santé holistiques offerts par les deux entités. En tirant parti des forces des deux entreprises, le partenariat permettra d’étendre les services de soins de santé 360 degrés pour lesquels OneCare Group est reconnu.

    Les plans futurs de ce partenariat incluent l’intégration de leurs plateformes numériques, et l’utilisations des technologies avancées pour prédire les maladies chroniques, améliorer les soins préventifs, et promouvoir un diagnostic précoce.

     

    @ Health&Tech Intelligence
  • Cartographie des acteurs de l’écosystème irlandais de la santé numérique

    198 entreprises de la santé numérique

    En 2024, Ibec a publié une cartographie de l’écosystème irlandais de la santé numérique, recensant 198 entreprises, réparties en 9 catégories :

    • dispositifs médiaux numériques (DMN) ;
    • thérapies numériques (DTx) ;
    • applications de santé et de bien-être ;
    • médecine de précision ;
    • télésurveillance et télésanté ;
    • outils cliniques ;
    • pilotage et gestion des ressources ;
    • data et cybersécurité.

    Le pays est divisé en quatre régions principales – Est, Ouest, Nord et Sud – avec une concentration variable des entreprises de santé. La région Est en regroupe le plus grand nombre, notamment à Dublin, suivie par la région Ouest et sa principale ville Galway.

    La catégorie DMN est celle ayant le plus d’entreprises avec des sociétés internationales comme Medtronic et Siemens Healthineers ou des laboratoires pharmaceutiques tels que Roche Diagnostics.

    Répartition des entreprises en santé numérique en Irlande – @ Ibec

    Un bureau pour l’innovation au sein du HPRA

    Health products regulatory authority (HPRA) a mis en place un bureau de l’Innovation pour offrir un soutien réglementaire et des conseils aux développeurs de dispositifs innovants. L’objectif est d’aider les innovateurs à comprendre les exigences réglementaires dès le début du développement, évitant ainsi des problèmes potentiels ultérieurs et accélérant l’approbation des nouveaux produits.

    Le HPRA est l’agence en charge de garantir que tous les produits de santé, y compris les dispositifs de santé numérique, soient sûrs et efficaces pour les patients. L’agence a la charge de la réglementation des DMN pour assurer leur sécurité et leur adéquation à l’usage prévu. Cela comprend la planification et la conception appropriées du produit, l’évaluation des performances et des aspects cliniques, et la validation des processus de fabrication. Une fois le produit mis sur le marché, il doit être traçable tout au long de la chaîne de distribution et son rendement doit être surveillé continuellement. Le bureau de l’Innovation au sein du HPRA a justement été créé car la réglementation des produits en santé numérique demande une approche plus flexible et agile que celle des produits de santé traditionnels.

    Le HPRA encourage les développeurs à générer et évaluer les données cliniques pour démontrer la performance et la sécurité de leurs dispositifs. L’Irlande, avec son secteur dynamique des dispositifs médicaux et de la technologie comme le montre la cartographie ci-dessus souhaite être un hub mondial dans ce domaine en attirant des entreprises internationales.

    Panorama des acteurs de l’écosystème en Irlande

    Panorama des personnes clés au sein de ces structures

    Synthèse

    Synthèse des acteurs clés de la santé numérique en Irlande @ H&TI
  • Evolutions réglementaires en lien avec la santé numérique en Irlande

    4 moments clés depuis 2013

    1️⃣ La première stratégie en santé numérique irlandaise est entrée en vigueur en 2013 et l’agence eHealth Ireland a été créée pour la mettre en œuvre. Cette première stratégie visait à déployer la e-prescription, le télésoin et les dossiers patients informatisés à travers le pays.

    2️⃣ En 2014, un texte de loi a permis la mise en place d’identifiants individuels et uniques pour les professionnels de santé.

    3️⃣ En 2018, la loi sur la protection des données a rendu obligatoire, pour chaque prestataire de santé, d’avoir un délégué en charge de la protection des données afin d’être en phase avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    4️⃣ Durant la crise du Covid-19, des mesures législatives temporaires ont permis de la prescription électronique de certains médicaments.

    Absence d’un cadre législatif spécifique à la e-santé

    Le sujet étant encore peu mature en Irlande, il n’y a pas aujourd’hui de cadre législatif spécifique aux services numériques de santé. En effet, un récent rapport de la Commission européenne, dans le cadre du plan “Digital decade”, présente des indicateurs de maturité en santé numérique et place l’Irlande à la 29e et dernière position.

    Avec un score de 11 %, l’Irlande est ainsi bien en dessous de la moyenne européenne de 79 %. Toutefois ce rapport met également les progrès que l’Irlande a connu en matière de santé numérique depuis la dernière enquête. En effet, un groupement hospitalier privé, présent dans l’une des 6 régions de santé du pays, a introduit en 2023 une application pour permettre aux patient ayant une assurance maladie privée d’accéder à distance à leurs dossiers informatisés. Par ailleurs, l’Irlande se démarque comme étant le seul pays de l’Union européenne (UE) qui ne possède pas de portail national pour accéder à ces données.

    👉 Pour plus de détail sur ce rapport européen : UE : le France au-dessus de la moyenne européenne en termes de développement de la e-santé.

    Indicateur e-santé des pays de l’UE – @ Commission européenne

    Un retard concédé sur plusieurs volets numériques :

    • Concernant l’accès aux données sur la e-prescription, l’Irlande est dernière au classement européen, car elle ne propose pas ce service à ses citoyens.
    • Concernant l’accès aux résultats de laboratoires et rapports d’imagerie, seule la région ouest le permet, mais de manière limitée à certains résultats de laboratoire et rapports médicaux, sans disponibilité nationale.
    • L’Irlande ne dispose pas de bases légales ni de mécanismes mis en œuvre pour permettre aux citoyens d’autoriser d’autres personnes à accéder à leurs dossiers de santé électroniques en leur nom.
    • L’Irlande est aussi le seul État membre, avec la Tchéquie, à ne fournir ni dispositions légales ni assistance aux citoyens pour accéder à leurs données électroniques de santé via un point de contact désigné, qu’il soit public ou privé. L’Irlande est également en retard dans la mise en œuvre des directives d’accessibilité du contenu web pour ses services de santé en ligne.

    Chronologie des évolutions règlementaires en lien avec la santé numérique :

    Principales initiatives réglementaires en Irlande @ H&TI

     

  • Contexte et chiffres clés du système de santé irlandais : un budget de 22,5 Mds€ en 2024

    Vers un accès universel aux soins

    Le Health service executive (HSE) est le système de santé public irlandais. Il s’agit d’un système dual, combinant des services publics et des services privés. Le système public est réglementé par le Département de la Santé, tandis que sa gestion opérationnelle et financière est assurée par le HSE.

    Les hôpitaux en Irlande peuvent être privés ou publics. Parmi les 86 hôpitaux du pays en 2023 :

    • 78 % sont publics, soit 67 hôpitaux ;
    • 43 de ces hôpitaux sont des hôpitaux généraux.

    En mai 2021, l’Irlande a lancé le programme Sláintecare, visant à créer un système de santé universel, notamment en éliminant les soins privés des hôpitaux publics, dans l’objectif d’améliorer l’expérience des patients, de réduire les coûts et d’obtenir de meilleurs résultats de santé. Depuis le lancement de Sláintecare :

    • les frais pour les enfants de moins de 16 ans ont été supprimés ;
    • les temps d’attente ont été réduits ;
    • et plus de 2 400 professionnels de la santé ont été recrutés.

    54 % des médecins sont généralistes

    Au total, l’Irlande compte 20 135 médecins en exercice en 2023, dont :

    • 10 872 généralistes ;
    • 2 557 psychiatres ;
    • et 1 550 pédiatres.

    Les soins primaires sont assurés par des médecins généralistes travaillant dans des cabinets pluridisciplinaires, des centres de soins primaires ou des cabinets privés. Le généraliste joue ainsi un rôle pivot au sein du système de santé irlandais, en étant le premier point de contact des patients. Ces derniers peuvent choisir leur médecin librement et, en cas d’orientation vers un hôpital public pour des examens ou traitements, les services sont dispensés gratuits. En revanche, l’accès direct aux urgences sans recommandation de son médecin généraliste entraîne des frais pour le patient. Il est à noter que près de la moitié des résidents en Irlande ont une assurance privée.

    Le budget de la santé en baisse

    Le système de santé irlandais est principalement financé par les revenus des impôts. En 2022, les dépenses de santé s’élevaient à environ 30,5 milliards d’euros, soit 6,6 % du PIB : un chiffre en dessous de la moyenne européenne (9,9 %).

    En 2023, le budget alloué à la santé était de 23,4 milliards d’euros, avec avec 2 milliards supplémentaires par rapport à l’année précédente. Mais en 2024, ce budget en registre une baisse de 900 millions d’euros, soit un total de 22,5 milliards d’euros. Il prévoit noramment :

    • 2,6 milliards d’euros pour les maisons de retraite, les services de repas à domicile et les clubs d’activités pour les personnes âgées et atteintes de démence ;
    • 1,3 milliards d’euros pour la santé mentale ;
    • 500 millions d’euros pour lutter contre les longues listes d’attentes notamment pour les opérations chirurgicales ;
    • 145 millions pour les services de lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie ;
    • 36,3 millions d’euros de fonds d’urgence pour les services de soins intensifs ;
    • 36,3 millions d’euros de fonds d’urgence pour les services d’urgences ;
    • 16,5 millions d’euros pour le programme Healthy Ireland (promotion de la santé et de la prévention) ;
    • 1 million d’euros pour développer des installations sportives (natation et randonnée) ;
    • et 1,5 million d’euros pour un programme de sensibilisation à l’alcool et aux drogues.

    6 M€ pour la création d’un organisme d’accès aux données de santé

    Afin de mettre en place une infrastructure pour un service qui gère l’accès aux données de santé, dans le cadre de la stratégie européenne d’accès aux données, un financement de 6 millions d’euros a été annoncé, en décembre 2023, par le ministre irlandais de la Santé, Stephen Donnelly, dont :

    • une part européenne à hauteur de 3,6 millions d’euros ;
    • et une part nationale à hauteur de 2,4 millions d’euros.

    C’est ainsi qu’a été lancé le projet du Health Data Access Body (HDAB), qui permettra aux chercheurs et aux décideurs politiques d’accéder à des ensembles de données de santé anonymisées, offrant ainsi des perspectives pour améliorer la prestation des services de santé en Irlande. Il est réalisé en collaboration entre le Département de la Santé, l’Autorité de l’information et de la qualité en santé (HIQA) et le Health Research Board (HRB) du pays.

    Chiffres clés sur le système de santé irlandais – @ Health & Tech Intelligence

     

  • Top 10 des levées de fonds du premier semestre 2024 en France

    Top 10 des levées de fonds du S1 2024 – @ Health & Tech Intelligence

     

  • Où en sont les levées de fonds dans la santé numérique en France ? (montants et nombre d’opérations, de 2016 à 2024)

    A noter, en lisant me graphe ci-dessous, que :

    • le secteur de la healthtech était moins mature en 2016 et en 2017 ;
    • la veille H&TI inclut les start-ups de santé numérique hors pharmatech et biotech.
    Evolution des levées de fonds au premier trimestre de l’année depuis 2016 – @ Health & Tech Intelligence

    COMPARATIF DES S1 DE 2016 À 2024 :

    De manière générale :

    ➡️ Si la crise liée au Covid-19 a freiné les investissements pendant les premiers mois de 2020 (258,2 M€ de janvier à juin contre 424,54 M€ en 2019), elle a surtout été un accélérateur de l’innovation en santé. Un constat qui se confirmait déjà largement dans le bilan du premier semestre de 2021 et qui s’est poursuivi au S1 2022. Cependant les investissements en santé numérique ont été divisés par 4 au S1 2023 par rapport au S1 2022. Ils représentent 90 % du total des montants levés avant la crise sanitaire mais reste 6 fois plus élevés qu’en 2016. Un ralentissement à mettre en perspective, dû à l’essoufflement de l’effet Covid-19.

    ➡️ Au S1 2024 ,on observe des résultats en baisse (-19% par rapport à 2023 et -26% par rapport à 2018). Malgré les défis géopolitiques et la stagnation du marché des introductions en bourse, l’engouement des investisseurs,  le paysage robuste des fusions et acquisitions du secteur et l’augmentation des mégatransactions au niveau international laisse présager un écosystème en pleine maturité, qui pourra progresser dans les mois à venir.

    ➡️ Si l’on se concentre sur le total des levées de fonds au premier semestre (janvier-juin) entre 2022 et 2024, on relève une hausse record en 2021 (+247 % par rapport à 2020) et de nouveau en 2022 (+86,8 % par rapport à 2021), après une baisse significative observée entre 2020 et 2019 (- 39 %) et entre 2020 et 2018 (- 38,6 %)… mais une hausse colossale par rapport à 2017 (+ 1 841 % : 2017-2022) et à 2016 (+ 2 537 % : 2016-2022). Le bilan au S1 2023 marque la fin de la période “record”, avec un retour à la dynamique pré-Covid : – 77.08 % par rapport au S1 2022, – 57,20 % par rapport au S1 2021 mais + 48.63 % par rapport au S1 2020 et un montant quasi identique au S1 2019 (383,77 M€ en 2023 vs 424,54 M€ en 2019).

    ➡️ Les chiffres pour les années 2016 et 2017 sont à nuancer puisque pour ces deux années, le montant de plusieurs levées de fonds n’avaient pas été communiqués par les sociétés concernées : le total des levées de fonds pour le premier trimestre perd ainsi en précision mais la tendance affichée n’en reste pas moins représentative.

    ➡️ Quant au nombre d’opérations, le total cumulé du nombre de levées de fonds effectuées entre janvier et juin était jusqu’en 2020 plus ou moins similaire d’une année sur l’autre (peu de variation) : une augmentation a été observée à partir de 2020 et de la crise Covid-19, avec :

      • 62 opérations réalisées au S1 2021 et 59 au S1 2022 ;
      • contre 31 et 39 respectivement au S1 2020 et au S1 2019 ;
      • et 31, 26 et 22 respectivement au S1 2018, au S1 2017 et au S1 2016 ;
      • au S1 2023, on retrouve la dynamique pré-Covid, avec 34 opérations réalisées, soit presque 2 fois moins qu’au S1 2022.

     

    Au milieu de la progression mondiale des investissements dans la santé numérique, il y a lieu de faire preuve d’optimisme face aux mois à venir. Cependant, plusieurs facteurs cruciaux influenceront la trajectoire de la santé numérique au cours du second semestre de l’année.

    • les incertitudes géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, devraient continuer à avoir un impact sur le sentiment d’investissement et la dynamique des marchés à court terme.;
    • la persistance de taux d’intérêt élevés, projetés jusqu’à la fin de l’année dans certaines régions, pourrait poser des défis à une croissance économique robuste, affectant potentiellement les investissements privés dans le secteur de la santé numérique, en particulier dans les régions en développement telles que la région Asie-Pacifique;
    • le renforcement du marché public pourrait entraîner une hausse des débuts sur le marché public d’ici la fin de l’année, ce qui pourrait également déclencher des cycles de financement plus importants.

     

    UNE DYNAMIQUE EN PROGRESSION AU NIVEAU INTERNATIONAL 🌍 :

    Selon les rapport Rock Health et CB Insight, au premier semestre 2024, le financement de la santé numérique au premier semestre 2024 a démontré de solides performances. Cette évolution a défié les attentes d’un hiver de financement prolongé et a démontré une résilience et une croissance remarquables.

    Pour aller plus loin: Bilan des levées de fonds du S1 2024 : l’Europe en 2e position derrière les USA (CB Insight)

    Les exigences en matière d’innovation technologique pour améliorer les soins de santé sont de plus en plus élevées, ce qui met les entreprises de santé numérique sous pression pour prouver leurs contributions et justifier leur approche lorsqu’elles cherchent à attirer de nouveaux clients, utilisateurs et investisseurs. Dans les marchés privés et publics, le contexte est devenu plus rigoureux et exigeant pour ces entreprises. Les attentes en termes de performances et de solutions sont en hausse, ce qui constitue un catalyseur sain pour la maturation et l’évolution du secteur. Cette pression, bien que nécessaire, transformera les entreprises et les dirigeants en diamants, renforçant ainsi leur résilience et leur capacité à répondre aux défis.

  • Quel bilan des montants levés par les entreprises françaises de la healthtech ? (S1 2024)

     

    Nombre d’entreprises françaises de la healthtech par montants levés – @ Health & Tech Intelligence

     

  • Marché IA et découverte de médicaments : quelles opérations stratégiques réalisées en 2023 ? (partenariats, fusacq)

    Un marché en pleine croissance stimulé par l’innovation

    La découverte et l’identification de nouveaux médicaments représente un processus long et coûteux pour les laboratoires. En effet, il faut compter entre 10 et 12 ans et plus de 2 milliards de dollars pour qu’un médicament arrive sur le marché et 90 % de ces candidat médicaments échouent en cours de développement, entraînant des pertes financières importantes pour les fabricants. La phase de découverte représentant à elle seule environ un tiers des coûts.

    Cependant, l’intelligence artificielle (IA) offre des solutions pour relever ces défis. Des techniques comme le machine learning, le deep learning, l’apprentissage supervisé et non supervisé, et le traitement du langage naturel sont utilisées à différentes étapes du développement de médicaments. Ces outils permettent d’optimiser l’identification des cibles, la génération de hits et l’optimisation des leads, augmentant ainsi la productivité de la R&D et réduisant les échecs cliniques.

    Le marché mondial de la découverte de médicaments connaît une croissance significative grâce à l’essor de l’intelligence artificielle. En 2022, il est évalué à 1,04 milliard de dollars et a atteint 1,38 milliard de dollars en 2023, affichant un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 31,9 %. Les prévisions indiquent que ce marché continuera de croître pour atteindre 3,74 milliards de dollars en 2027, avec un TCAC de 28,4 %. En 2022, l’adoption de solutions basées sur l’IA dans la découverte de médicaments a permis des économies de 8,57 milliards de dollars, avec des projections atteignant plus de 28 milliards de dollars d’ici 2035 (ResearchAndMarket).

    Les dernières avancées permises par l’intelligence artificielle dans la découverte de médicaments ont permis d’identifier plus de 200 millions de protéines et de générer aux États-Unis plus de 15 médicaments qui ont fait l’objet d’essais cliniques (bien que ces derniers n’aient pas encore reçus  l’approbation de la FD) selon les chiffres de Janus Henderson investors.

    L’Amérique du Nord en tête de podium :

    La région Amérique du Nord représentait une part de marché d’environ 56,18 % en 2023. C’est le segment de l’oncologie qui représente la part de marché la plus importante avec 21 % en 2023. Plus globalement, la taille du marché américain de l’IA dans la découverte de médicaments était évaluée à 670 millions de dollars en 2023 et devrait atteindre environ 4,950 milliards de dollars d’ici 2033, avec un TCAC de 22,1 % de 2024 à 2033 (markets and markets).

    2,3 Mds$ de fonds levée

    Pour l’année 2023 c’est 44 opérations de financement qui ont été recensées, ces dernières ont été réalisées par 42 entreprises différentes, pour un montant total d’environ 3 milliards de dollars. En tête de liste arrive 2 entreprises américaines qui a elles seules ont levé 643 millions de dollars.

    En 2023, AbCellera a reçu un financement de 370 millions de dollars sous la forme d’une subvention du gouvernement canadien et de l’État de Colombie-Britannique. Ces fonds incluent 225 millions de dollars du gouvernement fédéral et 75 millions de dollars du gouvernement provincial. AbCellera a joué un rôle crucial dans le développement du Bamlanivimab, le premier traitement par anticorps contre la COVID-19, approuvé par Santé Canada en novembre 2020 et produit par Eli Lilly. En 2020, l’entreprise avait déjà reçu 175 millions de dollars d’Ottawa pour ses recherches sur les anticorps.

    L’entreprise Generate Biomedicines a levé quant à elle 273 millions de dollars en série C en septembre, (soit 100 millions de moins que lors de la série précédente) auprès notamment de NVentures, le fonds d’investissement de NVIDIA, et d’Amgen Ventures. Avec près de 450 millions de dollars en banque, Generate prévoit d’étendre son pipeline et d’avancer des essais cliniques, y compris un anticorps contre la COVID-19. L’entreprise collabore également avec le MD Anderson Cancer Center et Amgen sur divers projets en oncologie.

    Les levées de fonds des entreprises françaises :

    Les entreprises françaises ne sont pas en reste et ont levé sur l’année 2023, 26,7 millions de dollars :

    👉 L’entreprise Okomera qui est une biotech française issue de l’Institut Pasteur et de l’École Polytechnique, a levé 10,2 millions d’euros pour développer la médecine personnalisée contre le cancer. Fondée en 2020, elle utilise des répliques miniatures de tumeurs sur des puces microfluidiques pour tester diverses thérapies. Grâce à l’IA, la machine d’Okomera analyse la réponse des tumeurs et propose des traitements personnalisés. Cette levée de fonds permettra d’industrialiser leur dispositif et de collaborer avec des centres de cancérologie et l’industrie pharmaceutique

    👉 La start-up parisienne Iktos spécialisée dans l’intelligence artificielle pour la découverte de médicaments, a levé 15,5 millions d’euros en 2023. Fondée en 2016, Iktos utilise l’IA pour accélérer la recherche de nouvelles molécules sans nécessiter de synthèse chimique. Cette levée de fonds, menée par M Ventures et Debiopharm, permettra de développer “Iktos Robotics”, une plateforme de découverte automatisée de molécules. L’objectif est de réduire significativement les délais et les coûts de recherche de nouveaux médicaments, déjà validée par 50 collaborations avec des laboratoires pharmaceutiques majeurs.

    Au moins 7 opérations d’acquisition

    Pour l’année 2023, nous avons recensé l’acquisition de 7 entreprises spécialisés dans la découverte de médicaments assistées par l’IA. Ce chiffre peut s’expliquer par plusieurs facteurs notamment et les incertitudes réglementaires et techniques entourant ces nouvelles technologies.

    • Genomenon et Genetics ;
    • Gedi cube et Renovaro Biosciences ;
    • Insus Bio et Pattern Genomics ;
    • Excelra et Bisc Global ;
    • Berkeley Lights et Isoplexis Corporation ;
    • Takeda et Nimbus ;
    • Optibrium et Biopharmics.

    Au moins 52 partenariats signés en 2023

    52 partenariats ont été recensé sur le marché de la découverte des médicaments par l’intelligence artificielle. Ces partenariats répondent pour beaucoup à la nécessité d’orienter la recherche pharmaceutique vers des pathologies aux caractéristiques toujours plus complexes et dont l’étude et la recherche de traitement requièrent des connaissances très poussées et mobilisent des ressources colossales. L’IA permet justement de bâtir des modèles holistiques de conception de nouveaux médicaments où ces problématiques sont abordées simultanément et d’emblée dans toute leur complexité.

    Parmi les entreprises ayant effectué le plus de partenariats, on peut citer :

    ➡️ 6 partenariats réalisés par Xtalpi : ses partenariats s’inscrivent dans un changement de stratégie. En effet le 30 janvier dernier  Xtalpi a annoncé  le lancement officiel de sa division de découverte de produits biologiques en tant que marque distincte, connue sous le nom d’Ailux Biologics (« Ailux »), dont l’objectif est la découverte de produits biologiques grâce à l’IA ;

    ➡️ 5 partenariats concrétisés pour Absci : avec un partenariat conclu avec Astrazeneca en vue de développer une thérapie par anticorps pour un cancer non divulgué en utilisant la technologie d’intelligence artificielle d’Absci ;

    ➡️ 3 pour Aitia : pour accélérer la découverte de nouvelles molécules, la start-up parisienne Iktos utilise un laboratoire robotisé contrôlé par l’intelligence artificielle. Ce laboratoire permet de synthétiser rapidement de nombreuses molécules conçues par des logiciels optimisés par l’IA. L’objectif est de trouver plus rapidement des candidats-médicaments. Elle a dans ce cadre conclu un partenariat avec Servier pour la recherche de nouvelle molécules ;

    ➡️ 2 pour Iktos :  dans le cadre de sa collaboration avec la société japonaise Curreio, la technologie d’Iktos permettant la conception de molécules de novo combinée à la plateforme cryo-ME de pointe de Curreio sera utilisée pour faciliter la conception rapide et à moindre coût de nouveaux de candidats médicaments précliniques pour une cible non divulguée.

     

     

  • Quels cas d’usage de l’IA dans la découverte des médicaments ?

    2 grandes catégories de cas d’usage dans la découverte des médicaments

    Si l’IA a un impact qu’il est encore difficile à mesurer concrètement en ce qui concerne la recherche clinique, de nombreuses études ont montré que cette technologie permet d’accélérer les processus de recherches de molécules, de création de molécules, et même de prédiction de leurs propriétés moléculaires et de leur toxicité avant même leur conception. Une bonne utilisation des algorithmes au service de la recherche clinique permettrait de faire des économies d’argent et de temps conséquentes pour les chercheurs.

    Et même si aucun médicaments n’a été mis sur le marché pour le moment après sa découverte grâce à l’IA, ces algorithmes montrent pour le moment des résultats pertinents dans deux grandes catégories de cas d’usage : la conception de médicaments et l’analyse des médicaments lors de la phase pré-clinique. En plus de ces deux catégories, il y en a une troisième qui ne s’intéresse pas directement au médicament mais plutôt aux pathologies, puisqu’il s’agit de la découverte de biomarqueurs.

    La plus grande partie des usages concentrés dans la découverte de cibles

    De ces deux grandes catégories de cas d’usage, celle qui est le plus proposée par les solutions actuellement disponibles sur le marché, que ce soit en France ou dans le monde, est celle concernant la découverte de médicaments, notamment avec une majorité des solutions qui proposent une découverte de cibles, à savoir des molécules qui vont avoir un effet thérapeutique sur la maladie ciblée par le chercheur. Les deux autres cas d’usage les plus représentés sont la découverte de candidats-médicaments, suivis de près par la découverte de biomarqueurs.

    Drug design : les cas d’usage liés à la conception de médicaments

    Comme évoqué précédemment, la découverte de médicaments peut passer par l’identification de cibles, mais aussi par la découverte de candidats médicaments, la prédiction des propriétaires moléculaires d’une molécule, ainsi que la découverte et la génération de nouvelles molécules. Tous ces cas d’usage font partie de ceux liés à la conception des médicaments.

    1️⃣ Génération de nouvelles molécules : les algorithmes d’apprentissage profond vont là aussi servir la découverte de médicaments, puisqu’ils vont être utilisés pour générer les molécules de façon séquentielle, par construction itérative. Le modèle de génération va ensuite permettre de sélectionner la prochaine étape de construction pour un état donné de la molécule. Plus qu’une simple génération de molécules, l’IA peut aussi générer des molécules satisfaisant une propriété moléculaire donnée grâce à une approche d’apprentissage par renforcement.

    2️⃣ Découverte de nouvelles molécules : avant de générer les molécules, il faut les avoir découvert et là encore, l’intelligence artificielle à son rôle à jouer. Grâce à des algorithmes d’exploration et d’apprentissage par recherche active de connaissances, l’IA va analyser des millions de données et tester des millions de molécules pour déterminer lesquels sont les plus à même d’avoir un impact sur la maladie ciblée. On parle de découverte de nouvelles molécules, parce que même si elles ne vont pas être créées directement par l’IA c’est l’IA qui va découvrir son utilité pour le traitement d’une pathologie.

    3️⃣ Découverte de cibles : avant de penser à quel molécule va agir pour le traitement d’une pathologie, il faut découvrir la cible thérapeutique pour cette maladie : quelle molécule il faut que le médicament atteigne. En ce qui concerne le cancer, par exemple, de nombreux médicaments sont développés sur la base d’hypothèses validées expérimentalement qui peuvent expliquer un mécanisme possible sous-jacent à la cancérogénèse, mais ignorent d’autres faits de la maladie. Grâce à des algorithmes spécialisés en analyse biologique basés sur l’apprentissage automatique, l’IA va pouvoir fournir des analyses biologiques avancées afin de permettre une identification précise des cibles menant à la découverte de médicaments.

    4️⃣ Découverte de candidats-médicaments : en assemblant des images de protéines à la structure des molécules s’y fixant, l’intelligence artificielle peut développer des clichés représentant des petites fractions de molécules (appelées fragments) liées à des parties d’images (appelées sous-poche protéique), qui vont ensuite être assemblées pièce par pièce afin de proposer une molécule idéalement complémentaire de la protéine que l’on veut activer ou inhiber. Grâce à l’IA et à son analyse des molécule et des cibles, il est possible de trouver les candidats-médicaments les plus à même d’atteindre ces cibles thérapeutiques.

    5️⃣ Conception de médicaments de novo : grâce à des modèles de langage chimique (CLM) qui sont des techniques d’apprentissage automatique conçues pour traiter et apprendre à partir de structures moléculaires représentées sous forme de séquences (comme les chaînes de caractères SMILES (Simplified Molecular Input Line Entry System)), l’IA peut créer de nouvelles molécules à partir de zéro. Ceci est l’étape ultime de la découverte de médicament grâce à l’IA parce qu’elle est la création du médicament à proprement parlé. Aucun médicament n’a pour le moment été créé de la sorte, mais de nombreuses études, dont une parue en avril 2024 dans la revue Nature montre que cela est réalisable.

    Drug screening : les cas d’usage liés à l’analyse des médicaments

    En plus de la conception de médicaments, l’IA peut être utilisée dans le cadre de l’analyse des médicaments lors de la phase pré-clinique, pour s’assurer qu’ils répondent à toutes les attentes en vue de leur entrée en essai clinique. Cela peut concerner la prédiction de leur activité biologique, de leur toxicité ou encore de leurs propriétés moléculaires.

    1️⃣ Prédiction de l’activité biologique des médicaments : les algorithmes d’apprentissage automatique permettent d’automatiser la découverte de composés afin de prédire l’activité biologique des médicaments. C’est cette activité biologique qui reflète la puissance et la capacité d’un médicament à avoir un effet biologique et donc des effets pharmacologiques sur une pathologie. Leur prédiction est donc importante pour comprendre si le médicament va être ou non efficace et s’il nécessite donc une entrée en essai clinique.

    2️⃣ Prédiction de la toxicité des médicaments : alors que plusieurs études ont montré que plus de 30 % des candidats médicaments sont rejetés en raison de leur toxicité, il est important d’intégrer une prédiction de cette toxicité lors du processus de découverte du médicament. Grâce à l’utilisation de divers algorithmes d’apprentissage automatique et d’architectures d’apprentissage profond, l’intelligence artificielle est capable de détecter la potentiel toxicité des candidats médicaments avant leur essais sur l’homme.

    3️⃣ Prédiction des propriétés moléculaires : avec plusieurs types d’intelligence artificiel tel que les modèles  d’apprentissage profond, il va être possible de modéliser les interactions entre atomes et d’introduire une invariance à l’ordre des atomes ainsi qu’à la translation et rotation géométriques. Cela va permettre de prédire la propriété d’une petite molécule destinée à être utilisée pour la création d’un candidat médicament, notamment son intérêt et sa fiabilité. La prédiction de ses propriétés grâce à sa structure ou à sa valeur va avoir plusieurs finalités telles que la prédiction de l’interaction du médicament avec sa cible moléculaire.

    Les cas d'usage de l'IA dans la recherche de médicaments
    Les cas d’usage de l’IA dans la découverte de médicaments