📑Système de santé universel financé par l’assurance sociale et des dépenses publiques élevées
Le système de santé autrichien repose sur une assurance maladie sociale qui garantit une couverture presque universelle pour ses résidents. Environ 99,9 % de la population bénéficie de cette couverture. Le financement et l’organisation du système sont partagés entre le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux (Länder) et des acteurs corporatistes, créant une structure fortement décentralisée et fragmentée. Ce modèle mixte associe à la fois des soins publics et privés.
La majorité des dépenses de santé proviennent de fonds publics et de régimes d’assurance obligatoires. En 2021, environ 78 % des dépenses de santé étaient financées par ces sources, notamment via l’assurance maladie. Les ménages contribuent également par des paiements directs (out-of-pocket), qui représentent environ 15,8 % des dépenses totales, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne européenne.

Comme le montre la figure ci-dessus, l’Autriche figure parmi les pays les plus coûteux en Europe, avec une dépense de santé par habitant atteignant 4663 €, bien au-dessus de la moyenne de l’Union Européenne de 4028 €. Le système accorde une place importante aux soins hospitaliers, représentant une grande part des dépenses, même si des efforts sont faits pour réorienter les soins vers l’ambulatoire et réduire les admissions inutiles.
Un partage de compétences complexes entre les différents acteurs
À l’échelle fédérale, le gouvernement définit les cadres juridiques notamment la réglementation de l’assurance maladie et les prestataires de soins. Les gouvernements régionaux ont la responsabilité des hôpitaux et financent les dépenses en infrastructures hospitalières. Le financement des soins ambulatoires principalement assurés par des prestataires privés repose sur des contrats négociés avec les fonds d’assurance maladie.
Ce système est toutefois critiqué pour sa fragmentation. Plusieurs réformes ont visé à simplifier cette organisation. Une d’entre elles était avec la création d’une commission de gouvernance basée sur des objectifs financiers et de santé, mais les progrès restent lents. En 2020, une autre réforme majeure a réduit le nombre de caisses d’assurance maladie de 21 à 5 mais certaines disparités dans les prestations offertes subsistent.
D’autres réformes ont eu lieu visant à renforcer les soins primaires en créant des centres multidisciplinaires. À mi-2023, 40 de ces centres avaient été ouverts bien que l’objectif initial avait été d’en créer 75 avant 2021.
Chiffres clés du système de santé

90 % des hôpitaux autrichiens connectés au dossier de santé électronique (ELGA)
D’après un rapport de l’OCDE, l’Autriche a plus de 90 % des hôpitaux intégrés dans le système ELGA (Elektronische Gesundheitsakte), un dossier de santé électronique national. Lancé en 2015, ELGA permet aux professionnels de la santé d’accéder aux données médicales des patients de manière sécurisée, tout en facilitant l’échange d’informations entre les différents acteurs du système de santé. Un des enjeux pour les années à venir est de connecter le secteur privé au système ELGA. À l’heure actuelle, seuls les hôpitaux publics et les pharmacies sont connectés à ELGA, tandis que le secteur privé, incluant les praticiens et les centres de réhabilitation, reste largement non connecté. Pour y remédier, le programme de travail ELGA pour 2024-2025 prévoit des actions pour connecter les hôpitaux et cliniques privés ainsi que les services d’urgence.
Un score de 88 pour la maturité du système de santé numérique
En 2023, l’Autriche a obtenu un score de 88 sur 100 en termes de maturité de son système de santé numérique, dépassant largement la moyenne européenne de 79 selon un rapport de la commission européenne. Cette performance résulte des efforts continus du pays pour garantir un accès à ses services de santé en ligne, à travers le système ELGA (Elektronische Gesundheitsakte), qui couvre 97,5 % de la population. Les citoyens peuvent également accéder à leurs dossiers médicaux en ligne via des portails dédiés, en utilisant une e-ID conforme à la réglementation eIDAS. Cependant, des défis subsistent, notamment dans la connexion de nouveaux acteurs privés comme les cliniques et les maisons de retraite.
La majorité de la population a un accès technique aux services e-santé
La majorité des Autrichiens a désormais la possibilité technique d’accéder aux services de santé en ligne, ce qui facilite l’accès aux dossiers de santé électroniques. Toutefois, certaines données, telles que celles relatives aux implants médicaux et aux images médicales, ne sont pas encore disponibles en ligne. Ce développement fait partie intégrante de l’agenda numérique du pays pour améliorer encore l’accessibilité et l’intégration des systèmes de santé numériques dans la vie quotidienne des citoyens.














